- il y a 10 heures
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00D'abord, les toutes dernières informations ce soir sur l'antavirus.
00:03On va en parler avec nos invités, le professeur Christophe Rapp.
00:06Bonsoir, professeur. Merci d'être à l'infectionlague à l'hôpital américain de Paris.
00:10Le docteur Agnès Riccaribon, bonsoir docteur, médecin argentiste et porte-parole de SAMU Urgence de France.
00:14Yves Tréhard avec nous. Bonsoir Yves.
00:16Elsa et Lisa sont restés avec moi.
00:19Une femme de 65 ans qui a séjourné sur le bateau de croisière, le MV Hondius,
00:23et ce soir hospitalisée dans un état très grave à l'hôpital Bichat à Paris.
00:28On va retrouver Jocelyn Azo. Jocelyn, elle a visiblement contracté la forme la plus sévère de l'antavirus.
00:36Oui, effectivement. Ce soir, les médecins de l'hôpital Bichat, ici à Paris, dans le 18e arrondissement,
00:41ont fait un point complet sur l'état des cinq passagers, des cinq touristes français qui étaient à bord du
00:48Hondius,
00:48avec notamment ce cas, le cas de cette femme de plus de 65 ans, le cas le plus grave.
00:53Elle est ce soir toujours hospitalisée en réanimation dans un état grave.
00:57Son pronostic vital est engagé. Elle aurait développé la forme la plus sévère, effectivement, de cet antavirus.
01:04Ce soir, elle a toujours des symptômes aigus. Elle est sous respirateur.
01:07Elle a des difficultés pour respirer.
01:10Et on a appris également lors de ce point presse des médecins qu'elle avait des comorbidités.
01:15Elle aurait notamment de l'asthme, ce qui expliquerait la dégradation encore plus rapide de son état.
01:20Quatre autres patients, eux, sont toujours hospitalisés à Bichat.
01:23Ce sont les quatre autres touristes. Mais eux, pour l'instant, vont bien.
01:26Leurs tests restent négatifs. Ils n'ont pas de symptômes.
01:29Ils sont testés très régulièrement parce qu'il y a une peur des médecins.
01:33Eh bien, c'est que de nouveaux cas se déclarent.
01:35Ils sont donc testés à peu près tous les 24 heures avec une grande surveillance.
01:39Et en attendant, impossible de les laisser sortir.
01:41Ils restent dans une bulle médicale, dans des chambres spécialisées.
01:45Ils sont sous très haute surveillance car plus les jours passent, plus les heures passent,
01:49plus les autorités se rendent compte que la plupart des cas d'antavirus confirmés,
01:53ce sont des passagers du Hondius.
01:56Il y a donc ce soir, autour des cinq passagers français qui ont été rapatriés
02:00et qui sont hospitalisés ici à l'hôpital Bichat,
02:02une très grande surveillance des autorités françaises.
02:05Josselin Azo avec Rémi Soula.
02:08Professeur, comment est-ce qu'on prend en charge très concrètement
02:10une patiente qui développe la forme la plus sévère d'une maladie comme celle-là ?
02:14Il faut rappeler qu'il n'y a pas de traitement antiviral spécifique.
02:17C'est ce qu'on appelle les traitements de support.
02:19C'est suppléé à toutes les défaillances d'organes.
02:22Et là, il s'agit d'un syndrome cardiopulmonaire avec une détresse respiratoire
02:27et une défaillance du poumon et du cœur.
02:29Donc on va ventiler les patients et on utilise même un système
02:32qui s'appelle le poumon artificiel.
02:34C'est ce qui est utilisé pour cette patiente.
02:35Donc c'est des techniques de réanimation très modernes
02:38qui sont parfaitement maîtrisées en France et par les collègues de l'hôpital Bichat.
02:42Mais bien sûr...
02:43On va aider son corps d'une certaine manière.
02:44On va essayer d'aider son corps, le corps qui lutte contre une réaction inflammatoire
02:48et une atteinte des cellules endothéliales
02:50qui sont le tissu vasculaire du poumon et du cœur.
02:53Parce que ce virus, antivirus, a un tropisme particulier.
02:56Il va attaquer ces cellules endothéliales.
03:00C'est très différent du Covid qui donnait des pneumonies.
