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  • il y a 3 mois
Philippe Rivet, 30 ans, fils de bonne famille, obnubilé par le pouvoir et un destin politique glorieux. Quitte à jouer les gros bras. A l'automne 2000 on va retrouver sa trace derrière l'explosion d'un colis piégé à la Baule. Un mort. C'est un élu qui était visé. L'enquête va s'enfoncer dans la ténébreuse trajectoire du suspect et découvrir l'existence d'un autre cadavre.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0214h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:06Mystère à la boule, un employé d'un syndicat intercommunal tué ce matin par l'explosion d'un colis piégé
00:12entreposé dans le local où il travaillait.
00:14Les enquêteurs de la division nationale antiterroriste sont sur place.
00:19Bonjour, Philippe Rivet, 30 ans, fils de bonne famille, obnubilé par le pouvoir et la politique.
00:26A l'automne 2000, on va retrouver sa trace derrière l'explosion d'un colis piégé à la boule.
00:32Un mort, c'est un élu qui était visé.
00:35L'enquête va s'enfoncer dans la ténébreuse trajectoire du suspect et découvrir l'existence d'un autre cadavre.
00:43Philippe Rivet, une haine explosive, l'heure du crime.
00:47La seule émission radio 100% fait diverser tout de suite sur RTL.
00:58Vendredi 24 novembre 2000, 8h20 du matin, une sourde explosion retentit au numéro 3 de l'avenue de Noël, à
01:06la boule.
01:07Le bruit a été entendu à 3 km à la ronde.
01:10Les pompiers et la police se rendent au siège du CICAPG, le syndicat intercommunal de la Côte d'Amour et
01:18de la presqu'île de Guérande.
01:19Les employés sont devant le bâtiment, choqués.
01:23Pas de fumée ni de flammes, mais à l'étage, la salle de réunion a été soufflée.
01:28Des vitres brisées, un faux plafond éventrait.
01:30Les pompiers découvrent dans les décombres un corps en partie déchiqueté.
01:36La victime non identifiée est retrouvée accroupie.
01:39La tête et les deux mains arrachées.
01:41Juste après la déflagration, une secrétaire est accourue vers la salle de réunion.
01:45Elle savait que son collègue, Jacques Leparou, s'y trouvait.
01:50Il préparait la salle pour un pot de départ à la retraite.
01:53C'est bien Jacques Leparou qui est mort dans l'explosion.
01:57Il était méconnaissable, il n'avait plus de tête.
01:59Je l'ai reconnu à la tenue qu'il portait, va témoigner le directeur du CICAPG.
02:05C'est une chaîne IFI, de marque internationale, qui a explosé.
02:10Elle abritait un mini-fut de bière bourré d'au moins 3 kg d'explosifs.
02:15Une bombe artisanale, chlorate de sodium et sucre.
02:18Cette chaîne IFI traînait en fait dans un carton, dans la salle de réunion, depuis 3 mois.
02:23Le colis était adressé au président du syndicat intercommunal et maire du Croisic, Christophe Priou.
02:30Il n'est jamais venu le chercher.
02:33C'est lui qui était visé en branchant la chaîne.
02:36Sans doute pour l'essayer, pour le pot du soir.
02:39Jacques Leparou a déclenché l'explosion.
02:41L'étiquette d'expédition sur le colis, datée du 4 août et estampillée Fédéral Express,
02:47est une fosse fabriquée avec une imprimante.
02:49Le paquet n'avait pas été expédié, mais simplement déposé.
02:57Le maire du Croisic, Christophe Priou, 42 ans, personnalité politique locale en vue,
03:03espoir du RPR, le parti gaulliste, est placé sous protection.
03:07Les policiers de la PJ de Nantes se demandent qui peut bien lui souhaiter sa mort.
03:12Nous ne savons pas s'il s'agit d'une affaire terroriste, d'une affaire locale ou d'une vengeance
03:17personnelle,
03:17annonce le procureur de Saint-Nazaire.
03:19Une action des indépendantistes de l'armée révolutionnaire bretonne est étudiée.
03:24Ils font souvent parler la poudre.
03:26Dix mois auparavant, ils ont plastiqué la mairie de la Bôle.
03:29Mais ni le mode opératoire, ni l'explosif utilisé ne correspondent aux habitudes de l'ARB.
03:35Un coup des paludiers de Guérande, remonté contre l'administration,
03:40ou des chasseurs est évoqué tout comme une vengeance,
03:42suite à un scandale politico-financier local, celui des marchés publics de la Bôle.
03:48Autant de pistes écartées.
03:53Lundi 11 décembre 2000, Annick Duroscoate,
03:57présidente du Centre national des indépendants et paysans conseillère générale,
04:02attire l'attention des policiers sur l'un des anciens membres du CNI,
04:06le jeune militant Philippe Rivet, 29 ans.
04:09Le parti l'a exclu en raison de ses prises de position trop radicales,
04:14violentes, extrémistes.
04:16Il a très mal pris son éviction.
04:19Selon Annick Duroscoate,
04:21Rivet veut s'imposer sur la scène politique locale.
04:24Il voue une haine farouche au jeune premier du RPR, Christophe Rieu.
04:29« J'aurais sa peau », aurait-il dit un jour.
04:31Le profil de Philippe Rivet finit par intéresser les enquêteurs.
04:34Rivet, fils de très bonne famille,
04:37une belle villa dans les Yvelines,
04:38une magnifique maison de vacances au Pouligaine,
04:41est effectivement obsédée par Christophe Rieu.
04:45Il s'était présenté contre lui au dernier cantonal et avait été battu.
04:49Il avait alors publié un communiqué vindicatif.
04:52Rivet s'était aussi mêlé aux journalistes
04:55lors de la conférence de presse de Christophe Rieu,
04:57juste après la mort du malheureux Jacques Leparou,
05:01tué à sa place.
05:05Philippe Rivet, il faut bien retenir ce nom,
05:08il va nous servir de fil rouge dans toute cette émission,
05:10jeune militant aux idées d'extrême droite,
05:12bien arrêté et parfois même jugé trop sulfureuse,
05:16trop violente, trop vindicative.
05:17Il va bien sûr recevoir la visite de la police,
05:20des perquisitions,
05:22qui vont se révéler spectaculaires,
05:24et puis aussi des secrets bien cachés
05:26qui vont être découverts.
05:28Mais tout ça, on va le voir évidemment
05:30dans la suite de l'heure du crime.
05:31Il faut revenir sur l'explosion de la BOL
05:34au syndicat intercommunal.
05:36Bonjour Maître Erwan Lemoyne.
05:38Bonjour.
05:39Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui en direct
05:41dans le studio de l'heure du crime.
05:44Alors à l'époque, vous avez été l'avocat
05:46de la famille de Jacques Leparou.
05:47Jacques Leparou, c'est la victime dans cette affaire.
05:50La victime malgré lui, j'ai envie de dire,
05:51parce que ce n'était pas lui qui était visé.
05:52Il a été tué par cette bombe.
05:55Maître Erwan Lemoyne.
05:57Lorsque les premiers témoins,
05:59les premiers secouristes rentrent dans cette salle,
06:01le spectacle, il est terrifiant.
06:03Effectivement, nous avons défendu la famille de Jacques Leparou
06:06qui a été traumatisée par cet attentat tout à fait tragique
06:12et avec une répercussion, vous l'imaginez bien, très forte.
06:17La salle qui a fait l'objet de cette explosion
06:20était une salle de réunion.
06:22Et lorsqu'on voit les images,
06:24on imagine que cette salle qui devait accueillir
06:26dans les instants qui ont suivi l'explosion
06:28un pot de départ,
06:30aurait pu tuer de nombreuses personnes.
06:33Bien sûr.
06:33Compte tenu de la puissance de l'enchant explosif.
06:36D'autant plus que ce paquet,
06:37il traînait depuis des mois,
06:38depuis trois mois je crois.
06:39Et que dans cette salle, elle était occupée.
06:41Il y avait des réunions fréquentes.
06:42Et bien ce paquet, ce carton qui avait été disposé dans cette salle
06:48était laissé sans avoir finalement jamais été,
06:52une fois ouvert, on savait que c'était une chaîne IFI,
06:55mais jamais utilisée.
06:56Et on découvrira que le simple fait de brancher cette chaîne
07:01déclenche l'engin explosif.
07:03On avait laissé tomber un petit peu cette chaîne IFI
07:05parce que c'était de mauvaise qualité.
07:07Elle était là, elle traînait.
07:09D'ailleurs, l'élu local qui était visé,
07:14évidemment, lui, il n'était pas venu la chercher, cette chaîne.
07:18Je ne sais même pas s'il était au courant
07:19que ce colis lui était destiné
07:21et que, en général, M. Priou, comme beaucoup d'élus,
07:25ne conserve pas ce type de cadeaux.
07:27Et parfois, peuvent les offrir et les donner.
07:31et ça aurait pu aussi être parce qu'il est resté pendant trois mois.
