00:00Nous avons donc rendez-vous sous le niveau de la mer. Bonjour Jean Crozetti.
00:03Bonjour.
00:03Merci d'être dans Good Morning Business sur BFM Business, PDG de Bubble Robotics.
00:09Vous développez des robots autonomes pour qu'on se représente bien.
00:12Je crois qu'ils font à peu près 200 kg, 4 mètres de long.
00:16Leur mission, c'est d'inspecter et de cartographier les océans
00:19avec différentes missions qu'on peut leur allouer.
00:23Exactement. En fait, l'ambition de Bubble Robotics, ou le pari qu'on fait du moins,
00:27c'est de venir appliquer à l'océan ce qui a fait le succès du New Space.
00:30En réalité, c'est des méthodes de développement agiles, l'autonomie,
00:33et chez nous, surtout, une technologie de rupture
00:35qui a la capacité des systèmes à rester plus de 6 mois en mer
00:37et donc de profondément couper ou réduire le coût des opérations nécessaires
00:42pour réaliser ces opérations sinon en mer.
00:43C'est le SpaceX des océans.
00:45Oui, c'est ça. Alors du coup, le robot, il faut que vous nous le décriviez
00:48pour ceux qui nous écoutent, évidemment, à quoi il ressemble
00:51et qu'est-ce qu'il peut faire concrètement quand il est sous l'eau ?
00:54Alors en fait, c'est un système de robots, ce qu'on développe.
00:55En fait, on déploie des robots de surface et des robots sous-marins
00:58qui peuvent s'intégrer les uns avec les autres.
01:00La technologie qu'on a développée, c'est le docking,
01:01la capacité du robot mer, du vaisseau mer,
01:04de pouvoir déployer des robots sous-marins
01:06qui, eux, réalisent l'opération sous l'eau.
01:08Parce qu'il faut bien se rendre compte qu'aujourd'hui,
01:10un robot sous l'eau, ça ne dure pas plus de 5 ou 6 heures.
01:12Alors qu'on a des robots sur Mars depuis 10 ans
01:14qui opèrent depuis très loin
01:16et qu'on peut opérer depuis une salle de contrôle à Los Angeles.
01:19Donc l'idée, c'est comment on permet d'étendre l'action de ces robots
01:21pour réduire le coût parce que ça coûte très cher de les déployer.
01:24Et c'est pour ça qu'on déploie un vaisseau mer
01:26qui peut leur permettre de les déployer pas cher
01:30revenir se recharger et repartir, c'est ça ?
01:32C'est comme les robots aspirateurs, finalement ?
01:34C'est comme la base de recherche chez vous.
01:37Qu'est-ce qui réalise le travail ?
01:39C'est vraiment le robot sous-marin.
01:41Et ces robots sous-marins, il y en a de différents types
01:43selon différentes tâches.
01:44Alors qu'est-ce qu'ils font ?
01:45Par exemple, inspecter un parc éolien.
01:48Un parc éolien, aujourd'hui, c'est une nécessité
01:49pour pouvoir être assuré et opérer en bonne et due forme.
01:52Mais c'est des opérations qui coûtent très cher,
01:53plus de 20 à 30 000 euros par jour d'opération.
01:56Nous, on essaie de couper ces coûts par au moins 70%
01:58grâce à la technologie qu'on développe.
02:00Oui, parce que le prix, c'est un enjeu aussi économique
02:03et d'attractivité.
02:06Les entreprises cherchent des solutions peu coûteuses.
02:08C'est un argument pour vous ?
02:10Exactement. Il y a différents arguments.
02:11Le premier, c'est évidemment le coût.
02:13Le deuxième argument, c'est qu'on n'a même pas assez
02:15de gens formés pour faire le travail en mer.
02:16C'est un travail dangereux que personne ne veut faire.
02:18On va manquer de 600 000 personnes d'ici 2030,
02:20rien que dans l'éolien.
02:21Et puis, le troisième aspect, c'est qu'on a besoin
02:22de plus de données.
02:23C'est-à-dire que les parcs éoliens vont exploser,
02:25ils sont très très larges.
02:26Mais dans les ports, il y a aussi de plus en plus
02:28de besoins de monitoring, en matière de sécurité notamment.
02:31On est dans une situation géopolitique très compliquée.
02:34On a notamment parlé il y a quelques temps
02:35et encore récemment de câbles sous-marins sectionnés.