03:03Et donc on n'est pas du tout dans la même discussion.
03:05C'est pour ça que c'est aussi un élément très distinctif par rapport au Covid.
03:09Même si les symptômes sont proches.
03:11Parce que les deux maladies, quand elles sont graves, donnent les mêmes symptômes.
03:15C'est-à-dire une détresse respiratoire.
03:17Mais qu'est-ce que ça veut dire quand on explique que cette patiente a contracté la forme la plus
03:20sévère ?
03:21Qu'est-ce qui fait qu'on va être face à une forme plus sévère qu'une autre ?
03:28Comment la nature fait le choix d'une certaine manière ?
03:30Alors comment la nature fait le choix ?
03:32Pour cette maladie, on ne connaît pas ce qu'on appelle les facteurs du risque de la sévérité de la
03:36maladie.
03:37Mais généralement, dans toutes les maladies infectieuses,
03:39l'âge est un facteur favorisant les formes graves.
03:41Et puis s'il y a un terrain pulmonaire également, ça peut être un deuxième facteur.
03:46Mais ça peut être la quantité de virus dans le corps
03:48qui est responsable d'une réaction inflammatoire très forte.
03:51Il y a plein de facteurs qui peuvent jouer.
03:53Ça peut être des prédispositions génétiques.
03:54Et ce qui peut expliquer que dans une même épidémie, on va avoir dans la même...
03:59D'ailleurs là c'est un bateau, donc dans la même cluster,
04:02des gens qui vont survivre et d'autres qui vont faire des formes très graves.
04:05On retournera justement dans un instant sur ce bateau,
04:08voir un peu les mystères qui continuent d'entourer ce soir cette croisière.
04:12Docteur Riccaribon, on explique que cette patiente et d'autres,
04:17mais cette patiente-là aujourd'hui en France,
04:20est prise en charge dans une chambre à pression négative.
04:23On a des images ce soir de ces chambres à pression négative.
04:27Un exemple de chambre.
04:28Quel est le principe ?
04:30En clair, l'air qui est respiré à l'intérieur ne peut pas ressortir ?
04:33Voilà, c'est tout à fait ça.
04:34C'est que ça empêche finalement l'air qui peut être contaminé par le virus
04:38de sortir de la chambre et d'aller contaminer le reste du service.
04:43Donc en fait, c'est pour les patients qui sont excrétants,
04:47et donc c'est probablement le cas de cette patiente,
04:50ça évite d'avoir le virus qui sort de la chambre, tout simplement.
04:54Et puis il y a des sas pour que les personnels puissent s'habiller et se déshabiller
04:59sans faire sortir le matériel de protection de la zone sécurisée.
05:05Mais ça concerne cette patiente qui est dans un état grave,
05:07est-ce que ça concerne aussi forcément les cas contacts,
05:11ou par exemple les quatre autres personnes qui étaient sur le bateau avec cette dame ?
05:15Alors, sous le contrôle des infectiologues, on le fait que pour les patients
05:18qui, oui, on suppose être excrétants.
05:21Sinon, les autres sont des chambres avec des flux,
05:24mais pas forcément en pression négative.
05:26Et au niveau des Samus mûrs, on a aussi des brancards
05:29qui sont équipés, qui s'appellent les Epi-Shuttle,
05:32où on a des brancards pour les patients.
05:33Comme des bulles ?
05:34Comme des bulles, aussi à pression négative,
05:37de façon à éviter que le virus ne sorte.
05:40Alors, c'est forcément juste pour des transferts,
05:42ça ne peut pas durer très longtemps,
05:44mais on peut le mettre en place pour les transferts interhospitaliers,
05:49pour les patients qui sont jugés excrétants.
05:52Alors, on a ce soir désormais 11 cas probables,
05:55j'allais dire à travers la planète,
05:57parmi les personnes qui étaient sur ce bateau, 11 cas probables.
05:59Et je voudrais qu'on retourne sur le lieu où tout a commencé,
06:01à bord de ce luxueux bateau de croisière, le Hondius.
06:04Ces occupants, qui avaient déboursé plusieurs milliers d'euros
06:06pour un voyage d'exception,
06:07se sont retrouvés au cœur d'un huis clos, évidemment angoissant,
06:09une descente aux enfers qui a été filmée par certains passagers,
06:13avec comme surprenant point de départ possible
06:15la passion de deux passagers pour une espèce rare d'oiseau.