07:35Ce qui est choquant, le fait d'avoir sciemment déposé ce colis piégé
07:40et n'avoir jamais pensé qu'est-ce qu'il advient de ce colis
07:43pendant trois mois avec le risque explosif et létal aussi important.
07:50Bonjour Agnès Grossman.
07:52Bonjour.
07:52Merci beaucoup d'être, vous aussi, avec nous dans cette Heure du Crime,
07:56dans le studio Heure du Crime, vous êtes journaliste.
07:58Vous avez couvert énormément de faits divers.
08:01Et vous êtes réalisatrice du fait d'entrer l'accusé,
08:04qui est excellent d'ailleurs, je le précise,
08:06consacré à cette affaire, l'affaire d'Ivée.
08:07On va voir sur Youtube.
08:08C'est pour ça qu'on vous a d'ailleurs invité,
08:10parce qu'effectivement, cette émission est excellente.
08:13Alors, la cible, on l'a dit, c'est Christophe Priou.
08:17C'est un élu local.
08:18Ça veut dire que, tout de suite, Agnès Grossman,
08:21il y a une coloration politique derrière cette affaire.
08:24C'est pas comme ça une bombe qu'on a déposée
08:26pour faire exploser ce syndicat, non ?
08:28C'est ciblé.
08:29Oui, il pense d'ailleurs, au départ, à une piste terroriste,
08:33à l'armée révolutionnaire bretonne,
08:36mais ces terroristes ne font jamais de victimes humaines.
08:40Ils font que des dégâts physiques.
08:42Et puis, ils signent, ils revendiquent.
08:44Et puis, ils signent, ils revendiquent.
08:45Là, il n'y a pas de revendication.
08:46C'est vrai que Christophe Priou, c'est le maire du Croisic.
08:49C'était le dauphin d'Olivier Guichard,
08:52qui a été une des grandes figures de la région.
08:54Et donc, effectivement, pourquoi Christophe Priou ?
08:57En plus, c'est quelqu'un qui est bien vu.
08:59Ce n'est pas un révolutionnaire.
09:00C'est un mec de droite, de la droite normale, si je puis dire.
09:05Ce n'est pas du tout un gars extrémiste.
09:07Et bon, effectivement, il pense que c'est une revendication politique.
09:12Alors, est-ce que c'est les paludiers,
09:13les gens qui s'occupent de récolter le sel ?
09:16Peu probable, d'ailleurs.
09:17Des pistes qui s'effondrent.
09:19Ils cherchent, ils cherchent, ils cherchent partout.
09:20Et effectivement, ils ne trouvent pas.
09:22Il y a les...
09:22M. Hermoine Lemoyne, un mot encore sur la famille Leparou.
09:27Parce que, finalement, la seule victime dans cette affaire,
09:29enfin, il y en a une autre, après, on y viendra,
09:30mais la seule victime dans cette affaire,
09:32c'est effectivement Jacques Leparou.
09:34Il y a les obsèques, sous haute surveillance,
09:36avec des policiers qui sont là,
09:37parce qu'ils sont venus photographier,
09:39voir qui pouvait être à ces obsèques.
09:41Et la famille est complètement désarçonnée.
09:45elle est détruite,
09:46et aussi dans l'espèce de ressentiment aussi,
09:48parce que ce n'était pas Jacques Leparou qui était visé.
09:51Alors, les obsèques ont lieu quelques jours après
09:53la mort de Jacques Leparou,
09:56à Savenay, de sa ville de naissance,
09:58et elle va réunir un certain nombre de personnalités,
10:02les mains sur la famille,
10:03les élus qui vont se mobiliser.
10:04Il y aura aussi une marche blanche organisée à la vôtre,
10:07dans la foulée.
10:08Et c'est vrai que la famille est dans l'incompréhension.
10:11Jacques Leparou, il faut en parler,
10:13c'est la victime de cet attentat,
10:15innocente,
10:16qui n'a jamais,
10:18qui était reconnue par tous
10:20comme quelqu'un d'intègre,
10:22d'aimable, de serviable.
10:24Et la famille était fondrée
10:25pour prendre cette disparition
10:28aussi violente,
10:29avec, vous l'avez rappelé,
10:31aussi une atteinte à l'intégralité,
10:33au corps de...
10:34Bien sûr, puisque ce corps a explosé,
10:36il s'est désintégré,
10:37je crois que la maman,
10:37elle n'a jamais pu voir le corps de son fils,
10:40elle était devant le cercueil,
10:42elle aurait aimé l'ouvrir ce cercueil,
10:43mais on lui a interdit.
10:45Donc c'est assez terrifiant,
10:46il faut bien rappeler ça,
10:47qu'il y a eu une victime,
10:48qui a été vraiment tuée de manière terrifiante.
10:51Un petit mot encore,
10:52Agnès Grossman,
10:53il y a un homme qui apparaît comme ça,
10:56dans le paysage,
10:57il s'appelle Philippe Rivet,
10:58Juste un mot,
10:59c'est un militant d'extrême droite,
11:01qui essaie de devenir
11:03une star locale de la politique.
11:05Oui, c'est une femme politique d'ailleurs
11:07qui va dire son nom,
11:10parce que c'est un militant
11:10qui s'est fait remarquer effectivement
11:12par sa passion,
11:13qui veut absolument avoir un destin politique,
11:16et qui avait un comportement un peu exalté.
11:19Chez le suspect numéro 1,
11:22une étrange mixture,
11:24Philippe Rivet,
11:25une haine explosive.
11:27Je n'ai rien fait,
11:28je suis innocent à toutes vos questions.
11:30L'enquête de l'heure du crime,
11:32on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:36Tous les jours,
11:37toute la journée,
11:40c'est RTL.
11:44Carrefour.
11:4514h, 15h,
11:47Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:50L'heure du crime.
11:52Au programme de l'heure du crime,
11:53l'affaire Philippe Rivet,
11:54ce jeune militant aux idées d'extrême droite,
11:56va être soupçonné d'être derrière un attentat
11:59qui a fait un mort à la Bôle en novembre 2000,
12:02un colis piégé qui devait normalement être destiné à un élu.
12:06Six mois plus tard,
12:06la police souhaite interroger cet homme.
12:13Mercredi 16 mai 2001,
12:156h du matin,
12:16les policiers de la PJ de Nantes sonnent à la porte d'une maison cossue,
12:20en bordure d'un bois,
12:21route de Saint-Nom à l'étang-la-ville,
12:24dans les Yvelines.
12:25C'est l'adresse du suspect Philippe Rivet.
12:27Il vit ici avec ses parents,
12:29Alain et Yveline.
12:31C'est le père de famille qui ouvre,
12:33son épouse et son fils sont partis,
12:34dit-il,
12:35passer quelques jours en Italie.
12:36Les enquêteurs perquisitionnent la maison.
12:38Dans la chambre,
12:39en grand désordre,
12:41de Philippe Rivet,
12:42où une affiche de la Waffen-SS est punaisée sur un mur,
12:46il tombe sur des dizaines de coupures de journaux
12:48sur l'affaire de la Bôle.
12:49On trouve aussi un carnet rouge
12:51qui contient des annotations militaires
12:53et une liste d'explosifs.
12:54Dans la cave,
12:55il est découvert un pot de 5 kg de chlorate de soude
12:59dont 750 grammes ont été mélangés à du sucre,
13:03la même substance que celle utilisée dans la chaîne Ify piégée,
13:07un flacon enfermant une substance identique
13:10et saisie dans la Renault Clio du suspect.
13:13Une autre perquisition,
13:14conduite au même moment au Pouligan,
13:16dans la villa de vacances des Rivet,
13:18permet de découvrir un schéma de circuits électriques
13:21pouvant correspondre à un dispositif de mise à feu.
13:24Des tickets de caisse de commerce sont examinés.
13:28L'un d'eux concerne l'achat d'un mini-fut de 5 litres de bière
13:32de marque Grafen-Walder-Pils,
13:35uniquement distribué dans les magasins Lidl.
13:37Un fût identique avait été évidé
13:41et rempli avec le mélange explosif.
13:43Un mandat d'arrêt est lancé contre Philippe Rivet.
13:49Jeudi 31 mai 2001,
13:5115 jours après la double perquisition,
13:54Philippe Rivet, tout juste 30 ans,
13:56est arrêté sur un trottoir.
13:58À Paris, il ne montre aucune résistance.
14:00Un de ses amis, Alexandre Cagé,
14:0227 ans, est également interpellé.
14:04Les policiers savaient que ces deux hommes,
14:05très proches, avaient rendez-vous.
14:07Un garde à vue, Rivet, conteste,
14:10toute implication dans l'attentat meurtrier de la Bôle.
14:13Certes, il ne portait pas dans son cœur
14:15le maire du croisic, Christophe Priou,
14:17mais il n'a jamais voulu le tuer.
14:20C'était un simple adversaire politique.
