- il y a 13 heures
C pas si loin propose de décrypter les enjeux contemporains en France et à l'international depuis les Outre-mer. Présenté par Karine Baste, C pas si loin explore le monde depuis les Outre-mer. Cette France des trois océans, au carrefour de frontières et d'influences croisées, répond autrement aux dynamiques économiques, écologiques, géopolitiques et culturelles. Ce magazine propose un regard singulier sur nos enjeux contemporains et la place des territoires ultramarins dans le monde. Année de Production :
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00:04Générique
00:09Bonjour à tous, très heureuse de vous accompagner pour ce nouveau numéro de C'est pas si loin.
00:14Militant écologiste polynésien, Jason Temauiman est notre invité aujourd'hui.
00:19Il vit entre Paris et la Polynésie et de plus en plus présent dans les débats liés aux Outre-mer,
00:24à l'océan ainsi qu'au climat.
00:26Ensemble, nous échangerons donc sur plusieurs thèmes abordés dans votre magazine.
00:31A commencer par cette marche au cours de laquelle nous avions rencontré notre invité.
00:35C'était juste avant la conférence des Nations Unies sur l'océan à Nice en 2025.
00:40Il sensibilisait alors à la vulnérabilité de la Polynésie face au changement climatique.
00:44On verra ce qui a changé depuis.
00:47Par ailleurs, à l'échelle mondiale, très peu de pays font aussi bien que la Polynésie en matière de protection
00:52de nos océans, surpêche, pollution.
00:55Comment le territoire français du Pacifique protège-t-il cette seconde maison ?
01:00On y revient.
01:01Et puis, c'était l'une des thématiques abordées le mois dernier dans « C'est pas si loin ».
01:05La santé mentale, de nouveau une grande cause nationale cette année.
01:08Nous nous sommes intéressés aux jeunes ultramarins via une immersion dans un centre dédié sur l'île de la Réunion.
01:16Bonjour, Jason Temauiman.
01:18Yala, bonjour Karine.
01:18Merci beaucoup d'être venu sur le plateau de « C'est pas si loin ».
01:22Alors, juste avant cette émission, je précise que vous m'avez dit ne pas être à l'aise avec le
01:25vouvoiement.
01:26Oui.
01:26Pour la simple et bonne raison qu'en Polynésie…
01:29Oui, on a tendance à interpréter ça comme une certaine distance.
01:32Donc, moi, je serais plus à l'aise si on se tutoie si ça te va.
01:35Donc, je te tutoie.
01:36Ça m'irait très bien.
01:37Alors, on fait comme ça.
01:38Donc, Jason Temauiman, tu as 29 ans et ton parcours militant est assez récent, vers l'âge de 22 ans,
01:44me semble-t-il.
01:45D'abord révolté par la condition animale, tu es aujourd'hui très mobilisé en faveur du climat.
01:51Ma question, c'est quel a été le déclic de ce militantisme ?
01:54Alors, le déclic, je pense, ça a été d'arriver en Hexagone pour mes études et de découvrir…
02:00J'ai grandi dans une petite île où notre monde est plutôt petit et de me rendre compte que c
02:05'était beaucoup plus grand
02:05et surtout un peu ce qui s'y passait.
02:07J'ai eu un sort de deuil que les choses ne se passaient pas très paisiblement ailleurs, j'avais l
02:11'impression en tout cas,
02:12notamment sur les questions écologiques et de conditions animales.
02:16Et tout ça a connecté assez rapidement au changement climatique.
02:18Ils me rendent compte que ça menaçait extrêmement mon pays et mes proches.
02:21Et c'est là que j'ai commencé un peu à vraiment être assez obsédé par ces questions-là.
02:27Et ce qui fait que j'ai décidé à un moment de me lâcher mes études pour me consacrer à
02:32temps plein sur ces questions.
02:33Effectivement, tu lâches tes études de physique à Strasbourg, me semble-t-il.
