- il y a 2 jours
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- #encoreunmaigret
Cécile, une jeune femme sans histoires, se rend à plusieurs reprises dans les locaux de la police judiciaire pour se plaindre de visites nocturnes dans l'appartement qu'elle occupe avec sa tante, Maigret ne prête guère attention...
Avec
Bruno Cremer : Maigret
Claude Piéplu (Charles Dandurand)
Annick Alane (Louise)
Jean-Claude Frissung (Janvier)
Jean-Pierre Gos (Lucas)
Arnaud Giovaninetti (Gérard)
Sophie Caffarel (Cécile Boinet)
Anne Bellec (Mme Maigret)
François Clavier (Le juge Mathieu)
Didier Lafaye (L'huissier)
Eva Ionesco (Florence Boinet)
Vanessa Guedj (Nouchi)
Sylvie Huguel (la concierge)
Yannick Evely (le jeune inspecteur)
Bernard Rosselli (1er légionnaire)
Fabrice Bagni (2ème légionnaire)
Serge Feuillard (le capitaine)
Réalisation : Denys de la Patellière
D'après le roman "Cécile est morte" de Georges Simeneon 1940.
Genre : série policière
#vosouvenirstélé
#encoreunmaigret
Avec
Bruno Cremer : Maigret
Claude Piéplu (Charles Dandurand)
Annick Alane (Louise)
Jean-Claude Frissung (Janvier)
Jean-Pierre Gos (Lucas)
Arnaud Giovaninetti (Gérard)
Sophie Caffarel (Cécile Boinet)
Anne Bellec (Mme Maigret)
François Clavier (Le juge Mathieu)
Didier Lafaye (L'huissier)
Eva Ionesco (Florence Boinet)
Vanessa Guedj (Nouchi)
Sylvie Huguel (la concierge)
Yannick Evely (le jeune inspecteur)
Bernard Rosselli (1er légionnaire)
Fabrice Bagni (2ème légionnaire)
Serge Feuillard (le capitaine)
Réalisation : Denys de la Patellière
D'après le roman "Cécile est morte" de Georges Simeneon 1940.
Genre : série policière
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00:00:30...
00:01:00...
00:01:44Alors ?
00:01:45Alors quoi ?
00:01:46Tu lui as demandé ?
00:01:48Bien sûr que je lui ai demandé.
00:01:51Mais elle sait très bien qu'à chaque fois que je lui demande de l'argent, c'est pour toi.
00:01:54Moi, je dépense rien.
00:01:55Si j'en ai besoin, c'est pour le petit. Elle pourrait comprendre ça, non ?
00:02:00Je lui ai dit.
00:02:02Qu'est-ce qu'elle t'a répondu ?
00:02:06Mais dis-moi ce qu'elle a dit, merde !
00:02:09Tu vas pas te mettre avec elle maintenant, non ?
00:02:15Tu tiens vraiment ?
00:02:17Oui.
00:02:21On devrait interdire à des gens comme ton frère de se reproduire.
00:02:25Voilà ce qu'elle a dit.
00:02:36Je vais aller boire.
00:02:37Non.
00:02:38Fais pas de scandale.
00:02:40Ça servirait à rien.
00:02:41C'est pas un scandale que je veux faire.
00:02:44C'est pas un scandale.
00:02:45Calme-toi.
00:02:49Hum...
00:02:50Respirez ça.
00:02:52Une femme ?
00:02:53Non, le percepteur.
00:02:55Mais sa dactylo se parfumait la violette.
00:02:59Bon marché, fatalement.
00:03:00Elle n'est qu'une pauvre qui prend de l'argent aux autres pauvres.
00:03:04Parce que les riches, ils ont été ligerés de sa branche.
00:03:13Mademoiselle Cécile, mes respects.
00:03:22Peau fille, quand je pense à ce que j'étais à son âge.
00:03:25Je m'en doute.
00:03:28Oh, remarquez si elle s'arrangeait un peu.
00:03:32Mais ses bas gris, ses robes grises, ses chapeaux gris.
00:03:37Elle ressemble à une souris.
00:03:39Mais je suis sûr qu'un gros rat lui ferait un bien immense.
00:04:17Jeanvier.
00:04:25Lucas ?
00:04:47On s'est beaucoup creusé la tête
00:04:49On espère qu'on n'est pas tombé à côté
00:04:53Merci
00:05:02Ah ben ça alors
00:05:06Mais qui vous a dit que je fumais la pipe
00:05:10Et il y a aussi ça par contre
00:05:17Et à qui dois-je
00:05:20Vous devinez pas
00:05:23C'est comme qui dirait
00:05:24Un cadeau d'amour
00:05:27Cécile
00:05:29Ça fait trois heures qu'elle vous attend
00:05:32Bon je la verrai tout à l'heure
00:05:37Bon
00:05:39Eh ben
00:05:42À votre santé
00:05:43Et merci
00:05:45À vos amours patron
00:05:46Oui bon ben ça va
00:05:53Bon allez les enfants rangez moi tout ça
00:06:01En somme d'après vous
00:06:02C'est la troisième fois en deux mois
00:06:04Qu'un inconnu pénètre la nuit
00:06:07Dans l'appartement que vous habitez avec votre tante
00:06:09S'installe dans le salon
00:06:12Change les chaises de place
00:06:13Le fauteuil aussi
00:06:14Le fauteuil aussi
00:06:17Et vous n'entendez rien ?
00:06:19Non
00:06:22Mais très souvent j'ai des insomnies
00:06:24Je prends des somnifères
00:06:25Mais même les jours où j'en ai pas eu besoin
00:06:28J'ai rien entendu
00:06:31Mais ce serait pas tout simplement votre tante
00:06:34Elle aussi
00:06:35Il y a peut-être des insomnies
00:06:38Sûrement pas
00:06:40Elle a une sciatique épouvantable
00:06:41Elle peut pas mettre un pied devant l'autre
00:06:44Pour l'amener de son lit à son fauteuil
00:06:45Je suis presque obligée de la porter
00:06:51Chaque pipe a sa personnalité
00:06:55Différente des autres
00:06:57C'est toujours une rencontre émouvante
00:07:00Vous me croyez pas ?
00:07:04Si si
00:07:05Non vous me croyez pas
00:07:06Je le sens
00:07:08Pourtant je suis sûre de ce que je dis
00:07:10Tenez ce matin
00:07:11En plus ça sentait le tabac
00:07:12Et ma tante n'a jamais fumé de sa vie
00:07:15Moi non plus
00:07:15Je l'ai pas inventé l'odeur de tabac
00:07:17Je suis pas folle
00:07:19Vous allez sûrement le devenir
00:07:20Si vous continuez à avoir peur comme ça
00:07:23On va essayer de vous rassurer
00:07:25La seule chose qui me rassurerait
00:07:27Ce serait que vous veniez vous même
00:07:28Toutes les nuits surveiller la maison
00:07:29Ce serait de vous sentir là
00:07:31Tout près
00:07:34Je suis sûre que j'aurais plus peur
00:07:36J'enviens
00:07:40Tu donneras à mademoiselle Boinet
00:07:42Le numéro de notre ligne directe
00:07:44Et demain je demanderai à mon confrère de Bourg-la-Reine
00:07:47D'avoir un oeil sur la maison
00:07:53Tu te fais offrir des cure-pites par des folles
00:07:56Ouais mais tout arrive
00:07:58Je sais pas ce que j'en ai fichu
00:08:02Tu y attaches une valeur sentimentale
00:08:06Bon
00:08:07Je place cette pauvre fille c'est tout
00:08:09C'était un geste gentil
00:08:11C'est vrai qu'elle me bassine du matin au soir
00:08:14Tu te laisses faire
00:08:16Elle s'invente un univers mystérieux
00:08:18On déplace des objets chez elle
00:08:20Des meubles
00:08:21Des bibelots
00:08:23Elle pense plus qu'à ça
00:08:25Elle est vraiment feu ?
00:08:28Je sais pas
00:08:30Mais il lui arrive jamais rien
00:08:34Et il lui arrivera jamais rien
00:08:37Alors
00:08:38Elle affabule
00:08:48Janvier
00:08:56Qu'est-ce que c'est que ça ?
00:08:58Ben la mère a été tuée cette nuit
00:09:01Je coffrais le père à 5h ce matin
00:09:02Mais il n'y a personne à l'assistance
00:09:03Je pense qu'ils foutent moi
00:09:06Il aura fallu que j'attende 27 ans pour voir ça
00:09:10Comment il a le père ?
00:09:12C'est un ancien légionnaire
00:09:13C'est lui qui a appelé la police
00:09:14Pour dire qu'il avait tué sa femme ?
00:09:15Ah non non ça c'est les voisins qui le disent
00:09:17Oui ça comme d'habitude
00:09:19Avec quelle arme ?
00:09:20Elle a été massacrée à coups de poing
00:09:24Bon ben on va pas le laisser là
00:09:28Lucas
00:09:31Vous avez vu le patron ?
00:09:32Cécile est encore là
00:09:33Oui ben on va me chercher le légionnaire
00:09:40On pourrait peut-être commencer à travailler maintenant
00:10:00Monsieur Janvier
00:10:01Le commissaire va vous recevoir
00:10:02Ne vous inquiétez pas
00:10:04C'est tellement important
00:10:05Vous ne pouvez pas savoir
00:10:05Mais si, mais si
00:10:06Il règle une affaire
00:10:07Et il est tout de suite à vous
00:10:08Donnez-lui ce billet
00:10:09Je vous en prie
00:10:10Lucie va s'en occuper
00:10:11Donnez-le du cas
00:10:15Vite
00:10:16Pour moi je suis maigré
00:10:19Très bien mademoiselle
00:10:20C'est hier que tu as signé ton engagement pour l'Indochine
00:10:27Pourquoi ?