14:22À propos du chlorade de soude,
14:24retrouvé dans la villa familiale,
14:26allaitant la ville,
14:27il répond qu'il s'en sert comme désherbant
14:29dans les propriétés de ses parents.
14:31Il n'ignore pas qu'on peut fabriquer un explosif
14:35avec ce produit,
14:36mais il n'a pas essayé.
14:38Les policiers savent
14:39que la mini-chaîne stéréo
14:40a été achetée aux puces de Montreuil.
14:43Peu avant cet achat,
14:44Rivet avait retiré la somme correspondante
14:46à un distributeur.
14:48Alexandre Cagé, placé en garde à vue,
14:51est interrogé à propos des conversations téléphoniques
14:53avec Philippe Rivet,
14:54le jour de l'attentat de la Bôle.
14:57J'ai eu peur quand il m'a parlé de l'explosion
14:59qui venait de se produire.
15:01J'ai préféré poursuivre notre conversation
15:03de cabine à cabine,
15:05de peur d'être sur écoute,
15:07dit-il.
15:08Rivet affirme être innocent.
15:10À toutes les questions,
15:11il est mis un examen pour assassinat et écroué.
15:14Alexandre Cagé est laissé sous contrôle judiciaire.
15:17Il bénéficiera d'un non-lieu.
15:22Les enquêteurs explorent l'entourage de Philippe Rivet.
15:25Avant d'être arrêté,
15:26il était en contact régulier
15:27avec un petit groupe de sympathisants d'extrême droite,
15:30certains affiliés au groupe Union Défense,
15:33le GUD.
15:33L'un d'eux, Jean-François Illy,
15:3640 ans,
15:37intéresse beaucoup la police.
15:39Car Illy et Rivet
15:41se sont téléphonés
15:42le jour même de l'attentat.
15:44Une conversation qui a duré 7 minutes.
15:47Illy aurait-il été missionné
15:50pour déposer le colis piégé
15:51qui, jusque-là,
15:53abandonné dans son carton,
15:55n'avait pas explosé.
15:56Illy est recherché,
15:57mais il s'est volatilisé.
15:59Sa sœur a d'ailleurs signalé la disparition.
16:02La voiture de Jean-François Illy
16:03est découverte sur un parking
16:05de l'aéroport de Roissy
16:06totalement nettoyé.
16:08Aucune empreinte.
16:09Juste avant de disparaître,
16:11Illy a participé à un dîner
16:13chez Philippe Rivet.
16:15Deux autres convives étaient autour de la table.
16:17Que s'est-il passé ce soir-là ?
16:21Que s'est-il passé ce soir-là ?
16:22Vous allez voir que la réponse,
16:24elle est stupéfiante.
16:25Elle est digne d'un film
16:26les plus noir qui soit,
16:28mais ça, on va le raconter,
16:29évidemment,
16:30dans la suite de L'Ordre du crime.
16:31Le fait que le recherché,
16:33et très recherché,
16:34Jean-François Illy,
16:35eh bien, il serait mort.
16:36Il en savait peut-être un peu trop
16:38sur l'attentat de la bol.
16:39Mais ça, on va le voir,
16:40encore une fois,
16:41dans un instant,
16:42dans le prochain chapitre
16:43de cette émission.
16:45Rivet est pour le moment
16:47sous les verrous.
16:48Maître Erwann Lemoigne,
16:49vous êtes avec nous
16:50dans cette heure du crime.
16:51Vous essayez de nous aider
16:52à mieux comprendre
16:54ce qui a pu se passer.
16:55Vous êtes l'avocat
16:55de la famille de Jacques Leparou.
16:57Jacques Leparou,
16:57je le précise une nouvelle fois,
16:58il faut citer son nom.
16:59C'est la victime
17:00de l'attentat de la bol.
17:02Alors, il est en garde à vue,
17:03le fameux Rivet.
17:06Il ne dit pas grand-chose.
17:08Ou alors, plutôt,
17:09excusez-moi,
17:09il a réponse à tout.
17:11C'est une personnalité
17:12qui affirme, effectivement,
17:15ses idées d'extrême
17:16et une sorte de dérive
17:18idéologique et paranoïaque.
17:20Il se pense sans doute
17:22plus malin qu'il l'est.
17:23On voit dans son parcours scolaire
17:25qu'il a échoué au bac,
17:26qu'il n'a pas réussi
17:28ses études de droit.
17:30Et face à cette série d'échecs,
17:33il va s'investir
17:34dans les parties d'extrême,
17:36le FN, le GUD,
17:37il va fonder aussi
17:38un parti qui est étudiant.
17:40Oui, c'est ça.
17:40Parce que ce n'est pas
17:41assez extrême, il trouve, d'ailleurs.
17:43Ce n'est pas assez extrême.
17:44Et finalement,
17:45cet extrémiste
17:46qui, même des parties extrêmes,
17:48l'exclut,
17:49compte tenu de ce profil.
17:51Il va être qualifié
17:52d'afficheur fou.
17:53Il rêve de devenir
17:55un homme politique important.
17:58Alors, il est poussé
17:58à encourager par sa mère,
18:00qui a l'image du grand-père
18:02qui était secrétaire
18:03de la mairie du Pouligain.
18:05Et donc, face à ce profil,
18:07dans le cadre de l'enquête,
18:09il est mutique
18:10et, en tout cas,
18:10il ne va pas passer aux aveux.
18:13C'est ça.
18:14Il ne passe pas aux aveux,
18:15d'ailleurs.
18:16Alors, il donne des explications
18:17un peu vastes.
18:18Encore une,
18:18juste un petit mot.
18:20Qu'est-ce qu'il raconte
18:21sur son ennemi juré,
18:23Christophe Priou,
18:24l'étoile montant du RPR
18:26à l'époque,
18:27le maire du Croisic ?
18:28Est-ce qu'il en parle ou pas ?
18:29Ou il se méfie ?
18:30Il se méfie.
18:31En tout cas,
18:31ce qui est certain,
18:32c'est que celle qui va finalement
18:34permettre d'identifier Rivet,
18:37c'est-à-dire Mme de Rosquat,
18:39va considérer qu'il a nourri
18:41une haine farouche
18:42à l'égard de Christophe Priou,
18:44qui, pour lui,
18:46a entravé cette carrière politique
18:48en dénonçant notamment
18:49cette série d'affichages
18:51illicites dans la ville du Pouligain.
18:55Et donc, voilà,
18:56comment on peut définir,
18:58en tout cas,
18:59décrire cette personnalité.
19:01Oui, c'est ça,
19:01vous le soulignez bien,
19:03la haine farouche,
19:03la haine qui envahit cet homme,
19:04qui le submerge finalement,
19:06qui l'enflamme,
19:08quitte à faire des choses épouvantables.
19:09Pour l'instant,
19:10il nie en tout cas,
19:10c'est une certitude,
19:12ce suspect,
19:13Philippe Rivet,
19:15Agnès Grossman,
19:16avec nous,
19:16journaliste,
19:17réalisatrice du fait entrer l'accusé
19:18qui est consacré à cette affaire,
19:20affaire Rivet.
19:21Il n'a pas été très prudent, Rivet.
19:22Chez lui,
19:23on trouve absolument
19:24tout ce qu'il faut
19:25pour le mettre en examen,
19:26il n'y a aucun souci.
19:26Il a tout laissé derrière lui.
19:28Et non seulement,
19:29il a tout laissé derrière lui,
19:30mais en plus,
19:31les policiers,
19:32quand ils arrivent chez lui,
19:32se trouvent face à son père,
19:34qui est visiblement
19:35un homme très fragile.
19:37Et la maison est sans dessous-dessous.
19:39On sent que c'est
19:39une ambiance chaotique.
19:41On sent que l'acte est fou,
19:43de toute façon,
19:44le fait d'avoir déposé déjà
19:45une chanifi
19:47qui pouvait être ouverte
19:48par n'importe qui.
19:50L'acte est complètement fou.
19:51Donc,
19:52ils s'attendent déjà
19:52à trouver quelqu'un
19:53qui n'est pas forcément
19:53droit dans ses bottes.
19:54Effectivement,
19:55cette ambiance
19:56est complètement chaotique.
19:57Et ils trouvent
19:57tout ce qui a servi
19:59à construire la bombe.
20:01Et en plus,
20:02plein de coupures de presse
20:03aussi sur Christophe Priou.
20:05C'est ça.
20:06Comme quoi,
20:06il était passionné
20:07par cette affaire.
20:08Il a tout suivi.
20:09Il a tout suivi.
20:10Il y a des produits chimiques,
20:11etc.
20:12Et puis,
20:12l'étiquette FedEx,
20:14elle avait été faite,
20:16elle avait été imitée.
20:17On retrouve sur son ordinateur
20:19la police qui a servi
20:20à faire l'étiquette.
20:22Les lettres, c'est ça.
20:23Sachant que c'est une police
20:24qu'il fallait charger
20:26et qui n'est pas naturellement
20:27sur les ordinateurs.
