- il y a 23 heures
Depuis plusieurs siècles,la médecine s’est basée sur les hommes pour évoluer. La tech a aujourd'hui un rôle primordial pour rattraper le retard pris sur les connaissances en santé féminine. À l’occasion du salon Santexpo qui se tient à Paris du 19 au 21 mai, nous revenons sur les enjeux d’investissement pour les innovations du secteur.
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00:04On parle de la santé des femmes dans ce Smart Trends à l'occasion du salon Sant'Expo Paris qui
00:09se tient dans quelques jours, 19 au 21 mai, organisé par la Fédération Hospitalière de France.
00:15Il réunit chaque année plus de 30 000 professionnels à Paris, porte de Versailles. Je vous présente tout de suite
00:20mes invités.
00:21Delphine Moulu, bonjour. Bienvenue. Vous êtes directrice nationale de Femtech ou Femtech France. Nour Akiki Beladi, bonjour. Et bienvenue. Vous
00:29êtes la cofondatrice de Dalia Kerr.
00:31Et Nicolas Castoldi, bonjour. Et bienvenue. Vous êtes le directeur délégué auprès du directeur général de l'APHP. Femtech, je
00:40ne sais pas comment vous prononcez.
00:41Femtech créé en 2022, si je ne me trompe. On va commencer par une petite question de présentation. Avec quelle
00:47ambition ? C'est quoi Femtech ?
00:49Alors Femtech France, c'est le nom de notre organisation. Le but, c'est de développer ce secteur de l
00:53'innovation en santé des femmes en France.
00:55Donc on est vraiment sur une filière économique. Et nous, ce qu'on fait, c'est qu'on accompagne des
00:58entrepreneurs.
00:59On en a aujourd'hui plus de 110 qui sont membres de notre organisation, de notre collectif. Et le but,
01:04c'est de les aider à mettre leurs produits sur le marché.
01:06Et il y aura dans ce salon Sant'Expo qui se tient à Paris, il y aura un espace dédié
01:13ou alors c'est une vraie thématique centrale ? Qu'est-ce qu'on peut en dire ?
01:15C'est une thématique du salon Sant'Expo cette année. Ils mettent à l'honneur la santé des femmes.
01:18Et nous, on aura un pavillon Femtech France, donc un espace de 40 mètres carrés, avec une partie pour des
01:23stands pour les start-up membres de notre collectif,
01:26dont Dalia en fait partie, et une partie plus pour des prises de parole, des temps forts.
01:30Et on aura aussi des prises de parole sur scène pour dévoyer notre baromètre annuel de la Femtech en France.
01:35On reviendra sur les prises de parole et sur peut-être quelques tabous qu'il faut encore lever.
01:40Je veux bien que vous nous présentiez Dalia Care en quelques mots.
01:42Oui, donc on a créé une start-up qui s'appelle Dalia, sur laquelle on développe des produits qui utilisent
01:48le phénotypage digital.
01:50Allons, bon, vous allez m'expliquer, ça tombe bien.
01:53C'est un mot un peu compliqué pour dire qu'on va collecter des données physiologiques qui vont venir d
01:57'objets connectés.
01:58Donc là par exemple, je porte une Fitbit et une Garmin.
01:59On va collecter le sommeil, l'activité cardiaque, la variabilité de la fréquence cardiaque.
02:03Et à partir de ça, on a développé un algorithme d'intelligence artificielle qui permet de détecter la dépression
02:09et détecter les anomalies dans la prise en charge de la dépression.
02:12Et dans le cadre de nos produits qui sont en Femtech, on a détecté la dépression postpartum à partir de
02:20ces données.
02:20Ok, on y reviendra en détail évidemment.
02:22Qu'est-ce que vous attendez à un salon comme celui-là ?
02:24C'est important pour une entreprise, une jeune entreprise comme la vôtre ?
02:27Oui, quand même.
02:27C'est de la visibilité forcément ?
02:29Sant'Expo, c'est quand même le plus gros salon de santé en France.
02:33Et ça nous permet de rencontrer à la fois des hospitaliers, mais aussi des médecins, des investisseurs.
02:38Et après, des potentielles collaborations entre différentes startups ou industrielles.
02:41On va parler de la transformation de l'Hôtel Dieu.
02:43C'est un lieu qui vous réunit, Nicolas Castoldi.
02:46C'est devenu quoi ? Un lieu d'innovation ?
02:48Qu'est-ce qu'on peut en dire de l'Hôtel Dieu version 2026 ?
02:51Alors l'Hôtel Dieu, d'abord, c'est toujours un hôpital.
02:53Ça le restera.
02:54C'est-à-dire que l'Hôtel Dieu, c'est le site du plus ancien hôpital de Paris.
02:58Le premier hôpital, j'aime bien le rappeler, a vu le jour sur les délais de la cité en l
03:03'an de Grasse 651.
03:04Donc ça fait quand même 14 siècles qu'il y a un hôpital.
03:06On y soigne.
03:07Exactement, qu'on y soigne.
03:08Donc ça reste un hôpital.
03:10On va rénover l'ensemble du bâtiment, qui est un peu ancien.
03:14Et on va adosser à ces prises en charge très ambulatoires et tournées vers la publique très fragiles,
03:20un grand lieu d'innovation en santé avec un grand incubateur.
03:23Ça sera le plus grand incubateur en santé d'Europe, dans cet hôpital, juste en face de Notre-Dame.