00:10:28C'est mon ancien colonel qui commande là-bas
00:10:31Tu penses qu'il a besoin de toi ?
00:10:33Non
00:10:34Mais ici c'est trop compliqué
00:10:35A la Légion c'était mieux
00:10:38C'est ta femme qui était trop compliquée
00:10:41Je ne l'ai pas tué
00:10:44Bien sûr
00:10:55Montre-moi tes mains
00:10:58Excusez-moi
00:10:58Mademoiselle Boignet m'a chargé de vous remettre ça d'urgence
00:11:01Posez ça là
00:11:03Léopold
00:11:05Apportez-moi une bière
00:11:08Deux bières
00:11:15Où étais-tu cette nuit ?
00:11:17Je touchais ma prime hier
00:11:19On a un peu bu
00:11:21Tu t'es saoulé à mort
00:11:22Quand tu es rentré tu savais plus ce que tu faisais
00:11:24T'as filé une trempe à ta femme
00:11:26Il paraît que ça t'arrive
00:11:28Et t'as tapé un peu trop fort
00:11:30C'est normal que vous disiez ça
00:11:31Mais c'est pas vrai
00:11:34Quand je suis rentré
00:11:36Elle était déjà morte
00:11:37T'as appelé tout de suite la police ?
00:11:39Ouais
00:11:40Tu es sûr ?
00:11:43C'est-à-dire que
00:11:45Je me suis affolé
00:11:47J'étais sûr que ça allait me retomber dessus
00:11:49Alors je suis parti
00:11:50Puis je suis revenu
00:11:51Je voulais foutre le camp
00:11:56C'est le mien ?
00:12:04Putain de merde
00:12:06Comme tu dis
00:12:09Merci Léopold
00:12:10Tiens
00:12:11Dites à mademoiselle Boinet de patienter
00:12:14Elle est partie monsieur le commissaire
00:12:16Comment ça partie ?
00:12:25Il faut absolument que vous me receviez
00:12:27Un drame affreux a eu lieu cette nuit
00:12:29Vous m'apportez un mot comme ça
00:12:30Et vous ne dites rien
00:12:31Mais je ne lis pas votre correspondance
00:12:33Vous l'avez vue partir ?
00:12:35Non
00:12:36Elle était encore là il y a deux minutes
00:12:41Vous avez vu Cécile sortir ?
00:12:43Pourquoi elle est partie ?
00:12:44Bah je comprends pas
00:12:48Je vais faire un sourd pour la reine
00:12:49Vous voulez pas que j'y aille patron ?
00:12:51Non non
00:12:51Ramène-le au dépôt
00:12:52Je le verrai plus tard
00:12:53Et laisse-le boire sa vière
00:12:55Il y en a besoin
00:12:58C'est la semaine de bonté
00:13:00Pas forcément
00:13:20C'est pas que je surveille mal ce commissaire
00:13:22C'est que je la vois pas
00:13:24Je la vois jamais
00:13:25Ou alors pour le courrier
00:13:26Bonjour, bonsoir et encore
00:13:27Moi il lui monte
00:13:32Voilà
00:13:34Donc vous restez sur le palier
00:13:35S'il vous plaît
00:13:37Il y a deux ou trois semaines
00:13:39J'avais fait un double de clé
00:13:40Pour cette série
00:14:05Au revoir
00:14:08Où y a-t-il un téléphone ?
00:14:09Elle va bien moi, madame Boinet
00:14:10Où ça ?
00:14:22Elle a dû être tuée entre deux et trois heures du matin
00:14:25Où est Maigret ?
00:14:26Je crois qu'elle est en bas avec la concierge
00:14:37Cécile
00:14:38Enfin, mademoiselle Boinet
00:14:40Est repassée ce matin
00:14:43À son appartement ?
00:14:45Non
00:14:45Je l'aurais vue
00:14:54Autre chose
00:14:56Est-ce qu'il y a eu des visites hier soir ?
00:14:59Est-ce que quelqu'un d'étranger a l'immeuble ?
00:15:08Vous m'attendez
00:15:15Cécile est morte
00:15:20Ah, monsieur le commissaire
00:15:21J'ai un message pour vous
00:15:44C'est lui qui va trouver un rangement séparé
00:15:46C'est lui qui va trouver un rangement séparé
00:15:49C'est lui qui va trouver un rangement séparé
00:16:04On dirait, oui
00:16:07Le légiste a dû jeter un coup d'œil
00:16:09Mais je voulais qu'on touche à rien avant que...
00:16:12T'as bien fait
00:16:24Vous pouvez me dire pourquoi cette porte n'a jamais été condamnée ?
00:16:26Ça fait au moins dix ans que j'en parle
00:16:27Je demanderai, patron
00:16:29C'est un peu tard, tu crois pas ?
00:16:31On entre ici comme dans un moulin
00:16:33Aucune surveillance
00:16:35Personne fait son boulot
00:16:36Tout le monde s'en fout
00:16:41La forme de Cécile, on l'a étranglé aussi
00:16:43Je suis sûr qu'elle venait vous dire qui était l'assassin
00:16:45Il l'a prise de vitesse
00:16:47Il l'a tué une seconde fois
00:16:48Mais vous êtes drôlement rusé, les enfants
00:16:50Belle déduction, ça, c'est bien
00:16:53Cécile est venue dénoncer l'assassin de sa tante
00:16:55Là-dessus, on est d'accord
00:16:57Mais si elle l'avait vue dans l'aquarium
00:16:59Vous pensez pas qu'elle aurait donné l'alerte ?
00:17:01Non ?
00:17:01Vous croyez qu'elle l'aurait suivie comme ça ?
00:17:03Sans rien dire ?
00:17:04Non, c'est vrai
00:17:08C'est un autre qui est venu
00:17:09Qu'elle ne connaissait pas
00:17:11Ou à qui elle avait confiance
00:17:15Et vous en concluez, patron ?
00:17:17Conclure ?
00:17:18T'es capable de conclure, toi ?
00:17:21Pour l'instant, je vois qu'une chose
00:17:24Si j'avais lu son mot ce matin
00:17:25Cécile ne serait pas morte
00:17:28Là, voilà ma conclusion
00:17:35Oh là là
00:17:37C'est pas bélisse, je te le dis
00:17:39Il s'en veut à mort
00:17:41Comme je le connaisse pas fini, crois-moi
00:17:43Je suis passé chez les inspecteurs
00:17:45Mademoiselle Cécile était là
00:17:47Dans l'aquarium
00:17:48Un gros sac sur les genoux
00:17:50Elle m'a donné le billet
00:17:51Je vous l'ai apporté
00:17:53Vous m'avez demandé les bières
00:17:55Je suis descendu
00:17:56J'ai lavé les verres
00:17:57Ils étaient sales
00:17:59Et quand je suis remonté
00:18:00Elle n'était plus là
00:18:02Un gros sac, vous êtes sûr ?
00:18:04Tout à fait, oui
00:18:05Moi, je m'en souviens très bien
00:18:06Une grande serviette de cuir
00:18:07Tout escalatée
00:18:12Moriol a refusé la démission de Pleven
00:18:14Tu as vu ?
00:18:17J'ai pris de quoi faire du bourguignon
00:18:19Pour samedi, ça te va ?
00:18:26J'ai pris de quoi faire du bourguignon
00:18:37J'ai pris de quoi faire du bourguignon
00:18:56Je rigole, c'est tout
00:19:00Toi, tu n'es pas dans ton état normal
00:19:04La petite Cécile, tu te souviens ?
00:19:07Elle a été étranglée ce matin
00:19:11A moins de 100 mètres de mon bureau
00:19:14Quête des Orfèvres
00:19:19Vous avez l'air faim
00:19:23Ça m'a l'air faim
00:19:26Surtout moi
00:19:30Alors au troisième, il y a deux appartements
00:19:32Le grand, celui de Cécile et de sa tante
00:19:35Et de Gérard
00:19:36Avant, c'est le frère de la petite
00:19:38Et puis ici
00:19:39Vous savez où on peut le trouver ce qu'un instant ?
00:19:41Oui, je sais
00:19:42Il habite à deux pas
00:19:4447 avenue Trudaine
00:19:47Lucas, préviens-le
00:19:51Tu sais où tu vas ?
00:19:53Ah oui, c'est vrai ça
00:19:5447 avenue Trudaine
00:19:58Juste sous l'appartement de Cécile
00:20:00Au second, c'est un arrêt
00:20:01En d'endurant, c'est ça ?
00:20:02Maître d'endurant
00:20:05Oui, tout seul ?
00:20:06Les célibataires, oui
00:20:09C'est qui le commissaire Maigret ?
00:20:11C'est moi
00:20:12Il faut que je vous parle de monsieur d'endurant
00:20:14Celle-là, elle m'en connaît respire
00:20:16Maître d'endurant, t'as un monsieur très bien
00:20:18Il occupe tout le second depuis des années
00:20:20Chaque fois que je descends, il est emblusqué derrière sa porte
00:20:22Il arrête pas de me regarder avec un drôle de regard
00:20:25Et l'autre fois, il a même essayé de...
00:20:31Charles d'endurant
00:20:37Commissaire Maigret, je suppose
00:20:40Figurez-vous, monsieur le commissaire
00:20:42Que je viens de votre bureau
00:20:43Vous êtes bien matinable
00:20:44J'étais ce matin au palais
00:20:46On m'a appris cette affreuse nouvelle
00:20:48J'en suis encore tout
00:20:50Si vous vouliez vous donner la peine
00:20:52De monter un instant avec moi
00:20:53Vous permettez, madame Isidore ?
