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  • il y a 13 heures
C pas si loin propose de décrypter les enjeux contemporains en France et à l'international depuis les Outre-mer. Présenté par Karine Baste, C pas si loin explore le monde depuis les Outre-mer. Cette France des trois océans, au carrefour de frontières et d'influences croisées, répond autrement aux dynamiques économiques, écologiques, géopolitiques et culturelles. Ce magazine propose un regard singulier sur nos enjeux contemporains et la place des territoires ultramarins dans le monde. Année de Production :

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00:10Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce nouveau numéro de votre émission « C'est pas si loin
00:14».
00:15Notre invitée du jour est une voix à plus d'un titre, d'abord parce qu'elle est chanteuse lyrique,
00:20ensuite parce qu'elle porte haut la culture de la Guyane, sa terre natale.
00:24La soprano Marie-Laure Garnier nous accompagne aujourd'hui.
00:27Ensemble, nous allons revenir sur les grands thèmes développés dans votre magazine cette semaine.
00:32Et ça commence avec des arbres, beaucoup d'arbres, le tout premier inventaire des forêts des Outre-mer.
00:38Un travail titanesque qui vient de commencer, précieux, on le verra, à l'heure du réchauffement climatique.
00:44Nous irons également à Houston, Texas, à la rencontre de deux universitaires.
00:49L'une vient de Guyane, l'autre de Martinique.
00:51Elles ont choisi de partager leur savoir, leur culture, mission devenue particulière dans l'Amérique de Donald Trump.
00:58Et puis la question délicate de l'eau, problème d'assainissement récurrent dans les Outre-mer en général et en
01:05Guadeloupe en particulier.
01:07Quels risques pour la santé et quelles solutions pour le traitement des eaux usées ?
01:11Nous irons sur le terrain.
01:14Bonjour Marie-Laure Garnier.
01:15Bonjour Jean-Philippe.
01:16Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
01:19Vous serez sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées le 30 juin prochain avec beaucoup d'artistes ultramarins.
01:25Pour le considérable Porgy & Best de George Gershwin.
01:29On prendra le temps d'en reparler tout à l'heure.
01:31Je résume votre CV à grands traits.
01:34Première lorette du concours des voix des Outre-mer.
01:37Révélation artiste lyrique, c'était aux victoires de la musique classique en 2021.
01:41Marie-Laure Garnier, une soprano à la voix puissante et à l'art subtile.
01:47C'est ainsi que le journal Le Monde vous présente.
01:50Vous vous souvenez de la gamine de 14 ans qui un jour quitte sa famille, quitte la Guyane, quitte son
01:55école de musique pour aller tenter l'aventure à Paris ?
01:58Absolument. Je m'en souviens comme si c'était hier.
02:03J'étais pleine de rêves, pleine d'ardeur.
02:10J'avais envie de conquérir le monde, je crois.
02:14J'avais surtout envie de devenir musicienne professionnelle.
02:17C'était de la flûte traversière au départ.
02:18Absolument. À l'époque, je jouais de la flûte traversière.
02:21Je voulais en faire mon métier, devenir à mon tour enseignante et partager mon amour de la musique avec tous
02:28ceux qui se sentiraient appelés par ça.
02:30Et à 14 ans, si loin de la maison, il n'y a pas du tout d'appréhension ?
02:35Alors si, évidemment, il y a des appréhensions. Toutefois, l'envie de réussir la domine.
02:43Votre parcours de chanteuse lyrique tel qu'il est aujourd'hui, s'il était impossible en restant là-bas, en
02:49Guyane ?
02:50Malheureusement, pour l'instant, c'est encore compliqué.
02:53Même si nous avons la chance d'avoir un conservatoire, nous avons également la chance d'avoir le concours Voix
03:00des Outre-mer
03:00qui se déplace depuis bientôt dix ans dans les territoires et qui vont détecter les talents
03:07et qui vont même les accompagner dans un processus de formation pour ensuite pouvoir se professionnaliser.
03:12Mais voilà, tout reste encore à faire. On sent qu'il y a une ferveur grandissante pour le chant lyrique
03:20et de façon générale pour donner la possibilité et les moyens aux jeunes et aux moins jeunes de se former
03:28et de devenir des professionnels à leur tour.
