00:01...
00:19Votre vantée n'a pas des limites, M. Fayardé.
00:22Tire-toi.
00:23Mirko Medulic a tenté une ultime démarche auprès de Jean-Luc Fayardé.
00:28Le dernier s'est montré intraitable et il a chassé définitivement son ancien homme à tout faire.
00:35Entre Claire et Jacques, les choses ne s'arrangent pas davantage
00:39et le roman d'amour qu'ils avaient ébauché pendant la récréation s'achève dans le grondement des motos de
00:45course.
01:06Et voici l'arrivée de cette troisième manche.
01:09Après une mise acharnée, Jacques Renard du motoclub prévillois passe en tête la ligne d'arrivée.
01:13Devant Dominique Malcord, qui a pu rattraper de lui à sa chute.
01:17En troisième position, Gérard Frérot.
01:20Nous nous avons fait accueillir l'essence dans certains passages du cycle.
01:27Gérard Frérot.
01:53Tenez, vous le méritez largement.
01:55Ah, vous trouvez, abandonnez deux tours avant la fin sur panne d'essence.
01:58Ça peut arriver à tout le monde.
01:59Ça n'arrive pas à moi, je suis minable.
02:01Vous avez fait une course fantastique.
02:02J'ai même le moment que vous alliez me passer.
02:04À la prochaine fois.
02:04Il n'y aura pas de prochaine fois.
02:06Ce banais, je ne veux pas que vous vendiez votre moto.
02:08Mais pourquoi ?
02:09Parce que...
02:11Parce que je...
02:13Parce que je ne veux pas.
02:14Voilà.
02:17Ah, les hommes, c'est bien tous les mêmes.
02:20Je préfère pas voir ça.
02:21Voir quoi ?
02:22Rien, t'es trop jeune pour comprendre.
02:26Dis-lui, toi.
02:27Explique-lui.
02:28Moi, elle ne veut pas m'écouter.
02:30Qu'est-ce que tu veux que je vienne ?
02:31Qu'est-ce que tu veux ?
02:32Quand c'est toi qui ne veux rien comprendre.
02:34Pas comprendre moi ?
02:35Tu sais très bien que Leïla n'est pas vraiment libre.
02:38Dis tout de suite que je l'enferme à la maison avant de partir au boulot.
02:41Je peux y aller où bon lui semble.
02:42Ah, bon.
02:43Et où elle va ?
02:44Chez moi.
02:45Boire du thé à la menthe et bavarder.
02:47Ou bien, quelquefois, au bord de la Seine,
02:49elle s'assied et elle regarde couler le fleuve des heures entières.
02:52Ce sont les seules distractions qu'elle peut s'offrir.
02:55Parce que tu ne lui donnes jamais un centime.
02:57Espèce d'avare.
02:58Or, c'est celle de l'argent.
03:00Fatema, tu es-toi.
03:01Tu distribues les paroles.
03:02Parce que les paroles ne coûtent rien.
03:04Mais Leïla s'en fiche de tes discours.
03:07Alors, arrête de bourre de mouche bleue.
03:09Ferme ta bouche.
03:10Ouvre ton portefeuille.
03:11Et tu verras comment elle changera.
03:12Elle ne manque de rien.
03:13Je veux bien lui acheter tout ce qu'elle veut.
03:15Tiens, hier, je l'ai amenée.
03:17Je lui ai montré une jolie robe.
03:19Elle n'en a pas voulu.
03:20Paysante.
03:22Dis donc, tu entends comment elle me parle, ta femme ?
03:24Et à moi, comment tu crois qu'elle...
03:26Trop regardé la télé.
03:27Ça lui tourne la tête.
03:28Je n'ai pas besoin de télé.
03:30J'ai mes yeux pour voir.
03:31Dans ce pays, tout n'est pas bon.
03:33Mais au moins, les femmes y tiennent leur homme.
03:35Elles n'ont pas besoin que leur mari choisisse leur robe à leur place.
03:42Demain, je t'amènerai chez Mme Gonzalper.
