- il y a 2 jours
La vie d'Antoine a été marquée par une enfance instable, entre violences psychologiques, absence de repères et climat familial destructeur. Très jeune, il grandit dans un environnement où la peur, la tension et le silence prennent le dessus sur l’amour et le dialogue. Entre un père instable, sujet à des troubles bipolaires, et une mère en quête de survie, il apprend à se construire seul, souvent dans la douleur et l’incompréhension.
À l’adolescence, Antoine bascule progressivement dans des comportements à risque, cherchant à combler un vide affectif profond. Mauvaises fréquentations, rejet de l’autorité, quête d’identité : son parcours reflète celui de nombreux jeunes confrontés à des traumatismes non exprimés. Le moment clé de sa vie survient lorsque son père tente de t*er sa mère, un événement brutal qui vient bouleverser définitivement son équilibre déjà fragile. Entre colère, incompréhension et conflit intérieur, Antoine entame alors un long combat psychologique pour comprendre, accepter et avancer.
Aujourd’hui, il incarne une forme de résilience. Malgré les blessures, il choisit de se reconstruire, de se faire accompagner et de transformer son vécu en force. Son témoignage est une plongée sincère dans les réalités de la violence familiale, de la santé mentale et de la reconstruction personnelle. Une histoire forte, inspirante et essentielle pour sensibiliser et rappeler qu’il est toujours possible de se relever, même après les épreuves les plus sombres.
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À l’adolescence, Antoine bascule progressivement dans des comportements à risque, cherchant à combler un vide affectif profond. Mauvaises fréquentations, rejet de l’autorité, quête d’identité : son parcours reflète celui de nombreux jeunes confrontés à des traumatismes non exprimés. Le moment clé de sa vie survient lorsque son père tente de t*er sa mère, un événement brutal qui vient bouleverser définitivement son équilibre déjà fragile. Entre colère, incompréhension et conflit intérieur, Antoine entame alors un long combat psychologique pour comprendre, accepter et avancer.
Aujourd’hui, il incarne une forme de résilience. Malgré les blessures, il choisit de se reconstruire, de se faire accompagner et de transformer son vécu en force. Son témoignage est une plongée sincère dans les réalités de la violence familiale, de la santé mentale et de la reconstruction personnelle. Une histoire forte, inspirante et essentielle pour sensibiliser et rappeler qu’il est toujours possible de se relever, même après les épreuves les plus sombres.
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PersonnesTranscription
00:00C'est à ce moment-là que mon père a décidé d'en finir avec ma mère en fait.
00:03Elle est allée monter dans son véhicule et lui l'a tiré dessus à deux reprises.
00:06Ma soeur m'appelle et me dit en fait que mon père est en délit de fuite,
00:09mais sans savoir si ma mère allait bien.
00:12Mes parents se sont rencontrés très jeunes, notamment ma mère était très très jeune.
00:15Elle s'est mariée très jeune, il y a une vingtaine d'années.
00:17Mon père était beaucoup plus âgé, ils ont 9-10 ans d'écart.
00:20Donc forcément, il y a eu quelque chose qui a été rompu.
00:24Je pense que ma mère n'a pas vécu la jeunesse qu'elle a eue.
00:26Je ne voyais pas d'amour entre mes parents.
00:28Concrètement, je voyais deux personnes qui habitaient ensemble,
00:31deux personnes qui cohabitaient.
00:33Je pense qu'ils se sont aimés et qu'à partir du moment où ils ont eu des enfants,
00:36ils ont décidé de rester ensemble pour les enfants et pas pour leur couple.
00:40Ça a commencé par des petites disputes.
00:42Il y a eu des excès de violence de la part de mon père aussi.
00:46En fait, ça a commencé plutôt verbalement.
00:49C'est plus de la persécution morale et mentale de « tu ne fais pas ça, tu ne sors pas,
00:53tu ne bouges pas,
00:54tu t'habilles comme ça, si tu t'habilles comme ça, tu es comme ça ».
00:57C'était vraiment de l'oppression.
00:58Après tout ce qu'il s'agit de coups, je n'en ai jamais réellement vu.
01:01Moi, j'en ai perçu, j'en ai reçu.
01:03C'était des coups, des bons coups.
01:06Tu te demandes pourquoi tant de violences en vérité ?