03:31Et il faut le dire, vous retournez régulièrement en Guyane, justement, pour être au contact de ces jeunes, pour les
03:36conseiller aussi ?
03:37Tout à fait. Pour moi, ça a du sens de revenir à la source, de prendre contact avec toutes ces
03:43personnes qui aiment chanter,
03:45qui ne vont pas forcément faire leur métier, mais qui ont envie de découvrir leur voix
03:49et au travers de ce travail musical, de se découvrir eux-mêmes.
03:53Marie-Laure Garnier, je vous propose qu'on aborde maintenant notre premier thème d'actualité
03:58qui concerne aussi, on va le voir, la Guyane.
04:00C'est ce gigantesque inventaire forestier qui vient tout juste de débuter.
04:05C'est le premier, d'ailleurs, pour les Outre-mer et c'est important.
04:08On regarde et on en parle juste après.
04:17L'intérêt de faire l'inventaire de la forêt, ça va être de voir l'état de santé de cette
04:22forêt,
04:23mais aussi la quantité de carbone pour voir si la France respecte ou pas ses engagements.
04:29Et on va aussi faire des inventaires, mais on va y retourner, refaire des inventaires
04:33sur les mêmes endroits dans plusieurs années,
04:36ce qui va nous permettre de voir l'évolution de cette forêt.
04:44Quand on vient ici, on est amené à mesurer le diamètre des arbres,
04:49leur hauteur, mais aussi leur état de santé, qu'on mesure avec deux paramètres.
04:53On regarde, est-ce qu'ils auraient pu faire plus de branches ?
04:56Est-ce qu'il leur manque des branches, en fait, par rapport à la lumière qu'ils auraient pu recevoir
05:00?
05:01Et est-ce qu'il y a des branches qui sont mortes ou il y a un manque de feuilles
05:04?
05:04Et avec ces deux paramètres, on a un état de santé de l'arbre.
05:08Et on va le faire pour tous les arbres qui sont dominants, c'est-à-dire qui dominent la canopée.
05:13Parce que ceux qui sont en dessous, on ne sait pas s'ils sont en mauvaise santé
05:15parce que c'est la concurrence des arbres ou parce qu'ils ont un problème.
05:19Alors que ceux qui sont en haut, on sait qu'ils ont un problème si jamais ils commencent à dépérir.
05:24Donc là, ce qu'on fait aussi, c'est qu'on mesure dans un rayon de plusieurs mètres
05:28toute la régénération naturelle, c'est-à-dire l'avenir de la forêt.
05:33Qu'est-ce qui a pu pousser ici ? Qu'est-ce qui pourra pousser dans le futur ?
05:37Donc on regarde qu'est-ce qui a une chance de survie.
05:44Le principal danger, ça va être les espèces exotiques envahissantes et le changement climatique.
05:48C'est quand même 80% des dangers qui vont concerner cette forêt.
05:53Les espèces exotiques envahissantes à La Réunion, elles sont de plus en plus prégnantes.
05:57Donc on voit qu'on est de plus en plus envahi.
05:59On voit que les changements climatiques aussi, on commence à percevoir des dépérissements.
06:08Et on retrouve notre invité Marie-Laure Garnier.
06:11Alors la forêt en Guyane, c'est 96% du territoire.
06:16C'est quoi, vous, votre rapport avec tous ces arbres ?
06:20Eh bien, je trouve que 96% d'un territoire, c'est absolument merveilleux.
06:26Nous, en Guyane, je trouve qu'on a un rapport très fort avec cette nature.
06:31On a une très grande biodiversité, une faune et une flore très développées.
06:36Et justement, les Guyanais sont très respectueux de cette nature.
06:43Ils vont au contact.
06:45Ils sont respectueux comme s'il y avait une forme de spiritualité avec la nature.
06:52On est reconnaissant pour cette forêt qui, à la fois, nous protège,
06:57parce qu'on a de merveilleuses alizées.
07:00Elle nous nourrit parce qu'on a aussi énormément de richesses là-dedans.
07:04Il y a une coutume aussi, notamment avec les communautés premières,
07:10les Amérindiens, les Bouchinangais.