20:28Donc,
20:29il a tout fait
20:30sans réfléchir.
20:31C'est à la fois
20:32très sophistiqué
20:33et fou.
20:34Oui, c'est ça.
20:35Alors,
20:35c'est à la fois sophistiqué,
20:36à la fois d'un amateurisme
20:37terrifiant.
20:39Parce que sans doute,
20:39il était persuadé
20:40qu'on n'irait jamais
20:40le chercher là,
20:41qu'il avait tout.
20:41Il s'était protégé
20:42d'absolument tout.
20:44Un petit mot encore,
20:45et c'est important,
20:46Agnès Grossman.
20:47Jean-François Illy,
20:48c'était une espèce
20:49de lieutenant,
20:50en quelque sorte,
20:53où c'était un peu
20:54une brute épaisse
20:55qui suivait
20:58Philippe Rivet
20:59comme son ombre
20:59et qui, effectivement,
21:01était un peu
21:01son homme de main.
21:02Philippe Rivet,
21:03dans sa folie,
21:04parce qu'il était quand même
21:04convaincu
21:05qu'il serait un jour
21:06maire du Pouliguin,
21:07qu'une grande carrière
21:08politique l'attendait,
21:10lui avait déjà promis
21:12des postes importants.
21:14Et Jean-François Illy
21:15était réputé aussi
21:16pour sa violence.
21:17C'est ça.
21:17Et donc,
21:18cet homme a disparu.
21:19Cet homme a disparu.
21:20Cet homme a disparu.
21:21On va essayer.
21:23de le retrouver.
21:24Un disparu
21:25qu'on va rechercher
21:26même dans une forêt.
21:28Philippe Rivet,
21:29une haine explosive.
21:31Il lui a tiré
21:31une balle en pleine tête,
21:33sans explication.
21:34J'ai pensé
21:35qu'il allait nous tuer aussi.
21:37L'enquête
21:37de l'heure du crime.
21:38Jean-François Illy
21:39était moins gênant
21:40ou maître chanteur
21:41a-t-il vraiment été tué
21:42après un repas ?
21:43Scénario à suivre
21:45dans un court instant
21:46sur RTL.
21:52Merci d'écouter RTL.
21:59L'heure du crime
22:00présentée par
22:01Jean-Alphonse Richard
22:02sur RTL.
22:03Il commence par faire
22:04bonne figure,
22:06un jeune militant
22:07actif,
22:08plein de vie,
22:08etc.
22:09Et puis,
22:10peu à peu,
22:12il n'est pas très fiable.
22:13Il peut faire
22:14des faux documents,
22:17être manipulateur.
22:19L'heure du crime
22:20consacrée
22:21à l'affaire
22:21Philippe Rivet.
22:22En 2001,
22:23ce militant
22:23d'extrême droite
22:24soupçonné
22:24d'avoir déposé
22:25une bombe
22:26à la bolle,
22:27un mort,
22:27a été mis
22:28à l'examen
22:28et écroué.
22:29L'engin
22:30aurait normalement
22:31dû toucher
22:31un élu local,
22:33il nie.
22:33Un an plus tard,
22:34il va être accusé
22:35d'un autre assassinat.
22:40Mercredi 24 avril 2002,
22:42Philippe Rivet,
22:43alors écroué
22:44pour l'attentat
22:45de la bolle,
22:45est placé en garde à vue
22:46avec deux de ses amis,
22:48Jean-Louis Raveau,
22:4938 ans,
22:50et Vassilios Bazos,
22:5122 ans.
22:52Tous les trois
22:53étaient chez lui,
22:55allait en la ville
22:56le 10 février 2001
22:58au soir,
22:59trois mois après
23:00l'attentat de la bolle
23:01pour partager
23:02une fondue bourguignonne
23:04et vider quelques bouteilles.
23:05Jean-François Illy,
23:0640 ans,
23:07était lui aussi invité.
23:09Jean-Louis Raveau
23:10est longuement interrogé
23:11sur la soirée
23:12et la disparition subite
23:13du quatrième convive,
23:15Jean-François Illy.
23:16Il finit par avouer
23:17que Illy est mort.
23:20Il raconte
23:21une soirée arrosée.
23:22Il se souvient
23:23que Rivet
23:24a versé des somnifères
23:26dans le verre de Illy.
23:27L'idée était
23:28de lui donner
23:29une bonne correction
23:29pour des raisons
23:30qui restent obscures.
23:31A la fin du repas,
23:33Raveau et Bezos
23:34ont accompagné Illy,
23:36à moitié groggy,
23:37jusque dans le bois,
23:39derrière la villa.
23:39Rivet aurait alors
23:40déboulé
23:41avec un fusil
23:42à canoncier.
23:44Rivet a tiré sur Illy
23:45une balle en pleine tête,
23:47sans explication.
23:47« Je me suis jeté par terre,
23:49j'ai pensé
23:50qu'il allait nous tuer
23:51aussi »,
23:52raconte Raveau.
23:53Philippe Rivet
23:54aurait demandé
23:55à ses deux invités
23:56de déshabiller la victime,
23:58de l'enterrer
23:59dans la clairière
24:00et de le recouvrir
24:01de chaud-vive.
24:06Philippe Rivet
24:07dément avoir tué
24:07Jean-François Illy,
24:09son fidèle lieutenant,
24:10pendant des années.
24:10Les policiers nantais
24:12sont persuadés
24:12que Illy
24:13faisait chanter Rivet
24:15sur l'affaire
24:15de la Bôle,
24:16le disparu,
24:17notait tout
24:18dans son ordinateur,
24:19introuvable,
24:20et partageait bien
24:21des secrets
24:22de Philippe Rivet.
24:23Tout le monde
24:24est mis en examen.
24:25L'affaire Jean-François Illy
24:26n'est toutefois pas jointe
24:27au dossier
24:28de l'explosion de la Bôle.
24:29Des fouilles
24:30sont entreprises
24:31dans le bois
24:32de l'étang-la-ville
24:32et dans le jardin
24:33de la maison du Pouligaine.
24:35Mais le corps
24:36du disparu
24:36Jean-François Illy
24:37ne sera
24:38jamais retrouvé.
24:42Incroyable rebondissement,
24:43très spectaculaire.
24:44Agnès Grossman,
24:44vous êtes avec nous
24:45dans cet oeil du crime,
24:45journaliste,
24:46vous connaissez bien
24:47ce dossier.
24:48Alors,
24:49il y a cette confession
24:50de Jean-Louis Raveau,
24:51il fait partie des amis
24:52de Philippe Rivet,
24:53ils ont beaucoup bu
24:54ce soir-là,
24:55il y a cette soirée
24:55très arrosée.
24:57D'ailleurs,
24:57les esprits sont un petit peu
24:59embués,
24:59embrumés,
25:00j'ai envie de dire.
25:00On ne se souvient pas très bien
25:01de ce qui s'est passé.
25:03Le fait est,
25:03c'est qu'il y a cette scène
25:04terrifiante
25:04où la victime aurait été droguée
25:07puis après tuée
25:08à coup de fusil.
25:08C'est le moins qu'on puisse dire.
25:09Ce qu'il faut noter aussi,
25:10c'est à quel point
25:11ils sont tous
25:12sous l'influence
25:13de Philippe Rivet.
25:14À quel point
25:15c'est un chef de meute.
25:17Et à quel point
25:17ils sont d'une façon
25:18ou d'une autre
25:19un peu soumis
25:20à Philippe Rivet
25:21qui est peut-être
25:21le plus intelligent,
25:23même si,
25:24en tout cas,
25:24le plus froid,
25:25le plus calculateur.
25:27Effectivement,
25:29Philippe Rivet
25:30avait clairement
25:31choisi
25:31de tuer
25:32Jean-François Illy.
25:34Ce n'est pas improvisé
25:35puisqu'en fait
25:36il va le droguer
25:38de somnifère
25:39et puis Jean-François Illy
25:40tombe malade.
25:41Il va vomir dehors.
25:42Les autres le suivent
25:43pour l'accompagner
25:44et Philippe Rivet sort
25:45et leur demande
25:47de prendre des sacs de chaux,
25:48des sacs de poudre blanche.
25:50Ils comprendront après
25:51que ce sont des sacs de chaux.
25:52Et effectivement,
25:53quand il a tué
25:54Jean-François Illy,
25:56ils le font déshabiller le corps
25:57qu'ils font
25:58parce qu'ils ont peur
25:59d'être tués aussi.
26:00Et il avait creusé déjà
26:01la tombe
26:02de Jean-François Illy.
26:03Donc l'après-méditation,
26:05on ne le fait aucun doute ?
26:05Elle ne le fait aucun doute.
26:06Vraiment.
26:07Tout était prêt ?
26:08Tout était prêt.
26:09Tout était prêt.
