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  • il y a 2 jours
Les annonces de Sébastien Lecornu sont-elles à la hauteur de la situation ?

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00:06Et c'est l'heure de retrouver notre débat hebdomadaire autour de l'actualité économique sur France Info.
00:12Débat avec vous, Emmanuel Cuny, bonjour.
00:14Bonjour à tous.
00:15Et je salue nos deux informés. Bonjour Patrice Joffron.
00:17Bonjour.
00:18Et merci d'être là. Vous êtes membre du Cercle des économistes, directeur du Centre de géopolitique de l'énergie
00:23rattaché à l'Université Paris-Dauphine.
00:25Ça tombe bien que vous soyez là parce que quelque chose me dit qu'on va parler d'énergie une
00:28fois encore.
00:29Et bonjour Olivier Rodouless.
00:30Bonjour.
00:31Vous êtes directeur des études économiques à l'Institut de conjoncture Rex et Code.
00:35Nous allons donc évidemment évoquer, Emmanuel Cuny, les mesures annoncées par Sébastien Lecornu pour tenter, tenter de se passer le
00:45plus possible en tout cas du pétrole et du gaz.
00:47Oui, des annonces très attendues évidemment alors que la trêve entre les Etats-Unis et l'Iran au Moyen-Orient
00:52reste très fragile, on le sait.
00:54Et puis au moment également où les prix de l'énergie, les prix des hydrocarbures restent très volatiles.
00:59Alors le gouvernement va doubler son soutien à l'électrification de la France.
01:03On va passer de 5,5 milliards d'euros à 10 milliards par an jusqu'en 2030.
01:08Des aides financières pour investir entre guillemets dans les voitures électriques.
01:12Interdiction également d'installer des chaudières à gaz dans les logements neufs à partir de la fin de cette année.
01:18Tout ça au profit des fameuses pompes à chaleur.
01:20Alors on va revenir sur tous ces points en détail.
01:23En tout cas tout ça va coûter de l'argent à un moment où on sait très bien, on le
01:26dit en permanence, que les caisses publiques sont exsangues.
01:31Et justement hier, quelques heures après les annonces de Sébastien Lecornu, alors évidemment hasard total de calendrier,
01:38l'agence de notation Moody's n'a pas touché à la note souveraine de la dette de la France.
01:44On est à A3, donc la sortie d'une perspective négative.
01:48Mais enfin, on est toujours deux crans au-dessus des autres agences comme Fitch et Standard & Poor's.
01:54Donc voilà, qu'est-ce qu'il faut en tirer comme conclusion ?
01:57Est-ce que c'est un signal envoyé au gouvernement en disant, bon ben voilà, les projets d'électricité vont
02:01coûter cher ?
02:02Ben vous avez peut-être encore déjà une marge de bain-oeuvre.
02:04Alors, oula, il est optimiste Emmanuel Kudy, Olivier Rodoules, qu'est-ce que ça dit cette non-dégradation de la
02:14note souveraine de la France par Moody's ?
02:16Alors c'est pas un certificat de bonne conduite, c'est pas ça que font les agences de notation.
02:23Ça nous dit juste, en fait, c'est un constat, c'est qu'au fond, l'État français arrive à
02:28se financer plutôt bien sur les marchés.
02:31Et que par ailleurs, on a réussi à trouver un consensus politique pour stabiliser le déficit autour des impôts.
02:42Alors je vais revenir quand même rapidement sur ces deux premiers points.
02:46En fait, ce que l'on voit, c'est que quand on regarde les conditions de financement d'aide française,
02:49le premier point, c'est que c'est une grosse dette, c'est la première dette en masse de l
02:54'Union Européenne,
02:54en plus d'avoir le troisième taux d'endettement de l'Union Européenne.
02:59Mais elle se finance plutôt bien sur le marché, a rempli un rôle de ce qu'on appelle quasiment un
03:04actif sans risque.
03:05Ça ne veut pas dire qu'on ne se finance pas cher, en revanche ?
03:08On ne se finance pas cher.
03:09Et puis ce qui est intéressant, c'est qu'au cours des dernières semaines,
03:13le spread, l'écart de taux d'intérêt, par exemple avec l'Allemagne, a eu plutôt tendance à baisser.
