00:00Notre invité c'est Vincent Rava, bonjour, vous êtes le directeur général de Mercialis.
00:03Mercialis c'est l'ancienne foncière de Casino, vous êtes totalement indépendant depuis 2022,
00:08vous possédez une trentaine de centres commerciaux, 700 000 m2 de commerce en France.
00:13Alors vous ne dites pas centres commerciaux et c'est important, ça a l'air d'un détail,
00:16mais vous dites vous shopping park, ça fait partie de votre modèle hybride
00:21entre le centre commercial et le retail park, ça a l'air d'un détail,
00:24mais c'est fondamental cette différence chez vous.
00:28Effectivement c'est fondamental parce que c'est la synthèse de notre adaptation
00:33à l'évolution des usages de consommation, le travail de transformation qu'on a réalisé sur notre patrimoine
00:39qui nous permet aujourd'hui d'afficher des performances qui sont bonnes,
00:43voire très bonnes par rapport à la moyenne et par rapport à l'ambiance économique générale.
00:48Mais c'est quoi la différence entre un shopping park et un centre commercial classique ?
00:52Sa différence c'est que c'est, vous l'avez dit, une hybridation entre pas mal de formes de commerce
00:57qui n'avait pas de nom spécifique, c'est pour ça qu'on a choisi de le nommer,
01:01c'est-à-dire que c'est quelque chose qui est assis à la fois entre le commerce de proximité,
01:05le retail park, le centre commercial avec une offre large, le commerce de pied d'immeuble.
01:13Avec un loyer qui se rapproche de qui là-dedans ?
01:16Alors c'est pas tant que le loyer, c'est-à-dire qu'on cherche à avoir le loyer le
01:20plus modéré possible
01:21de manière à fournir de l'accessibilité à nos clients, à nos enseignes et ensuite à nos consommateurs.
01:28Mais ce qui est important dans ce concept, c'est le fait que c'est symptomatique de ce qu'on
01:32appelle
01:33l'immobilier en mouvement.
01:34L'immobilier comme patamoudlé, quelque chose qu'on doit travailler,
01:38quelque chose qui ne doit pas être considéré comme un objet figé, immuable dans le temps.
01:42Et ça, c'est vraiment nouveau dans l'approche de l'immobilier, en particulier commercial.
01:46Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire quand vous dites l'immobilier comme de la patamoulaise ?
01:49C'est-à-dire que le taux de vacances n'est plus un problème majeur ?
01:53On fait valser des enseignes quand ça ne va pas ?
01:55On fait des expériences clients nouvelles pour les faire venir ?
01:59Qu'est-ce que vous mettez derrière ce terme ?
02:00Ça veut dire que si vous considérez uniquement le lieu et l'objet comme quelque chose de figé dans le
02:07temps,
02:07vous n'allez pas pouvoir vous adapter à des cycles de consommation qui sont de plus en plus courts
02:11et de plus en plus changeants.
02:14Et de manière à adapter votre produit, la boîte dans laquelle on place tout ça,
02:19vous avez besoin de pousser les murs, de déplacer les canons de votre immobilier
02:26de manière à l'adapter à cette consommation.
02:28Et en fait, on le voit dans pas mal d'autres secteurs.
02:30On se dit que, par exemple, le musée est la quintessence de la chose immuable.
02:34Et pourtant, en fait, les directeurs des musées nationaux vous diront qu'on a besoin aussi de pousser les murs,
02:39de s'adapter, de se transformer de manière à rester dans le temps.
02:42C'est-à-dire qu'il faut faire quand même changer les enseignes régulièrement ?
02:45Que dès qu'il y a un petit moins, il faut évoluer ?
02:48Qu'est-ce qui marche là, ces derniers temps ?
02:50Il faut fournir aux consommateurs un tout et aujourd'hui, il veut tout en même temps.
02:55Il est très exigeant.
02:56Il veut à la fois de l'accessibilité physique, il veut de l'accessibilité prix,
03:01de ce qu'on appelle le « everyday low price », mais il veut de l'offre.
03:04Donc, c'est pas que le discount qui est plutôt court en termes d'offres.
03:07Il veut aussi des enseignes qui le plébiscitent, les enseignes préférées des Français.
