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  • il y a 1 semaine
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Bill se confie dans Tous Wonder. Membre du GIGN, il revient sur des missions où le danger est réel. En Bosnie, lors d’une filature, il se retrouve pris sous des tirs de kalachnikov. Des balles traversent sa voiture, certaines s’arrêtent à quelques centimètres de lui. Dans ces moments-là, il explique une chose essentielle, on ne pense pas à la mort. L’esprit est entièrement focalisé sur la mission. Ce n’est qu’après que le choc peut apparaître, et que les équipes prennent le temps de débriefer ensemble. Il raconte aussi une opération spectaculaire sur le viaduc de Millau, où des trafiquants font demi-tour à 180 km/h pour échapper à une intervention. Une scène de tension extrême, où chaque décision peut éviter un drame. Un témoignage brut et immersif sur la réalité des opérations du GIGN.

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Tous WONDER met en lumière ces héros du quotidien, ces personnalités inspirantes qui ont connu un tournant majeur. L’objectif est d’aller chercher l’instant charnière dans la trajectoire de personnalités issues de la société civile, du monde politique, du CAC 40, de l'entreprenariat, du sport, de la culture, du monde scientifique... Tous WONDER fait un pas de côté, un format d’interview intelligent qui révèle l’inattendu chez ses invités.

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Production /influxProd
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😹
Amusant
Transcription
00:00Je me suis fait tirer dessus, on était en filature sur des criminels de guerre.
00:03On savait qu'il y avait un gofas qui devait remonter d'Espagne.
00:06Contre sens, sur le viaduc, sur l'autoroute.
00:08Est-ce que tu as déjà eu peur de mourir, toi ?
00:10Tu dis que le stress est venu après, parfois tu te refais des interventions, tu y penses après ?
00:16Non, pas trop.
00:16Pas trop ?
00:17Non, non, en fait, on en parle entre nous.
00:21Moi, je sais que j'arrive à le gérer comme ça.
00:24On fait des debriefings, on en parle entre nous.
00:26Et puis, on se dit, tiens, est-ce qu'on l'a bien fait ? Est-ce qu'on l
00:30'a mal fait ? Est-ce qu'on aurait pu faire autrement ?
00:33Mais il faut en parler, il faut quand même en parler.
00:36Moi, j'ai fait plusieurs opérations où c'est arrivé, où je me suis fait tirer dessus.
00:40Et à chaque fois, on en a parlé.
00:41Est-ce que le pare-balle a arrêté la balle ou tu t'avais vraiment tiré dessus ?
00:45En fait...
00:45Tu as été blessé ?
00:46Non, non, pas du tout.
00:47C'était en Bosnie, où on était en filature sur des criminels de guerre.
00:53Et là, la Bosnie, c'est un pays qui est constamment en guerre.
00:56Donc, ce sont des guerriers, en fait.
00:59Et nous, on a fait plusieurs semaines de filature.
01:02Et à un moment donné, on s'est posté, on s'est arrêté.
01:06On était trois avec nos voitures devant, dans un champ.
01:12Mais c'est un endroit qu'on ne connaissait pas et on n'aurait pas dû s'arrêter là.
01:15Parce que là, il y a des personnes qui sont arrivées et qui nous ont tiré dessus avec la calche
01:18Nikov.
01:19Donc, il y avait deux tireurs.
01:21Et là, moi, j'ai eu de la chance.
01:25Il y a une balle qui est rentrée dans la porte arrière de ma voiture et qui est venue s
01:29'arrêter dans le fauteuil.
01:30J'ai eu un bleu dans le dos, mais j'ai eu que ça.
01:32J'ai eu une autre balle qui est venue et qui s'est figée dans le nez man de ma
01:36voiture.
01:37Et puis, il y en a une qui avait percé mon réservoir de voiture.
01:39Donc, j'ai pris...
01:40Mais je n'ai pas été blessé.
01:41C'est passé autour de moi, en fait.
01:42Incroyable.
01:42C'était le jour de la Sainte Geneviève.
01:45C'était le 4 janvier.
01:46Tu prénoms de ta maman.
01:47Donc, la Sainte Patronne de la Gendarmerie.
01:49Est-ce que tu as déjà été blessé ?
01:52Non, pas par balle.
01:54Pas par balle, donc tu as été blessé ?
01:56Oui, oui, j'ai eu des blessures.
01:57Je me suis fait mal.
01:58Je me suis fait des entorses.
02:00Je me suis fait sur...
02:00Mais rien de grave.
02:03Quand on travaille au GIGN, ce qui est incroyable et ce que j'entends de ce que vous faites tous,
02:08c'est que vous êtes prêts à mourir en mission.
02:11Vous êtes prêts à mourir sur le terrain.