03:17Alors qu'au contraire, l'Italie, qui était passée sous la France jusqu'à il n'y a pas très
03:20longtemps, a redécollé.
03:22Et donc ça, ça montre qu'au fond, dans une situation de tension, et donc cette disjonction, elle date à
03:28peu près du début de la guerre à l'Iran,
03:30quand il y a des tensions, les investisseurs quand même se retournent vers la dette française.
03:35Alors refuge en quelque sorte ?
03:37C'est encore une valeur refuge.
03:39Et de fait, en fait, du coup, Moody's constate que les investisseurs ne boutent pas la dette française, loin de
03:44là.
03:44Et puis, ce qu'il faut voir, c'est que l'appréciation de Moody's, c'est une appréciation pour dire
03:50dans quelle mesure,
03:51qu'est-ce qui se passe si ça ne tourne pas bien.
03:55Et donc, au fond, ce qu'ils disent, l'État français s'est levé des impôts.
04:00Alors, c'est une bonne nouvelle pour les financeurs.
04:04Ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour les Français ou pour l'économie.
04:06Par exemple, quand on regarde aussi le communiqué de Moody's, il nous dit, au fond, il y a une dette,
04:11une épargne privée qui est abondante.
04:12Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'au fond, l'agence de notation considère que si, à un
04:17moment donné, il y avait un problème,
04:19on pourrait puiser d'aller pas les Français.
04:21Donc, ce n'est pas complètement rassurant tout ça pour les Français, mais pour les investisseurs, c'est plutôt rassurant.
04:26Bon, voilà pour ce regard sur cette décision de l'agence Moody's.
04:31Emmanuel Cuny, quand même, revenons à notre sujet du jour.
04:33Il s'agit des mesures de Sébastien Lecornu.
04:36Que disent-elles ces mesures ? Détaillons-les peut-être.
04:39Alors, on va y aller progressivement. On est déjà sur le moyen long terme.
04:44On n'est pas à court terme. On sait qu'il y a beaucoup de professions.
04:47Je pense notamment aux aides-soignantes, aux professionnels de santé.
04:50Les grands rouleurs, comme on dit, qui attendaient peut-être des aides directes, elles ne les auront pas.
04:55Et là, on pense aux personnes, aux aides-soignants qui sont actuellement en train de nous écouter dans leur voiture,
04:59qui vont soigner les personnes à domicile, etc.
05:02Ils vont continuer à le faire aux mêmes conditions.
05:04Ils vont être aidés, mais ce sera, à plus long terme, on va le voir, avec des questions de leasing.
05:08Mais est-ce qu'on peut...
05:10Ça, c'est bien pour les prochains qui vont arriver sur le marché.
05:13Mais un professionnel, aujourd'hui, il ne va pas changer de voiture lundi matin,
05:16parce que le Premier ministre a dit, allons-y pour le leasing social.
05:19Ce n'est pas si simple que ça.
05:20Donc, petite pensée aux gens qui nous écoutent dans leur voiture aujourd'hui.
05:23Mais d'un autre côté, on critique souvent le gouvernement,
05:25en disant qu'ils ne font que du court terme pour des raisons politiques et électorales.
05:30Si même, on l'est dit très souvent.
05:31Eh bien, à raison, d'ailleurs.
05:33Et là, on est dans le contraire.
05:34C'est-à-dire que ce qu'a fait hier le chef du gouvernement, c'est de dire,
05:36moi, je m'inscris dans le long terme.
05:38Donc, on reproche au gouvernement, généralement, depuis des décennies,
05:41de ne pas avoir de stratégie industrielle.
05:43Là, on a une vraie stratégie, quelque part, en tout cas, qui peut apparaître comme telle.
05:47Alors, d'abord, il y a l'électrique.
05:4950 000 véhicules électriques supplémentaires à loyer modéré, je le disais, le leasing social.
05:54Aide pour les véhicules d'entreprise.
05:55Les gros camions, les poids lourds, jusqu'à 100 000 euros par véhicule électrique.
