00:02Bonjour Serge Papin, on a vu l'intitulé de votre département ministériel, ça fait du boulot.
00:09Le gouvernement a donc renoncé à élargir les possibilités de travailler le 1er mai.
00:13Les fleuristes, les boulangers ne pourront donc pas ouvrir a priori cette année. Est-ce que vous le regrettez ?
00:18Je pense que le Premier ministre a pris une décision raisonnable.
00:22Il a renvoyé au dialogue, aux accords de branche.
00:26On va voir après ce qui va se passer. Moi j'avais des demandes express quand même.
00:31Des fleuristes, des boulangers qui demandent à pouvoir ouvrir cette journée-là.
00:37Vous l'auriez souhaité ?
00:38Moi, oui. Moi je l'aurais souhaité parce que je trouve que c'est une mesure de liberté.
00:45Ces métiers-là, on consomme du pain tous les jours, sa baguette tous les jours, ses viennoiseries tous les jours.
00:52Les ventes de fleurs, c'est la fête du muguet, c'est la fête du printemps.
00:58Et on voit d'ailleurs qu'il y a beaucoup de ventes qui se font à la sauvette.
01:02Donc autant que les fleuristes puissent ouvrir officiellement.
01:07Alors souvent ils le font d'ailleurs, parce que ce sont les propriétaires qui ouvrent.
01:11Mais ils n'ont pas le droit d'embaucher quelqu'un.
01:12Pas le droit d'embaucher.
01:13Bon, moi j'ai connu ces périodes-là, quand j'étais commerçant.
01:18Ce qui se passait aussi, c'est pour ça qu'il pourrait y avoir des aménagements,
01:21ça pourrait être des étudiants, par exemple, qui viendraient travailler ces jours-là,
01:27sans que ce soit forcément des salariés.
01:30Comme par exemple dans les hypermarchés dont vous aviez la charge avant, le dimanche matin.
01:34Ce sont souvent des étudiants.
01:36Et ça permettait de tout concilier.
01:38Mais laissons-nous la place au dialogue.
01:40Mais donc vous dites qu'il va y avoir des dialogues de branches.
01:43Pour autant, pour cette année, le 1er mai c'est dans 15 jours, pour cette année c'est mort.
01:47Pour cette année ça ne va pas être possible, je pense, oui.
01:50Vous venez du monde dans l'entreprise.
01:52Est-ce que vous avez le sentiment parfois que la France est difficile à réformer ?
01:56Oui, on dit que la France, elle se réforme par des révolutions.
02:00Et pas comme ça par des réformes dont on aurait besoin.
02:07Oui, on voit bien les difficultés.
02:09Bon, après, je pense qu'il y a des choses qui sont en route là.
02:14Comme par exemple le plan sur l'énergie.
02:18Bon, ben ça c'est quelque chose de massif.
02:21Sur l'électrification.
02:22Voilà, exactement.
02:23Ça concerne d'ailleurs, ça concerne les PME, les artisans dont vous avez la charge.
02:27Exactement.
02:28Ça c'est une réforme qui va pouvoir se faire massivement, qui va pouvoir se faire rapidement.
02:34Non, et pourquoi ? Parce que la France est peut-être le seul pays en Europe à pouvoir le faire.
02:41Parce qu'on bénéficie d'une énergie électrique décarbonée en quantité suffisante, grâce au parc nucléaire, à l'éolien et
02:51au photovoltaïque.
02:52Donc on est les seuls à pouvoir le faire.
02:54On a d'ailleurs au passage un prix de l'électricité en France qui est le moins cher en Europe.
02:58Donc ça, il faut, voilà, voilà une réforme qui va être utile au pays, qui est stratégique pour le pays.
03:04Ça rentre en la politique.
03:05Vous êtes passé du souci du 1er mai vers ce que vous vouliez dire.
03:08Je vois que même la...
03:10Non mais c'est pas un défaut.
03:11Même quand on vient de la société civile, on arrive à faire du judo et à faire de la politique.
03:16Vous aviez dit justement sur la crise qu'elle se vivait au jour le jour.
03:19Oui.
03:20Est-ce que c'est toujours vrai ?
03:22Parce qu'on le voit, le Détroit est vraisemblablement bloqué pour un certain temps.
03:27et la crise d'approvisionnement est durable.
03:29L'Association pour l'énergie a dit qu'avril serait pire que mars.
03:33Est-ce que le gouvernement doit désormais, puisque la crise s'installe,
03:36changer de braquet dans l'aide aux automobilistes ?
03:40Alors, d'abord, la durée, on ne la connaît pas.
03:43Non mais on sait que c'est pas de la libération du Détroit, c'est pas de mal.