26:10Alors les deux invités
26:12qui sont là,
26:12qui sont complètement ivres
26:14ce soir-là,
26:14d'ailleurs je crois que c'est Raveau
26:15va dire
26:16qu'on a rapidement dessoulé
26:17parce qu'on a vu la carabine,
26:19etc.
26:19On a eu même peur pour nous.
26:21Ils ont eu peur, absolument.
26:22Ils n'ont rien pu faire ?
26:23Ils étaient tétanisés ?
26:24D'après ce qu'ils racontent ?
26:25Eux disent qu'ils n'ont rien pu faire.
26:27Après, d'autres diront
26:29pourtant ils sont partis
26:29avec des sacs de chaux.
26:30Ils devaient bien se douter
26:32que quelque chose allait se passer
26:33et que ce n'était quand même pas normal.
26:35Eux, en tout cas,
26:35ça a toujours été leur défense
26:36qu'ils étaient sous la pression
26:39et sous la peur,
26:39qu'ils ont agi sous la peur.
26:41Et après,
26:42Raveau dira que de toute façon,
26:44lui a toujours été convaincu
26:45qu'ils étaient les suivants.
26:46Petite question encore,
26:47Agnès Grossman.
26:48Pourquoi tuer Jean-François Illy ?
26:50S'il est mort d'ailleurs
26:51puisqu'on n'a jamais retrouvé le corps.
26:53Alors, les policiers
26:54sont convaincus
26:55que Jean-François Illy
26:57faisait chanter
26:59Philippe Rivet.
27:00Sur l'attentable de la poule.
27:01Voilà, parce qu'en fait,
27:02ils ont quand même...
27:03Philippe Rivet ne pouvait pas
27:05avoir déposé la chaîne IFI.
27:07En revanche,
27:08Jean-François Illy,
27:09dont ils étaient très proches...
27:11D'abord,
27:11ils étaient par téléphone beaucoup
27:13au moment où tout ça s'est passé ensemble.
27:16Et puis,
27:16Jean-François Illy
27:17a été vu...
27:21Il a retiré de l'argent
27:24à 2h du matin
27:24à un moment donné,
27:26à un endroit
27:27où on pouvait penser
27:28qu'il allait à la boule.
27:29D'accord,
27:29donc il savait beaucoup de choses.
27:30Il pensait que c'était sans doute lui.
27:32Et en plus,
27:32ils avaient épluché ses comptes
27:34et s'étaient rendus compte
27:36que Philippe Rivet,
27:37depuis cette date,
27:38régulièrement lui faisait des versements.
27:40Oui, donc effectivement...
27:41On peut penser qu'il le...
27:42L'enquête est...
27:43Et en plus,
27:44il avait déjà été puni
27:44pour menace et chantage.
27:46L'enquête est réussie.
27:47On n'est pas chez des gens
27:48de haute moralité.
27:49Il y a un fil
27:50qu'on tire
27:50et un fil
27:51qui effectivement
27:52amène des informations.
27:54Maître Erwann Lemoigne,
27:56avocat de la famille
27:56de Jacques Leparoule,
27:58l'homme mort
27:58dans l'attentat de la boule,
28:00la victime totalement innocente
28:02dans cette histoire,
28:03évidemment.
28:04Maître Erwann Lemoigne,
28:05pourquoi ces deux dossiers,
28:06l'affaire du plastiquage
28:09de la boule
28:10et puis l'affaire
28:11de la disparition
28:12de Jean-François Illy,
28:13l'affaire crapuleuse,
28:15ne sont pas jointes ?
28:16Parce que là,
28:16il y a un lien
28:16qui se fait entre ces deux histoires.
28:18C'est très curieux.
28:19A l'époque,
28:19ces deux dossiers différents.
28:21Vous avez tout à fait raison.
28:23Il eût été de bonne administration
28:24de la justice
28:24que ces deux dossiers
28:25soient joints.
28:27La juge d'instruction
28:28en charge du dossier
28:29de l'attentat de la boule
28:30avait sollicité la jonction.
28:32Elle le souhaitait.
28:33Elle le souhaitait.
28:33Ça a été refusé par le juge
28:36qui était en charge
28:37de l'affaire
28:37concernant le meurtre
28:39de Jean-François Illy.
28:41Néanmoins,
28:42ça contribuait aussi,
28:44malgré les dénégations
28:45de Rivet,
28:46l'affaire Illy
28:47et les témoins
28:49ont permis
28:50de le confondre
28:51et notamment
28:52d'établir
28:52qu'il y avait
28:53ce lien fort
28:54avec celui
28:55sans doute,
28:56lorsqu'on a une lecture
28:57des deux dossiers,
28:58avait,
28:58comme vous l'avez rappelé,
29:00déposé ce colis
29:02piégé à la boule
29:03en août 2000.
29:05Alors,
29:05deux dossiers
29:06qui ne sont pas joints,
29:07on peut le regretter,
29:08effectivement,
29:08ça aurait été
29:08sans doute
29:09une bonne chose.
29:10Le fait est,
29:11si vous le confirmez,
29:12sans doute,
29:12M. Hermann Le Moigne,
29:14là,
29:14la lumière
29:16est projetée
29:17sur l'attentat.
29:18On connaît maintenant
29:19les tenants
29:19et les aboutissants
29:20à ce stade-là.
29:21On connaît
29:22les tenants
29:22et les aboutissants.
29:23On sait que
29:24ce dîner
29:25est un dîner
29:26guet-apant
29:26et que
29:28tout est fait
29:28pour
29:30porter atteinte
29:31et tuer Jean-François Elie.
29:33D'ailleurs,
29:33c'est vrai que,
29:33comme vous l'avez rappelé,
29:34son corps n'a jamais été retrouvé.
29:36La tombe creusée,
29:37la chaux
29:37et ce secret,
29:39c'est le seul Rivet
29:40qui sait,
29:41évidemment,
29:41ouvrir ce corps
29:42aujourd'hui.
29:43Et c'était sans doute
29:43l'homme
29:44qui en savait trop.
29:46Le suspect numéro 1
29:47va d'abord
29:49comparaitre
29:49aux assises
29:51pour la faire de la bolle.
29:53Philippe Rivet,
29:53une haine explosive.
29:55Je suis contre
29:56la violence gratuite
29:57mais la violence politique
29:58peut se justifier.
30:00l'enquête de l'heure du crime.
30:01On se retrouve dans un instant
30:02sur RTL.
30:03Bonne journée
30:04sur RTL.
30:12RTL,
30:13votre radio.
30:15L'heure du crime
30:16présentée par
30:17Jean-Alphonse Richard
30:18sur RTL.
30:20Retour dans l'heure du crime
30:21sur l'affaire Philippe Rivet.
30:23Ce fils de bonne famille
30:24est accusé
30:24d'avoir tué un homme
30:25en déposant une bombe
30:26dans une administration
30:28à la bolle.
30:29En novembre 2000,
30:30il visait en fait
30:31un élu local.
30:33Il a toujours nié les faits.
30:34Quatre ans après,
30:35il est jugé.
30:39Mardi 25 mai 2004,
30:41Philippe Rivet,
30:4233 ans,
30:42est devant la cour d'assises
30:43de la Loire-Atlantique
30:44à Nantes.
30:45Dès l'ouverture des débats,
30:47il nie être derrière
30:48l'attentat de la bolle.
30:49La bombe aurait tué
30:52Jacques Leparou,
30:53employé du syndicat intercommunal,
30:55alors qu'elle était destinée
30:56à l'élu local
30:57Christophe Priou.
30:58Les accusations
30:59qui me visent
31:00reposent sur des mensonges,
31:02affirme l'accusé.
31:03Le capitaine de police,
31:04Paul Lelièvre,
31:05assure au contraire
31:06que les investigations
31:07ont démontré
31:08que Rivet avait acheté
31:09la fameuse chaîne I-Fi
31:11pour la bourrée d'explosifs.
31:13Elle avait été déposée
31:14au syndicat.
31:15Les avocats de l'accusé,
31:16Francis Piner,
31:17Cécile Desolivera,
31:19assurent que l'enquête
31:20n'a jamais apporté
31:21la moindre preuve.
31:22Selon eux,
31:23Philippe Rivet
31:23ne s'est jamais rendu
31:25à la bolle
31:25pour y déposer le colis
31:26et il n'est pas
31:27un spécialiste
31:28des explosifs
31:29quant aux mobiles.
31:30Une vengeance
31:31contre un élu
31:32jalousé,
31:33elle tiendrait
31:33de l'affabulation.
31:35Rivet a toutefois
31:36eu cette réflexion
31:37à la couleur
31:38inquiétante.
31:39Je suis contre
31:41la violence gratuite,
31:42mais la violence politique
31:43peut se justifier.
31:49Christophe Priou,
31:50l'élu visé à l'origine
31:51par le colis piégé,
31:52témoigne.
31:53Il dit avoir été
31:54longtemps miné
31:55par le remords
31:56pour qu'un homme soit mort
31:57à sa place.