02:36Et tu te lances dans l'associatif tout simplement parce que justement, c'est la survie de ton pays.
02:41Tu te rends compte que la survie de ton pays dépend des décisions des principaux responsables de ces crises écologiques.
02:47On est dans l'époque Greta Thunberg.
02:49Oui.
02:49C'est cela ?
02:50Greta Thunberg, il y a eu des missions de Nicolas Hulot aussi au premier mandat d'Emmanuel Macron.
02:54Et c'était aussi le moment où il y a eu beaucoup de marches pour le climat.
02:58Et j'ai un peu commencé par ça.
03:00Et c'est devenu un peu ma marque de fabrique après de marcher, on le verra.
03:04Et oui, et depuis, je fais ça quasiment à temps plein d'essayer de transformer cette indignation en action politique.
03:10Et puis, tu évolues encore.
03:12Tu chemines.
03:12Et aujourd'hui, tu vois une sorte de continuité entre ces questions écologiques et les questions coloniales.
03:18Alors, explique-nous ça un peu.
03:19Oui, alors, j'ai rencontré ces questions assez récemment parce qu'à l'école, on nous apprend le fait nucléaire.
03:26Mais on nous explique à quel point c'est grave et à quel point on s'est un peu fait
03:30avoir par l'État français
03:31qui a beaucoup magouillé pour avoir accès à notre pays pour ces essais-là.
03:36Et en fait, l'idée, c'est de dire que ce qui provoque les crises écologiques,
03:39c'est exactement les mêmes choses qui ont permis la colonisation
03:42et qui permet encore d'avoir des rapports coloniaux, notamment entre mon pays et l'État français.
03:47Et c'est de combattre les deux en même temps, sachant qu'on ne peut pas régler l'un sans
03:52l'autre.
03:53Et c'est aussi avoir ce prisme d'apprendre à critiquer ce qu'on appelle l'habité colonial.
04:00C'est-à-dire que chez moi, aujourd'hui, à Tahiti, en Poïnésie, on ne vit plus comme à l
04:03'époque.
04:04Et cette manière d'habiter nos îles, elle a été amenée, apprise, imposée notamment par la France.
04:11Et l'idée, c'est de s'en défaire pour se reconnecter à ce qui est essentiel et important pour
04:15nous.
04:15Et donc, c'est aussi l'une de tes luttes aujourd'hui.
04:18Et donc, j'en parlais en début d'émission, c'est l'an dernier qu'on a découvert Jason Temaouiman.
04:22C'était alors que se tenait à Nice.
04:24Souvenez-vous, la conférence des Nations Unies sur l'océan.
04:27Notre invité avait alors choisi de marcher durant un mois
04:30pour sensibiliser les Polynésiens à ce rendez-vous.
04:33On va revenir sur ce moment, puis on en discutera ensemble.
04:36Extrait.
04:38Avec le drapeau de Tahiti fièrement accroché à son sac à dos,
04:41Jason Temaouiman marche vers Papete.
04:44Le périple du militant écologiste a commencé il y a plus d'un mois.
04:47Son objectif ? Sensibiliser sur sa route la population de son île en vue de l'UNOC.
04:52Je marche pour rendre visible quelque chose d'important pour moi,
04:55qui est la protection des océans.
04:56Nos principales demandes, elles viennent des associations.
04:58Et en fait, c'est de faire ce qu'on appelle chez nous des rahouis.
05:01Donc c'est en gros des airs marines protégées au large de nos îles.
05:04Ça va être des zones où on va interdire la pêche.
05:07Et l'idée, c'est de préserver, de sanctuariser des airs marines.
05:11Pour appuyer son combat, Jason a mis en ligne une pétition
05:14où il détaille toutes ses revendications.
05:17Elle comptabilise pour le moment près de 1500 signatures.
05:20Il demande notamment l'état d'urgence climatique en Polynésie française.
05:24Il y a une sorte d'injustice du fait qu'on va être très impacté par tout ça.
