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Le 14 avril, le Sénat a adopté le projet de loi sur la justice criminelle. Dans le texte, plusieurs dispositions visant à désengorger la justice pénale. Celle qui fait le plus de bruit est la procédure de plaider-coupable “à la française”, qui permet, à la fin d’une instruction, de proposer une réduction de peine si l’auteur reconnaît les faits et que toutes les parties ont donné leur accord. Elle ne concernerait que les crimes relevant des cours criminelles départementales ou des cours d’assises. La majorité de droite et du centre du Sénat a modifié à la marge ce dispositif, très décrié par la gauche qui s’y est unanimement opposée, relayant les critiques des avocats, mobilisés depuis le début du mois d’avril contre le texte. Le projet de loi prévoit aussi de réformer les cours criminelles départementales. Revivez les débats. Année de Production : 2025
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00:00:01Générique
00:00:10Bonjour à tous, bienvenue dans 100% Sénat, l'émission entièrement consacrée à l'actualité de la Chambre haute du
00:00:16Parlement.
00:00:17Aujourd'hui nous vous proposons de revivre l'examen en séance publique du projet de réforme de la justice criminelle,
00:00:23un arsenal législatif porté par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, objectif, accélérer le temps de la justice.
00:00:30Mais la réforme est très contestée car elle a introduit la procédure du plaidé coupable pour les infractions les plus
00:00:35graves.
00:00:36La gauche et les avocats s'y opposent car ils craignent un affaiblissement des droits des victimes et de la
00:00:40défense.
00:00:41Regardez.
00:00:43À l'article 1er, trois demandes de prise de parole. D'abord M. Guy Bénaroche.
00:00:51Merci, merci M. le Président.
00:00:53Encore une fois, nous partageons bien entendu le constat d'une justice trop lente et l'ambition d'une justice
00:00:58qui se conforme à des objectifs de délai raisonnable.
00:01:01Nous restons convaincus que juger plus vite au détriment de trop nombreux principes essentiels à la justice criminelle n'est
00:01:06pas juger mieux.
00:01:07Parmi les arguments développés, on nous affirme que le plaidé coupable criminel est la solution pour éviter, entre autres, la
00:01:13victimisation secondaire,
00:01:14alors que nous pensons, en ce qui nous concerne, que c'est un parcours de prise en charge, d'accompagnement
00:01:19et de protection amélioré et vraiment au point des victimes qui devrait plutôt être mis en place,
00:01:24en plus, bien entendu, d'une formation des professionnels.
00:01:28Le PGL prétexte aussi le respect des victimes, tout en faisant peser quand même sur elle une responsabilité dans le
00:01:33choix d'un réel procès avec experts, témoins, etc.
00:01:36puisque ce sera à elle, victime, d'accepter ou de redanser à une solution dont ils entendront dire par tous
00:01:43les autres acteurs qui leur expliqueront que cela facilitera le travail de tout le monde.
00:01:49C'est ce que dit d'ailleurs la Fondation des femmes.
00:01:51La publicité des débats est un enjeu essentiel.
00:01:53Gisèle Pellicot déclarait à l'issue de son procès pour lequel elle a refusé le huis clos, d'ailleurs.
00:01:57J'ai voulu, en ouvrant les portes de ce procès le 2 septembre dernier, que la société puisse se saisir
00:02:02des débats qui s'y sont tenus.
00:02:04Je n'ai jamais regretté cette décision.
00:02:06La publicité des débats, l'oralité des plaidoiries est un aspect auquel nous sommes très attachés.
00:02:12Sans cette expression publique, comment la société pourrait-elle se saisir de ces mots ?
00:02:17Comment ne pas voir l'impact qu'a pu avoir le procès Pellicot sur la prise de conscience de la
00:02:27soumission chimique ?
00:02:28Comment ne pas voir l'importance qu'a eu le procès Jacqueline Sauvage sur les violences conjugales ?
00:02:33Comment ne pas voir l'importance de toutes ces nombreuses et douloureuses affaires de meurtre de conjoints atteints de maladie
00:02:41d'Alzheimer sur la mise en lumière de la situation des aidants ?
00:02:44On voit bien que la tenue de ces procès en assise, avec un juré populaire, avec l'oralité qui l
00:02:49'accompagne, avec l'expression de tout le monde, est aussi un élément majeur pour faire avancer nos sociétés.
00:02:54Il est aussi un élément majeur qui explique d'ailleurs l'augmentation de toutes ces affaires criminelles, toute la déclaration
00:03:00et toutes les déclarations d'affaires criminelles en France.
00:03:03Le plaidé coupable enterrira, je le crains, une justice à deux vitesses, une pour celle capable d'attendre un procès
00:03:10et une justice pour ceux, plus démunis souvent, qui accepteront une transaction rapide.
00:03:15Merci, mon cher collègue. La parole est à M. Hussain Bourgi.
00:03:20Merci, M. le Président, M. le garde des Sceaux, mes chers collègues.
00:03:23Personne ici ne m'éconnaît et ne nie les difficultés auxquelles est confrontée la justice française.
00:03:30Nous en avons eu l'occasion de l'évoquer lorsque votre prédécesseur, Éric Dupond-Mouretti, nous a présenté la loi
00:03:37d'orientation pour la justice. C'était en 2023.
00:03:40Nous l'avons ici débattu et voté à l'unanimité. Voyez-vous, M. le garde des Sceaux, je m'attendais
00:03:45à ce que vous veniez nous faire un bilan d'étape,
00:03:48nous expliquer quels sont les retards qui ont été pris dans l'application de cette loi d'orientation qui aurait
00:03:53dû être mise en œuvre d'ici à 2027.
00:03:55Aujourd'hui, tout le monde s'accorde à reconnaître que les délais ne seront pas tenus, que les objectifs ne
00:04:00seront pas atteints.
00:04:02M. le garde des Sceaux, aujourd'hui, la justice française dont elle souffre, c'est un manque de moyens.
00:04:07Manque de moyens humains, manque de moyens bâtimentaires.
00:04:11Et la seule chose que vous avez à nous proposer aujourd'hui, c'est ce projet de loi qui consiste
00:04:15à tordre la justice à la française,
00:04:17tout simplement parce que nous avons été confrontés devant la Cour d'appel d'Aix-en-Provence par une difficulté
00:04:22réelle.
00:04:24M. le garde des Sceaux, vous avez intitulé votre projet de loi « Justice criminelle et respect des victimes ».
00:04:28Alors, à celles et ceux qui critiquent votre projet de loi, vous répondez « corporatisme des avocats ».
00:04:34Et M. le garde des Sceaux, les avocats sont les vigies de l'État de droit, les avocats sont les
00:04:39vigies de la démocratie,
00:04:40à côté des journalistes, à côté des associatifs, à côté des élus.
00:04:44Mais je vais aller plus loin, M. le garde des Sceaux.
00:04:47Aujourd'hui, je n'ai jamais rencontré une seule association de victimes qui me dit être satisfaite par le contenu
00:04:53de ce projet de loi,
00:04:54y compris celles qui travaillent avec votre ministère, celles qui sont conventionnées par France Victime.
00:04:59Lorsque je les vois dans ma permanence parlementaire, lorsque je vais dans leurs locaux, que je discute avec elles,
00:05:04aucune d'entre elles n'est satisfaite.
00:05:06M. le garde des Sceaux, lorsqu'un projet de loi aussi important tord le droit à la française,
00:05:12bouscule la justice à la française, méconnaît la place des victimes,
00:05:16vous comprenez bien que nous nous contesterons, nous nous opposerons et nous ne le voterons pas.
00:05:21L'opposition, elle commence ici ce soir, elle a commencé cet après-midi devant le Sénat,
00:05:26elle a commencé cet après-midi devant toutes les cours d'appel,
00:05:28et j'étais moi-même ce matin devant la cour d'appel de Montpellier avec tous les avocats,
00:05:32avec les auxiliaires de justice, avec les associations de victimes, et nous allons continuer.
00:05:37Merci. La parole est à Mme la Présidente Kukerman.
00:05:41Merci, M. le Président, M. le garde des Sceaux, mes chers collègues.
00:05:44M. le garde des Sceaux, je vous ai écouté.
00:05:48L'essor du mouvement MeToo, on l'évalue à peu près à l'année 2017,
00:05:54puisque c'est au mois d'octobre 2017 qu'on a une explosion de plus de 30% des plaintes
00:06:00pour violences sexuelles,
00:06:01donc toutes ne sont pas des crimes, bien évidemment.
00:06:04Ça en fait des cohortes de 4 ans de magistrats qu'on aurait pu former depuis 2017
00:06:08pour répondre à ce nouveau fait de société,
00:06:11et nous éviter de nous retrouver en 2026, presque 10 ans plus tard,
00:06:17à se dire « je voudrais bien, mais je peux point ».
00:06:21Et non !
00:06:23Là, on a des responsabilités qui ont été prises,
00:06:26on a des choix budgétaires qui ont été faits,
00:06:29il y a des votes sur les projets de loi qui ont été réalisés,
00:06:33qui nous amènent jour après jour à un engorgement de la justice.
00:06:38Donc oui, on peut citer des cas.
00:06:41Bien évidemment, il est inacceptable qu'aujourd'hui des victimes
00:06:47n'aient pas la justice à laquelle elles doivent avoir accès,
00:06:51parce que cette justice est engorgée et n'est pas en capacité de leur répondre.
00:06:56Ça, c'est le temps inutile.
00:06:58Ça, c'est le temps à dénoncer.
00:07:00Ça, c'est le temps scandaleux et inacceptable
00:07:02contre lequel nous devons lutter,
00:07:04que ce soit pour des raisons financières, matérielles
00:07:07ou même d'organisation des procédures judiciaires.
00:07:10Et puis, il y a le temps utile.
00:07:13Oui, il y a le temps indispensable
00:07:15qui fait que nous sommes passés d'une société
00:07:18où en fait, ce n'est pas la colère qui juge,
00:07:22mais c'est l'intérêt général, l'intérêt de la société.
00:07:25Et donc, effectivement, à un crime,
00:07:29eh bien, je ne réponds pas par un autre crime, par exemple,
00:07:32parce que c'est vite fait, c'est expéditif.
00:07:35Mais justement, ce n'est pas le choix qu'on a fait.
00:07:37Et puis, il demeurera, quoi qu'il se passe,
00:07:39et je vous donnerai raison,
00:07:41des procès exceptionnels,
00:07:42ceux qui ont jalonné l'histoire
00:07:43et qui demandent des moyens en bâtiment,
00:07:46en moyens humains, qui demeurent très exceptionnels.
00:07:48Ils sont tellement exceptionnels qu'on les cite.
00:07:50Ils ont lieu tous les deux, trois ans.
00:07:52Mais je crois, monsieur le garde des Sceaux,
00:07:54qu'on ne peut pas simplement dire aujourd'hui
00:07:56qu'on ne peut rien faire
00:07:57et que les suivants devront se débrouiller avec la réalité.
00:08:00Si, s'il y a des responsables,
00:08:01il y a des choix politiques qui ont été faits,
00:08:02qui nous amènent à la situation que nous connaissons aujourd'hui.
00:08:05Merci, madame la présidente.
00:08:06La parole est à madame Catherine Conconne.
00:08:08Monsieur le président, monsieur le ministre, chers collègues,
00:08:12aujourd'hui, une partie, une grande partie de la justice est dans la rue.
00:08:17J'oserais le raccourci.
00:08:18La justice est rendue au nom du peuple.
00:08:20Et quand autant d'avocats, autant de magistrats,
00:08:24autant d'associations de victimes sont dans la rue,
00:08:27c'est que le peuple est aussi dans la rue.
00:08:30Pourquoi ?
00:08:32Je pense qu'il a manqué à ce dispositif,
00:08:35et en particulier à l'article 1er,
00:08:38beaucoup d'explications,
00:08:40beaucoup d'argumentations,
00:08:42beaucoup de pédagogie.
00:08:44Certains intitulés qui ont été prononcés
00:08:47comme le plaidé coupable, etc.,
00:08:50ramènent, à ce qui n'est pas souhaité dans notre culture,
00:08:54un côté expéditif de la justice.
00:08:58Personnellement, vous savez de quel pays je viens.
00:09:01Je viens de ce qu'on appelle, malheureusement, l'outre-mer,
00:09:05et plus particulièrement de la Martinique.
00:09:08Dans nos pays, la parole est importante.
00:09:12L'échange est important.
00:09:14Et comme vous le savez,
00:09:16les taux de féminicide,
00:09:18d'agression sexuelle,
00:09:19de crimes contre les femmes,
00:09:22les enfants,
00:09:23les incestes,
00:09:25sont beaucoup plus importants dans ces pays-là.
00:09:28Le moment où la victime doit se retrouver
00:09:31face à l'auteur,
00:09:33qui lui a causé tant de traumatismes,
00:09:36est important.
00:09:37C'est avant tout le temps de la réparation.
00:09:40Ces victimes ne sauraient comprendre
00:09:42qu'au travers de 1, 2, 3 juges,
00:09:45peu importe cet arrangement qui est mis en place,
00:09:48qu'on puisse décider du sort,
00:09:51de celui qui lui a fait un mal fou.
00:09:54Il y a encore beaucoup de non-dits,
00:09:56monsieur le ministre,
00:09:57dans ces domaines qui touchent à l'humain,
00:09:59dans sa plus grande intimité,
00:10:01dans sa plus grande intégrité.
00:10:03Beaucoup de non-dits
00:10:05qui font qu'aujourd'hui,
00:10:06la parole chez nous commence à peine à se libérer.
00:10:11Il serait dommage de la frustrer.
00:10:14Alors, s'il y a des articles
00:10:15dans ce projet de loi que je partage,
00:10:19qui tombent pour moi sous le bon sens
00:10:21et que je voterai,
00:10:23l'article premier pose encore problème.
00:10:25Et si je devais peut-être vous donner un conseil,
00:10:28c'est de revenir à la tâche,
00:10:30de revenir à la pédagogie
00:10:32et à l'explication nécessaire.
00:10:33Merci, ma chère collègue.
00:10:35La parole est à madame Marie-Pierre de Lagontry.
00:10:38Pardon, monsieur le ministre.
00:10:42Merci, monsieur le président.
00:10:45Cet article 1,
00:10:46qui est central dans ce texte,
00:10:48en tout cas concernant la mobilisation,
00:10:51effectivement,
00:10:53de la totalité des barreaux français,
00:10:55dont je salue d'ailleurs les représentants
00:10:57qui sont présents ici en tribune,
00:11:00pêche par un travers
00:11:04de diagnostic.
00:11:07Vous avez évoqué à plusieurs reprises,
00:11:09y compris dans les médias,
00:11:10le fait qu'avec cette mesure,
00:11:12vous pourriez,
00:11:13vous envisagiez,
00:11:14vous espériez diminuer par deux
00:11:16la durée trop longue des procédures.
00:11:19Ce n'est pas exact.
00:11:21Pourquoi ?
00:11:22D'abord, parce que même dans votre étude d'impact,
00:11:24il est indiqué que peut-être
00:11:26entre 10 et 15 % des procédures
00:11:27pourraient être concernées.
00:11:28Et encore,
00:11:30il faudrait soustraire
00:11:32les procédures
00:11:33dans lesquelles les victimes
00:11:34ne seraient pas d'accord.
00:11:36Donc, au final,
00:11:37vous êtes en train
00:11:38de mettre à bas
00:11:39le principe même
00:11:41de la justice criminelle
00:11:42pour un résultat
00:11:44qui ne sera pas
00:11:45à la hauteur de votre ambition.
00:11:46Mais au-delà de ça,
00:11:47vous le savez,
00:11:49ce texte
00:11:51voudrait répondre
00:11:52à la difficulté
00:11:54de durer
00:11:54de l'audiencement criminel.
00:11:57Une affaire criminelle
00:11:58dure en moyenne
00:12:01six ans.
00:12:03Sur cette durée,
00:12:05environ trois ans
00:12:05est consacrée à l'instruction.
00:12:07Encore une fois,
00:12:07c'est une moyenne.
00:12:09Pourquoi ?
00:12:10Parce que les juges d'instruction,
00:12:11ils sont 600 à peu près en France,
00:12:14ont entre 60 et 100 dossiers
00:12:16par juge d'instruction
00:12:17et que donc,
00:12:18ils peuvent consacrer
00:12:19à peu près une journée et demie
00:12:20à deux jours par an
00:12:21par dossier.
00:12:23Et donc,
00:12:24vous auriez pu faire le choix
00:12:26de doter la France
00:12:28de plus de juges d'instruction
00:12:30pour qu'ils puissent travailler
00:12:31dans de meilleures conditions
00:12:32et donc travailler
00:12:33plus rapidement.
00:12:34Vous n'avez pas fait ce choix.
00:12:36Donc,
00:12:36il faut l'assumer.
00:12:38Et puis,
00:12:38vous avez parlé
00:12:39de la question
00:12:39d'utilité sociale du procès.
00:12:41J'y reviendrai tout à l'heure
00:12:43lors de la défense
00:12:44de mon amendement
00:12:45de suppression.
00:12:47Mais là aussi,
00:12:48vous êtes très contradictoire
00:12:50dans votre présentation
00:12:51et j'y reviendrai tout à l'heure.
00:12:53Monsieur le ministre,
00:12:54pour vous répondre,
00:12:55mes chers collègues.
00:12:58Oui,
00:12:59en quelques instants,
00:12:59parce que je pense
00:13:00qu'on va parler du plaidé coupable
00:13:00dans les amendements
00:13:01de demande de suppression,
00:13:02juste dire à monsieur
00:13:03Guy Bénaroche
00:13:04qu'il a parlé
00:13:04d'audience publique importante
00:13:06et de procès
00:13:07avec jury populaire important.
00:13:08Il a cité
00:13:08le procès Pellicot,
00:13:10c'était une cour criminelle.
00:13:14Merci,
00:13:15monsieur le ministre.
00:13:16Nous allons examiner
00:13:17trois amendements identiques
00:13:18de suppression
00:13:19de l'article 1er.
00:13:20L'amendement 24
00:13:22est présenté par monsieur
00:13:23Bénaroche.
00:13:28Monsieur le ministre,
00:13:29ça ne change pas
00:13:30le fond de ce que j'ai dit,
00:13:31en fait.
00:13:32Il ne s'agissait pas
00:13:33d'un plaidé coupable,
00:13:34il s'agissait bien
00:13:35de la justice rendu
00:13:36dans une audience
00:13:37avec des témoins,
00:13:38des experts.