03:28L'idée derrière, c'est de créer la connexion, en fait, entre le monde du soin, les soignants, les patients
03:33d'un côté,
03:34et de l'autre, les start-up, les innovateurs, et d'essayer de faire en sorte qu'ils puissent avancer
03:38ensemble
03:39pour à la fois faire des produits plus pertinents, plus efficaces, et puis globalement aller plus vite.
03:43Et quelle place la santé des femmes, cette thématique, va tenir dans ce lieu ?
03:49Alors c'est une thématique qui s'est, en vérité, imposée, je ne dirais pas assez tard, mais pas au
03:55tout début du projet,
03:56qui était très tournée, télésurveillance, maladie chronique, et tous les grands défis que le soin rencontre aujourd'hui.
04:02Et la santé des femmes, en fait, on l'a rencontrée parce qu'on a rencontré nos camarades de Femtech
04:05France, Delphine et Juliette,
04:08qui, quelque part, nous ont ouvert les yeux sur le sujet, et on s'est engagés, vraiment, quasiment immédiatement dans
04:16cette aventure-là.
04:17Et en fait, en vrai, ça ne nous défrise pas tant que ça, c'est-à-dire que l'Hôtel
04:22-Dieu, comme vous l'avez dit,
04:23on y soigne depuis 14 siècles, ça a toujours, au fond, accueilli, pris en charge les gens qui étaient fragiles,
04:29mal pris en charge, mal traités.
04:30Donc, quelque part, faire de cet hôpital un hôpital tourné vers la santé des femmes,
04:34autrement dit, vers des modes de prise en charge originaux de personnes fragiles, mal prises en charge aujourd'hui, c
04:39'était assez cohérent.
04:40Donc, on y travaille avec nos amis ici présentes.
04:44Il y a un partenariat entre l'Hôtel-Dieu et Femtech, c'est ça ?
04:47Plus largement, entre l'APHP et Femtech France.
04:50On a une convention de partenariat de 3 ans, qu'on est justement en train de renouveler,
04:53avec l'idée de faire rentrer la santé des femmes à l'hôpital,
04:56et donc de voir comment ces innovations peuvent trouver leur place aussi au sein des différents hôpitaux de l'APHP.
05:01Qu'est-ce qui vous apporte ce partenariat ? Pourquoi il est important ?
05:03C'est des moyens ? C'est des chercheurs ? C'est des intelligences collectives qui se mettent en place
05:08?
05:09Pour permettre de créer des ponts, nous, c'est vraiment ce qu'on essaie de faire avec Femtech France,
05:11de permettre aux entrepreneurs membres du collectif d'avoir accès à l'ensemble de l'écosystème.
05:16Donc là, c'est accès à l'écosystème hospitalier.
05:19La PHP, c'est le plus gros hôpital universitaire d'Europe.
05:22Donc, ce n'est pas rien de permettre aux entrepreneurs membres d'y accéder.
05:26Et justement, c'est le cas avec Noura Kikibél a dit, vous participez, vous êtes membre de ce partenariat.
05:37Qu'est-ce qu'il vous apporte ? Qu'est-ce que vous faites à l'Hôtel Dieu ?
05:40On ne travaille pas directement avec l'Hôtel Dieu, même si on est en train de monter…
05:43Vous récupérez des données, c'est ça ?
05:44C'est plutôt nous qui collectons les données et qui les partageons avec les chercheurs.
05:48Mais nous, depuis le début, je pense que quand on crée une start-up en santé, il faut travailler avec
05:52des médecins.
05:53Sinon, on est très hors-sol par rapport à leur réalité du terrain.
05:56Et quand on fait de la tech et de l'intelligence artificielle, on a plein de super belles idées.
05:59Mais en fait, appliquer à la vie d'un médecin, c'est important.
06:02Et donc, du coup, dès le début, de toute façon, on a toujours travaillé avec des médecins.
06:05On travaille avec le docteur Stéphane Mouchabac, qui est le pionnier du phénotypage digital en France
06:09et qui est un des médecins de la PHP et qui fait partie des groupes d'innovation qui sont animés
06:14par Hôtel Dieu.
06:15Et donc, depuis le début, on a fait trois essais cliniques avec la PHP, des essais cliniques concluants.
06:20On a mené toutes nos recherches avec la paix, nos publications avec la paix.
06:25Et ça a quand même donné énormément de pouvoir à notre start-up et énormément de reconnaissance.
06:29Avec Femtech France, on arrive à faire plusieurs événements dans l'année, ce qui nous permet aussi d'avoir de
06:33la visibilité.
06:34Oui, avec une... Moi, j'ai appris ça en préparant l'émission.
06:36Les femmes ont un risque de dépression qui est environ deux fois plus élevé que les hommes.
06:40Donc, ça veut dire que Dalia Kerr, par définition, est au cœur de la Femtech, c'est ça ?
06:45Alors oui, ce chiffre, il est impressionnant parce qu'on dit effectivement...
06:48Donc, les femmes sont deux fois plus diagnostiquées avec un épisode dépressif que les hommes.
06:52Et là-dedans, il y a différents critères et notamment quand même un critère de sous-diagnostic chez les hommes.
06:57Ça ne veut pas forcément dire que les femmes sont plus malades.
06:59Elles le sont plus, oui.
07:00Mais deux fois, on sait qu'il y a une partie qui joue, qu'il y a quand même un
07:03sous-diagnostic chez les hommes et un sur-diagnostic chez la femme.
07:05Et donc, oui, nous, quand on a créé Dalia, c'est pour détecter si les personnes vont faire des rechutes
07:11après un premier traitement
07:11ou si le traitement qui leur a été prescrit fonctionne.
