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  • il y a 4 minutes
Ce mercredi 13 mai, le regain d'anxiété concernant le marché du crédit privé aux États-Unis, ainsi que la réaction des marchés qui intègrent déjà le scénario d'un relèvement des taux en Europe, ont été abordés par Laurent Calvet, responsable de la gestion obligataire de Tikehau Capital, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Avec en plateau Laurent Calvé, responsable de la gestion obligataire de TKO Capital.
00:05Bonjour Laurent, merci de m'accompagner ce matin, de nous accompagner dans Good Morning Market.
00:10Oui, il y a beaucoup de choses dans le sens où il y a à nouveau des inquiétudes sur le
00:14crédit privé aux Etats-Unis.
00:15On l'a vu ces dernières heures avec KKR et puis surtout un marché obligataire, en tout cas sur la
00:21partie souveraine.
00:23Vous avez des taux longs qui reviennent sur des plus hauts, c'était le cas cette nuit au Japon,
00:28sur des plus hauts de 1997, plus haut de juin dernier pour le 10 ans américain hier soir,
00:32quand le 10 ans français par exemple a 3,7%.
00:34Des inquiétudes sur le crédit privé et puis des inquiétudes également par rapport à cette inflation,
00:39on l'a vu hier aux Etats-Unis, et le marché qui anticipe des hausses de taux de la part
00:43de la Banque centrale, en tout cas en Europe.
00:46Tout à fait, alors on voit des poches de stress, d'inquiétudes sur la dette privée,
00:52mais ça concerne surtout des petites entreprises qui sont très concentrées, moins diversifiées,
00:58qui affichent des caractéristiques de fin de cycle sur certains secteurs,
01:01avec des investisseurs qui ont sans doute été moins regardants sur les conditions de financement,
01:06dans une sorte de course à l'échalote, course au rendement,
01:10en prenant peut-être quelques raccourcis dans l'analyse financière.
01:12Donc stress, inquiétude, oui,
01:15mais à ce stade, on parlera plutôt de cas idiosyncratiques plutôt qu'une contagion généralisée,
01:22et encore moins d'une contagion à l'obligataire européen, au haut rendement, au high yield,
01:28qui même s'il est plus risqué que l'investment grade,
01:31se compose quand même d'entreprises de taille plus significative,
01:34avec une plus grande diversification en termes de produits, de marchés, de géographie.
01:39Le high yield, qui a un niveau de notation inférieur au investment grade,
01:44avec bien sûr un rendement qui est supérieur,
01:47puisque forcément il y a un risque qui est plus important.
01:50Comment aujourd'hui évolue cette classe d'actifs,
01:53depuis le mois de mars, depuis le conflit en Iran ?
01:56Alors, pour l'instant, le conflit en Iran a assez peu de conséquences
02:00sur le bilan des entreprises européennes.
02:02Le marché qui est toujours dans l'anticipation voit aujourd'hui un risque d'inflation,
02:05et donc forcément met cela dans les prix.
02:07Oui. Alors, depuis mars, on a un vrai stress test.
02:11C'est-à-dire que le marché a pricé un choc inflationniste et géopolitique brutal.
02:16Ce qui est intéressant de voir, c'est qu'il n'y a pas eu d'emballement durable
02:20sur le crédit high yield européen, puisque depuis fin mars,
02:23les primes de risque se sont vraiment détendues.
02:25On est passé de 330, 340 points de base à 270,
02:29donc on est revenu au niveau pré-conflit.
02:31Donc on a eu de la volatilité,
02:33mais le portage et la demande pour la classe d'actifs
02:37a permis au marché de réabsorber une bonne partie du choc.
02:39Donc on est sur un test de nervosité,
02:41mais on n'est pas sur un changement de régime.
02:44Et effectivement, comme vous l'avez dit,
02:46le marché a souffert des taux souverains,
02:49qui sont orientés à la hausse,
02:53avec un aplatissement des cours.
02:55C'est-à-dire que les taux courts sont montés plus fortement que les taux longs,
02:58puisqu'on a des anticipations de politique monétaire plus restrictives.
03:02Le marché a aussi souffert d'incertitudes macroéconomiques,
03:05mais la jambe crédit, elle, a été plutôt très ordonnée.
03:09Avec des entreprises qui ont publié leurs résultats du premier trimestre,
03:12on en parle tous les jours dans cette émission.
03:14Pour l'instant, en dehors de quelques compagnies aériennes,
03:18certains secteurs qui sont vraiment touchés par cette crise en Iran
03:22et par la remontée des cours du pétrole.