00:13:40Cela étant dit,
00:13:41j'ai déjà pu parler
00:13:42du risque d'éloigner
00:13:42la justice criminelle
00:13:43sur l'objectif
00:13:44de recherche de la vérité
00:13:45au profit
00:13:46de la logique gestionnaire.
00:13:49La question de la reconnaissance
00:13:50de la culpabilité
00:13:51en matière criminelle
00:13:52pose de trop nombreuses questions
00:13:53sur les droits
00:13:54de la défense d'abord.
00:13:55La reconnaissance
00:13:56de culpabilité
00:13:57reposera sur
00:13:57un déséquilibre structurel
00:13:59entre les parties
00:14:00dans un contexte
00:14:00où la pression procédurale
00:14:01et la pression liée
00:14:02à la détention provisoire
00:14:04et la perspective
00:14:05d'une peine lourde
00:14:06pourra affecter
00:14:06le consentement
00:14:07de la personne poursuivie
00:14:08qui préférera,
00:14:09on l'a dit tout à l'heure,
00:14:10certains de mes confrères
00:14:11envisager une peine
00:14:12allégée et négociée
00:14:13plutôt que ces conditions
00:14:15de détention
00:14:15dans les prisons
00:14:16que nous connaissons.
00:14:17Elle emporte de ce fait
00:14:18le risque de faux aveux
00:14:20ou d'aveux d'opportunité
00:14:21au détriment du droit
00:14:22de ne pas s'auto-incriminer.
00:14:24Notre groupe
00:14:25rejette fermement
00:14:26cette mise en place
00:14:26d'une culture de l'aveu
00:14:27dans des affaires criminelles
00:14:29dont une immense partie
00:14:30s'avère être
00:14:31des affaires criminelles sexuelles.
00:14:32Ces dernières
00:14:33ne peuvent pas être
00:14:34et ne doivent pas être traitées
00:14:36comme des sortes
00:14:37de sous-crimes.
00:14:38Seul un renforcement budgétaire
00:14:40des moyens de la justice
00:14:40permettra de pallier
00:14:42à l'allongement
00:14:43des délais de traitement
00:14:44du procès pénal.
00:14:45C'est pour cela
00:14:46que nous demandons
00:14:47la suppression
00:14:47de cet article-là.
00:14:49L'amendement numéro 44
00:14:51est présenté
00:14:51par la présidente Kukerman.
00:14:53Merci,
00:14:54M. le Président,
00:14:55M. le garde des Sceaux,
00:14:56mes chers collègues.
00:14:58Je veux revenir,
00:14:59comme d'autres l'ont fait avant,
00:15:01à travers cette procédure,
00:15:03bien évidemment
00:15:04sur les conséquences
00:15:06principalement
00:15:07pour les femmes
00:15:07victimes
00:15:08de crimes sexuels.
00:15:10Tout d'abord
00:15:10parce qu'un des arguments
00:15:11qui nous est donné
00:15:12et qui pourrait être
00:15:13entendable,
00:15:14bien évidemment,
00:15:15ferait que la mise en place
00:15:17d'un tel dispositif
00:15:18viserait à mieux
00:15:20les protéger.
00:15:21il demeure
00:15:22et j'en demeure
00:15:22convaincue
00:15:23que c'est au final
00:15:24l'inverse
00:15:25que cela risque
00:15:26de développer
00:15:28dans le temps
00:15:28et dans les faits
00:15:30dès à présent
00:15:30que cela inverse
00:15:31une vraie logique.
00:15:32Tout d'abord
00:15:33parce que cela a été dit
00:15:35également
00:15:35en remplaçant
00:15:36le procès public
00:15:37par une procédure négociée
00:15:38de deux faits.
00:15:39On marginalise la victime.
00:15:41Ce n'est pas la victime
00:15:42qui est au cœur
00:15:43du procès
00:15:44mais c'est bien évidemment
00:15:48le parquet,
00:15:50l'auteur du crime
00:15:53qui sont finalement
00:15:54dans une négociation,
00:15:56le 700 est ainsi,
00:15:58rendant la victime
00:15:59assez spectatrice
00:16:01et finalement secondaire
00:16:03dans un procès
00:16:05où elle doit être au cœur
00:16:07puisque c'est elle
00:16:08qui est victime
00:16:10et qui donc
00:16:11au nom de la société
00:16:12est considérée
00:16:13comme lésée.
00:16:15Parce que,
00:16:16effectivement,
00:16:16cela a été dit,
00:16:17ce type de procès
00:16:18permet de rendre visibles
00:16:20ces violences,
00:16:21d'en montrer la gravité
00:16:22et nous en sommes,
00:16:24je crois,
00:16:25collectivement convaincus,
00:16:27ils ont fait évoluer
00:16:28les mentalités
00:16:29dans leur globalité.
00:16:32Et parce que finalement
00:16:33ce dispositif
00:16:34place les victimes
00:16:37face à un choix
00:16:38à mes yeux
00:16:39impossible.
00:16:41Accepter une peine négociée
00:16:42ou refuser
00:16:43de s'engager
00:16:45dans une procédure
00:16:46longue,
00:16:47incertaine.
00:16:48Finalement,
00:16:49ce sont sur les victimes
00:16:50que l'on fait porter
00:16:51une responsabilité
00:16:52qui n'est pas la leur.
00:16:54En leur imposant
00:16:55de choisir très vite
00:16:56si ce chandage
00:16:58aura lieu ou non,
00:16:59la justice ne les protège pas,
00:17:00elle les expose
00:17:02davantage,
00:17:02vous l'avez dit,
00:17:03certes,
00:17:04elles peuvent le refuser,
00:17:05mais là encore,
00:17:06le libre choix
00:17:07dans ces moments-là
00:17:08est parfois
00:17:09très difficilement
00:17:10entendable
00:17:11et exprimable
00:17:11par les victimes
00:17:12en tout premier lieu.
00:17:14Merci,
00:17:15Madame la Présidente.
00:17:16Et l'amendement 51
00:17:17est présenté
00:17:18par Madame de la Contrie.
00:17:20Merci,
00:17:21Monsieur le Président.
00:17:22Notre groupe
00:17:22présente également
00:17:23un amendement
00:17:23de suppression
00:17:24de l'article 1
00:17:25et tout à l'heure,
00:17:26j'indiquais,
00:17:27je faisais référence
00:17:28à l'utilisation répétée
00:17:30de votre part
00:17:30du vocable
00:17:32utilité sociale.
00:17:34On a cité ici
00:17:36le cas d'un grand procès
00:17:37qui était le procès Pellicot,
00:17:38mais ce n'est pas
00:17:38de celui-là
00:17:39dont je voudrais parler
00:17:40car dans ce qui est prévu
00:17:42ici,
00:17:44la pluralité d'auteurs
00:17:45est exclue
00:17:46de la CRPC criminelle.
00:17:48Mais parlons,
00:17:49par exemple,
00:17:49du procès Le Scornec.
00:17:51C'est-à-dire
00:17:51que nous avons des affaires,
00:17:53c'est ça qu'il faut bien cerner,
00:17:55des affaires
00:17:56qui frappent
00:17:57l'opinion publique.
00:17:58Pourquoi ?
00:17:59Parce qu'il y a une audience
00:18:01parce qu'il y a des personnes
00:18:02qui s'expriment,
00:18:03parce que chacun
00:18:04essaye de comprendre
00:18:05ce qui a pu se passer
00:18:06à ce moment-là,
00:18:07parce qu'il y a des experts
00:18:08qui viennent parler
00:18:09de la personnalité
00:18:11de l'auteur,
00:18:12de la vie
00:18:13qu'il a pu traverser.
00:18:15Et donc,
00:18:16tout au long
00:18:17de ce procès,
00:18:19parce qu'il est public,
00:18:20parce qu'il est couvert
00:18:21par la presse,
00:18:22c'est aussi cela
00:18:23qui fait
00:18:25l'utilité sociale,
00:18:27M. le ministre,
00:18:29du procès pénal.
00:18:30Et c'est tout cela
00:18:32dont vous souhaitez
00:18:33finalement qu'il soit
00:18:34possible de se passer.
00:18:36Dans le texte
00:18:36tel qu'il est prévu aujourd'hui,
00:18:38cette CRPC criminelle
00:18:39aurait été possible
00:18:41dans le cas
00:18:42de l'affaire
00:18:43Le Scornec.
00:18:44Il a reconnu
00:18:45les faits,
00:18:46il a reconnu
00:18:47les faits,
00:18:49et ensuite,
00:18:50il y avait certes
00:18:51une pluralité de victimes.
00:18:52Pour notre part,
00:18:53nous souhaitons
00:18:54que soit écarté
00:18:54le cas de la pluralité
00:18:55de victimes
00:18:56et lorsque les victimes
00:18:57sont mineurs.
00:18:59Mais on peut
00:19:00comme ça
00:19:01égrener
00:19:02la chronique judiciaire.
00:19:04Mais encore une fois,
00:19:05vous le comprenez,
00:19:06c'est pour cela
00:19:07que nous sommes très attachés
00:19:08au maintien du procès pénal.
00:19:10Et la question
00:19:10n'est pas de savoir
00:19:11sur cet aspect-là
00:19:13s'il y a un jury populaire
00:19:15ou pas
00:19:15qui pose une autre question.
00:19:17Mais la question
00:19:18du procès complet
00:19:21avec la possibilité
00:19:22de détailler
00:19:23l'intégralité
00:19:24des faits
00:19:25est très importante
00:19:26et c'est pour cela
00:19:27que nous proposons
00:19:27la suppression
00:19:28de cet article.
00:19:29Merci,
00:19:30ma chère collègue.
00:19:30Je me tourne
00:19:30vers la Commission.
00:19:31Monsieur le rapporteur
00:19:32pour connaître
00:19:33votre avis.
00:19:34Merci,
00:19:35Monsieur le Président.
00:19:36Alors,
00:19:36ce sont des avis
00:19:38défavorables
00:19:39sur les amendements
00:19:40de suppression.
00:19:41Je voudrais prendre
00:19:42quelques instants
00:19:43pour l'expliquer
00:19:44au-delà
00:19:45des caricatures
00:19:45que l'on peut entendre.
00:19:47J'ai été
00:19:49moi-même avocat
00:19:50il y a quelques années
00:19:52quand la CRPC
00:19:53a été instituée.
00:19:54Je n'étais pas
00:19:54très favorable
00:19:55et j'imagine
00:19:56qu'ici,
00:19:57dans cet hémicycle,
00:19:58devaient résonner
00:19:58des propos
00:20:00extrêmement virulents
00:20:01contre la CRPC.
00:20:03Plusieurs années après,
00:20:04on a une procédure
00:20:06qui,
00:20:06bon en mal en fonctionne bien,
00:20:07qui n'a pas fait
00:20:08le garde des Sceaux,
00:20:08le disait tout à l'heure,
00:20:09l'objet de remise en cause
00:20:10par quelque gouvernement
00:20:11que ce soit
00:20:12et j'ai voulu aborder,
00:20:14moi,
00:20:14avec ma collègue
00:20:15Dominique Verrien,
00:20:16toutes les auditions
00:20:17avec un esprit
00:20:19pragmatique.
00:20:20Je ne suis pas rentré
00:20:21avec la conviction
00:20:22que c'était
00:20:23la solution absolue.
00:20:24J'ai écouté,
00:20:25j'ai écouté
00:20:26des confrères,
00:20:27j'ai écouté
00:20:27les magistrats.
00:20:28Nous avons,
00:20:29je crois,
00:20:29ensemble forgé
00:20:30une conviction
00:20:32que le plaidé coupable
00:20:34en matière criminelle
00:20:34tel qu'il est institué
00:20:35ici,
00:20:36je le disais tout à l'heure,
00:20:37n'est évidemment pas
00:20:38la solution
00:20:39à l'embolisation
00:20:40de la justice,
00:20:41à elle seule.
00:20:42Tout le monde le sait
00:20:42et personne ne le présente
00:20:43comme tel.
00:20:44de la même manière
00:20:45que les moyens,
00:20:47en effet,
00:20:48je le disais tout à l'heure,
00:20:49sont bien sûr
00:20:51la réponse structurelle
00:20:52et qu'ils ne peuvent
00:20:53à eux seuls,
00:20:54dans le contexte
00:20:55que rappelait le garde
00:20:55des Sceaux tout à l'heure,
00:20:57suffire à répondre
00:20:59à cette embolie.
00:20:59Mais nous avons,
00:21:01je le crois,
00:21:02le devoir
00:21:03d'écouter
00:21:04ce que nous disent
00:21:05les victimes
00:21:07dont la voix
00:21:08a été considérablement
00:21:09rehaussée
00:21:09par la commission des lois
00:21:10dans les travaux
00:21:11qu'elle a portés
00:21:12en son sein
00:21:12avec, je le rappelle,
00:21:14la procédure inédite
00:21:15de consultation
00:21:16que nous proposons
00:21:17et qui leur permet
00:21:19d'avoir une prime inédite
00:21:20dans la procédure
00:21:22de la même manière
00:21:22que l'accusé
00:21:23avec les deux tiers
00:21:24du quantum de la peine
00:21:25bénéficie de cet équilibre.
00:21:27Et je le crois profondément
00:21:29et c'est ainsi
00:21:29que ma conviction
00:21:30a été forgée,
00:21:31c'est que pour certaines affaires,
00:21:33oui,
00:21:33le plaidé coupable
00:21:34en matière criminelle
00:21:35est une solution
00:21:36qui est une solution
00:21:38d'intérêt pour la victime
00:21:40qui n'a pas intérêt
00:21:41et pour, dans certains cas,
00:21:42je pense à des cas
00:21:43de violences intrafamiliales,
00:21:45de viols
00:21:46dans la sphère familiale
00:21:47qui n'a pas intérêt,
00:21:48en effet,
00:21:49à ce que l'affaire dure
00:21:50dans le cadre
00:21:51de la solidarité
00:21:51des procédures
00:21:52et je pense,
00:21:53en effet,
00:21:55que le plaidé coupable
00:21:56en matière criminelle
00:21:57peut apporter
00:21:58une réponse utile
00:21:59et réparatrice.
00:22:00Et c'est la raison
00:22:01pour laquelle la commission
00:22:02a émis un avis défavorable.
00:22:03Merci, monsieur le rapporteur.
00:22:04Quel est l'avis du gouvernement,
00:22:05monsieur le ministre ?
00:22:07Merci, monsieur le président.
00:22:09Un avis défavorable
00:22:10et revenir peut-être
00:22:10sur deux, trois propos
00:22:11qui ont été tenus
00:22:12sur la PJCR
00:22:14parce que je pense
00:22:15que c'est, en effet,
00:22:15un débat très important
00:22:16qui pose des questions
00:22:18de fond.
00:22:19La question, d'abord,
00:22:20se pose si
00:22:21toutes les associations
00:22:22de victimes,
00:22:22monsieur Bourgi,
00:22:23sont opposées.
00:22:23Et vous avez cité
00:22:24France Victime,
00:22:24mais France Victime
00:22:25s'est prononcée favorable
00:22:26au plaid des coupables.
00:22:28Je cite monsieur Jérôme Moreau
00:22:29qui est le porte-parole
00:22:30de la Fédération France Victime.
00:22:31Je vous renverrai
00:22:32la copie de presse
00:22:32si vous le souhaitez.
00:22:33Je vais citer l'extinso
00:22:34qui est en effet
00:22:35la grande association
00:22:36qui travaille
00:22:37avec le ministère
00:22:37de la Justice.
00:22:39La procédure pénale
00:22:40en tant que telle
00:22:41constitue une intensification
00:22:42du traumatisme,
00:22:43une forme de victimisation
00:22:44secondaire reconnue.
00:22:46On peut donc considérer
00:22:47que des victimes
00:22:47peuvent être favorables
00:22:49à cette reconnaissance
00:22:49et à cette procédure
00:22:51accélérée.
00:22:52Et d'ailleurs,
00:22:52la Voix de l'Enfant
00:22:53qui est une autre association
00:22:54très importante
00:22:55qui lutte, vous le savez,
00:22:55avec le courage
00:22:56contre l'inceste
00:22:57est également favorable
00:22:58au texte de loi.
00:22:58Donc il y a des associations
00:22:59qui sont opposées
00:23:00et je le comprends très bien,
00:23:01mais il est assez faux
00:23:03monsieur le sénateur
00:23:04de dire que
00:23:04toutes les associations
00:23:05sont opposées.
00:23:06Il y a bien sûr des vigies.
00:23:07Les avocats sont des vigies
00:23:09de la démocratie
00:23:09de parfaitement raison.
00:23:10Est-ce que tous les avocats
00:23:11sont contre ?
00:23:12La réponse est non.
00:23:12Ce matin encore,
00:23:13lisant La Croix,
00:23:14un journal tout à fait respectable,
00:23:16il y a deux jours,
00:23:17on aurait pu lire
00:23:18d'autres journaux du soir,
00:23:19je pense à deux avocats
00:23:20du bureau de Paris
00:23:21qui évoquent,
00:23:21et vous l'avez vu sans doute
00:23:22la tribune,
00:23:23bien sûr que le mécanisme
00:23:24ne peut pas remplacer
00:23:25la justice criminelle,
00:23:26elle n'en a pas d'ailleurs
00:23:27la vocation,
00:23:28mais il apparaît,
00:23:31il apparaît nécessaire,
00:23:34il apparaît nécessaire,
00:23:36mais...
00:23:36Il apparaît au ministre,
00:23:37s'il vous plaît.
00:23:38Il apparaît nécessaire,
00:23:40car aujourd'hui,
00:23:40ce sont des délais
00:23:41qui portent eux-mêmes
00:23:43atteinte au droit.
00:23:44Le procureur général
00:23:45près de la Cour de cassation,
00:23:46monsieur Rémi Hetz,
00:23:47qui n'est pas, je crois,
00:23:49un homme qui ne manque pas
00:23:50d'indépendance et de liberté,
00:23:51y compris sur les ondes,
00:23:52je pense que vous l'avez entendu
00:23:53ce matin sur France Info,
00:23:54cette loi,
00:23:55ce n'est pas le ministre
00:23:56qui le demande.
00:23:57Ce sont les magistrats,
00:23:58les premiers responsables
00:23:59des cours d'appel eux-mêmes
00:24:00qui l'ont demandé.
00:24:02J'ai dans le journal Le Monde
00:24:05une magistrate spécialisée
00:24:07dans les questions,
00:24:08je crois qu'elle ne partage pas
00:24:09tout à fait mes opinions politiques,
00:24:11et elle l'a d'ailleurs
00:24:12revendiqué jadis.
