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  • il y a 2 minutes
Vincent Ravat, directeur général de Mercialys, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mercredi 29 avril. Il met en avant les avantages du shopping park, un modèle de commerce entre le centre commercial et le retail park, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Notre invité c'est Vincent Rava, bonjour, vous êtes le directeur général de Mercialis.
00:03Mercialis c'est l'ancienne foncière de Casino, vous êtes totalement indépendant depuis 2022,
00:08vous possédez une trentaine de centres commerciaux, 700 000 m2 de commerce en France.
00:13Alors vous ne dites pas centres commerciaux et c'est important, ça a l'air d'un détail,
00:16mais vous dites vous shopping park, ça fait partie de votre modèle hybride
00:21entre le centre commercial et le retail park, ça a l'air d'un détail,
00:24mais c'est fondamental cette différence chez vous.
00:28Effectivement c'est fondamental parce que c'est la synthèse de notre adaptation
00:33à l'évolution des usages de consommation, le travail de transformation qu'on a réalisé sur notre patrimoine
00:39qui nous permet aujourd'hui d'afficher des performances qui sont bonnes,
00:43voire très bonnes par rapport à la moyenne et par rapport à l'ambiance économique générale.
00:48Mais c'est quoi la différence entre un shopping park et un centre commercial classique ?
00:52Sa différence c'est que c'est, vous l'avez dit, une hybridation entre pas mal de formes de commerce
00:57qui n'avait pas de nom spécifique, c'est pour ça qu'on a choisi de le nommer,
01:01c'est-à-dire que c'est quelque chose qui est assis à la fois entre le commerce de proximité,
01:05le retail park, le centre commercial avec une offre large, le commerce de pied d'immeuble.
01:13Avec un loyer qui se rapproche de qui là-dedans ?
01:16Alors c'est pas tant que le loyer, c'est-à-dire qu'on cherche à avoir le loyer le
01:20plus modéré possible
01:21de manière à fournir de l'accessibilité à nos clients, à nos enseignes et ensuite à nos consommateurs.
01:28Mais ce qui est important dans ce concept, c'est le fait que c'est symptomatique de ce qu'on
01:32appelle
01:33l'immobilier en mouvement.
01:34L'immobilier comme patamoudlé, quelque chose qu'on doit travailler,
01:38quelque chose qui ne doit pas être considéré comme un objet figé, immuable dans le temps.
01:42Et ça, c'est vraiment nouveau dans l'approche de l'immobilier, en particulier commercial.
01:46Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire quand vous dites l'immobilier comme de la patamoulaise ?
01:49C'est-à-dire que le taux de vacances n'est plus un problème majeur ?
01:53On fait valser des enseignes quand ça ne va pas ?
01:55On fait des expériences clients nouvelles pour les faire venir ?
01:59Qu'est-ce que vous mettez derrière ce terme ?
02:00Ça veut dire que si vous considérez uniquement le lieu et l'objet comme quelque chose de figé dans le
02:07temps,
02:07vous n'allez pas pouvoir vous adapter à des cycles de consommation qui sont de plus en plus courts
02:11et de plus en plus changeants.
02:14Et de manière à adapter votre produit, la boîte dans laquelle on place tout ça,
02:19vous avez besoin de pousser les murs, de déplacer les canons de votre immobilier
02:26de manière à l'adapter à cette consommation.
02:28Et en fait, on le voit dans pas mal d'autres secteurs.
02:30On se dit que, par exemple, le musée est la quintessence de la chose immuable.
02:34Et pourtant, en fait, les directeurs des musées nationaux vous diront qu'on a besoin aussi de pousser les murs,
02:39de s'adapter, de se transformer de manière à rester dans le temps.
02:42C'est-à-dire qu'il faut faire quand même changer les enseignes régulièrement ?
02:45Que dès qu'il y a un petit moins, il faut évoluer ?
02:48Qu'est-ce qui marche là, ces derniers temps ?
02:50Il faut fournir aux consommateurs un tout et aujourd'hui, il veut tout en même temps.
02:55Il est très exigeant.
02:56Il veut à la fois de l'accessibilité physique, il veut de l'accessibilité prix,
03:01de ce qu'on appelle le « everyday low price », mais il veut de l'offre.
03:04Donc, c'est pas que le discount qui est plutôt court en termes d'offres.