00:20:57Non, excusez-moi de vous faire grimper encore un étage
00:21:04J'avoue que ça m'a donné un coup
00:21:07Je l'avais connue toute petite
00:21:10La pauvre enfant
00:21:20Je vous en prie, entrez
00:21:35Vous preniez quelque chose ?
00:21:37Une prune ?
00:21:38Je n'ai pas tout à fait l'heure, mais avec ce froid
00:21:53Un petit cabanel
00:21:55Enfin presque, c'est moi qui ai mis la signature
00:21:59Il est joli, hein ?
00:22:02Dans vingt ans
00:22:04Ça vaudra des cents et des milles
00:22:07Mais avec l'art nègre
00:22:10On en reviendra, croyez-moi
00:22:14Vous étiez à mon bureau, non ?
00:22:17Il fallait que vous sachiez
00:22:22Je m'occupais des affaires de Juliette
00:22:25Enfin, de madame Boinet
00:22:26Je l'appelle Juliette
00:22:29Parce que vous la connaissiez bien ?
00:22:32Dix ans, commissaire
00:22:34Dix ans d'amitié, de confiance
00:22:37De commerce au sens noble du mot
00:22:42Évidemment
00:22:44L'échange de nos intérêts
00:22:46Il me confiait les siens qui devenaient les miens
00:22:49J'étais avocat
00:22:51Vous étiez, vous n'êtes plus ?
00:22:54Radié du baron
00:22:56Il te paraît qu'on n'a plus le droit de fréquenter la pègre
00:23:00La pègre qui est notre gagne-pain
00:23:03Enfin, peut-être me suis-je
00:23:08Trop rapproché de ces garçons un peu
00:23:11Marginaux, mais
00:23:13Vous n'êtes pas sans le savoir souvent charmant, non ?
00:23:16Vous disiez que vous reveniez de mon bureau ?
00:23:20Oui, il fallait que je vous vois
00:23:23Et d'abord que je vous dise mon émotion
00:23:27Juliette...
00:23:28Et Cécile ?
00:23:31Ah, et Cécile...
00:23:33Oui
00:23:35Vous croyez que l'assassin elle-même ?
00:23:38Je ne sais pas
00:23:41En strangulation tout de même
00:23:44Et deux fois
00:23:47Oui
00:23:50Bon, Juliette donc...
00:23:54J'étais son homme de confiance
00:23:58Son factotum, si vous préférez
00:23:59Chargé de toutes ses affaires
00:24:02Quelles étaient ses affaires ?
00:24:04Les bordels
00:24:05Enfin, des bordels clandestins
00:24:08Puisque Marthe-Richard a cru bon
00:24:10De mettre fin à une institution
00:24:12Créée par Saint-Louis
00:24:15Enfin, jamais que...
00:24:17Ça peut surprendre
00:24:19La tante et la nièce
00:24:21Avec leurs airs très...
00:24:23Très demoiselles au chapeau vert
00:24:25Bah, cette pauvre Cécile...
00:24:27L'ignorait
00:24:29Bah, évidemment
00:24:30Cécile
00:24:31Vous imaginez ?
00:24:34C'est peut-être ce qu'elle venait me dire
00:24:40Elle était venue vous voir ?
00:24:42Oui, c'est comme ça que j'ai rencontré
00:24:44Elle trouvait qu'il y avait des choses mystérieuses dans la maison
00:24:47Des visites nocturnes
00:24:48Des traces de passage
00:24:50Des bruits, parfois
00:24:53Ah, pauvre Cécile
00:24:55Nous aurions dû le lui dire
00:24:58Non, mais...
00:24:59Juliette recevait parfois ces messieurs
00:25:01De nuit, bien sûr
00:25:03Mais j'étais toujours là, je vous rassure
00:25:06Ah, merci
00:25:08Non, de toute façon...
00:25:12J'aurais fatalement été amené à vous parler de...
00:25:16Bah, de ça
00:25:19Non, mais ce que je voulais vous dire...
00:25:25Confidentiellement, bien sûr
00:25:27C'est que la nuit où Mme Bouanet
00:25:31Juliette
00:25:31Eh bien, Juliette, si vous voulez, oui
00:25:35Euh...
00:25:35La nuit, donc, où il est arrivé cette chose
00:25:38Terrible
00:25:42J'étais monté à l'appartement
00:25:44Et je lui avais remis euh...
00:25:46Un peu plus de cinquante mille francs
00:25:48En liquide, bien sûr
00:25:49Il devrait toujours être chez elle
00:25:53A quelle heure l'avez-vous quittée ?
00:25:55Bah...
00:25:56Un peu après minuit
00:25:57Tout semblait normal
00:26:00Cinquante mille francs
00:26:01Elle avait un coffre, quelque chose ?
00:26:04Ah, pas à ma connaissance
00:26:05Bah, elle était très secrète, vous savez
00:26:07Vous avez de nouveaux éléments ?
00:26:11Aucun
00:26:14Merci pour le...
00:26:16Vous connaissiez Juliette
00:26:18Enfin, Mme Bouanet
00:26:19Depuis longtemps ?
00:26:20Disons comme je vous l'ai dit
00:26:22Dès que je me suis installé ici
00:26:24Et est-ce que...
00:26:26Les gens du milieu auraient pu...
00:26:28Alors là, je vous arrête
00:26:30Enfin, façon de parler
00:26:32Les rapports de Mme Bouanet
00:26:35Avec ses messieurs
00:26:36Etait excellents depuis toujours
00:26:38Ça ne l'a je n'aime pas
00:26:40Mais commissaire, une maison de passe
00:26:42Pour un propriétaire, c'est le rêve
00:26:43Jamais aucun problème
00:26:44Des loyers qui tombent
00:26:46Avec une régularité de métronome
00:26:48Et de plus, oserais-je le dire
00:26:51La protection d'un police
00:26:59Où étiez-vous alors où Cécile a été tuée ?
00:27:02Au palais, comme je vous l'ai dit
00:27:05J'ai été radié du barreau
00:27:06Mais j'ai conservé des relations
00:27:08On me demande des conseils
00:27:09Des démarches parfois un peu...
00:27:12Bah vous savez ce que c'est
00:27:14Où ça, au palais ?
00:27:16À quelle heure ?
00:27:17Entre 2h30 et 10h
00:27:1810h, 10h, 10h, 10h
00:27:20Je devais être tout le bon vestir des avocats
00:27:23Plusieurs de mes ex-confrères
00:27:24Pourront vous le confirmer
00:27:25Et je suis encore bien connu dans la maison
00:27:43J'entre pas moi
00:27:45Où est Cécile ?
00:27:47À la suite du médico-mégal
00:27:51À Morgan ?
00:27:53Oui
00:28:02Asseyez-vous
00:28:04Je dois la voir
00:28:06C'est votre droit mais...
00:28:08Je ne vous le conseille pas
00:28:11Elle est morte étranglée, c'est ça ?
00:28:13C'est ça
00:28:15Chez les flics en plus
00:28:18Chez moi, Henri
00:28:21Enfin, presque
00:28:23Et où ?
00:28:23Vous vous en foutez, où ?
00:28:26Moi
00:28:29Et croyez-moi, celui qui a fait ça, je le trouverai
00:28:37Vous n'aviez qu'elle ?
00:28:38Enfin, je veux dire...
00:28:41Vous avez une autre sœur, un frère ?
00:28:43Non
00:28:45Ni frère, ni sœur, ni cousin, ni ami, ni personne
00:28:48Je n'avais qu'elle
00:28:49Je n'avais qu'elle
00:28:50Comme vous dites
00:29:02Vous êtes marié, non ?
00:29:04Oui
00:29:05Oui
00:29:06Marié, un enfant
00:29:08Mais c'est pas la même chose
00:29:11C'est ici que votre tante vous a élevés, tous les deux ?
00:29:15Oui
00:29:18Je déteste cet appartement
00:29:21Parce que vous y avez été malheureux ?
00:29:24Parce que Cécile y a été malheureuse
00:29:29Elle était gaie, Cécile
00:29:31Elle était belle
00:29:33Vous avez vu ce qu'elle en a fait, la vieille ?
00:29:35Elle a tout fait pour l'enlédire, pour l'humilier
00:29:42Vous lui envolez un mort à votre tante ?
00:29:45Oui
00:29:46C'est moi qui aurais dû la tuer
00:29:49Je regretterais toujours de ne pas l'avoir fait
00:29:58Applaudissements
00:29:59Agree
00:29:59Agree
00:30:17Agree
00:30:19Agree
00:30:20Agree
00:30:35Vous voudrez bien m'excuser, mais...
00:30:37Qu'est-ce que vous me voulez encore ?
00:30:41Le serrurier qui a ouvert la porte de votre tente
00:30:44dit avoir fabriqué un double de la clé.
00:30:47Première nouvelle ? Quand ça ?
00:30:49Il y a trois semaines.
00:30:51À la demande de votre sœur.
00:30:54Ouais ? Et alors ?
00:30:57Ça me regarde, ça ?
00:30:58C'est justement ce que j'aimerais savoir.
00:31:01Le double de cette clé, c'était pour qui ? Pour vous ?
00:31:05Je ne m'étais jamais les pieds chez ma tante.
00:31:11Alors, Cécile avait un amant ?
00:31:15Et donc, pour vous foutre de moi, vous auriez pu choisir un autre endroit et un autre moment, non ?
00:31:20Puisque vous avez décidé de m'arrêter, faites-le tout de suite.
00:31:22Qu'est-ce que vous attendez ?
00:31:23C'est forcément moi le coupable, voyons.
00:31:25Hein ?
00:31:26Qui d'autre qu'un monstre comme moi serait capable d'assassiner sa tante et sa sœur ?
00:31:30Votre enquête va plus vite que la mienne, mon petit Gérard.
00:31:35Ça suffit.
00:31:50C'est fini ?