00:24:13En 20 ans de pratique judiciaire,
00:24:15je la cite,
00:24:15j'ai connu des situations
00:24:16très diverses,
00:24:18certaines victimes souhaitent
00:24:19un procès public,
00:24:20une parole entendue à l'audience,
00:24:21d'autres,
00:24:22simplement,
00:24:23le besoin de reconnaissance des faits,
00:24:24personne ne peut penser
00:24:25à leur place,
00:24:26la douleur est intime.
00:24:28Je pense que si on pouvait
00:24:29aborder ce débat
00:24:30sans caricature
00:24:31et sans d'un côté
00:24:31les bons
00:24:32et de l'autre côté
00:24:33les méchants,
00:24:33je pense qu'on aurait
00:24:34un petit peu avancé.
00:24:36Sur la question
00:24:37qui nous intéresse
00:24:38sur les principes,
00:24:39parce qu'il n'y a pas
00:24:40d'un côté
00:24:40ceux qui ont des principes
00:24:41et ceux qui n'ont pas
00:24:42des principes,
00:24:42je pense que ce qui est bien
00:24:43c'est de se retourner
00:24:44vers le Conseil d'État
00:24:45puisque c'est,
00:24:46me semble-t-il,
00:24:47une instance importante
00:24:48qui conseille l'État
00:24:49et qui rappelle le droit,
00:24:50notamment le droit des principes.
00:24:52La page 2
00:24:53de l'avis du Conseil d'État
00:24:55sur la procédure
00:24:56de justice des crimes reconnus.
00:24:58Le Conseil d'État,
00:24:59c'est la première phrase,
00:25:00rappelle que le Conseil constitutionnel
00:25:02a jugé à plusieurs reprises
00:25:03conforme à la Constitution
00:25:05les procédures de comparution
00:25:06sur l'occasion
00:25:07de préalable de culpabilité.
00:25:08Et il y a neuf jurisprudences
00:25:10du Conseil constitutionnel.
00:25:12Puis,
00:25:12puisque le Conseil constitutionnel
00:25:13peut être,
00:25:15et le Conseil d'État
00:25:16être remis en cause,
00:25:17mais je crois que par personne
00:25:17dans un État de droit,
00:25:18le Conseil d'État,
00:25:19c'est l'attendu 6,
00:25:20rappelle que la Cour
00:25:21européenne des droits de l'homme
00:25:22juge la possibilité
00:25:23pour un accusé
00:25:24d'obtenir une réduction de peine
00:25:25à condition qu'il regresse
00:25:26sa culpabilité
00:25:27dans un procès spécifique
00:25:29ne porte pas atteinte
00:25:30au droit à un procès équitable
00:25:32garanti par article 6
00:25:33de la Convention européenne
00:25:35des droits de l'homme.
00:25:36Il y a sans doute
00:25:37des questions autour
00:25:38de la procédure
00:25:38de plaider coupable.
00:25:39On peut être pour,
00:25:40on peut être contre,
00:25:40et je comprends très bien
00:25:41tous les arguments.
00:25:42Ça ne remet pas en cause
00:25:43ni les principes
00:25:44de l'État de droit,
00:25:45ni notre adhérence
00:25:47à la Cour européenne
00:25:47des droits de l'homme,
00:25:48ni à la jurisprudence
00:25:49du Conseil constitutionnel,
00:25:51ni à ce que peut dire
00:25:52le Conseil d'État.
00:25:53En revanche,
00:25:53en effet,
00:25:53il y a un sujet
00:25:54d'opportunité politique
00:25:55et je comprends tout à fait
00:25:56qu'on soit opposé,
00:25:56mais je pense qu'il ne faut pas
00:25:57l'être forcément
00:25:59sur des arguments
00:26:00de principe
00:26:01puisque, voilà,
00:26:02nos plus hautes instances
00:26:03disent qu'il n'y a pas
00:26:04de sujet de principe
00:26:04quand le procureur général
00:26:05prête la Cour de cassation,
00:26:07quand les premiers présidents
00:26:08des cours d'appel,
00:26:09magistrats indépendants,
00:26:10quand les présidents
00:26:11de tribunaux judiciaires,
00:26:12magistrats indépendants,
00:26:13quand les procureurs généraux,
00:26:14les procureurs à leur conférence
00:26:15disent à l'unanimité
00:26:16qui sont favorables
00:26:17à ce texte.
00:26:19C'est bien que c'est...
00:26:20On peut évidemment
00:26:21tout à fait en discuter,
00:26:23mais il ne s'agit pas
00:26:24d'un côté
00:26:25ceux qui voudraient
00:26:27redorer la justice
00:26:28et lui garantir
00:26:30toutes ses vertus
00:26:31et de l'autre
00:26:31ceux qui voudraient
00:26:32la bâcler.
00:26:32Il y a derrière ça
00:26:33des victimes.
00:26:34La question est de savoir,
00:26:34d'ailleurs, moi,
00:26:35je vais attendre de propositions,
00:26:36je te dis à Mme Kuckerman,
00:26:37je te dis à Mme Cocoun,
00:26:38il n'y a pas de problème.
00:26:39Proposons des modifications
00:26:40au texte.
00:26:41D'ailleurs, j'en prendrai
00:26:41des modifications.
00:26:42Que faisons-nous
00:26:43face aux victimes
00:26:44qui attendent 6 ans
00:26:46dans ce temps-là.
00:26:47Alors, Mme Kuckerman,
00:26:48vous avez raison de dire
00:26:49MeToo, c'est 2017.
00:26:50Oui, vous avez raison,
00:26:51peut-être,
00:26:52que la loi de programmation
00:26:53de 2020,
00:26:54et il a fallu sans doute
00:26:55attendre Éric Dupond-Moretti
00:26:56pour avoir cette programmation.
00:26:58Peut-être que le gouvernement
00:26:58a perdu 2 ans.
00:26:59Vous ne me ferez pas croire,
00:27:00Mme Kuckerman,
00:27:01que le gouvernement précédent
00:27:02que vous souteniez
00:27:03de M. Hollande
00:27:04ne s'est pas intéressé
00:27:05aux violences faites aux femmes.
00:27:05Il l'a fait.
00:27:08Il l'a fait.
00:27:09Non, mais il l'a fait.
00:27:10Et je pense que c'est
00:27:11une question très compliquée.
00:27:12Et on voit bien
00:27:12que c'est une question difficile.
00:27:14Je pense qu'en effet,
00:27:15il y a peut-être
00:27:16des responsabilités politiques
00:27:17à chercher.
00:27:17Je suis à la chancellerie
00:27:18depuis un an et demi
00:27:19et je veux bien prendre
00:27:20tous les péchés d'Israël
00:27:20depuis 2017.
00:27:21Je n'ai aucun sujet
00:27:22sur la continuité.
00:27:24En attendant,
00:27:24que fait-on ?
00:27:25Qu'est-ce que vous dites
00:27:26aux victimes ?
00:27:27Est-ce qu'on dit
00:27:27bon, très bien,
00:27:28il y a une responsabilité
00:27:29avec un tribunal populaire
00:27:30qui jugera des responsabilités
00:27:32devant le tribunal de l'histoire ?
00:27:34Et en attendant,
00:27:34on attend quoi ?
00:27:36On attend peut-être
00:27:36de prendre l'expression.
00:27:37Mes propositions,
00:27:38en effet,
00:27:38ne sont pas consensuelles
00:27:40et sans doute
00:27:40les plus efficaces possibles.
00:27:42Je n'ai jamais dit
00:27:43qu'elles réglaient
00:27:44le problème
00:27:45de l'attente criminelle
00:27:46en général.
00:27:47Évidemment que ça se complète
00:27:48avec des moyens,
00:27:49évidemment que ça se complète
00:27:49avec d'autres fonctionnements,
00:27:50y compris dans l'instruction.
00:27:51Madame de la Contrie,
00:27:52vous avez parfaitement raison.
00:27:54Et en moyenne,
00:27:54j'ai dit moi-même
00:27:54l'instruction,
00:27:55c'est 2,9 ans,
00:27:56quasiment 3 ans.
00:27:57Parfaitement raison.
00:27:58Enfin,
00:27:58quand on attend 6 ans
00:27:59pour une date de viol
00:28:00et 9 ans pour une date de homicide,
00:28:02il y a quand même
00:28:023 ans d'attente d'audiencement.
00:28:04Quand bien même
00:28:04on pourrait discuter
00:28:05de l'instruction
00:28:05qui dure 3 ans,
00:28:06avouez qu'avec moi
00:28:07il reste 3 ans
00:28:07pour une date
00:28:08à l'audiencement.
00:28:09Bon, peut-être qu'on peut faire
00:28:10un petit effort
00:28:11collectivement de ce point de vue
00:28:12qui n'est d'ailleurs pas propre
00:28:13ni à l'article 1
00:28:14ni à l'article 2.
00:28:14C'est un ensemble d'actions
00:28:16qui vont permettre
00:28:17en effet de réduire
00:28:18le plus possible
00:28:20l'attente évidemment
00:28:22du procès criminel.
00:28:23Sur la PJCR en tant que tel,
00:28:25on reviendra sur les amendements
00:28:26et j'en prendrai un certain nombre.
00:28:28Le procès de Scornec
00:28:29n'aurait jamais pu avoir lieu
00:28:31en plaie des coupables
00:28:31pour deux raisons.
00:28:33D'abord parce que vous l'avez
00:28:33vous-même interdit
00:28:34en mettant
00:28:35« j'ai proposé un seul auteur,
00:28:36vous avez dit une seule victime ».
00:28:37Bon, ben déjà, c'est réglé
00:28:39y compris pour l'affaire Pellicot
00:28:40et pour l'affaire de Scornec.
00:28:41Mais vous oubliez
00:28:42le procureur de la République
00:28:44qui peut tout à fait
00:28:45s'opposer au fait
00:28:46qu'on va tenir un procès
00:28:49qui serait un procès
00:28:50solennel d'homologation
00:28:52contre un procès classique
00:28:54en cours criminel
00:28:54ou en cours d'assises.
00:28:55Le procureur de la République,
00:28:57évidemment,
00:28:58il peut tout à fait
00:28:58s'opposer à cela
00:28:59pour plein de raisons.
00:29:00Et d'ailleurs,
00:29:00on prendra d'autres amendements
00:29:01qui pourront garantir parfaitement
00:29:03ce que vous évoquez
00:29:04parce que nous aussi,
00:29:05nous souhaitons bien évidemment
00:29:06que...
00:29:06Et c'est pour ça
00:29:07que je faisais la reproche
00:29:07à M. Benaroche.
00:29:08Vous avez beaucoup combattu
00:29:09les cours criminels,
00:29:10comme d'ailleurs la profession
00:29:11d'avocat dans sa majorité.
00:29:13Bon, la cour criminelle,
00:29:13aujourd'hui,
00:29:14elle est encensée
00:29:14dans le cas du procès de Scornec
00:29:15et du procès Pellicot.
00:29:17Elle a son avantage
00:29:19sur cette cour criminelle,
00:29:19comme hier, en effet,
00:29:20sur la CRPC délectuelle.
00:29:22D'ailleurs,
00:29:22comme c'était le cas,
00:29:23me semble-t-il,
00:29:24sur la loi narcotrafic
00:29:25puisque nous avions là aussi
00:29:25une position entière
00:29:27d'opposition
00:29:27à la loi narcotrafic.
00:29:30Je parlais de la profession
00:29:31d'avocat
00:29:32et de ce qui avait été dit
00:29:33par les instances représentatives
00:29:35qui étaient prises
00:29:36d'opposition d'alors.
00:29:37Je pense que d'ailleurs
00:29:38le Sénat a su dépasser cela
00:29:40et voter d'ailleurs
00:29:41à l'unanimité.
00:29:41Cette loi narcotrafic
00:29:42a été co-construite
00:29:43avec le groupe socialiste
00:29:44et j'en remercie d'ailleurs
00:29:45Jérôme Durin
00:29:46qui a beaucoup contribué
00:29:48évidemment à ce sujet
00:29:49comme d'autres qui sont ici.
00:29:50Sur le point
00:29:52très important
00:29:53du procès,
00:29:54le Conseil d'Etat
00:29:55lui-même remarque
00:29:56je voudrais vous en appeler
00:29:58à son considérant
00:29:59numéro 8
00:30:00que le Conseil d'Etat
00:30:01observe
00:30:01qu'il est prévu
00:30:03un exposé
00:30:03des faits de l'accusation
00:30:05en présence de l'accusé
00:30:07et de son Conseil
00:30:07des parties civiles
00:30:09qui peuvent librement
00:30:10présenter des observations
00:30:11et prendre évidemment
00:30:12la parole
00:30:12la victime à la parole
00:30:13dans le procès
00:30:14du ministère public
00:30:15qui évidemment est entendu
00:30:16dans ses acquisitions
00:30:17l'accusé ayant la parole
00:30:19en dernier
00:30:19le Conseil d'Etat
00:30:20estime
00:30:21qu'est ainsi préservée
00:30:23la fonction symbolique
00:30:24et dissuasive du procès
00:30:26la peine
00:30:27demeure
00:30:28infligée
00:30:28au terme
00:30:28d'une audience publique
00:30:30on a beaucoup lu
00:30:30que c'était une audience
00:30:32qui était à huis clos
00:30:32ce n'est pas vrai
00:30:33d'abord
00:30:33vous savez bien
00:30:34et comme vous l'avez
00:30:34très bien dit
00:30:34monsieur Benaroche
00:30:35la victime aujourd'hui
00:30:36peut déjà demander
00:30:37le huis clos
00:30:37bon
00:30:38c'est déjà dans notre droit
00:30:39c'est pas nous
00:30:40qui l'inventons
00:30:41et ce procès
00:30:41il est public
00:30:43il n'est pas à huis clos
00:30:44comme on peut le lire ici
00:30:45donc il y a beaucoup
00:30:45de contre-vérité
00:30:46en effet
00:30:46sur ce plaid des coupables
00:30:48et je terminerai
00:30:48sur deux arguments
00:30:49qui devraient emporter
00:30:50me semble-t-il
00:30:52la raison
00:30:52à part les amendements
00:30:53qui vont nous permettre
00:30:54de modifier
00:30:55peut-être d'améliorer
00:30:56ici à l'assemblée
00:30:57le plaid des coupables
00:30:59premièrement
00:31:00le plaid des coupables
00:31:00il sera ce que les acteurs
00:31:02en feront
00:31:02nous sommes les premiers
00:31:03et si je peux me permettre
00:31:04je dis à madame Koukoun
00:31:05parce que c'est un point important
00:31:06vous parliez des victimes
00:31:07et des accompagnements
00:31:07nous sommes les premiers
00:31:08à imposer la présence
00:31:10de l'avocat
00:31:11parce qu'aujourd'hui
00:31:12quelqu'un qui reconnaît
00:31:13des faits
00:31:13parfois dès la scène de crime
00:31:15parfois il appelle lui-même
00:31:16les policiers gendarmes
00:31:16pour dire qu'il a fait
00:31:17un crime
00:31:18parfois au cours de l'instruction
00:31:19tout ça peut se dérouler
00:31:21sans jamais avoir
00:31:22la présence obligatoire
00:31:23d'un avocat
00:31:23c'est notre droit aujourd'hui
00:31:24aujourd'hui la victime
00:31:26n'est pas obligatoirement
00:31:27en présence d'un avocat
00:31:28elle peut reconnaître
00:31:29la culpabilité
00:31:30des faits
00:31:30ça arrive de nombreuses fois
00:31:32mais elle ne peut pas
00:31:33l'accusé
00:31:35pardon
00:31:35l'auteur présumé
00:31:36ne peut pas
00:31:37reconnaître
00:31:39peut reconnaître
00:31:40devant des policiers
00:31:41devant des gendarmes
00:31:42devant un juge d'instruction
00:31:43sa culpabilité
00:31:44sans jamais d'assister à un avocat
00:31:45que dit le texte
00:31:47si jamais l'accusé
00:31:49reconnaît les faits
00:31:49et tous les faits
00:31:50et que le juge d'instruction
00:31:51après une longue
00:31:51trois ans en moyenne
00:31:52vous avez raison
00:31:54procédure contradictoire
00:31:54qui a entendu des experts
00:31:55qui a entendu des témoins
00:31:56qui a fait des confrontations
00:31:57a entendu l'accusé
00:32:00évidemment tout ne peut pas
00:32:01être basé sur l'aveu
00:32:02vous avez parfaitement raison
00:32:03madame la sédatrice
00:32:04le juge peut dire
00:32:05est-ce qu'on va rentrer
00:32:06est-ce que ça rentre
00:32:07dans les critères
00:32:07de la magistère
00:32:08ça va en définir
00:32:09les critères par la loi
00:32:11et c'est fort heureux
00:32:12est-ce qu'on rentre
00:32:12dans cette procédure
00:32:14ce que nous disons
00:32:15et ce qui est tout à fait nouveau
00:32:16c'est que la procédure
00:32:17elle ne peut pas se tenir
00:32:18sans avocat
00:32:19l'avocat est obligatoire
00:32:20dans la procédure de Pégissère
00:32:21dans sa discussion
00:32:22avec le procureur de la République
00:32:23est-ce que la victime
00:32:24a la place qui lui convient
00:32:25on va améliorer
00:32:26sans doute encore le texte
00:32:27mais l'avocat est obligatoire
00:32:28c'est-à-dire que si l'avocat
00:32:29ne veut pas venir au Pégissère
00:32:30s'il y a une grève
00:32:31des avocats de Pégissère
00:32:32il n'y aura pas de Pégissère
00:32:33donc la profession d'avocat
00:32:36est garantie
00:32:37que si elle ne participe pas
00:32:39à la Pégissère
00:32:40par exemple
00:32:40il n'y aura pas de Pégissère
00:32:42indépendamment de l'accord
00:32:43de la victime
00:32:43indépendamment de l'accord
00:32:45de l'accusé
00:32:46indépendamment de l'accord
00:32:47du procureur de la République
00:32:48et de l'assentiment
00:32:49du juge d'instruction