07:13De plus en plus, on observe que les loisirs verts se développent.
07:18Donc ça veut dire qu'on va sensibiliser la population,
07:20et particulièrement les plus jeunes, à pouvoir considérer, respecter, honorer cette forêt.
07:27Et je pense que c'est hyper important aussi qu'on pense à une vision un peu commune
07:33de sensibiliser au point de former des professionnels
07:36qui, à leur tour, pourraient participer justement à cet inventaire dans quelques années.
07:40Pourquoi pas ?
07:41Vous voulez dire quoi ?
07:41Qu'il n'y a pas assez de chercheurs, de scientifiques guyanais, par exemple, aujourd'hui ?
07:46Je pense qu'il y a des chercheurs, mais qui ne sont pas en Guyane.
07:50J'ai entendu, par exemple, une jeune scientifique dire qu'elle voulait revenir au pays
07:57et que malheureusement sa candidature n'avait pas été retenue.
08:01Et c'est vrai qu'on se pose la question de tous ces jeunes qui partent se former à l
08:05'extérieur.
08:06Est-ce qu'ils sont impliqués justement dans ces processus qui sont si importants ?
08:11Quand on considère que l'Amazonie, en tout cas la partie qui est en Guyane,
08:16représente un tiers de la forêt nationale, on prend la mesure de l'importance de cette forêt
08:23et de la nécessité de la connaître pour pouvoir la préserver et pour pouvoir aussi en faire…
08:30Voilà, ça se développe et ça se considère de façon mondiale.
08:35Oui, son importance et sa fragilité aussi parce qu'il y a le réchauffement climatique.
08:39On l'a vu d'ailleurs dans nos reportages cette semaine.
08:42Il y a beaucoup d'arbres qui sont malades aujourd'hui.
08:44Ce dérèglement, c'est quelque chose dont on est particulièrement conscient quand on vit en Guyane ?
08:50Je pense qu'on en a conscience parce que nous percevons également ce changement de saison.
08:54On avait une saison des pluies, une saison de sèche très distincte.
08:58Et on se rend compte depuis quelques années que parfois on ne sait plus si on est en saison de
09:04sèche
09:12qui est incontrôlée, notamment en raison de leur paillage.
09:18C'est quelque chose qu'on ne maîtrise pas non plus et qui pourtant a un impact,
09:21notamment sur les cours d'eau qui sont contaminés par le mercure.
09:26Donc c'est un ensemble de choses auxquelles nous devons faire attention collectivement.
09:30Et c'est pourquoi j'insiste sur la sensibilisation de la population.
09:33Vous-même aujourd'hui qui ne vivez plus en Guyane à plein temps,
09:37vous avez besoin de cette nature autour de vous ? Comment on s'organise quand on a grandi auprès d
09:42'une forêt si immense ?
09:43Alors je dois dire que j'ai eu la chance d'habiter avec une famille qui vit quand même très
09:48très proche de la nature.
09:49Donc je m'émerveille tous les jours quand je reviens de ces grands arbres qui nous protègent,
09:56de ces oiseaux, de ces chants que l'on entend dès le réveil au matin.
10:01Donc côtoyer cette nature, c'est un vrai cadeau.
10:04Et je pense que quand on arrive en métropole, quand on arrive en Hexagone,
10:09on se rend compte aussi de la chance qu'on a eue de grandir dans cet environnement vert.
10:14Marie-Laure Garnier, je vous propose maintenant de partir à Houston, au Texas,
10:19à la rencontre de deux femmes, deux universitaires.
10:21L'une vient de Guyane, l'autre de Martinique.
10:24Elles vivent et enseignent aux États-Unis avec beaucoup, beaucoup de passion.
10:28Regardez.
10:32Cette liberté et cette pluralité auxquelles tiennent tant Jacqueline et Lindsay vacillent depuis le retour de Donald Trump au pouvoir.
10:41Le fait d'enseigner la littérature caribéenne spécifiquement à Houston est assez particulier, en effet, je dirais,
10:49notamment depuis l'année dernière, depuis que Trump est arrivé au pouvoir.
10:55Le mot « race » ou le mot « diversité » sont des mots que la politique américaine chasse dans
11:00les États,
11:02tels que celui du Texas, qui est un État républicain.