03:07Il veut aussi des enseignes qui le plébiscitent, les enseignes préférées des Français.
03:11Il y en a à peu près 80.
03:13Et quand vous rassemblez tout ça sous un même toit,
03:15vous arrivez aujourd'hui à répondre à une demande même contrainte.
03:19– Ça veut dire qu'il vous faut du action, du normal,
03:22mais à côté des marques premium et réussir à mélanger tout ça ?
03:25– C'est cette combinaison et cette alchimie qui fait la force de nos sites.
03:29– Quand on regarde les chiffres de la consommation,
03:32je le disais en ouverture, sur le non-alimentaire,
03:34on voit déjà l'impact sur la France du conflit au Moyen-Orient
03:38avec une consommation qui baisse de 2% par rapport à l'année dernière en mars.
03:42Quand on regarde vos chiffres à vous, qui ont été publiés là pour le premier trimestre,
03:45vous êtes un groupe coté, c'est pas ce qu'on voit.
03:47Vous, vous avez une fréquentation des sites qui progresse de quasiment 4%,
03:52un chiffre d'affaires également en progrès.
03:54Vous ne voyez pas, vous, pour l'instant, une sorte de crise de la consommation arriver ?
03:58– Ce qui est intéressant dans notre métier, c'est qu'on est proche des consommateurs,
04:02donc on est proche des signaux faibles de la consommation.
04:05Ce qu'on voit, c'est une rationalisation des modalités de consommation
04:08qui est vraisemblablement due à l'augmentation du prix de l'essence.
04:12Mais à partir du moment, comme je le disais tout à l'heure,
04:14où on offre aux consommateurs la possibilité de venir chez nous et de tout faire en même temps,
04:19il a une option et une possibilité d'optimiser sa dépense de déplacement.
04:25– Quelle est l'enseigne aujourd'hui dont on ne peut pas se passer quand on a un centre commercial
04:29?
04:29– Nous, ce qu'on dit, c'est qu'il n'y en a pas.
04:31En fait, c'est la somme de toutes les enseignes que j'ai décrites
04:34comme étant les préférées des Français.
04:36En anglais, on dirait « top of mind », qui fait la force d'un site.
04:40Mais si vous avez une seule enseigne, elle ne saura pas résister à la tendance de manière globale.
04:45Donc vous avez besoin de cette alchimie.
04:48C'est aussi une protection pour l'actionnaire,
04:50parce que c'est une diversification de votre risque.
04:53Si vous dépendez d'une seule enseigne,
04:56vous risquez d'avoir des à-coups sur votre profil de revenu récurrent.
05:00– Sachant qu'il faut quand même, au sein de ces centres, un hypermarché.
05:04Ça reste toujours la clé.
05:08Alors, au départ, vous étiez avec Casino,
05:09maintenant vous êtes avec n'importe quelle marque.
05:12Mais ça reste la clé quand même du centre commercial.
05:14– L'offre alimentaire fait partie de la composante
05:17de ce que le Français attend dans le 20-80 de sa consommation du quotidien.
05:22Donc on a besoin d'avoir une offre.
05:24En France, le spécialiste reconnu de la distribution alimentaire,
05:29c'est encore l'hypermarché.
05:31Donc avoir un hypermarché est évidemment un plus.
05:33– De vous ouvrir un nouveau concept de centre commercial,
05:36c'est à Nîmes, le Shop Park Cap Costière.
05:39C'est son nom.
05:41Qu'est-ce qu'il représente dans la nouvelle offre du centre commercial ?
05:45Qu'est-ce qu'il a d'innovant ?
05:46– C'est la synthèse de ce que je viens de vous dire.
05:49C'est-à-dire qu'on a travaillé, remodelé notre patrimoine,
05:53qu'on a recentré aussi sur des zones géographiques spécifiques.
05:58Notre métier, c'est la sélectivité de patrimoine.
06:01Et c'est aussi ce travail, ce savoir-faire de transformation
06:04pour rassembler ces canons de la performance
06:08au sein d'un même centre commercial.
06:10Et Shop Park, on est l'image, la représentation.
06:14– Mais qu'est-ce qu'il y a concrètement ?
06:15C'est-à-dire qu'il y a des aires de jeu ?