00:32:50et je ne parle même pas
00:32:51de l'audience
00:32:51où les trois magistrats
00:32:53qui composent
00:32:54la cour d'assises sans jury
00:32:55peuvent très bien
00:32:55ne pas homologuer la peine
00:32:57où l'accusé
00:32:58peut lui-même
00:32:58faire appel de ses décisions
00:33:00être envoyé devant une cour criminelle
00:33:01ou une cour d'assises
00:33:01et puis il y a un deuxième sujet
00:33:03qui est très important
00:33:04c'est que ça ne retire rien à personne
00:33:06ça ne retire rien à personne
00:33:07c'est un outil supplémentaire
00:33:08qui peut croire
00:33:09que sur les 600 dossiers
00:33:10700 dossiers
00:33:11800 dossiers
00:33:11que les procureurs généraux
00:33:13aujourd'hui ont effectivement
00:33:14fait remonter
00:33:15il n'y a pas au moins
00:33:16quelques dossiers
00:33:17c'est pas qu'une question
00:33:18de flux ou de stock
00:33:19il n'y a pas
00:33:20un dossier
00:33:20vous pensez par an
00:33:21sur 600
00:33:21où une victime n'a pas envie
00:33:23de vivre le moment traumatique
00:33:25du procès
00:33:25une seule sur 600
00:33:26vous êtes capable d'assurer ici
00:33:28qu'il n'y a pas une victime
00:33:28sur 600 par an
00:33:29qui ne veut pas
00:33:31éviter
00:33:31le procès
00:33:32avec l'expert
00:33:33qui va lui rappeler
00:33:33peut-être son enfance malmenée
00:33:35ou elle a été violée
00:33:36par son père
00:33:36ou les témoins
00:33:38qui vont lui apporter
00:33:40ou lui rappeler sa vie
00:33:41ou l'avocat de la défense
00:33:42ça a été dit
00:33:43et ça a été dit
00:33:44à plusieurs reprises
00:33:44qui parfois
00:33:45ça peut arriver
00:33:46ça peut arriver
00:33:47voilà
00:33:48oui alors votre réponse
00:33:49c'est pas de présence obligatoire
00:33:50donc votre problème
00:33:50vous dites
00:33:51il faut que la victime s'en aille
00:33:52ben c'est pas la vision
00:33:53de la justice
00:33:54personnellement que j'ai
00:33:55il y a bien au moins
00:33:56une fois
00:33:56une fois
00:33:57une fois dans l'année
00:33:58une victime qui se dira
00:33:59avec son avocat
00:34:00avec son juge d'instruction
00:34:02avec l'avocat de l'accusé
00:34:03avec le procureur de la république
00:34:05ben oui
00:34:05cette procédure
00:34:06elle peut être faite pour moi
00:34:07voilà
00:34:07alors on peut parler de tout
00:34:09je constate d'ailleurs
00:34:09avec étonnement
00:34:11sauf si j'ai mal lu
00:34:12la liste des amendements
00:34:12qu'il n'y a pas un amendement
00:34:13qui revient sur la réduction
00:34:14du quantum de peine
00:34:17et peut-être
00:34:18c'était
00:34:20le sujet
00:34:20le plus intéressant
00:34:22faut-il faire
00:34:23une réduction
00:34:24de quantum de peine
00:34:25est-ce que faut avouer
00:34:26un tiers pardonné
00:34:27pour parler vulgairement
00:34:28des pays
00:34:29qui mettent en place
00:34:30ce pédé coupable
00:34:30sur le criminel
00:34:31l'ont pas fait
00:34:31et ça marche très bien
00:34:32l'Espagne
00:34:34la mission
00:34:35qui avait été imaginée
00:34:36en effet
00:34:36par mon prédécesseur
00:34:37n'avait pas imaginé
00:34:38c'était ça la grande différence
00:34:39le quantum de peine
00:34:40à un tiers de moins
00:34:41non
00:34:42le premier président
00:34:42de la cour d'appel de Paris
00:34:43pourra vous le préciser
00:34:44si vous le souhaitez
00:34:45madame la sénatrice
00:34:47on peut discuter
00:34:48de cette affaire
00:34:48il ne s'agit pas d'appâter
00:34:50comme je l'ai entendu
00:34:51l'accusé
00:34:51il s'agit de permettre
00:34:52quelque chose en plus
00:34:54qui ne retient rien à personne
00:34:55qui correspond à ce que font
00:34:56tous les pays
00:34:57qui nous entourent presque
00:34:58conforme à la CDH
00:34:59conforme à notre constitution
00:35:00conforme au grand principe
00:35:01qui écoute une partie
00:35:03une petite partie
00:35:04sans doute très minoritaire
00:35:05vous avez parfaitement raison
00:35:06de victimes
00:35:07qui ne veulent pas du procès
00:35:07de leur permettre
00:35:08qui sommes-nous
00:35:09pour l'empêcher aujourd'hui
00:35:10avis défavorable
00:35:13merci monsieur le ministre
00:35:15j'ai une demande
00:35:16d'explication de vote
00:35:16monsieur Spiner
00:35:20je veux dire que
00:35:21j'ai lu avec attention
00:35:23l'amendement
00:35:24de monsieur Benaroc
00:35:25et je suis étonné
00:35:27parce qu'il comprend
00:35:28six erreurs
00:35:30la première
00:35:31vous parlez
00:35:31d'aveu d'opportunité
00:35:32je rappelle
00:35:34qu'il y a une instruction
00:35:35où quelqu'un est assisté
00:35:37que l'instruction
00:35:38dure longtemps
00:35:39et que donc l'idée
00:35:41qu'au dernier moment
00:35:41quelqu'un avoue
00:35:42pour une remise
00:35:43de peine d'un tiers
00:35:44quand on sait
00:35:44que la peine
00:35:45en matière de viol
00:35:46est de 10 ans
00:35:46et que même à 13 ans et demi
00:35:48ça n'a pas de sens
00:35:49personne ne va avouer
00:35:51on n'est pas aux Etats-Unis
00:35:52et vous confondez après
00:35:53en disant
00:35:54c'est comme aux Etats-Unis
00:35:55mais aux Etats-Unis
00:35:56où il y a des peines planchées
00:35:58suivant la qualification
00:35:59oui
00:36:00l'avocat peut dire
00:36:01ben finalement
00:36:02il vaut mieux être
00:36:03au premier degré
00:36:04deuxième degré
00:36:04parce que j'aurai
00:36:05une peine moins forte
00:36:06et là c'est un intérêt
00:36:07ça n'a aucun intérêt
00:36:08en France
00:36:09et donc à partir de là
00:36:11troisième argument
00:36:12vous dites
00:36:13cette procédure
00:36:14prive
00:36:14tout débat
00:36:15sur la personnalisation
00:36:17de l'individu
00:36:17poursuivit au détriment
00:36:18de l'individualisation
00:36:19de la peine
00:36:19mais il y aura
00:36:20un dossier d'instruction
00:36:21et dans le dossier d'instruction
00:36:22il y a une enquête
00:36:23de personnalité
00:36:24il y a un curriculum vitae
00:36:25il y a des examens psychiatriques
00:36:26il y a des examens psychologiques
00:36:28et tout ça
00:36:29il sera à la disposition
00:36:30du procureur
00:36:31à la disposition
00:36:32de la défense
00:36:32et à la disposition
00:36:33de la cour
00:36:34qui va homologuer les choses
00:36:36ensuite vous dites
00:36:37une réelle crainte
00:36:38pèse sur la qualité
00:36:39des enquêtes menées
00:36:40dès lors que le parquet
00:36:42proposera ce mode
00:36:43de jugement
00:36:43mais c'est pas le parquet
00:36:45qui mène les enquêtes
00:36:45en matière criminelle
00:36:47l'instruction est obligatoire
00:36:48donc c'est un juge
00:36:49d'instruction indépendant
00:36:50qui va mener
00:36:51son enquête longuement
00:36:52ensuite
00:36:53vous dites
00:36:54il y a un piège
00:36:55pour la partie civile
00:36:57mais excusez-moi
00:36:58quand on demande
00:36:59aujourd'hui
00:37:00à quelqu'un
00:37:01et ça devrait
00:37:01vous faire réfléchir
00:37:03est-ce que vous êtes d'accord
00:37:04pour la correctionnalisation
00:37:05il faut l'accord
00:37:06de la victime
00:37:07et il y a combien
00:37:08de victimes
00:37:09qui donnaient leur accord
00:37:10et vous allez pas
00:37:11leur jeter la pierre
00:37:12elles jettent leur accord
00:37:13parce qu'elles disent
00:37:13je préfère un jugement
00:37:14rapide
00:37:15et en finir
00:37:16par le biais même
00:37:17de la correctionnalisation
00:37:18plutôt que d'attendre
00:37:20se trouve que je suis
00:37:21un des avocats
00:37:21de la voix de l'enfant
00:37:22mais comment peut-on parler
00:37:24au nom de toutes les victimes
00:37:25c'est d'une arrogance
00:37:27exceptionnelle
00:37:27il y a plein de victimes
00:37:28qui se tiennent
00:37:29en dehors des associations
00:37:30il y a plein de victimes
00:37:31dans leur solitude
00:37:32et quand vous les connaissez
00:37:33et qu'elles vous dites
00:37:34moi j'ai pas envie
00:37:35qu'en audience publique
00:37:37on raconte ma vie
00:37:37et tout ce qui s'est passé
00:37:39vous voulez pas le respecter
00:37:40d'ailleurs
00:37:41est-ce que vous voulez
00:37:42dans ces cas-là
00:37:43demander la suppression
00:37:44de l'article
00:37:45qui permet à une victime
00:37:46d'avoir le huis clos
00:37:47qui est de droit
00:37:48en matière de viol
00:37:49et donc à partir de ce moment-là
00:37:511
00:37:52grâce à ce que nous avons fait
00:37:53à la commission des lois
00:37:56le score nex
00:37:57ça reste public
00:37:57et je vous rappelle
00:37:58que les victimes
00:37:58de l'affaire Ramadan
00:37:59ont tenu un procès
00:38:01à huis clos
00:38:01merci mon cher collègue
00:38:03de la parole
00:38:03et madame Linkeneld
00:38:07merci monsieur le président
00:38:08je voudrais à mon tour
00:38:10apporter mon soutien
00:38:12à ces amendements
00:38:12de suppression
00:38:13de l'article 1
00:38:15j'ai déjà eu l'occasion
00:38:16dans la discussion générale
00:38:18d'indiquer un certain nombre
00:38:19de raisons
00:38:19pour lesquelles
00:38:20notre groupe
00:38:21et moi-même
00:38:22sommes opposés
00:38:23à l'instauration
00:38:24du plaidé coupable
00:38:26et je voudrais revenir
00:38:27sur cette idée
00:38:29de sous-criminalisation
00:38:30puisque monsieur le garde des Sceaux
00:38:31a bien voulu m'interpeller
00:38:32sur le sujet
00:38:33et lui dire
00:38:34que j'assume
00:38:36ce terme
00:38:36de sous-criminalisation
00:38:37je l'assume
00:38:38pour le plaidé coupable
00:38:39car c'est bien en lien
00:38:40avec le plaidé coupable
00:38:41que je l'ai utilisé
00:38:42pourquoi ?
00:38:43parce que vous l'avez dit
00:38:43vous-même
00:38:44dans le texte
00:38:45tel qu'il est proposé
00:38:47le plaidé coupable
00:38:49est assorti
00:38:49d'un allègement de peine
00:38:51ce qui donc
00:38:52rend par définition
00:38:54les crimes
00:38:55à caractère sexuel
00:38:56jugés différemment
00:38:58par le biais
00:38:59du plaidé coupable
00:39:00parce que la peine
00:39:01sera réduite
00:39:02jusqu'à deux tiers
00:39:04par rapport à d'autres crimes
00:39:05à caractère sexuel
00:39:07et d'ailleurs
00:39:07on sent bien
00:39:08qu'on n'est pas à l'aise
00:39:08avec ce sujet
00:39:10puisque les rapporteurs
00:39:11eux-mêmes
00:39:12ont proposé
00:39:12que pour les crimes sexuels
00:39:14les plus lourds
00:39:14on les exclut
00:39:16de l'application
00:39:16de l'article 1
00:39:18sentant cette histoire
00:39:19de sous-criminalisation
00:39:20dont je parle
00:39:21donc c'est à cela
00:39:22que je fais référence
00:39:23je ne faisais pas référence
00:39:24aux cours criminels
00:39:26départementaux
00:39:27qui en effet
00:39:27étaient là aussi
00:39:29pour éviter
00:39:29la correctionnalisation
00:39:31et qui ne sont pas
00:39:32en effet
00:39:32un élément
00:39:33de sous-criminalisation
00:39:35mais je maintiens
00:39:36que le plaidé coupable
00:39:37en l'état
00:39:37en tout cas
00:39:39l'est
00:39:39et que c'est
00:39:40pour moi
00:39:41d'autant plus dangereux
00:39:42monsieur le rapporteur
00:39:43qu'on vient
00:39:45appliquer
00:39:45le plaidé coupable
00:39:46directement
00:39:47à des crimes sexuels
00:39:48alors qu'on n'a pas
00:39:50expérimenté
00:39:51la CRPC
00:39:52à des délits sexuels
00:39:53qu'on avait sorti
00:39:54les délits sexuels
00:39:55de la CRPC
00:39:56mais oui
00:39:56il y a eu des propositions
00:39:57d'expérimentation
00:39:59sur ce plaidé coupable
00:39:59vous ne les avez pas retenues
00:40:01l'Espagne a mis 20 ans
00:40:03à utiliser d'abord
00:40:04le plaidé coupable
00:40:05pour les délits sexuels
00:40:06avant de l'étendre
00:40:07aux crimes sexuels
00:40:08c'est la raison
00:40:08pour laquelle
00:40:09je pense
00:40:10et je maintiens
00:40:10qu'il est dangereux
00:40:11d'appliquer aujourd'hui
00:40:12ce plaidé coupable
00:40:13au VSS
00:40:14parce que c'est une
00:40:15sous-criminalisation
00:40:16pour les VSS
00:40:17merci mes chers collègues
00:40:18la parole est à monsieur le ministre
00:40:23bien d'abord
00:40:24si madame la sénatrice
00:40:25il s'agit
00:40:26comme seule
00:40:27discorde
00:40:27après modification
00:40:28évidemment
00:40:30du texte
00:40:31de la question
00:40:31du quantum
00:40:32de peine réduit
00:40:32on peut largement
00:40:33en discuter
00:40:34il n'y a pas
00:40:35d'amendement de suppression
00:40:36je comprends
00:40:36que ça vous dérange
00:40:37dès maintenant
00:40:38mais il n'y a pas
00:40:38d'amendement de suppression
00:40:39ni en commission
00:40:39ni maintenant
00:40:40mais on peut en discuter
00:40:41dans le débat général
00:40:42j'ai été convaincu
00:40:43personnellement
00:40:43des exemples
00:40:44portugais
00:40:45et espagnols
00:40:46et allemands
00:40:47que je n'ai pas vus
00:40:47mais que j'ai consultés
00:40:48sur le fait
00:40:49que se pose la question
00:40:50effectivement
00:40:51d'un plaidé coupable
00:40:52qui marche
00:40:52sans réduction
00:40:53non pas de la peine
00:40:54mais du quantum
00:40:54donc s'il s'agit
00:40:55de retirer le quantum
00:40:56d'un tiers
00:40:57parce que vous considérez
00:40:58qu'il faut le sécriminaliser
00:41:00oui c'est ce que vous essayez
00:41:01de le faire
00:41:02en général
00:41:02j'ai bien compris
00:41:03puisque vous proposez
00:41:04de retirer
00:41:04ceux qui touchent
00:41:05l'évidence sexuelle
00:41:06puis ceux qui touchent
00:41:07la perpétuité
00:41:07donc à la fin
00:41:08il n'y a plus rien
00:41:08c'est une façon
00:41:10évidemment je vous reconnais
00:41:11bien là
00:41:11madame la sénatrice
00:41:12si jamais vous étiez battu
00:41:13sur la suppression
00:41:14de l'article 1er
00:41:14de vous venir en deuxième semaine
00:41:16mais je comprends
00:41:16tout à fait ce débat
00:41:17enfin le débat
00:41:18du quantum de peine
00:41:18il est intéressant à avoir
00:41:20c'est un débat de principe
00:41:21par nature
00:41:22on l'a d'ailleurs eu
00:41:23sur d'autres sujets
00:41:24notamment sur le texte
00:41:25narcotrafique
00:41:26et il crée
00:41:27un certain nombre de discussions
00:41:29sur la CRPC délictuelle
00:41:30c'est une drôle
00:41:32de démonstration
00:41:33si je peux me permettre
00:41:34on l'a déjà eu
00:41:34en commission
00:41:35d'abord rien ne vous empêche
00:41:37rien ne vous aurait empêché
00:41:38de le proposer
00:41:39dans ce texte
00:41:40d'ailleurs on a eu
00:41:40ce débat en commission
00:41:41c'est pas le choix
00:41:42de votre commission
00:41:43et c'est pas le choix
00:41:43de vos amendements
00:41:45je parle
00:41:47madame le cannel
00:41:47me dit pourquoi
00:41:48vous n'avez pas expérimenté
00:41:49parce que
00:41:51j'entends bien
00:41:52je vous remercie
00:41:52de reconnaître ce fait
00:41:53au moins on est d'accord
00:41:54sur deux constats
00:41:55il y a un délai criminel
00:41:56qui s'allonge
00:41:56et il y a un garde des sceaux
00:41:58juste là
00:41:59nous pouvons aller
00:42:01dans un débat parlementaire
00:42:02en effet
00:42:03avec ces deux bornes
00:42:04de réalité
00:42:05non mais plus sérieusement
00:42:07il y a plusieurs différences
00:42:08avec la CRPC délictuelle
00:42:09d'abord
00:42:11la critique
00:42:12que vous
00:42:13que nous
00:42:14portions
00:42:15sur la CRPC délictuelle
00:42:16d'abord
00:42:16c'est qu'elle n'était pas