01:07Pourquoi tant de violences sachant que toi, en tant qu'enfant, tu ne peux qu'encaisser,
01:12tu ne peux pas te rebeller.
01:12Si tu te rebelles, c'est encore mort.
01:14C'est foutu en fait.
01:15C'est risqué même à ce moment-là.
01:17Donc, il vaut mieux prendre sur soi et se protéger et attendre que ça passe.
01:20Mais au fur et à mesure des années, en fait, on s'est rendu compte que ce n'était pas
01:24propre à sa personne.
01:25C'était vraiment une maladie qui était déclenchée chez lui.
01:27C'était la bipolarité excessive.
01:29Donc, cache-t-on énormément.
01:32Il a été en hôpital psychiatrique.
01:34Donc là aussi, j'étais enfant.
01:36Donc, on passait le mercredi ou le samedi à aller le voir dans ce cadre-là.
01:40Tu vois, ce n'était pas forcément quelque chose d'assez bon pour se construire.
01:44Mon père changeait de personnalité, je pense.
01:47Ça pouvait varier du lundi au mardi.
01:48Lundi, c'est blanc.
01:49Mardi, c'est noir.
01:50Mercredi, ça va redevenir blanc.
01:51Et ainsi de suite, il va y avoir des incohérences.
01:53En gros, c'est comme ça qu'il vivait.
01:55J'ai vu ma mère se réfugier des heures devant un ordinateur, devant des jeux, avec ses copines.
02:00Alors que mon père, lui, il vaquait à ses occupations.
02:03Il travaillait beaucoup.
02:03Il n'était pas forcément à la maison.
02:05Mon père a toujours été passionné par les armes à feu.
02:08Il faisait de la chasse quand il était jeune.
02:09Donc, il a très vite débloqué certains accès rapides aux armes.
02:14Il avait une panoplie, une bonne panoplie d'armes à feu.
02:17C'était à la maison.
02:18Je me voyais, moi, j'étais jeune.
02:20Je crois que j'avais 5-6 ans.
02:22Je savais déjà tirer.
02:23Je crois que c'est depuis que j'ai eu l'âge de marcher, en fait.
02:26J'ai eu l'accessibilité aux armes directement.
02:29Donc, c'était tout ce qui est fusil, armes de poing.
02:33Notamment, même recharger, décharger, manipuler.
02:35Il m'a très vite appris à manipuler et me servir des armes à feu.
02:38Ils étaient cachés.
02:39Ils étaient dans le garage au fond.
02:40Je savais où ils étaient.
02:41Des fois, je jouais avec les plombs, les trucs, les scils et ça.
02:44Une fois, on habitait une maison de campagne.
02:47Un grand jardin.
02:48Il y avait des animaux.
02:49Je crois que c'était des vaches à l'époque.
02:50Il y avait un voisin qui passait.
02:52Mon père n'était pas d'accord qu'il s'approche trop près de la maison, du grillage.
02:56Du coup, il a chargé le fusil.
02:58Il lui a tiré dessus, mais un peu plus en hauteur.
03:00Il se tient que ça frôle un peu son corps.
03:03Ça lui a valu des problèmes, tu vois.
03:06Mais il faisait ça pour dire, dégage.
03:07Oui, j'ai grandi dans un contexte, on va dire, d'hyper-virilité.
03:11Mais ce n'était pas un bon exemple, en vrai.
03:15Pas du tout.
03:16Tu vois, aujourd'hui, moi, je suis un homme et je sais parfois pleurer.
03:18Tu vois ce que je veux dire ?
03:19Alors que lui, je ne pense pas.
03:20Pleurer, je pense que c'est un acte d'infériorité.
03:24Il y a toujours ce truc de soit tu es au-dessus, soit tu es au-dessous.
03:27Un homme, ça ne pleure pas normalement.
03:28C'est ça, en gros.
03:29Alors que moi, je suis un homme sensible, en vrai.
03:31Dans le fond, être un homme, être une femme, on s'en fout de ça, en vrai.
03:35C'est être humain avant tout, tu vois.
03:36Il n'y a pas de différence.
03:37Moi, je connais des femmes aujourd'hui qui peuvent faire plus de mal à certains que des hommes, tu vois.
03:42Je n'arrivais pas à m'exprimer vraiment avec mes parents.
