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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo
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00:00:0119h, face à l'info, bonsoir à tous. D'abord le JT avec Audrey Bertheau. Bonsoir Audrey.
00:00:06Bonsoir Christine, bonsoir à tous. Le Hezbollah est affaibli et isolé au Liban.
00:00:11Ce sont les propos du chef d'état-major de Tsaal. Il s'est rendu dans le sud du Liban
00:00:16pour rencontrer des hauts commandants et évaluer la situation sur place.
00:00:19Au Liban, nous continuons à frapper le Hezbollah sur plusieurs fronts. Nous avons déjà éliminé 1700 terroristes du Hezbollah, a
00:00:27-t-il ajouté.
00:00:28L'armée iranienne menace de bloquer la mer Rouge si le blocus américain se poursuit.
00:00:32Si les Etats-Unis maintiennent leur blocus, cela constituera le prélude à une violation du cessez-le-feu.
00:00:38C'est ce qu'est estimé l'armée. L'Iran ne borde pas la mer Rouge, mais peut compter sur
00:00:42ses alliés au Yémen, les rebelles Houthis,
00:00:45qui ont menacé de s'en prendre aux navires dans le secteur de Bab el-Mendeb.
00:00:49Le président chinois Xi Jinping a rencontré son homologue vietnamien Tholam à Pékin.
00:00:54Les deux pays cherchent à approfondir leurs relations.
00:00:57La Chine et le Vietnam reçoivent la majeure partie de leur importation de pétrole, je le rappelle, via le détroit
00:01:03d'Hormuz.
00:01:04Après la séquestration d'un enfant, le gouvernement a lancé une enquête administrative.
00:01:09Il veut comprendre comment un enfant a pu être séquestré dans une camionnette dans un village alsacien,
00:01:15plus d'un an sans que personne ne s'en aperçoive.
00:01:17L'enfant de 9 ans a été retrouvé la semaine dernière, nu et dénutri.
00:01:21Son père a reconnu à l'effet cet après-midi.
00:01:25Et enfin, le pape Léon XIV poursuit sa tournée en Afrique.
00:01:28Après l'Algérie, il est arrivé au Cameroun.
00:01:30Le pape appelle les autorités à un examen de conscience.
00:01:34Il appelle au respect des droits de l'homme devant le président camerounais.
00:01:38Merci beaucoup, ma chère Audrey.
00:01:40J'ai trouvé ça sur mon bureau.
00:01:41Mathieu Bocoté entretient avec...
00:01:43C'est qui le monsieur à côté du...
00:01:44Laurent Dandrieux.
00:01:45C'est qui ?
00:01:46Un excellent journaliste, un ami, qui est directeur des pages culturelles de Valle Actuelle.
00:01:50Mais alors, ça sort quand ?
00:01:52La semaine prochaine.
00:01:53Et je l'ai en avant-première ?
00:01:54Absolument.
00:01:54Mais c'est un cadeau pour moi ?
00:01:56Oui, mais aux autres bousquetaires, bien évidemment.
00:01:58Tout le monde l'a eu ?
00:01:59Il n'y a que la reine qui compte, nous, on n'est rien.
00:02:01On n'est pas du tout.
00:02:03Tout ce qu'on...
00:02:03Merci.
00:02:04Je le lirai avec attention, je dirai.
00:02:07Je rigole, je connais bien Laurent Dandrieux.
00:02:09Au sommaire ce soir, pourquoi la gauche boude-t-elle aujourd'hui ?
00:02:13Boilem Sansal, arrêtée en Algérie, libérée après un an de prison,
00:02:18élue à l'Académie française, ne devrait-on pas fêter le dissident ?
00:02:24L'écrivain, reconnu pour son travail pendant des décennies,
00:02:27est rejeté par la gauche car il nuance la colonisation française.
00:02:31Quitte Gallimard pour Grasset et dialogue avec la droite.
00:02:37Verdict, il est passé, je cite, à l'extrême droite.
00:02:40De quoi ce mécanisme est-il le nom ?
00:02:42L'édito de Mathieu Bocoté.
00:02:44Le maire et les filles de Saint-Denis, Balibagayoko, a déclaré sur RTL
00:02:48« Nous ne reconnaissons pas Jordan Bardella comme étant dionysien ».
00:02:51Cette phrase a fait réagir l'intéressé Jordan Bardella et beaucoup d'autres,
00:02:55alors que celui-ci a grandi dans la cité Gabriel Péry à Saint-Denis.
00:02:59Un enfant de la ville devenu célèbre et soudain effacé pour ses idées.
00:03:05D'échéance d'identité municipale, exclusion des électeurs du RN,
00:03:10la gauche invente, je cite, les citoyens de déshonneur inquiétant et anticonstitutionnel.
00:03:17L'analyse de Gabriel Cluzel.
00:03:20L'Espagne a approuvé hier une régularisation extraordinaire pour environ 500 000 migrants irréguliers.
00:03:28Ceux arrivaient avant le 1er janvier de cette année.
00:03:31Présent depuis au moins 5 mois et 100 casiers judiciaires pour obtenir un permis de séjour et de travail d
00:03:37'un an.
00:03:38Objectif, soutenir l'économie, conséquences immédiates.
00:03:41Regardez ici, fil d'attente kilométrique devant les consulats marocains en Espagne
00:03:47à Almeria et en Espagne.
00:03:49Voilà, en Espagne, Almeria, Madrid, Bilboa, pour obtenir le certificat d'antécédent péno exigé.
00:03:56Les demandes ouvrent dès demain jusqu'au 30 juin.
00:03:59Quel impact direct pour la France dans l'espace Schengen ?
00:04:02Le regard de Marc Menon.
00:04:04Israël a mis son veto à la participation de la France aux négociations avec le Liban.
00:04:09Vous l'avez appris en direct face à l'info hier soir.
00:04:12L'ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis l'a ensuite confirmé.
00:04:15Reproche principale, Paris dialogue avec le Hezbollah, défend trop le Liban et freine militairement Israël.
00:04:22La France présente en 2006 et 2024 est désormais tenue à l'écart.
00:04:26Malgré ses efforts diplomatiques, perd-elle du terrain face aux Etats-Unis ?
00:04:31Dans un Moyen-Orient où la paix par la guerre l'emporte sur la diplomatie ?
00:04:36Le décryptage de Charlotte Dornelas.
00:04:39Yaël Braun-Pivé dénonce, je cite, le club des machos qui se déclare pour 2027.
00:04:46A-t-elle raison ou voit-elle du sexisme partout ?
00:04:50Que penser lorsque pourtant ce sont des femmes comme Marine Le Pen, Marion Maréchal, Sarah Knafow
00:04:55qui incarnent peut-être un éventuel avenir ?
00:04:58Est-ce un féminisme sélectif qui ne défend pas les femmes de la droite nationale ?
00:05:03C'est l'édito de Mathieu Bocoté ce soir.
00:05:05Et puis, il y a 7 ans, jour pour jour, Notre-Dame de Paris prenait feu
00:05:10et avec elle, notre patrimoine et notre histoire.
00:05:13Depuis de véritables maîtres d'art, entœuvrés à sa reconstruction.
00:05:17Parmi eux, ici à l'antenne, à l'image, Loïc Anglaise,
00:05:20devenue tailleur de pierres ce soir.
00:05:23Il nous raconte ce que Notre-Dame lui a apporté,
00:05:26l'espérance derrière ce symbole de notre civilisation.
00:05:29Loïc, bâtisseur de Notre-Dame, est l'invité de Face à l'Info.
00:05:33Une heure avec nos mousquetaires et sans tabou.
00:05:48Marc Menon, j'ai envie de commencer avec vous.
00:05:51Je ne suis pas prêt.
00:05:52Ah, vous n'êtes pas prêt.
00:05:55Il a toujours tout qu'à dire.
00:05:56Ah oui, je pense aussi.
00:05:58Avec ces 500 000 clandestins qui vont être régularisés en Espagne,
00:06:05une question, on a vu ces files d'attente, on va les revoir,
00:06:08devant les consulats en Espagne.
00:06:11Quelles conséquences, quel impact pour la France au cœur de l'espace Schengen ?
00:06:15Alors, déjà, il faut remarquer que les Espagnols ont un grand sens de la démocratie.
00:06:22Il faudrait dire qu'ils ont été très, très longtemps bien dirigés,
00:06:27avec un esprit, je dirais, d'ouverture, le général Franco.
00:06:31Et là, eh bien, pour faire passer cette mesure, c'est un décret royal.
00:06:37Il n'est pas question d'obtenir un vote à l'Assemblée.
00:06:42Alors, on est passé par un décret royal qui, lui, permet d'avoir cette mesure effective.
00:06:48Et la justification du Premier ministre, c'est de dire,
00:06:53« Depuis 40 ans, depuis qu'on est en démocratie,
00:06:56ma foi, ce n'est pas la première fois qu'on le fait,
00:06:57et on peut continuer comme ça. »
00:07:00Alors, j'essayais de me rappeler, en France,
00:07:04quand on avait eu déjà, nous aussi, ce type d'initiative,
00:07:08la plus forte, ça a été en 1982, avec Mitterrand,
00:07:12130 000 régularisations.
00:07:16Après, il y a eu Jospin, c'était en 1997.
00:07:19Et là, c'était au cas par cas, on disait, bon, on étudiera,
00:07:23et on a eu maximum 40 000 régularisations.
00:07:27Et un an après, il était interpellé à l'Assemblée.
00:07:30Alors, j'ai noté ce qu'il disait.
00:07:31Il disait, compte tenu des différences de développement
00:07:34qui existent entre l'Europe riche et son pourtour méditerranéen,
00:07:40Moyen-Oriental ou Africain,
00:07:42la tendance des mouvements vers l'Europe
00:07:45et des autres pays développés est une tendance forte, durable,
00:07:50et à laquelle il ne faut pas céder.
00:07:54C'est Jospin qui disait ça.
00:07:55En 1998, il ne faut pas céder à la pression migratoire.
00:08:03Le regard l'avait dit aussi.
00:08:05C'est-à-dire que vous pouvez avoir le cœur le plus généreux qui soit.
00:08:09Il est évident qu'à un moment donné, vous butez sur des logiques arithmétiques.
00:08:14C'est-à-dire que vous ne pouvez pas offrir à tout un chacun,
00:08:18surtout que les systèmes éducatifs sont souvent pénalisés
00:08:22quand on vit dans ces pays-là.
00:08:24Vous arrivez avec simplement au mieux votre cœur à l'ouvrage,
00:08:28mais vous ne disposez pas d'une formation qui permet de jaillir dans le pays.
00:08:33Alors, ça donne quoi ?
00:08:34Eh bien, ça donne tous les sous-emplois.
00:08:36Sous-emplois qui existent pourquoi ?
00:08:38Eh bien, parce qu'il y a un certain patronat qui voit l'opportunité
00:08:42de ne pas donner la possibilité à ceux qui sont chez nous,
00:08:46donc aux Français, la joie du travail,
00:08:50parce que c'est une joie souvent, au moins la joie de l'indépendance
00:08:54et de la liberté d'aller y venir avec ce que l'on gagne.