05:28Je parle des changements climatiques et le fait que les écosystèmes marins s'effondrent,
05:31alors qu'on est assez peu responsables.
05:32Donc j'aimerais qu'on soit entendus aussi sur notre vulnérabilité
05:35et sur le fait que notre vie en dépend vraiment pour les prochaines décennies.
05:42Jason a complété son défi, mais pour lui, le combat est loin d'être fini.
05:47Pour recontextualiser, là, on prépare tout ça pour l'UNOC.
05:49Il y a la délégation polynésienne qui décolle bientôt.
05:51L'idée, c'est de maintenir une pression.
05:53En tout cas, là, on aura fait passer un très grand message.
05:55Merci beaucoup d'avoir été là.
05:56Merci beaucoup d'avoir signé la pétition.
05:57Ça ne s'arrête pas là.
05:58N'hésitez pas à repartager derrière.
06:00On continue de mettre la pression derrière pour avoir ce qu'on veut.
06:03Et ce qu'on veut, il y a beaucoup de gens qui l'attendent depuis très longtemps,
06:05surtout les archivales des Australes et des Marquises.
06:06On se bat pour vraiment un peu beaucoup de gens.
06:08Donc merci beaucoup d'être venus et on continue comme ça.
06:12L'état d'urgence climatique pour la Polynésie, c'est donc notamment ce que tu demandais
06:15dans cette pétition à l'époque.
06:17Qu'est-ce qu'elle a donné ?
06:19Alors cette pétition, on ne saura jamais vraiment ce que ça a donné.
06:22Mais en tout cas, il y a des décisions qui ont été prises par le gouvernement polynésien
06:26de créer cette plus grande aire marine protégée du monde,
06:31qui est un sanctuaire à vraiment féliciter beaucoup.
06:34Et je tiens à dire, ça ne ressort pas forcément dans le reportage,
06:38mais que ces demandes que j'ai portées, c'est vraiment des demandes des associations locales
06:41qu'elles portent depuis presque une décennie pour certaines.
06:44Donc c'est un long cheminement et un long combat de beaucoup de gens inquiets pour leurs îles.
06:48Mon travail, ça a été d'essayer de transférer tout ça en action politique
06:52avec ce grand moment qui était ce sommet des Nations Unies sur les océans.
06:56Et on a eu cette grande annonce qui est incroyable.
07:00Et d'autres annonces de protection de nos océans, on en est plutôt satisfaits,
07:04même si mon travail, c'est d'être un éternel insatisfait
07:07et de dire qu'il reste encore vraiment beaucoup de choses à faire.
07:10Notamment, quand on parle d'océans, il y a la surpêche évidemment,
07:13mais il y a aussi le changement climatique et la pollution plastique
07:15sur lesquels à un moment, il faut se pencher un peu plus sérieusement.
07:18Ça veut dire qu'il faut aller encore plus loin,
07:20qu'il y a nécessairement des choses encore à faire pour protéger notamment le territoire polynésien ?
07:25Oui, il y a encore beaucoup de choses à faire.
07:26Et ce qui est important, c'est de dire que ça ne dépend pas que de nous.
07:29On va prendre les décisions qu'on peut prendre, on va faire du mieux qu'on peut.
07:31Mais notre territoire, notre océan dépend des actions au niveau international
07:35parce que le plastique, il voyage, le changement climatique n'épargne aucun espace
07:39alors qu'il est produit à certains espaces seulement.
07:42Et pareil pour la surpêche, le fait qu'il y ait beaucoup de pêche autour de nos eaux
07:45nous impacte aussi beaucoup.
07:46Donc on a un peu cette posture à avoir au niveau international,
07:48comme on l'a eu à l'UNOC, d'aller un peu inciter les autres pays à faire plus d
07:52'efforts.
07:53Tu précisais que ta démarche n'était pas solitaire mais associative.
07:56Alors je rappelle qu'en Polynésie, il existe une fédération des associations de protection de l'environnement.