03:45Même à l'heure actuelle, c'est compliqué d'échanger, d'avoir un bon dialogue et tout.
03:49Mais il n'y avait pas cet échange que tant d'enfants de ce monde rêvent d'avoir avec leurs
03:53parents.
03:53Il y a écouter, il y a entendre.
03:55C'est des choses vraiment différentes.
03:56Quand tu dis à tes parents, ça ne va pas et qu'ils vont te dire, ce n'est pas
03:59grave ou ça ira.
04:00Mais sans aller au fanfond du truc, c'est compliqué.
04:02Ça a toujours été dessus, quoi.
04:04Lorsque ma mère a demandé le divorce, mon père n'a pas du tout apprécié.
04:09En fait, c'est là où tout a démarré, en fait.
04:11Ce qui s'est passé avant, c'était vraiment...
04:13Elle a demandé le divorce, donc pour lui, c'était un échec, tu vois.
04:16Son égo, qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi tu me fais ça ?
04:19Qu'est-ce que les autres vont me penser ?
04:20Qu'est-ce que je vais faire ? Qu'est-ce que je vais devenir ?
04:22Il est tombé en dépression et il a quand même laissé ma mère partir, trouver un appartement.
04:26Elle lui a trouvé un appartement aussi.
04:27Et à partir du moment où il est arrivé dans cet appartement, moi, j'ai des très mauvais souvenirs.
04:31J'avais 12, 13 ans, 13 ans à peu près.
04:34J'ai des mauvais souvenirs, de mauvaise ambiance de là-bas, de comment il était, de la personne qu'il
04:39était,
04:39de comment il était en train de sombrer un peu, de se décomposer, de devenir une mauvaise âme.
04:44Et on y allait un week-end sur deux au début.
04:47Moi, je n'appréciais pas du tout d'y aller.
04:49C'est-à-dire que j'arrivais là-bas le vendredi ce soir, je me mettais devant la télé,
04:52et je repartis le dimanche soir au même endroit où j'étais arrivé.
04:54On ne bougeait pas.
04:55Moi, c'était un père en difficulté.
04:57Et qui, à ce moment-là, je suppose, il consommait beaucoup d'alcool la semaine quand on n'était pas
05:02là.
05:02Moi, je ne sais pas ce qu'il faisait la semaine.
05:04Après qu'ils aient divorcé, je n'avais pas trop envie de côtoyer mon père.
05:06J'y allais quand même parce qu'il y avait ma sœur.
05:08Donc, je suivais ma sœur.
05:09Et ma sœur a commencé à faire sa vie.
05:11Il est devenu jeune adulte.
05:13Moi, je me suis retrouvé pendant plusieurs mois, même années, je crois, à y aller tout seul, à me retrouver
05:18tout seul avec mon père.
05:19Là, c'était catastrophique.
05:21Il n'y avait rien.
05:21Il n'y avait pas d'échange.
05:22On était ensemble, mais il n'y avait rien.
05:24Pour moi, il était absent.
05:25Autour de lui, il y avait pas mal de mauvaises choses.
05:28Il s'est fait voler de l'argent par x ou tiers personnes.
05:31Donc, il est rentré dans un système qui ne lui était pas favorable.
05:34Pendant que ma mère, elle, à contrario, essayait de s'en sortir.
05:37Ma mère, elle a toujours eu, comment on dit, un mental de combattante.
05:42Elle a très vite monté des entreprises.
05:44Elle est très vite partie dans toute la France, en déplacement.
05:47Elle faisait ça pour nous, pour nous sauver.
05:49Mais ça s'est parié qu'un fossé s'est creusé entre moi, mon père, ma sœur et ma mère.
05:55Je me suis retrouvé très vite indépendant.
05:58Je me suis senti énormément délaissé, en fait, par ma famille.
06:01Ça a été très intense à vivre.
06:04Et donc, les échecs, échecs scolaires sur échecs scolaires, mauvaises notes, mauvais comportements.
06:09Je commençais à traîner, je commençais à fumer.
06:11Pour fumer, il fallait du lait.
06:12Et pour du lait, on allait voir des mauvaises fréquentations.
06:15Donc, en fait, ça ne faisait que monter, monter, monter.
06:18Et plus on avançait.
06:18On va dire, je me suis retrouvé dans ça, en fait.
06:21J'étais un enfant qui était très compliqué, difficile à vivre.