00:08:58Mais là, on rogne sur les salaires.
00:09:00Et on fait quoi ?
00:09:01Eh bien, on fait un appel d'air et on appelle ceux qui sont vraiment en famine,
00:09:06prêts à n'importe quoi pour avoir cette capacité à rester sur le territoire.
00:09:12Alors, ce qui est intéressant, c'est ce que je disais là,
00:09:15à savoir...
00:09:16C'est toujours intéressant ce que je dis, d'ailleurs.
00:09:20À savoir qu'il faut aller dans le déni de démocratie,
00:09:26pour ne pas dire le délit de démocratie,
00:09:29pour faire passer ce type de mesures.
00:09:32Car aujourd'hui, dans l'Europe entière,
00:09:35je ne vois pas un seul Parlement qui voterait ce type de décision.
00:09:40N'oubliez pas, ce qui s'est passé...
00:09:42Il n'y a pas de majorité en Espagne, comme nous, d'ailleurs.
00:09:44Non, mais ça montre quand même qu'il y a là un hiatus.
00:09:48Il y a une volonté de faire en dehors des intérêts des uns et des autres.
00:09:54Et l'Espagne, il y a toujours 10% de chômeurs.
00:09:58Alors, ça s'améliore un peu.
00:09:59Mais 10% de chômeurs.
00:10:02En revanche, l'Espagne nous inonde de quoi ?
00:10:04Elle nous inonde de son agriculture,
00:10:07qui est une agriculture...
00:10:09Quand vous allez dans le sud de l'Espagne, c'est incroyable.
00:10:11Vous ne voyez plus un espace vert.
00:10:12Vous ne voyez que des serres, que des serres, que des serres.
00:10:15C'est donc, je dirais, une alimentation chimique qui est fabriquée
00:10:21et avec laquelle on a une nécessité d'une main-d'oeuvre étrangère sous-payée.
00:10:26Et c'est comme ça que l'on peut offrir ce type d'illusion de situation.
00:10:31Mais forcément, ça ne permettra pas d'avoir une véritable intégration.
00:10:36La générosité, ce n'est pas d'exploiter l'autre.
00:10:39C'est d'essayer de savoir comment on peut effectivement offrir des espoirs.
00:10:44Mais l'espoir n'est pas désespoir en un seul mot.
00:10:48Merci beaucoup Marc Monand.
00:10:50Et c'est vrai qu'on a vu ces files d'attente incroyables
00:10:54devant les consulats marocains en Espagne,
00:10:58notamment à Almeria, vous voyez ici à Madrid ou encore à Bilboa.
00:11:06Dans un instant, on revient avec Mathieu Bocoté et Boilem Sansal.
00:11:11Pourquoi la gauche critique Boilem Sansal ?
00:11:14On marque une pause, on revient tout de suite.
00:11:20Il y a peu encore, Boilem Sansal était retenu en otage par le régime algérien.
00:11:26On aurait pu croire qu'il serait magnifiquement accueilli suite à sa libération,
00:11:32mais ce ne fut pas le cas.
00:11:33On sent un certain malaise autour de lui.
00:11:36Comment l'expliquer Mathieu Bocoté ?
00:11:38L'histoire de Boilem Sansal, depuis son arrestation le 16 novembre 2024 en Algérie,
00:11:44on pourrait dire que rien ne s'est passé comme ça aurait dû se passer.
00:11:47Premier élément, l'arrestation d'un écrivain.
00:11:50Rappelons-le, arrêter un écrivain pour délit d'opinion au sud de la Méditerranée,
00:11:55il y avait quelque chose là-dedans qui relevait de la provocation du régime algérien
00:11:58contre la France et contre la possibilité même de la liberté de l'esprit.
00:12:02C'est révélé de mémoire le 16 novembre par Rachel Binaz du journal Mariam.
00:12:09Et très rapidement, on aurait pu croire, on aurait pu espérer à tout le moins que l'opinion
00:12:14se mobilise sur le mode « c'est un scandale absolu, ce grand écrivain franco-algérien
00:12:19doit être défendu ». On pouvait imaginer qu'il y aurait un front commun d'union sacrée
00:12:25autour de lui.
00:12:26Mais ce n'est pas du tout comme ça que ça s'est passé.
00:12:29Très rapidement, on sent un malaise autour de lui pour différentes raisons.
00:12:33La raison officielle qui est donnée, c'est une raison diplomatique.
00:12:37Pour être capable de faire plier le régime algérien, il faut faire semblant que nous
00:12:41nous plions devant lui.
00:12:42Donc, c'était une forme de pédagogie de l'enfouissement, comme on disait dans les
00:12:45années 70 pour autre chose.
00:12:47Donc, soyez très discret et n'en parlez pas et ainsi vous réussirez à le libérer.
00:12:52Et on présentait ceux qui se portaient à sa défense comme des empêcheurs de libérer
00:12:56en rond, parce qu'on leur disait finalement, en cherchant à le libérer, à pousser à
00:12:59sa libération, vous facilitez son enfermement durable.
00:13:04Donc ça, premier point de départ un peu étonnant.
00:13:06Ensuite, sur l'éditeur, sur l'éditeur Gallimard, grande maison française, qui dira le contraire,
00:13:11Boilem Sansal lui-même dira ensuite qu'il n'était pas très à l'aise avec la stratégie
00:13:15qui a été utilisée par Gallimard pour l'édiste.
00:13:17Gallimard s'est rangé sur la stratégie diplomatique.
00:13:20Boilem Sansal, quant à lui, aurait souhaité une défense plus affirmée.
00:13:24Dix ans, quant à lui, une maison d'édition n'est pas une institution diplomatique et
00:13:27ne saurait parler à la place de l'écrivain concerné.
00:13:31Par ailleurs, des gens se mobilisent pour lui.
00:13:33La gauche républicaine, la gauche classique, la droite nationale conservatrice.
00:13:37Donc, on pourrait dire qu'il y avait, je le dis, la tendance Mariam, de l'autre
00:13:40côté, la tendance Retailleau, qui se mobilisait pour lui.
00:13:43Mais encore une fois, il n'était pas majoritaire, non pas dans l'opinion publique,
00:13:47je crois, mais il n'était pas majoritaire dans les élites, comme si Sansal, c'était
00:13:51finalement l'otage ou le prisonnier qui nous faisait un peu honte et qu'on ne voulait
00:13:56pas libérer.
00:13:57Il est condamné, on le sait, et ensuite, il est gracié, formidable.
00:14:01On aurait pu alors s'attendre à ce qu'il soit accueilli en France de la plus belle
00:14:05manière.
00:14:06Enfin, le grand écrivain est libéré, il revient chez nous.
00:14:10Mais non, encore une fois, non seulement il y a eu le malaise au temps de l'incarcération,
00:14:14mais il y a aussi le malaise au moment de la libération.
00:14:17Certes, il a été élu à l'Académie française, c'est très bien, mais rappelez-vous, il
00:14:21arrive ici et on comprend qu'il n'est pas maître de son récit.
00:14:23Il ne peut pas raconter sa vérité telle qu'il voudrait la raconter.
00:14:28Donc là, on commence à comprendre que tout ne se passe pas correctement.
00:14:31Et là, on commence à se demander, c'est la question qui annonce l'accusation.
00:14:36On se dit, bon, même Sansal, oui, grand écrivain, certes, mais est-ce qu'il n'est
00:14:39pas depuis longtemps passé à l'extrême-droite? Est-ce qu'il y a tout le monde à droite et
00:14:42probablement à l'extrême-droite?
00:14:43Et là, on commence, le procès traînait déjà au temps de l'incarcération, mais il
00:14:47se radicalise alors. Est-ce qu'il n'a pas déjà accepté de collaborer, par exemple,
00:14:50avec le journal Frontière? Est-ce qu'il n'a pas déjà affirmé qu'il ne faut pas
00:14:54non seulement critiquer l'islamisme, mais aussi l'islam, quitte quelquefois à flirter
00:14:59avec l'idée que les deux sont interchangeables selon lui? Est-ce qu'il n'a pas remis en question
00:15:03le récit canonique négatif de la présence française en Algérie? Est-ce qu'on n'est
00:15:09pas devant quelqu'un, finalement, qui ne méritait pas qu'on se batte pour lui?
00:15:13Alors, à partir de là, un nouveau récit s'installe. On nous explique, par exemple,
00:15:17lorsqu'il quitte Gallimard pour Grasset, eh bien là, c'est un événement dans la presse
00:15:22parisienne. Trahison, crime de l'aise-éditeur en crime de l'aise-majesté. D'une certaine
00:15:27manière, il trahissait la Sainte Église des lettres françaises. On ne quitte pas Gallimard
00:15:31sans se le faire reprocher. Donc, il va chez Grasset, et là, c'est déjà un scandale.
00:15:35Et rappelez-vous, on en a parlé hier soir, lorsqu'on lui demande si vous allez chez
00:15:38Grasset, est-ce que vous ne passez pas à l'extrême droite? Je ne connaissais pas
00:15:42cette réputation à Grasset depuis quelques décennies, mais qu'importe. Ensuite, on nous
00:15:46dira, puisqu'il va chez Grasset, c'est qu'en fait, il a été acheté. Acheté par qui?
00:15:50Par le grand méchant Vincent Bolloré, c'est ce qu'on dit dans la presse. Il a été
00:15:53acheté. Autrement dit, Bois-Dame Sanssalle n'est pas un écrivain attaché à sa liberté.
00:15:57Il est possible de l'acheter en y mettant les billets nécessaires. Dès lors,
00:16:01cet écrivain vaut vraiment la peine d'être lu parce qu'il ne serait désormais qu'une
00:16:04prise de guerre. Et là, ça va encore plus loin. On nous dit, vous savez, on célèbre
00:16:08surtout Bois-Dame Sanssalle dans la presse de droite et dans ce qu'ils appellent la
00:16:11presse d'extrême droite. Est-ce que ce n'est pas le signe que c'est un écrivain
00:16:14qui n'est plus véritablement récupérable aujourd'hui? Vous noterez, cet argument me fascine
00:16:18toujours. Il n'y a rien qui est interdit à la presse de gauche d'en parler. Rien n'est
00:16:21interdit à la presse de gauche d'en parler. Mais elle dit, elle n'en parle pas, mais elle
00:16:24dit, eux, ils en parlent. Donc, c'est bien la preuve qu'on n'en parlera pas, nous,
00:16:26à notre tour. Dimanche dernier, il est à la une du JDD en débat avec Philippe
00:16:32de Villiers. Alors là, franchement, là, ça devient, ce n'est plus un homme aimable
00:16:35et estimable. On ne parle pas avec Philippe de Villiers si on veut être admis dans
00:16:38la République des Lettres, la République des Mondains à Paris. Et là, ça va encore
00:16:43plus loin, je l'ai dit. L'accusation, êtes-vous désormais d'extrême droite?