03:47On a un drôle de chef d'orchestre qui nous joue une partition un peu chaotique.
03:52C'est le président des États-Unis dont vous parlez ?
03:54Oui. Bon, nous, on a fait le choix des aides ciblées, c'est la stratégie.
04:01Après, il existe des aides.
04:03Aujourd'hui, on les oublie, mais il y a quand même un chèque énergie
04:06qui est distribué en ce moment.
04:08Il concerne 4,5 millions de salariés.
04:12C'est entre 50 et 277 euros, 150 euros en moyenne.
04:17Donc ça, ça existe.
04:18Il y a la prime d'activité, 600 euros de plus par an.
04:23Des choses qui existent...
04:24Ça, c'est sous condition de ressources.
04:25Oui, bien sûr, ça concerne les gens qui en ont le plus besoin.
04:30C'est normal.
04:30Mais les autres, ceux qui sont un tout petit peu au-dessus des minimras
04:35et qui roulent quand même 20-30 kilomètres par jour à les retours pour aller travailler,
04:40c'est eux qui doivent absorber la hausse.
04:42Alors qu'ils n'y sont pas rien.
04:43Les aides qui sont actuellement ciblées, donc agriculteurs, pêcheurs, transporters, voilà.
04:50Mais après, si on donne d'un côté aux automobilistes d'une façon massive,
04:58puisque c'est ce que vous suggérez dans votre question,
05:01ça veut dire qu'on va de nouveau faire gonfler la dette.
05:05Ça veut dire qu'on va demander aux contribuables de payer ce qu'on donne d'un côté.
05:09Il va falloir le reprendre de l'autre.
05:10Donc, ce n'est pas une stratégie qui est intéressante.
05:16L'Allemagne a décidé de réduire pendant deux mois des taxes sur le diesel et l'essence.
05:21Oui, l'Allemagne, d'abord, l'Allemagne a une inflation deux fois supérieure à la nôtre.
05:26L'Allemagne a une dépendance aux énergies fossiles beaucoup plus importante que la nôtre.
05:31Donc, elle fait des choix.
05:33Elle n'a pas ce socle d'aide dont j'ai parlé.
05:34Mais tous les automobilistes, ils sont strictement pour rien.
05:37Oui, mais encore une fois, regardons les choses au jour le jour.
05:41Regardons ce qui se passe dans la durée.
05:44Et puis, la France a une dette aujourd'hui de 3 300 ou 400 milliards.
05:52Donc, vous suggérez encore de creuser la dette.
05:55Je suis derrière, je demande.
05:56Oui, mais non, le choix qui a été fait, justement, c'est d'aller vers les secteurs qui en ont
06:01le plus besoin.
06:02Je crois que le discours gouvernemental ne change pas.
06:04Il n'y a pas que l'automobile, il y a aussi Céline Dion.
06:06Les femmes de Céline Dion ont eu la très désagréable surprise de voir les prix des billets,
06:11parfois multipliés par 3 au moment du paiement.
06:14Est-ce que c'est normal ? Est-ce que la DGCCRF enquête ?
06:18Alors, un, ce n'est pas normal.
06:20Deux, la DGCCRF enquête.
06:22Alors, il se trouve qu'elle enquête depuis un petit moment.
06:25Donc, il y a une enquête en cours.
06:26Donc, je ne peux pas trop m'étendre sur ce sujet, puisque l'enquête est en cours.
06:31Mais, on va se servir de Céline Dion pour marquer bien le territoire de cette enquête et aller au bout.
06:43Mais ceux qui ont payé trois fois le prix du billet, il peut y avoir des remboursements.
06:46Oui, alors, on est en enquête.
06:46Il peut y avoir des remboursements.
06:47Il y aura des remboursements si besoin.
06:49Je ne sais pas s'il y aura des remboursements.
06:50En tous les cas, il y a l'enquête.
06:51Il y aura des sanctions.
06:52Il y aura des sanctions.
06:53Ça, c'est sûr.
06:54Ça, c'est sûr.
06:54Sur les plateformes de distribution.
06:56Exactement.
06:56Alors, moi, j'invite tous les téléspectateurs qui nous écoutent
06:59et qui veulent aller voir le concert de Céline Dion à aller sur les sites officiels.
07:04Il y en a trois.
07:05Voilà.
07:06Et faire attention aux arnaques parce qu'en effet, il y en a beaucoup.
07:09Donc, voilà, la DGCCRF a une enquête en cours.
07:12Mais elle était, encore une fois, déjà en cours.
07:15Merci infiniment, Serge Papin, qui regrette que les fleuristes et les boulangers
07:18ne puissent pas ouvrir ce 1er mai.
07:20Étaient invités des 4V.
07:22Bonne journée à tous.
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