06:25J'avais tiré un signal d'alarme, mais que personne n'a pu entendre.
06:30Et voilà, moi, j'étais tout seul chez moi.
06:31Donc, je suis tombé dans l'argent facile.
06:33Et l'argent facile, c'est facile, très facile.
06:36Et voilà, on commençait à en avoir certaines quantités.
06:39C'était cool.
06:40Je crois que j'avais 14, 15 ans, on pouvait s'acheter une dernière paire de Nike sans forcément demander
06:45aux parents, tu vois.
06:46Mais j'avais quand même un toit, j'avais quand même de la nourriture.
06:48Ma mère essayait de remplir le frigo à distance.
06:50Elle n'était pas forcément présente.
06:52Et au final, c'est révélateur.
06:53On m'apprend énormément de soi.
06:55On fait des erreurs, beaucoup de camarades.
06:56La musique, à ce moment-là, on commençait à faire des petits open mics à droite, à gauche.
07:00On était jeunes, tu vois.
07:01On montait sur scène, on faisait de la musique, on faisait des trucs comme ça, on bougeait.
07:04Émotionnellement, c'était dur.
07:05On a commencé à fumer très, très jeunes.
07:06Justement, je pense qu'on cherche à combler un manque par la consommation excessive, à chercher ses limites, en fait.
07:14J'ai toujours été dans ce rapport de force, rapport conflictuel avec les autres.
07:17Tu ne me baisses pas, tu ne fais pas ça, sinon je te baise.
07:20Tu vois ce que je veux dire ?
07:20C'est complètement con.
07:21Mais c'est comme ça que j'ai grandi, c'est comme ça que j'ai été éduqué.
07:24Et c'est comme ça, il fallait que je prouve que j'étais là, quoi.
07:27Il fallait impérativement montrer que tu avais une paire de couilles, en fait.
07:30J'étais réfractaire à l'autorité, que ce soit scolaire ou police, gendarmerie, etc.
07:35Et c'est une période où je commençais à me construire.
07:39Je devais reprendre les cours au mois de septembre.
07:41Et au mois d'août, c'est à ce moment-là que mon père a décidé d'en finir avec
07:45ma mère, en fait.
07:46À la période où j'essayais de construire ma propre vie, quoi, tu vois, indépendamment.
07:51La veille, j'étais sorti, donc je me réveille un peu tard.
07:54J'entends deux coups de feu.
07:56Il y avait des artistes de rue à l'époque, pendant cette période.
07:59Et je n'avais pas compris ce qui se passait.
08:03Pour moi, c'était les gens de l'extérieur qui faisaient péter des pétards, quoi, là, là.
08:06Donc, coup de feu, j'entends deux coups de fusil.
08:09Donc, je me dis, bon, à ce moment-là, je m'endors.
08:11Genre quoi, une heure après, ou deux heures après, je crois qu'il était 14 heures,
08:14je reçois un appel de la gendarmerie.
08:16Et ils me disent, sortez pas de chez vous, votre père a tué votre mère, en fait.
08:23Du coup, je comprends pas, je reste un peu abastrodi.
08:26Peu de temps après cet appel, ma sœur m'appelle et me dit, en fait,
08:29que mon père est en délit de fuite et qu'il a tiré sur ma mère,
08:32mais sans savoir si ma mère allait bien.
08:34À ce moment-là, j'habitais dans la même maison que ma mère,
08:37mais ça s'est passé à l'extérieur du domicile, devant la porte.
08:40Il est arrivé à 7 heures du matin.
08:41Il est descendu en bas de la rue, il a sorti son fusil et il attendait.
08:45Il a attendu de 7 heures à midi, c'était à midi que ça s'est passé.
08:49Donc, ma mère est sortie, elle est montée dans son véhicule.
08:52Elle est partie faire des courses, quoi.
08:53Et donc, elle est descendue de la rue et lui, il a tiré dessus à deux reprises.
08:57Donc, elle a été touchée, les vitres ont été explosées.
09:00Physiquement, elle a été atteinte par les plombs, par les éclats de verre et tout.
09:04Donc, elle est partie, elle s'est réfugiée directement chez la gendarmerie, justement.
09:07Et là, mon père, il a fui.
09:08Mais je n'ai pas compris.
09:09On descend dans la rue, je me dis, qu'est-ce qui se passe ?