00:42:18pour l'essentiel
00:42:19des cas
00:42:20à la fin d'une instruction
00:42:23bon
00:42:23donc là
00:42:24on parle
00:42:25d'un plaidé coupable
00:42:26d'ailleurs c'est pas
00:42:27une CRPC criminelle
00:42:28d'un plaidé coupable
00:42:29qui est à la fin
00:42:29comme l'a très bien dit
00:42:30madame la gontrie
00:42:30d'une longue période
00:42:31d'instruction
00:42:32et je pense que
00:42:33la démonstration
00:42:33de Francis Spiner
00:42:35est assez juste
00:42:36pas tout à fait la même chose
00:42:37que lorsqu'on dit
00:42:38CRPC avec le procureur
00:42:39de la république
00:42:39qui oriente
00:42:40deuxièmement
00:42:40il n'y a pas
00:42:42d'obligation
00:42:43dans ce que nous portons
00:42:44aujourd'hui
00:42:45quelque chose de très nouveau
00:42:46qui est de dire
00:42:46il faut que tout le monde
00:42:47soit d'accord
00:42:48il se pourrait très bien
00:42:49qu'il n'y ait jamais
00:42:50de plaidé coupable
00:42:50si l'un des acteurs
00:42:53est contre
00:42:53c'est pas tout à fait le cas
00:42:54en CRPC délictuel
00:42:56troisièmement
00:42:56en CRPC délictuel
00:42:57vous ne m'écoutez plus
00:42:58madame la sénatrice
00:42:58mais je vais quand même
00:42:59essayer de jusqu'au bout
00:43:00il y a un seul juge
00:43:01et l'une des critiques
00:43:02de CRPC délictuel
00:43:03c'est qu'il est très difficile
00:43:03à un juge unique
00:43:04d'ailleurs en général
00:43:05on n'aime pas trop
00:43:05les juges uniques
00:43:06évidemment quand on parle
00:43:07de justice
00:43:08il est très difficile
00:43:09pour un juge unique
00:43:09de revenir sur une négociation
00:43:11qu'a le procureur
00:43:11de la république
00:43:12avec quelqu'un
00:43:13et que du coup
00:43:13c'est un peu la victime
00:43:14qui subit
00:43:16puisque le juge
00:43:16c'est un peu compliqué
00:43:17je crois que maintenant
00:43:18on doit être à un taux
00:43:19je ne l'ai pas exactement
00:43:20plus de 90%
00:43:21voire beaucoup plus
00:43:22d'homologation
00:43:23parce que le juge unique
00:43:24il a eu mal
00:43:25à remettre en cause
00:43:25la discussion
00:43:26qu'a eu le procureur
00:43:27de la république
00:43:27la négociation
00:43:28parce qu'en fait
00:43:29les avocats
00:43:30ils en font 100 000 décisions
00:43:31par an de négociation
00:43:32en pénale
00:43:32et en civil
00:43:33je crois qu'ils en font
00:43:34désormais
00:43:34pour une bonne partie
00:43:36de leur travail
00:43:36désormais ce qu'on appelle
00:43:37l'amiable ou la médiation
00:43:39là on parle
00:43:40parce qu'il faut quand même
00:43:41qu'on relativise
00:43:42il y a 600 dossiers
00:43:43en attente
00:43:44on parle éventuellement
00:43:456 000 pardon
00:43:47dossiers en attente
00:43:47criminelle
00:43:48600 dossiers
00:43:49qui relèveraient
00:43:50d'après les procureurs généraux
00:43:51de notre cas
00:43:52et encore vous avez raison
00:43:53il faudrait que les victimes
00:43:53soient d'accord
00:43:54donc on peut sans doute
00:43:55diviser par deux
00:43:56facilement
00:43:57en plus ces critères
00:43:58que nous mettrons
00:43:596 000 décisions criminelles
00:44:01en attente
00:44:02il y a 550 000 décisions
00:44:03judiciaires
00:44:05qui relèvent du pénal
00:44:06chaque année
00:44:07et 100 000 décisions
00:44:08de CRPC délictuelles
00:44:09donc on parle
00:44:10d'un très petit nombre
00:44:11de cas
00:44:12mais extrêmement sensibles
00:44:13parce que ce sont
00:44:13les crimes les plus graves
00:44:15et qui nous touchent
00:44:16profondément
00:44:17et donc on fait
00:44:18de la dentelle
00:44:19mais avec des gens
00:44:20qui attendent 6 à 8 ans
00:44:21qu'on puisse répondre
00:44:22à leurs problèmes
00:44:22c'est quand même
00:44:23une question
00:44:23qu'on pourrait résoudre
00:44:24entre nous
00:44:25soit dit
00:44:26avec un peu plus d'organisation
00:44:28une fois qu'on a
00:44:29qu'on s'est dit
00:44:30qu'il y avait
00:44:30trois magistrats
00:44:32indépendants
00:44:32qui répondent
00:44:33à la CRPC
00:44:35criminel
00:44:35appelée plaidé coupable
00:44:36au PJCR
00:44:37on n'est pas du tout
00:44:38dans le cadre
00:44:38d'une extension
00:44:40de ce qui existe
00:44:41déjà en CRPC délictuelle
00:44:41c'est pas du tout
00:44:42de la même nature
00:44:43alors on peut discuter
00:44:44de savoir
00:44:44si on doit ou pas
00:44:45mettre les agressions sexuelles
00:44:46dans la CRPC délictuelle
00:44:47mais que nous auriez-vous dit
00:44:49vous auriez dit
00:44:50vous êtes en train
00:44:50de faire descendre
00:44:52ce qui était hier
00:44:52un crime
00:44:54vers le délit
00:44:54voilà
00:44:55je parle pas de vous
00:44:56en tant que tel
00:44:56madame la sénatrice
00:44:58il faut que nous discutions
00:44:59des arguments
00:45:00pour tous ceux
00:45:00qui nous écoutent
00:45:01et j'imagine
00:45:01qu'ils sont nombreux
00:45:02à nous écouter
00:45:02à une heure tardive
00:45:03sur un sujet aussi important
00:45:04donc cette comparaison
00:45:06me paraît pas raison
00:45:07je pense que
00:45:08vous ne répondez pas
00:45:08à la question
00:45:09quelle est la réponse
00:45:09alternative
00:45:11à ce que propose
00:45:12le texte de loi
00:45:13comment on gagne du temps
00:45:15c'est pas expéditif
00:45:16comment on gagne du temps
00:45:17pour répondre
00:45:17à des victimes
00:45:18qui attendent depuis 6 ans
00:45:19un jugement
00:45:20je n'ai pas entendu
00:45:21de proposition
00:45:23merci monsieur le ministre
00:45:24la parole est à madame
00:45:25la présidente Kukerman
00:45:28merci monsieur le président
00:45:30monsieur Gardesso
00:45:30mes chers collègues
00:45:31tout d'abord
00:45:32ça doit être l'heure tardive
00:45:35mais en fait
00:45:35je suis heureuse
00:45:36d'entendre ce soir
00:45:38que finalement
00:45:39quand il y a une personne
00:45:40sur 6 ans
00:45:40qui s'y opposerait
00:45:42il faudrait s'interroger
00:45:43parce que
00:45:44j'avais l'impression
00:45:45quand même
00:45:45que sur un certain nombre
00:45:46de textes
00:45:47de loi
00:45:47c'était pas tout à fait
00:45:48la règle
00:45:50qu'on retenait
00:45:50mais bon
00:45:51j'entends
00:45:52des nouvelles manières
00:45:53de faire
00:45:54j'ai aucun sujet
00:45:56en la matière
00:45:56je ne doute pas
00:45:57qu'ils s'appliqueront
00:45:58sur bien d'autres textes
00:45:59à venir
00:46:00après monsieur
00:46:01le garde des Sceaux
00:46:02je ne suis pas
00:46:03votre conseillère
00:46:03de communication
00:46:05je n'ai pas la prétention
00:46:06de l'être
00:46:07mais j'ai quand même
00:46:08une petite difficulté
00:46:09parce que je vous ai
00:46:09entendu à la tribune
00:46:11puis je vous ai
00:46:11entendu dans la presse
00:46:13ces derniers jours
00:46:15expliquer à coups
00:46:16d'arguments
00:46:17et j'écoute beaucoup
00:46:19en la matière
00:46:21l'importance
00:46:21et le caractère
00:46:24je l'ai dit ainsi
00:46:25dans mon intervention
00:46:25je vais reutiliser
00:46:26ce mot de baguette magique
00:46:28qui allait régler
00:46:29l'accélération
00:46:30d'un certain nombre
00:46:32de situations
00:46:33et puis depuis tout à l'heure
00:46:34j'entends quand même
00:46:35bon alors en fait
00:46:36c'est pas tant que ça
00:46:37c'est seulement
00:46:38s'ils le veulent
00:46:39il faut encore
00:46:40que la victime l'accepte
00:46:41il faut encore
00:46:41que le procureur
00:46:42il faut encore
00:46:43donc là je suis en train
00:46:44de me dire
00:46:45est-ce qu'on n'est pas
00:46:45en train un peu de mentir
00:46:46quand même
00:46:47de ne pas dire
00:46:48tout à fait la vérité
00:46:49aux français
00:46:49parce qu'un de nos collègues
00:46:51a cité le sondage
00:46:52qui a été publié
00:46:53sur un des médias
00:46:54du groupe Bolloré
00:46:56récemment
00:46:58oui d'accord
00:46:58les français l'attendent
00:47:00je pense pas
00:47:01que les français
00:47:02aient compris
00:47:02que ce qui se mettait
00:47:03en place
00:47:04ce n'était que
00:47:05pour quelques cas
00:47:06je pense que sincèrement
00:47:08les français ont l'impression
00:47:08que demain matin
00:47:09ils vont se réveiller
00:47:09et qu'il n'y a plus de problème
00:47:11et que la justice
00:47:11va aller très très vite
00:47:12d'ailleurs les mêmes
00:47:13qui viendront se plaindre
00:47:14parce que cette justice
00:47:15là
00:47:15n'aura pas été
00:47:16tout à fait juste
00:47:17dans ce qui les intéresse
00:47:19donc voilà
00:47:20je dis simplement
00:47:21qu'il faut raison garder
00:47:23si effectivement
00:47:24on est sur
00:47:24quelques cas particuliers
00:47:26je pense qu'on est
00:47:27quand même beaucoup
00:47:28à ne pas l'avoir compris
00:47:29à commencer quand même
00:47:30excusez-moi
00:47:30monsieur le garde des Sceaux
00:47:31de toute une profession
00:47:33qui dans sa grande majorité
00:47:35s'est quand même
00:47:36fortement exprimée
00:47:37contre cet article premier
00:47:42merci madame la présidente
00:47:45la parole est à monsieur
00:47:46Benaroche
00:47:48pour explication de vote
00:47:50merci monsieur le président
00:47:52deux choses
00:47:53monsieur Spisler
00:47:54vous nous dites
00:47:56et vous me dites
00:47:57qu'on ne doit pas avoir
00:47:58l'arrogance
00:47:59de penser
00:48:00un certain nombre de choses
00:48:01et en fait
00:48:02de nous exprimer
00:48:03pour tout le monde
00:48:03on ne s'exprime absolument pas
00:48:04pour tout le monde
00:48:05je constate juste
00:48:06deux faits
00:48:07en ce qui vous concerne
00:48:08en ce qui concerne
00:48:09en fait
00:48:09ce dont vous avez parlé
00:48:10vous disiez
00:48:11il y a l'instruction
00:48:12il y a les longues
00:48:12il y a les enquêtes
00:48:13de personnalité
00:48:13etc etc etc
00:48:14je suis tout à fait
00:48:15d'accord avec vous
00:48:16il n'empêche
00:48:17monsieur Spisler
00:48:18que d'une part
00:48:19un grand nombre
00:48:20de professionnels
00:48:21de la justice
00:48:22je ne parle pas
00:48:22que des avocats
00:48:23mais pour parler
00:48:24des avocats
00:48:25mon confrère
00:48:26Osset Bourgui
00:48:27en a parlé tout à l'heure
00:48:28mon collègue
00:48:29largement
00:48:29vous savez très bien
00:48:30qu'aujourd'hui
00:48:31la totalité des barreaux
00:48:33et la totalité
00:48:33des batauliers
00:48:34n'est pas seulement
00:48:34un syndicat
00:48:36ou l'autre
00:48:36d'avocats
00:48:37auquel j'aurais
00:48:38très bien compris
00:48:39c'est la première fois
00:48:40en ce qui me concerne
00:48:41depuis que je m'occupe
00:48:42de ces projets de loi
00:48:43qui concernent la justice
00:48:45que je vois
00:48:46la totalité des barreaux
00:48:47qui nous expliquent
00:48:48exactement
00:48:49qui nous expliquent
00:48:49non pas seulement
00:48:50qui revendiquent
00:48:51par intérêt professionnel
00:48:53mais qui nous expliquent
00:48:54à quel point
00:48:54ils considèrent
00:48:56qu'il y a des risques
00:48:57majeurs
00:48:58qui pèsent aujourd'hui
00:48:59sur la justice criminelle
00:49:01avec une telle procédure
00:49:03ce ne sont pas que
00:49:04les avocats
00:49:05mais ils nous le disent tous
00:49:05ils viennent même
00:49:06manifester à Paris
00:49:07j'avais 50 membres
00:49:09du barreau de Marseille
00:49:10qui étaient à Paris
00:49:11aujourd'hui
00:49:11c'est la première fois
00:49:12que je le vois
00:49:13donc ça veut dire
00:49:14que quand même
00:49:14il y a quelque chose
00:49:15ce n'est pas juste
00:49:16notre arrogance ici
00:49:17de parler pour les victimes
00:49:19ou de parler pour les accusés
00:49:20la réalité c'est que
00:49:22cette conception
00:49:23cette vision
00:49:24du danger
00:49:25que fait peser
00:49:26cette procédure
00:49:26sur la justice criminelle
00:49:28aujourd'hui
00:49:29est partagée
00:49:30par beaucoup de professionnels
00:49:31et pas seulement par nous
00:49:32et la deuxième chose
00:49:34je reprendrai
00:49:35ce qu'a dit
00:49:35Cécile Kukramal
00:49:36à l'instant
00:49:38on fait peser ce danger
00:49:40et on suscite
00:49:41un certain nombre
00:49:42de réactions importantes
00:49:43et on se pose
00:49:44un certain nombre
00:49:44de questions fondamentales
00:49:46sur la façon
00:49:47de rendre la justice
00:49:47dans notre pays
00:49:48pour finalement
00:49:50c'est la démonstration
00:49:52du garde des Sceaux
00:49:54nous attaquer
00:49:55peut-être
00:49:56à
00:49:58je ne sais pas
00:49:59un cas
00:50:00dix cas
00:50:02vingt cas
00:50:02sur la totalité
00:50:04des affaires criminelles
00:50:05dont nous parlons
00:50:06donc je me demande
00:50:07quand même quelque part
00:50:08s'il n'y a pas
00:50:09une disproportion
00:50:10entre la modification
00:50:12fondamentale
00:50:12des principes même
00:50:13de ce qui est la base
00:50:15de notre justice criminelle
00:50:16jusqu'à présent
00:50:17alors ils n'étaient peut-être
00:50:17pas bons
00:50:18les principes
00:50:18de la justice criminelle
00:50:19jusqu'à présent
00:50:20peut-être qu'effectivement
00:50:22il faut les remettre en cause
00:50:23peut-être que pour les remettre en cause
00:50:24il aurait fallu réunir aussi
00:50:25les avocats
00:50:26les magistrats
00:50:27et tout le monde
00:50:28ça n'a pas été fait
00:50:29et donc pour ces petits cas
00:50:31on prend quand même
00:50:31des risques essentiels
00:50:33sur la justice criminelle
00:50:34et sur sa tenue
00:50:36Monsieur le ministre
00:50:37je vous en prie
00:50:39Oui monsieur le président
00:50:40parce que je sens
00:50:41que vous allez ensuite
00:50:42suspendre
00:50:44la séance
00:50:46mais dire
00:50:47à madame Kuckerman
00:50:47que je respecte
00:50:48et peut-être
00:50:49que je me suis mal
00:50:49exprimé
00:50:50mais il me semble
00:50:51madame Kuckerman
00:50:52madame présidente
00:50:53que j'ai toujours dit
00:50:54que pour moi
00:50:55l'article le plus important
00:50:56du projet de loi
00:50:57pour gagner en délai
00:51:00pour essayer
00:51:00que la justice soit moins lente
00:51:01je ne dirais pas du tout
00:51:02expéditive
00:51:02mais moins lente
00:51:03c'est l'article 2
00:51:04et d'ailleurs
00:51:04je l'ai dit
00:51:05expressis verbis
00:51:06devant votre commission
00:51:07je l'ai dit
00:51:08dans le rapport
00:51:09à l'étude d'impact
00:51:09que je vous ai fourni
00:51:10et j'ai dit
00:51:10dans la discussion
00:51:11que j'ai pu avoir
00:51:12je voudrais m'excuser
00:51:13auprès de vous
00:51:13puisque pour des raisons
00:51:15qui étaient indépendantes
00:51:16de ma volonté
00:51:17je n'ai pas pu vous recevoir
00:51:20je vous l'aurai dit également
00:51:22l'article 1er n'est pas là
00:51:23et c'est ce qu'ont très bien
00:51:24dit les rapporteurs
00:51:25je ne l'ai jamais évoqué
00:51:26comme tel
00:51:27comme étant celui
00:51:28qui permettra
00:51:28de passer
00:51:29de 6 ans
00:51:30à 3 ans
00:51:31de 8 ans
00:51:31à 4 ans
00:51:32c'est à la fois
00:51:32un mix
00:51:33de moyens supplémentaires
00:51:35que j'ai déjà débloqué
00:51:36dans cette année
00:51:37en évoquant
00:51:37les présidents d'assises
00:51:38les présidents de cours criminels
00:51:40les moyens que nous créons
00:51:41en créant des salles
00:51:41etc.