07:14Et après, on a développé un deuxième produit sur ce sujet de la dépression postpartum qui est quand même très
07:20important.
07:20On a 50% des femmes qui font des dépressions postpartum qui ne sont jamais diagnostiquées et jamais soignées
07:25parce qu'on ne voit jamais qu'elles font cette dépression postpartum.
07:28Et chez Dalia, on va leur mettre une montre connectée en sortie de maternité.
07:31Quand on a détecté qu'il y avait une vulnérabilité, elles peuvent avoir une vulnérabilité psychiatrique ou obstétrique.
07:36Par exemple, un parcours de PMA très très long, en fait, c'est une vraie vulnérabilité sur la dépression.
07:40Ou alors, une femme qui a déjà fait une dépression.
07:42Et ces femmes-là, elles vont rentrer chez elles, elles vont porter leur objet connecté.
07:46Elles n'ont rien à faire.
07:46Et tous les jours, nous, l'algorithme fournit un score de santé mentale.
07:50Et dès qu'on détecte le début d'une dépression postpartum, on prévient les soignants.
07:54Donc on prévient la sage-femme, on prévient les gynéco pour que la femme soit prise en charge et détectée.
07:58Et c'est ça qu'on est en train de monter, notamment les côtés de Dieu.
08:01Nicolas Castoli, pourquoi il y a eu ou il y a peut-être encore un retard, un retard médical sur
08:08la santé des femmes ?
08:09Je trouve que c'est une très bonne question.
08:11Parce qu'en vérité, on ne peut pas dire que le système de santé ne prenne pas en charge les
08:13femmes, c'est faux.
08:15On ne peut pas dire qu'il ne soit pas attentif aux vulnérabilités qui existent, parce que c'est faux
08:18aussi.
08:20Et en même temps, en vérité, je pense que tout était, c'est le caractère un peu vertigineux des inégalités
08:30collectives,
08:31tout était organisé au fond pour qu'on passe à côté de certains sujets.
08:35Je pense que l'élément le plus criant, c'est les études cliniques, la recherche clinique,
08:40donc tout ce qui va permettre au fond de mettre au point de nouveaux médicaments,
08:42en les confrontant à la réalité des patients, mécaniquement, toutes les femmes étaient exclues des études cliniques
08:51dès lors qu'elles avaient au fond, c'était en âge d'avoir des enfants, pour éviter des risques ou
08:55des faits indésirables graves.
08:56Et donc on a accumulé pendant des décennies des données qui sont des données qui sont simplement assises sur la
09:02biologie masculine et pas féminine.
09:04Donc il y a des séries de biais de ce type qui se sont cumulés et qui ont fait qu
09:08'au fond,
09:09on a construit une médecine pour hommes et femmes basée sur des données qui viennent des hommes.
09:15Ça a changé ?
09:16C'est en train de changer, c'est-à-dire que pour le coup, et c'est un des intérêts
09:19du partenariat qu'on a construit,
09:21dès lors qu'on met en évidence ça, comme beaucoup de choses, il devient absolument naturel et normal d'essayer
09:29de bouger.
09:30Une fois qu'on prend conscience des biais qui sont introduits par le fait que les études soient assises sur
09:34les données masculines,
09:35on va pouvoir bouger, on va pouvoir faire autre chose.
09:37L'autre point qui est important et qui pour moi est à la fois propre à la santé des femmes
09:41mais plus large que ça,
09:42c'est au fond la prise en compte ou l'intérêt qui est maintenant accordé à des choses qui relèvent
09:48d'une sphère intime
09:49qui n'était pas une sphère médicale ou pas une sphère sanitaire.
09:52Tout ce qui est les aspects de santé intime, de santé sexuelle,
09:55toutes ces choses-là qui étaient un peu au marge de la médecine,
09:59dans des choses qui n'étaient pas bien définies, sont entrées brutalement.
10:02Parce que c'était tabou ?
10:03Parce que c'était tabou, parce que ça a relevé d'une espèce de sphère de vie privée,
10:07non médicalisée ou peu médicalisée,
10:10et qui est devenue maintenant un objet de soin à part entière.
10:12Et je pense que c'est aussi une deuxième des grandes révolutions qui sont apportées par la Femtech,
10:17c'est de nous amener à tous à prendre au sérieux des choses qui n'étaient pas prises au sérieux.
10:20Il y a évidemment, Delphine Moulou, l'exemple de l'endométriose,
10:25s'il y a des générations de femmes qui soit n'ont pas été diagnostiquées du tout,
10:29soit le diagnostic a pris des années, je ne sais pas, 7, 8, 10 ans pour aboutir.
10:35Et ça c'est effectivement un petit peu en train de changer,
10:36il y a cette stratégie nationale de lutte contre l'endométriose aussi,
10:39qui a aidé à mettre déjà ce terme dans le débat public.
10:42Il y a encore 5 ans, personne ne le connaissait,
10:44maintenant on est un peu plus tous au courant.
10:46Donc c'est important effectivement aussi que les institutions s'en saisissent,
10:50c'est vraiment un travail collectif, ça ne pourra pas partir uniquement de l'innovation.
10:54On a besoin des institutions, des fonds d'investissement, des labopharmes,
10:58et de l'hôpital bien sûr, c'est un travail collectif.
11:01Il y a une notion de plaidoyer aussi dans votre activité,
11:06dans ce que fait la Femtech justement,
11:07pour faire en sorte que ces tabous sautent, que l'état d'esprit change.
