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  • il y a 3 minutes
Jean Crosetti, PDG de Bubble Robotics, était l'invité d'Erwan Morice dans French Tech, ce lundi 11 mai. Il nous présente ses robots autonomes chargés d'inspecter et de cartographier les océans dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Nous avons donc rendez-vous sous le niveau de la mer. Bonjour Jean Crozetti.
00:03Bonjour.
00:03Merci d'être dans Good Morning Business sur BFM Business, PDG de Bubble Robotics.
00:09Vous développez des robots autonomes pour qu'on se représente bien.
00:12Je crois qu'ils font à peu près 200 kg, 4 mètres de long.
00:16Leur mission, c'est d'inspecter et de cartographier les océans
00:19avec différentes missions qu'on peut leur allouer.
00:23Exactement. En fait, l'ambition de Bubble Robotics, ou le pari qu'on fait du moins,
00:27c'est de venir appliquer à l'océan ce qui a fait le succès du New Space.
00:30En réalité, c'est des méthodes de développement agiles, l'autonomie,
00:33et chez nous, surtout, une technologie de rupture
00:35qui a la capacité des systèmes à rester plus de 6 mois en mer
00:37et donc de profondément couper ou réduire le coût des opérations nécessaires
00:42pour réaliser ces opérations sinon en mer.
00:43C'est le SpaceX des océans.
00:45Oui, c'est ça. Alors du coup, le robot, il faut que vous nous le décriviez
00:48pour ceux qui nous écoutent, évidemment, à quoi il ressemble
00:51et qu'est-ce qu'il peut faire concrètement quand il est sous l'eau ?
00:54Alors en fait, c'est un système de robots, ce qu'on développe.
00:55En fait, on déploie des robots de surface et des robots sous-marins
00:58qui peuvent s'intégrer les uns avec les autres.
01:00La technologie qu'on a développée, c'est le docking,
01:01la capacité du robot mer, du vaisseau mer,
01:04de pouvoir déployer des robots sous-marins
01:06qui, eux, réalisent l'opération sous l'eau.
01:08Parce qu'il faut bien se rendre compte qu'aujourd'hui,
01:10un robot sous l'eau, ça ne dure pas plus de 5 ou 6 heures.
01:12Alors qu'on a des robots sur Mars depuis 10 ans
01:14qui opèrent depuis très loin
01:16et qu'on peut opérer depuis une salle de contrôle à Los Angeles.
01:19Donc l'idée, c'est comment on permet d'étendre l'action de ces robots
01:21pour réduire le coût parce que ça coûte très cher de les déployer.
01:24Et c'est pour ça qu'on déploie un vaisseau mer
01:26qui peut leur permettre de les déployer pas cher
01:30revenir se recharger et repartir, c'est ça ?
01:32C'est comme les robots aspirateurs, finalement ?
01:34C'est comme la base de recherche chez vous.
01:37Qu'est-ce qui réalise le travail ?
01:39C'est vraiment le robot sous-marin.
01:41Et ces robots sous-marins, il y en a de différents types
01:43selon différentes tâches.
01:44Alors qu'est-ce qu'ils font ?
01:45Par exemple, inspecter un parc éolien.
01:48Un parc éolien, aujourd'hui, c'est une nécessité
01:49pour pouvoir être assuré et opérer en bonne et due forme.
01:52Mais c'est des opérations qui coûtent très cher,
01:53plus de 20 à 30 000 euros par jour d'opération.
01:56Nous, on essaie de couper ces coûts par au moins 70%
01:58grâce à la technologie qu'on développe.
02:00Oui, parce que le prix, c'est un enjeu aussi économique
02:03et d'attractivité.
02:06Les entreprises cherchent des solutions peu coûteuses.
02:08C'est un argument pour vous ?
02:10Exactement. Il y a différents arguments.
02:11Le premier, c'est évidemment le coût.
02:13Le deuxième argument, c'est qu'on n'a même pas assez
02:15de gens formés pour faire le travail en mer.
02:16C'est un travail dangereux que personne ne veut faire.
02:18On va manquer de 600 000 personnes d'ici 2030,
02:20rien que dans l'éolien.
02:21Et puis, le troisième aspect, c'est qu'on a besoin
02:22de plus de données.
02:23C'est-à-dire que les parcs éoliens vont exploser,
02:25ils sont très très larges.
02:26Mais dans les ports, il y a aussi de plus en plus
02:28de besoins de monitoring, en matière de sécurité notamment.
02:31On est dans une situation géopolitique très compliquée.