06:18On vous explique tout avec Raphaël Redon et Sophie Herbé.
06:25Cela devait être la croisière de la grande découverte au bout du monde.
06:31Le 1er avril dernier, 147 passagers de 23 pays
06:36embarquent sur ce navire de croisière grand luxe.
06:41Une croisière d'une valeur de 4 à 20 000 euros, selon l'itinéraire.
06:48Parmi les passagers, cet influenceur américain
06:51qui a pu visiter le bateau avant le départ.
06:57A l'intérieur, on y découvre de grandes salles de restauration
07:01et bien sûr les cabines
07:04où ils vont passer les 35 prochaines nuits.
07:10La croisière démarre depuis le bout du monde,
07:12Ushuaïa, tout au sud de l'Argentine.
07:16L'objectif est de régulièrement, à l'aide de ces zodiaques,
07:20pouvoir s'approcher, voire débarquer,
07:23au contact d'animaux rares.
07:31Une expédition loin de tout.
07:33Mais sur ces images promotionnelles,
07:35la médecin du bateau se veut rassurante.
07:40Les passagers peuvent se sentir en sécurité à bord du bateau.
07:43Nous avons tout ce qu'il faut pour traiter les urgences
07:45et pour prodiguer les premiers soins en cas de maladies graves.
07:50Mais l'équipage était-il vraiment prêt à tous les cas de figure ?
07:56Et notamment aux conséquences d'une excursion
07:59réalisée quelques jours avant la croisière
08:02par un couple d'ornithologues néerlandais.
08:05Léo Schilperord et sa femme
08:07sont à la recherche du caracara à gorge blanche,
08:11un oiseau extrêmement rare,
08:13visible dans seulement deux pays,
08:15dont l'Argentine.
08:17Pour cela,
08:18ils se rendent dans cette décharge proche d'Ushuaïa,
08:21où cette espèce a été aperçue plusieurs fois.
08:25Mais là-bas,
08:26peut-être ont-ils croisé la route
08:27de rats pygmés à longues queues,
08:30comme celui-ci.
08:31Sauf que ces rongeurs sont connus
08:33pour être porteurs de la souche andigne de l'antavirus.
08:37Le couple a-t-il été contaminé ce jour-là ?
08:41Est-il monté à bord de la croisière déjà infectée ?
08:45En tout cas, cinq jours seulement après le départ,
08:49pour Léo Schilperord, puis sa femme,
08:52la croisière vire au cauchemar,
08:54comme le raconte cet autre influenceur,
08:57présent sur le bateau.
09:01Après notre arrivée sur la première île de notre itinéraire,
09:04l'état de santé d'un passager s'est gravement détérioré.
09:08Son corps a été évacué sur la deuxième île de notre itinéraire.
09:13Mais malheureusement, deux jours plus tard,
09:15nous avons appris le décès de son épouse
09:17qui voyageait avec lui.
09:22Depuis, l'OMS a confirmé la contamination à l'antavirus du couple.
09:27Des patients zéros,
09:29qui ont probablement infecté plusieurs personnes
09:31sur un navire aujourd'hui vidé de ses passagers.
09:35Reste 25 membres d'équipage,
09:37deux médecins et la dépouille d'un touriste allemand,
09:40également décédé le 2 mai.
09:44Le navire fait maintenant route vers sa destination finale,
09:48Rotterdam, épilogue d'une croisière,
09:51entrée tristement dans l'histoire.
09:56Professeur A, pourquoi est-ce que c'est important
09:57de remonter la chaîne de contamination,
09:59de revenir au point de départ de cette contamination-là ?
10:02Dans une épidémie, il faut toujours, évidemment,
10:04refaire l'histoire du cas index
10:06et essayer de comprendre le lieu de contamination.
10:09Alors là, c'est une hypothèse que vous venez de présenter.
10:12Il n'y a pas de certitude de l'OMS sur cette enquête-là.
10:14Vous avez raison, c'est une hypothèse.
10:15C'est une des hypothèses,
10:16parce que ces deux passagers ont voyagé antérieurement au Chili,
10:19en Uruguay,
10:20et auraient pu être contaminés avant.