11:13Exactement oui, nous on rencontre pas mal d'élus
11:15pour sensibiliser sur les inégalités de santé femmes-hommes,
11:17puis expliquer ce qu'est la Femtech et ce secteur économique.
11:20Et on essaie d'expliquer aussi pourquoi on est convaincus
11:23que c'est un des moyens les plus rapides de réduire les inégalités de santé femmes-hommes,
11:26et donc on a besoin du soutien, de leur soutien pour y arriver.
11:29Parce que ça coûte cher à la société, on devrait commencer par là.
11:33On aurait dû commencer par là, d'une certaine façon.
11:35Par ailleurs, c'est toujours très vrai dans le champ de la santé,
11:38c'est-à-dire que chaque fois qu'on répond à un besoin individuel,
11:42le criant et collectif, ça améliore la situation de tous.
11:46Je pense qu'il y a à la fois des enjeux, il y a des études intéressantes
11:49que vous aimez bien citer d'ailleurs,
11:51mais qui montrent que ça générait des milliards et des milliards d'euros supplémentaires
11:55si on prenait mieux en charge les femmes, et c'est une évidence.
11:58Au-delà de ça, il y a aussi une manière pour moi de...
12:01Comment dire ? Par définition, l'hôpital, c'est le lieu du soin.
12:05Il y a une manière au fond de donner une forme de légitimité,
12:08de s'intéresser, de mettre au cœur, de reconnaître des choses
12:11qui sont des choses qui viennent percuter des vues individuelles,
12:14et auxquelles il n'y avait pas de réponse.
12:15Moi je suis très sensible à ça en fait, à cette espèce de mouvement
12:17par lequel le collectif social va apporter des réponses,
12:21va essayer de prendre en charge des choses qui jusqu'ici échappaient au fond
12:24à toute forme de solidarité organisée ou à toute forme de mouvement collectif.
12:28Et ça, c'est quelque chose qui est intéressant, qui est frappant.
12:30L'exemple de la dépression post-partum est un très bon exemple.
12:33Je veux dire, fondamentalement, on est resté très longtemps dans l'anecdote.
12:36Il y avait une espèce d'état particulier de la femme, post-accouchement,
12:39qui était un truc pas bien défini.
12:41Oui, on parlait de Baby Blues, et puis voilà, et hop, on passait à autre chose.
12:46Exactement, c'était anecdotique, c'était exotique.
12:48C'était partie de l'aventure de la maternité.
12:51On est maintenant rentré dans un univers où on a compris
12:53que c'était une maladie, qu'il y avait des causes qui étaient médicales,
12:57qu'on pouvait traiter, qu'on pouvait du coup aussi empêcher
12:59que des drames ne surviennent.
13:01Ce mouvement-là, il est un mouvement, je trouve, extrêmement frappant,
13:05extrêmement positif, et ça nous rend tous très fiers d'y participer.
13:09Alors, il y a cette dimension d'action collective, humaine,
13:12et puis à la part de l'intelligence artificielle aussi,
13:15je veux bien qu'on ouvre un petit chapitre IA dans ce débat.
13:18Alors là, on est au cœur de ce que propose Dalia.
13:21Quel rôle joue l'IA dans le dispositif que vous proposez ?
13:25L'algo est un algo d'IA.
13:28En gros, ce qu'on fait, on va prendre ces données physiques.
13:32Donc, on met l'objet connecté, on prend les données physiques.
13:34Donc, on va collecter le sommeil profond, le sommeil paradoxal,
13:38le nombre de pas, les BPM, la variabilité entre les BPM,
13:41ça s'appelle la variabilité de la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire.
13:44Et à partir de ces données, on établit une baseline d'un patient.
13:47On a besoin d'un mois pour établir une espèce de biosignature du patient,
13:52parce que vous ne vous comportez pas comme Delphine,
13:53qui ne se comportent pas comme Nicolas.
13:55Et à partir de là, au bout de un mois,
13:57on arrive à reproduire ce score d'état mental
13:59qui est un peu une sorte de thermomètre,
14:01mais de la psychiatrie, de la santé mentale.
14:03Et donc, on a ce score qui va de 0 à 27,
14:0627 étant de dépression très, très sévère,
14:08et 0 étant pas de dépression.
14:10Ce qu'on a fait chez Dalia, c'est qu'on a entraîné un modèle...
14:13Alors, c'était la question que j'allais vous poser.
14:14Il a fallu le nourrir en données médicales, c'est ça ?
14:18Oui, on a entraîné un modèle.
14:20D'abord, un modèle de fondation.
14:23Donc, c'est un gros modèle qui,
14:24sur 50 000 données de patients qu'on avait pendant 5 ans,
14:27c'est un gros modèle qui arrive à détecter
14:30si les gens sont malades ou pas malades.
14:31Donc, uniquement à partir de ces données,
14:33on arrive à dire malade, pas malade,
14:34mais ce n'est pas suffisant pour nous,
14:36parce que ce qui est important, nous, c'est les scores.
14:37C'est le passage de certains seuils.
14:39Et donc, on a fine-tuné,
14:40c'est-à-dire qu'on a spécialisé les données
14:41dans un essai clinique qu'on a fait avec la PHP l'année dernière,
14:44où on a recruté 350 patients.
14:46Ils répondaient à un questionnaire qui s'appelle le PHQ9.
14:49Ce questionnaire, c'est un questionnaire de scoring,
14:51qui donc donne ce score de 0 à 27,
14:53en fonction de 10 questions auxquelles le patient répond.