00:31:52C'est fini ?
00:31:52Je crains bien que oui, madame.
00:32:04Celle-là aussi.
00:32:21Ah, monsieur le commissaire.
00:32:23Offerte.
00:32:23On dit monsieur le commissaire ou commissaire ?
00:32:26Bon choix.
00:32:26De toute façon, c'est moi.
00:32:27Eh bien, justement, je voulais vous parler.
00:32:29Ah oui ?
00:32:30Oui, je peux vous dire un mot ?
00:32:31Mais en particulier.
00:32:33En particulier ?
00:32:34Venez, venez.
00:32:48Alors ?
00:32:49Vous aviez raison.
00:32:50À propos de quoi ?
00:32:52Eh bien, Gérard, Gérard Monet, c'est lui qui a tué sa tante, je l'ai vue.
00:32:55Ah, j'ai dit ça, moi.
00:32:57Et vous l'avez vue.
00:33:01Ne semble-t-il pas que le commissaire, malgré, laisse tomber sa londemain sur l'épaule d'un coupable ?
00:33:07Vous êtes drôlement fort, hein ?
00:33:09Vous trouvez-vous ?
00:33:12Alors comme ça, vous l'avez vue tuer sa tante ?
00:33:15Euh, ben non, mais il venait jamais la voir, il la détestait.
00:33:18Alors le soir où il vient, elle est étranglée.
00:33:20Mais avouez que ça fait quand même beaucoup de coïncidences, ça, non ?
00:33:22Oui, ça, ça en fait au moins une.
00:33:25Et à quel moment est-il arrivé ?
00:33:26Ben justement, pendant que la concierge sortait les poubelles.
00:33:29Vous pensez, si elle avait été là, il n'aurait jamais osé.
00:33:32Pourquoi ?
00:33:32Ben, la vieille avait interdit à la concierge de le laisser monter.
00:33:36Et vous, vous l'avez vue entrer dans l'immeuble ?
00:33:38Comme je vous vois.
00:33:40À moins de deux mètres, comme nous en ce moment, en pleine lumière.
00:33:44Vous avez quel âge ?
00:33:46Ben, 16 ans, pourquoi ?
00:33:48Au cas où vous auriez à témoigner encore d'assises.
00:33:50Il faudrait que je témoigne sur M. Dandurand aussi.
00:33:53Ah bon, il a fait quoi, M. Dandurand ?
00:33:54Il a aussi assassiné Mme Boinet ?
00:33:56Ben alors, tout le monde.
00:33:58Pauvre femme.
00:33:59Mais non, c'est pas ça, mais il me cherche.
00:34:02Ah, il vous cherche.
00:34:04Et vous, vous ne le cherchez pas un peu aussi ?
00:34:06Moi ?
00:34:07Un vieux, vous pensez, il a votre âge.
00:34:09Ah oui, évidemment.
00:34:11En somme, il vous poursuit de ses assiduités.
00:34:15Ben, j'en sais rien.
00:34:18Il me dit des choses sales.
00:34:20Oui, mais ça, je ne pense pas que vous ayez à en parler encore d'assises.
00:34:30L'avenue Trudet, c'est par où ?
00:34:32Là, à 500 mètres.
00:34:34Je vous amène ?
00:34:35Non, non, je vais y aller.
00:34:36C'est pas loin.
00:34:57Mme Boinet, commissaire Maigret.
00:35:00Je vous ai reconnée.
00:35:01Entrez.
00:35:02Ne restez pas là, il fait froid.
00:35:06Excusez-moi de vous recevoir ici.
00:35:09C'est un peu en désordre, en manque de place.
00:35:15Votre mari est ici ?
00:35:16Non.
00:35:17Je ne sais pas où est Jaurard, monsieur le commissaire.
00:35:19Je suis désolée.
00:35:21Je cherche du travail, ces temps-ci.
00:35:22Toujours à droite, à gauche.
00:35:25Peut-être chez Raffanel.
00:35:26Rue Rambuteau, il y avait une place.
00:35:30Il est au chômage depuis longtemps ?
00:35:32Non, mais le problème,
00:35:34c'est qu'il n'aime pas qu'on le commande.
00:35:36Alors parfois, ça ne se passe pas très bien.
00:35:40Il s'attendait comment avec sa tante ?
00:35:42Elle.
00:35:44Elle n'a jamais voulu nous voir,
00:35:45ni moi, ni l'enfant.
00:35:48Oui, je vois.
00:35:53Gérard a passé la nuit de vendredi à samedi avec vous.
00:35:57Oui.
00:36:00Il n'a pas bougé d'ici ?
00:36:02Non.
00:36:04Vous en êtes certaine ?
00:36:08Oui.
00:36:09Oui, commissaire.
00:36:11C'est ce que je vous le dis.
00:36:15Votre mari risque d'avoir des problèmes, madame.
00:36:19Il va falloir l'aider.
00:36:21Je vous fais confiance,
00:36:22j'espère que vous me dites la vérité.
00:36:26Mais je n'en suis pas sûr.
00:36:34Dites-lui que je suis venu.
00:36:36Je dois lui parler.
00:36:41Il n'a tué personne.
00:36:44Vous ne le connaissez pas.
00:36:47C'est impossible.
00:36:51Il n'a pas passé la nuit avec vous.
00:36:59Où est-il ?
00:37:00Je ne sais pas.
00:37:02Il est parti ce matin en catastrophe.
00:37:04Je ne sais rien.
00:37:07Il ne m'a rien dit.
00:37:09J'ai peur.
00:37:29Oui ?
00:37:29Jean-Vier ?
00:37:30Le patron.
00:37:31J'ai des soucis avec Gérard Bouinet.
00:37:33J'ai un saut chez Raffanel, Rue Rambuteau.
00:37:36Raffanel, oui.
00:37:38Il avait rendez-vous pour un boulot.
00:37:40S'il ne s'est pas présenté, appelle-moi.
00:37:42Où ça ?
00:37:43Je serai chez Dandurand dans une demi-heure.
00:37:50Vous êtes sûr qu'on entendra le téléphone ?
00:37:54À moins que nous ne soyons sourds tous les deux.
00:37:57Je pense que oui.
00:37:59Donc la nuit du meurtre, vous étiez avec Juliette Bouinet ici même.
00:38:03Dans quelle pièce ?
00:38:17Vous connaissez la petite Nouchie ?
00:38:20La petite Nouchie ?
00:38:22Bien sûr que je la connais.
00:38:24Nous habitons le même immeuble.
00:38:26Vous avez remarqué ?
00:38:28Vous lui parlez quelquefois.
00:38:32Commissaire, je sais exactement ce que vous allez me dire et exactement ce qu'elle vous a dit.
00:38:40Un instant, s'il vous plaît.
00:38:43La petite Nouchie est ce qu'on appelle en termes scientifiques une hyper...
00:38:49Bon, disons une infomane pour simplifier les choses.
00:38:54Et elle vous a dit que je la traquais dans les escaliers, que j'attendais son passage parfois pour lui
00:39:03souffler des cochonneries et lui proposer de me suivre dans mon appartement pour que nous nous délections ensemble de ma
00:39:11collection des stampes, bien entendu japonaises.
00:39:14Que vous lui montriez ?
00:39:16Que vous lui montriez ?
00:39:17Ah, je n'ai pas d'estampes japonaises.
00:39:20Quelques livres équivoques, j'admets, mais qui ne dépassent pas les limites de l'érotisme bourgeois dont on sait qu
00:39:28'il porte faux col et fixe chaussettes.
00:39:34Alors, cela dit, quand le démon me saisit, très régulièrement, je le confesse, je ne commets pas la bêtise de
00:39:44coincer les petites filles dans les escaliers.
00:39:46Je n'en ai ni les moyens, ni l'envie.
00:39:49Si vous le désirez, je peux vous donner mon adresse préférée, que vous connaissez d'ailleurs certainement, pour y avoir
00:39:55des informateurs qui sont probablement des informatrices.
00:40:02Ça suffit.
00:40:04Et c'est là que je vais passer mes humeurs qui peuvent être folâtres parmi des jeunes femmes à la
00:40:13santé solide et aux oreilles aguerries par des années de fréquentation masculine.
00:40:20Vous voulez que j'ajoute quelque chose ?
00:40:27Passez-moi le 1443 pour l'arène, s'il vous plaît.
00:40:31C'est bien, j'ose, ça se produira.
00:40:33Tout le monde n'a pas ma patience, mon expérience.
00:40:37Et ce jour-là, croyez-moi, ça se passera mal, parce qu'elle hurlera de peur et on la tuera
00:40:42pour la faire taire.
00:40:45Ah, on m'appelle.
00:40:46Ou on vous appelle.
00:40:49Et l'un de nous doit répondre.
00:40:51Vous, moi, je suis à votre disposition.
00:41:04Oui ?
00:41:05Oui, alors.
00:41:07Ah bon, il ne s'est pas présenté, Réambuteau.
00:41:11T'es sûr ?
00:41:14Non, non, j'ai vu sa femme tout à l'heure.
00:41:17Bon, ben, il est en cavale, cet imbécile.
00:41:20Préviens le juge Mathieu et mets tout en route.
00:41:45Pas très pratique, hein ?
00:41:48J'avais dit qu'elle devrait avoir le téléphone, mais...
00:41:53Nous descendons.
00:41:55J'ai toujours eu du mal à me faire à cet appartement, je ne sais pas, triste, non ?
00:42:01Ou alors mal meublé, mal éclairé.
00:42:04Question d'ambiance, peut-être.
00:42:16Accepteriez-vous d'être fouillé ?
00:42:17Ah, ça dépend par qui.
00:42:20Par moi.
00:42:21Oh, par vous, mais...
00:42:22Ce sera presque un honneur.