11:09De mon côté, j'utilise toujours ces mots parce que ce sont des mots qui font partie de l'histoire
11:16et de la matière littéraire que nos auteurs nous offrent.
11:21Je dirais que c'est une censure au niveau de certaines terminologies autour de l'étude critique des races
11:27qui, en ce moment, sont censurées et qui rendent l'enseignement de la littérature caribéenne
11:34ou de la littérature ou des études afro-américaines très difficiles.
11:41Lorsque Célanie revient en Guadeloupe, il va la voir en disant
11:45« Finis-en avec moi, tue-moi, je sais que tu es là pour ça. »
11:52On est quand même assez protégés à Rice parce que c'est une université privée,
11:57comparé à nos collègues, par exemple, à l'université de Houston,
11:59qui est une université publique où vraiment là, il faut qu'ils fassent extrêmement attention
12:04pour ne pas perdre leur emploi.
12:06Lorsqu'on vit à Houston, on a l'impression d'être dans une ville libérale,
12:09mais on est très vite rattrapés par la réalité parce que c'est un État républicain
12:14où les lois passées par Trump sont tout de suite mises en action,
12:18ont un poids très important et il faut absolument faire attention à cela.
12:29Et on retrouve notre invitée Marie-Laure Garnier.
12:32Quel est votre regard sur le parcours de ces femmes ultramarines
12:36qui enseignent aujourd'hui aux États-Unis ?
12:38Je trouve ça très beau, ce sont deux très belles ambassadrices
12:41de notre culture, de notre culture carabéenne,
12:44mais de notre culture créole, de façon encore plus globale.
12:47Je trouve ça très beau, elles font écho toutes les deux au sens des mots
12:52parce que derrière les mots se cachent des histoires,
12:56derrière les mots se cache un passé douloureux aussi.
13:02et je pense que c'est important à la fois de le regarder pour ce que c'est
13:08et puis pour comparer aussi ou en tout cas peser de là où nous en sommes aujourd'hui.
13:17Moi, j'ai découvert cette littérature assez récemment, je dois le dire,
13:23parce que je me suis posé la question de mes origines
13:25et donc du coup, j'ai tout de suite été vers des auteurs caribéens
13:30avant de découvrir qu'il y avait aussi des auteurs guyanais
13:33qui avaient écrit sur ces sujets qui sont fascinants
13:37et je trouve ça vraiment très beau d'importer notre culture aux États-Unis
13:40parce que de même, nous sommes tous concernés
13:44et on voit dans ce reportage qu'il permet de comprendre une réalité
13:51par un biais légèrement différent mais qui ramène à quelque chose de similaire.
13:56Alors, on a beaucoup parlé et on parle beaucoup ces jours-ci de Donald Trump, évidemment.
14:01Au-delà du personnage, on a l'impression parfois d'une Amérique fracturée, cloisonnée
14:06et qui se recroqueville un peu sur elle-même.
14:08Vous qui avez connu tant de cultures différentes gamines,
14:12vous aviez un tambour entre les mains avant de passer à l'afflux de traversière
14:15et puis après à l'opéra.
14:17Est-ce que vous pensez que cet échange de cultures,
14:20cet enrichissement, il est encore possible aujourd'hui ?
14:22Je pense qu'il est possible tout à fait,
14:25à la seule condition que nous soyons tous conscients que ce soit possible
14:28et que nous soyons tous en capacité de le respecter.
14:33Je le disais en introduction de cette émission,
14:36vous allez participer au Port Guillain-Best de Gershwin
14:39le 30 juin prochain au Théâtre des Champs-Elysées.
14:41Il y aura beaucoup d'artistes ultramarins avec vous sur scène.
14:45C'est un travail important pour vous ?
14:47Oui, c'est un travail très important que mènent depuis de longues années
14:52Fabrici Falco et Julien Leleu,
14:54portant le concours des autres maires par l'association Les Contrecourants.
14:58Ce travail, en fait, il se découpe en plusieurs phases.
15:02Je le disais tout à l'heure, la détection des talents,
15:05elle est extrêmement importante.
15:06Mais maintenant, une fois qu'on les a reconnus et qu'on leur a donné confiance
15:11dans le fait qu'ils sont capables, eux aussi, de monter sur scène,
15:15il y a toute une phase de formation.