05:59Tout cela s'inscrira dans le temps.
06:00Mais ce n'est pas de l'immédiat, effectivement.
06:03Évidemment.
06:03Patrice Geoffron, vous qui êtes un spécialiste des questions énergétiques,
06:07des questions économiques liées à l'énergie, évidemment.
06:10Quand même, quand on voit les ordres de grandeur,
06:13ces 10 milliards dépensés en plus chaque année pour aider à cette transition,
06:20ces nouvelles aides.
06:21Bon, on sait que Sébastien Lecornu se réfère souvent à Pierre Mesmer,
06:24qui avait notamment contribué au lancement du nucléaire.
06:27Est-ce qu'on est à la hauteur d'une petite révolution ?
06:30Ou est-ce qu'on est quand même assez loin ?
06:32Alors, on va dans la bonne direction.
06:35Est-ce qu'on est la pente et raide ?
06:36Comme disait un autre Premier ministre, dans ces 10 milliards,
06:39évidemment, ils sont en dessous de ce qu'il va falloir faire.
06:43Parce que si on veut avoir un ordre de grandeur,
06:45ce qu'il faut faire, c'est une manière d'éviter,
06:48notamment le type de choc qu'on a eu en 2022.
06:51Ça a coûté 120 milliards d'importations de pétrole et de gaz.
06:55Le double de ce qu'on a à peu près de l'ordre de grandeur des importations
06:58dans une année, disons, enfin, j'allais dire une année normale.
07:01Il n'y a plus d'année normale, disons une année moyenne.
07:04Donc, cette différence de 60 milliards, c'est évidemment beaucoup d'argent.
07:09Et donc, il faut bien considérer que les 10 milliards qui nous ont été annoncés
07:14sont destinés à faire des économies.
07:16Il ne faut surtout pas uniquement considérer le coût direct
07:20et dans un contexte de finances publiques assez contrainte.
07:25Donc, ça, c'est ma première remarque.
07:28Et la deuxième remarque, évidemment, Emmanuel a dit l'essentiel,
07:32c'est qu'en regardant le long terme,
07:33et on peut, moi, j'ai passé beaucoup de samedi matin ici,
07:36de samedi à essayer d'expliquer qu'évidemment,
07:38ce qui comptait, c'était le long terme.
07:40Enfin, on ne peut pas non plus totalement sauter à pieds joints
07:43au-dessus du court terme.
07:44Et là aussi, deux chiffres.
07:46Si on regarde l'évaluation de la Cour des comptes
07:48sur les mesures de politique publique
07:51au moment du choc du début de la guerre en Ukraine,
07:54ça avait coûté à peu près 70 milliards.
07:55Les premières annonces qui ont été faites au début du conflit actuel,
07:59c'était 70 millions.
08:01Donc, il me semble qu'on ne peut pas uniquement attendre la fin du conflit,
08:07d'autant que cette fin du conflit, elle est totalement hypothétique
08:10dans l'état actuel des choses.
08:11Il va y avoir un minima des discussions très, très longues.
08:15Donc, il faut envoyer des signaux,
08:17notamment aux professions de santé.
08:18Ça me paraît absolument essentiel.
08:22On ne peut pas se passer du conjoncturel pour dire
08:25on va se concentrer sur le structurel
08:26et ce qui va arriver dans 10 ans, en fait.
08:28C'est ça que vous nous dites.
08:29Voilà, sauf à imaginer qu'il y ait une paix
08:32et une grande entente au Pakistan au moment où nous parlons.
08:35Mais ça n'en prend pas le chemin, de toute évidence.
08:38Olivier Redouless, sur cette question,
08:40est-ce que les objectifs fixés vous semblent réalisables,
08:46réalistes, à l'échelle de temps
08:48qui est fixé par Sébastien Lecornu ?
08:50Je pense qu'il y a plusieurs choses.
08:51Déjà, ce qui est intéressant, le point positif,
08:54c'est qu'on va de la bonne direction.
08:56C'est-à-dire qu'on électrifie, on considère...
08:58Par exemple, il y a une note qui avait été faite,
09:01je pense que c'est par le Haut-Commissariat au plan,
09:03sur les coûts d'abattement.