00:16:46Parce qu'on se comprend. La question, êtes-vous d'extrême droite? C'est toujours
00:16:48une accusation. Et le point final, dès lors de ce portrait de Bois-Dame Sanssalle en écrivain
00:16:53infréquentable, on l'a vu dans l'Ibée ce matin, lorsqu'on nous dit du livre qui
00:16:57va raconter son enfermement, son emprisonnement et sa libération, que nous dit-on dans l'Ibée
00:17:04ce matin? Le texte de Bois-Dame Sanssalle, au départ, confus et impubliable. Autrement
00:17:10dit, Bois-Dame Sanssalle, au terme de tout cela, est tout simplement un mauvais écrivain.
00:17:13C'est ce qu'on appelle une exécution en règle dans le petit milieu parisien.
00:17:18Nous l'évoquions hier en quelques mots, Mathieu, ce n'est pas la première fois.
00:17:23Que la gauche se détourne d'un grand dissident, pourquoi?
00:17:28Alors, la gauche a une certaine idée de ce que devrait être le dissident admirable. Le
00:17:32dissident admirable, c'est quelqu'un qui incarne les valeurs de gauche et qui s'éloigne
00:17:37d'un régime lointain pour venir embrasser ses valeurs en Occident. Et on aime particulièrement
00:17:42le dissident qui arrive ici et qui nous crache au visage en expliquant qu'on n'est pas assez
00:17:47progressiste, assez diversitaire, assez inclusif, autrefois assez socialiste. Donc, il y a une
00:17:51figure du dissident désiré qui doit être le dissident progressiste de référence.
00:17:57Mais ce n'est pas la première fois. Et il faut répéter à Solzhenistin le traitement
00:18:01réservé à Solzhenistin qui me fait beaucoup penser, même si le sort des deux n'est pas
00:18:04le même, qui me fait beaucoup penser au sort de Boilem Sansal. Solzhenistin, on le sait,
00:18:09écrivain immense, mais immense au XXe siècle, celui qui, avec l'archipel du Goulag, a décrit
00:18:13le système concentrationnaire soviétique. En 1973, il publie l'archipel du Goulag.
00:18:19En 1974, il est déchu de sa nationalité soviétique, le 12 février. Il est expulsé
00:18:25de l'Union soviétique le 13 février. Donc là, il est accueilli en Occident. La première
00:18:28réaction, c'est, bien là, c'est un dissident chassé des soviétiques, c'est un homme
00:18:31de liberté. Et on se le représente, c'est comme si on le grime en la manière d'un
00:18:35libéral, droit de l'homiste, progressiste, de centre-gauche, quelque chose comme aujourd'hui
00:18:40une forme d'électeur de Raphaël Glucksmann. Donc, on se dit, Solzhenistin, c'est ça.
00:18:44Et là, on découvre peu à peu que Solzhenistin, c'est pas exactement ça. C'est un nationaliste
00:18:48dans le bon sens du terme, il y en a-t-il un mauvais. C'est un patriote, c'est
00:18:52même
00:18:52un réactionnaire à sa manière, c'est un chrétien orthodoxe, c'est un homme qui a
00:18:55trouvé la manière de résister au totalitarisme, au communisme, au goulag, dans sa foi et son
00:19:03patriotisme. Autrement dit, c'est parce qu'il avait des racines très profondes, le
00:19:06patriotisme, et des aspirations très élevées, sa foi, qu'il a été capable de résister
00:19:11à un système qui voulait le briser. Et bien, dès lors, qu'est-ce qu'on a fait? Le milieu
00:19:17intellectuel occidental qui, autrefois, le chantait, se met à tout faire pour le
00:19:20détruire. Solzhenistin, réactionnaire. Solzhenistin, ennemi de la liberté, antidémocrate, extrême-droite
00:19:27et tout ça. Et ce qui est particulier, c'est que Solzhenistin, il arrive en Occident et il aime
00:19:31un Occident que les élites occidentales n'aiment plus. Il dit, je suis venu ici pour trouver
00:19:35une spiritualité supérieure, pour trouver le patriotisme, pour trouver les libertés,
00:19:39et je trouve aujourd'hui des sociétés sans courage. Je trouve des sociétés qui n'ont plus
00:19:43de transcendance, des sociétés strictement matérialistes. Donc, il arrive chez nous
00:19:47et nous rappelle que nous ne sommes plus fidèles à nos anciennes valeurs. Et bien, à certains
00:19:51égards, c'est un peu le sort de Boilem Sansal aujourd'hui. Il arrive en France et dit
00:19:56la France n'est plus fidèle à ce qu'elle a toujours été. La France, aujourd'hui, est
00:20:00en train de se perdre elle-même. Donc, il se porte à la défense de l'ancienne France
00:20:04condamnée au nom de la nouvelle. Dès lors, il n'est pas le bienvenu. Un homme qui invite
00:20:09les Français à se ressaisir, à ne pas se renier, à ne pas cracher sur leur histoire,
00:20:12à ne pas capituler devant l'islam politique conquérant, à ne pas se laisser islamiser,
00:20:17un tel dissident n'est pas le bienvenu. Il ne mérite pas bonne réputation. Il faut
00:20:21s'en détacher et le maudire. De ce point de vue, la gauche est fidèle à son histoire.
00:20:28Autrement dit, Mathieu, à vous entendre, Boilem Sansal n'a pas joué le rôle attendu,
00:20:31en fait, dès lors qu'il l'est rejeté.
00:20:34Exactement. Qu'est-ce qui l'a fait de mal, en fait? Tout simplement, il n'a pas accepté
00:20:36d'être le pantin de la comédie littéraire parisienne. Alors, Boilem Sansal ne sera plus
00:20:42un écrivain. On ne se rappellera plus le titre de ses livres. Franchement, il est
00:20:47merveilleux. 2084, tant d'autres. On ne le jugera plus sur son style, sur sa plume,
00:20:55sur son imaginaire, sur le monde qu'il a fait naître par sa plume. On va désormais dire
00:20:59que c'est l'homme qui porte la terrible étiquette de l'extrême droite, comme d'habitude.
00:21:03Et ça nous ramène, en fait, à cette vision étriquée de l'histoire littéraire et intellectuelle,
00:21:08où finalement, les grands écrivains, les grands intellectuels ne peuvent pas ne pas être
00:21:12de gauche. S'ils s'éloignent des codes de la respectabilité mondaine, le grand écrivain
00:21:16devient polémiste. Le grand intellectuel devient vague chroniqueur. On pourrait dire, de ce
00:21:21point de vue, que la droite, telle qu'il se l'imagine, est un marqueur maléfique, un
00:21:24symbole de médiocrité. J'ajoute une chose, que Boilem Sansal, à cause de cela, ne sera plus
00:21:28considéré dans la presse de gauche comme le grand écrivain qu'il est, mais comme
00:21:31une prise de guerre de l'extrême droite. Dès lors, pourquoi le lire? On pourra se contenter
00:21:35de le mentionner à la manière d'un homme autrefois respectable et qui, aujourd'hui,
00:21:38ne l'est plus. Je pense que la seule manière de répondre à tout cela, c'est de le lire
00:21:42simplement. On découvrira non pas un monstre, mais un grand écrivain.
00:21:46Merci beaucoup, Mathieu Bocoté. Dans un instant, votre chronique, c'est Yael Bonne-Privé,
00:21:52qui vous a fait bondir. Vous allez nous expliquer pourquoi. D'abord, avant, Charlotte Dorné,
00:21:57hélas Gabriel Cluzet, je vous prie de bien vouloir accueillir notre invité. Il est
00:22:01jeune, il a 24 ans, il s'appelle Loïc. Venez, installez-vous. Loïc a participé à la reconstruction
00:22:08de Notre-Dame de Paris. Il est devenu tailleur de pierres et nous raconte, j'ai vu un article
00:22:14du Figaro de vous lorsque vous y aviez 22 ans, il y a deux ans déjà. Comment vous étiez
00:22:19fiers de participer à cette reconstruction de Notre-Dame, ces temps, jour pour jour, Notre-Dame
00:22:26frappé en plein cœur par un incendie ? Personne n'a oublié. Tout le monde se souvient
00:22:32où on était, ce qu'on faisait à cet instant, ce 15 avril 2019. Et vous, vous avez participé
00:22:38à cette reconstruction. J'aime mieux parce que vous avez le sourire. Avec un travail
00:22:43particulier qu'on perd un peu aujourd'hui. Avec le recul, quel regard vous portez aujourd'hui
00:22:48sur cet anniversaire, ce triste anniversaire de l'incendie de Notre-Dame ?
00:22:52Merci déjà de me recevoir ce soir. C'est payant. En sortant, il y a la quête.
00:22:58Non, je rigole. Je rigole, je rigole. Effectivement, vous avez raison, j'ai eu la chance de prendre
00:23:04part à ce mouvement de la reconstruction de Notre-Dame. Effectivement, moi, il y a sept ans,
00:23:08j'étais très, très loin d'imaginer que je serais tailleur de pierres. Il y a sept ans,
00:23:11j'étais en première au lycée, en première S. Très loin d'imaginer que je serais
00:23:17aujourd'hui dans un métier d'artisanat, être tailleur de pierres.
00:23:19Au moment de l'incendie ?
00:23:20Au moment de l'incendie, oui, tout à fait. J'espérais faire une école d'ingénieurs,
00:23:25j'espérais cette voie-là. Et en fait, je me suis rendu compte petit à petit
00:23:28qu'il y avait quelque chose en moi qui désirait un autre parcours. Et je pense que c'est
00:23:35Notre-Dame qui a un peu insufflé ce désir-là durant toutes ces années. Et donc, au lieu
00:23:41d'aller au concours d'école d'ingénieurs, j'ai fait un CAP maçonnerie. Et après,
00:23:45j'ai eu l'opportunité d'être assistant conducteur de travaux pendant la reconstruction
00:23:49de Notre-Dame. Et cette opportunité a été une vraie richesse pour moi. Car par la suite,
00:23:55j'ai décidé de rester dans mon entreprise et de devenir tailleur de pierres, de prendre
00:23:59part à ce mouvement, de prendre part à cette effervescence qu'il y avait autour de ce
00:24:04chantier. Mais là où je remercie Notre-Dame, ce n'est pas forcément d'avoir pris part
00:24:11à son chantier, mais c'est d'avoir découvert un savoir-faire et d'avoir découvert surtout
00:24:15un milieu qui est très riche. Car oui, il y a eu Notre-Dame, mais des petites Notre-Dame,
00:24:19il y en a partout en France. Et je pense que c'est le vrai regard qu'il faut avoir
00:24:22aujourd'hui.
00:24:24le chantier est quasiment terminé. Il continue encore. Il y a encore un chantier, notamment
00:24:28sur les arcs boutants, etc., à l'arrière de la cathédrale, sur le chevet. Mais en fait,
00:24:33des petites Notre-Dame, il y en a partout en France. Et avant Notre-Dame, je pense qu'on
00:24:36ne le mettait pas assez en avant. Et moi, j'ai eu la chance d'ouvrir les yeux par Notre
00:24:41-Dame.