31:57Il espérait que Philippe Rivet
31:59avoue et s'excuse,
32:00mais dit-il,
32:01il n'a reçu en réponse
32:02que de la froideur
32:03et un regard métallique.
32:05L'avocat général
32:05décrit un accusé
32:06habitué aux actions violentes.
32:08Il demande
32:0930 ans de prison,
32:10sanction,
32:11selon lui,
32:11à la hauteur
32:12de sa puissance
32:13de nuire,
32:14à la hauteur
32:15de son absence de remords.
32:16L'accusé prend la parole.
32:17Par rapport au drame
32:19de la famille Leparou,
32:20je vous demande
32:21de ne pas créer
32:21un nouveau drame,
32:22je suis innocent.
32:23Philippe Rivet accusé
32:24d'assassinat
32:25et condamné
32:25à 28 ans
32:27de prison.
32:28Il fait appel.
32:29Un an plus tard,
32:30le verdict est identique.
32:3228 ans.
32:34Une lourde peine
32:36confirmée
32:36en appel.
32:37Maître Erwan Lemoyne,
32:39vous êtes l'avocat
32:40de la famille
32:40de Jacques Leparou,
32:42c'est la victime,
32:43la victime totalement
32:44innocente
32:44dans cette affaire.
32:46Une lourde peine,
32:48je le disais.
32:48Comment est-ce qu'il se
32:50comporte,
32:50l'accusé,
32:51à ce procès ?
32:53Est-ce qu'on va avoir
32:54beaucoup d'espoir ?
32:54Notamment la famille Leparou
32:55va dire,
32:56pourvu qu'il parle,
32:57est-ce qu'il va dire
32:57quelque chose ?
32:58Est-ce qu'il va s'excuser ?
32:59Est-ce qu'il va apporter
33:00des éléments ?
33:01Ce n'est pas du tout ça ?
33:02Bien évidemment,
33:03notre rôle est de rappeler
33:04qu'au centre de ce dossier,
33:05il y a une famille
33:06qui a perdu un père,
33:08un collègue,
33:09un proche
33:09et également
33:11une cible innocente.
33:13Et par répercussion aussi,
33:15Christopriot,
33:15vous l'avez rappelé,
33:16qui se sont portés
33:18une forme de responsabilité.
33:19C'est ça,
33:20l'ancien maire du Croisier,
33:22par rapport à cet attentat.
33:24Donc la famille
33:24est en attente
33:25au moins d'explications
33:27et je tiens à souligner
33:28comme le travail remarquable
33:30des enquêteurs
33:30qui sont allés
33:31faire des investigations,
33:32y compris sur
33:33cette fameuse chaîne IFI
33:34qui se trouvait
33:35être là,
33:36vendue dans un seul endroit
33:38en France,
33:38c'est-à-dire
33:38au poste de Montreuil.
33:40Je suis d'accord avec vous,
33:41j'arrête juste là-dessus
33:42parce que c'est extraordinaire.
33:43On découvre
33:44effectivement ce stand
33:45au poste de Montreuil.
33:47Je me demande
33:47comment les policiers
33:48ont fait.
33:48C'est vrai que ça tient
33:49un peu du miracle.
33:50Et en fait,
33:51ils ont remarqué aussi
33:52que pas loin des puces de Montreuil,
33:54il avait tiré
33:55à un distributeur
33:56exactement la somme
33:56de la...
33:57Agnès Grossman.
33:59Nous avions fait
34:00le trajet d'ailleurs
34:00avec mon associé
34:01à l'époque,
34:01André Tinière,
34:02et la défense de Rivet
34:04nous avait raillés
34:05en nous qualifiant
34:05de rouletabille
34:06parce que nous avions
34:07confirmé effectivement
34:08la proximité
34:09entre le DAB
34:10et les puces de Montreuil.
34:12Malgré les évidences,
34:13malgré le faisceau d'indices
34:14qui confondait
34:16M. Rivet,
34:18il est resté
34:19dans la dénégation,
34:21il a pédé l'acquittement
34:22et le jury
34:24ne s'est pas laissé tromper
34:25et l'a condamné,
34:27il a reconnu coupable
34:28de cet attentat
34:29et de ce meurtre
34:30tout à fait tragique.
34:31Agnès Grossman,
34:32vous êtes avec nous,
34:33journaliste réalisatrice
34:34de l'épisode
34:35du fait
34:36entre l'accusé
34:36consacré
34:37à l'affaire Rivet.
34:39Agnès Grossman,
34:41Rivet,
34:41il est là,
34:42il ne craint pas
34:43grand monde,
34:44Rivet,
34:44c'est quelqu'un
34:44qui a l'habitude
34:45de la bagarre,
34:46a l'habitude
34:47d'affronter,
34:48il sait parler,
34:48etc.
34:49Il est surtout
34:51très froid,
34:52il fait peur d'ailleurs,
34:54puisque
34:56au deuxième procès,
34:57on n'y est pas encore,
34:58mais ses anciens amis
35:00auront peur,
35:01il y a même
35:02quelqu'un qui va dire
35:04quand ils sont près de lui,
35:05ils ont peur de la mort,
35:06c'est-à-dire qu'ils se sentent
35:07tellement en danger,
35:09c'est quelqu'un qui,
35:09d'ailleurs je crois
35:10qu'il a 20 ans de sûreté
35:12au premier procès,
35:13il fait peur,
35:14il est dangereux,
35:15effectivement,
35:16c'est quelqu'un
35:17qui n'a pas d'empathie.
35:19Il y a une parole
35:20qui m'a troublé,
35:21je l'ai cité d'ailleurs,
35:21c'est que la faim
35:22justifie les moyens
35:23pour Yves.
35:24Il va dire
35:24la violence politique,
35:25oui, ça c'est possible,
35:26pourquoi pas ?
35:27Là on est en pleine
35:28violence politique.
35:29Mais c'est complètement dingue
35:31parce que Christophe Priou,
35:32pourquoi il en veut
35:33tellement à Christophe Priou ?
35:34Parce qu'effectivement
35:34il mettait des affiches
35:35partout,
35:36puisqu'ils étaient en compétition
35:38pour le Conseil Général,
35:39les élections du Conseil Général,
35:40il a commencé sa campagne
35:42très tôt,
35:42plus tôt que Christophe Priou,
35:44et il mettait des affiches
35:46partout,
35:46et c'est Christophe Priou
35:47qui avait signalé
35:47que ce n'était pas normal,
35:49et à la suite de ça
35:49il s'était fait exclure
35:50du CNI.
35:52C'est ça.
35:53Il n'a pas supporté
35:55d'être exclu
35:56de ce mouvement politique,
35:58et il pense que c'est
35:58de la faute de Christophe Priou,
36:00ce qui n'est pas faux d'ailleurs,
36:01puisque c'est lui
36:01qui avait signalé.
36:02Et il lui en veut
36:03à mort pour ça,
36:04ce qui est un peu délirant,
36:05surtout qu'il était très jeune,
36:06il aurait pu continuer
36:07sa route autrement.
36:08Alors,
36:09il y a ces deux premiers procès,
36:11strictement sur l'attentat
36:13de la Bôle,
36:14évidemment il a écopé
36:16d'une peine très importante,
36:1728 ans de prison,
36:19et pourtant il ne bronche pas,
36:20à aucun moment
36:21ça se fissure,
36:23il continue
36:23d'être assis
36:24sur ses certitudes.
36:26Oui,
36:26mais c'est sa marque de fabrique,
36:29d'être
36:30dans son monde
36:31et sur ses certitudes.
36:32C'est comme ça pour tout,
36:33pas seulement pour le procès ?
36:35Maître Erwann Lemoyne
36:37a ses procès
36:38sur l'attentat de la Bôle,
36:39évidemment,
36:40on le dit encore,
36:41la famille de Jacques Leparou,
36:42la victime,
36:43elle est là,
36:43elle attend des réponses,
36:45il n'y a pas vraiment
36:45d'excuses
36:47de la part de Philippe Rivet,
36:49on n'est pas
36:50dans l'empathie
36:51avec lui
36:52la plus évidente.
36:55C'est le moins
36:56d'être l'empathie,
36:56il a une construction mentale
36:58de l'ennemi,
36:59et donc l'ennemi
37:00à abattre,
37:01et pas par les urnes,
37:02c'est par les armes
37:03qui s'inscrit,
37:05et donc il est
37:06dans cette haine
37:07qui nourrit,
37:09qui le fomente,
37:10et on le voit
37:11dans ce groupuscule
37:13qui crée,
37:13mais qui est minuscule,
37:14finalement,
37:14c'est quelque point.
37:16Oui, c'est une poignée,
37:16c'est pas l'écart.
37:17Il n'a finalement
37:18aucune chance réelle
37:20d'obtenir
37:21un quelconque mandat,
37:23et donc il s'enferme
37:25dans cette violence
37:26et dans cette violence
37:28politique
37:29qu'il assume,
37:30comme vous l'avez rappelé
37:31dans ses propos,
37:32il assume de pouvoir
37:33recourir aux armes
37:35dans un combat politique.