03:24Est-ce que vous avez revu un petit peu vos scénarios pour vos portefeuilles ?
03:28Alors nous, on est un petit peu en décalé sur le crédit,
03:31en high yield, par rapport au marché actions.
03:33On est en plein encore dans les publications du premier trimestre.
03:37Et je précise que quand on est un investisseur crédit,
03:39on ne regarde pas tant les perspectives de croissance,
03:42mais plutôt la résilience des marges et du cash flow.
03:45Et sous cet angle-là,
03:46les sociétés ont fait preuve d'une bonne discipline
03:50en termes de réduction des coûts et de gestion bilancielle.
03:53Donc s'ils ont hors secteur,
03:54qui sont très consommateurs en énergie,
03:56qui sont exposés au commerce mondial
03:58ou à la disruption technologique,
04:00les bilans se tiennent plutôt bien
04:02et les taux de défauts sont contenus.
04:04Maintenant, pour 2026-2026,
04:06nous voyons plutôt un environnement de croissance molle
04:10avec toujours des défauts qui restent contenus.
04:12Donc un marché plutôt de sélection qu'un marché de panique.
04:16Le marché anticipe pour l'instant
04:172 à 3 hausses de taux de la part de la BCE.
04:20Bon, espérons qu'il n'y ait pas 3 hausses de taux.
04:23Si c'est le cas, aujourd'hui,
04:23il faut se placer sur le marché obligataire,
04:25profiter de ce pricing,
04:27de ces anticipations de 3 hausses de taux
04:28dans l'espoir qu'elles n'arrivent pas.
04:30Alors effectivement,
04:31le marché, je pense,
04:34a repricé très rapidement
04:36un scénario très au quiche,
04:38puisqu'on est passé d'une demi-baisse de taux
04:40pour 2026 avant le conflit
04:43à maintenant plus de 3 hausses de taux
04:45pour cette année.
04:46Alors c'est un scénario qui est possible,
04:48mais je pense que si on doit être surpris,
04:50on doit plutôt être surpris d'un côté dovish,
04:52c'est-à-dire pas de hausses,
04:53voire des hausses,
04:54mais moins que ce qui est actuellement anticipé.
04:57Je pense qu'on ne sera pas surpris
04:58par une banque centrale
04:59qui va monter les taux 4, 5 ou 6 fois.
05:02Étant donné le régime d'inflation
05:03qui prévalait en Europe avant le conflit,
05:06qui était à la cible,
05:06voire légèrement en dessous,
05:08je pense que la BCE peut se permettre
05:11d'attendre un petit peu
05:12avant d'augmenter les taux.
05:13Et puis si le conflit,
05:15le choc énergétique n'est pas temporaire,
05:17mais qui vient vraiment casser la croissance,
05:19est-ce que la Banque centrale européenne
05:20va vraiment augmenter ses taux drastiquement
05:22dans un contexte de récession ?
05:24On fait souvent le parallèle
05:25avec 2022, choc énergétique,
05:28montée des taux,
05:29Banque centrale qui resserre
05:31leur politique monétaire,
05:32mais il faut bien se rappeler
05:33que le régime d'inflation en 2022
05:35était bien différent de celui
05:36qu'il était au début de 2026,
05:38puisqu'on était quasiment
05:39à 11% de l'inflation,
05:40donc il fallait faire quelque chose.
05:42Et dans ce contexte-là,
05:43se placer effectivement
05:44sur l'obligataire
05:47est attractif,
05:48puisqu'on est à 5,5 de rendement
05:50sur le high yield européen.
05:51On a des bilans qui tiennent bien,
05:53des taux de défauts qui sont contenus,
05:54une demande forte pour le crédit,
05:57une volatilité assez faible,
05:59avec cette option
05:59que si la Banque centrale européenne
06:02n'augmente pas ses taux
06:04ou les augmente moins
06:04que ce qu'attend le marché,
06:06les anticipations de hausse
06:08vont se dégonfler,
06:08les taux courts devraient baisser,
06:10ce qui devrait avoir
06:11un effet bénéfique
06:12sur le prix des obligations.
06:13Très clair.
06:14Merci beaucoup, Laurent Calvé,
06:15pour ce focus
06:16sur le marché obligataire du crédit
06:18et en plus particulièrement
06:19sur la classe d'actifs du AI.
06:21Je rappelle que vous êtes responsable
06:22de la gestion obligataire
06:24de Tikeo Capital.
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