14:57Et donc, nous, nos patients, pendant 6 mois,
14:59ont répondu à ce questionnaire,
14:59ils portaient la montre connectée.
15:01Et donc là, on a spécialisé l'algorithme
15:02pour réussir à reproduire exactement ce score.
15:04Et donc, à la fin, on a besoin...
15:07La dernière étape de l'algo,
15:08c'est ce 1 mois où le patient répond à 4 questionnaires,
15:11un questionnaire par semaine pendant 1 mois,
15:13refine-tuné et personnalisé sur le patient.
15:15Et donc, c'est comme ça que fonctionne l'algorithme.
15:17Ok. Passionnant.
15:19Avec des médecins qui, derrière,
15:22vont être plus précis dans le suivi des patients en question
15:26ou des patientes en question ?
15:27Oui. Donc nous, en fait,
15:28on a un système qui s'appelle la télésurveillance.
15:30C'est une loi qui est passée en 2023,
15:32qui permet de rembourser les solutions
15:34qui font la télésurveillance.
15:35Donc nous, le patient porte sa montre,
15:36il a son application.
15:38Et lui, le médecin a accès à un dashboard
15:39dans lequel il va recevoir des alertes.
15:41Et donc, il va recevoir des alertes qui vont dire
15:42« Attention, en fait, là, ton patient,
15:44il a une décompensation,
15:45il a fait plus de 5 points en une semaine,
15:46il a eu une insomnie. »
15:47Ça permet au médecin d'être plus précis
15:49à la fois dans son diagnostic,
15:50mais plus précis aussi dans la prescription
15:52des antidépresseurs et des anxiolytiques.
15:53Alors l'IA, c'est certainement l'un des secteurs
15:56où le secteur...
15:57Enfin, la santé, c'est certainement
15:58l'un des secteurs où on se dit
15:59« Bon, chouette, l'IA nous fait progresser
16:02et il faudrait peut-être y mettre
16:04l'essentiel des moyens
16:07et de l'argent qu'on est en train
16:08de dépenser par ailleurs. »
16:09Bon, ça, c'est autre chose.
16:11À quel point ça accélère
16:15des solutions proposées
16:17par les entreprises de la Femtech,
16:18l'IA aujourd'hui ?
16:18Elle est présente systématiquement ?
16:20Alors, pas systématiquement,
16:21mais de plus en plus.
16:22C'est difficile aujourd'hui,
16:23enfin, c'est assez...
16:24C'est rare de voir une innovation
16:26qui se crée sans l'IA.
16:27Donc, elle a une place importante.
16:28Et en général,
16:29elle se positionne toujours
16:30comme compagnon
16:32du professionnel de santé.
16:33C'est toujours la question
16:34qu'on se pose,
16:34c'est quelle part le médecin va garder ?
16:36Non, pas du tout.
16:36C'est plus pour aider,
16:38pour aider au diagnostic,
16:39notamment.
16:40Ça va être...
16:41On parlait de l'endométriose.
16:42Ça peut être une IA
16:43qui aide sur une échographie
16:44ou sur une IRM
16:46à détecter des lésions d'endométriose.
16:47Mais c'est toujours le médecin
16:49qui pose le diagnostic derrière.
16:50Donc, ça vient vraiment en support.
16:51Mais là, on parlait de...
16:52On parle de santé des femmes.
16:55Est-ce qu'une IA
16:56va forcément avoir
16:57moins de biais médicaux
16:58qu'un médecin humain ?
17:00Ah ben non,
17:00parce qu'elle est entraînée
17:01sur des données...
17:02Elle a été entraînée
17:03sur des données
17:03qui sont des données anciennes.
17:04Oui, donc ça,
17:05c'est tout le problème.
17:06Donc, on a des startups
17:08qui commencent à s'intéresser,
17:09justement,
17:09et à créer un peu
17:10leur propre IA
17:10en santé des femmes
17:12et à bien les nourrir
17:13avec les bonnes données.
17:14Mais effectivement,
17:15ces biais dans les données
17:17sont un vrai problème aujourd'hui.
17:18et il faut bien le prendre en compte.
17:20Avec une question
17:21qui est une question
17:22existentielle pour les médecins,
17:23leur place dans le système de santé
17:27dès aujourd'hui
17:28et peut-être dans 5 ou 10 ans.
17:29C'est une très bonne question.
17:30Et je trouve que sur ce sujet
17:31comme sur d'autres,
17:32d'ailleurs,
17:32on oscille en permanence
17:33entre deux positions.
17:37la peur pour certains
17:39de voir se dissoudre
17:40l'expertise médicale et humaine.
17:42De l'autre,
17:43le sentiment qu'à la fin des fins,
17:44il faudra toujours un médecin.
17:46C'est une question
17:47qui est encore totalement ouverte.
17:48On a fait la semaine dernière
17:49à Normale Sup
17:51une matinée complète
17:52sur le sujet
17:52avec le Comité
17:54Consulatif national d'éthique
17:56qui était, je trouve,
17:57intéressante
17:58parce qu'elle montrait deux choses.
17:59La première,
18:00c'est que fondamentalement,
18:01les médecins étaient
18:02à l'aise
18:03avec l'idée
18:04d'intégrer un nouvel outil.
18:05La médecine,
18:06ça fait 200 ans
18:06que ça intègre
18:07de partout
18:08de nouvelles technologies.
18:10Les radiologues
18:10aiment à rappeler
18:11qu'il y a 40 ans,
18:12ils avaient le rayon X
18:13et puis un jour,
18:14ils sont arrivés
18:14l'IRM, le scanner
18:15et ma foi,
18:16ils ont survécu.
