00:00L'Ovary, c'est un livre qu'on lit à l'école, alors moi je n'ai pas été à
00:02l'école longtemps.
00:04Je ne crois même pas que j'ai eu le temps de le lire.
00:07Comme j'ai arrêté avant le lycée, que ça devait certainement être en seconde qu'il fallait le lire.
00:12Eh bien c'est moi.
00:13Face au miroir, dans ce film de David Roux, il se trouve que c'est l'affiche aussi.
00:17Il en existe beaucoup des récits d'émancipation, il y en a certains qui vont plus vite que d'autres.
00:21Elle, elle est plutôt un rythme lent, où on ne sait pas ce qui la traverse,
00:26on ne sait pas comment elle négocie avec ses émotions,
00:30comment elle négocie avec ses petites humiliations du quotidien,
00:35et où finalement elle les résigné à cette vie.
00:41Je ne savais pas que tu viendrais.
00:42Je ne peux pas traîner, je repars à Londres, finalement au signe de main.
00:46Dans la façon d'écrire son film, il y avait quelque chose de très chabrolien,
00:50mais parce qu'il s'agit de ses familles bourgeoises, il s'agit de ses familles de provinces,
00:57l'église au milieu du village, les conventions.
01:01Puis j'aimais son envie de cinéma à travers ses cadres, à travers son atmosphère, sa lumière.
01:08Moi j'y suis sensible, c'est la première porte par laquelle on rentre pour découvrir un film,
01:13avant même de s'attacher au personnage finalement.
01:15C'est ce qu'on va nous offrir visuellement, à l'image.
01:19Forcément la référence est double.
01:21Mais parce que le récit d'émancipation, il est chez Madame Bovary,
01:26et il est chez Jeanne Dillemann en fait.
01:28Il y avait un peu des deux dans ce film-là.
01:31Il y a mille façons de le raconter, ces moments où on étouffe,
01:36ces moments où la vie ne nous suffit pas,
01:38et d'avoir envie de rêver plus grand que ce que la vie nous offre.
01:42Bovary, c'est un livre qu'on lit à l'école.
01:44Alors moi je n'ai pas été à l'école longtemps,
01:46où je ne crois même pas que j'ai eu le temps de le lire.
01:49Comme j'ai arrêté avant le lycée,
01:51que ça devait certainement être en seconde, qu'il fallait le lire.
01:54Finalement, tu lis Madame Bovary quand tu es en troisième ou en seconde,
01:58ça ne te percute pas de la même façon.
02:00C'est que tu ne reçois pas les choses, il faut avoir vécu un peu plus.
02:03Aujourd'hui, les femmes, les jeunes filles,
02:05elles sont quand même tellement plus informées.
02:07Elles savent être autonomes, elles savent être indépendantes.
02:10On est moins effrayé de ça, on le craint moins.
02:13Ah, ses fameuses lunettes et sa cigarette et les bagues à chaque doigt.
02:17Moi, Duras, je l'ai lue quand j'avais une vingtaine d'années.
02:20Là, ce n'est pas mal quand tu lis Duras.
02:21Et puis je crois qu'elle a été essentielle pour la vie de tant de jeunes filles.
02:28Mais parce qu'elle arrive à avoir une écriture comme ça,
02:31où elle va chercher épuisée dans l'intime.
02:34Elle nous permet de nous découvrir, en fait,
02:37avec nos fautasmes, avec nos désirs, avec nos envies.
02:40En ayant incarné une Marguerite,
02:44qui était l'héroïne qu'elle s'était inventée dans ce roman-là.
02:48Je n'étais pas coincée à devoir être la Marguerite de chez Pivot.
02:53Je dis les choses comme elles arrivent sur moi,
02:56comme elles m'attaquent, si vous voulez, comme elles m'aveuglent.
02:59Elle est immense, Duras.
03:02Ah, j'adore cette photo.
03:04Ça, c'était le premier jour de tournage.
03:06On était en Anjou.
03:08J'étais morte de trouille.
03:09Je savais que c'était un rôle important qui m'attendait là.
03:14Non, c'est folie.
03:17Je me retrouvais beaucoup dans le rôle de Marine Montensier là-dedans.
03:20Parce que j'en ai besoin, en fait.
03:23Aussi parce que j'ai arrêté l'école tôt,
03:25que je me suis toujours sentie complexée.
03:27Puis bon, moi, j'ai une passion pour Tavernier.
03:32Je trouve que c'était vraiment...
03:33En fait, ce qui me rend triste, c'est quand je vois cette photo,
03:36c'est que je me dis que déjà, il n'est plus là, que Gaspard n'est plus là.
03:39Et ça me fout un coup, mais terrible.
03:44Je crois que je n'arriverai même plus à le regarder tellement ça m'atteint.
03:48Il y a quelque chose où...
03:50Il était d'une grande montée, Bertrand.
03:52Et il aimait profondément les gens.
03:53Il était vraiment tourné vers le monde, quoi.
03:55Il y avait quelque chose où il trouvait toujours de la beauté en tout.
03:59Et j'aime bien ce genre de nature-là.
04:02Ah, mais lui, je l'aime beaucoup.
04:04Ça aurait été dommage de le squeezer.
04:07Il y avait quelque chose de particulier.
04:08C'est que c'était un gosse d'Ukraine, un pays en pleine guerre.
04:13Se retrouver dans un Paris libre,
04:15où les gens sont joyeux dans la rue parce que le printemps approchait.
04:20On est là pour raconter une histoire d'hier.
04:24Et à la fois, on est confronté à ce qui se passe aujourd'hui.
04:29Et ça nous ébranle, quoi.
04:31Et ensuite, je l'ai trouvé merveilleux.
04:33Et puis, on a eu un truc au jeu qui était magique.
04:36Mais je crois que ça se voit dans le film.
04:37Je veux dire, on n'est que tous les deux.
04:40C'est lui et moi.
04:41Et je trouve que c'est un petit gosse très courageux.
04:45C'est sympa, merci.
04:47On adore les Pola.
04:49Merci.
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