15:17Alors, certains vont aller au Conservatoire de Paris,
15:20d'autres à Montpellier et encore d'autres potentiellement dans d'autres conservatoires.
15:25Mais il y a un accompagnement en plus qui se fait,
15:27parce qu'une fois que ces jeunes sont formés,
15:30il faut les accompagner à s'insérer dans le milieu professionnel.
15:32Et quoi de mieux que de leur proposer de monter tous ensemble sur scène,
15:37et notamment la scène du Théâtre des Champs-Élysées le 30 juin prochain,
15:41avec orchestre, l'Orchestre l'Amoureux, dirigé par Quentin Hindley.
15:45C'est merveilleux, parce que ce Porgy & Bess,
15:48c'est vraiment justement le paroxysme de ce contre quoi on lutte ensemble.
15:54Voilà, le message, c'est vraiment que nous pouvons tous y arriver ensemble,
15:59à condition de se donner les moyens, d'accomplir le travail nécessaire.
16:03Mais on a toujours besoin d'une main tendue.
16:05Et vraiment, je remercie et je salue le travail colossal
16:09que produisent ensemble Julien et Fabrice,
16:12parce qu'on en a besoin.
16:15Le jour où on n'en aura plus besoin, on en reparlera.
16:18Mais pour l'instant, on a encore besoin de ce concours.
16:21D'un mot, puisqu'on parle de Gershwin,
16:23les scènes américaines, c'est quelque chose qui vous fait envie,
16:25vous, en tant que chanteuse lyrique ?
16:27C'est vrai que ça fait envie de chanter au Métropolitaine Opéra.
16:30Par exemple ?
16:31Toutefois, je crois qu'il y a beaucoup à faire sur notre sol,
16:35beaucoup à faire pour faire évoluer encore les consciences.
16:38Et je me tiens fervente aux côtés de ceux qui luttent aussi dans ce sens.
16:44Marie-Laure Garnier, on aborde maintenant le dernier thème de cette émission,
16:48la question délicate de l'assainissement de l'eau,
16:51un problème récurrent dans les Outre-mer.
16:53Nous sommes allés en Guadeloupe.
16:55Extrait.
16:58En Guadeloupe, le dossier de l'assainissement est une bombe à retardement.
17:03Sur les 17 stations d'épuration les plus importantes,
17:069 ne sont pas conformes.
17:08La situation est pire pour les 33 petites stations.
17:11La moitié sont à l'arrêt.
17:13Conséquence, les eaux usées finissent inéluctablement dans la mer.
17:26On va se diriger plus au niveau de la zone où il y a les baigneurs,
17:31les lignes d'eau, pour pouvoir effectuer le prélèvement.
17:35Pour garantir la sécurité sanitaire des baigneurs,
17:38la qualité de l'eau est placée sous surveillance tout au long de l'année.
17:45Là, je vais désinfecter la canne, la canne de prélèvement.
17:49On désinfecte les deux côtés.
17:53Là, l'eau au gosier, ça va, elle est de bonne qualité, visuellement parlant.
17:58Après, effectivement, il n'y aura que les analyses qui pourront nous dire
18:01s'il y a un risque bactériologique ou pas à ce niveau.
18:10On va ouvrir le flacon
18:14et le plonger face au courant
18:17dans une profondeur de 30 cm.
18:21À la suite de l'échantillonnage et prélèvement,
18:24deux paramètres sont analysés en laboratoire.
18:27La concentration en eau en Ischerichia coli
18:29et la concentration en intérêts au corps intestinaux.
18:32Il s'agit de deux bactéries présentes dans la flore intestinale,
18:35les animaux à sang chaud, dont les êtres humains,
18:37qui servent de témoins de contamination fécale.
18:41Quand les résultats sont mauvais,
18:42c'est-à-dire que les soins réglementaires sont dépassés,
18:45nous demandons à l'autorité compétente
18:46de prendre des mesures pour interdire temporairement la baignade.
18:50Marie-Laure Garnier, cette eau polluée, ces plages,
18:53on n'a plus le droit de se baigner.
18:54C'est quelque chose que vous avez vécu, vous-même, en Guyane ?