00:24:41Et maintenant, j'ai eu la chance de prendre part à ce mouvement de restauration, de châteaux,
00:24:46de cathédrales, de monuments à Paris. J'ai eu la chance de participer à la restauration
00:24:50de l'Opéra Garnier, etc. C'est des belles opportunités. Donc oui, Notre-Dame, il y a
00:24:54sept ans, a brûlé. Mais c'était un vrai élan d'espérance qu'il y a eu.
00:24:58C'était un coup d'envoi, à ce moment-là, en tout cas, pour votre vocation. Qu'est-ce
00:25:01que vous rénovez en ce moment ? Vous dites qu'il y a des petits Notre-Dame un peu partout.
00:25:05En ce moment, il y a différents chantiers de restauration dans Paris.
00:25:08Il y a plein de... En fait, promenez-vous dans Paris.
00:25:12Vous ouvrons les yeux. Et vous allez voir qu'en fait, il y a des échafaudages de partout.
00:25:17Il doit y avoir les beaux et les beaux verts.
00:25:20Non, c'est bien pour vous, c'est pas bien pour tout le monde.
00:25:23Ils sont doucement, parce que c'est des gens qui travaillent derrière et c'est un savoir-faire
00:25:26qui est exploité. Mais des bâtisseurs de Notre-Dame, comme on les appelle, en fait,
00:25:30ils sont derrière ces échafaudages et il y en a partout. Et ce sont les gens qui se lèvent
00:25:33tôt le matin et qui, oui, quelquefois, réveillent les habitants parisiens. Mais quand les échafaudages
00:25:38tombent, on est toujours très heureux de voir la beauté des monuments, etc.
00:25:41Donc, on parle beaucoup des bâtisseurs de Notre-Dame. Oui.
00:25:45Mais ces bâtisseurs-là, ils sont sur tous les chantiers que vous pouvez voir.
00:25:48Donc, vous êtes un bâtisseur de Notre-Dame. C'est intéressant parce que vous étiez en première
00:25:52S lorsque, effectivement, Saint-Bruyne et puis lorsque Notre-Dame prend feu et vous décidez
00:25:57donc à ce moment-là de devenir bâtisseur. C'est intéressant parce qu'on voit à quel point
00:26:05ça a pu aussi provoquer des vocations. Lorsque vous êtes au cœur du chantier, lorsque vous êtes
00:26:11tailleur de pierre au sein de Notre-Dame, comment vous avez vécu votre présence à ce moment-là ?
00:26:17Moi, du coup, c'était un peu différent parce que j'étais plutôt dans les bureaux à côté.
00:26:20J'étais dans le cadre de mon apprentissage, dans mes études. J'étais assistant conducteur de travaux
00:26:24donc je faisais de la gestion. J'aidais à piloter une équipe de tailleurs de pierre.
00:26:29Oui, je sais, mais vous êtes quand même rentré dedans.
00:26:31Et maintenant, après Notre-Dame, j'ai eu la chance de devenir ce tailleur de pierre.
00:26:35Vous étiez en formation.
00:26:36J'étais en formation et je le suis encore. Je suis encore apprenti tailleur de pierre. C'est ma deuxième
00:26:40année en ce moment.
00:26:43Mais j'ai eu l'occasion après de tailler pour Notre-Dame à l'atelier, etc. Donc, je suis fier
00:26:48de prendre part quand même,
00:26:50de continuer à prendre part à cette restauration. Mais en fait, j'avais envie de découvrir un peu cette fierté
00:26:56de travailler avec ses mains.
00:26:57Et je pense que c'est important dans notre monde aujourd'hui parce que c'est rare d'avoir la
00:27:02chance d'incarner quelque chose
00:27:03à la fin de sa journée, de voir un morceau de caillou taillé qui est beau et de prendre part
00:27:07au beau.
00:27:08Parce que le beau élève. Donc, en fait, prendre part à l'élévation, c'est chouette. Ça rend heureux.
00:27:13Et moi, j'ai envie d'inviter tous les jeunes qui ont envie de s'engager, qui ont envie d
00:27:16'y aller, mais qui hésitent.
00:27:17Ils disent que c'est des métiers qui sont durs, c'est des métiers qui sont mal payés.
00:27:21Oui, c'est sûr. Il faut les mettre en avant. Il faut les valoriser.
00:27:26C'est exactement la question que je voulais vous poser. On dirait que vous lisez mes fiches.
00:27:29Non, mais c'est vrai. Vous êtes tailleur de pierres. Vous êtes lumineux. Vous êtes incroyable.
00:27:33Quel message vous avez envie de donner à ceux qui hésitent, à ceux qui aimeraient peut-être se lancer comme
00:27:38vous
00:27:38dans ces métiers manuels, souvent dévalorisés, mais qui redorrent la France ?
00:27:44Complètement. Vous avez raison. Il faut les revaloriser.
00:27:46Et ce que j'ai envie de dire aux jeunes, c'est que sincèrement, je fais partie d'une génération
00:27:53qui a du mal à incarner,
00:27:54quelque chose qui a du mal à avoir confiance en soi, qui a du mal à aller de l'avant.
00:27:58Et en fait, travailler la matière, travailler pour le beau, aujourd'hui c'est une cathédrale.
00:28:05Si les cathédrales et les églises sont belles, c'est pour élever les prières, c'est pour élever les âmes.
00:28:09Donc prendre part à cet élan de travailler pour le beau, mais d'être un tout petit maillon de la
00:28:14chaîne,
00:28:14c'est rien du tout, donc il faut faire preuve vraiment d'humilité.
00:28:17Mais prendre part à cet élan, en fait, c'est vraiment réconfortant et ça donne confiance en soi.
00:28:21Et j'ai la chance aujourd'hui, par Notre-Dame, j'ai fondé une association qui justement,
00:28:26je cherche à restaurer et surtout à créer ce que j'ai envie de bâtir aujourd'hui.
00:28:29On passe notre temps à restaurer, c'est chouette, mais le passé c'était bien et le présent,
00:28:33qu'est-ce qu'on va bâtir aussi aujourd'hui ?
00:28:34Donc j'ai fondé une association qui s'appelle Incarnons et j'ai envie d'offrir l'opportunité aux jeunes
00:28:38justement de, même s'ils n'ont pas l'occasion d'être tailleurs de pierre plus tard,
00:28:43ou d'être charpentiers et tous ces métiers-là, mais de prendre part à un élan de bâtisseurs.
00:28:46Comment s'appelle votre association ?
00:28:48Incarnons, du verbe incarner, n'impératif, la première personne du pluriel.
00:28:51Incarnons, on peut retrouver ça.
00:28:55Alors je sens que Gabriel Cluzel et Charlotte Donnellas ont envie de vous poser aussi chacune une question,
00:29:00pas les garçons, que les filles.
00:29:01On peut retrouver mon association sur Instagram, si les gens veulent découvrir des projets à soutenir.
00:29:07Je vous suis tout de suite en direct pendant que les filles vous posent une question.
00:29:10Charlotte Donnellas et Gabriel Cluzel.
00:29:11Non mais de ce chantier et de Notre-Dame, c'est vrai qu'on a vu défiler beaucoup de gens
00:29:15qui ont participé à ce chantier et qui nous ont tous donné envie de devenir tailleur de pierre, charpentier.
00:29:20On a découvert mille métiers par ailleurs à cette occasion.
00:29:23Qu'est-ce que vous retenez justement de l'expérience humaine aussi,
00:29:26qui vous a donné envie de faire ce métier que vous n'aviez pas imaginé ?
00:29:31Qu'est-ce que vous retenez de ça et qui vous nourrit aujourd'hui ?
00:29:35Vous m'avez invité à l'émission à 15h, donc j'ai lancé mon compte Instagram directement.
00:29:39Ah bon, parce que je vous ai invité.
00:29:41Cette association fonctionne bien.
00:29:43J'ai déjà un restaurant et calvaire et bâti un calvaire avec un ami.
00:29:48Charlotte Donnellas, pardon.
00:29:49Non, pas de problème.
00:29:50Qu'est-ce que vous retenez même humainement de cette aventure
00:29:52et qui vous a poussé, qui vous donne ce souffle justement aujourd'hui dans votre nouvelle vocation ?
00:29:57Déjà, moi, ce qui m'a motivé, c'est que je me souviens d'être venu à Paris.
00:30:00Je suis lyonnais et quand je venais à Paris, quand j'étais encore lyonnais,
00:30:04je regardais la cathédrale et je me disais, je rêverais d'un jour travailler.
00:30:08Mais pour moi, c'était illusoire.
00:30:09Et à un moment donné, j'étais au sommet des tours et je regardais les gens sur le parvis
00:30:12et je me disais, ah ben en fait, j'y suis.
00:30:13Et en fait, ce n'est pas si compliqué.
00:30:15Donc en fait, ce n'est pas si compliqué.
00:30:17Il faut avoir l'audace, mais accepter de rêver, en fait, c'est possible.
00:30:20On a le droit de vivre ses rêves.
00:30:21Moi, c'était un rêve de travailler à Notre-Dame.
00:30:27Découvrir des gens avec des savoir-faire exceptionnels qui travaillent depuis 30 ans
00:30:29et qui m'apprennent beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses.
00:30:32Que ce soit humainement, techniquement, c'est extraordinaire.
00:30:34Et donc en fait, je suis heureux de me lever tous les matins.
00:30:36Même si je me lève tôt, je suis heureux de me lever tous les matins.
00:30:39Gabriel Cluzel, ensuite Marc Menand et Mathieu Bocot.
00:30:41Comment devient-on tailleur de pierres ?
00:30:43Est-ce que vos parents vous ont fait découvrir l'amour des vieilles pierres ?
00:30:48Est-ce qu'il ne faut pas...
00:30:50Je ne sais pas, moi, je m'imaginais qu'il fallait être compagnon du devoir.
00:30:52On ne sait pas très bien, en fait, comment on peut devenir tailleur de pierres ?
00:30:55Alors, mes parents m'ont indirectement poussé le tailleur de pierres.
00:30:59Je suis croyant, donc j'allais à la messe tous les dimanches.
00:31:01Donc il y avait des belles églises, j'avais la chance d'en voir tous les dimanches.
00:31:04Donc oui, ça m'a donné envie de comprendre, en fait, ce qui m'entoure,
00:31:07comment ça a été bâti.
00:31:09Donc ça, c'est l'élan que mes parents m'ont donné.
00:31:11Après, ce n'est pas mes parents qui m'ont vraiment poussé à devenir tailleur de pierres.
00:31:14Par contre, ils ont compris mon projet.
00:31:15Et j'avais un vrai projet, j'avais un vrai désir de devenir artisan.
00:31:19Et ça, mes parents l'ont entendu.
00:31:20Et j'appelle tous les parents qui ont des enfants, qui ont ce désir-là de devenir artisans,
00:31:25même artistes, etc.