09:05C'est-à-dire que le coût d'abattement,
09:06ça coûte combien de décarbonés ?
09:08Et quand on voit l'électrification des véhicules électriques,
09:11où on en reparlera peut-être les pompes à chaleur,
09:13c'est là où le coût est le plus bas pour décarbonés.
09:17Et décarbonés, c'est quand même très lié aussi
09:19à faire des économies sur les hydrocarbures.
09:21Après, le vrai sujet, c'est que les annonces
09:23qu'on parle, par exemple, des véhicules électriques,
09:25les chiffres sont très élevés.
09:28Quand on dit qu'on veut produire un million
09:30de véhicules électriques en 2030,
09:32600 000 dès l'année prochaine,
09:34alors qu'on en produisait qu'à 200 000 le l'an dernier,
09:41ça suppose une mise en œuvre,
09:43une accélération de la production économique
09:45qui n'est pas évidente.
09:46Sachant que par ailleurs, il y a un conflit d'objectifs
09:49entre d'un côté le coût des mesures
09:50et le fait de produire en France.
09:52Parce que si on voulait des choses...
09:54Pour l'instant, c'est plutôt vers la Chine
09:57qu'on se tourne dans ces cas-là.
09:58Absolument, mais c'est là où le coût de fabrication
10:00est le plus faible.
10:01Par ailleurs, la Chine a mis depuis une dizaine d'années
10:04une vraie politique industrielle en place.
10:06Donc c'est souveraineté à moitié, en fait.
10:08On va voir comment les mesures sont designées.
10:10Après, on risque aussi de tomber dans un entre-deux
10:13où c'est ni produit en France, ni produit en Chine,
10:16mais produit ailleurs en Europe.
10:17C'est ce qui se passe ces dernières années
10:18où, par exemple, l'Espagne nous pique,
10:20entre guillemets, nos usines de véhicules.
10:22Ça pose quand même la question
10:23de comment faire de la décarbonation
10:26un instrument, en fait, d'une source de revenus.
10:28Ce que la Chine a réussi à faire,
10:30ce qu'on n'a pas vraiment réussi à faire.
10:31D'ailleurs, petit teasing, la semaine prochaine,
10:33avec ses comptes, on sortira une note sur le sujet
10:35où, pour faire simple,
10:37c'est comment produire en France
10:39pourrait décarboner le monde.
10:40Eh bien, écoutez, on la lira avec attention.
10:42On aura peut-être l'occasion
10:43d'en parler sur France Info.
10:45On va continuer cet échange.
10:46On va parler, vous avez commencé à l'évoquer,
10:48notamment, des pompes à chaleur.
10:50D'abord, l'info en une minute.
10:51Voici Diane Ferschit, 10h moins 10.
10:54Un retour réussi, retour réussi à la minute près,
10:59même, pour les astronautes d'Artemis
11:00au cours de la nuit.
11:01Ils ont améri, comme prévu, au large de la Californie.
11:04Le succès de la mission autour de la Lune semble total.
11:07Neuf jours de périplo total dans l'espace
11:09pour apporter des données et des images
11:11de leur voyage.
11:12Les quatre astronautes félicités par Donald Trump
11:14qui dit à présent viser la planète Mars.
11:17Donald Trump, qu'il affirme,
11:19le détroit d'Armous sera bientôt rouvert.
11:20Alors que les négociations entre les Etats-Unis
11:22et l'Iran débutent aujourd'hui au Pakistan,
11:24Islamabad dit espérer une participation constructive
11:27des deux pays.
11:28L'Iran qui a posé deux conditions préalables
11:31à ces discussions.
11:32Le déblocage de ses actifs,
11:33ainsi qu'un cessez-le-feu au Liban.
11:35Dans le Haut-Rhin,
11:37les expertises psychologiques vont être ordonnées
11:40pour déterminer le traumatisme exact de l'enfant.
11:43Déclaration sur France Info
11:44du procureur de la République de Mulhouse.
11:46Le petit garçon de 9 ans,
11:48séquestré par son père dans une camionnette
11:50pendant plus d'un an,
11:51il est hospitalisé.
