Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 19 minutes
Jérôme Laffon, directeur général de OUIGO, était l'invité d'Erwan Morice dans Good Morning Business, ce lundi 11 mai. Ils sont revenus sur les profits qu’apporte la hausse du carburant aux TGV ainsi que sur les perspectives de croissance et de modernisation pour OUIGO, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Peut-être nous écoutez-vous depuis le train ce matin.
00:02Beaucoup de départs en ce moment avec les jours fériés, les ponts de mai.
00:05On en parle ainsi que beaucoup d'autres sujets avec notre invité du Grand Entretien.
00:09Bonjour Jérôme Laffont.
00:10Bonjour.
00:10Merci d'être sur notre plateau, directeur général de Wigo.
00:14Vos trains aussi, les Wigo, ils sont bien remplis au mois de mai ?
00:16Ils sont toujours remplis en fait.
00:18Wigo, vous avez à peu près 90%, peut-être même un peu plus de taux d'occupation.
00:23Mais ce n'est pas spécifique au mois de mai, c'est à peu près tout le temps.
00:26Le prix du carburant, toujours très haut.
00:28Des Français qui font davantage attention à leurs déplacements.
00:31Des compagnies aériennes aussi qui souffrent avec un kérosène qui flambe
00:34et qui pourrait venir à manquer des annulations de vol.
00:37Parfois, on disait ce matin dans nos éditions,
00:41Bruxelles qui a décidé d'assouplir les règles pour permettre aux Européens
00:44d'acheter plus facilement du kérosène américain pour éviter justement des annulations.
00:49Est-ce que vous, dans le rail, chez Wigo, plus largement la SNCF,
00:53vous profitez de l'envolée des prix sur le transport routier et sur l'aviation ?
00:58En fait, c'est assez difficile à dire parce qu'il y a beaucoup d'éléments qui entrent en jeu.
01:03Par exemple, pour le mois de mai, les ponts sont très bien orientés, très bien positionnés.
01:07Donc, ça joue effectivement de manière positive sur nos trafics.
01:10Mais l'histoire de TGV Inouï ou de Wigo depuis la sortie du Covid,
01:15c'est une histoire de croissance permanente.
01:16Donc, c'est très difficile de dire, là, sur un mois ou deux,
01:20en quoi nos résultats sont directement liés ou pas à une crise qui est celle qu'on connaît aujourd'hui.
01:27J'imagine que vous avez comparé avec l'année dernière, non ?
01:30On peut peut-être voir une progression sur un an ?
01:32On peut voir une progression légère, en fait.
01:34Il y a une légère hausse, on le voit sur les ponts de mai.
01:37Pour Wigo, en fait, on est en train de développer notre offre.
01:40Donc, il y a plus de trains, il y a plus de destinations.
01:43Donc, là aussi, c'est difficile de faire l'équation précise.
01:45On a renforcé notre capacité de 5% depuis la fin de l'année.
01:50Donc, il y a autant d'éléments qui entrent en jeu.
01:53Mais voilà, on peut dire qu'il y a une légère hausse.
01:55Mais nous, notre mission, par exemple, chez Wigo,
01:57ce n'est pas de profiter d'une aubaine comme on pourrait avoir là.
02:00C'est plutôt de démocratiser la grande vitesse ou le train en général.
02:03Et c'est ce qu'on fait depuis plus de 10 ans.
02:05Mais si on met de côté, un instant, la question, justement,
02:08de la hausse des coûts, du carburant, de la concurrence,
02:12un mot sur les chiffres.
02:14Cette hausse, elle est de combien ?
02:16Elle est significative sur un an, la progression de la fréquentation,
02:19le nombre de billets que vous vendez chez Wigo,
02:21avec aussi le développement de l'offre.
02:23Wigo, si on regarde 2025, par exemple,
02:25c'était 28 millions de billets qui ont été vendus.
02:27Donc, c'est vraiment considérable.
02:29On considère que sur le premier semestre,
02:31ça sera entre 6 et 8% de plus.
02:33Mais comme je le disais, en fait,
02:34on est en train de développer notre offre Wigo.
02:36Il y a plus de trains, il y a plus de destinations.
02:38Et donc, c'est logique qu'il y ait plus de clients aussi à bord des Wigo.
02:41Oui, mais on n'est pas loin d'une augmentation à deux chiffres.
02:44C'est-à-dire ?
02:45Pour Wigo ?
02:4528%, enfin voilà, on n'est pas loin d'une augmentation à deux chiffres sur un an.
02:49Oui, mais qui est liée aussi à une hausse de la capacité,
02:51parce qu'on a envie de pouvoir continuer à développer Wigo.
02:54Et ça, c'est le fruit des investissements aussi que vous faites sur les services,
02:58plus de trains, plus de destinations ?
03:02Absolument, oui.
03:03Donc, on va avoir 30% de trains en plus d'ici à peu près un an.
03:06Et c'est des trains qu'on rénove et qu'on régénère.
03:09Il y a une nouvelle génération de rames Wigo
03:10qui est en train d'arriver progressivement.