10:22Là, les cinq jours, c'est une incubation un peu courte.
10:24Il n'y a pas eu de circulation à Ushuaïa d'antavirus
10:27dans les dix dernières années ou même antérieurement.
10:29Donc là, ça mérite d'être réfléchi.
10:35L'hypothèse générale, c'est que ce couple index
10:39s'est contaminé à partir d'un réservoir de rongeurs
10:43dans un périple touristique avant d'entrer sur le bateau.
10:47Et c'est ensuite, pendant la croisière,
10:49qu'ils ont probablement été très contagieux
10:52et ont pu contaminer d'autres sujets du navire
10:55à la faveur de la promiscuité.
10:57Parce que là, si on décrit quelque chose de luxueux,
10:59c'est quand même confiné et il y a quand même de la promiscuité.
11:01Vous avez raison.
11:02Lisa, il faut revenir sur ce bateau là encore.
11:04Il reste 22 passagers, 22 derniers passagers à bord du bateau
11:08parce que le bateau a poursuivi sa route.
11:09Oui, le navire continue sa traversée de l'océan
11:11en direction les Pays-Bas, son pays d'ématriculation.
11:13Il lui reste 4-5 jours normalement
11:15pour atteindre le port de Rotterdam
11:16puisqu'il devrait arriver dimanche.
11:18Et il ne navigue pas à vide.
11:20À bord, il y a 27 personnes
11:21qui assurent toujours la bonne continuité du voyage.
11:2425 sont des membres de l'équipage du navire
11:26accompagnés de 2 membres du personnel médical.
11:29Parmi ces 27 passagers, il y a 17 Philippines,
11:324 Néerlandais dont 2 professionnels de santé,
11:344 Ukrainiens, un Russe et un Polonais.
11:36Il y a aussi une partie des bagages des passagers
11:39qui doivent être désinfectés
11:40avant d'être restitués à leurs propriétaires.
11:42Et il y a surtout, et c'est le plus troublant,
11:44le corps de la troisième personne décédée à bord,
11:46une femme de nationalité allemande
11:48qui a succombé à l'antavirus le 2 mai dernier.
11:50Et une fois que le bateau arrivera aux Pays-Bas,
11:52qu'est-ce qui va se passer ?
11:53Ce que l'on sait, c'est que le MV ondu
11:55sera désinfecté évidemment à son arrivée.
11:57Les passagers, eux, seront dépistés, examinés
12:00et placés en quarantaine selon les règles du pays,
12:02c'est-à-dire isolés pendant 6 semaines à domicile.
12:05Ils seront ensuite transportés directement du bateau
12:08jusque chez eux.
12:09Pour ceux qui ne peuvent pas rentrer chez eux,
12:11les passagers qui sont étrangers par exemple,
12:13ce sera isolement dans un hôtel de quarantaine
12:15réservé spécialement pour eux.
12:17Et quant au navire en lui-même
12:18et sur ce qu'il va devenir, où et comment,
12:21il n'y a pas encore de procédure stricte,
12:23mais la compagnie maritime et les autorités sanitaires
12:25en discutent. Ils ont donc, vous l'avez compris,
12:27jusqu'à la fin de la semaine, puisque je le rappelle,
12:28le bateau devrait arriver dimanche à Rotterdam.
12:30On verra comment certains hôpitaux français
12:32sont en train de s'organiser,
12:33notamment pour prendre en charge
12:34des fameux cas contacts.
12:35On va y revenir dans un instant.
12:36Mais professeur Rapp,
12:38tous les cas jusqu'à maintenant,
12:39les 11 cas,
12:40sont directement reliés
12:43à ce navire de croisière.
12:44Est-ce que ça, pour le coup,
12:45même s'il y a évidemment des cas très graves,
12:47c'est plutôt quelque chose
12:48qui vous rassure d'une certaine manière ?
12:50– Oui, c'est quelque chose de rassurant
12:51qui explique qu'on est sur un foyer de cas groupés.
12:53En anglais, on appelle ça un cluster.
12:55C'est une épidémie au sens étymologique,
12:58mais ça serait réellement une épidémie en France
13:00s'il y avait une circulation du virus
13:02dans la communauté.