18:57Oui, c'est vrai que j'ai connu la plage de Kourou,
19:00tout simplement, où j'allais quand j'étais toute petite.
19:03Et puis, petit à petit, on a compris
19:04que c'était peut-être un peu moins sûr d'y aller.
19:08Nos invités cette semaine insistaient aussi sur un point.
19:11Évidemment, il y a un problème d'infrastructure,
19:13d'assainissement de l'eau,
19:14mais il y a aussi peut-être un problème de comportement,
19:16parfois des gens qui n'ont pas conscience
19:18de l'importance de l'eau,
19:20qui jettent parfois tout et n'importe quoi.
19:22C'est une question d'éducation aussi ?
19:24Oui, sans nul doute,
19:25mais je pense que c'est quelque chose
19:27qui est assez récurrent dans différents territoires.
19:29Je pense que les infrastructures
19:32qui attendent d'être remises en état,
19:35d'être changées probablement,
19:38d'être mises au bon format,
19:43je crois que ça attend,
19:44ça urge, comme on dirait les jeunes,
19:47depuis un long moment.
19:49Et je pense que la population serait aussi rassurée
19:52de savoir que les équipements sont dorénavant
19:56prêts à fonctionner
19:57et seraient potentiellement prêtes aussi
20:00à faire un effort de comportement.
20:02Je pense que les deux vont de pair.
20:04Cette émission s'appelle « C'est pas si loin ».
20:06N'empêche que,
20:07on voit toujours un peu ces mêmes problèmes récurrents.
20:10L'eau, c'est un symbole,
20:11mais dans des territoires éloignés,
20:14comme la Guyane, comme la Guadeloupe,
20:16on n'imagine pas la même chose,
20:17par exemple, dans l'Hexagone à Poitiers.
20:20Il y a deux poids, deux mesures pour vous ?
20:22Je ne dirais pas qu'il y a deux poids, deux mesures,
20:24mais je pense que vraiment,
20:25ça doit être très clair dans l'inconscient collectif
20:30qu'il y a vraiment des choses
20:32qui ne nous viennent pas à l'idée
20:33quand on habite à Paris
20:34et quand on habite, par exemple, en Guadeloupe,
20:37où les personnes doivent faire attention
20:39à avoir des réserves d'eau à la maison
20:42parce que, potentiellement,
20:43ils pourraient avoir une coupure d'eau
20:45ou une coupure d'électricité de façon longue.
20:50Quand je dis longue, c'est par exemple en Guyane,
20:52dans certaines communes, dans certains secteurs,
20:54il peut y avoir plus de 24 heures
20:56d'interruption d'électricité,
20:58une coupure d'eau le matin à 6 heures,
21:01alors que vous devez être à votre travail à 7 heures.
21:04Ce sont des problématiques qui sont récurrentes.
21:07Il y a des solutions qui sont trouvées petit à petit,
21:09mais je pense que la population attend depuis très longtemps
21:12et que c'est vraiment nécessaire
21:15de se focaliser un tout petit peu sur ces problématiques.
21:20En quelques mots, qu'est-ce que vous dites à vos amis
21:22quand ils ne connaissent pas du tout la Guyane
21:24et qu'ils ont envie de découvrir malgré tout ?
21:27Eh bien, je leur dis que la Guyane
21:28est un territoire merveilleux, plein de richesses
21:31et avec une population extrêmement chaleureuse.
21:34Je pense que la Guyane,
21:35comme tous les autres territoires ultramarins,
21:39ce sont des expériences que l'on fait.
21:42Chaque territoire a sa particularité,
21:44ses spécificités
21:45et je pense qu'il faut y aller avec un esprit ouvert,
21:49prêt à découvrir l'improbable,
21:55l'inattendu, la beauté tout simplement.
21:58Marie-Laure Garnier,
21:59il y a une tradition dans cette émission,
22:01c'est que notre invité choisit une image.
22:03Je vais la découvrir en même temps que les téléspectateurs.
22:06Qu'est-ce que l'on voit ?
22:08Alors, ici, nous voyons une image de Carmen de Bizet.
22:15C'est une production des Voix des Outre-mer, justement.