18:17C'est peut-être
18:17un peu trop confiant
18:18mais pour autant,
18:19ce n'est pas faux.
18:20Donc, il y avait au fond
18:21une espèce de confiance médicale
18:22disant
18:23à la fin des fins,
18:24les outils sont hyper utiles
18:27mais le sujet
18:27de la contextualisation,
18:29c'est-à-dire au fond,
18:29qu'est-ce que je retiens
18:30comme information
18:30sur mon patient,
18:31qu'est-ce que je vois
18:31dans mon patient
18:32et qu'est-ce que je fais après,
18:33au fond,
18:34tout ce qui va paraître
18:34d'ancrer dans une réalité
18:37auprès d'un patient
18:37déterminé,
18:38un jugement,
18:39ça, ça ne disparaîtra pas.
18:40Ça, c'était une chose.
18:41L'autre chose
18:42qui était un peu moins,
18:43comment dire,
18:44ou c'était un tout petit peu
18:45moins évident,
18:46c'était comment on forme.
18:48Parce que pour le coup,
18:50les études en médecine,
18:51historiquement,
18:52ça consiste quand même
18:53à apprendre beaucoup,
18:53beaucoup,
18:54beaucoup,
18:54beaucoup de choses
18:56et on vit dans un monde
18:57où ce beaucoup,
18:57beaucoup,
18:58beaucoup de choses
18:58est disponible sous la forme
19:00de...
19:00Est-ce que ça sert encore
19:01à quelque chose
19:01d'apprendre autant ?
19:03Il y a deux choses.
19:03Un, est-ce que ça sert
19:04d'apprendre ?
19:05Et deux,
19:06si on n'apprend plus,
19:07comment est-ce qu'on exerce
19:09les qualités que je viens
19:10de viser ?
19:10C'est-à-dire être un bon docteur,
19:12un bon médecin,
19:13celui qui, au lit du patient,
19:14va prendre la bonne décision,
19:15c'est une combinaison
19:17de savoir,
19:18d'expérience,
19:18du jugement,
19:19enfin bref.
19:19Donc il y a un truc là
19:20qui n'est pas totalement évident.
19:22Alors moi,
19:23on sort un peu de la santé des femmes
19:24mais il y a une autre problématique,
19:26c'est le médecin
19:27qui ose aller contre l'IA.
19:29L'IA dit,
19:30le diagnostic c'est ça,
19:31ça peut valoir d'ailleurs
19:31pour ce que vous proposez
19:33avec Dahlia,
19:34c'est le médecin
19:36qui va dire,
19:37ben non,
19:38ce n'est pas le bon diagnostic,
19:39il prend presque un risque
19:41juridique ou moral.
19:43Alors c'est vrai,
19:43aux Etats-Unis,
19:44vous avez déjà des gens
19:45qui disent ça,
19:46en même temps,
19:47moi je reviens
19:47à ce que me disait
19:47mon panel de médecins
19:48la semaine dernière,
19:50ils étaient quand même
19:50très confortables là-dessus,
19:51disant,
19:52vous savez,
19:53moi l'IA,
19:53elle me propose une solution,
19:54elle n'a pas le patient en face,
19:56il y a un truc
19:57qui s'appelle
19:57la réalité du terrain,
19:58il y a même un mot anglais
19:59pour le dire,
20:00c'est pour dire,
20:01voilà,
20:01et au fond,
20:03fondamentalement,
20:03être capable de m'écarter
20:04de la proposition
20:06qui est apportée par l'outil,
20:07ce n'est pas un sujet,
20:08et notamment,
20:08une radiologue prenait un exemple
20:09disant,
20:10moi,
20:10mon lecteur de fracture,
20:12il me dit,
20:13casser,
20:13pas casser,
20:14il me dit
20:15qu'il y a une fracture,
20:16je ne la vois pas,
20:19je demande des examens complémentaires,
20:20je regarde,
20:21enfin bref,
20:21j'approfondis,
20:23et puis si à la fin des fins,
20:24je m'écarte,
20:24je m'écarte,
20:25si je suis,
20:25je suis,
20:26mais ce n'est pas du tout
20:27une espèce de soumission mécanique,
20:28il n'y a pas un côté,
20:29le voyant rouge s'allume,
20:31la fracture,
20:33et monsieur,
20:33salle suivante.
20:34Allez,
20:34on revient à la santé des femmes,
20:36pour parler un peu de business,
20:37il nous reste 7 minutes
20:38dans ce débat,
20:39Delphine Moulu,
20:41est-ce qu'il y a de plus en plus
20:41d'investisseurs
20:42ou est-ce que là aussi,
20:43il faut faire ce travail
20:44de plaidoyer,
20:45de conviction
20:45dont vous parliez tout à l'heure ?
20:46Non,
20:47là,
20:47on voit vraiment
20:48que ça se développe en France,
20:49on a passé à un cap,
20:50ce secteur de la Femtech,
20:51il était au début
20:51assez balbutiant,
20:53émergent,
20:53maintenant on a des entreprises
20:55qui atteignent la rentabilité,
20:56on en a qui font des très beaux tours de table
20:58lorsqu'elles lèvent des fonds,
20:59on en a qui commencent
21:00à être remboursés aussi
21:01par l'assurance maladie,
21:02donc c'est un écosystème
21:03qui mûrit,
21:04et c'est aussi un écosystème
21:05qui résiste
21:06dans le contexte
21:09politique et économique
21:09qu'on connaît,
21:10donc c'est quand même
21:11des signaux assez positifs.