02:38Est-ce que là-dessus, vous pouvez aussi intervenir ?
02:40C'est évidemment un des sujets
02:42qui ont poussé la création de Bubble.
02:45L'idée de pouvoir rester six mois en mer,
02:47c'est l'idée d'être présent de manière persistante
02:49à l'eau et donc sur des infrastructures
02:52qui sont critiques.
02:53Donc de pouvoir savoir ce qui s'y passe,
02:54on va dire, chaque jour.
02:55Mais alors c'est vraiment à des fins de surveillance.
02:59Par exemple, dans l'exemple des câbles sous-marins,
03:01c'est le robot qui va pouvoir détecter
03:02qu'il y a une intrusion par exemple.
03:03Ou est-ce qu'on peut imaginer,
03:04on parlait juste avant de manipulation fine,
03:06un robot qui va sortir des petites pinces
03:09et réparer un câble endommagé par exemple ?
03:11Alors nous, on a l'ambition de créer
03:12la main-d'œuvre autonome de l'océan.
03:13Donc une plateforme qui peut voir,
03:14entendre et agir sous l'eau à terme.
03:16À cela près que dans l'océan,
03:18on n'a pas un Internet à scraper pour faire des LLM
03:21qu'on a pu faire pour l'LM
03:21où on n'a pas les données nécessaires en entrée
03:23pour entraîner une manipulation qui est aussi robuste
03:25qu'est-ce que vous venez d'expliquer avec Genesis.
03:28Dans l'océan, on n'a en fait que de la donnée spot.
03:31Donc le fait de craquer d'abord le sujet de la persistance,
03:33ça permet de capturer un set de données
03:34qui va permettre d'entraîner de la manipulation
03:36bien plus précise à l'avenir.
03:37Donc c'est notre ambition, mais pas au-delà.
03:38Ça va prendre du temps en fait, c'est ça.
03:39Ça va prendre du temps.
03:40C'est ce qu'il faut de la data.
03:41On a parlé des mines aussi dans le détroit d'Hormuz.
03:43Sur tous ces sujets-là, câbles sous-marins, mines,
03:46bon voilà, c'est un sujet quand même stratégique.
03:48C'est important pour la France, pour l'Europe,
03:50d'avoir une entreprise souveraine comme vous.
03:53Vous avez levé, je crois, 4,5 millions d'euros
03:55auprès de BPI France.
03:56C'est important aussi d'avoir ces acteurs qui vous financent.
03:59Comment est-ce que vous vous positionnez ?
04:00Comment est-ce que vous regardez ce secteur
04:02qui, j'imagine, va devenir très vite concurrentiel ?
04:05Alors c'est un secteur qui est concurrentiel,
04:06mais c'est un secteur qui est, on va dire,
04:08régalien pour le moment.
04:09Et je reprends l'analogie du spatial.
04:12Avant SpaceX, c'était régalien aussi.
04:14Il y a de l'espace pour pouvoir créer
04:16une vraie valeur ajoutée aujourd'hui
04:17avec des plateformes moins chères,
04:19plus petites, plus autonomes et plus persistantes.
04:21En matière, par exemple, de ce qu'on appelle
04:22la guerre des mines,
04:23il faut pouvoir aujourd'hui couvrir des zones
04:25très très larges,
04:26que des plateformes extrêmement précieuses
04:28mais unitaires auront plus de mal à faire
04:29que des flottes de plus petites plateformes moins chères.
04:33Votre robot, il sortira commercialement quand ?
04:36Et les premiers clients, ce sera qui ?
04:37Des énergéticiens, des ports,
04:39ou des États pour l'armée ?
04:40Alors, on a déjà signé plus de 4 millions d'euros
04:42de précommandes sur nos plateformes,
04:44notamment avec des énergéticiens,
04:45mais aussi avec des gestionnaires de terminaux
04:47sur la partie civile.
04:48Et puis, on discute aussi avec des M.O.D.,
04:51comme on dit en anglais,
04:52des départements militaires,
04:53pour le côté plus militaire.
04:56Et d'ici le printemps 2027,
04:57on espère avoir un premier produit commercial
04:59sur le marché.
05:00Passionnant.
05:01Longue vie à Bubble Robotics.
05:02Merci beaucoup,
05:03Jean Crozetti,
05:03PDG de l'entreprise,
05:05d'être venu nous présenter tout ça
05:06ce matin dans Good Morning Business.
Commentaires