08:01qui regroupe une quarantaine d'associations, arrête-moi si je me trompe,
08:04fédération qui est donc le porte-voix des cinq archipels.
08:08Mais moi je me demande, porte-voix auprès de qui en fait ?
08:11Qui sont les interlocuteurs de toutes ces associations à qui tu fais remonter les doléances ?
08:16En notre rôle à la fédération, c'est d'être interlocuteur avec surtout les politiques locales.
08:22Donc nous en Polynésie, c'est peut-être pas clair pour tout le monde, mais on n'est pas un
08:24département,
08:25donc on a un gouvernement local, on a un président, on a une assemblée territoriale et on a des ministres.
08:31Donc l'idée c'est de faire ce pont-là entre de l'indignation des citoyens, citoyennes,
08:36avec ces politiques pour essayer de faire passer des textes, pour améliorer les choses sur le long terme.
08:42Donc on a cet interlocuteur un peu de base.
08:45Et après, moi, chose que j'y tiens, et je venais de le dire, c'est qu'on apprenne aussi
08:49à parler à l'État.
08:51Parce que l'État aussi est responsable de beaucoup de choses, de beaucoup de catastrophes chez nous.
08:55L'État a des responsabilités aujourd'hui que j'estime qu'elle ne prend pas entièrement.
08:58Et aussi au niveau international, comme je disais, encore une fois, il y a une question d'injustice
09:02où on ramasse beaucoup alors qu'on n'est pas beaucoup responsable.
09:05Et cette injustice-là, ça s'apprend à le porter.
09:09Je sais que dans le Pacifique, c'est beaucoup fait, et dans mon pays, on commence à peine.
09:12– Et c'est vrai qu'on parle souvent de Tahiti, et là, on a vu ta mobilisation à Tahiti
09:17l'an dernier,
09:17mais 118 îles composent la Polynésie.
09:21Et certaines populations se font plus insistantes sur ces questions environnementales
09:24parce que peut-être bien plus exposées encore que Tahiti.
09:28Est-ce que tout le monde est entendu ?
09:30Est-ce que tous les archipels polynésiens sont entendus par le gouvernement ?
09:34– Au niveau du gouvernement local, ça va.
09:36– Ça va parce qu'on ne veut pas reproduire ce que, par exemple,
09:41on pourrait reprocher ici en France de tout centraliser sur Paris.
09:44Et nous, il y a un peu cette même dynamique avec Tahiti.
09:47Donc justement, la fédération, elle est là aussi pour essayer de pallier à ça,
09:49pour aller aider des associations qui sont sur des archipels
09:53et des îles extrêmement éloignées.
09:55Parfois, la connexion Internet, ce n'est pas trop ça.
09:56Ils n'ont pas beaucoup la possibilité de se déplacer au niveau des institutions.
09:59Et c'est notre rôle qu'on fait avec nos maigres moyens.
10:02On pourrait faire mieux, justement, de connecter tout ça.
10:05Et c'est extrêmement important parce que quand on parle de la Polynésie dite française,
10:08on ne parle pas que de Tahiti.
10:10On parle vraiment d'écosystèmes différents, de populations différentes.
10:13On a même nos spécificités culturelles et nos langues et nos dialogues
10:17entre les archipels.
10:19Et c'est important qu'on ne reproduise pas ce qu'a pu faire l'État français
10:25en centralisant l'identité polynésienne à seulement l'identité tahitienne.
10:29– Cinq archipels, 118 îles.
10:31Et c'est donc un territoire qui a pris des engagements impressionnants
10:35en matière de protection maritime.
10:36La Polynésie a d'ailleurs une ambition en ce sens parmi les plus fortes au monde.
10:41Plus de 12 millions d'euros mobilisés d'ici à 2027
10:44pour renforcer ses aires marines protégées.
10:47Extrait.
10:48– En Polynésie, la préservation des fonds marins est avant tout
10:52une tradition ancestrale et sacrée, le raoui.