03:11Il y en a à peu près 80.
03:13Et quand vous rassemblez tout ça sous un même toit,
03:15vous arrivez aujourd'hui à répondre à une demande même contrainte.
03:19– Ça veut dire qu'il vous faut du action, du normal,
03:22mais à côté des marques premium et réussir à mélanger tout ça ?
03:25– C'est cette combinaison et cette alchimie qui fait la force de nos sites.
03:29– Quand on regarde les chiffres de la consommation,
03:32je le disais en ouverture, sur le non-alimentaire,
03:34on voit déjà l'impact sur la France du conflit au Moyen-Orient
03:38avec une consommation qui baisse de 2% par rapport à l'année dernière en mars.
03:42Quand on regarde vos chiffres à vous, qui ont été publiés là pour le premier trimestre,
03:45vous êtes un groupe coté, c'est pas ce qu'on voit.
03:47Vous, vous avez une fréquentation des sites qui progresse de quasiment 4%,
03:52un chiffre d'affaires également en progrès.
03:54Vous ne voyez pas, vous, pour l'instant, une sorte de crise de la consommation arriver ?
03:58– Ce qui est intéressant dans notre métier, c'est qu'on est proche des consommateurs,
04:02donc on est proche des signaux faibles de la consommation.
04:05Ce qu'on voit, c'est une rationalisation des modalités de consommation
04:08qui est vraisemblablement due à l'augmentation du prix de l'essence.
04:12Mais à partir du moment, comme je le disais tout à l'heure,
04:14où on offre aux consommateurs la possibilité de venir chez nous et de tout faire en même temps,
04:19il a une option et une possibilité d'optimiser sa dépense de déplacement.
04:25– Quelle est l'enseigne aujourd'hui dont on ne peut pas se passer quand on a un centre commercial
04:29?
04:29– Nous, ce qu'on dit, c'est qu'il n'y en a pas.
04:31En fait, c'est la somme de toutes les enseignes que j'ai décrites
04:34comme étant les préférées des Français.
04:36En anglais, on dirait « top of mind », qui fait la force d'un site.
04:40Mais si vous avez une seule enseigne, elle ne saura pas résister à la tendance de manière globale.
04:45Donc vous avez besoin de cette alchimie.
04:48C'est aussi une protection pour l'actionnaire,
04:50parce que c'est une diversification de votre risque.
04:53Si vous dépendez d'une seule enseigne,
04:56vous risquez d'avoir des à-coups sur votre profil de revenu récurrent.
05:00– Sachant qu'il faut quand même, au sein de ces centres, un hypermarché.
05:04Ça reste toujours la clé.
05:08Alors, au départ, vous étiez avec Casino,
05:09maintenant vous êtes avec n'importe quelle marque.
05:12Mais ça reste la clé quand même du centre commercial.
05:14– L'offre alimentaire fait partie de la composante
05:17de ce que le Français attend dans le 20-80 de sa consommation du quotidien.
05:22Donc on a besoin d'avoir une offre.
05:24En France, le spécialiste reconnu de la distribution alimentaire,
05:29c'est encore l'hypermarché.
05:31Donc avoir un hypermarché est évidemment un plus.
05:33– De vous ouvrir un nouveau concept de centre commercial,
05:36c'est à Nîmes, le Shop Park Cap Costière.
05:39C'est son nom.
05:41Qu'est-ce qu'il représente dans la nouvelle offre du centre commercial ?
05:45Qu'est-ce qu'il a d'innovant ?
05:46– C'est la synthèse de ce que je viens de vous dire.
05:49C'est-à-dire qu'on a travaillé, remodelé notre patrimoine,
05:53qu'on a recentré aussi sur des zones géographiques spécifiques.
05:58Notre métier, c'est la sélectivité de patrimoine.
06:01Et c'est aussi ce travail, ce savoir-faire de transformation
06:04pour rassembler ces canons de la performance
06:08au sein d'un même centre commercial.
06:10Et Shop Park, on est l'image, la représentation.
06:14– Mais qu'est-ce qu'il y a concrètement ?
06:15C'est-à-dire qu'il y a des aires de jeu ?
06:17Il y a des activités ? Il y a quoi ?