11:52Son père est lui mis en examen
11:54tout comme sa compagne.
11:55L'aventure continue en demi-finale
11:57pour le Monegasque 23e mondial.
11:59Valentin Vachero,
12:00Masters 1000 de tennis de Monte Carlo.
12:02Il va affronter cet après-midi
12:04le numéro 1 mondial,
12:05Carlos Alcaraz.
12:06L'autre demi-finale,
12:07opposera Eliannick Siner
12:09et Alexander Sverel.
12:13France Info
12:15Les informés de l'Eco,
12:17Emmanuel Cuny,
12:19Adrien Bec.
12:20Et toujours avec Patrice Joffron,
12:22Université Paris-Dauphine,
12:23Olivier Redouless,
12:24directeur des études économiques
12:25à Rexécode
12:27et Emmanuel Cuny.
12:29Donc nous allons évoquer à présent
12:31la question du logement
12:32avec effectivement l'idée de dire
12:34adieu aux chaudières à gaz
12:36et bonjour aux pompes à chaleur.
12:37Oui, toutes les constructions neuves
12:39à partir de la fin 2026,
12:41donc à partir de la fin de cette année,
12:43devront être équipées,
12:44enfin on devra abandonner,
12:45tout du moins on ne pourra plus installer
12:47de centrales de chaudières à gaz
12:50au profit de pompes à chaleur.
12:53Alors là encore,
12:53la tâche est immense,
12:54surtout pour les professionnels
12:57plombiers chauffagistes
12:58qui sont en première ligne.
13:00Je vous propose d'écouter
13:01Jean-Christophe Repon,
13:02c'est le président de la CAPEB.
13:04La CAPEB,
13:04c'est la Confédération de l'artisanat
13:06et des petites entreprises du bâtiment.
13:07Il réagissait hier soir sur France Info
13:09au micro de Jules Dequisse.
13:11C'est un peu violent
13:13pour nos amis chauffagistes,
13:14plombiers spécialistes du gaz.
13:16Quand on vous annonce
13:17que dans un an,
13:18vous aurez plus de neuf,
13:19alors il y a bien sûr
13:19tout le stock à gérer
13:20et qui est toujours présent,
13:22c'est assez violent
13:23pour une profession.
13:24Et on ne transforme pas
13:25un plombier chauffagiste du gaz
13:27spécialiste en un an
13:28en un spécialiste de la PACEB.
13:30Voilà, bon courage
13:31donc à nos amis plombiers chauffagistes.
13:33Ils vont avoir du travail effectivement
13:34et c'est source de revenus pour eux,
13:37mais à terme,
13:37ce ne sera pas immédiat,
13:38beaucoup de travail en perspective.
13:40Et puis ça pose la question
13:41qui a déjà été soulevée.
13:43C'est le fameux Made in France
13:44que le Premier ministre veut défendre
13:46pour les fabrications
13:48de centrales de chaudières,
13:50enfin plutôt de pompes à chaleur,
13:52ce qu'on appelle les PACEB,
13:54les pompes à chaleur.
13:55Ça n'a rien à voir
13:55avec la politique agricole commune,
13:57mais c'est tout aussi important.
13:59Donc voilà,
14:00comment on va s'en sortir,
14:01c'est à voir.
14:01Alors, Patrice Geoffron,
14:03très bonne question.
14:04Comment on va s'en sortir,
14:05c'est à voir
14:05et comment on peut les installer aussi ?
14:07Parce qu'il y a des aides,
14:09là donc avec cette idée
14:10de leasing avancé
14:11par la ministre de l'Énergie
14:12ce matin.
14:13Mais là encore,
14:14à chaque fois,
14:14c'est quand même sous condition de revenu
14:15et c'est quand même une question
14:17qu'on peut se poser.
14:17Une personne qui est,
14:18on va dire classe moyenne supérieure,
14:20n'a peut-être pas forcément,
14:21je ne sais pas,
14:2210 000 euros, 15 000 euros
14:23à mettre immédiatement
14:24dans une pompe à chaleur.
14:25Certes,
14:26mais enfin,
14:26il faut qu'on établisse
14:27un ordre de priorité.