00:31:27S'il y a un projet qui est construit, fondé, avec une vraie volonté, une vraie ambition,
00:31:30mais encouragez-les.
00:31:31Ça peut faire peur aux parents.
00:31:32Ça peut faire peur aux parents, oui, je peux comprendre, mais il faut les encourager.
00:31:35En tout cas, l'IA ne vous remplacera pas, je le dis.
00:31:38Oui, mais ça, c'est important ce que vous dites là.
00:31:40C'est-à-dire qu'on a une prévision qui dit dans les 5 ans, on va perdre 5 millions
00:31:44d'emplois.
00:31:45Et pour des emplois, on est dans la répétition.
00:31:47Là, vous êtes dans un emploi de création.
00:31:50Mon grand-père, à 12 ans, a travaillé comme maçon.
00:31:53Il est mort à 82 ans, 3 semaines après son dernier échafaudage.
00:31:58Et sa vie, c'était de se lever à 5 heures du matin, de tailler la pierre et de les
00:32:03mettre.
00:32:03Il était fier.
00:32:04Il se promenait, il disait ça, c'est moi qui l'ai fait.
00:32:07Donc, c'est formidable.
00:32:09On a une âme quand on a un métier comme ça.
00:32:11Et c'est ce que vous ressentez et que vous dites merveilleusement bien.
00:32:13Je vous remercie.
00:32:14Après, il y a une réalité du métier qui est aussi, comme on est sur le chantier, au bras des
00:32:18intempéries, etc.
00:32:19C'est dur.
00:32:19La journée aujourd'hui était dure.
00:32:21Qu'est-ce que vous avez fait ce matin ?
00:32:23Parce que j'ai eu du mal à vous joindre.
00:32:24Mais qu'est-ce que vous avez fait ce matin ?
00:32:25J'étais en train d'hébiter des pierres.
00:32:27J'avais une grosse patate qui sortait de carrière.
00:32:29Et j'en faisais des carrés avec des angles droits, des faces vraiment planes, etc.
00:32:33Et après, je les ai données à mes collègues tailleurs de pierre pour sortir des moulures, etc.
00:32:37Donc, moi, j'étais avec une grosse machine avec beaucoup de bruit.
00:32:40Dernière question.
00:32:42Vous avez une formule.
00:32:44Vous dites que vous ne voulez pas seulement restaurer, vous voulez créer.
00:32:47Est-ce que vous n'avez pas l'impression que dans notre monde, aujourd'hui, on ne fait plus confiance
00:32:50à ce qu'on va créer ?
00:32:50On a l'impression qu'on va créer du lait.
00:32:52Vous, vous croyez qu'on peut encore créer du beau aujourd'hui ?
00:32:55J'en suis convaincu qu'on peut créer du beau.
00:32:57Donc, le beau appartient à chacun.
00:33:00J'aime beaucoup la roman.
00:33:01Donc, si demain, je vais créer, vous pouvez regarder le calvaire que j'ai créé avec un ami.
00:33:07C'est une inspiration un peu romane, etc.
00:33:08C'est très simple.
00:33:09Mais c'est ce que j'aime et c'est ce que je trouve beau.
00:33:11Mais le contemporain peut être beau.
00:33:12On voit avec les vitraux de Notre-Dame.
00:33:13Attention, c'est mon avis.
00:33:16Je les trouve, personnellement, assez beaux.
00:33:18Il a osé.
00:33:20Donc, ce n'est pas de la création ex-Nilo, vous inspirez.
00:33:24Ce n'est pas du temps à reproche.
00:33:25Ce que je veux dire, c'est que vous vous mettez dans les pas de certains autres avant vous.
00:33:30Oui, mais parce que moi, je n'ai pas cette inspiration-là et que je ne suis pas assez créatif.
00:33:35Mais il y en a qui le sont.
00:33:36Il faut avoir confiance.
00:33:37C'est sûr que, quelquefois, ça peut être un peu déroutant.
00:33:39Mais quand Violeoduc a bâti la flèche de Notre-Dame, tout le monde a dit
00:33:42« Ah, c'est quoi cet élément contemporain sur la cathédrale ? Quelle horreur ! »
00:33:45Mais maintenant, je suis sûr que la plupart des Parisiens pensent que la flèche a toujours été sur Notre-Dame.
00:33:51Donc, en fait, il faut avoir confiance dans cet élan de bâtisseur.
00:33:53Et surtout, il faut bâtir parce que notre monde, sinon, il ne va pas laisser grand-chose si on passe
00:33:56notre temps.
00:33:57Loïc, bâtisseur de Notre-Dame.
00:33:58Vous voulez rester avec nous jusqu'à la fin de l'émission ?
00:34:00Avec plaisir.
00:34:00D'autant plus que, grâce à nous, vous avez 553 followers.
00:34:04J'étais la troisième.
00:34:06J'étais la troisième.
00:34:07On va montrer votre association Incarnon.
00:34:10Je ne sais pas si on a réussi à avoir l'image.
00:34:12Les talents missionnaires.
00:34:14On n'a pas encore l'image, mais on apprend sur Instagram.
00:34:16Un petit défi.
00:34:17On espère que vous aurez 1000 followers d'ici la fin de l'émission.
00:34:20Vous voulez rester avec nous ?
00:34:21D'abord, Charlotte Dornelas, on part avec vous, sur le front de la guerre en Iran.
00:34:27Puisque hier, la rumeur voulait qu'Israël ait mis son veto à la participation de la France aux négociations entre
00:34:32Israël et le Liban.
00:34:34C'est désormais avéré.
00:34:36Que comprendre ?
00:34:37Alors, déjà, en effet, hier, on parlait de la réunion préparatoire, qui a donc eu lieu hier, et réunion pendant
00:34:42laquelle les négociations directes ont été actées.
00:34:45Donc, vous commencez, c'est la bonne nouvelle du jour, avant d'entamer la relation conflictuelle entre Israël et la
00:34:52France.
00:34:52Donc, en effet, la France est absente de la table des négociations.
00:34:55Et c'est une absence qui est notée, parce qu'elle est notable, en raison de l'histoire de ces
00:34:59négociations.
00:35:00En raison des liens forts entre la France et le Liban, dont on parle beaucoup.
00:35:04Parce que nous étions présents en 2024, c'était il n'y a pas si longtemps que ça.
00:35:07Et surtout en 2006.
00:35:09En 2006, déjà, conflit extrêmement dur au sud de Liban.
00:35:15Et c'est alors la France, avec les Etats-Unis, qui avait permis d'obtenir la résolution de l'ONU,
00:35:21qui a prévalu pendant toutes les années, qui a mis un terme au conflit, qui a prévalu entre Israël et
00:35:26le Liban.
00:35:26Et résolution qui avait à nouveau servi de cadre à l'accord de cessez-le-feu, dont on a parlé
00:35:31ces derniers jours, l'accord de cessez-le-feu de 2024.
00:35:34Alors, et la résolution de l'ONU, et l'accord de cessez-le-feu de 2024 n'ont pas toujours,
00:35:38et c'est un euphémisme, été bien respecté.
00:35:40Mais il n'empêche qu'à la table des négociations, ces négociations, en tout cas, la tentation de parvenir à
00:35:46un accord existait.
00:35:47Mais la résolution en 2024, déjà, avait été annoncée par Joe Biden, puis par Emmanuel Macron.
00:35:52On sentait déjà que la France avait perdu un peu de terrain.
00:35:56Mais il se trouve que les Etats-Unis avaient quand même demandé à la France de siéger au sein du
00:36:01mécanisme de surveillance du cessez-le-feu.
00:36:04Là, encore une fois, c'est-à-dire qu'on existait formellement.
00:36:09Mais les travaux de ce mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, je ne cesse de dire depuis une semaine
00:36:13qu'il a été respecté par personne.
00:36:15Donc, vous imaginez que la surveillance était relativement suspendue.
00:36:19Mais cette fois-ci, c'est très clair, vous avez raison, la France ne participe pas, en tout cas pas
00:36:24directement, aux négociations.
00:36:26Et le veto est israélien, relayé sans détour.
00:36:29Hier, Samy Jemayel nous disait qu'en effet, Israël avait posé son veto.
00:36:34Alors, l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis l'a dit avec des termes étonnants dans la bouche d'un ambassadeur.
00:36:40Je ne peux pas dire autre chose.
00:36:41Donc, je le cite.
00:36:42« Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de
00:36:47négociations de paix. »
00:36:48Puis, il a continué.
00:36:49« Ils ne sont pas nécessaires, les Français. Ils n'ont pas d'influence positive, surtout pas au Liban. »
00:36:54C'est assez clair, bon.
00:36:56Alors, il y a plusieurs griefs qui se cachent derrière cette phrase, qui sont des griefs israéliens contre la France
00:37:01à plusieurs niveaux.
00:37:02D'abord, au Liban, Israël reproche souvent à la France de maintenir, vous le disiez tout à l'heure, un
00:37:07canal de dialogue avec le Hezbollah,
00:37:09par sa branche politique, qui est une branche, on l'a dit, il y a des ministres, des députés.
00:37:12Et la France a maintenu un canal de dialogue.
00:37:15C'est un reproche récurrent d'Israël.
00:37:18Deuxièmement, et plus largement au Liban de manière générale, au-delà de la question du Hezbollah,
00:37:22Israël reproche à la France d'avoir une position conciliante avec le Liban.
00:37:26En 2006, la France était accusée d'avoir négocié quasiment à la place du Liban, de se mettre à la
00:37:30place du Liban,
00:37:31ce qui ne plaît pas à Israël.
00:37:33Et d'ailleurs, plusieurs autorités israéliennes ont expliqué aujourd'hui que la France n'était pas un médiateur équitable.
00:37:38Vous avez entendu, elle penche du côté libanais.
00:37:41Au niveau régional, Israël a également des critiques à faire à la politique française.
00:37:46C'est évidemment la reconnaissance de l'État de Palestine par Emmanuel Macron en septembre 2025.
00:37:51On se souvient de la réaction agacée, c'est encore un euphémisme, de Benjamin Netanyahou.
00:37:58Et plus récemment encore, Israël accuse la France de n'avoir, je cite,
00:38:01cessé de prendre des initiatives pour limiter la capacité d'Israël à combattre l'Iran.
00:38:05Encore une fois, l'expression est un petit peu excessive,
00:38:09dans la mesure où c'est cette histoire d'interdiction du survol des avions américains,
00:38:13du survol de la France par des avions américains,
00:38:15qui apportait du matériel militaire à Israël.
00:38:18Bref, la tension est immense.
00:38:20Elle n'est pas nouvelle, mais elle s'est accrue en effet ces derniers jours.
00:38:23Et notamment aussi avec les États-Unis, ce qui ne facilite pas les choses.
00:38:27Vous savez, autour du détroit d'Hormuz,
00:38:29Donald Trump reprochant évidemment à la France, et pas seulement à la France d'ailleurs,
00:38:33d'être trop timide.
