00:18Anne-Marie, l'épouse de Jean-Luc Fayardé, vient de couper les derniers liens qui l'unissaient à son mari.
00:24Jean-Luc se retrouve plus seul que jamais. Le seul être qui pourrait l'aider et le comprendre, c'est
00:31l'éternel vagabond, l'éternel exilé, Mirko Medulic.
00:35Mais Jean-Luc a refusé de revendre son ancien ami qui, lui aussi, à sa manière, part complètement à la
00:41dérive.
00:47Vous n'auriez pas dû venir ?
00:49Pourquoi ?
00:51Parce qu'officiellement.
00:54J'ai disparu ?
00:55S'il te plaît.
00:56Mais je ne suis pas là, à titre officiel.
01:02Dis donc, petit saligote, tu ne m'aurais pas trahi.
01:04Je te le voudrais un, ce jour-là, passe-moi le gauche.
01:09Je ne vous connaissais pas, c'est talent de décorateur.
01:12Moi non plus.
01:13Il est mille et une nuits.
01:16Vous êtes un enfant, Mirko.
01:19C'est un crime ?
01:22Presque.
01:23Alors, comme condamne.
01:25C'est déjà fait.
01:30Un arrêté d'expulsion a été pris contre vous.
01:33Il va l'aimer que vous le sachiez, non ?
01:37Mais si on ne me trouve pas, on ne peut pas m'expulser, non ?
01:41On ne sort jamais.
01:43Sauf la nuit, pour cambrioler le réfrigérateur et les poulaillers.
01:47Pour voler les motos.
01:48Je vous en prie, au courant.
01:50Au courant de tout.
01:52La ville est en émoire depuis trois semaines.
01:54La police a doublé ses patrouilles de nuit.
01:57Mais vous pouvez vous faire pincer à n'importe quel moment.
02:01Il faut bien que le chien mange, non ?
02:03Moi aussi.
02:04Mais les gosses vous apporteront ce dont vous aurez besoin.
02:07Et ils paient avec quel argent ?
02:08Vous n'occupez pas de ça.
02:12Qui est l'enfant, Sauvanné ?
02:14Vaut au moins.
02:19Si nous retournons au pays, qu'est-ce que nous y ferons ?
02:22Il n'y a plus de travail pour moi.
02:24Et si je gagne de l'argent, nous économisons,
02:28je m'établirai à mon compte.
02:32Cet après-midi, une femme a traité de voleuse.
02:35As-tu déjà volé quelque chose ?
02:36Bien sûr que non.
02:37Alors, tu as ta conscience avec toi.
02:39Et celle contre ta conscience.
02:44Cette femme a crié, retourne chez toi.
02:46Elle t'a insulté, tu voudrais lui obéir.
02:49Tout le monde nous déteste.
02:50C'est pas vrai.
02:51Certains seulement, ils ne savent même pas pourquoi.
02:56Ils nous obligent à vivre à l'île.
02:57Ils nous partent comme des bêtes.
02:59Il nous reste notre dignité.
03:01Et personne ne peut nous l'enlever à part nous-mêmes.
03:05Des mots, toujours des mots.
03:13Demain, je te donnerai de l'argent
03:15pour aller chez le coiffeur.
03:41Contre leur pire, les mots ne peuvent rien.
03:43Tais-toi, je te dis.
03:51Rachid, reste ici.
04:17Rachid, reste ici.
04:28Rachid, reste ici.
04:31C'est parti.
04:41C'est parti.
04:52C'est parti.
05:08C'est parti.
05:13C'est parti.
05:14C'est parti.
05:15C'est parti.
05:43C'est parti.
05:43C'est parti.
05:58C'est parti.
06:12C'est parti.
06:15C'est parti.
06:17C'est parti.
06:31C'est parti.
06:45C'est parti.
06:55C'est parti.
07:06C'est parti.
07:07C'est parti.
07:28C'est parti.
07:29C'est parti.
07:32C'est parti.
07:33C'est parti.
08:01C'est parti.
08:14C'est parti.
08:16C'est parti.
08:17C'est parti.
08:18C'est parti.
08:18C'est parti.
08:20C'est parti.
08:55C'est parti.
08:59C'est parti.
09:01C'est parti.
09:31C'est parti.
09:34C'est parti.
09:38C'est parti.
09:42C'est parti.
09:46C'est parti.
09:51Vous avez réalisé votre actif et liquidez vos souvenirs en même temps.
09:54C'est toujours votre côté pratique.
09:56Je ne me moque pas de vous.
09:58C'est parti.
09:58Je vous plains au contraire de tout mon coeur.
10:01Si ma sollicitude se teint parfois d'ironie,
10:04c'est pour cacher ma tristesse.
10:05Vous me croyez ?
10:06J'espère.
10:09Je vais voir si le courrier est arrivé.
10:11Par la même occasion, je vous remonterai un petit café.
10:18Je préfère un mari pauvre mais vivant. Je préfère la sérénité à l'angoisse, à ce ciel de tristesse.
10:25Tu sais bien, toi, que sinon on cultive plutôt l'amitié que la haine.
10:29C'est moi qui oblige Rachid à venir ici avec notre fils.
10:34J'ai eu de la folie pour toi, mais maintenant j'aurai de la sagesse pour toi.
10:39Au Maroc, on est en unité. Nous sommes nés paysans et nous mourrons paysans.
10:44Rachid n'est pas attaché à ce pays. Il est attaché à ses rêves et il ne voudra pas partir.
10:48Ses rêves. Qu'est-ce que tu dis ?
10:50Je dis que je ne serai plus son épouse et que l'arbi ne sera plus son fils.
10:53Aussi longtemps qu'il s'obstinera à vivre dans une société qui nous est hostile et qui nous rejette.
10:59Elle a trop peur et elle ne veut plus rester ici.
11:02Mais tu ne vas pas partir, toi.
11:04S'il part.
11:05Maman, ce n'est pas possible.
11:07S'il veut rester.
11:23C'est pas malheur quand ils pensent qu'ils veulent des marques là pour faire une usine.
11:28Heureusement qu'on est là les mômes.
11:33Ils n'avaient que leurs mains et beaucoup d'innocence.
11:41Ils n'avaient que leurs mains et sans outils.
11:48Ils ont bâti un château d'espérance.
11:53Ils sont nus, ensemble, ils ont bâti un merveilleux château.
12:01Ce bel énorme, ce royaume de sauvage.
12:09Ce merveilleux château fait de sa blé de chaud.
12:15Où il faisait plus chaud.
12:18Sous-titrage Société Radio-Canada
12:23Merci.
12:23Merci.
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