06:17Il y a des activités ? Il y a quoi ?
06:19Il a des éléments pour le loisir, il a cette profondeur d'offres.
06:25On a une centaine d'enseignes, il n'y a pas besoin d'en avoir trop.
06:28Ce qu'il faut avoir, c'est les justes enseignes, la bonne taille.
06:31C'est un site aussi qui a évolué énormément.
06:34Il a subi quatre transformations.
06:36Son hypermarché a été complètement transformé.
06:38On a vu qu'il y avait un problème et une forme de crise
06:42sur l'hypermarché, en particulier sur sa partie non alimentaire.
06:46On a découpé les surfaces pour apporter une nouvelle offre.
06:50Et en fait, tous ces éléments de transformation,
06:53on les voit et ils s'expriment au travers du concept Shop Park.
06:56– Avec un espace de co-working aussi ?
06:58– Alors, on a aussi à partir du co-working,
07:01parce qu'on avait des espaces dans les étages qui étaient inutilisés,
07:05un louable, un commerce traditionnel.
07:07Et comme on a vu qu'on avait beaucoup de consommateurs
07:10qui venaient à nous, en particulier depuis leur villégiature périurbaine,
07:16on s'est dit, on va leur proposer des espaces de travail proches de chez eux.
07:19– Votre taux de vacances, il est de combien chez vous ?
07:22Et à quel point le prêt-à-porter a subi une crise
07:26qui peut-être aujourd'hui est en train d'évoluer
07:29avec d'autres marques qui remplacent les enseignes de prêt-à-porter en difficulté ?
07:32– Alors, chez Mercialis, le taux de vacances reste à un niveau extrêmement faible.
07:35On est autour de 2%, c'est-à-dire 98% de taux d'occupation sur nos sites,
07:40c'est relativement constant.
07:42C'est lié à la diversification dont je vous parlais,
07:44à l'anticipation des phénomènes de polarisation.
07:47C'est-à-dire que ce qui se produit sur le secteur du textile,
07:50c'est une attrition du secteur avec des Français
07:53qui se tournent majoritairement vers un petit nombre d'enseignes.
07:56Donc, beaucoup d'autres enseignes sont abandonnées
07:59et ont des difficultés que l'on peut lire dans la presse.
08:02– Mais là, vous voyez qu'il y a un changement,
08:05c'est-à-dire qu'il y a eu la disparition des camailleux, des naf-naf
08:07et tout ça dans les galeries commerciales.
08:09Vous les voyez là être remplacés par autre chose ?
08:12– Non seulement on les voit, mais on le fait.
08:14C'est-à-dire que c'est notre travail de faire ce remplacement
08:17et cette sélectivité, et c'est aussi sûrement
08:19parce qu'on fait ce travail-là qu'on a une vacance qui est plus faible.
08:23On parle beaucoup de la vacance dans les centres-villes.
08:25Peut-être que c'est quelque chose dont il faut s'inspirer
08:27comme recette pour faire évoluer la situation.
08:30– Vous dites qu'on a dérisqué notre profil
08:32en étant plus dépendant qu'une seule enseigne alimentaire,
08:35donc c'est Casino.
08:36Désormais vous avez toute autre enseigne.
08:37Maintenant, il faut le dérisquer, la France.
08:39On parlait des États-Unis il y a quelques instants.
08:42On voit par exemple que Unibail, Rodemco, Westfield
08:44est très présent aux États-Unis.
08:45Est-ce que vous, vous y pensez aux États-Unis ?
08:48– Les perturbations qu'il y a pu avoir au niveau politique français
08:53ont détourné une partie des investisseurs internationaux
08:56des sociétés comme nous, des sociétés purement françaises.
09:00Et donc, de manière à pouvoir éviter des effets de cycle,
09:04en particulier dans un contexte politique assez animé l'année prochaine,
09:09on envisage la possibilité de se diversifier géographiquement.
09:14– Donc d'aller à l'international, mais aux États-Unis par exemple ou pas ?
09:17– Non, si on doit aller à l'international,
09:19on ira dans des pays limitrophes de la France.
09:21– Ou rester en Europe.
09:22– Des endroits ou sur des territoires qu'on connaît.
09:24– Sous-titrage Société Radio-Canada
09:24– Sous-titrage Société Radio-Canada
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