21:12Parce que c'est un peu plus dur
21:13de lever des fonds
21:13et une manière générale
21:14en ce moment.
21:15Oui,
21:15on peut le dire,
21:16je pense,
21:16c'est ma phrase,
21:18j'ai mis plein de roses autour,
21:22parce que vous le vivez ça ?
21:23Nous,
21:24on a eu la chance
21:25de faire des belles levées
21:27et je pense que c'est aussi
21:28parce qu'on répond
21:29à des problèmes
21:30qui sont concrets,
21:31je pense que les investisseurs
21:31sont de plus en plus durs
21:33sur,
21:35je pense d'ailleurs,
21:35c'est ce que vient de dire Delphine,
21:37les start-up
21:38qu'élèvent en santé
21:39lèvent beaucoup,
21:40élèvent beaucoup plus facilement
21:41que les autres entreprises,
21:43ce que je pense
21:43qu'on répond à un vrai problème
21:44et c'est le cas,
21:45ça commence à être le cas
21:46pour les start-up Femtech.
21:48C'est aussi,
21:49ça s'explique aussi
21:50Nicolas Cassoli
21:51parce que c'est souvent
21:52des processus très longs
21:53pour aboutir
21:54à un médicament,
21:56une autorisation
21:56de mise sur le marché,
21:57etc.
21:58Donc il faut lever
21:58plus de fonds,
21:59c'est aussi simple que ça
22:01entre guillemets ?
22:02Le problème de la santé,
22:03le sujet de la santé,
22:03c'est que c'est un marché régulier.
22:05Dans le champ de la médecine,
22:07vous ne pouvez pas
22:08utiliser n'importe quoi.
22:09C'est un des rares champs
22:10ou c'est comme ça ?
22:12Donc par définition,
22:13vous devez faire vos preuves
22:14et faire vos preuves,
22:14ça prend un temps
22:15qui est significatif.
22:16C'est vrai pour le médicament,
22:17c'est vrai aussi pour le digital
22:18sous le contrôle de l'eau
22:18assez présente.
22:19C'est un chemin
22:20qui est un chemin long,
22:21un chemin dans lequel
22:22il faut faire des études cliniques,
22:23il faut démontrer
22:25la performance
22:26ou la pertinence
22:26de la solution.
22:28Donc c'est des horizons
22:29de temps qui sont
22:29extrêmement longs
22:30et puis une fois
22:31que vous avez démontré
22:33la qualité de ce que vous faites,
22:34il reste une question
22:35qui est est-ce qu'il y a
22:36des clients ?
22:36Qui sont ces clients
22:37et qui paye pour eux ?
22:38Et là vous avez
22:39deux grandes branches,
22:40une branche de prise en charge
22:42avec ce que tu évoquais
22:43d'ailleurs,
22:43tout ce qui est télésurveillance
22:44dans lequel la France
22:45a plutôt bien pris le virage.
22:48C'est un domaine
22:48dans lequel on a pris
22:49je crois de l'avance.
22:50Et puis de l'autre côté,
22:51vous avez tout ce qui est
22:52pris en charge
22:52par les hôpitaux
22:53et vous n'aurez pas échappé
22:54que les hôpitaux
22:54ont beaucoup de besoins
22:56et qu'on n'est donc
22:57pas des clients faciles.
22:59Donc ça prend du temps
23:01et ça pose un sujet
23:04qui est effectivement
23:05notre capacité
23:05à lever collectivement
23:07à trouver les investissements.
23:08Là-dessus,
23:09si je peux me permettre
23:09je partage évidemment
23:10votre confiance
23:12et en tout cas
23:12votre enthousiasme
23:13mais je pense
23:15qu'on a quand même
23:15collectivement un sujet.
23:16C'est-à-dire qu'aujourd'hui
23:17on est un pays
23:20au sein duquel
23:21émergent
23:22de très belles innovations.
23:24Le défi
23:25pour ces innovations
23:26c'est de grandir
23:26en restant français.
23:28Et dans cette...
23:29Oui, c'est-à-dire
23:29que les investisseurs
23:30ils sont souvent étrangers.
23:31En tout cas,
23:32certains investisseurs
23:32sont étrangers.
23:34Trouver du capital
23:34n'est pas si facile.
23:36Par ailleurs,
23:36accéder au marché
23:37n'est pas si facile.
23:38Et ce n'est pas
23:38les mêmes tours de table ?
23:39C'est-à-dire ?
23:40Levé en France
23:41on va lever
23:42si on veut faire
23:42une levée de...
23:43Par exemple,
23:44la levée qui est juste
23:45essai clinique
23:46à marque H.E.
23:47Donc,
23:47une relation sur le marché
23:48ça va être une levée
23:49autour de 4-5 millions.
23:51Aux US
23:51ils vont donner 20-25 millions.
23:53Ce qui fait qu'on a
23:54quand même
23:54beaucoup plus de pouvoir
23:55et donc il y a effectivement
23:56beaucoup de start-up
23:57qui vont aller aux US
23:58et de toute façon
23:59sur chacun des tours de table
24:01donc chaque moment
24:01on va lever des fonds
24:02première question des invests
24:03c'est quand est-ce
24:04que vous allez aux US ?
24:05Et c'est une réponse difficile
24:06nous avec mon associé
24:07on dit
24:07en fait nous on veut déjà
24:08développer en France
24:09et faire un truc bien en France
24:10et potentiellement
24:11notre marché est plutôt européen
24:12et c'est difficile
24:14à accepter pour les fonds.