00:51:42que j'ai annoncé
00:51:43voilà 4 mois
00:51:43de l'article 2
00:51:45d'un certain nombre de sujets
00:51:45qui touchent notamment
00:51:46à l'unité
00:51:46et en effet
00:51:48aussi
00:51:506 000 dossiers
00:51:51d'un attente
00:51:52les procureurs généraux
00:51:53nous disent
00:51:54que c'est entre 10 et 15%
00:51:55prenons 10%
00:51:56cela fait 600
00:51:57et je suis d'accord
00:51:58avec le maire de Lagontri
00:51:59imaginons que la moitié
00:52:00entre elles
00:52:01peut-être un tiers
00:52:01200
00:52:03serait concerné
00:52:04par cette solution
00:52:05ça nous fait gagner
00:52:06en effet du temps
00:52:07mais d'abord
00:52:08ça fait gagner du temps
00:52:08si je peux me permettre
00:52:09aux victimes
00:52:10et peut-être aux personnes
00:52:11qui sont en détention provisoire
00:52:12ou aux personnes
00:52:12qui sont parécibles
00:52:13et qui veulent reconstruire
00:52:14leur vie
00:52:15d'ailleurs je m'étonne
00:52:16que
00:52:16voilà
00:52:17je vous propose
00:52:18une démarche de justice
00:52:20restaurative
00:52:21où l'accusé
00:52:21accepte sa peine
00:52:23ou d'ailleurs
00:52:23je propose moi-même
00:52:25une réduction
00:52:26de peine pénale
00:52:27et c'est plutôt
00:52:28cette partie-ci
00:52:29d'hémicycle
00:52:29qui n'ont surtout pas
00:52:30gardons 100%
00:52:31de peine possible
00:52:32et n'entrons pas
00:52:33dans cette procédure
00:52:34de justice
00:52:35restaurative
00:52:36certains diraient
00:52:37négocier
00:52:37ce qui n'est pas
00:52:38tout à fait
00:52:38le cas du plaidé coupable
00:52:39mais je reviens
00:52:40sur la démonstration
00:52:41d'autant
00:52:42sur ces 200 cas
00:52:44évidemment
00:52:45ça fait gagner du temps
00:52:45madame Kuckerman
00:52:47bien sûr
00:52:48mais ça fait du temps
00:52:49d'abord aux victimes
00:52:50c'est vrai
00:52:50c'est que ça
00:52:51comme l'a très bien dit
00:52:51monsieur Spiner
00:52:52quand je ne sais plus
00:52:54qui a fait cette démonstration
00:52:54d'ailleurs à la tribune
00:52:55quand quelqu'un attend
00:52:57une semaine
00:52:58parfois un procès
00:52:59et que tout le monde
00:53:00est d'accord
00:53:01pour que ce procès
00:53:02soit plutôt simplifié
00:53:03en entendant
00:53:04les victimes
00:53:04en entendant
00:53:05les auteurs
00:53:06pourquoi leur priver
00:53:07de ce droit
00:53:08pourquoi nous parlerions
00:53:09à leur place
00:53:10bien
00:53:11après la démonstration
00:53:12que j'ai essayé de vous faire
00:53:13et je l'ai dit devant la commission
00:53:15même si nous n'avions pas
00:53:16de problème
00:53:16de délai de lancement
00:53:17et je l'ai dit à monsieur Benaroche
00:53:18et je pense qu'il a très bien compris
00:53:19et je comprends que devant
00:53:22l'hémicycle du Sénat
00:53:23on rentre nous-mêmes
00:53:24sur des positions
00:53:25mais vous savez très bien
00:53:26que même s'il n'y avait pas
00:53:27de délai de lancement
00:53:28qui poserait problème
00:53:30nous pourrions discuter
00:53:31et je vous aurais proposé
00:53:32ce plaidé coupable
00:53:33en matière criminelle
00:53:33parce que même s'il n'y avait
00:53:34qu'une seule victime
00:53:36dans l'année
00:53:36qui la saisirait
00:53:37et qu'un auteur
00:53:39dans l'année le saisirait
00:53:39et que le juge
00:53:41et le procureur de la réplique
00:53:42soit d'accord
00:53:42il faudrait quand même
00:53:43être attentif
00:53:44à cette demande
00:53:45parce que nous sommes
00:53:46quand même condamnés
00:53:46pour victimisation secondaire
00:53:48par la Cour européenne
00:53:49des droits de l'homme
00:53:49parce qu'il y a quand même
00:53:51un nombre de victimes
00:53:52peut-être extrêmement minoritaires
00:53:53j'en conviens tout à fait
00:53:54avec vous
00:53:55mais que j'ai rencontré
00:53:56je suis allé dans vos départements
00:53:57à Aix
00:53:58à Douai
00:53:58à Paris
00:53:59je suis allé dans le sud-ouest
00:54:00de la France
00:54:01je suis allé dans notre maire
00:54:01madame la sénatrice
00:54:03rencontrer des victimes
00:54:04qui vous disent
00:54:05qu'ils n'ont pas
00:54:06parfois
00:54:06il y en a qui veulent le procès
00:54:08évidemment vous avez raison
00:54:09ils veulent le procès
00:54:10il y en a qui ne veulent pas le procès
00:54:12qui ne veulent pas le procès
00:54:13ils veulent la reconnaissance
00:54:14des faits de l'auteur
00:54:15ils veulent la condamnation
00:54:16de l'auteur
00:54:17ils ne veulent pas vivre
00:54:18le procès traumatique
00:54:19parfois ils ont vécu déjà
00:54:20une instruction traumatique
00:54:21et c'est de notre faute
00:54:23parfois ils ont vécu
00:54:24devant les services enquêteurs
00:54:25des questions traumatiques
00:54:26et c'est de notre faute aussi
00:54:27donc je ne dis pas
00:54:28que c'est une responsabilité
00:54:29qui est propre
00:54:29comme procès
00:54:30mais il y a
00:54:31on ne peut pas dire le contraire
00:54:32il y a des victimes
00:54:33qui ne souhaitent pas
00:54:34le procès classique
00:54:36elles sont minoritaires
00:54:37bien sûr
00:54:38il ne s'agit pas de remplacer
00:54:39quelque chose
00:54:40on ne va forcer personne
00:54:42évidemment
00:54:42mais nous offrons une possibilité
00:54:43de plus aux victimes
00:54:46merci monsieur le ministre
00:54:47la parole est à madame
00:54:48de la Gontry
00:54:50merci monsieur le président
00:54:51je voudrais rebondir
00:54:52sur un propos tenu
00:54:53par le garde des Sceaux
00:54:55à l'instant
00:54:55qui indiquait
00:54:57que la démarche
00:54:59qui consiste
00:55:00à vouloir réduire
00:55:01les délais
00:55:02porte en réalité
00:55:04ou plutôt
00:55:05est portée
00:55:08par l'article 2
00:55:10parce que l'article 2
00:55:11effectivement
00:55:12on y reviendra
00:55:15essentiellement
00:55:15parce qu'il y aurait
00:55:16davantage de cours criminels
00:55:17etc.
00:55:18nous avons des reproches
00:55:20à faire
00:55:20pour notre part
00:55:22pour notre groupe
00:55:22nous n'avons pas proposé
00:55:23de suppression sèche
00:55:24de l'article
00:55:25en revanche
00:55:26un certain nombre
00:55:27d'aménagements
00:55:27qui nous semblent importants
00:55:29et dans le même temps
00:55:30depuis le début
00:55:31de la soirée
00:55:32nous voyons bien
00:55:33que font
00:55:34comme neige au soleil
00:55:36le nombre d'affaires
00:55:37qui pourraient potentiellement
00:55:38être concernées
00:55:39par ce plaidé coupable
00:55:40nous sommes désormais
00:55:41à 600 divisé par 2
00:55:43à 300
00:55:44donc on voit bien
00:55:45que ce qui
00:55:46est le coeur
00:55:47de la difficulté posée
00:55:50là où vous pulvérisez
00:55:52le principe du procès criminel
00:55:54c'est pour quelque chose
00:55:55qui n'aura au final
00:55:57si votre intention
00:55:58est exacte
00:55:59et sincère
00:56:00la réduction des délais
00:56:02ne portera pas ses fruits
00:56:04donc je vous demande
00:56:05d'être cohérent
00:56:05de renoncer
00:56:07à cet article
00:56:08sur le plaidé coupable criminel
00:56:09puisqu'il n'apportera rien
00:56:11et je ne dirai rien
00:56:13sur le fait
00:56:13que vous
00:56:15prétendiez
00:56:15qu'une victime
00:56:16pourrait être intéressée
00:56:17je pense que
00:56:17il faut sous-estimer
00:56:18le poids
00:56:19qui va peser
00:56:20sur la victime
00:56:21lorsqu'il va lui être demandé
00:56:24de donner
00:56:25ou pas son accord
00:56:26et à qui on va dire
00:56:27c'est la même chose
00:56:28pour la correctionnalisation
00:56:29vous l'avez dit
00:56:30vous-même
00:56:31on va lui dire
00:56:32ça va être plus rapide
00:56:33et vous-même
00:56:34vous l'évoquez
00:56:35c'est ce qui fait
00:56:36que certaines acceptent
00:56:36la correctionnalisation
00:56:38donc
00:56:39à partir de là
00:56:40nous aurons des victimes
00:56:42qui bien évidemment
00:56:43vont accepter
00:56:44le plaidé coupable
00:56:45alors même
00:56:46que fondamentalement
00:56:47elles ne le souhaiteraient pas
00:56:48et que peut-être
00:56:49on ne leur souhaite pas
00:56:49plus tard
00:56:50elles le regretteraient
00:56:50donc
00:56:51soyez cohérents
00:56:52concentrons-nous
00:56:53sur l'article 2
00:56:54sur le maintien
00:56:55des cours criminels départementales
00:56:57avec les aménagements
00:56:58qu'on évoquera éventuellement
00:56:59plus tard
00:56:59mais pas ce soir
00:57:00et renonçons
00:57:01à cet article 1
00:57:03merci ma chère collègue
00:57:05je vais mettre au voilà
00:57:07les amendements
00:57:0824, 44 et 51
00:57:10qui sont des amendements
00:57:12identiques de suppression
00:57:13ils ont reçu
00:57:15un avis défavorable
00:57:15de la commission
00:57:16un avis défavorable
00:57:17du gouvernement
00:57:18pour ces trois amendements
00:57:19j'ai été saisi
00:57:20de deux demandes
00:57:21de scrutin public
00:57:22l'une est maintenant
00:57:22de la commission
00:57:23l'autre du groupe socialiste
00:57:27le scrutin est ouvert
00:57:29le scrutin est clos
00:57:33nombre de votes en 341
00:57:35suffrage exprimé 337
00:57:37pour 112
00:57:38contre 225
00:57:39le Sénat n'a pas adopté
00:57:40et nous appelons
00:57:41le dernier amendement
00:57:43pour la soirée
00:57:44le 94
00:57:45qui est d'un amendement
00:57:46du gouvernement
00:57:46je vous donne la parole
00:57:47monsieur le ministre
00:57:50merci monsieur le président
00:57:51c'est un amendement
00:57:52important
00:57:53et je pense qu'il fait écho
00:57:54déjà aux échanges
00:57:54qu'on a eu avec la délégation
00:57:56aux droits des femmes
00:57:57du Sénat
00:57:58et de l'Assemblée nationale
00:57:59j'en ai parlé devant
00:58:00la commission
00:58:01c'est un amendement
00:58:02qui permet
00:58:04et ce serait vraiment
00:58:06très important
00:58:06pour les victimes
00:58:08permet aux victimes
00:58:09d'être accompagnées
00:58:10par un avocat
00:58:11lorsqu'on dépose plainte
00:58:12au service de police
00:58:12et de gendarmerie
00:58:13aujourd'hui l'avocat
00:58:15peut évidemment
00:58:15accompagner la victime
00:58:17j'en ai parlé tout à l'heure
00:58:18dans mon propos libinaire
00:58:20mais cette action
00:58:21n'est pas couverte
00:58:22par l'aide juridictionnelle
00:58:24et donc limite très largement
00:58:25l'accès des victimes
00:58:26à être accompagnées
00:58:28par un avocat
00:58:29surtout lorsqu'elles sont
00:58:31touchées socialement
00:58:32et par ailleurs
00:58:33sécurisent cette plainte
00:58:34dont on sait
00:58:35qu'une grande partie
00:58:36des plaintes
00:58:36doivent être davantage
00:58:39instruites
00:58:39mieux rédigées
00:58:41mieux organisées
00:58:42mieux encadrées
00:58:43pour pouvoir
00:58:43permettre la poursuite
00:58:45par le procureur de la République
00:58:46et l'ouverture
00:58:46d'une information judiciaire
00:58:48il s'agit donc
00:58:48d'un amendement
00:58:49qui accompagne les victimes
00:58:50et qui permet
00:58:51par l'aide juridictionnelle
00:58:53l'accompagnement de ces victimes
00:58:54par un avocat
00:58:56merci monsieur le ministre
00:58:58avis de la commission
00:58:59monsieur le rapporteur
00:59:01alors merci monsieur le président
00:59:03ce n'est pas l'avis de la commission
00:59:04à proprement parler
00:59:05puisqu'elle n'a pas été saisie
00:59:06pour pouvoir se prononcer
00:59:08donc c'est un avis
00:59:08à titre personnel
00:59:09qui est bien entendu favorable
00:59:10et qui l'est encore plus
00:59:11pour ma collègue
00:59:12co-rapporteur Dominique Vérien
00:59:13qui a été
00:59:14l'auteur
00:59:16d'un rapport
00:59:18rouge vif
00:59:19dans lequel
00:59:19elle a beaucoup milité
00:59:20pour cette solution
00:59:22qui est une demande
00:59:22par ailleurs
00:59:23des associations
00:59:24qui militent
00:59:25contre les violences
00:59:26intra-familiales
00:59:27donc à titre personnel
00:59:28je suis favorable
00:59:30à cet amendement
00:59:31monsieur Bourgi
00:59:32je vous en prie
00:59:35merci monsieur le président
00:59:36monsieur le garde des Sceaux
00:59:37mes chers collègues
00:59:38une fois n'est pas coutume
00:59:39je vais soutenir
00:59:40cet amendement
00:59:41monsieur le ministre
00:59:42je vais le soutenir
00:59:43pour la raison suivante
00:59:44il se trouve
00:59:45que j'ai moi-même
00:59:47déposé cet amendement
00:59:48depuis 2020
00:59:49année où je suis arrivé
00:59:50au Sénat à plusieurs reprises
00:59:52la première fois
00:59:53où je l'ai déposé
00:59:53c'était à l'occasion
00:59:55du projet de loi
00:59:56pour renforcer la confiance
00:59:57dans l'institution judiciaire
00:59:58vos prédécesseurs
00:59:59ont systématiquement
01:00:00trouvé des arguments
01:00:01pour m'expliquer
01:00:02que ce n'était pas possible
01:00:04alors comme quoi
01:00:05aujourd'hui
01:00:05vous nous le présentez
01:00:06donc je le voterai
01:00:07dès demain
01:00:07en apportant
01:00:09cette bonne nouvelle
01:00:10aux associations
01:00:11qui me l'avaient inspiré
01:00:13lorsque je suis arrivé
01:00:14au Sénat
01:00:14et donc merci beaucoup
01:00:16de l'avoir repris
01:00:17et comme quoi
01:00:18il ne faut pas avoir
01:00:19raison trop tôt
01:00:22mes chers collègues
01:00:23je mets au voile
01:00:25madame Nicolet
01:00:26je vous en prie
01:00:29merci monsieur le président
01:00:31alors comme cet amendement
01:00:32arrive un peu
01:00:34à la dernière minute
01:00:35il faut bien le reconnaître
01:00:36puisque ceux qui
01:00:37nous étaient présentés
01:00:38en commission
01:00:39ont été je crois
01:00:40déclarés
01:00:41et recevraient
01:00:42quand ils n'ont pas
01:00:42été retirés
01:00:44moi je ne serais peut-être
01:00:45pas aussi affirmatif
01:00:46que mon collègue
01:00:47Gusen-Bourgis
01:00:48dans cette explication
01:00:49de vote
01:00:49mais en tout cas
01:00:50je voulais souligner
01:00:51ici
01:00:52puisque le ministre
01:00:54a souvent fait référence
01:00:55à notre position
01:00:56sur les victimes
01:00:59que moi je ne suis pas
01:01:00capable de dire
01:01:01en fait
01:01:01ce qu'il faut faire
01:01:02au nom des victimes
01:01:04parce que oui
01:01:05j'ai entendu
01:01:06beaucoup d'associations
01:01:07de défense des victimes
01:01:08et notamment
01:01:09je l'ai dit
01:01:09en matière de VSS
01:01:10se prononcer
01:01:11contre ce projet de loi
01:01:13ou exprimer
01:01:13leur résistance
01:01:14c'est vrai
01:01:14pour le collectif
01:01:16féministe
01:01:17contre le vol
01:01:17pour la fondation
01:01:18des femmes
01:01:19et d'autres
01:01:20et je veux bien croire
01:01:22qu'il y aurait
01:01:22des victimes
01:01:23qui seraient intéressées
01:01:25par ce plaidé coupable
01:01:26mais à la différence
01:01:27de vous monsieur le ministre
01:01:28dans le doute
01:01:30je préfère moi
01:01:31faire jouer
01:01:31le principe de précaution
01:01:32dans l'autre sens
01:01:34et je préfère éviter
01:01:35qu'on soit
01:01:36dans une situation
01:01:37où une victime
01:01:38qui a déjà subi
01:01:40un traumatisme
01:01:41extrêmement important
01:01:43lié au crime
01:01:44à l'infraction
01:01:45à caractère sexuel
01:01:47qu'elle a subi
01:01:48que cette victime
01:01:49subisse un autre traumatisme
01:01:51parce qu'elle se sent
01:01:52obligée
01:01:53du fait d'un trop faible
01:01:55accompagnement
01:01:56dans l'ensemble
01:01:56de la procédure
01:01:57du fait de n'avoir pas
01:01:58pensé l'ensemble
01:01:59des impacts
01:02:00qu'elle se sente
01:02:01obligée
01:02:02d'accepter
01:02:03un plaidé coupable
01:02:04qu'en fait
01:02:04elle n'avait pas envisagé
01:02:06un allègement de peine
01:02:07qu'elle n'avait pas envisagé
01:02:08et une forme de procès
01:02:10qu'elle n'avait pas envisagé
01:02:11comme ça
01:02:11c'est cela que je voulais préciser
01:02:13tant mieux
01:02:14si vous avez
01:02:15après coup réfléchi
01:02:16à un meilleur
01:02:18accompagnement des victimes
01:02:19nous l'avons fait
01:02:20nous aussi
01:02:21parce que vous nous dites
01:02:22un coup vous n'avez pas
01:02:22fait d'amendement
01:02:23un coup vous avez fait
01:02:23des amendements
01:02:24donc je vais vous le redire
01:02:25mais on en discutera demain
01:02:26oui on a déposé
01:02:27des amendements de suppression
01:02:29mais aussi des amendements
01:02:30d'un meilleur accompagnement
01:02:31des victimes
01:02:32mais c'est bien ça
01:02:33pour nous le coeur du sujet
01:02:34de ce respect des victimes
01:02:36merci
01:02:36je mets au voie
01:02:38l'amendement numéro 94
01:02:39du gouvernement
01:02:40pour lequel la commission
01:02:43du moins
01:02:43le rapporteur à titre personnel
01:02:45a rendu un avis favorable
01:02:47et pour cet amendement
01:02:49j'ai été saisi
01:02:50d'une demande de scrutin public
01:02:51par le groupe
01:02:51RDPI
01:02:54le scrutin est ouvert
01:02:56le scrutin est clos
01:03:01nombre de votants 323
01:03:03suffrage
01:03:04323 pour 323
01:03:05le Sénat a adopté
01:03:09la séance est reprise
01:03:10et à l'article 2
01:03:12j'ai une demande
01:03:13de parole de monsieur Benaroche
01:03:18c'est vrai c'est vrai
01:03:19heureusement que je ne suis pas
01:03:20monsieur le sénateur
01:03:23alors
01:03:25madame la présidente
01:03:26cet article 2
01:03:27concerne les cours