00:42:25Pouvoir dire ça à mes petits-enfants.
00:42:27Ben, si j'en ai, ce qui me paraît un peu tard maintenant.
00:42:31À moins qu'eux, on ne sait jamais.
00:42:33Comme ça.
00:42:36Ça va, remercie.
00:42:38Merci.
00:42:38Merci infiniment.
00:42:41Alors, je ne sais pas ce que vous cherchez, commissaire,
00:42:43mais de toute façon, je n'avais rien sur moi qui puisse vous intéresser.
00:42:48Ah, si, si, peut-être une vieille lettre d'amour.
00:42:52Très vieille.
00:42:53Un talisman, si vous préférez.
00:42:55Vous ne voulez pas la lire ?
00:42:57Bon, ça va.
00:42:58Allez, vous pouvez...
00:42:59Je vous remercie, commissaire, mais je suis encore chez moi, ici.
00:43:02Ah oui.
00:43:10C'est parti.
00:43:41C'est parti.
00:44:07C'est parti.
00:44:41C'est parti.
00:45:00C'est parti.
00:45:03C'est parti.
00:45:34C'est parti.
00:45:37Et je l'entendrai certainement comme témoin, mais de là à l'inculpé...
00:45:41C'est parti.
00:45:43C'est parti.
00:45:57C'est parti.
00:46:01C'est parti.
00:46:38C'est parti.
00:46:42C'est parti.
00:46:50C'est parti.
00:46:56C'est parti.
00:47:36C'est parti.
00:47:39C'est parti.
00:48:03C'est parti.
00:48:43C'est parti.
00:48:47C'est parti.
00:48:47C'est parti.
00:48:47C'est parti.
00:48:49C'est parti.
00:49:02C'est parti.
00:49:20C'est parti.
00:49:32C'est parti.
00:49:44C'est parti.
00:49:48C'est parti.
00:49:50C'est parti.
00:49:51C'est parti.
00:50:05C'est parti.
00:50:16C'est parti.
00:50:17C'est parti.
00:50:22C'est parti.
00:50:27C'est parti.
00:50:29C'est parti.
00:50:30C'est parti.
00:50:40C'est parti.
00:50:44C'est parti.
00:51:01Vous êtes content ?
00:51:05Oui, je sais.
00:51:05J'aurais pu choisir un autre endroit,
00:51:07et un autre moment,
00:51:07mais c'est comme ça.
00:51:09De toute façon, on serait donné rendez-vous demain matin, je ne serais pas venu.
00:51:13C'est ma femme.
00:51:14Elle a pleurniché toute la soirée.
00:51:16Vas-y, fais confiance au commissaire Maigret.
00:51:19Comme un con, j'ai cédé.
00:51:21Mais je sais bien qu'il y a un piège.
00:51:23Allez, viens.
00:51:25On va boire une bière.
00:51:27Vous voulez me saouler ?
00:51:28Non, j'ai froid.
00:51:29Et j'aime bien la Belge.
00:52:01Vous n'allez pas me faire le coup de copain, non ?
00:52:03Arrête un peu, tu veux.
00:52:08Deux bières.
00:52:11Écoute bien ce que je vais te dire.
00:52:13Avec ton sale caractère.
00:52:15Cette fois-ci, ce n'est pas dans la merde que tu vas te retrouver.
00:52:18Tu joues ta tête, bonhomme.
00:52:20Et parti comme tu es, j'en donne pas cher.
00:52:24Non, mais ce n'est pas possible, commissaire, parce que moi, je n'ai rien fait.
00:52:27Je n'ai tué personne.
00:52:30Si tu ne veux pas avoir à gueuler ça au pied de la guillotine,
00:52:32il faut commencer par me convaincre, moi, que tu n'as tué personne.
00:52:36Et pour ça, il faut dire la vérité.
00:52:39Depuis le début de cette affaire, tu n'as pas cessé de mentir.
00:52:44Qu'est-ce qui est arrivé ?
00:52:49C'est Cécile, qu'as-tu à l'attente ?
00:52:53Tu ne pourrais pas trouver autre chose.
00:52:58Qu'est-ce que je suis venu foutre, là, moi ?
00:53:01Est-ce que j'ai pu être con, alors ?
00:53:14Je ne comprenais rien, hein.
00:53:17Je ne comprenais pas que c'est pour ça que je me situe.
00:53:21C'est pour ne pas dire que Cécile était l'assassin,
00:53:23que j'ai toujours menti.
00:53:25Si je ne peux pas craquer, j'ai foutu le camp.
00:53:30Je n'arrive pas toujours à comprendre les choses suffisamment vite.
00:53:34Mais celle-là est bien difficile.
00:53:37Je l'aimais bien, ta sœur.
00:53:42Je la trouvais si faible, la petite Cécile.
00:53:47Si fragile.
00:53:52Alors qu'elle puisse étrangler quelqu'un.
00:53:57Moi non plus, je n'aurai jamais quoi que c'était possible.
00:54:01Tu me l'as dit, je n'ai pas voulu le croire.
00:54:05Il a fallu que je voie la tonte morte,
00:54:07le bas autour du cou, pour réaliser ce qui t'est arrivé.
00:54:09Qu'est-ce qui est arrivé ?
00:54:13Commence par le commencement.
00:54:15Prends ton temps.
00:54:19Tu étais dans l'appartement.
00:54:21Oui.
00:54:25Pourquoi justement, ce soir-là, tu n'y allais jamais ?
00:54:28C'est Cécile qui m'avait demandé de venir.
00:54:32Elle avait peur depuis quelque temps.
00:54:34Oui, je sais.
00:54:36C'est elle qui m'avait fait faire les clés,
00:54:38pour que je puisse venir dès qu'elle me demanderait.
00:54:41À quelle heure es-tu arrivé ?
00:54:44Dans la soirée, après le dîner, je ne sais plus au juste.
00:54:48Entre 22h et 22h10,
00:54:51quand ma concierge sortait les poubelles.
00:54:54Comment vous savez ça ?
00:54:56Je sais encore beaucoup d'autres choses.
00:55:01J'étais terriblement énervé.
00:55:05Caché dans le couloir, j'ai entendu la tante
00:55:06qui en faisait encore une fois de m'aider.
00:55:10C'est le gueulet, j'en perdais pas un mot.
00:55:13Ils peuvent toujours crever, lui, sa femme et son gosse.
00:55:14Ils n'auront jamais un centime, jamais.
00:55:16Ça m'a mis hors de moi, ça.
00:55:19Je voulais me jeter sur elle.
00:55:21Je vais lui casser la gueule.
00:55:25Cécile s'est douté, j'avais tout entendu,
00:55:26alors elle m'a amené à l'autre bout de l'appartement, dans sa chambre.
00:55:31Je pouvais plus rien entendre que le poids de la rue.
00:55:33Mais ça ne m'a pas calmé.
00:55:36Parce que je tournais en rond, dans cette petite pièce,
00:55:39comme dans une cage.
00:55:41Elle a été affolée.
00:55:43On m'a oublié à prendre de comprimés de gardénal.
00:55:45C'est toi qui avait le gardénal ?
00:55:47Non, c'est elle.
00:55:48On en prenait tous les soirs.
00:55:50Sinon, on n'arrivait pas à dormir.
00:55:53Du coup, ce soir-là, elle n'en a pas pris.
00:55:55Elle m'a couché dans son lit.
00:55:58Elle m'a surveillé, je me suis endormi.
00:56:02Quand je me suis réveillé, j'ai cru que je faisais un cauchemar.
00:56:05Elle était au-dessus de moi, les yeux hors de la tête.
00:56:08Elle me secouait.
00:56:09Réveille-toi, réveille-toi.
00:56:11Faut que je m'en aille, j'ai tué la tonte.
00:56:15Mais je sais tout, j'ai les preuves.
00:56:17Je suis allé voir le commissaire Bégrès, il comprendra.
00:56:19Mais moi, je ne comprenais rien.
00:56:22Je lui disais qu'elle était folle.
00:56:25Elle m'a amené dans la chambre, j'ai vu la...
00:56:28La vieille qui était morte.
00:56:31Je ne comprenais rien, j'avais la tête vide.
00:56:35Elle me rendissait une sacoche,
00:56:36me disait, il y a tout ce qui s'est passé à Fontelet-le-Compte, là.
00:56:41Le crime,
00:56:42les preuves, tout, et l'argent des bordels.
00:56:45Tu peux répéter ça.
00:56:48Quoi ?
00:56:49Ce qu'elle disait.
00:56:50La sacoche.
00:56:53Il y a tout ce qui s'est passé à Fontelet-le-Compte,
00:56:55le crime, les preuves et l'argent des bordels.
00:57:00Et tu as compris ce que ça voulait dire ?
00:57:02Non, je n'ai compris.
00:57:03Non, je ne comprends toujours pas.
00:57:07Et vous l'avez cru ?
00:57:09Mais ça ne tient pas debout toute son histoire.
00:57:12Où est-il ?
00:57:14Je l'ai amené moi-même au dépôt,
00:57:17conformément au mandat d'arrêt.
00:57:20Mais vous n'êtes pas convaincu de sa culpabilité ?
00:57:23Non.
00:57:32Ça me paraît pourtant évident, maigret.
00:57:34Tout ce qu'il vous a raconté n'est qu'un tissu d'invraisemblance.
00:57:38La vie aussi, monsieur le juge.
00:57:40Si ce garçon est innocent, pourquoi n'est-il cessé de mentir ?
00:57:43Pourquoi s'est-il enfui ?
00:57:45Peut-être parce qu'il savait que tout le monde réagirait comme vous le faites,
00:57:48que personne ne le croirait.
00:57:51Et puis, il a la maladie de la persécution.
00:57:54La terre entière lui en veut.