00:38:35Pourquoi est-ce que la France a du mal,
00:38:36pourquoi on comprend que la France a du mal à faire entendre sa voix comme d'habitude, on va dire,
00:38:41parce que le conflit est désormais mené par les partisans d'une pacification par la guerre.
00:38:45Vous savez, c'est la rhétorique en permanence, la pacification par la guerre.
00:38:49La France a toujours préféré, et elle continue à le faire,
00:38:52la diplomatie du maintien de la paix.
00:38:55Donc évidemment, il y a une incompréhension très claire, surtout sous les bombes.
00:39:00Mais la France essaie-t-elle pourtant de participer à ces négociations de paix
00:39:05ou à défendre le Liban par ses canaux diplomatiques ?
00:39:08Déjà, il y a eu une réponse de Jean-Noël Barraud,
00:39:10qui est le ministre des Affaires étrangères en France cet après-midi.
00:39:12Il était à Berlin.
00:39:13Il a répondu directement à l'ambassadeur israélien
00:39:17en lui demandant à son tour de se tenir plutôt éloigné des micros
00:39:21puisqu'il n'était pas capable de maîtriser en effet le langage diplomatique.
00:39:24Mais au-delà de ça, Jean-Noël Barraud s'est dit satisfait sur le fond
00:39:27que les négociations directes se fassent.
00:39:29La France appelait depuis longtemps, depuis aussi longtemps que le Liban, on va dire,
00:39:33Israël à répondre à cette main tendue du gouvernement libanais.
00:39:36Et par ailleurs, il a reproché à Israël en éloignant la France ainsi.
00:39:41Je cite, il a l'air déterminé, il parle de l'ambassadeur,
00:39:44il a l'air déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires
00:39:47dont le Liban aura besoin pour se redresser.
00:39:49Il y a là une critique de fond de la France à l'égard d'Israël
00:39:52et plus largement à l'égard des Etats-Unis
00:39:54qui veulent absolument réduire tous les partenaires jusque dans les négociations.
00:39:58Et en effet, la France, par la voix de Jean-Noël Barraud,
00:40:02rappelle qu'elle veut continuer à peser très directement avec le Liban,
00:40:06si ce n'est à la table des négociations.
00:40:07Pour répondre directement à votre question,
00:40:08oui, il y a eu des tentatives de la France dans cette dernière guerre.
00:40:14En mars, le ministre des Affaires étrangères avait tenté en vain.
00:40:17Il s'était rendu là-bas, à Tel Aviv, puis au Liban.
00:40:20Il avait essayé.
00:40:21Le 18 mars, Jean-Yves Le Drian, qui était envoyé par la France,
00:40:24défendait le gouvernement libanais,
00:40:26jugeant irréaliste d'exiger du Liban qu'il désarme le Hezbollah sous les bombes.
00:40:30Donc il avait participé justement à renforcer la voix du Liban.
00:40:34Et la France avait transmis une proposition aux Américains.
00:40:36Les Américains avaient regardé un peu de loin et Israël avait clairement rejeté la proposition.
00:40:40Et le 10 avril dernier, cette fois, c'est monté un peu plus haut dans les tours,
00:40:43puisque la France avait, c'était le jour où vous aviez reçu d'ailleurs le porte-parole du quai d
00:40:47'Orsay,
00:40:48la France avait vivement condamné les frappes israéliennes,
00:40:50se tenant clairement aux côtés du Liban,
00:40:52et appelant déjà à l'époque à inclure le Liban dans le cessez-le-feu.
00:40:55Et on le comprend jusqu'à aujourd'hui,
00:40:57l'obsession de la France, c'est d'obtenir un cessez-le-feu pour le Liban
00:41:00par tous les canaux possibles,
00:41:03et quitte à le faire rentrer en effet dans le cessez-le-feu,
00:41:06vous savez, entre Iran et Etats-Unis,
00:41:09et de sources libanaises et françaises cette fois-ci.
00:41:12La France continue par ailleurs à avoir des contacts avec les responsables libanais,
00:41:15ce que vous disait également l'invité hier,
00:41:17d'ailleurs qui disait que la France continue à avoir des contacts
00:41:19avec tous les représentants libanais,
00:41:22notamment en vue de la reconstruction, bien sûr, du Liban tout court.
00:41:27Justement, Charlotte, ces négociations vont-elles reprendre réellement
00:41:31ou faut-il en attendre quelque chose ?
00:41:34Alors, pour ce qui est du Liban, la question du cessez-le-feu se pose toujours
00:41:36et la pression sur Israël semble accrue un peu de toutes parts.
00:41:40Alors, tout le monde revendique d'avoir obtenu l'idée qu'un cessez-le-feu.
00:41:43Normalement, c'est discuté depuis 46 minutes
00:41:47dans le bureau de la sécurité israélienne.
00:41:49Bon, là, il n'y a pas de réponse qui est tombée.
00:41:51Mais cette idée de cessez-le-feu au Liban,
00:41:53parce que le Liban, le sud-Liban, là, c'est l'enfer, très clairement.
00:41:57Donc, l'idée de ce cessez-le-feu serait discutée.
00:42:00Et alors, quand je vous dis que tout le monde le revendique,
00:42:02l'Iran revendique d'avoir obtenu le cessez-le-feu pour le Liban.
00:42:05Le Liban lui-même explique que c'est hier qu'ils ont obtenu le cessez-le-feu
00:42:08et les États-Unis le revendiquent à leur tour.
00:42:11Pourquoi est-ce que c'est si important pour tout le monde ?
00:42:12Parce qu'en dépendent toujours les pourparlers Iran-US que l'on sait fragiles,
00:42:16mais qui se poursuivent au-delà du blocus du blocus dont on parlait hier.
00:42:21Et alors, il y a un nouveau blocus du blocus du blocus,
00:42:23puisque l'Iran a expliqué qu'il y avait une nouvelle menace,
00:42:27qu'il faisait peser une nouvelle menace.
00:42:28Si le blocus américain sur le blocus du détroit d'Hormuz se poursuivait,
00:42:32eux menacent de bloquer les exportations de la mer rouge, cette fois-ci.
00:42:36Donc, au-delà de ces questions-là, il y a des négociations en cours.
00:42:39C'est le Wall Street Journal qui a affirmé aujourd'hui que les États-Unis et l'Iran
00:42:42ont convenu de reprendre les négociations, dans le principe,
00:42:45il n'y a pas encore de date ni de lieu,
00:42:47mais on a vu une délégation pakistanaise partir en Iran aujourd'hui,
00:42:50se rendre en Iran.
00:42:51Donc, il y a de fait des négociations qui sont en cours.
00:42:54Et Trump nous a encore affirmé, alors il l'avait déjà dit,
00:42:56mais ça faisait quelques jours qu'il ne le disait plus,
00:42:58que la guerre était bientôt finie,
00:43:00parce que les négociations allaient reprendre dans les jours qui arrivent.
00:43:03et tout se discuterait actuellement autour de la question du nucléaire.
00:43:07Et alors là, c'est le plus étonnant par rapport à la guerre qu'on vient de vivre,
00:43:10c'est-à-dire que dans l'accord de 2015,
00:43:13les États-Unis demandaient 20 ans de moratoire sur le nucléaire.
00:43:16L'Iran répondait, pardon, dans les négociations le week-end dernier,
00:43:20les États-Unis demandaient 20 ans de moratoire.
00:43:22L'Iran a répondu, on veut bien 5 ans de moratoire.
00:43:24L'accord de 2015 en prévoyait 10.
00:43:27C'était peut-être bon.
00:43:29Mais Trump l'avait balayé, accélérant, en balayant cet accord,
00:43:33l'enrichissement iranien de l'uranium.
00:43:36L'Iran avait dit, ok, on n'a plus d'accord, donc on peut enrichir.
00:43:39Et Trump l'avait balayé parce que l'accord se limitait justement
00:43:42à la question de l'enrichissement iranien, de l'uranium, pardon.
00:43:46Et il avait reproché à Obama de ne pas avoir abordé les missiles balistiques,
00:43:51les drones et les proxys,
00:43:52soit trois sujets qui ont disparu des négociations ces derniers jours.
00:43:55L'Iran laisse la porte à la négociation puisqu'il l'a déclaré aujourd'hui.
00:43:58En ce qui concerne le niveau et le type d'enrichissement,
00:44:00nous avons toujours dit que la question était négociable.
00:44:03Nous avons insisté sur le fait que l'Iran devrait pouvoir continuer
00:44:06l'enrichissement selon ses besoins, c'est-à-dire sur le terrain civil,
00:44:10soit exactement ce que dit l'Iran depuis 20 ans,
00:44:12depuis même plus que ça,
00:44:15puisque l'Iran, évidemment, formellement, n'a jamais expliqué
00:44:17qu'elle enrichissait l'uranium à des fins militaires.
00:44:21Donc, on en est toujours au même point, quelque part.
00:44:24Merci beaucoup, Charlotte Dornelas, pour ce point.
00:44:2746 minutes, 47 minutes.
00:44:29Si vous avez des informations, n'hésitez pas à nous tenir informés.
00:44:33Nous sommes avec Loïc Anglaise.
00:44:35Vous êtes restée avec nous.
00:44:36Vous êtes bâtisseur de Notre-Dame.
00:44:38Lorsque la cathédrale a pris feu, vous étiez en première.
00:44:41Vous avez décidé de devenir tailleur de pierres.
00:44:44Vous venez de lancer une association qui s'appelle Incarno.
00:44:47Alors, j'ai pu récupérer, voilà, l'image.
00:44:50Alors, sur Instagram, vous aviez seulement deux followers.
00:44:52Moi, ça fait trois.
00:44:53La collaboratrice Clara, ça fait quatre.
00:44:55Vous êtes à 1674 followers.
00:44:57Qui dit mieux ?
00:44:58Incarno, merci pour votre association.
00:45:00Rappelons déjà ce qu'a fait votre association.
00:45:03Elle crée et restaure des petits patrimoines,
00:45:06souvent religieux,
00:45:07et inclut les jeunes dans ses restaurations et ses créations.
00:45:11Donc, le but, c'est de proposer à des jeunes des projets très concrets
00:45:14auxquels ils peuvent vraiment s'exprimer,
00:45:16découvrir les différents métiers de l'artisanat, etc.
00:45:19Je travaille avec beaucoup d'artisans,
00:45:20des ferronniers d'art, charpentiers, etc.
00:45:23Et donc, le but, c'est de donner l'opportunité à des jeunes
00:45:25de découvrir ces métiers et de bâtir quelque chose.
00:45:27Incarno, sur Instagram, on regarde d'ici la fin de l'émission
00:45:30combien de followers vous avez.
00:45:32Avant de donner la parole à Gabriel Cluzel,
00:45:34il y a deux informations que je voulais partager avec vous.
00:45:37D'abord, ces blasons, regardez,
00:45:41découverts dans un bureau de tabac du centre-ville de Rouen,
00:45:44des magnètes reprenant une version altérée du blason de la ville de Rouen
00:45:50ont fait scandale.