13:03Comme ça a été rappelé cet après-midi
13:05par la ministre de la Santé,
13:06il n'y a pas de circulation du virus
13:07dans la communauté française.
13:10Donc on est sur un cluster de cas groupés
13:12dans un navire de croisière
13:14qui est une situation expérimentale
13:16pour les infectiologues.
13:18– Expérimentale, pourquoi ?
13:19– Expérimentale, parce que les navires de croisière
13:22sont des lieux où il y a de la promiscuité,
13:24du confinement, de nombreuses interactions.
13:26Là en plus, ils allaient visiter des petites îles,
13:28c'est tous des ornithologues, etc.
13:30Et donc ils ont passé leur temps à échanger,
13:32à discuter, à être très proches,
13:34à prendre des photos.
13:34– Ce sont les pires ou les meilleures conditions
13:36pour qu'un virus se développe ?
13:37– Ce sont les meilleures conditions
13:38pour qu'un virus se développe.
13:39Et on en avait eu l'illustration
13:41par les épidémies de grippe ou de Covid
13:43dans les navires
13:44qui sont toujours très spectaculaires
13:45avec des taux d'attaque bien plus élevés,
13:47c'est-à-dire une proportion de sujets bien plus touchés
13:49que ce virus-là,
13:51qui n'est pas si transmissible que ça.
13:52– Oui, on a bien vu aujourd'hui,
13:55comment dire,
13:56toutes les précautions que prenait le gouvernement,
13:58Yves Tréard,
13:59conférence de presse organisée
14:00par la ministre de la Santé,
14:01avec pléthore d'infectiologues,
14:05de médecins, etc.
14:06Quel est le message
14:07que veut faire passer le gouvernement ?
14:09Que tout est pris en charge
14:11de la meilleure des manières ?
14:11C'est ce que dit Emmanuel Macron ce soir.
14:13– Bien sûr, ce sont évidemment des images
14:15qui ont rappelé étrangement
14:16ce qui s'est passé il y a six ans,
14:18qui était un rendez-vous,
14:21je le rappelle, quotidien,
14:22que toute la France attendait
14:24parce que tout le monde était confiné
14:25et qu'il n'y avait pas grand-chose à faire,
14:27d'autres.
14:27Alors là, je dirais que les moyens
14:29ont été démultipliés,
14:31parce que ce n'est pas un ou deux spécialistes
14:33qui étaient à côté de la ministre de la Santé,
14:35ils étaient cinq,
14:36qui avaient tous des spécialités particulières,
14:39qui croisaient leurs informations,
14:41qui croisaient leurs expériences
14:42et qui ont essayé de faire le tour de la question
14:45et qui n'ont évité aucune des questions
14:47d'ailleurs qui ont été posées par le public,
14:49qui était un public de journalistes,
14:51qui était assez assistant.
14:52Avec un ministre de la Santé
14:54qui s'est sans doute inspiré
14:56du Premier ministre Edouard Philippe de l'époque,
14:59qui quand elle ne savait pas, le disait.
15:01C'est-à-dire qu'elle ne cherchait pas
15:02à faire Madame Je-Sais-Tout,
15:03mais à dire, bon, là-dessus,
15:06on est peut-être un peu,
15:08ou alors elle passait la parole
15:09assez spécialiste.
15:13Ce qu'il faut dire aussi,
15:14c'est que le président de la République lui-même,
15:16qui est en séjour, il faut le dire,
15:18au Kenya, en Afrique,
15:20eh bien a pris la parole aussi
15:21pour s'exprimer sur ce virus,
15:23pour dire que tout était évidemment en main.
15:28Et là, le gouvernement joue gros,
15:30parce qu'il n'a pas le droit,
15:31si vous voulez, à l'erreur.
15:32C'est évident, il n'a pas le droit à l'erreur
15:34compte tenu du précédent,
15:37et compte tenu qu'il y a 5, effectivement,
15:40personnes qui ont été cas contacts.
15:43– Qui sont directement concernées par ce bateau,
15:44et on verra, parce qu'il y a plus de cas contacts,
15:46il y en a 22.
15:47Docteur Caribon,
15:48j'ai une image à vous montrer ce soir.