02:14Dis-moi, c'est notre métier.
02:16Nous, on ne veut pas mourir sur le terrain.
02:18Évidemment.
02:18On ne veut pas.
02:19Mais après, si le métier fait qu'il faut intervenir et ça arrive, c'est le métier qui veut ça.
02:30On est entraînés pour ne pas que ça arrive.
02:32Mais bon, il y a toujours des aléas et on a des morts, pas souvent heureusement,
02:38mais on a des morts en mission ou en entraînement.
02:42Ça arrive de temps en temps.
02:43Est-ce que tu as déjà eu peur de mourir, toi ?
02:45Non, pas...
02:46Non, non, c'est vrai.
02:47Quand tu es sur une intervention, quand tu es en phase d'observation, de recherche,
02:51j'imagine qu'on a une telle concentration que tu n'y penses pas, en fait.
02:55Oui, c'est ce que je disais tout à l'heure pour les fracouachistes.
02:57C'est ça, c'est que quand on est dans l'opération, on est tellement pris,
03:01on est dans une bulle, la bulle de l'opération,
03:04où il y a tellement de choses à gérer qu'on n'a pas le temps de réfléchir à ça.
03:07C'est après qu'on se dit, là, ce n'est encore pas passé loin,
03:11comme en Bosnie, ce n'est pas passé loin.
03:15Mais c'est passé.
03:16Donc, on en discute, comme je disais tout à l'heure.
03:19On se dit, tiens, ce qui a été, ce qui n'a pas été,
03:20qu'est-ce qu'on aurait dû faire, on n'aurait pas dû faire.
03:22Et on en discute plusieurs fois, des fois.
03:26Et ça passe, du moins.
03:29Je ne me réveille pas, je n'ai pas de cauchemar la nuit.
03:30Oui, c'est ça.
03:31Est-ce qu'au sein du GGN, c'est accepté aussi, entre collègues,
03:34de dire, là, ça m'a marqué, là, pour moi, c'est difficile ?
03:37Ah, bien sûr.
03:37Ça, c'est accepté.
03:38Oui, on a le droit, oui, tout à fait.
03:40Et puis, quand il arrive à un coup dur,
03:44du moins, ce ne serait pas normal de dire, non, mais il ne s'est rien passé.
03:48Bien sûr que c'est passé quelque chose.
03:49Il y a certaines personnes qui ont besoin d'aller voir une psychologue
03:53pour en parler et ça passe.
03:54Il y en a d'autres, comme je disais, on en parle entre nous.
03:58Donc, chacun fait comme il veut et on ne juge pas les gens.
04:01Il vient au contraire, il ne faut pas les juger.
04:04Pour qu'ils passent au-delà, il faut qu'ils aillent voir les personnes
04:08et en parler.
04:09Est-ce qu'il y a d'autres affaires qui t'ont marquées ?
04:11Tu m'as parlé de l'affaire du viaduc de Mio.
04:13Oui.
04:14Ça, c'est quand même une grosse affaire.
04:17Après, oui, c'était une affaire de filature sur un « go fast ».
04:25Moi, pendant 15 jours, j'étais chef de groupe sur tout ce qui était la filature.
04:31Donc, on savait qu'il y avait un « go fast » qui devait remonter d'Espagne.
04:37Donc, il devait remonter de l'Espagne, passer par le viaduc de Mio.
04:40On en avait déduit par rapport aux surveillances qu'on avait faites les 15 jours précédents.
04:45Donc, on avait vu les personnes, les malfaiteurs qui faisaient des reconnaissances
04:50sur des stations essence pour voir.
04:52Et le jour où ils sont remontés, on avait tendu un piège au bout du viaduc de Mio.
05:01C'est quoi le piège ?
05:03Il y avait la force d'intervention qui était au bout du viaduc de Mio et qui devait les interpeller
05:07au moment où ils passaient.
05:10Je ne sais pas pourquoi, mais ils ont senti quelque chose.
05:15Donc, les deux voitures, il y avait une ouvreuse.
05:17Ce qu'on appelle une ouvreuse, c'est la voiture qui est en amont et qui dit à la voiture
05:22qui porte la marchandise
05:23s'ils peuvent venir ou pas et s'il y a des forces de l'ordre.
05:28Donc, l'ouvreuse a fait demi-tour, la voiture porteuse a fait demi-tour.
05:32Attends, tu dis ça sur l'autoroute ?
05:33Oui, sur le viaduc de Mio.
05:34Sur le viaduc, donc contre sens, sur le viaduc, sur l'autoroute, juste pour imaginer quand même.
05:39Oui, donc ils ont fait tout le viaduc de Mio contre sens.
05:42Ils ont croisé l'équipe d'intervention qui était là pour faire le bouchon arrière, pour les arrêter à l
05:48'arrière.
