00:00Et ils se retrouvent justement aujourd'hui pour discuter des prix en rayon, Emmanuel.
00:04Absolument, les négociations commerciales, vous savez, c'est cette grande messe entre les distributeurs et leurs fournisseurs,
00:10notamment de produits agroalimentaires, ça se termine chaque année le 1er mars, ça dure plusieurs semaines,
00:16sur des accords d'augmentation de prix pour l'année à venir.
00:20Or, ces négociations de 2026 qui se sont conclues le 1er mars, elles se sont déroulées dans un monde sans
00:26inflation.
00:27D'ailleurs, elles avaient débouché sur une augmentation quasi nulle des prix.
00:30On était à plus 0,05% en moyenne, donc quasiment rien.
00:35Mais évidemment, la guerre en Iran a changé la donne, hausse des prix des carburants, hausse de la logistique, hausse
00:41des emballages.
00:42Tout ça a déjà augmenté les coûts de production des industriels et des agriculteurs de 3 à 5%.
00:48Or, certains, du coup, perdent de l'argent, c'est-à-dire que ces augmentations qui ne paraissent pas très
00:53grandes,
00:53eh bien, elles ont mangé toutes les marges, elles risquent d'inciter beaucoup de producteurs à renoncer à semer et
01:00à produire
01:01parce qu'au-delà de la hausse des coûts d'approvisionnement, ce qui inquiète surtout, c'est soit la flambée
01:06des prix des engrais,
01:07soit carrément la pénurie d'engrais.
01:09Et sans engrais, pas question de se lancer dans la production pour des récoltes à l'été 2026.
01:15Donc, est-ce qu'on va rouvrir les négociations commerciales ?
01:17Alors, les négociations, elles avaient été rouvertes, vraiment, officiellement au moment de la guerre en Ukraine en 2023,
01:22mais la flambée des prix était 3 à 4 fois plus forte qu'aujourd'hui.
01:25Donc, pas de réouverture générale des négociations.
01:30Pour autant, les prix vont quand même augmenter dans les rayons
01:32parce qu'avec les lois EGALIM, on sanctuarise le coût de la matière première agricole.
01:36Donc, par exemple, le lait dans les yaourts ou le blé dans les pâtes,
01:40eh bien, si les coûts augmentent, ça, ce sera répercuté.
01:42Et puis, la loi dite d'escrozaille de 2003 permet des renégociations automatiques
01:48quand les coûts de production varient fortement.
01:50Alors, évidemment, ce ne sera pas une partie de plaisir, ces renégociations.
01:53Mais ce qu'il ne faut pas perdre de vue, c'est que refuser un peu plus d'inflation aujourd
01:56'hui,
01:57c'est prendre le risque de beaucoup plus d'inflation à la rentrée.
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