15:50Une espèce de mini-hôpital de campagne
15:52installé du côté danger, du CHU danger,
15:54qui est un des établissements de référence
15:56pour les risques épidémiologiques et biologiques.
15:59C'est une société qui propose ça,
16:02où on installe ces blocs, ces containers,
16:04dans lesquels on peut installer,
16:06en quelques heures, entre 2 et 4 heures,
16:08deux chambres,
16:09les chambres dont on parlait tout à l'heure.
16:13C'est vraiment d'ores et déjà nécessaire ?
16:16– Une crise bien gérée est une crise bien anticipée,
16:20donc c'est bien d'anticiper.
16:24Pour le moment, on n'en a pas besoin,
16:26puisqu'il n'y a pas d'inadéquation
16:28entre le nombre de chambres disponibles
16:30et le nombre de patients à prendre en charge.
16:35Les cas contacts sont asymptomatiques,
16:39mais simplement, on sait que quand ils deviennent symptomatiques,
16:42ils se dégradent de l'aide.
16:43C'est pour ça qu'on met des équipes de SMUR
16:45avec du personnel très bien formé
16:46pour transférer ces patients vers les hôpitaux.
16:50– Mais pardon, comment ça se passe ?
16:51Parce qu'on a donc 22, au-delà,
16:53on a, je le rappelle pour les téléspectateurs,
16:555 personnes qui étaient sur le bateau.
16:56Ensuite, on a 22 personnes, 22 Français.
16:59– Dont des enfants.
17:00– Dont 3 adolescents, effectivement, d'une même fratrie,
17:03qui ont pris l'avion avec la passagère néerlandaise
17:06qui est décédée au moment, justement,
17:09où elle a été débarquée du côté de Johannesburg.
17:11Donc ces 22 personnes-là, elles ont été contactées
17:13par les autorités françaises.
17:14Et dans ces cas-là, on envoie le SAMU et on leur dit,
17:17on vous emmène à l'hôpital ?
17:18– L'Agence régionale de santé les a contactées.
17:21Les SAMU, on a l'habitude de travailler
17:22avec l'Agence régionale de santé.
17:24Et on envoie, effectivement, les véhicules de SMUR.
17:27On s'assure que l'organisation de l'admission hospitalière est faite.
17:33Et donc, on envoie les équipes de SMUR
17:34avec les personnels formés qui s'habillent,
17:37qui se protègent.
17:38– Même si ces personnes sont asymptomatiques, etc.
17:40– Alors, on a fait ce choix-là,
17:42et on l'a bien fait, on l'a vu dimanche,
17:44parce qu'on avait la notion qu'ils étaient tous asymptomatiques.
17:47Et à l'arrivée, il y en avait une qui était malade
17:50et qui s'est dégratée très vite.
17:52Donc, effectivement, on peut dire que c'est un peu un excès de zèle.
17:56Bah, dimanche, ça a été utile.
17:59Donc, là, effectivement,
18:01on sait que nos personnels sont très bien formés.
18:04On préfère, effectivement, envoyer des équipes de SMUR supplémentaires
18:08sans entamer la capacité opérationnelle classique.
18:12Ce sont des équipes en plus
18:13qui permettent de faire ces transferts,
18:16notamment du patient de Concarneau vers Rennes.
18:18– Vers Rennes, il y en a à Marseille.
18:20Vous savez si les 22 sont hospitalisés ce soir ?
18:22– Ils sont tous hospitalisés.
18:23– Tous hospitalisés, les 22.
18:24– Oui. – Parce qu'il y avait hospitalisés
18:27et en cours d'hospitalisation.
18:29C'était la formule qui était utilisée.
18:30– À l'heure où on se parle,
18:30ils sont probablement tous hospitalisés.
18:32C'était aujourd'hui la deuxième vague.
18:34– Elsa ?
18:35– Oui, je voulais rebondir,
18:36faire le lien finalement entre ce que vous disiez
18:37et ce que Yves Tréhard disait.
18:39Il y a une demande en France.
18:40Je pense qu'il y a un traumatisme laissé par la période du Covid
18:44et on sent qu'il n'y aurait pas de tolérance
18:47pour une gestion qui ne serait pas à la hauteur,
18:51qui serait hasardeuse.