00:57:57La paranoïa est un syndrome classique chez les meurtriers.
00:58:00Je ne sais pas, je ne suis pas expert, Dieu merci.
00:58:04Mais je ne le vois plus en victime qu'en bourreau.
00:58:11Je suis le premier à admirer votre flair, maigret.
00:58:14Je ne vais donc pas vous affronter sur ce terrain.
00:58:18Mais les faits sont les faits.
00:58:20Et là, tout l'accable.
00:58:22Tout le désigne, ce n'est pas la même chose.
00:58:26Je ne savais pas que vous aviez été levé chez les jésuites.
00:58:34Désirez-vous l'interroger vous-même ?
00:58:36Plus tard.
00:58:38J'ai un autre souci pour l'instant.
00:58:41Oui.
00:58:43Vous devez bien vous douter qu'il s'agit de Dendurand.
00:58:47Je viens de lire le rapport de l'identité judiciaire.
00:58:51Oui, c'est idiot.
00:58:52La chaufferette était sous le fauteuil, ils ne l'ont pas vue.
00:58:55L'ennui, c'est que c'était le seul indice matériel
00:58:57que vous aviez trouvé contre lui.
00:58:59Il était dans l'appartement de Mme Boinet la nuit du meurtre
00:59:02et au palais de justice au moment où Cécile y a été étranglée.
00:59:05Pour un innocent, ça fait beaucoup de coïncidences.
00:59:07Mais s'il ne vous avait pas dit tout cela lui-même,
00:59:09vous ne le sauriez pas.
00:59:11Et ses explications sont tout à fait plausibles.
00:59:14Plus que celles du jeune Gérard, en tout cas.
00:59:17Ça prouve l'habileté de Dendurand,
00:59:19mais pas son innocence.
00:59:20Vous le détestez, hein ?
00:59:22C'est rare chez vous, cette hargne.
00:59:26Je le trouverai puniant.
00:59:30Ça ne relève pas de la cour d'assises.
00:59:36Qu'avons-nous de solide contre lui ?
00:59:38Rien.
00:59:40Et c'est un juriste, ne l'oubliez pas.
00:59:42Il sait parfaitement que notre dossier est vide.
00:59:46Ça ne pourra pas durer.
00:59:49Malgré votre acharnement,
00:59:50je ne pourrais pas le maintenir éternellement en détention.
00:59:54Bien sûr, monsieur le juge.
00:59:56Mais croyez-moi, ce n'est pas contre Dendurand que je m'acharne.
01:00:00Je m'acharne à trouver celui qui m'a tué, la petite Cécile.
01:00:04Et à empêcher un jeune homme que je crois innocent d'aller à la guillotine.
01:00:08C'est tout.
01:00:10Je te dis qu'il était blond, ce type.
01:00:12Il fallait passer à deux mètres de moi.
01:00:13Je ne suis quand même pas.
01:00:14Miron !
01:00:15Patron, vous vous souvenez du Polak ?
01:00:17Écoute, je ne me souviens d'aucun Polonais.
01:00:18Vous stoppez tout ça et vous m'écoutez.
01:00:20Il va falloir faire très vite.
01:00:23Janvier, Dendurand nous avait dit
01:00:24qu'il était devant le vestiaire des avocats
01:00:26au moment où Cécile a été tuée.
01:00:28Vous avez vérifié ?
01:00:29Patron.
01:00:32Bon, les enfants, depuis cette nuit,
01:00:34on a un élément très important.
01:00:36Les dernières paroles de Cécile à son frère.
01:00:39Elle lui a parlé de Fontenay-le-Comte.
01:00:42Elle avait fait des découvertes sur le passé de sa tante.
01:00:45Trouver des preuves qu'elle voulait me montrer.
01:00:47À moi.
01:00:49Alors, pour que Cécile en soit arrivée à tuer,
01:00:51il fallait vraiment que ce soit quelque chose.
01:00:53Ben, j'ai horreur de mal savoir ce que c'est.
01:00:55Ben non, justement.
01:00:57Je vais faire un tour à Fontenay-le-Comte.
01:00:59C'est toi qui m'emmènera.
01:01:00Tu te souviens d'une petite dame du cimetière, là ?
01:01:03Avec le bouquet « À mon amie d'enfance » à son adresse ?
01:01:05Oui, oui, j'ai dû la noter.
01:01:11C'est pour vous, patron.
01:01:13Le juge Mathieu.
01:01:17Oui, monsieur le juge.
01:01:19Oui ?
01:01:20Eh bien, j'arrive tout de suite.
01:01:23Très bien.
01:01:26On repartira plus tard.
01:01:30Vous avez choisi votre avocat ?
01:01:33Non.
01:01:36Merci, mon ami.
01:01:39Non, monsieur le juge, non.
01:01:42Mes confrères m'ayant ignominieusement exclu de leur ordre,
01:01:47je ne m'abaisserai pas à demander à l'un d'entre eux de me représenter.
01:01:51Vous me permettrez donc d'assurer moi-même
01:01:56et seul ma défense.
01:01:59En tant que besoin, bien entendu.
01:02:02Et ce besoin reste à démontrer.
01:02:06Car enfin, que reproche-t-on à mon client ?
01:02:09Que me reproche-t-on ?
01:02:11Quelles sont les charges ?
01:02:12Où sont dans le dossier d'endurant les pièces accablantes ?
01:02:17Un magistrat de votre réputation, monsieur le juge,
01:02:20ne peut qu'être frappé de la minceur que dis-je,
01:02:23de l'indigence des griefs.
01:02:27En vous parlant,
01:02:28je sens encore sur mes poignets la morsure des menottes.
01:02:32Je frissonne encore de l'humidité du cachot.
01:02:37Qu'ai-je fait pour mériter cela ?
01:02:39Qu'ai-je commis pour être traité de la sorte ?
01:02:43De toutes les manières d'opprimer les hommes,
01:02:46l'oppression légale est la plus odieuse.
01:02:50Personne ne proclame plus cela aujourd'hui.
01:02:53Où es-tu, Condorcet ?
01:02:54Depuis combien de temps n'avez-vous pas plaidé d'endurant ?
01:02:57Quatre ans.
01:02:59Vous vous rattrapez ?
01:03:00Ah oui, ça fait du bien.
01:03:02Vous ne pouvez pas savoir.
01:03:05Alors je me suis un peu laissé aller, excusez-moi.
01:03:08Merci d'avoir arrêté mes débordements.
01:03:10Mais que voulez-vous, c'était mon style.
01:03:12Et puis j'ai si peu l'occasion.
01:03:16Le commissaire Maigret m'en veut un mort, non ?
01:03:19C'est pour ça que je me trouve dans un cul de basse-fosse.
01:03:21Vous savez aussi bien que moi que c'est le juge qui décide en la matière, pas la police.
01:03:26Ne vous en prenez donc pas au commissaire Maigret ?
01:03:29Ah, remarquez, je le comprends.
01:03:32C'est l'honnêteté même, cet homme, il n'y a qu'à le regarder.
01:03:36Son par-dessus qui doit entamer bravement son cinquième hiver.
01:03:40Ses chemises en nylon, ses chaussures ressemblées alors qu'il est plus célèbre que les ministres.
01:03:47Ah, c'est pas chez lui qu'on trouvera des piastres, ni des balais roses.
01:03:52Entre nous, je ne suis même pas sûr qu'il ait une seule fois trompé sa femme.
01:03:56C'est effrayant, des gens comme ça.
01:03:58Alors moi qui professe que le bien mal acquis est celui dont on profite avec le plus de volupté
01:04:06et que les hommes les plus civilisés ont toujours été les plus corrompus.
01:04:11Moi qui ai fait des jeunes femmes à la fois, ma gourmandise et mon gagne-pain,
01:04:16comment voulez-vous qu'il n'ait pas envie de m'écraser comme une punaise ?
01:04:25Alors, tous les moyens sont bons.
01:04:27On invente n'importe quoi parce que c'est n'importe quoi, tuer Juliette.
01:04:32C'était pour moi la poule aux oeufs d'or, vous le savez bien.
01:04:35Et quant à Cécile, pauvre enfant, elle était inoffensive, laide, sans un sou.
01:04:40Alors quel intérêt, quelle passion, quel fantasme aurait bien pu me pousser à la tuer ?
01:04:46Pfiou !
01:04:47Alors tout ça, tout ça est trop bête.
01:04:51Alors c'est pourquoi, M. le juge, en vertu du code de procédure pénale,
01:04:56je dépose à l'instant entre vos mains une demande de mise en liberté provisoire.
01:05:18C'est parti !
01:05:36Madame Dago ?
01:05:38Oui ?
01:05:39Commissaire Maigret.
01:05:40Oh, que je suis sotte, pardonnez-moi.
01:05:42Le commissaire Maigret, bien sûr.
01:05:43Mais entrez, je vous en prie.
01:05:52Nous nous sommes vus aux obsèques de...
01:05:54de cette poule Juliette.
01:05:58Quelle histoire épouvantable.
01:06:03Ah, ça m'a fait un choc terrible.
01:06:05Terrible.
01:06:07Vous le pensez.
01:06:08Juliette, une amie de toujours.
01:06:11Et sa nièce, quelle horreur.
01:06:15Quelle horreur.
01:06:18Mais qui a pu faire ça, à votre avis ?
01:06:21C'est précisément la question que je me pose, madame.
01:06:24Mademoiselle.
01:06:26Mademoiselle.
01:06:29Et parmi les relations, les amis de Mme Boinet,
01:06:34Juliette,
01:06:35vous ne voyez pas...
01:06:38Rien ?
01:06:39Rien ?
01:06:40Personne ?
01:06:42Je ne vois pas, je ne vois vraiment pas.