09:12Elle est où ma mère, tu vois ?
09:13En personne ne m'a dit comment elle allait.
09:14Donc, je ne devais pas sortir sur moi, interdiction de sortir sur moi,
09:17tant que mon père n'a pas été retrouvé.
09:18Mon père est en fuite, pendant 48 heures.
09:21Là, on l'a retrouvé, en fait, il était chez lui, avec le fusil devant lui.
09:25Il a attendu que la gendarmerie vienne le récupérer, sans aller à l'encontre de ça, quoi.
09:28Il n'a pas résisté et il a fait ça lucidement.
09:32C'est-à-dire qu'il n'avait pas consommé ni d'alcool, ni de drogue, ni de médicaments.
09:37S'il dit quelque chose, il le fait, et il l'a fait.
09:39Je suis allé voir ma mère le lendemain, je l'ai vue.
09:41Je crois que je n'ai jamais vu autant de détresse dans les yeux de quelqu'un.
09:45Mais en même temps, il y avait quand même une petite flamme de vivacité.
09:48C'est là où j'ai perçu le vrai mental de ma mère, en fait.
09:50Une femme forte, solide, de ouf.
09:52Du coup, la gendarmerie vienne le récupérer et il l'a emmené directement à Grédignan,
09:57donc à Bordeaux, le centre pénitentiaire,
10:01où il est resté pendant trois ans, le temps du jugement.
10:05Et après au jugement, il a été ailleurs.
10:08Quand il a arrêté, la gendarmerie a été vraiment soulagée, a soufflé un bon coup.
10:12Moi, de mon côté, non, je n'ai pas ressenti de soulagement.
10:15Au contraire, j'ai ressenti quelque chose de nouveau,
10:17quelque chose qui m'alimentait différemment qu'autre fois.
10:20Ce n'est pas pareil, c'était un mélange d'amour, de haine, de colère,
10:24de rage, d'incompréhension, de questionnement.
10:27C'était un combat, en fait.
10:28C'était conflictuel, comme la tête.
10:30Ça a fait des dégâts, surtout vis-à-vis des autres humains, des autres relations.
10:34En boîte de nuit, j'étais constamment dans la confrontation.
10:38J'allais là-bas, ce n'était pas pour boire des verres.
10:39C'était vraiment pour m'évaluer, pour me jauger,
10:43pour voir à quel degré de force et d'imbécilité même j'étais.
10:49Physiquement, elle n'a pas été touchée,
10:50mais c'est mentalement, psychologiquement.
10:52Une fois, on était au restaurant, un ballon de baudruche,
10:55ça a gonflé, il a pété et elle s'est mis à chialer, littéralement.
10:59C'est là que tu te rends compte qu'un acte,
11:02ça peut avoir des répercussions sur des dizaines de personnes.
11:06Après, j'ai eu un regard différent.
11:08Je suis passé de ces petits branleurs qui n'étaient pas du tout présents,
11:12qui faisaient n'importe quoi, à j'essayais d'être là.
11:15Les choses du quotidien, manger avec sa mère,
11:18c'est quelque chose d'extraordinaire, en fait.
11:20Quand tu vis ça, tant que ça ne t'arrive pas, tu ne vas pas savoir.
11:22Il a été encancéré, je crois que je ne me rappelle plus, 2017 ou 2018.
11:26Du temps, c'est passé.
11:27Moi, il a fallu du temps pour que je comprenne ce qui se passe.
11:29Il a fallu au moins deux, trois ans pour que je comprenne, je ne vais pas parler.
11:33Et après, j'ai décidé de moi-même, de me plaindre et de lui envoyer un courrier
11:37pour savoir le pourquoi et le comment.
11:39Parce qu'à un moment donné, on ne peut pas se construire
11:41tant qu'on n'a pas affronté ses anciens démons, on va dire.
11:44Une fois qu'il a été arrêté, il a eu un suivi psychologique.
11:47Donc, ils ont remonté dans son passé.
11:49Donc, ils se sont rendus compte qu'il y avait des pathologies.
11:51Et du coup, il y a eu des nouveaux tests qui ont été faits.
11:54Et du coup, ils ont constaté qu'il était bipolaire.
11:56Moi, quand j'apprends qu'il est malade, il y a un côté qui dit
11:59« c'est peut-être pas de sa faute ».