24:14Et alors,
24:15double question Delphine Moulu
24:16le potentiel mondial
24:18de ce marché
24:19de la Femtech
24:20c'est quoi ?
24:21Et où se situe la France ?
24:22Est-ce qu'on est plutôt
24:22bien placé ?
24:23Plutôt en retard ?
24:24Le potentiel mondial
24:25il est énorme
24:26et la France se situe
24:27vraiment très bien
24:27c'est le leader
24:28aujourd'hui en Europe
24:29on est le pays
24:30qui a le plus
24:31de start-up Femtech
24:32en Europe
24:32et on est aussi
24:33le seul pays de l'Union Européenne
24:34qui est un fonds d'investissement
24:35dédié à la santé des femmes
24:37qui a été lancé
24:38par la région Île-de-France
24:39l'année dernière
24:40donc c'est pas rien
24:41en revanche
24:42on va pas garder
24:42ce leadership
24:43en ne faisant rien
24:44donc il faut continuer
24:45à y travailler
24:46et donc
24:47que l'ensemble de l'écosystème
24:49se mobilise
24:49effectivement
24:50on parlait des fonds
24:50et il y a un vrai enjeu
24:51de souveraineté
24:52aujourd'hui
24:52les start-up Femtech
24:54françaises
24:54sont beaucoup financées
24:55par des fonds étrangers
24:56et c'est ce qu'on va mettre
24:57en lumière
24:57dans le baromètre
24:58qu'on publiera à Sant'Expo
24:59et donc ça
25:00il faut faire attention
25:00parce qu'un fonds américain
25:02qui finance
25:02une start-up Femtech française
25:04a priori l'innovation
25:05ensuite va aller
25:06au UK
25:07puis aux US
25:07donc il faut être assez vigilant
25:09et que la France
25:09garde cette place
25:10et se positionne
25:11il y a des exemples passés
25:12d'entreprises
25:13qui effectivement
25:15sont devenues
25:16américaines
25:17d'une certaine façon
25:17alors qu'elles étaient nées
25:18en France
25:18dans votre secteur
25:20on a l'exemple de Sonio
25:21qui s'est fait racheter
25:22par Samsung
25:23donc qui est un acteur
25:24pour le coup
25:24plutôt qui est japonais
25:25mais toute l'équipe
25:27a été démobilisée
25:28aux Etats-Unis
25:28maintenant le siège
25:29est aux Etats-Unis
25:30donc cardiologues
25:31qui est restés par Philips
25:33c'est les deux plus gros
25:34rachats en santé
25:35et donc là ça dépend de qui ?
25:36ça dépend des pouvoirs publics
25:37ça dépend effectivement
25:39des acteurs économiques
25:41qui peuvent se consolider
25:43s'agglomérer
25:44pour apporter une réponse ?
25:45Je pense que la question
25:46de l'échelle
25:46est une question qui se pose
25:47c'est-à-dire qu'on sait tous
25:48que le marché européen
25:49a potentiel
25:50pour être un marché leader
25:51à l'échelle mondiale
25:52il est fragmenté aujourd'hui
25:53et au sein de ces marchés
25:54les acteurs sont fragmentés
25:55une des raisons
25:56pour lesquelles
25:56on essaie de travailler
25:57tous ensemble
25:58c'est essayer comme ça
25:59de faire monter en puissance
26:00un écosystème
26:01et c'est pas juste
26:02le plaisir de travailler ensemble
26:03même s'il est réel
26:04c'est que globalement
26:06on puisse essayer
26:07de dérisquer les investissements
26:08et d'amener les investisseurs
26:09à venir
26:11le fait que Dahlia
26:12et nous
26:13auraient travaillé
26:13depuis le début
26:14avec des médecins reconnus
26:16et de premier plan
26:17comme Stéphane Mouchabac
26:18ou d'autres
26:19le fait qu'on ait
26:20cette relation-là
26:20le fait que nous
26:21on embarque aussi
26:23la dimension Femtech
26:24c'est une manière
26:25comme une autre
26:25de contribuer au fond
26:26à dérisquer les paris
26:27à dire que l'avenir est là
26:29que les technos sont là
26:30qu'elles sont validées
26:31qu'elles sont pertinentes
26:32que quelque part
26:33elles sont presque
26:34natives
26:36sur le plan hospitalier
26:37et d'essayer
26:37de forcer le mouvement
26:38en fait
26:41vos concurrents
26:42ils sont plutôt américains
26:43ils sont plutôt chinois
26:44je disais que
26:45les chinois déposent
26:46de plus en plus
26:47de brevets scientifiques
26:48et ils sont de loin
26:49leaders aujourd'hui
26:50on en a autant
26:51en France
26:52qu'aux US
26:53qu'en Asie
26:53à ce stade
26:54encore plus en psychiatrie
26:55c'est vraiment le terrain
26:56qui est très peu connu
26:57et donc il y a effectivement
26:58beaucoup de recherches
26:59en ce moment
26:59sur la psychiatrie
27:00je dirais qu'il y en a
27:01autant en France
27:02qu'aux US
27:02mais le marché aux US
27:04est plus ouvert
27:05et bien merci
27:06on va terminer là-dessus
27:07merci beaucoup à toutes et à tous
27:09d'avoir participé
27:09à ce Smart Trend
27:11je vous dis à bientôt
27:11sur Be Smart for Change
27:13et merci à vous
27:14de votre fidélité
27:15à très vite
27:16sur notre antenne
27:17salut
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