18:52Et il vaut mieux, je pense, pour les Français,
18:54il y aurait une acceptation d'un excès du dispositif,
18:58mais absolument pas d'une insuffisance du dispositif,
19:01même s'il est possible que si l'épisode se calme rapidement,
19:05il y ait ensuite des moqueries.
19:06Mais en tout cas, il y a une nécessité de moyens
19:09et ces moyens, la France se les donne aujourd'hui.
19:11– On a compris, Professeur Rapp,
19:12qu'il y avait ces 5 personnes directement concernées
19:15parce qu'elles étaient sur le bateau.
19:17On a compris qu'il y a ces 22 cas contacts.
19:19Le risque, c'est que le virus s'échappe de ces 27-là,
19:24d'une certaine manière ?
19:25– Oui, bien entendu.
19:26Le risque, c'est la diffusion sur le territoire national
19:29au-delà de ce premier cluster du virus
19:32parce que des contacts auraient été finalement contagieux,
19:37même s'ils n'ont pas de symptômes,
19:39parce que c'est une des inconnues du virus.
19:40On ne sait pas exactement quand la contagiosité commence.
19:43– Mais qu'est-ce que vous dites ?
19:44– On pense qu'elle est un ou deux jours avant
19:46ou en tous les cas au moment où la fièvre apparaît.
19:48C'est le moment le plus à risque.
19:50Mais là, justement, le suivi des contacts,
19:52il y a une étude qui va être pilotée par l'OMS dans tous les pays.
19:56On va tester biologiquement tous les contacts de façon séquentielle
20:00pour avoir une idée justement de
20:02y a-t-il la possibilité d'avoir des porteurs asymptomatiques
20:05ou pouvons-nous transmettre le virus
20:06alors qu'on n'a encore aucun symptôme.
20:08Ça, c'est une inconnue par rapport à ce virus.
20:11– Mais qu'est-ce que vous dites à celles et ceux
20:13qui nous regardent ce soir et qui pourraient, je ne sais pas,
20:15se méfier, être inquiets, dire
20:16« je vais peut-être reprendre les bonnes vieilles habitudes
20:19d'il y a six ans, le masque, le gel hydroalcoolique, etc. »
20:21Est-ce que tout ça aurait un sens dans la population générale, comme on dit ?
20:25– Non, dans la population générale, absolument pas
20:27parce qu'il faut être relié par un lien épidémiologique à cette épidémie.
20:31Donc il faut avoir été en contact avec quelqu'un
20:33qui a été ou sur le navire de croisière
20:35ou sur l'un des deux vols aériens.
20:37Pour l'instant, de fait, il n'y a pas de recommandation en population générale.
20:42– Qu'est-ce qui ferait que ça changerait ?
20:43– Si on avait un cas à Nantes
20:47qui n'a aucun rapport avec le fil conducteur épidémiologique,
20:53bateau ou avion, là, on aurait l'émergence, la diffusion.
20:56C'est ça qui caractériserait l'épidémie.
20:58Et c'est pour ça qu'on veut étouffer en isolant les cas symptomatiques,
21:03c'est fait, et en traçant les contacts de façon, cette fois-ci, très rigoureuse.
21:10Et c'est la première fois sur le plan politique
21:12que l'on a un décret, et deux décrets en deux jours, d'isolement.
21:17Parce que moi, j'ai travaillé longtemps sur Ebola, sur d'autres épidémies.
21:20À l'époque, aucun ministre n'avait osé le faire.
21:22Et à chaque fois, on parlait de la liberté individuelle.
21:25Et on avait toujours, nous, les infectiologues,
21:27eu des difficultés à statuer sur ces situations
21:30de confinement de patients contagieux.
21:33– Là, au moins, ça a été fait.
21:34– Donc là, il y a une avancée très nouvelle.
21:35Et on peut, donc là, j'allais dire félicité,
21:39ce n'est pas comme ça qu'il faut le faire,
21:40mais en tous les cas, louer le gouvernement d'avoir osé cette décision
21:44que beaucoup de pays européens n'ont pas non plus prise.
21:47Parce qu'au plan législatif, c'est une nouveauté.
21:49– Professeur, docteur, Yves, merci à tous les temps
21:51que vous allez avoir été avec nous ce soir en direct
21:53dans cette édition spéciale.
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