01:06:47Et parmi ces relations, un peu...
01:06:49un peu spéciales.
01:06:53Ah.
01:06:54Vous savez ça.
01:06:58Commissaire, nous sommes des femmes seules,
01:07:00sans mari pour faire tourner la maison.
01:07:02On doit se défendre.
01:07:06Mais...
01:07:07Comment est mort le mari de Mme Boinet ?
01:07:10Jean-Pierre.
01:07:12C'était...
01:07:13en 34.
01:07:15Quelle tragédie.
01:07:16Un accident ?
01:07:18Un empoisonnement alimentaire.
01:07:20Des conserves avariées.
01:07:21Le botulisme.
01:07:22Vous voulez bien répéter ça ?
01:07:24Le botulisme, c'est la maladie des navigateurs.
01:07:28On devient aveugle,
01:07:29et on risque de mourir.
01:07:31C'est ça, c'est exactement ça.
01:07:34Pauvre Jean-Pierre,
01:07:35c'était...
01:07:36un homme délicieux.
01:07:38Et si drôle.
01:07:41Il faisait quoi ?
01:07:42Mais rien, justement.
01:07:43C'est ce qui le rendait charmant.
01:07:45Toujours disponible,
01:07:46toujours un pied en l'air.
01:07:48Ah.
01:07:49On peut dire que là,
01:07:50Juliette a perdu une perle.
01:07:53Vous vous connaissiez bien.
01:07:55Nous étions comme les doigts d'une même main.
01:07:58Vous étiez cinq ?
01:08:00Ah non, trois.
01:08:04Ils étaient si gentils avec moi,
01:08:06si délicats.
01:08:07J'étais seule, vous comprenez,
01:08:08obligée de travailler.
01:08:12Ça a été un drame.
01:08:15vous aviez continué
01:08:17à la voir, Juliette ?
01:08:20Pas du tout.
01:08:22Vous savez, moi ici et elle là-bas.
01:08:27Plus les souvenirs.
01:08:33Elle est partie longtemps
01:08:34après la mort de son mari ?
01:08:36Tout de suite.
01:08:37Juste le temps de régler ses affaires,
01:08:38l'héritage.
01:08:40C'était triste pour elle,
01:08:42cette maison sans personne.
01:08:43Et comme son frère
01:08:44était à Bourg-la-Reine,
01:08:46son frère était veuf.
01:08:47C'est lui qui lui a demandé
01:08:48de l'aider à s'occuper des enfants,
01:08:50Cécile et Gérard.
01:08:52Il est mort six mois après.
01:08:55Ah oui, je vois.
01:08:57Oui, je fais le lien.
01:09:14Ça a l'air bien, hein ?
01:09:15C'est comment à l'intérieur ?
01:09:17Ça fait riche.
01:09:19Même un peu trop
01:09:19pour une petite employée
01:09:20à la retraite.
01:09:22On rentre, patron ?
01:09:24Moi oui, mais toi,
01:09:25tu vas passer
01:09:26à la Société Générale
01:09:27de Fontenay-le-Comte.
01:09:28Ça peut être intéressant.
01:09:34C'est pas étonnant
01:09:35qu'elle soit bien installée,
01:09:36la Vendéenne.
01:09:37Vous avez vu
01:09:38ce qu'il lui versait dans Durand ?
01:09:4015 000 francs recta
01:09:41chaque trimestre
01:09:41à la Société Générale.
01:09:44Depuis quand ?
01:09:46Ben, regardez le bordereau,
01:09:47je crois que ça a commencé
01:09:47en février 1934.
01:09:49Y a pas eu quelque chose,
01:09:50un truc politique,
01:09:51en février ?
01:09:54Ben, si, le 6.
01:09:56Mais c'est aussi
01:09:57en février 1934
01:09:57que le mari
01:09:58de Juliette Boinat est mort.
01:10:00Ah bon ?
01:10:02Ben oui.
01:10:03Patron,
01:10:04y a des légionnaires
01:10:05là au sujet
01:10:05de la femme
01:10:05qui a été assommée.
01:10:09Quoi ?
01:10:10Ah bon,
01:10:10je les verrai tout à l'heure.
01:10:15Tout ça
01:10:16est bien intéressant.
01:10:19D'autant que
01:10:20dans Durand
01:10:20on prétend
01:10:20d'avoir connu
01:10:21Juliette Boinat
01:10:22que depuis dix ans.
01:10:27Licence à légionnaire.
01:10:29Dans la courrier,
01:10:29en patron.
01:10:38Capitaine Brennard,
01:10:39premier étranger.
01:10:40Mère, c'est pas,
01:10:40monsieur le commissaire.
01:10:41Bon, capitaine.
01:10:42Le légionnaire
01:10:43a amené à l'instit
01:10:43si présent
01:10:44une déclaration à faire.
01:10:45À me faire ?
01:10:46Elle concerne
01:10:47le légionnaire Roche
01:10:49incarcéré
01:10:49pour le meurtre
01:10:50de sa femme.
01:10:51Ah.
01:11:02Bonjour.
01:11:03Vous avez quelque chose
01:11:04à me dire ?
01:11:07Roche n'a pas tué
01:11:07sa femme.
01:11:09C'est moi.
01:11:12C'est toi.
01:11:15Explique.
01:11:17Où est-ce qu'il faut
01:11:18que je commence ?
01:11:19Au début, mon vieux.
01:11:23Roche et moi,
01:11:23on est allé signer
01:11:24pour l'Indochine
01:11:25vendredi soir.
01:11:26C'est ton copain.
01:11:29Pubira qu'elle, monsieur.
01:11:31Vous voulez retourner
01:11:32se battre ?
01:11:32On en avait marre.
01:11:37Et ?
01:11:39Et on a bu
01:11:40toute la soirée
01:11:41l'argent de la prime.
01:11:44Je n'ai plus debout,
01:11:45alors je l'ai ramené
01:11:46chez lui.
01:11:47Il s'est écroulé
01:11:48ivrement.
01:11:50Et sa femme était là ?
01:11:57Oui.
01:12:00Elle était là.
01:12:03À moitié nue,
01:12:04sur le lit.
01:12:07d'eux en vie.
01:12:09Je n'aurais pas dû,
01:12:10mais je me suis couché
01:12:13sur elle.
01:12:15Elle a commencé
01:12:16à crier,
01:12:17à se débattre.
01:12:19Je l'ai tapée
01:12:20pour la faire taire.
01:12:23Et elle s'est due.
01:12:24venu.
01:12:27J'ai foutu le camp.
01:12:33Roche savait que c'était toi,
01:12:34alors.
01:12:36Oui, forcément.
01:12:39Il n'aurait rien de dix,
01:12:40et c'est mon copain.
01:12:41Mais c'est pour ça
01:12:42que tu es venu.
01:12:47le capitaine.
01:12:48Il a dit que j'étais un salaud.
01:12:51Tu n'en es plus un,
01:12:52maintenant.
01:12:56Je vais chercher
01:12:57un inspecteur.
01:12:59Tu vas lui répéter
01:13:00tout ça.
01:13:05Ce qui est curieux,
01:13:06mademoiselle,
01:13:07c'est qu'après la mort
01:13:09de Jean-Pierre Moinet,
01:13:11c'est bien Jean-Pierre ?
01:13:12Oui.
01:13:14Juste après,
01:13:16non ?
01:13:17Vous commenciez
01:13:18à recevoir
01:13:18une somme de...
01:13:21de...
01:13:2215 000 francs
01:13:23par trimestre.
01:13:24C'est bien ça.
01:13:2615 000 francs
01:13:27par trimestre.
01:13:29C'est de l'argent.
01:13:32Une pension.
01:13:34Une retraite.
01:13:39Une libéralité,
01:13:40peut-être.
01:13:42Oui.
01:13:43Oui, c'est ça.
01:13:45J'étais gênée
01:13:46d'avoir à le dire.
01:13:49Vous avez donc été
01:13:50la maîtresse
01:13:51de Maître d'Endurance
01:13:52jusqu'à la mort
01:13:53de Jean-Pierre Boinet.
01:13:59Et à partir
01:14:00de ce moment-là,
01:14:01vous rompez
01:14:02et Maître d'Endurance
01:14:04vous verse
01:14:05une libéralité
01:14:07de 15 000 francs
01:14:09par trimestre.
01:14:10C'est ça ?
01:14:12Oui.
01:14:13En gros,
01:14:14c'est ça.
01:14:16C'est un homme
01:14:17très généreux.
01:14:18Très.
01:14:21Et pourquoi
01:14:23cette concomitance,
01:14:26la mort
01:14:27de Jean-Pierre Boinet
01:14:28et votre rupture
01:14:29avec d'Endurance ?
01:14:32Je ne sais plus.
01:14:34Pardon.
01:14:39Néanmoins,
01:14:40c'était un amant
01:14:41extrêmement reconnaissant.
01:14:44Très généreux.
01:14:50Vous ne vous voyez plus ?
01:14:53Non.
01:14:55En somme,
01:14:56vous vous êtes quitté
01:14:57quand Jean-Pierre Boinet
01:14:59est mort.
01:14:59Non.
01:15:00Enfin,
01:15:02oui,
01:15:03peu après.
01:15:04Excusez-moi.
01:15:06Vous avez des photos
01:15:07de vous en 34 ?
01:15:09Avec Maître d'Endurance.
01:15:11Non,
01:15:12on n'en a pas ensemble.
01:15:14Lui, peut-être.
01:15:15Non.
01:15:17Je serai obligé
01:15:18de lui poser la question,
01:15:19Mademoiselle.
01:15:22Arrêtez de mentir,
01:15:23Mademoiselle.
01:15:24Vous n'avez jamais été
01:15:25la maîtresse
01:15:26de Charles d'Endurance.