12:00Il y a un côté qui dit « mais il était conscient et lucide ».
12:03Donc, encore une fois, tu dis « putain ».
12:05Tu es tiraillé entre deux trucs, en fait, toujours.
12:07Il s'est passé trois ans entre le jour où il a eu cet acte
12:11et son jugement définitif.
12:13Le jugement a duré pendant 48 heures.
12:16Ça a été très intense.
12:17C'était difficile de voir son père du côté des accusés
12:20et sa mère du côté de la victime devant la cour.
12:22Il a dit clairement que si ça serait à refaire, il le referait et qu'il ne louperait pas.
12:28Et du coup, il a pris plus d'années parce qu'il a dit ses propos.
12:32Il aurait fermé sa gueule, en vrai, il n'aurait pas pris autant.
12:34Moi, je pense que c'est la seule personne à croire qu'il va réitérer son acte.
12:39Je pense qu'il a encore beaucoup de colère, beaucoup de haine, beaucoup de rage.
12:42Et la prison, soit t'en sors totalement guéri
12:45ou soit ça ne me fait qu'accentuer ton mauvais loup.
12:47Quand j'ai envoyé le premier courrier à mon père, c'était pour engager une conversation,
12:53pour savoir pourquoi il avait fait tout ça
12:56et pourquoi est-ce qu'on en était rendu là actuellement.
12:59Parce que j'ai toujours entendu qu'une seule version, celle de ma mère.
13:02Et j'avais besoin, en tant qu'homme, de me construire et de savoir
13:06pourquoi est-ce que cet acte a été fait.
13:09J'ai eu certaines réponses.
13:10En concernant le passé, mon père m'a expliqué des choses qui s'étaient passées.
13:15Les origines du mal, on va dire.
13:16Lui a vécu beaucoup de traumatismes aussi avec ses parents
13:20et qui étaient assez violents et perturbants avec lui.
13:24Donc ce n'est pas étonnant qu'il reproduisait ça avec ses enfants.
13:27Là maintenant, il va falloir que les choses se mettent en place,
13:29c'est de mon côté à moi, de couper tout et de redémarrer sur des basses scènes.
13:33C'est pour ça qu'aujourd'hui, je fais tout ça d'ailleurs.
13:34J'ai du mal à lui pardonner.
13:35Je ne pense pas que je vais pardonner ça
13:37parce que non seulement il a fait du mal à ma mère,
13:39mais il a fait beaucoup de mal à ma soeur aussi, à moi aussi.
13:41Parce qu'on ne résout rien par la violence.
13:43J'ai passé mon année avec grande difficulté.
13:46J'étais rentré dans un schéma nocif.
13:48Nocif pour moi-même, nocif pour mon entourage.
13:51Autodestruction, beaucoup de films, beaucoup de deals,
13:54beaucoup de choses assez mauvaises.
13:56À partir de là, si je ne me faisais pas aider, je tournais mal.
14:00J'ai décidé de me faire suivre par un psychologue.
14:03Ça a été dur.
14:04Dur de ouf de repartir dans le passé.
14:06Parler de mon père, de parler de ma mère.
14:08C'est pour ça qu'aujourd'hui, je suis là.
14:09Je peux en parler aisément, même si j'ai encore quelques difficultés,
14:12mais ce n'est pas non plus excessif.
14:14Oui, j'ai avancé dans ma vie personnelle aussi, j'ai avancé.
14:16Je me suis aidé parce que je me suis aimé.
14:18Je voulais m'aimer clairement.
14:19J'ai grandi trop vite.
14:20Mais en même temps, je ne regrette pas
14:22parce que ça fait de moi la personne que je suis devenu.
14:24On ne choisit pas sa famille.
14:26On ne choisit pas ses parents.
14:27On ne choisit pas...
14:28Mais on peut s'en sortir quand même.
14:30Je suis quand même content d'avoir battu, d'avoir combattu.
14:33Oui, j'ai fait énormément de choses.
14:35Aujourd'hui, j'ai 26 ans, mais ça y est, je crois que j'ai guéri.
14:38Et voilà, ça y est, maintenant, on se focalise sur le projet.
14:41On ne fait plus attention au regard des gens, aux paroles des gens.
14:45On pense à soi en étant égoïste, mais le bon côté.
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