14:28Moi, j'aime bien cette idée
14:29de leasing social
14:30qui avait déjà été expérimenté
14:31avec pas mal de succès
14:32en matière de véhicules électriques
14:34et donc de retourner
14:35dans cette direction.
14:36Et donc,
14:36grosso modo,
14:37la logique économique,
14:38c'est de mettre plutôt à l'abri,
14:40en tout cas,
14:40de réduire les risques
14:41qui vont peser
14:42sur les ménages modestes.
14:44Et c'est totalement à l'inverse
14:45de ce qui avait été fait
14:46à nouveau en 2022
14:47dans lequel on avait...
14:47Arrosé tout le monde.
14:48Voilà,
14:49arrosé très large
14:50avec ce qu'on appelle
14:51en économie
14:51des effets d'aubaine,
14:52c'est-à-dire en protégeant
14:54des acteurs économiques,
14:55des ménages
14:56qui n'avaient pas besoin,
14:57en tout cas,
14:57de ce niveau de protection.
15:00Donc,
15:00de faire levier,
15:01si je puis dire,
15:02sur les pompes à chaleur,
15:03ça me paraît une bonne idée.
15:04Il y a une partie
15:04assez significative
15:05de la valeur ajoutée
15:07qui va se trouver en France,
15:08mais deux bémols.
15:09Le premier,
15:10ça fait écho
15:10à ce que disait Olivier tout à l'heure.
15:12On se retrouve là
15:12avec des filières à monter
15:14qui doivent monter en puissance,
15:15y compris dans la partie installation.
15:17Donc,
15:17il faut laisser du temps
15:19et à cet égard,
15:20voilà,
15:20on est le nez
15:22sur l'objectif
15:23avec l'horizon
15:24qui a été donné
15:25par le Premier ministre.
15:26Donc,
15:27ça,
15:27c'est la première interrogation.
15:28Et la deuxième interrogation,
15:29c'est que les spécialistes
15:30de ces questions,
15:31alors pas les économistes,
15:32les gens comme moi
15:33qui regardent ça de très loin,
15:34mais vraiment les gens
15:35qui s'y confrontent au quotidien,
15:37disent que
15:38les pompes à chaleur,
15:39ça a du sens
15:40si c'est associé
15:41à de la rénovation thermique.
15:43Ça doit être accolé
15:45à des logements
15:46qui sont des logements efficaces
15:48et de ce point de vue,
15:49le moins qu'on puisse dire,
15:50si on regarde les annonces
15:52depuis deux ans,
15:53c'est qu'il y a des fluctuations,
15:54par exemple,
15:55sur MaPrimeRénov'
15:56ou ce genre de dispositifs
15:57et donc,
15:58le moins qu'on puisse dire,
15:59c'est qu'il n'y a pas eu
16:00nécessairement de continuité
16:01dans les annonces
16:03de politique publique.
16:04Mais de fait,
16:05c'est un élément
16:06qui est un élément puissant.
16:07Tout dernier élément,
16:08moins de gaz,
16:09ça veut dire quand même
16:10qu'à terme,
16:11ils vont se poser des questions
16:13de la manière
16:14dont on finance
16:15le réseau de gaz.
16:15Ce n'est pas le cœur
16:16de notre discussion,
16:17mais c'est un sujet
16:19qui est en train
16:19de se déplacer
16:21et qu'on aura discuté
16:23sans doute un samedi ici.
16:24Avec plaisir,
16:25évidemment.
16:25Olivier Rodoules,
16:26la question des 10 milliards.
16:28Sébastien Lecornu dit,
16:29en clair,
16:29que ce ne sera pas
16:30de l'argent nouveau.
16:31Comment on va les trouver ?
16:33Comment ça peut fonctionner ?
16:34On a 1 700 milliards
16:36de dépenses publiques.
16:37Ça devrait être trouvable.
16:39Mais le vrai sujet,
16:40c'est qu'on a vu
16:40lors des dernières discussions
16:41budgétaires,
16:42qui avaient du mal
16:43à trouver 10 milliards
16:44d'économies.