00:45:51Comme vous pouvez le voir à l'écran,
00:45:53l'agneau y est décapité,
00:45:55la croix est brisée
00:45:58et un croissant islamique a été ajouté.
00:46:02Depuis, ils ont été retirés
00:46:04et l'imprimeur a présenté ses excuses.
00:46:08Si on peut revoir peut-être le blason officiel,
00:46:13est-ce qu'on l'a, ma chère France, en régie ?
00:46:15Vous voyez donc l'agneau décapité.
00:46:17Là, c'est le blason officiel de la ville de Rouen.
00:46:19Et si on peut revoir le blason truqué, trafiqué,
00:46:23voilà, ça a fait scandale avec l'agneau décapité,
00:46:27avec la croix brisée,
00:46:29un croissant islamique qui a été ajouté.
00:46:31Autre point que je voulais vous faire partager avec vous,
00:46:34on a beaucoup parlé de la Hongrie.
00:46:35La Hongrie fait encore parler d'elle,
00:46:38puisqu'on a dit que maintenant,
00:46:40le nouveau Premier ministre,
00:46:41il sera vraiment pro-européen,
00:46:43il sera pour les 90 millions d'euros à l'Ukraine.
00:46:47Écoutez ce qu'il dit.
00:46:51En ce qui concerne le prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine,
00:46:55honnêtement, je ne sais pas de quoi il est question précisément.
00:46:57Car en décembre dernier, lors de la réunion du Conseil européen,
00:47:00Viktor Orban a obtenu une dérogation à ce sujet,
00:47:03au même titre que d'autres pays.
00:47:05Le Conseil européen a décidé que la Hongrie,
00:47:07et peut-être la Slovaquie et la République tchèque,
00:47:10seraient exclus de ce prêt de 90 milliards d'euros.
00:47:12Cela ne s'applique donc pas à nos pays.
00:47:14C'est ainsi que cela a été accepté.
00:47:16Je ne comprends pas très bien.
00:47:18Je vais consulter les dirigeants européens
00:47:20pour savoir pourquoi cette question doit être soulevée à nouveau maintenant.
00:47:23Personnellement, je suis d'accord pour que la Hongrie
00:47:25reste en dehors de cette affaire.
00:47:27La Hongrie se trouve dans une situation financière très difficile.
00:47:32Voilà, 90 milliards d'euros à l'Ukraine.
00:47:35Tout le monde disait, voilà, il va voter.
00:47:36On ne sait pas.
00:47:37À suivre, en tout cas.
00:47:38Charlotte, non, Gabriel Cluzel,
00:47:40nous ne reconnaissons pas Jordan Bardella
00:47:44comme étant dionysien.
00:47:46Ce sont les paroles du maire de Saint-Denis.
00:47:49Un maire peut-il vraiment, à sa guise,
00:47:52dénier à quelqu'un qui a grandi dans sa ville, son appartenance ?
00:47:56Est-ce que c'est lui qui décide, Gabriel Cluzel ?
00:47:58Alors, oui, c'est une scène assez étonnante
00:48:00qui s'est déroulée sur RTL.
00:48:02Alors, le journaliste Thomas Soto interpelle.
00:48:04Il est en train d'interviewer le nouveau maire de Saint-Denis.
00:48:06Il l'interpelle tout d'un coup comme si ça lui traversait l'esprit.
00:48:09Il dit « Mais c'est un enfant de chez vous, à Saint-Denis, Jordan Bardella ? »
00:48:13Et le maire répond de façon assez solennelle
00:48:16« Nous ne le reconnaissons pas comme étant dionysien. »
00:48:20Alors, le journaliste, il est quand même décondensé.
00:48:21Il dit « C'est un peu clivant, quand même, » dit-il.
00:48:25Alors, oui, c'est le moins qu'on puisse dire.
00:48:26C'est quand même un peu clivant.
00:48:27On va dire que c'est quand même une litote, cette réponse.
00:48:29Pourtant, Jordan Bardella a grandi, de fait, au milieu des tours de la cité Gabriel Péry,
00:48:35à Saint-Denis.
00:48:36Ce qui, en toute logique, fait de lui un dionysien.
00:48:40Et ce qui est curieux, c'est qu'en principe, quand un enfant de la cité devient célèbre,
00:48:44occupe un poste de choix, c'est le cas de Jordan Bardella, convenons-en,
00:48:48eh bien, il est célébré, mis en avant, surtout dans une ville qui est supposée plutôt défavorisée,
00:48:53parce que c'est l'espoir dans l'ascenseur social.
00:48:57Sauf que là, c'est tout l'inverse, on prétend lui enlever cette qualité.
00:49:01Alors, certes, il n'y a pas une identité municipale comme il y a une identité nationale,
00:49:05mais il n'empêche que c'est son identité et il est impossible de l'amputer de cette part de
00:49:09son histoire.
00:49:10Alors, ce qui est assez curieux, c'est qu'on se souvient que la gauche était vent debout
00:49:13contre la déchéance de la nationalité pour les terroristes,
00:49:17mais déchoir Jordan Bardella de son identité municipale, ça ne dérange personne.
00:49:22On se souvient aussi qu'à Grenet, dans le Pas-de-Calais,
00:49:26la mairie communiste avait fait le terroriste Georges Abdallah citoyen d'honneur.
00:49:30Parce que quand la maire RN est arrivée, elle a déboulonné la plaque, ça a fait beaucoup parler.
00:49:33Bref, on sent que maintenant, l'extrême gauche va instituer des citoyens de déshonneur pour leurs idées.
00:49:41Parce qu'on peut se dire, est-ce que ça va faire jurisprudence ?
00:49:43Je vais vous donner un exemple.
00:49:44Est-ce que les villes de Montreuil, Drancy, Oustin, qui ont vu naître et grandir Éric Zemmour,
00:49:49vont aussi le bannir et l'exclure ?
00:49:52Est-ce qu'on va leur demander, finalement, d'effacer les noms de ces villes dans ces biographies ?
00:49:58Vous savez, autrefois, les arcs de triomphe font gratter le nom des anciens empereurs,
00:50:03pour ne pas qu'on les voie, mais là, ça va être pareil.
00:50:06Et puis, on peut peut-être s'intéresser à cette phrase qui est quand même un peu frappante,
00:50:09« Nous ne reconnaissons pas ».
00:50:11Alors, je ne sais pas ce que veut dire ce « nous ».
00:50:13Est-ce que c'est un « nous » de majesté, comme les rois de France ?
00:50:16Il est vrai qu'on est dans la ville de la nécropole royale, ça a du sens.
00:50:20Ou est-ce que c'est un « nous » parce qu'il y a un comité qui décide qui
00:50:23est dionysien
00:50:24et qui ne l'est pas ?
00:50:25Ou c'est le « nous » pour la Nouvelle-France ?
00:50:28Pourtant, Jordan Bardella entre a priori dans ce que le maire de Saint-Denis appelle la Nouvelle-France.
00:50:33Je ne sais pas si vous vous souvenez, on lui avait demandé la définition de la Nouvelle-France.
00:50:38Et Bali Bagayoko avait répondu « Je n'aime pas de trop le terme racisé », ce qui était à
00:50:43son honneur.
00:50:44Il refusait une définition racialiste en termes de couleur de peau de la Nouvelle-France.
00:50:48Et il avait rajouté « La Nouvelle-France, c'est celles et ceux qui sont héritiers de l'immigration ».
00:50:53Ça tombe bien.
00:50:54Jordan Bardella, il est enfant d'immigrés, mais ça ne suffit pas apparemment.
00:50:58Donc, il le note du reste assez ironiquement.
00:51:00Jordan Bardella, sur son contix, il dit « Manifestement, les enfants d'immigrés italiens ne font pas partie de la
00:51:06Nouvelle-France ».
00:51:08Donc, c'est bien pour ces idées, alors, peut-être que Jordan Bardella est exclue de la communauté des Dionysiens
00:51:14?
00:51:15Visiblement, et c'est un drôle de signal quand même envoyé aux 20,91%, c'est-à-dire 5 025
00:51:22voix,
00:51:23de Dionysiens qui sont allés voter Marine Le Pen lors de l'élection présidentielle de 2022.
00:51:28Alors, doivent-ils se considérer d'ores et déjà comme non-dionysiens, c'est-à-dire exclus logiquement des dispositifs
00:51:35d'accès à la cantine,
00:51:36infrastructures de sport, prestations diverses ?
00:51:39Autrefois, vous savez, c'était les lépreux qui étaient bannis.
00:51:42Alors, est-ce que Jordan Bardella et ses électeurs vont devoir porter une craisselle pour circuler dans la ville
00:51:47et avant d'aller dormir le soir dans une lépreuxerie ?
00:51:50Non, la comparaison est à peine exagérée parce que je vous rappelle qu'en juin 2018, c'était Emmanuel Macron
00:51:54qui avait parlé, je cite, de lépreux nationalistes.
00:51:58Il avait dit « Vous les voyez monter comme une lèpre un peu partout en Europe,
00:52:03dans des pays où nous pensions que c'était impossible de les voir réapparaître. »
00:52:07Il visait à l'époque l'Italie de Matteo Salvini.
00:52:10Donc, si Emmanuel Macron considère les populistes, le RN, etc., comme la lèpre,
00:52:14on imagine ce que l'on peut en dire du côté de LFI.
00:52:19On peut d'ailleurs filer la comparaison avec la lèpre
00:52:23parce qu'on se souvient de la sortie récente de Jean-Luc Mélenchon.
00:52:26Je ne sais pas si on l'a noté ici, mais je ne sais pas si nous en avions parlé.
00:52:29Il avait dit « On ne peut pas compter sur les ouvriers blancs catholiques pour faire le socialisme en France.
00:52:35»
00:52:35Et la gauche ne se remet pas d'avoir vu filer vers le RN les ouvriers.
00:52:42Alors, peut-être qu'il redoute la contagion.
00:52:45D'ailleurs, sans vouloir lui enlever ses illusions,
00:52:48il n'est pas certain qu'il puisse compter à l'avenir non plus sur les autres ouvriers
00:52:52de quelques religions et de quelques couleurs qu'ils soient.
00:52:54Aux Européennes, en 2024, vous parlez d'une élection qui nous rapproche de Jordan Bardella,
00:53:00puisqu'il était tête de liste RN,
00:53:0154% des ouvriers ont choisi de voter pour lui, soit 8 fois plus que pour le PS et l
00:53:07'FI.
00:53:07On se permet de douter qu'ils aillent tous à la messe le dimanche.
00:53:12Peut-on se contenter de sourire de cette déclaration ?
00:53:14Gabrielle Cluzel ne lui a accordé peut-être que peu d'importance,
00:53:17à l'instar de la plupart des médias et de nombre de politiques, peut-être ?
00:53:21Écoutez, nous vous emmine d'en sourire, mais c'est en réalité très préoccupant,
00:53:24parce que dénier la qualité de six mots citoyens à raison de ses opinions,
00:53:28c'est anti-constitutionnel, c'est de la discrimination.
00:53:31Vous me direz que Jordan Bardella ne vit plus à Saint-Denis.