02:34On a notamment parlé il y a quelques temps
02:35et encore récemment de câbles sous-marins sectionnés.
02:38Est-ce que là-dessus, vous pouvez aussi intervenir ?
02:40C'est évidemment un des sujets
02:42qui ont poussé la création de Bubble.
02:45L'idée de pouvoir rester six mois en mer,
02:47c'est l'idée d'être présent de manière persistante
02:49à l'eau et donc sur des infrastructures
02:52qui sont critiques.
02:53Donc de pouvoir savoir ce qui s'y passe,
02:54on va dire, chaque jour.
02:55Mais alors c'est vraiment à des fins de surveillance.
02:59Par exemple, dans l'exemple des câbles sous-marins,
03:01c'est le robot qui va pouvoir détecter
03:02qu'il y a une intrusion par exemple.
03:03Ou est-ce qu'on peut imaginer,
03:04on parlait juste avant de manipulation fine,
03:06un robot qui va sortir des petites pinces
03:09et réparer un câble endommagé par exemple ?
03:11Alors nous, on a l'ambition de créer
03:12la main-d'œuvre autonome de l'océan.
03:13Donc une plateforme qui peut voir,
03:14entendre et agir sous l'eau à terme.
03:16À cela près que dans l'océan,
03:18on n'a pas un Internet à scraper pour faire des LLM
03:21qu'on a pu faire pour l'LM
03:21où on n'a pas les données nécessaires en entrée
03:23pour entraîner une manipulation qui est aussi robuste
03:25qu'est-ce que vous venez d'expliquer avec Genesis.
03:28Dans l'océan, on n'a en fait que de la donnée spot.
03:31Donc le fait de craquer d'abord le sujet de la persistance,
03:33ça permet de capturer un set de données
03:34qui va permettre d'entraîner de la manipulation
03:36bien plus précise à l'avenir.
03:37Donc c'est notre ambition, mais pas au-delà.
03:38Ça va prendre du temps en fait, c'est ça.
03:39Ça va prendre du temps.
03:40C'est ce qu'il faut de la data.
03:41On a parlé des mines aussi dans le détroit d'Hormuz.
03:43Sur tous ces sujets-là, câbles sous-marins, mines,
03:46bon voilà, c'est un sujet quand même stratégique.
03:48C'est important pour la France, pour l'Europe,
03:50d'avoir une entreprise souveraine comme vous.
03:53Vous avez levé, je crois, 4,5 millions d'euros
03:55auprès de BPI France.
03:56C'est important aussi d'avoir ces acteurs qui vous financent.
03:59Comment est-ce que vous vous positionnez ?
04:00Comment est-ce que vous regardez ce secteur
04:02qui, j'imagine, va devenir très vite concurrentiel ?
04:05Alors c'est un secteur qui est concurrentiel,
04:06mais c'est un secteur qui est, on va dire,
04:08régalien pour le moment.
04:09Et je reprends l'analogie du spatial.
04:12Avant SpaceX, c'était régalien aussi.
04:14Il y a de l'espace pour pouvoir créer
04:16une vraie valeur ajoutée aujourd'hui
04:17avec des plateformes moins chères,
04:19plus petites, plus autonomes et plus persistantes.
04:21En matière, par exemple, de ce qu'on appelle
04:22la guerre des mines,
04:23il faut pouvoir aujourd'hui couvrir des zones
04:25très très larges,
04:26que des plateformes extrêmement précieuses
04:28mais unitaires auront plus de mal à faire
04:29que des flottes de plus petites plateformes moins chères.
04:33Votre robot, il sortira commercialement quand ?
04:36Et les premiers clients, ce sera qui ?
04:37Des énergéticiens, des ports,
04:39ou des États pour l'armée ?
04:40Alors, on a déjà signé plus de 4 millions d'euros
04:42de précommandes sur nos plateformes,
04:44notamment avec des énergéticiens,
04:45mais aussi avec des gestionnaires de terminaux
04:47sur la partie civile.
04:48Et puis, on discute aussi avec des M.O.D.,
04:51comme on dit en anglais,
04:52des départements militaires,
04:53pour le côté plus militaire.
04:56Et d'ici le printemps 2027,
04:57on espère avoir un premier produit commercial
04:59sur le marché.
05:00Passionnant.
05:01Longue vie à Bubble Robotics.
05:02Merci beaucoup,
05:03Jean Crozetti,
05:03PDG de l'entreprise,
05:05d'être venu nous présenter tout ça
05:06ce matin dans Good Morning Business.
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