37:37Est-ce qu'à la fin
37:38de ces deux procès,
37:40encore une fois,
37:40on est vraiment
37:41sur l'attentat de la Bôle,
37:43est-ce que la justice
37:44est faite pour la famille
37:45de Jacques Leparou ?
37:46La justice n'est pas faite
37:47parce que vous n'avez
37:49pas la reconnaissance
37:51des faits,
37:53et l'absence d'explication,
37:54et puis une mort
37:56qui est injuste.
37:57Jacques Leparou
37:58n'est pas une cible politique,
37:59il était simplement là,
38:01au mauvais endroit,
38:02au mauvais moment.
38:03Un dernier procès,
38:05cinq ans plus tard,
38:07et une surprise de taille.
38:09Philippe Rivet,
38:10une haine explosive,
38:12la bombe à la Bôle,
38:14c'est bien moi,
38:15l'enquête de l'heure du crime.
38:16Je vous retrouve tout de suite
38:18sur RTL.
38:20Gardez RTL toujours avec vous.
38:23Le direct,
38:24les replays,
38:25les inédits.
38:26Téléchargez l'appli RTL.
38:29Présenté par Jean-Alphonse Richard
38:30sur RTL.
38:33Dans l'heure du crime,
38:34l'affaire Philippe Rivet,
38:35en 2004 et 2005,
38:37cet ancien militant
38:38de divers mouvements
38:39d'extrême droite,
38:40a été condamné
38:41à 28 ans de prison
38:41pour l'envoi
38:42d'un colis piégé
38:43à un élu.
38:44Un homme décédé
38:45en 2000 à la Bôle,
38:47jugé en 2010
38:48pour un autre assassinat.
38:53Mardi 19 octobre 2010,
38:55Philippe Rivet,
38:56Jean-Louis Raveau,
38:57Vassilios Bazos
38:59sont devant les assises
39:01des Yvelines
39:01pour le mystérieux assassinat
39:03de Jean-François Illy.
39:05Rivet est soupçonné
39:06d'avoir exécuté
39:08d'une balle dans la tête
39:09cet homme qui en savait
39:10trop sur lui.
39:11Raveau et Bazos
39:12confirment que Rivet
39:14est bien l'auteur
39:14de ce crime de sang-froid.
39:16En début de procès,
39:18Philippe Rivet
39:18surprend
39:19tout le monde
39:20en détournant
39:22l'attention.
39:23Il évoque
39:24soudain
39:25l'attentat de la Bôle
39:26pour lequel
39:27il a été condamné
39:28et il déclare
39:29pour la première fois
39:30la bombe
39:32à la Bôle,
39:33c'est bien moi.
39:34Il dit avoir agi
39:35tout seul.
39:40Philippe Rivet
39:41dément jusqu'au bout
39:42avoir tué
39:43son vieux compagnon
39:44de route
39:44Jean-François Illy
39:45mais les jurés
39:47ne le croient pas.
39:48Il est condamné
39:48à 27 ans
39:50de prison,
39:515 ans
39:52dont 2 avec sursis
39:53pour Raveau,
39:543 ans
39:54pour Bazos.
39:56C'est très dur
39:57parce que
39:58de ne pas avoir
40:00possibilité de l'enterrer,
40:01de savoir aussi
40:02ce qui s'est réellement passé
40:03parce qu'un corps parle aussi.
40:04Donc savoir
40:05s'il a souffert,
40:06s'il a été tué,
40:06enfin savoir
40:07si ce qu'on m'a dit
40:08est la vérité.
40:10Si ce qu'on m'a dit
40:11est la vérité,
40:13effectivement,
40:13c'est la voix
40:14de Marie-Elisabeth Illy,
40:16c'est la sœur
40:17de Jean-François Illy,
40:19cette victime
40:19dont on n'a jamais
40:20retrouvé le corps,
40:21d'ailleurs.
40:23Évidemment qu'il est mort,
40:24cet homme,
40:24mais on ne l'a jamais retrouvé.
40:26Et à ce moment-là,
40:27effectivement,
40:28Rivet vient d'être condamné
40:29pour cette disparition
40:30ou pour cette mort.
40:31C'était une interview
40:32qui avait été réalisée
40:33dans l'émission
40:34« Faites entrer l'accusé ».
40:37Là, justement,
40:38Agnès Grossman,
40:39vous avez largement collaboré
40:41à cette émission
40:42de « Faites entrer l'accusé »
40:43qui était consacrée
40:44à l'affaire Rivet.
40:45Vous l'avez même réalisé.
40:48Vous êtes journaliste.
40:49Effectivement,
40:50ce dernier procès
40:51avec la disparition
40:53et la mort,
40:54pour le moins trouble,
40:55de Jean-François Illy,
40:57ce dernier procès,
40:57il aurait pu passer
40:58totalement inaperçu.
41:00Mais il y a cette surprise
41:02parce que Rivet va dire
41:04« L'attentat de la boule,
41:06oui, c'est moi ».
41:07C'est la première fois
41:08qu'il fait ça.
41:08C'est la première fois
41:09qu'il fait ça.
41:09Pourquoi d'un seul coup,
41:10il se met à table ?
41:11Et il dit
41:11« Et je suis seul
41:12à l'avoir commis ».
41:13Donc, si on le croit,
41:15Jean-François Illy
41:16ne l'a pas aidé,
41:17donc il n'avait aucune raison
41:18de tuer Jean-François Illy.
41:20Puisqu'en fait,
41:20l'idée,
41:21c'est qu'il a tué
41:21Jean-François Illy
41:22parce que c'était son complice
41:23et qu'il le faisait chanter.
41:24Donc, dire
41:25« C'est moi qui l'ai fait »
41:26et tout seul,
41:27c'est quelque part
41:29considérer
41:30qu'il n'y a plus
41:30de mobile,
41:31du crime.
41:32Oui,
41:32il essaie.
41:32C'est un coup de pied en coin.
41:35Oui, un subterfuge.
41:36Un subterfuge.
41:37Le fait est,
41:37c'est qu'effectivement,
41:38ce n'est pas dit
41:38avec une grande émotion.
41:39Mais il y a quand même
41:40cette parole.
41:41Maître Erwann Lemoyne,
41:42vous,
41:43vous défendez
41:43la famille de Jacques Leparou.
41:45On est là
41:46au tout dernier procès.
41:47L'affaire de la Bolle
41:48s'est classée.
41:49Ça y est,
41:49il a été condamné deux fois,
41:51y compris en appel.
41:5228 ans de prison.
41:53Là,
41:54on était pour cette disparition.
41:56Cette fois,
41:57la famille a une réponse.
41:59Une amorce de réponse,
42:01j'ai envie de dire,
42:01à la famille de Jacques Leparou.
42:03Comme vous l'aviez évoqué,
42:05cette affaire,
42:06la famille Leparou
42:07n'insiste pas à ce sujet.
42:08Non, bien sûr,
42:09ils ne sont pas là.
42:10Ils ne sont pas
42:11partis civils
42:11dans cette affaire.
42:12Néanmoins,
42:13ces aveux apparaissent
42:14tout à fait
42:15comme une stratégie
42:16de défense
42:17qui tombe
42:19comme une tentative
42:21finalement un peu vaine
42:22de trouver
42:23un moyen
42:24pour se disculper
42:26du meurtre
42:26de Jean-François Elie
42:28et on le voit
42:30dans cette phrase
42:32la bombe de la boule
42:33c'est moi
42:33c'est d'abord
42:34ça renvoie vers soi
42:35c'est cette personnalité
42:37et à aucun moment
42:38vient dire
42:39c'est moi
42:39qui ai tué
42:40c'est moi
42:40qui ai enlevé la vie
42:41à Jacques Leparou.
42:43Il n'y a pas d'explication.
42:44Pas d'explication
42:46c'est simplement
42:47Il n'y a pas de détails.
42:48Pas de détails
42:48ce sont des aveux
42:49tout à fait opportunistes
42:50qui servent simplement
42:51à sa cause.
42:52Et la famille a été
42:54choquée par ça ?
42:55Comment elle a perçu ?
42:57La famille se restera
42:59toujours dans l'émotion
43:00dans l'incompréhension
43:02et l'absence
43:03de sincérité
43:04finalement
43:04de ses aveux
43:05d'explication concrète
43:06ne satisfait pas
43:08la famille.
43:08Un petit mot encore
43:09avec vous
43:10il y a eu un incident
43:12à l'issue de ce procès
43:13je le résume
43:14très brièvement
43:15il y avait
43:16le père de Philippe Rivet
43:18qui est assisté
43:19à l'audience
43:19et quand
43:21Christophe Priou
43:22qui était là
43:22également
43:23l'ancien élu
43:24qui lui était visé
43:25par la fameuse bombe
43:26de la bolle
43:27et sorti
43:28de la salle d'audience
43:29le père de Rivet
43:31l'a attrapé
43:31par la cravate
43:32et l'a menacé
43:33c'est ça ?