22:20Ici, la photo que l'on voit, c'est vraiment l'opéra Bastille.
22:23Donc, c'est la finalité d'un projet de longue haleine.
22:29Cet opéra a été donné de nombreuses fois.
22:32Il a été créé dans les ruines du Théâtre de Saint-Pierre,
22:35en Martinique,
22:36et il a été donné en Guyane,
22:39à La Réunion,
22:40en Aveyron,
22:41au théâtre,
22:43enfin déjà, à l'Opéra Bastille.
22:45Et voilà, pour moi, c'est justement la continuité que j'évoquais tout à l'heure
22:51de la production des Voix des Outre-mer.
22:55Parce qu'elle est créole, cette Carmen.
22:57Absolument.
22:58Elle est créole parce que les Voix des Outre-mer,
23:00c'est à la fois la créolité,
23:02mais c'est surtout un message qui renvoie le fait que l'opéra,
23:06il est pour tous.
23:08Vraiment, on ne devrait pas penser que l'opéra est réservé
23:11à une certaine partie de la population.
23:13Il est accessible à tous, à tous les publics,
23:16mais aussi à tous les chanteurs,
23:17quelles que soient leurs origines.
23:19Et c'est une vraie invitation, justement,
23:22à s'intéresser à cet art.
23:24Parce que parfois, c'est intimide, quand même, l'opéra.
23:26C'est intimide,
23:28mais quand on va dans une église aux Antilles-Guyanes,
23:32on entend des voix lyriques.
23:34Alors, c'est exactement la même chose.
23:37Quand on va dans des soirées convoyées en Guyane
23:39ou dans des soirées Les Roses,
23:41on voit des personnes s'exprimer,
23:44évoluer sur des espaces, raconter des histoires.
23:48L'opéra, c'est aussi ça.
23:49C'est un art populaire à la base.
23:52Et je pense que c'est important, justement,
23:54de démocratiser ce genre musical.
23:59Et encore une fois, de donner la voix et la place
24:02à tout un chacun.
24:03Vous avez conscience d'être un modèle aujourd'hui ?
24:08Je ne sais pas si je suis un modèle.
24:10J'essaye de faire de mon mieux.
24:12Et pour moi, c'est vraiment une valeur extrêmement importante
24:16que de pouvoir le partager,
24:18d'être dans la transmission,
24:19mais aussi d'être dans l'écoute.
24:21Parce que parfois, on se pose des questions
24:23auxquelles on ne trouve pas forcément les réponses.
24:25Et c'est toujours intéressant,
24:27quand je rencontre de jeunes chanteurs,
24:29de pouvoir avoir un dialogue simple,
24:32mais qui permette de donner un peu l'envers du décor.
24:36C'est-à-dire le travail,
24:38le fait de devoir être accompagné par les bonnes personnes,
24:42l'autorisation à ne pas avoir un parcours linéaire.
24:45Parfois, on chute et on se relève.
24:48C'est un peu comme dans tous les autres domaines.
24:50Mais en tout cas, pour moi,
24:52le message fort, c'est avoir le courage,
24:56avoir l'audace d'oser se réaliser,
24:59quel que soit le domaine.
25:01Ce que je dis, ce n'est pas que pour la musique,
25:03ce n'est pas que pour le chant.
25:04Et puis aussi, aux parents qui seraient peut-être effrayés
25:07aussi de laisser partir leurs enfants,
25:10je dirais que, non pas que c'est parce que d'autres
25:14l'ont fait avant eux,
25:15mais que c'est possible et qu'ils trouveront
25:18des personnes référentes pour accompagner leurs enfants.
25:21Merci infiniment, Marie-Laure Garnier,
25:23d'être passée nous voir.
25:24Porgy & Bess, Georges Gershwin,
25:26Tade des Champs-Elysées à Paris,
25:28c'est le 30 juin prochain.
25:30Et merci à vous de nous avoir suivis,
25:32émission que vous pouvez évidemment retrouver
25:34sur la plateforme France.tv
25:36et en podcast sur toutes les plateformes audio.
25:39Très beau week-end sur France Télévisions
25:41et le retour de Karine Bast,
25:42évidemment sur ce plateau dès lundi.
25:44Sous-titrage Société Radio-Canada
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