03:45Tu sais, celle qui tient la boutique dans la rue du 25 août.
03:48Les gars s'aperçoivent très bien que le rythme de fabrication diminue et que les stocks s'accumulent.
03:52Ils ne sont pas fous tout de même.
03:54De toute manière, il faut voir un moment.
03:56L'annulation du marché de Bupertal pose un problème de trésorerie fondamental.
04:01Bien, le jour où vous trouverez un problème qui ne sera pas fondamental, vous me ferez si...
04:04La situation est sans issue, patron.
04:07Oui, je sais, vous me répétez ça tout le temps.
04:09C'est mon devoir.
04:10Et mon devoir à moi, ce serait quoi ?
04:11Je vous l'ai déjà dit.
04:13Étudiez un plan de licenciement.
04:15Jamais.
04:16Alors vous allez au-devant d'une catastrophe dont ceux-là même que vous aurez voulu épargner vous feront reproche.
04:21Il faut faire la part du feu tant que c'est encore possible.
04:23Mais en même temps, il le faut souffler pour attiser l'incendie.
04:25Et c'est ce que vous êtes en train de faire.
04:26Mais Fontarelle a raison.
04:28C'est tout même par notre faute.
04:29Si les investeurs faits âgés nous piquent tous les marchés les uns voient les autres.
04:32Enfin, on ne va pas pleurer là-dessus jusqu'à non.
04:36Nous avons beaucoup mieux à faire.
04:38Sans argent, ce n'est pas possible.
04:41Mais bon sang, notre roue à voie varie, non.
04:43Elle va intéresser tout le marché européen, sinon le marché mondial.
04:46Tous les marchés que vous voudrez, mais il faut le temps.
04:49Il faut le temps aux représentants de prospecter, de faire faire des extraits des commandes.
04:53Nous, il nous faut le temps de la fabrication.
04:54Et vous savez très bien que ça prend des semaines, sinon des mois.
04:56Et dans l'intervalle, on devra installer les nouvelles presses.
04:58Et adapter l'outillage.
05:00Bien, je trouverai de l'argent.
05:01Où ça ?
05:03Mais les banques ne vous prêteront pas un centime, vous le savez très bien.
05:06Il n'y a pas que les banques.
05:07Allez, vous fatiguez pas, patron.
05:10Fontarelle nous a avoué ce que vous lui aviez à dire.
05:14À savoir ?
05:15Eh bien, durant les mois qui viennent de s'écouler,
05:16vous aviez bazardé tous vos biens personnels pour assurer la trésorerie de l'entreprise.
05:26Fontarelle a toujours trop parlé.
05:29Mais si j'avais dû le lourder pour ça, je l'aurais fait il y a vingt ans,
05:33quand il a quitté son emploi pour m'aider à monter cette affaire.
05:44Eh bien oui, c'est exact.
05:46J'ai liquidé le peu que j'avais.
05:50Parce que je tousse.
05:52Du plus bas au plus haut de l'échelle.
05:55Et pour ça, je suis prêt à tout.
05:58Vous m'entendez ? Je suis prêt à tout.
06:04Vous savez ce que disent de moi certains de mes concurrents ?
06:06Non.
06:08Fayardé est un amateur.
06:09Eh bien, ils ont raison, je suis un amateur au sens sportif du terme.
06:14Je ne cours pas pour le fric, mais pour l'honneur.
06:18Je l'ose un poète pour autant.
06:20Alors, trouvez vite une solution afin que nous puissions tenir.
06:23Il faut me chiffrer le coût des nouvelles presses et de l'outil ensemble.
06:28Oui, pas de problème.
06:29Si nos commandes répondent à nos espoirs,
06:31combien de temps vous faudra-t-il pour mettre les nouvelles roues en fabrication ?
06:37Trois mois, on faisait très vite.
06:39Quoi, trois mois ?
06:40De salaire et de frais généraux à 100%
06:42avec une production réduite de moitié,
06:44une trésorerie nulle et deux nouvelles presses à acheter.
06:46Non, mais c'est de la folie.
06:50Votre femme est ici.
06:54Quoi ?