00:53:34On lui dénie donc une qualité passée.
00:53:36Sauf que, tout d'abord, lorsqu'on a grandi quelque part,
00:53:39on parle dans le langage courant de cette appartenance pour la vie.
00:53:42Moi, j'ai grandi à Paris.
00:53:43Quand on me dit « tu viens d'où ? », je dis « je suis parisienne ».
00:53:48Cette phrase est courante.
00:53:50Et puis, par ailleurs, pourquoi les éléments qui justifient cette exclusion a posteriori
00:53:54ne justifieraient pas cette exclusion à présent ?
00:53:57Je le répète, c'est très angoissant et très blessant
00:53:59pour ceux qui dansent cette ville, et il y en a, qui partagent les opinions de Jordan Bardella.
00:54:05Alors évidemment, Jordan Bardella a beau jeu de le dire sur X, de lui rétorquer.
00:54:10Le maire de Saint-Denis fait la tournée des plateaux de un mois pour dénoncer le racisme
00:54:14et il est le premier à promouvoir l'exclusion et l'intolérance.
00:54:18De fait, il est d'usage quand un maire est élu, qu'il se proclame maire de tous ses administrés,
00:54:22qu'il le pense ou non, mais il est là pour rassembler.
00:54:25C'est l'usage, en principe.
00:54:26Là, ce n'est pas le cas.
00:54:28Alors, imaginons un instant qu'un maire RN ou autre, LR, UDR, Horizon, que sais-je encore,
00:54:34est déçu de son identité d'enfant de pays, une personnalité de gauche.
00:54:37Je pense qu'il y aurait déjà tout le monde dans la rue.
00:54:39C'est à peu près évident.
00:54:40Là, il y a très peu de réactions.
00:54:42La phrase passe crème.
00:54:43Pourquoi ?
00:54:44J'ai peut-être une explication.
00:54:46Parce qu'exprimer un désaccord avec Bali Bagayoko,
00:54:49c'est courir le risque d'être traité de raciste par le cœur de LFI,
00:54:52ce que tout le monde préfère éviter.
00:54:54C'est possible.
00:54:56Merci, Gabrielle Cluzel.
00:54:58Ça va, mon cher Loïc ?
00:54:59Vous êtes bien avec nous dans tous ces sujets.
00:55:01Vous, bâtisseurs de Notre-Dame.
00:55:02Vous voulez qu'on regarde votre compte Instagram qu'on venait de lancer ?
00:55:05On va regarder votre compte Instagram.
00:55:06Avant le JT d'Adrien Fontenot, il est bâtisseur de Notre-Dame.
00:55:09Il a créé une association qui s'appelle Incarno.
00:55:13Les talents missionnaires, vous avez un profil exceptionnel.
00:55:17Sept ans, jour pour jour, après l'incendie de Notre-Dame.
00:55:20Vous êtes à 3387.
00:55:22Je suis la troisième.
00:55:25À jamais la troisième.
00:55:26À jamais la troisième.
00:55:28Il y a un petit lien et l'OSO en dessous pour un projet que je suis en train de
00:55:30porter en ce moment.
00:55:33En tout cas, vous, bâtisseurs de Notre-Dame, c'est un honneur de vous avoir avant la chronique choc coup
00:55:39de poing de Mathieu Bocoté.
00:55:41D'abord, les infos de 20h avec Adrien Fontenot.
00:55:44Bonsoir, Adrien.
00:55:45Bonsoir, Christine.
00:55:46Bonsoir à tous.
00:55:46Un mois après les élections municipales, Emmanuel Macron va recevoir demain à l'Elysée environ 500 maires.
00:55:52Selon une liste obtenue par l'AFP, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, devrait être présent.
00:55:56Même chose pour les maires LFI de Roubaix, Saint-Denis, David Guiraud et Bali Bakayoko.
00:56:00Aucun du RN ne figure sur cette liste.
00:56:02L'Elysée assure que plusieurs d'entre eux ont pourtant été invités.
00:56:06Vous êtes de plus en plus à renoncer à acheter de la viande, chauffer votre logement, voire partir en vacances.
00:56:10Le taux de privation matérielle a atteint 13,1% en France début 2025.
00:56:14Un chiffre en légère hausse sur un an, selon une étude de l'INSEE.
00:56:17Parmi les Français les plus impactés par cette pauvreté, 30% des familles monoparentales et 20% des couples avec
00:56:22au moins trois enfants.
00:56:24Et puis le narcotrafiquant Walid Barra a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès de la
00:56:28DZ Mafia.
00:56:29Procès dans lequel il a été condamné hier à une peine de 25 ans de réclusion pour son implication dans
00:56:34un double assassinat commis en 2019.
00:56:36Lors de son arrestation, l'homme de 39 ans était en possession de faux papiers.
00:56:40Une des identités qu'il utilisait pour échapper aux forces de l'ordre, selon la police espagnole.
00:56:44Merci beaucoup Adrien Fontenot.
00:56:46Je vous donnerai le mot de la fin dans un instant mon cher Loïc.
00:56:4824 ans, bâtisseur de Notre-Dame.
00:56:49D'abord, Yael Bonne-Pivé.
00:56:52Commentant le casting de la présidentielle 2027 dénonce un club de machos ?
00:56:59La formule a frappé Mathieu Bocoté, la présidente de l'Assemblée nationale.
00:57:03A-t-elle raison de s'inquiéter de cette vie politique trop masculine ?
00:57:06Alors, je cite Yael Bonne-Pivé, toujours aussi inspirante.
00:57:09Le spectacle que je vois, ce club des machos qui se déclare quasiment quotidiennement, je pense que ce n'est
00:57:15pas la bonne façon de faire.
00:57:17C'est ce matin sur RTL, si je ne me trompe pas.
00:57:18Alors, première question, je me demande, est-ce qu'il faut désormais établir un quota d'hommes dans la présidentielle
00:57:25?
00:57:25Trop d'hommes se sont présentés, désolé.
00:57:28Il n'est plus possible pour d'autres hommes qui auraient des ambitions présidentielles d'annoncer leurs intentions, dégager.
00:57:36Donc, établir une forme de parité dans les candidatures possibles du fameux bloc central à la présidentielle.
00:57:42Deuxième question, mais qu'est-ce qui vous empêche, Mme Bonne-Pivé, de vous lancer, si vous ne doutez pas,
00:57:48et je n'en doute pas quant à moi,
00:57:49qu'elle pourrait susciter un immense enthousiasme ?
00:57:51On sent venir des profondeurs du pays un désir profond de Yael Bonne-Pivé, présidente, et pas que de l
00:57:56'Assemblée nationale.
00:57:57Qu'elle y aille, elle sera acclamée.
00:57:59Elle ne devrait pas être aussi modeste, aussi timide.
00:58:02Est-ce qu'elle nous dit par là, cela dit, Mme Bonne-Pivé, qu'en fait, s'il n'y
00:58:06a pas assez de femmes,
00:58:06c'est parce qu'il y a une forme de discrimination systémique qui viserait les femmes ?
00:58:10Est-ce qu'on est encore dans la fameuse théorie du plafond de verre qui nous explique que si Hillary
00:58:15Clinton a été battue par Trump
00:58:16et ensuite Kamala Harris par Trump, ce n'est pas parce que c'était le très mauvais candidat,
00:58:20c'est parce que le patriarcat américain a empêché ces deux femmes d'accéder à la présidence de la République.
00:58:24Mais ça va plus loin. Élargissons un peu le paysage mental.
00:58:28Le camp national, aujourd'hui, a comme chef, pour l'instant, Marine Le Pen.
00:58:33Si ensuite, dans sa prochaine génération, on trouve deux candidats possibles à la présidentielle un jour,
00:58:38Marion Maréchal, Sarah Knafo, qui sont, que je sache, des femmes.
00:58:42Pourquoi elles ne sont pas considérées légitimement comme femmes dans cette course possible à la présidentielle ?
00:58:47Élargissons un peu.
00:58:48En Italie, Mme Mélonie, est-ce que c'est une femme ou pas assez ?
00:58:51Et même dans la gauche radicale, quand on pense à Mme Panot, qui a de l'autorité, c'est le
00:58:55moins qu'on puisse dire,
00:58:56ou Mme Hassan, qui voudrait un jour prendre le relais de M. Mélenchon, elle ne compte pas ?
00:59:00Alors non, j'y reviens, ce sexisme anti-hommes étonnant de la part de la présidente de l'Assemblée nationale,
00:59:04sans vraiment le centrisme bourgeois, féministe, classique des années 2000.
00:59:09Quelque chose d'un peu périmé, en quelque sorte.
00:59:12À moins qu'à travers tout cela, elles nous disent, faites-moi la place, s'il vous plaît.
00:59:15Et si vous ne voulez pas me faire la place, c'est parce que vous êtes sexiste.
00:59:18J'ai cru comprendre le message.
00:59:18Le coup de poing final de Mathieu Bocoté, Loïc Anglaise, merci d'avoir été avec nous.
00:59:25Je rappelle que vous avez 24 ans, il y a 7 ans, bonjour, Notre-Dame prene feu.
00:59:30Et c'est ce jour-là où vous avez eu la vocation de devenir, vous étiez en première, première S,
00:59:36vous vouliez être ingénieur, et c'est ce jour-là que vous avez décidé d'être tailleur de pierres,
00:59:41bâtisseur de Notre-Dame.
00:59:42Je rappelle que vous avez lancé une association qui s'appelle les Talents Missionnaires.
00:59:47Vous venez de lancer. Pourquoi vous souriez ?
00:59:49Parce que je suis heureux de l'ampleur que ça prend.
00:59:52Non, mais vous êtes lumineux.
00:59:53Et vous avez lancé votre compte Instagram ce soir parce que vous étiez invité dans l'émission.
00:59:58Je suis la troisième follower.
01:00:00On ne le verra pas, ça.
01:00:01Vous avez 4 117 followers ce soir.
01:00:04Je vous souhaite bonne chance pour votre association.
01:00:06Merci.
01:00:07Merci de tailler des pierres pour la France.
01:00:09Est-ce que je peux ajouter un tout petit mot de dire que le beau unit.
01:00:12On l'a vu pendant Notre-Dame.
01:00:14On avait beau avoir que tous les profils, tous les horizons, les origines, etc., le beau a uni.
01:00:20Et que Notre-Dame était au cœur de tout ça.
01:00:22On l'a vu pendant l'ouverture.
01:00:23Et que c'est un vrai message d'espérance pour notre monde aussi.
01:00:25Qu'on essaie de chercher tous des points communs, un socle commun pour bâtir notre monde.
01:00:30Et le beau unit.
01:00:31Vous avez dit le beau élève tout à l'heure et le beau unit.
01:00:34Merci infiniment.
01:00:35Et gardez cette flamme en vous.
01:00:37Je vous remercie.
01:00:37Excellente suite d'offres Rameleur, déporté de Pascal Brun.
01:00:39Merci.
01:00:40Merci.
01:00:42Merci.
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