03:12C'est des rames qui sont encore plus capacitaires, avec un peu plus de confort.
03:17Donc, en même temps que le TGVM avec Inouï,
03:20de la même manière, chez Wigo, vous faites aussi une modernisation,
03:23parce que depuis le lancement, il n'y en a pas vraiment eu.
03:25Non, il n'y en avait pas eu.
03:26Donc, il y a tout un travail de rénovation de nos rames actuelles
03:28et en parallèle d'arrivée de rames nouvelle génération pour avoir un parc.
03:32Enfin, on peut, d'ici la fin de cette année, déjà,
03:34les deux tiers du parc Wigo auront été rénovés.
03:36Alors, on a expliqué aussi ce matin, vous l'avez peut-être entendu, Jérôme Lafon,
03:39qu'avec l'envolée des coûts liés à la guerre,
03:41le gouvernement cherche à faire aussi des économies.
03:43Il recherche 6 milliards d'euros supplémentaires cette année.
03:47Est-ce que vous craignez, vous, que des économies soient faites sur le rail
03:51qui appellent quand même depuis des années à l'augmentation des investissements ?
03:55On sait que votre filière réclame davantage de modernisation du rail.
04:00Ça serait compliqué si des économies étaient faites sur ce volet-là,
04:03même si, a priori, il n'en est pas question ?
04:05Je ne le pense pas, je ne le pense pas.
04:07En fait, le rail est un moyen de transport mobilité bas carbone.
04:11Donc, forcément, il y a des enjeux très, très importants
04:13en termes de transition énergétique.
04:16Et il y a une loi cadre qui est en cours de discussion actuellement.
04:19Et donc, on a bon espoir qu'elle puisse faire des propositions
04:21qui permettent aussi de régénérer le réseau,
04:24c'est-à-dire l'infrastructure, qui est un enjeu majeur pour SNCF.
04:27Wigo, c'est l'offre low-cause de la SNCF.
04:29On vous interpelle de plus en plus sur les prix.
04:31C'est vrai qu'on ne trouve plus les billets à 10 euros
04:33qu'on avait au lancement de l'offre.
04:34On les trouve sur Wigo Train Classique,
04:36qui est une offre où les temps de trajet sont un peu plus longs.
04:39On peut payer vraiment très peu cher,
04:41donc c'est à partir de 10 euros.
04:43Mais c'est la Fédération Nationale des Associations d'Usagers et des Transports
04:46qui nous donne ce chiffre que les tarifs Wigo,
04:49ils ont bondi de 75 % en 7 ans.
04:51Comment vous, vous le justifiez ?
04:52D'abord, on le conteste,
04:53parce que je pense que ce chiffre
04:56n'a pas forcément très, très bien calculé.
04:58C'est vrai qu'il y a une hausse des prix Wigo.
04:59On peut dire, peut-être, probablement sur cette période-là,
05:02de 50, 60 %.
05:03Mais en fait, Wigo s'est développé initialement
05:07sur des gares qui partaient de la Grande Couronne parisienne,
05:10mais pas de Paris.
05:11Et à partir de 2017,
05:12les Wigos ont commencé à partir de Paris.
05:15Donc là, vous avez des coûts qui sont plus élevés.
05:16On considère qu'à cette époque-là, vers 2017-2018,
05:19les prix ont augmenté d'à peu près 30 %.
05:21Et puis, depuis quelques années,
05:23Wigo se développe sur des destinations
05:25beaucoup plus longues.
05:25Aujourd'hui, on dessert 70 destinations.
05:28Mais depuis 5-6 ans,
05:29c'était des développements sur Perpignan,
05:31Nice, Brest, Quimper, etc.
05:33Destinations plus longues,
05:34dont des prix un peu plus élevés,
05:36qui peuvent légitimer aussi cette hausse des prix.
05:38On reste un acteur low-cost.
05:40On le revendit complètement.
05:41Il y a un billet sur deux Wigo
05:43qui est vendu à moins de 30 euros.
05:45Et on veut garder absolument cette proportion.
05:47Mais avec des prix qui, parfois,
05:48peuvent monter, je crois, jusqu'à 119 euros sur les Wigo,
05:53est-ce qu'à ce niveau-là,
05:53on est encore compétitif face aux trains,
05:56face aux TGV Inouï ?
05:57Notre souhait, c'est d'être systématiquement compétitif,
06:00mais pas juste par rapport à TGV Inouï,
06:02mais par rapport aux moyens de transport en général.
06:05Sur quelques jours de l'année,
06:06on peut être à 119 euros sur des destinations très longues.
06:10Donc, c'est des jours très spécifiques.
06:11Mais ces jours-là,
06:12vous regardez les prix de TGV Inouï,
06:14ils sont un peu plus élevés, c'est normal.
06:16Et vous regardez les prix du bus,
06:18vous regardez les prix de l'aérien,
06:20ils sont forcément plus élevés également.
06:22Vous avez une concurrence qui est aussi en train de se structurer
06:24sur le low cost que vous représentez.
06:27Comment est-ce que vous vous positionnez ?
06:29Comment est-ce que vous vous y préparez ?