06:19Il a des éléments pour le loisir, il a cette profondeur d'offres.
06:25On a une centaine d'enseignes, il n'y a pas besoin d'en avoir trop.
06:28Ce qu'il faut avoir, c'est les justes enseignes, la bonne taille.
06:31C'est un site aussi qui a évolué énormément.
06:34Il a subi quatre transformations.
06:36Son hypermarché a été complètement transformé.
06:38On a vu qu'il y avait un problème et une forme de crise
06:42sur l'hypermarché, en particulier sur sa partie non alimentaire.
06:46On a découpé les surfaces pour apporter une nouvelle offre.
06:50Et en fait, tous ces éléments de transformation,
06:53on les voit et ils s'expriment au travers du concept Shop Park.
06:56– Avec un espace de co-working aussi ?
06:58– Alors, on a aussi à partir du co-working,
07:01parce qu'on avait des espaces dans les étages qui étaient inutilisés,
07:05un louable, un commerce traditionnel.
07:07Et comme on a vu qu'on avait beaucoup de consommateurs
07:10qui venaient à nous, en particulier depuis leur villégiature périurbaine,
07:16on s'est dit, on va leur proposer des espaces de travail proches de chez eux.
07:19– Votre taux de vacances, il est de combien chez vous ?
07:22Et à quel point le prêt-à-porter a subi une crise
07:26qui peut-être aujourd'hui est en train d'évoluer
07:29avec d'autres marques qui remplacent les enseignes de prêt-à-porter en difficulté ?
07:32– Alors, chez Mercialis, le taux de vacances reste à un niveau extrêmement faible.
07:35On est autour de 2%, c'est-à-dire 98% de taux d'occupation sur nos sites,
07:40c'est relativement constant.
07:42C'est lié à la diversification dont je vous parlais,
07:44à l'anticipation des phénomènes de polarisation.
07:47C'est-à-dire que ce qui se produit sur le secteur du textile,
07:50c'est une attrition du secteur avec des Français
07:53qui se tournent majoritairement vers un petit nombre d'enseignes.
07:56Donc, beaucoup d'autres enseignes sont abandonnées
07:59et ont des difficultés que l'on peut lire dans la presse.
08:02– Mais là, vous voyez qu'il y a un changement,
08:05c'est-à-dire qu'il y a eu la disparition des camailleux, des naf-naf
08:07et tout ça dans les galeries commerciales.
08:09Vous les voyez là être remplacés par autre chose ?
08:12– Non seulement on les voit, mais on le fait.
08:14C'est-à-dire que c'est notre travail de faire ce remplacement
08:17et cette sélectivité, et c'est aussi sûrement
08:19parce qu'on fait ce travail-là qu'on a une vacance qui est plus faible.
08:23On parle beaucoup de la vacance dans les centres-villes.
08:25Peut-être que c'est quelque chose dont il faut s'inspirer
08:27comme recette pour faire évoluer la situation.
08:30– Vous dites qu'on a dérisqué notre profil
08:32en étant plus dépendant qu'une seule enseigne alimentaire,
08:35donc c'est Casino.
08:36Désormais vous avez toute autre enseigne.
08:37Maintenant, il faut le dérisquer, la France.
08:39On parlait des États-Unis il y a quelques instants.
08:42On voit par exemple que Unibail, Rodemco, Westfield
08:44est très présent aux États-Unis.
08:45Est-ce que vous, vous y pensez aux États-Unis ?
08:48– Les perturbations qu'il y a pu avoir au niveau politique français
08:53ont détourné une partie des investisseurs internationaux
08:56des sociétés comme nous, des sociétés purement françaises.
09:00Et donc, de manière à pouvoir éviter des effets de cycle,
09:04en particulier dans un contexte politique assez animé l'année prochaine,
09:09on envisage la possibilité de se diversifier géographiquement.
09:14– Donc d'aller à l'international, mais aux États-Unis par exemple ou pas ?
09:17– Non, si on doit aller à l'international,
09:19on ira dans des pays limitrophes de la France.
09:21– Ou rester en Europe.
09:22– Des endroits ou sur des territoires qu'on connaît.
09:24– Sous-titrage Société Radio-Canada
09:24– Sous-titrage Société Radio-Canada
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