01:03:28criminels départementales
01:03:30alors les cours
01:03:30criminels départementales
01:03:31c'est un sujet
01:03:34que j'apprécie
01:03:35particulièrement
01:03:35parce qu'en fait
01:03:36avec Agnès Canaillé
01:03:37je ne sais pas si elle est là
01:03:38je l'ai vue tout à l'heure
01:03:39mais elle ne doit plus l'être
01:03:41nous faisions partie
01:03:42nous étions les deux seuls
01:03:43parlementaires
01:03:43puisque les députés
01:03:44n'étaient pas là
01:03:46pour la mission
01:03:46d'évaluation
01:03:47de l'expérimentation
01:03:48des cours criminels
01:03:50départementales
01:03:50et lorsque nous avons
01:03:51terminé cette mission
01:03:52où il y avait
01:03:53des magistrats
01:03:54et tous les corps
01:03:55de métier
01:03:55de la justice
01:03:56la conclusion
01:03:57en a été en fait
01:03:58que cette expérimentation
01:04:00en fait
01:04:00ne répondait absolument pas
01:04:02aux objectifs
01:04:03qui avaient été fixés
01:04:04pour la création
01:04:05des cours criminels départementales
01:04:07cela ne veut pas dire
01:04:08que je remets en cause
01:04:09les cours criminels départementales
01:04:10mais ça veut dire
01:04:11qu'en fait
01:04:12il est intéressant
01:04:13de faire des expérimentations
01:04:14et d'attendre
01:04:15les évaluations
01:04:16avant de les généraliser
01:04:17ce qui n'avait pas été le cas
01:04:18puisque les CCT
01:04:19étaient destinées
01:04:20à gagner du temps
01:04:21et de l'argent
01:04:21pour être clair
01:04:22pour la justice
01:04:23et qu'en fait
01:04:24elles n'ont pas eu
01:04:25ces effets
01:04:25elles n'ont permis
01:04:26ni gain du temps
01:04:27ni gain d'argent
01:04:28ni gain financier
01:04:29mais par contre
01:04:30elles ont eu
01:04:31un certain nombre
01:04:31d'effets
01:04:31en particulier
01:04:32qu'un certain nombre
01:04:33d'affaires
01:04:33qui étaient correctionnalisées
01:04:36sont revenues
01:04:37en CCD
01:04:38ce qui est préférable
01:04:39pour autant
01:04:40ça n'a pas diminué
01:04:41contrairement à ce qu'on dit
01:04:42le nombre d'affaires
01:04:43correctionnalisées
01:04:43qui touchent les violences
01:04:44parce qu'il y a eu
01:04:45de plus en plus
01:04:46d'affaires de violences
01:04:46sexistes et sexuelles
01:04:47il continuait à y en avoir
01:04:49beaucoup qui sont correctionnalisés
01:04:50mais beaucoup
01:04:51qui l'étaient
01:04:52sans mettre là
01:04:53devant les CCD
01:04:54tout ça pour dire
01:04:55que lorsqu'on nous a
01:04:58vendu
01:04:58entre guillemets
01:04:58les CCD
01:04:59c'est avec un certain nombre
01:05:00de garanties formelles
01:05:02qui garantissaient
01:05:03que les CCD
01:05:04rendraient une justice
01:05:05qu'il n'était pas une justice
01:05:06au rabais
01:05:06ou à deux vitesses
01:05:07et que en fait
01:05:08toutes les mesures
01:05:09qui sont proposées
01:05:10sur cet article 2
01:05:11sont la suppression
01:05:12de la totalité
01:05:14des garanties
01:05:15qui faisaient
01:05:15que les CCD
01:05:16marchent aujourd'hui
01:05:16c'est la raison fondamentale
01:05:18pour laquelle
01:05:19nous nous opposerons
01:05:20et nous voterons
01:05:21contre cet article 2
01:05:22bien je vous remercie
01:05:24donc nous commençons
01:05:26par
01:05:28deux amendements
01:05:29identiques
01:05:29le 33
01:05:30monsieur Benaroche
01:05:31c'est encore
01:05:32ah pardon
01:05:32madame de la Gontry
01:05:37pardonnez-moi
01:05:38madame la présidente
01:05:41cet article
01:05:42pose un problème
01:05:43de principe
01:05:43c'est
01:05:44peut-on croire
01:05:45la parole du gouvernement
01:05:48lorsqu'en 2019
01:05:50a été instauré
01:05:52les cours criminels départementales
01:05:55on nous a dit
01:05:56la main sur le coeur
01:05:57madame Belloubet
01:05:58que bien évidemment
01:05:59ce n'était pas une justice
01:06:00au rabais
01:06:01que bien évidemment
01:06:03nous n'allions pas supprimer
01:06:04la cour d'assises
01:06:05normalement composée
01:06:06que bien évidemment
01:06:07la cour d'assises
01:06:08resterait compétente
01:06:09en matière d'appel
01:06:10que bien évidemment
01:06:12certes
01:06:13il n'y aurait pas
01:06:13de jury populaire
01:06:14amélioré 5 magistrats
01:06:15bref
01:06:17il ne s'agissait pas
01:06:18de quelque chose
01:06:20de moins qualitatif
01:06:24et ça a été réitéré
01:06:26lorsque dès 2021
01:06:28le garde des Sceaux suivant
01:06:30monsieur Dupond-Moretti
01:06:31a demandé la pérennisation
01:06:34j'indique d'ailleurs
01:06:35que dans cet hémicycle
01:06:36d'aucuns
01:06:37y compris à droite
01:06:38s'étaient émus
01:06:39de cette pérennisation
01:06:39assez rapide
01:06:40après une expérimentation
01:06:42assez brève
01:06:44et encore à cette occasion
01:06:46a été dit
01:06:47toujours la main sur le coeur
01:06:48que bien évidemment
01:06:49jamais au grand jamais
01:06:52force est de constater
01:06:53monsieur le garde des Sceaux
01:06:54que ce n'est absolument pas
01:06:54ce que vous faites aujourd'hui
01:06:58donc je suis peut-être naïve
01:07:00mais je crois
01:07:01que la parole
01:07:02d'un gouvernement
01:07:03est quelque chose
01:07:04qui a une vraie valeur
01:07:06et donc force est de constater
01:07:08qu'aujourd'hui
01:07:09vous décidez donc
01:07:10de revenir
01:07:11sur ces engagements
01:07:13je notais d'ailleurs
01:07:15qu'à l'époque
01:07:15l'ensemble de ces paramètres
01:07:17avait été souligné
01:07:18comme très important
01:07:19par trois personnalités
01:07:21de cet hémicycle
01:07:23Philippe Bas
01:07:24alors président
01:07:25de la commission des lois
01:07:27François-Noël Buffet
01:07:28son successeur
01:07:30à la présidence
01:07:31de la commission des lois
01:07:32et Bruno Retailleau
01:07:33président du groupe
01:07:35je note donc
01:07:37que pour ces trois personnes
01:07:38également
01:07:40cet engagement
01:07:40n'est pas tenu
01:07:42je vous remercie
01:07:43je vais donc
01:07:44passer à l'examen
01:07:45nous allons passer
01:07:46à l'examen
01:07:47de deux amendements identiques
01:07:48le 33 et le 45
01:07:50monsieur Benaroche
01:07:51nous vous écoutons
01:07:52sur le 33
01:07:58cet article
01:07:58cet amendement
01:07:59en fait
01:08:00vise à
01:08:00à supprimer
01:08:01bien entendu
01:08:03cet article 2
01:08:05pourquoi je viens
01:08:05de le dire
01:08:06non seulement le projet
01:08:07revient donc
01:08:08sur les engagements
01:08:09qui ont été pris
01:08:10pour garantir
01:08:11le fonctionnement
01:08:12de ces CCD
01:08:12alors par exemple
01:08:13avoir un président d'assises
01:08:15comme président des CCD
01:08:17ne pas pouvoir juger
01:08:18les récidives
01:08:19devant ces formations
01:08:21déclarer l'incompétence
01:08:22des CCD
01:08:23pour juger des appels
01:08:24alors là
01:08:25heureusement
01:08:25cette possibilité
01:08:26qui était dans le texte
01:08:27a été écartée
01:08:28par les travaux de commission
01:08:29et la réduction aussi
01:08:31de 5 à 3
01:08:32du nombre de magistrats
01:08:32professionnels
01:08:33y siégeant
01:08:35en plus
01:08:35en introduisant
01:08:36dans les 3
01:08:37la possibilité
01:08:37d'avoir
01:08:39quelque chose
01:08:39qui est nouveau
01:08:40qui sont des assesseurs
01:08:41citoyens
01:08:41pourquoi
01:08:42parce que tout simplement
01:08:43il y a un certain nombre
01:08:45de cours
01:08:46de juridictions
01:08:47où il n'y a pas
01:08:48d'avocat honoraire
01:08:50ou de magistrat honoraire
01:08:51volontaire
01:08:52j'étais allé à Charleville-Mézière
01:08:53avec l'ambition
01:08:54à Charleville-Mézière
01:08:55il y a très peu
01:08:55d'avocat honoraire
01:08:57parce que les avocats
01:08:57ou les magistrats
01:08:58quand ils prennent la retraite
01:08:59malheureusement
01:08:59ils ne restent pas
01:09:00à Charleville-Mézière
01:09:00et il y en a beaucoup plus
01:09:02dans le sud de la France
01:09:03par exemple
01:09:03du coup on crée
01:09:04cette nouvelle fonction
01:09:06sur ces assesseurs
01:09:07d'ailleurs
01:09:07je voulais rappeler
01:09:08que l'expérimentation
01:09:09avait déjà été faite
01:09:11elle a été faite
01:09:12et arrêtée
01:09:13pourquoi ?
01:09:14parce que
01:09:14le rapport d'évaluation
01:09:16de cette expérimentation
01:09:18rappelé en 2013
01:09:20mécaniquement
01:09:20je le cite
01:09:21et quel que soit
01:09:22le mode d'organisation
01:09:23choisi
01:09:24le dispositif
01:09:25s'il est appliqué
01:09:26à moyen constant
01:09:27c'est le cas
01:09:28ne peut qu'entraîner
01:09:29une diminution
01:09:30de la capacité de jugement
01:09:31le temps d'examen
01:09:33des affaires citoyennes
01:09:34étant très supérieur
01:09:35à celui requis
01:09:36pour une affaire classique
01:09:38généralement
01:09:383 dossiers
01:09:39en audience citoyenne
01:09:40contre 8 à 20
01:09:41en audience classique
01:09:42alors
01:09:43c'est à moyen constant
01:09:44donc sans moyen
01:09:44rien ne va s'arranger
01:09:45donc je ne vois pas
01:09:46en quoi cette mesure
01:09:47peut faciliter le travail
01:09:49arranger ou améliorer
01:09:50les délais
01:09:51généralement
01:09:52nous ne pouvons pas
01:09:53accepter
01:09:53toutes ces modifications
01:09:54qui en plus
01:09:55de s'attaquer
01:09:56aux principes
01:09:57importants du système
01:09:58n'ont pas montré
01:09:59d'efficacité
01:10:00à moyen constant
01:10:01c'est une des raisons
01:10:02pour lesquelles
01:10:02nous nous opposons
01:10:04et nous demandons
01:10:05la suppression de cet article
01:10:06de vous merci
01:10:06le 45
01:10:07monsieur Basquin
01:10:09merci madame la présidente
01:10:10monsieur le ministre
01:10:10mes chers collègues
01:10:11nous nous sommes toujours
01:10:13opposés à la mise en place
01:10:14des cours criminels
01:10:15départementales
01:10:15et face
01:10:16à leur développement
01:10:17permis par ce texte
01:10:18nous ne pouvons que
01:10:19continuer à le faire
01:10:20aujourd'hui
01:10:20on s'éloigne ici
01:10:22de la vocation première
01:10:22de la justice criminelle
01:10:24à savoir juger
01:10:24les crimes les plus graves
01:10:25avec toute la solennité
01:10:27les garanties nécessaires
01:10:28je rappelle
01:10:29qu'acquis de la révolution
01:10:31la cour d'assises
01:10:32avec son jury populaire
01:10:34n'est absolument pas
01:10:34un archaïsme
01:10:35au contraire
01:10:36c'est un pilier démocratique
01:10:38elle permet
01:10:39une justice rendue
01:10:40au nom du peuple
01:10:40dans toute sa complexité
01:10:42avec le temps nécessaire
01:10:44à l'écoute des victimes
01:10:45des témoins
01:10:46et des experts
01:10:46à l'inverse
01:10:48la généralisation
01:10:49des cours criminels
01:10:50départementales
01:10:50installe progressivement
01:10:52insidieusement
01:10:53une justice au rabais
01:10:54une justice
01:10:55beaucoup moins exigeante
01:10:57moins protectrice
01:10:58moins attentive
01:10:59enfin et dernier point
01:11:01l'urgence n'est pas
01:11:02d'accélérer les procédures
01:11:04au détriment de leur qualité
01:11:05l'urgence est de donner
01:11:07à la justice
01:11:07les moyens humains
01:11:08et matériels
01:11:09de fonctionner dignement
01:11:10c'est pourquoi
01:11:11et vous l'aurez compris
01:11:12nous proposons
01:11:13la suppression de cet article
01:11:14je vous remercie
01:11:15je vous remercie
01:11:16je vais demander
01:11:16l'avis de la commission
01:11:17madame la rapporteure
01:11:19merci madame la présidente
01:11:21pour répondre
01:11:22sur les cours criminels
01:11:23départementales
01:11:24alors on a parlé
01:11:25de victimes tout le temps
01:11:27sincèrement
01:11:28quand on est victime
01:11:29de violences
01:11:30intrafamiliales
01:11:31victimes de violences
01:11:32sexuelles
01:11:33on a besoin
01:11:34qu'en face
01:11:35nous ayons des magistrats
01:11:37dans un premier temps
01:11:38et je le dis souvent
01:11:38des gendarmes
01:11:39et des policiers
01:11:40pour bien accueillir
01:11:40mais ensuite des magistrats
01:11:42qui maîtrisent
01:11:43ces sujets là
01:11:44qui sachent
01:11:45ce que c'est
01:11:46que le contrôle coercitif
01:11:47ce que c'est
01:11:48que l'emprise
01:11:48qui ne se pose pas
01:11:49la question de savoir
01:11:50pourquoi
01:11:50une victime
01:11:51va revenir sept fois
01:11:52chez elle
01:11:53avant de partir
01:11:53définitivement
01:11:54et pour cela
01:11:56nous avons besoin
01:11:57d'avoir une justice
01:11:58spécialisée
01:12:00nous avions créé
01:12:01les pôles vifs
01:12:02dont je dis
01:12:02qu'effectivement
01:12:03on peut les étendre
01:12:04au VSS
01:12:05justement pour que
01:12:06les magistrats
01:12:06puissent se parler
01:12:07entre eux
01:12:08et traiter
01:12:08de ces sujets
01:12:09spécifiques
01:12:09et la cour criminelle
01:12:11départementale
01:12:12c'est ce qu'elle fait
01:12:13aujourd'hui
01:12:13puisque 80%
01:12:14des sujets
01:12:15qu'elle traite
01:12:16ce sont des sujets
01:12:17de violence sexuelle
01:12:18et un amendement
01:12:20du gouvernement
01:12:20va en plus
01:12:22inscrire dans la loi
01:12:23le fait que
01:12:23les magistrats
01:12:24qui sont dans
01:12:25les cours criminels
01:12:25départementales
01:12:26devront être
01:12:27spécifiquement
01:12:28formés
01:12:29et c'est à ça
01:12:30qu'elles servent
01:12:31et effectivement
01:12:32il y a encore
01:12:32de la correctionnalisation
01:12:35mais sincèrement
01:12:36le nombre d'affaires
01:12:37qui ont augmenté
01:12:39énormément
01:12:39effectivement
01:12:40au niveau des cours
01:12:40criminelles départementales
01:12:42c'est parce qu'enfin
01:12:43on traite
01:12:44comme des crimes
01:12:45les viols
01:12:46ce qu'on ne faisait
01:12:46pas avant
01:12:47enfin on envoie
01:12:48des violeurs
01:12:49en prison
01:12:49ce qu'on ne faisait
01:12:50pas avant
01:12:51donc oui
01:12:52les cours criminels
01:12:52départementales
01:12:53ont joué
01:12:55leur rôle
01:12:55tel qu'on le leur
01:12:56demandait
01:12:57et c'est pourquoi
01:12:58je pense que
01:12:59l'article 2
01:13:00qui vise à compléter
01:13:01les actions
01:13:03et à faciliter
01:13:04les actions
01:13:04de cette cour criminelle
01:13:05départementale
01:13:06sont plutôt bienvenues
01:13:07et c'est pourquoi
01:13:07la commission
01:13:08est contre
01:13:08sa suppression
01:13:10je vous remercie
01:13:11monsieur le ministre
01:13:16oui alors
01:13:17notre débat
01:13:18il est intéressant
01:13:19tout le monde
01:13:19est d'accord
01:13:20pour le fait
01:13:20de dire
01:13:21qu'on met
01:13:236 ans
01:13:248 ans
01:13:25pour avoir
01:13:25un jugement
01:13:25de viol
01:13:26ou de crime
01:13:27qu'il y a
01:13:28des milliers
01:13:28de victimes
01:13:29qui attendent
01:13:30que tout ça
01:13:30est absolument
01:13:31terrible
01:13:33bon
01:13:33on est d'accord
01:13:34alors est-ce que
01:13:35les moyens
01:13:36augmentent
01:13:36oui je pense avoir
01:13:37démontré lundi
01:13:38qu'ils augmentent
01:13:38comme jamais
01:13:39je rappelle
01:13:40que ces moyens
01:13:41étaient quand même
01:13:41extrêmement bas
01:13:42au bord
01:13:43où il fut laissé
01:13:44lorsque le président
01:13:44de la république
01:13:44est arrivé en responsabilité
01:13:46monsieur Revois
01:13:46parlait de clochardisation
01:13:47de la justice
01:13:48pour la dernière année
01:13:49du quinquennat
01:13:50de monsieur Hollande
01:13:50quels sont les moyens
01:13:53de propositions
01:13:54alternatives
01:13:55article 1
01:13:56pas de plaies des coupables
01:13:57vous proposez la suppression
01:13:58article 2
01:13:59suppression
01:14:00des cours criminels
01:14:01ou en tout cas
01:14:02de leur amélioration
01:14:02de la modernisation
01:14:03donc en gros
01:14:04voilà
01:14:05on est tous d'accord
01:14:05du constat
01:14:06les victimes
01:14:06c'est très important
01:14:07mais tout ce qui permet
01:14:08d'améliorer
01:14:09ces délais
01:14:10ce n'est pas possible
01:14:12avec des arguments
01:14:13quand même très étonnants
01:14:14vous citiez
01:14:15l'affaire Pellico
01:14:16qui est formidable
01:14:16qui n'aurait jamais dû
01:14:19être modérée
01:14:19par tout ce qu'on aurait
01:14:20pu imaginer
01:14:21article 1
01:14:21même si on vous a démontré
01:14:22qu'il n'y avait pas de critères
01:14:23l'affaire Pellico
01:14:24c'est une bête justice
01:14:26tout le monde en est d'accord
01:14:27c'est la cour criminelle
01:14:30l'affaire Le Scournec
01:14:31c'est la cour criminelle
01:14:34il y a plusieurs arguments
01:14:35quand même dans ce que vous dites
01:14:36non mais je vous regarde
01:14:37monsieur Benaroche
01:14:38mais c'est pour tout le monde
01:14:39il n'y a aucun problème
01:14:42j'entends plusieurs arguments
01:14:43est-ce que la cour criminelle
01:14:44elle a permis de criminaliser
01:14:46les viols qui hier
01:14:47pour leur immense majorité
01:14:48correctionnalisée
01:14:49la réponse est oui
01:14:51oui oui elle a permis
01:14:52elle a permis
01:14:53et la moyenne du quantum de peine
01:14:54prononcé aujourd'hui
01:14:55c'est 10 ans pour un viol
01:14:56c'était 23 mois
01:14:57quand vous étiez en responsabilité
01:14:59et pourquoi ?