01:15:39Qu'avez-vous appris
01:15:40sur la mort
01:15:41de Jean-Pierre Boinet
01:15:41qui justifie
01:15:43le chantage
01:15:43que vous avez exercé
01:15:44sur Maître d'Endurance
01:15:46et sur Juliette Boinet ?
01:15:51D'Endurance était
01:15:52l'amant de Juliette.
01:15:53Je le détestais.
01:15:55Par elle,
01:15:55je l'aimais bien.
01:15:56J'ai toujours
01:15:57continué malgré tout.
01:16:00C'était une amie d'enfance.
01:16:06Vous détestiez
01:16:07d'Endurance.
01:16:08Ça va de soi et d'Endurance.
01:16:10Vous détestez aussi,
01:16:11j'imagine.
01:16:12Mais pourquoi ?
01:16:16Il ne m'impressionnait pas
01:16:17avec son baratin,
01:16:18croyez-moi.
01:16:18La première fois que je l'ai vue,
01:16:19j'ai su que c'était un salaud.
01:16:20Qu'avez-vous découvert ?
01:16:29Répondez, mademoiselle.
01:16:33Jean-Pierre Boinet
01:16:34a mis un an à mourir.
01:16:36C'était affreux.
01:16:39Il devenait infirme,
01:16:41il n'y voyait plus clair.
01:16:43Charles l'humiliait
01:16:44sans cesse.
01:16:44C'était...
01:16:50Un meurtre.
01:17:03Charles Dandurand
01:17:05aurait donc assassiné
01:17:06Jean-Pierre Boinet
01:17:07en 1934.
01:17:09Comment vous en êtes-vous aperçue ?
01:17:11C'était dans la droguerie
01:17:13où je travaillais
01:17:14et qui se procurait l'arsenic.
01:17:16Et vous n'avez jamais eu peur
01:17:17en le faisant chanter
01:17:18qu'il vous fasse subir
01:17:19le même sort ?
01:17:20Si, mais...
01:17:22Mais ?
01:17:23J'avais pris mes précautions.
01:17:26Quelles précautions ?
01:17:28Non.
01:17:29Non, ça, c'est personnel.
01:17:31Je ne veux pas en parler.
01:17:33Je ne vous dirai rien.
01:17:36La complicité du meurtre
01:17:37aussi, c'est personnel.
01:17:57Très bien.
01:18:01Je vais immédiatement
01:18:02faire la demande
01:18:03d'un mandat d'arrêt
01:18:04vous concernant.
01:18:07Vous pouvez préparer
01:18:08vos affaires.
01:18:09Ce soir, vous dormirez
01:18:10aux cellules.
01:18:12Emportez quelque chose
01:18:13de chaud.
01:18:14Il fait froid en ce moment.
01:18:40pour la parole.
01:18:45Je ne visite pas
01:18:47Attendez.
01:19:23Attendez.
01:19:53Attendez.
01:20:16Par sa porte entreouverte, d'endurant les voies passées.
01:20:21Si seulement Cécile était seule.
01:20:25Dans la rue, il se sépare.
01:20:29D'endurant suit la petite.
01:20:32Dans le brouillard.
01:20:33Elle porte un gros sac de cuir bourré des pièces à conviction.
01:20:39Elle saute dans un bus.
01:20:43Il est coincé.
01:20:51Elle est là.
01:20:54Elle m'attend.
01:20:57N'oubliez pas que d'endurant connaît aussi bien que nous les couloirs du Quai des Orphèves et du Palais.
01:21:03Il a envoyé quelqu'un la chercher.
01:21:05De ma part.
01:21:08Elle lui fait confiance.
01:21:11Elle le suit.
01:21:24La porte du placard à Balais est proche.
01:21:29D'endurant est là.
01:21:34Il se précipite sur elle.
01:21:36Avant qu'elle ait pu griller, il l'assomme, il l'étrangle.
01:21:40Et il s'enfuit avec le sac.
01:21:44C'est vraiment dégueulasse.
01:21:47Oui.
01:21:49Mais c'est parfait.
01:21:52Ça s'est sûrement passé comme ça, patron.
01:21:55Mais vous pouvez le coincer.
01:21:57Peut-être bien.
01:22:03Je me suis laissé dire que vous étiez un grand amateur de romans.
01:22:07Vous avez dû être comblé par les trouvailles du commissaire May.
01:22:12Maygrès.
01:22:14Laconique, mais imaginatif, commissaire.
01:22:18Qui l'eût cru ?
01:22:20Non, c'est plein de notations justes, bien vues, percutantes.
01:22:25Mais pourquoi, diable,
01:22:28voulez-vous absolument faire de moi un assassin ?
01:22:32Parce que vous en êtes un.
01:23:04Vous voulez que je vous lise cette lettre ?
01:23:08Inutile, je la connais, c'est moi qui l'ai écrite.
01:23:12Écrite sous la menace d'une femme amoureuse
01:23:15qui, parce que je la quittais, voulait me tuer.
01:23:18Vous avez dû comprendre que je ne suis pas un héros,
01:23:21alors j'ai écrit ici tout ce qu'elle a voulu.
01:23:23Y compris des chèques pendant 15 ans.
01:23:26Et alors ?
01:23:28De toute façon, je ne risquais rien à signer ça.
01:23:30Où est le crime qu'elle m'a obligé à reconnaître ?
01:23:33Jean-Pierre Boinet, vous pouvez vérifier,
01:23:36est mort de mort naturelle.
01:23:40C'est en effet ce que dit le permis d'inhumé de 1934.
01:23:44Mais ce n'est pas ce que dit, aujourd'hui, 15 février 1950,
01:23:49l'expert en toxicologie auprès du tribunal de Fontenay-le-Comte.
01:23:54Les tests après exhumation sont formels.
01:23:58Le cadavre de Jean-Pierre Boinet contient des doses massives
01:24:01d'anidride arsénieux.
01:24:04Forme d'arsénique plus connue sous le nom de mort au rat.
01:24:08L'expert conclut un décès d'origine criminelle.
01:24:13Sans aucune chance d'erreur.
01:24:35Je peux avoir une cigarette ?
01:24:47Vous avez donc bien empoisonné Jean-Pierre Boinet ?
01:24:50Nous, nous avons empoisonné
01:24:55Jean-Pierre Boinet.
01:24:57Alors, ce nique,
01:24:59c'est tout ce que nous avions pu nous procurer
01:25:01avec le concours de notre chère Louise.
01:25:06Et Mademoiselle Boinet ?
01:25:08Cécile.
01:25:11Elle allait nous dénoncer,
01:25:12enfin, me dénoncer.
01:25:15Pauvre Cécile.
01:25:18En un sens,
01:25:20elle a eu de la chance, remarquez.
01:25:23Elle n'a pas souffert.
01:25:25Pas plus au fond que si vous l'aviez envoyée
01:25:29à la guillotine pour le meurtre de sa tante.
01:25:33La nuque a cédé tout de suite.
01:25:34d'endurant...
01:25:36C'est seulement pour vous rassurer, commissaire.
01:25:39Cécile vous estimait.
01:25:40Je suppose que vous êtes estimable.
01:25:43Elle se trompait rarement sur les gens.
01:25:45Elle, elle ne l'était pas.
01:25:48Mon vieux, un peu lâche,
01:25:49pas désirable,
01:25:51n'avait rien pour elle, la pauvre fille.
01:25:53Si ?
01:25:55Peut-être son amour
01:25:57pour son frère.
01:26:00À un moment,
01:26:01j'ai même pensé
01:26:02qu'elle et lui...
01:26:03Vous parlez d'une morte ?
01:26:05Ben, je sais, monsieur le juge.
01:26:06Je sais, c'est moi qui l'ai tuée.
01:26:08Mais au moins, j'avais des raisons.
01:26:10Il y a tellement de crimes gratuits
01:26:12de nos jours.
01:26:20Une question, commissaire,
01:26:22si vous le permettez.
01:26:23Comment au diable avez-vous déniché
01:26:25cette vieille histoire de font-t-elle compte ?
01:26:27Qu'est-ce qu'il vous a mis sur la piste ?
01:26:29Des fleurs.
01:26:31Mais pourquoi avez-vous remis
01:26:33ces 50 000 francs dans la chauffe-rette ?
01:26:35Je me suis longtemps posé la question.
01:26:38Par honnêteté.
01:26:40Par peur, commissaire.
01:26:43Dès le lendemain de la mort de Juliette,
01:26:45mes clients
01:26:48se sont intéressés
01:26:49au sort de ces 50 000 francs.
01:26:51Ils avaient des doutes.
01:26:52Et vous les connaissez,
01:26:54ils sont susceptibles.
01:26:55J'ai jugé plus prudent
01:26:56de remettre les billets
01:26:57là où je les avais pris.
01:27:00Mais il fallait que vous les trouviez,
01:27:02que j'ai une preuve,
01:27:03alors j'ai fait un peu de bruit
01:27:04avec le couvercle.
01:27:04J'étais sûr que vous m'écoutiez.
01:27:07Vous êtes très malin,
01:27:08Bordurant.
01:27:09Oui.
01:27:11On m'a toujours dit.
01:27:21Vous pouvez me confier
01:27:23cette analyse toxicologique
01:27:25pour mes archives ?
01:27:26Très certainement,
01:27:28monsieur le juge.
01:27:46Alors, tu es content ?
01:27:48Non.
01:28:11Non, monsieur le juge.
01:28:13Je n'ai pas gagné
01:28:14et je ne vais pas passer une bonne nuit.
01:28:17parce qu'avec mon fameux flair,
01:28:19comme vous dites,
01:28:21je n'ai rien compris.
01:28:24Et Cécile est morte.
01:28:35Sous-titrage Société Radio-Canada
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