16:45Donc,
16:45il y a un enjeu politique
16:47qui est de savoir
16:48effectivement comment
16:49on fait un arbitrage.
16:50Et en fait,
16:51on est dans une situation
16:52qui est assez complexe
16:54où au fond,
16:55et donc,
16:56on a vu l'exemple là
16:57des pompes à chaleur,
16:58de la rénovation,
16:59où en fait,
17:00l'intervention publique
17:02solvabilise
17:02puis désolvabilise
17:05des activités entières,
17:06des secteurs entiers
17:07d'un coup de crayon
17:09par arrêté.
17:09Et ça pose
17:10énormément de problèmes
17:11pour l'économie en général.
17:13Ça soulève la question
17:14quand même
17:15jusqu'où on fait
17:16cette intervention publique.
17:17Alors,
17:18pour répondre
17:18sur ces 10 milliards,
17:20on pourrait par exemple,
17:21il y a sans doute
17:21des marges
17:22pour réduire,
17:23je ne sais pas,
17:23la dépense sociale,
17:24c'est là où on a
17:25moitié de notre dépense publique.
17:27Peut-être qu'il y a
17:27certaines activités
17:28qui apparaissent
17:29moins prioritaires
17:30par le passé.
17:31Cela étant,
17:32électrifier,
17:33ça va poser
17:33d'autres problèmes
17:34pour les dépenses,
17:35les finances publiques
17:36qui sont aussi
17:37les recettes issues
17:39des carburants.
17:4030 milliards de TICPE,
17:42c'est beaucoup.
17:43Et donc ça,
17:43on a un sujet...
17:44En fait,
17:45la transition
17:46est semée dans le bûche.
17:47Je voudrais quand même
17:48revenir sur un point,
17:49c'est que si on revient
17:51par exemple
17:51sur le leasing social
17:53et sur le point
17:55que vous soulevez
17:55sur les cadres.
17:56En fait,
17:56on a un vrai paradoxe
17:57en France,
17:58on a un taux d'épargne
17:59très élevé
18:00où les gens ont du mal
18:01à amortir individuellement
18:03les chocs.
18:03Et ça pose quand même
18:04une question
18:05sur notre modèle social.
18:06On a confié
18:07au modèle social
18:07d'intervention publique
18:08l'absorption
18:09de tous les chocs.
18:10On se retrouve
18:11avec des individus
18:12qui, même des cadres
18:14ou des gens
18:14des classes moyennes,
18:15sont un peu pris
18:16à la gorge
18:16parce qu'on leur laisse
18:17juste ce dont ils ont besoin
18:19après les prélèvements
18:20qui sont réalisés
18:22pour le modèle social.
18:24Merci beaucoup.
18:25Vous vouliez dire un mot ?
18:26Peut-être,
18:26Patrice Geoffron,
18:26je vous ai vu faire la moue
18:27sur un des propos
18:28de l'Ivoire de Hesse.
18:30C'était une moue
18:32d'acquiescement
18:33et bon,
18:3410 milliards
18:34à hauteur de 1700 milliards,
18:36il faut absolument
18:37qu'on trouve.
18:38Et ce n'est pas
18:39ce qui me préoccupe le plus.
18:40Ce qui me préoccupe,
18:40c'est de parvenir
18:41à inscrire ça
18:41dans un récit national.
18:44Et par ailleurs,
18:45j'en profite
18:46pour rappeler
18:48que les rencontres économiques
18:50d'Aix-en-Provence
18:50se déroulent
18:51à partir du premier week-end
18:53de juillet
18:54et s'intitulent
18:55« Naviguer dans un monde
18:57sans repères »
18:57ce qui paraît
18:58assez cohérent
18:59par rapport à nos discussions
19:00de ce matin.
19:01Merci beaucoup Patrice Joffron,
19:02membre du Cercle des économistes
19:03et centre de géopolitique
19:04de l'énergie
19:05rattaché à l'université
19:06Paris-Dauphine-Olivier-de-Rodoulès,
19:08institut de conjoncture
19:09Rex-Eco-des-Merci,
19:10bien sûr,
19:11Emmanuel Cuny.
19:11Restez sur France Info.
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