43:33Tout à fait
43:34Christophe Priou
43:35que j'estime
43:36qui m'a immédiatement
43:38appelé
43:39pour me dire
43:40voilà ce que m'a dit
43:41le père de Philippe Rivet
43:42je cite
43:43mon fils n'a pas fini de travail
43:45je m'en chargerai
43:46ce qui correspond
43:47à très clairement
43:48une menace de mort
43:49immédiatement
43:50nous avons déposé plainte
43:51à son encontre
43:52et il a été reconnu coupable
43:54et condamné
43:54pour ces menaces de mort
43:55qu'il démontre aussi
43:57que cette famille
43:58cette personnalité
44:00est animée par la haine
44:02et n'a qu'un seul but
44:04finalement
44:05c'est la vengeance
44:05c'est ça
44:06c'est une destinée
44:07assez sombre
44:08cette famille
44:08finalement
44:09il y a quelque chose
44:10qui est un peu terrible
44:12on décrivait tout à l'heure
44:14la maison
44:14etc.
44:15où tout ça
44:15c'est préparé
44:16il y a une espèce
44:17de huis clos
44:17comme ça encore une fois
44:18c'est toujours les huis clos
44:19d'ailleurs
44:19qui emmènent
44:20un père qui est clairement
44:21déséquilibré
44:21et une mère
44:22qui est envahissante
44:23et que le père
44:25décrit lui-même
44:26comme un pitbull
44:26ouais c'est ça
44:28cette histoire
44:29Agnès Grossman
44:30c'est celle d'un homme
44:31sans moral
44:32la fin justifie les moyens
44:33c'est rare de voir ça
44:34quand même
44:35parce que là
44:36la cible
44:37elle était officielle
44:38elle était politique
44:39mais il y a presque
44:40un côté militantiste
44:41et terroriste
44:42dans cette action
44:43tout à fait
44:44aujourd'hui
44:44pour être djihadiste
44:46ou mettre des bombes
44:47mais je pense qu'au départ
44:48il y a surtout
44:48un énorme mal-être
44:49parce que c'est un garçon
44:50qui est quand même
44:51considéré comme intelligent
44:52qui n'est pas du tout fou
44:53même si son acte est fou
44:55et il allait d'échec en échec
44:57donc je pense que
44:58c'est sa mère aussi
44:59qui portait l'ambition
45:00de sa mère
45:00qui voulait en faire
45:01un homme politique
45:02puis c'est quand même
45:02un drôle de gars
45:03parce que
45:03quand il tue par exemple
45:05Jean-François Hilly
45:06ce que disent
45:06ces deux comparses
45:07qu'on peut croire
45:09ils l'ont mis dans une tombe
45:10or les policiers
45:12ne trouveront jamais le corps
45:13ça veut dire que lui
45:14il l'a sans doute déplacé
45:15ah bon
45:16il sera allé chercher le corps
45:18on n'a jamais retrouvé le corps
45:19alors que les deux
45:20savent pertinemment
45:21où ils l'avaient enterré
45:22et effectivement
45:23on ne le retrouvera jamais
45:24donc
45:25donc les policiers
45:26envisagent quand même
45:27qu'il a déplacé lui-même
45:29le corps
45:29c'est étonnant
45:30cette histoire
45:30de filier privé
45:31parce que c'est la dérive
45:32d'un fils de famille
45:34c'est la dérive
45:34d'un fils de famille
45:35qu'on n'a pas vu venir
45:36mais quand même dans une famille
45:36très particulière
45:37oui non mais d'accord
45:38mais tout de même
45:39il y a
45:40cette espèce de jusqu'au boutisme
45:42qui est effrayant
45:43moi c'est quelque chose
45:44que je voulais aborder
45:44dans le fait
45:45d'entrer l'accusé
45:46qu'on ne m'avait pas laissé faire
45:47à l'époque
45:48je voulais aussi aborder
45:49cette idée
45:49d'être tellement attiré
45:50par l'extrême droite
45:51et la violence
45:53et cette opinion politique
45:54qu'est-ce qu'elle voulait dire
45:55dans sa psyché personnelle
45:57le fait
45:57on avait vu comme ça
45:58un doc extra
45:59qui s'appelait la cravate
45:59où c'était un gars
46:00qui était attiré
46:00par le Front National
46:01parce qu'il était complètement
46:03pas du tout sûr de lui
46:04et qu'il voulait
46:06démontrer une virilité forte
46:07etc
46:07bon je ne sais pas
46:08mais il y a sans doute
46:09quelque chose de psychiatrique
46:10qui s'est joué
46:12y compris à mon avis
46:13dans ses choix politiques
46:14Maître Erwan Lemoyne
46:16on l'a un petit peu oublié
46:17cette attente de la bolle
46:18mais sur place
46:19c'est quelque chose
46:20qui est toujours
46:20marquant et prégnant
46:22dans cette ville
46:24que vous connaissez bien
46:25d'ailleurs
46:26c'est effectivement
46:27un événement
46:29qui est toujours marquant
46:31la salle
46:32qui fait l'objet
46:33de cet attentat
46:34porte le nom
46:35en mémoire
46:36de Jacques Leparou
46:38je connais bien sûr
46:39l'ensemble des élus
46:40des agents territoriaux
46:43de la famille
46:44toujours marqué
46:45il y a quelques temps
46:46on a célébré
46:48les 20 ans
46:49de cet assassinat
46:50je pèse le mot
46:51et cet acte
46:53c'est simplement
46:54de se rappeler
46:55que la bombe
46:56était destinée à tuer
46:57qu'elle était conçue
46:58pour tuer
46:59qu'elle n'avait
47:00que cette finalité
47:01et ce n'était pas
47:02un acte d'attentat
47:03symbolique
47:04derrière
47:04il y avait la volonté
47:06d'atteindre à la vie
47:08et de détruire
47:09une vie
47:10et donc
47:11c'est toujours
47:12marqué
47:13dans notre commune
47:15et dans la région
47:15de la presqu'île
47:16de Guéran
47:17Agnès Grosman
47:17un mot sur cette histoire
47:18en quoi elle est
47:20exceptionnelle
47:20elle est étonnante
47:21elle est singulière
47:22parce que c'est un acte fou
47:24qui est commis
47:25par quelqu'un
47:25qui n'est pas fou
47:27j'irais presque
47:27que c'est ça
47:28ce qui est le plus étonnant
47:29et c'est toujours
47:30le plus effrayant
47:30c'est quand même dingue
47:31d'avoir envoyé
47:32un colis piégé
47:33sans se douter
47:34que ce n'était
47:35évidemment pas
47:36Christophe Priou
47:37qui récoltait
47:39les colis
47:39c'était évident
47:40que ce n'était pas lui
47:41bon
47:41et puis en plus
47:42ce n'était même pas
47:43quelque chose
47:44de tentant pour lui
47:45c'est quand même
47:46un acte fou
47:47et puis c'est
47:48toujours quelqu'un
47:48qui est dans son délire
47:49dans sa croyance
47:50c'est un fanatique
47:51d'une certaine façon
47:52c'est un fanatique
47:54et aujourd'hui
47:54ça serait sans doute
47:55le parquet national
47:56des antiterroristes
47:57qui serait chargé
47:59de ce dossier
47:59vous nous l'avez dit
48:01Agnès Grossman
48:03maître Erwan Lemoyne
48:05est-ce qu'on sait
48:05ce qu'il est devenu
48:06Philippe Rivet ?
48:08Il penche sa peine
48:09actuellement
48:09toujours
48:10au centre pénitentiaire
48:12il avait formulé
48:14des demandes
48:14de mise en liberté
48:15nombreuses
48:16dans sa logique
48:17de déni
48:19et aujourd'hui
48:20pour toujours sa peine
48:21vous évoquiez
48:22effectivement
48:22cette dangerosité
48:23à l'approche
48:24éventuellement
48:25d'une mise en liberté
48:26il faudra mesurer
48:27cette dangerosité
48:28et ce potentiel
48:30de récidive
48:31et de déterminer
48:32s'il est apte
48:33à les conditions
48:35d'une mise en liberté
48:36et la famille
48:37effectivement
48:37de Jacques Leparou
48:38sera attentive
48:38comme monsieur Priot
48:40également
48:40des conditions
48:41de sécurité
48:43à cette échéance
48:44Merci beaucoup
48:46maître Erwan Lemoyne
48:47et Agnès Grossman
48:48d'avoir été les invités
48:49de l'heure du crime
48:50Merci à l'équipe
48:51de l'émission
48:52Rédactrice en chef
48:53Justine Vigneault
48:53Préparation Romain Divares
48:55Valentin Bardet
48:56Réalisation en direct
48:58Jonathan Griveaux
48:59Merci à l'émission
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