01:15:00parce que la cour criminelle
01:15:00elle fait son office
01:15:02deuxième point
01:15:03vous demandez
01:15:04notamment dans la loi intégrale
01:15:05vous demandez en commission
01:15:06vous demandez
01:15:06l'indication des droits des femmes
01:15:07madame la présidente
01:15:09la spécialisation des magistrats
01:15:10pour parler du consentement
01:15:11pour parler du viol conjugal
01:15:13pour parler du contrôle coercitif
01:15:15pour parler de l'emprise
01:15:17est-ce que vous pensez
01:15:18que c'est le jury populaire
01:15:19qui permet de comprendre
01:15:20en effet ces notions
01:15:21au moment même
01:15:23où on a besoin de spécialisation
01:15:25et c'est justement demandé
01:15:26par les associations
01:15:27et par la loi intégrale
01:15:28que vous avez déposé d'ailleurs
01:15:29à l'Assemblée nationale
01:15:32troisièmement
01:15:32vous avez accepté
01:15:33et vous avez proposé
01:15:34dans le narcotrafic
01:15:35tous ici
01:15:35puisque vous l'avez tous voté
01:15:36le narcotrafic
01:15:37une cour d'assises
01:15:39spécialement composée
01:15:40pour le narcotrafic
01:15:40où il n'y a pas de juré populaire
01:15:42pourquoi ?
01:15:43parce que vous nous avez justement dit
01:15:44je rappelle nos échanges
01:15:46c'était il y a 6 mois
01:15:47qu'il fallait la spécialisation
01:15:48pour juger d'affaires de narcotrafic
01:15:50donc vous refusez
01:15:51si si c'est tout à fait le cas
01:15:52vous refusez
01:15:53pour les
01:15:54et le procès actuel
01:15:55me semble-t-il
01:15:56le démontre fort heureusement
01:15:57en ce qui concerne
01:15:58le sud de la France
01:16:00et le procès actuel
01:16:01vous imaginez la pression
01:16:02sur les jurés
01:16:03dans ces conditions
01:16:04imaginez à cet instant
01:16:05vous imaginez
01:16:06donc que des personnes
01:16:08qui sont
01:16:09dans des territoires
01:16:11où les jurés populaires
01:16:12viennent de ce département
01:16:13vont pouvoir
01:16:13avoir la même
01:16:14perception
01:16:15de spécialisation
01:16:16pour les violences faites aux femmes
01:16:18avec tous les concepts nouveaux
01:16:19que porte
01:16:20la jurisprudence
01:16:21que porte
01:16:21madame Jolicoz
01:16:22par exemple
01:16:23et monsieur Corbeau
01:16:24je rappelle d'ailleurs
01:16:24que les rapports
01:16:25le rapport rouge vif
01:16:26le rapport avif
01:16:27tous les rapports
01:16:28de protection
01:16:29des violences faites aux femmes
01:16:31et des violences sexuelles
01:16:31demandent la spécialisation
01:16:32des magistrats
01:16:33l'intégralité
01:16:34quels que soient les bords politiques
01:16:35quels que soient les magistrats
01:16:37quels que soient les magistrats
01:16:38et vous nous refusez
01:16:40vous nous refusez
01:16:41la spécialisation
01:16:42d'ailleurs
01:16:42dans le texte que nous présentons
01:16:43il y a la loi organique
01:16:44et vous ne pouvez pas ne pas voir
01:16:45que pour la première fois
01:16:46on propose
01:16:47que tous les magistrats
01:16:48qui seront affectés
01:16:48au cours criminel
01:16:51auront subi
01:16:51la formation obligatoire
01:16:53sur les violences
01:16:54faites aux femmes
01:16:54et puis je terminerai
01:16:56un point pour dire
01:16:57qu'on peut discuter
01:16:58à l'envie
01:16:59de l'article 2
01:17:00en effet
01:17:00et peut-être de l'appel
01:17:02monsieur Benaroche
01:17:03vous avez parfaitement raison
01:17:04et je me range
01:17:04comme je l'ai dit
01:17:05à l'avis de la commission
01:17:07mais la loi
01:17:07elle permet de créer
01:17:08une cour criminelle
01:17:09par département
01:17:10vous demandez plus de moyens
01:17:12et vous avez raison
01:17:13je suis d'accord
01:17:13pour plus de moyens
01:17:13on a créé 1500 magistrats
01:17:14en 7 ans
01:17:15et j'espère
01:17:16qu'on aura encore
01:17:171500, 2000, 3000 magistrats
01:17:19la loi aujourd'hui
01:17:20c'est une cour criminelle
01:17:21par département
01:17:21donc vous allez dire
01:17:22dans les plus gros départements
01:17:23de France
01:17:23dans le nord
01:17:24en Essonne
01:17:25en Seine-Saint-Denis
01:17:26dans les Bouches-du-Rhône
01:17:28dans les Yvelines
01:17:29on aura beaucoup de magistrats
01:17:31on aura beaucoup de greffiers
01:17:32on aura sans doute
01:17:35beaucoup de
01:17:36dossiers créés de l'attente
01:17:37mais on fait
01:17:38qu'une cour criminelle
01:17:39par département
01:17:40donc dans le nord
01:17:41on ne peut pas faire
01:17:41de cour criminel
01:17:42à Venturelp
01:17:43à Dunkerque
01:17:44à Douai
01:17:44à Cambray
01:17:45là je peux
01:17:47c'est pas idéologique ça
01:17:48s'opposer à cet article 2
01:17:50c'est-à-dire
01:17:51s'opposer à la création
01:17:52de tribunaux
01:17:52donc il faut savoir
01:17:53ce qu'on veut
01:17:53ben si
01:17:54c'est exactement ça
01:17:55vous proposez
01:17:55des arguments de suppression
01:17:56de cet article 2
01:17:58qui nous empêchent
01:18:00vous n'êtes pas
01:18:01le centre du monde
01:18:01Madame de la Contriche
01:18:02je permets de vous dire
01:18:03qu'il existe
01:18:04d'autres personnes
01:18:05c'est vrai que c'est
01:18:05une révélation
01:18:07peut-être étonnante
01:18:08en 7 heures avancées
01:18:09de l'après-midi
01:18:09je ne vous regardais
01:18:11pas particulièrement
01:18:12je vous disais que
01:18:12je dis au groupe communiste
01:18:13qui me demande des moyens
01:18:15et je dis au groupe écologiste
01:18:17qui donne des moyens
01:18:17que c'est un article
01:18:19qu'on peut évidemment modifier
01:18:20bien évidemment
01:18:21qu'on peut modifier
01:18:21mais vous modifiez
01:18:22la possibilité
01:18:23pour le garder
01:18:24sans de créer
01:18:24plus de tribunaux
01:18:25plus de cours criminels
01:18:26c'est exactement ce qu'on fait
01:18:27on va créer
01:18:28ne souriez pas
01:18:29on parle des victimes
01:18:30c'est pas drôle du tout
01:18:31pas un seul instant
01:18:32on va créer plus de 60
01:18:33cours criminels
01:18:34possiblement grâce
01:18:35aux moyens magistrats
01:18:35bah franchement
01:18:37je trouve que ça montre
01:18:38quand même un aspect idéologique
01:18:39vis-à-vis de ce texte
01:18:40c'est défavorable
01:18:42bien je vous remercie
01:18:44monsieur le ministre
01:18:44nous allons passer
01:18:46monsieur Bénaroche
01:18:47pour explication de vote
01:18:50monsieur le ministre
01:18:50j'ai reconnu
01:18:51une de vos spécialités
01:18:52quand on veut doyer sans chair
01:18:53on l'accuse de la rage
01:18:54et donc vous faites
01:18:55comme si on proposait
01:18:56ou on n'était pas d'accord
01:18:57avec un certain nombre
01:18:58de thèmes ou de choses
01:18:59que vous défendez
01:19:00alors qu'on est d'accord
01:19:00et vous ne parlez bien entendu
01:19:01que des choses
01:19:02sur lesquelles vous êtes sûr
01:19:03que tout le monde va être d'accord
01:19:04vous avez parlé aussi
01:19:05des écologistes
01:19:06je suis un écologiste
01:19:07donc je vous réponds également
01:19:08et donc en fait
01:19:09vous êtes spécialisé
01:19:09dans cette matière
01:19:10je le sais
01:19:11vous racontez l'histoire
01:19:12que nous racontons
01:19:13à votre façon
01:19:13et vous répondez
01:19:14à l'histoire
01:19:14que vous venez de créer
01:19:15je le sais
01:19:16vous le faites souvent
01:19:17alors je vais répondre
01:19:17sur trois points simplement
01:19:18la spécialisation
01:19:19bien sûr qu'on la demande
01:19:20on y est favorable
01:19:21je viens de le faire
01:19:22dans l'article précédent
01:19:23c'est exactement
01:19:24ce qu'on vous demande
01:19:25et quand on est allé
01:19:26ensemble en Espagne
01:19:27on a bien vu
01:19:27les bienfaits de la spécialisation
01:19:29les cours criminels départementales
01:19:30vous voulez peut-être
01:19:31en faire un outil
01:19:32de la spécialisation
01:19:33c'était pas fait pour ça
01:19:34nous on vous demande
01:19:35d'étendre les vifs
01:19:36on en a parlé tout à l'heure
01:19:38si vous voulez faire
01:19:38la spécialisation
01:19:39pour les violences sexistes
01:19:40et sexuelles
01:19:41vous avez tout pouvoir
01:19:41de le faire
01:19:42monsieur le garde des Sceaux
01:19:44c'est une des solutions
01:19:45que nous proposons
01:19:46deuxièmement
01:19:47vous dites
01:19:47on veut pas des CCD
01:19:48on a jamais dit ça
01:19:49on a dit que les CCD
01:19:50aujourd'hui
01:19:51ne répondent pas
01:19:52à l'objectif initial fixé
01:19:54qui était une économie
01:19:55financière
01:19:56et une économie de temps
01:19:57mais que pour autant
01:19:58nous nous satisfaisons
01:20:00de la façon
01:20:00dont elles fonctionnent
01:20:01nous pensons
01:20:02que la réaction
01:20:02est positive
01:20:03mais simplement
01:20:05elle est positive
01:20:06et nous nous en satisfaisons
01:20:08parce qu'un certain nombre
01:20:09de garanties
01:20:09ont été mises en place
01:20:10par le parlement
01:20:11par la commission
01:20:12et les magistrats
01:20:13qui l'ont constitué
01:20:14les parlementaires
01:20:15et par le gouvernement
01:20:16et que vous revenez
01:20:17sur toutes les garanties
01:20:18qui font justement
01:20:19que les CCD
01:20:20aujourd'hui
01:20:21peuvent fonctionner
01:20:21correctement
01:20:22et aboutissent
01:20:23à des résultats positifs
01:20:24c'est ça que nous mettons
01:20:25en cause
01:20:25pas le fait
01:20:26qu'il y en ait plusieurs
01:20:26par département
01:20:27ça c'est vous
01:20:28qui l'avez inventé
01:20:28on n'a jamais remis ça
01:20:29en cause
01:20:29il n'y a pas un amendement
01:20:30là-dessus
01:20:31monsieur le ministre
01:20:31donc s'il vous plaît
01:20:32répondez sérieusement
01:20:33à ce qu'on vous propose
01:20:34la création
01:20:35d'une vraie cour spécialisée
01:20:37le maintien des garanties
01:20:38qui font que les CCD marchent
01:20:39et à ce moment-là
01:20:40on votera peut-être
01:20:41l'article 2
01:20:42je vous remercie
01:20:44je vais mettre au voie
01:20:45les deux amendements
01:20:45identiques
01:20:46le 33 et le 45
01:20:47qui ont recueilli
01:20:48un double avis défavorable
01:20:50qui vote pour
01:20:51qui vote contre
01:20:52qui s'abstient
01:20:54ils ne sont pas adoptés
01:20:55madame Lincoln Hill
01:20:56vous présentez le 59
01:20:58oui merci madame la présidente
01:21:01donc par cet amendement
01:21:02nous ne proposons
01:21:04ni de supprimer
01:21:05les cours criminels départementales
01:21:08ni de supprimer
01:21:09l'article 2
01:21:10mais nous proposons
01:21:12finalement
01:21:12de maintenir
01:21:14l'équilibre
01:21:14qui avait été
01:21:16promis
01:21:17au moment
01:21:17de la création
01:21:18de ces cours criminels
01:21:20départementales
01:21:21c'est-à-dire
01:21:21de leur confier
01:21:23un certain nombre
01:21:23d'affaires criminelles
01:21:25mais de ne pas
01:21:26pour autant
01:21:27faire disparaître
01:21:28le rôle
01:21:29de la cour d'assises
01:21:30et de ceux
01:21:31qui font la spécificité
01:21:32d'une cour d'assises
01:21:33c'est-à-dire
01:21:34finalement
01:21:34d'une décision
01:21:35qui est portée
01:21:37à la fois
01:21:37par des magistrats
01:21:38professionnels
01:21:39mais aussi
01:21:39par un jury populaire
01:21:41et il faut bien reconnaître
01:21:43qu'à travers ce projet de loi
01:21:44en étendant
01:21:46les compétences
01:21:46des cours criminels départementales
01:21:48en les étendant
01:21:49aux affaires
01:21:51en appel
01:21:51même si depuis
01:21:52la commission
01:21:53est heureusement
01:21:53est revenue dessus
01:21:54mais en l'étendant aussi
01:21:55aux affaires
01:21:56en récidive
01:21:57finalement
01:21:58notre crainte
01:21:59c'est de toucher
01:22:00à cet équilibre
01:22:00qui nous avait été promis
01:22:02au moment de la création
01:22:03et de la généralisation
01:22:04des cours criminels départementales
01:22:06parce que la récidive
01:22:07c'est quoi ?
01:22:07C'est évidemment
01:22:08des affaires
01:22:09plus lourdes encore
01:22:10puisque par définition
01:22:12il y a une réitération
01:22:13de comportement criminel
01:22:15qui mérite donc
01:22:16un examen
01:22:16encore plus approfondi
01:22:18un examen
01:22:19qui pour nous
01:22:20doit continuer
01:22:21à relever
01:22:21des cours d'assises
01:22:22et je voudrais
01:22:23à cet instant
01:22:24dire à monsieur le ministre
01:22:26si toutefois
01:22:27il m'entend
01:22:29qu'il me semble
01:22:30on a déjà eu
01:22:31cet échange
01:22:32rapidement
01:22:32en commission
01:22:33qu'il me semble
01:22:36exagéré
01:22:37pour ne pas dire erroné
01:22:38d'opposer
01:22:40magistrats
01:22:41spécialisation
01:22:42et jury populaire
01:22:43la spécialisation
01:22:44des magistrats
01:22:46n'empêche pas
01:22:47de maintenir
01:22:47le jury populaire
01:22:48encore une fois
01:22:49dans une cour d'assises
01:22:50juge
01:22:51et les magistrats
01:22:52et le jury populaire
01:22:54c'est une majorité
01:22:55des deux
01:22:55qu'il faut
01:22:55et c'est tant mieux
01:22:57si on a à la fois
01:22:58des magistrats
01:22:59que par la formation
01:23:00on peut spécialiser
01:23:02et un jury populaire
01:23:03c'est ce qui nous paraît
01:23:04nous très intéressant
01:23:05de préserver
01:23:06et l'un ne s'oppose pas
01:23:07à l'autre
01:23:07en tout cas
01:23:09la création
01:23:10en tout cas
01:23:11le maintien
01:23:11des cours criminels
01:23:12départementaux
01:23:13pour nous
01:23:13ne doit pas emporter
01:23:14à terme
01:23:15la disparition
01:23:15Merci madame
01:23:16Nicolas Held
01:23:17Voilà pour cette séance
01:23:18publique
01:23:19pour plus d'informations
01:23:20sur ce que vous venez
01:23:21d'entendre
01:23:21rendez-vous sur notre site
01:23:22publicsénat.fr
01:23:24on se retrouve très vite
01:23:25pour un nouveau numéro
01:23:26de 100% Sénat
01:23:27très belle journée
01:23:28sur les chaînes parlementaires
01:23:31Sous-titrage Société Radio-Canada
01:23:32Sous-titrage Société Radio-Canada
01:23:34Sous-titrage Société Radio-Canada
01:23:37Sous-titrage Société Radio-Canada
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