06:30Alors, la concurrence,
06:31elle ne se positionne pas forcément sur le low cost.
06:33Wigo a un peu cette spécificité d'être le seul acteur
06:36low cost ferroviaire en France et même en Europe.
06:38C'est vraiment une success story
06:40qui s'inscrit dans une dimension européenne.
06:43La concurrence, finalement,
06:44ça nous stimule parce que ça amène
06:47finalement à avoir plus d'innovation
06:48et puis chercher à ce que les clients continuent
06:51à préférer Wigo ou SNCF Voyageurs en général.
06:54Pour Wigo, en fait,
06:55notre ADN, c'est le low cost,
06:56c'est des prix les plus bas possibles.
06:57Et c'est vraiment ce qu'on a envie de continuer
06:59dans les mois et les années.
07:00On a un concurrent, alors qu'il n'est pas encore là,
07:02mais qui va arriver prochainement,
07:04Kevin Speed, qui promet des prix bas
07:07même en dernière minute.
07:08Là-dessus, vous allez peut-être devoir aussi
07:11repenser votre offre de prix ?
07:13Pas forcément, on verra.
07:15Je laisse à Kevin Speed le choix
07:16de sa stratégie commerciale,
07:18que je ne connais pas.
07:19En tout cas, côté Wigo,
07:20notre stratégie va être très claire,
07:22c'est garder des prix les plus bas possibles
07:24et se développer.
07:25C'est-à-dire faire en sorte qu'il y ait
07:26de plus en plus de trains Wigo
07:28et de plus en plus de clients qui prennent Wigo.
07:30Notre ambition, c'est d'être en hausse
07:31de 30% de trafic d'ici 2-3 ans
07:35et de représenter à peu près 30%
07:36de la grande vitesse d'ici 2030.
07:38Avec l'ouverture à la concurrence
07:39sur le Paris-Lyon,
07:40vous avez dû augmenter le nombre de rames
07:42pour ne pas perdre vos parts de marché.
07:45Est-ce que ça a fonctionné ?
07:48Wigo, en fait, pour le moment,
07:50on n'a pas augmenté le nombre de liaisons,
07:51mais par contre, c'est quelque chose
07:52qu'on va développer à partir de l'année prochaine.
07:54Aujourd'hui, on fait deux allers-retours.
07:55L'année prochaine, on rajoute
07:57un troisième allers-retours le week-end.
07:58L'enjeu pour nous, c'est de proposer
08:00plus d'offres, effectivement,
08:01et encore plus de petits prix.
08:02Un mot sur l'activité de bus,
08:04puisque BlaBlaCar va cesser cette activité.
08:07Ça a été annoncé il y a quelques jours.
08:08Est-ce que vous espérez un report
08:10sur vos services ?
08:12Alors nous, on ne se réjouit jamais
08:13de la fin d'une offre de mobilité.
08:15Ce que ça montre surtout,
08:16c'est que l'équation économique du low-cost,
08:18elle est difficile.
08:19Nous, on arrive à la tenir
08:20parce qu'on est un modèle
08:21qui est très capacitaire
08:23et qui maîtrise très bien ses coûts
08:25parce qu'on fait tourner les rames
08:26le plus possible dans la journée
08:27et le plus plein possible.
08:28C'est ça le modèle WeGo.
08:30Est-ce que ça va permettre
08:31d'avoir quelques clients en plus ?
08:33En tout cas, ils auront le choix.
08:35Ça leur permettra surtout,
08:36s'ils prennent le train,
08:37d'avoir une mobilité bas carbone
08:39et donc plus positive pour la planète.
08:41Rapidement sur l'international,
08:43parce que WeGo est aussi présent en Espagne.
08:45Comment se porte la filiale
08:47et à quand la rentabilité ?
08:49La filiale est déjà rentable.
08:51Les résultats 2025 ont permis
08:53de dégager d'ores et déjà
08:55une rentabilité.
08:55Ça sera encore le cas en 2026 ?
08:57On l'espère, oui, oui, complètement.
08:59En tout cas, c'est la trajectoire
09:00en sachant que le business côté Espagne
09:02est en train de bien repartir.
09:04Donc, ça nous donne de belles perspectives
09:06pour cette année également.
09:07Et des connexions avec l'étranger.
09:08Il y a déjà la Belgique,
09:10d'autres destinations peut-être ?
09:11On fait Paris-Bruxelles en WeGo,
09:13train classique pour le moment.
09:14Et par contre, sur la partie grande vitesse,
09:17beaucoup de perspectives de développement
09:18parce que beaucoup plus de rames WeGo disponibles.
09:21Donc, des développements prévus dès cet été.
09:23On rajoute un troisième aller-retour Montpellier.
09:25Puis l'année prochaine,
09:26Paris-Strasbourg, Paris-Lyon,
09:28Strasbourg-Marseille
09:29et même un Lyon-Bordeaux
09:30via Massy à partir de l'été.
09:32Merci beaucoup, Jérôme Laffont,
09:33d'avoir été notre invité ce matin,
09:35directeur général de WeGo.
Commentaires

Recommandations