05:48Donc, ils les ont croisés.
05:49Et donc, nous, on était restés.
05:51Donc, quand on fait ces opérations-là, généralement, on met des 38 tonnes pour empêcher les gens qui n'ont
05:58rien à voir avec l'affaire
05:58de rentrer dans la NAS pour ne pas qu'il y ait de blessés et pour ne pas qu'il
06:02y ait une autre voiture qui soit au milieu de l'intervention.
06:06Et donc, les trois 38 tonnes, ils ont empêché la voiture de passer.
06:10Donc, elle est venue s'encastrer dans le 38 tonnes.
06:11Donc, pour comprendre, ils font demi-tour.
06:14Face à eux, trois immenses camions qui bloquent tout, évidemment, pour empêcher les civils d'être blessés.
06:20La voiture fonce et elle va essayer de passer sur le côté.
06:26Et un 38 tonnes...
06:27Le 38 tonnes, il l'empêche de passer.
06:28...lui barre le passage.
06:29De toute façon, le 38 tonnes, à un moment donné, ça a été son travail.
06:33Là, il faut réagir dans l'action.
06:35Donc, l'ordre a été donné aux gens des 38 tonnes de dire qu'ils ne passent pas.
06:38Pourquoi ? Parce que déjà, bon, ils allaient s'enfuir.
06:41Mais ça, à la limite, ils s'enfuient.
06:43Ce n'est pas que ce n'est pas grave.
06:45Mais derrière, il y avait des personnes, des civils dans leur voiture.
06:50Ils roulaient à 180 km heure.
06:52Ils seraient allés taper dans une autre voiture.
06:55Ils auraient fait des morts.
06:56Donc, il ne fallait pas qu'ils passent, en fait.
06:58Donc, ils ne sont pas passés.
07:00Ils n'ont pas été blessés.
07:01Pourtant, ils ont tapé à très haute vitesse.
07:04Et ils se sont enfus de part et d'autre du du duque de Millau.
07:07Donc, quand tu passeras, tu regarderas à droite et à gauche.
07:10Et donc, on est allé les chercher en bas et en haut.
07:14On leur a couru après pour aller les chercher.
07:17Tu parlais de mission à l'étranger.
07:19Tu en as fait sept ou huit, je crois, à l'étranger.
07:21Pourquoi le GIGN va intervenir à l'étranger, parfois ?
07:25En Afghanistan, il a fallu protéger l'émissaire de l'ONU, l'Aqdar Brahimi, qui avait été chargé d'aller
07:33remettre le gouvernement Karzaï en place.
07:35Donc là, le gouvernement français avait proposé à l'ONU de fournir la protection.
07:43Donc, j'ai fait aussi d'autres protections.
07:45Je suis parti en protection aussi dans d'autres pays comme en Irak.
07:50Je suis parti en Algérie, dans plusieurs pays.
07:52Ça, c'était pour la partie protection.
07:54Je suis allé aussi à l'étranger pour faire de l'observation sur rayon.
07:57C'est exactement aussi.
07:59Donc, on en a parlé tout à l'heure pour la Bosnie, les criminels de guerre.
08:02Et je suis parti aussi dans des pays du nord de l'Afrique pour aller faire de l'observation sur
08:09rayon pour des affaires de drogue.
08:13C'est un bateau qui devait ramener des stupéfiants.
08:18Donc, on y a été.
08:19On est rentré dans le pays.
08:22Bon, on est rentré dans le pays avec l'accord.
08:25Du moins, les autorités étaient au courant.
08:27Oui, ça se passe en accord.
08:28On n'est pas une unité d'espionnage.
08:31On est rentré avec l'accord du pays.
08:33Et après, par contre, dans le port, il a fallu étudier le port.
08:37Il a fallu étudier toute la sécurité du port.
08:41Parce que dans ces pays, il y a beaucoup de sécurité dans les ports.
08:44Comme il y a des bateaux qui coûtent très cher.
08:46Donc, on a étudié la sécurité du port.
08:48On était cinq.
08:50La sécurité du port pendant quatre jours et toutes les nuits pour voir comment ça se passait.
08:56Et à la quatrième nuit, j'ai tenté, j'ai mis l'équipe autour du port pour prévenir.
09:07Et je suis allé sous le bateau pour voir comment c'était fait.
09:09Tu as plongé ?
09:10Non, non, le bateau était sur cale.
09:14Donc, je suis allé sous le bateau pour voir comment c'était fait.
09:17Et c'est à ce moment-là, il y a un gardien qu'on n'avait pas décelé pendant les
09:20quatre jours
09:20qui est sorti et qui est arrivé dans le port.
09:24Et je suis resté un quart d'heure allongé sous le bateau.
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