06:55Qu'est-ce qu'elle veut ?
07:09Ah, c'est drôle.
07:11Je n'imaginais pas du tout ton bureau comme ça.
07:17Mon Dieu, quel désordre.
07:19Toi qui es si pointilleux à la maison,
07:23je ne le rendrai jamais.
07:29Je me demande comment tu peux t'intéresser à des roues.
07:32Des roues.
07:34Que fait votre mari, chère madame ?
07:36Il fabrique des roues.
07:37Des roues comme c'est bizarre.
07:46Des roues.
07:47Madame Marie,
07:49c'est pour où ça ?
07:51C'est pour me dire ça que tu es venue me déranger en pleine réunion ?
07:56Pardonne-moi, je ne serai pas long.
08:03Alors, qu'est-ce que tu veux ?
08:07Oh, rien.
08:09Voir simplement où tu passes tes journées.
08:11Respirez une fois l'air que tu respires.
08:14Ça fait huit ans que nous sommes mariés.
08:16T'aurais pu t'y prendre plus tôt.
08:19Oui.
08:41Qu'y a-t-il l'administration ?
08:42Des dossiers, des archives.
08:59J'avais complètement oublié cette photo.
09:02Ce n'est pas ma meilleure, c'est même une des plus mauvaises.
09:08Moi, je te trouve très belle.
09:11Je me suis souvent demandé si tu ne m'aimais pas que pour mes défauts.
09:15Bon, j'ai apprécié certaines de tes qualités.
09:18Tu parles.
09:22C'est un absus.
09:25Révélateur.
09:28Qu'est-ce que tu es venue faire ici ?
09:33J'espérais pouvoir te parler plus commodément dans ce bureau qu'à la maison.
09:38Me parler.
09:40Oui.
09:44Tu ne veux pas t'asseoir une seconde ?
09:53Je t'écoute.
09:56Jean-Luc, j'en ai rien.
09:59Assez de quoi ?
10:00De nous.
10:01Tu ne m'aimes plus ?
10:04Aussi, bien sûr.
10:06Sinon, je n'aurais pas de cul.
10:07Ces scrupules.
10:09Quel scrupule ?
10:10Tu débarques dans mon bureau à midi pour me dire que tu en as assez
10:13alors que je suis en pleine conférence avec mes directeurs.
10:16Tu te fous de moi, non ?
10:17On ne choisit pas ces moments de désespoir.
10:19Tu confonds désespoir avec désœuvrement, ma chérie.
10:24Tu ne changeras pas.
10:26Tu seras toujours cet enfant capricieux et caté.
10:31Tu me parles de ton ennui.
10:33Mais je ne te parle jamais de mes ennuis.
10:35Bien entendu, c'est moi l'église.
10:37Si, si.
10:38Si, si, je sais très bien que je passe pour un ignoble personnage à tes yeux.
10:42Ou sauve en certaines circonstances que tu juges trop rares.
10:48Laurence, mon chèque est personnel.
10:55Alors, combien v'es-tu ?
11:04Devant ta secrétaire.
11:06Pour m'humilier davantage.
11:08T'humilier ? Mais qu'est-ce que tu vas chercher ?
11:09Je te juge, je n'y ai pas pensé.
11:12Allez, dépêche-toi, je n'ai pas le temps.
11:16Oh, salaud.
11:24Anne-Marie.
11:28Vous savez que vous n'avez pratiquement plus rien sur votre compte.
11:31Je le sais, mais rassurez-vous, je n'ai tiré aucun chèque.
11:37Ils n'avaient que leurs mains et beaucoup d'innocence.
11:43Ils n'avaient que leurs mains et sans outils.
11:50Ils ont bâti un château d'espérance.
11:55Seuls et sans outils, ensemble, ils ont bâti.
12:01Ce merveilleux château, ce bel endorado, ce royaume de fondant.
12:11Ce merveilleux château, fait de sabre et de chaud.
12:18Oui, peut-être de chaud.
12:21Oui, peut-être de chaud.
12:21Oui, peut-être de chaud.
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