10:56Une mise en jachère maritime qui interdit la pêche sur certaines zones
11:00pour laisser les ressources régénérer.
11:03À Théaupo, sur la presqu'île de Tahiti,
11:06ce raoui est en place depuis 10 ans.
11:08Peva en est l'un des gardiens.
11:09– Dès qu'on a installé ce raoui,
11:13les effets se sont fait sentir,
11:15il faut dire, à peu près deux ans après,
11:17on a commencé à voir que le poisson y revenait,
11:19qu'il y en avait de plus en plus de gros,
11:21surtout de gros,
11:22alors qu'avant, il n'y avait plus de gros poissons.
11:27– Il y a un certain moment où il y a saturation du raoui,
11:30de la réserve,
11:31les poissons, ils sortent,
11:32et bien les gens sont super contents
11:34parce que même à 10 km du raoui,
11:36on trouve maintenant du poisson,
11:38des gros poissons et tout.
11:39Les gens sont vraiment contents.
11:43Ils voient que le raoui,
11:44c'est vraiment quelque chose de bien,
11:45qu'il fallait le faire.
11:47– Mais cet équilibre reste fragile.
11:50Faute de moyens de surveillance suffisants,
11:52la zone est régulièrement menacée
11:54par des pêcheurs illégaux.
11:57– C'est loin de tout,
11:57on est vraiment loin du village,
11:59on est à 10 km du village.
12:01Et bon, heureusement que dans le comité de suivi
12:03et de gestion du raoui d'ici,
12:05on a quelques personnes qui habitent par ici,
12:08donc eux, ils surveillent la nuit.
12:10C'est surtout la nuit qu'il y a les braconniers
12:12qui arrivent un peu de partout.
12:14Bon, s'il y a des braconniers
12:16qui viennent braconner à l'intérieur,
12:18c'est un peu malheureux, quoi.
12:19C'est dommage, dommage,
12:21parce qu'on essaie quand même
12:23de garder cet endroit comme un sanctuaire.
12:25– Je parlais de la très forte ambition
12:30de la Polynésie en matière de protection des océans.
12:33Est-ce que le constat que tu fais sur le terrain
12:35est fidèle à ce que l'on a montré dans ce reportage ?
12:38– Oui, il est fidèle dans le sens
12:40où on a des écustèmes qui sont plutôt fragilisés.
12:43Moi, j'ai 29 ans, à l'échelle de ma vie,
12:45j'ai déjà vu énormément de différences.
12:48La quantité de poissons, la taille des poissons,
12:51la quantité de couleurs aussi au niveau des coraux.
12:53Moi, quand on était petits, on nous apprenait
12:54qu'il y avait beaucoup de coraux,
12:56il ne fallait pas les toucher, ça pouvait être dangereux.
12:57Aujourd'hui, en tout cas, sur Taitis,
12:59ce n'est même plus la peine de le faire
13:00parce qu'ils sont quasiment tous morts.
13:02– En tout cas, dans les sites très fréquentés en Polynésie.
13:05Donc oui, à mon échelle,
13:07les choses ont beaucoup changé.
13:08Il y a énormément de quoi s'inquiéter.
13:10Et nos pêcheurs, notamment la gonère,
13:13sont aussi extrêmement inquiets.
13:14À chaque fois qu'on leur parle,
13:15ils nous disent la même chose.
13:16On voit moins de poissons, ils sont de plus en plus petits.
13:18Sur les bords de route, on les voit,
13:20on vend de plus en plus petits.
13:21Et la situation est vraiment très alarmante.
13:25Mais cette histoire de Rahoui,
13:27elle est là aussi pour nous proposer une solution
13:30que les Polynésiens mettent en place depuis des millénaires,
13:32qui est juste une question de…
13:34– De bon sens.
13:36– De bon sens et d'intelligence de la gestion de son environnement,
13:38de se dire, les poissons,
13:40il faut leur laisser le temps de se reproduire.
13:41Donc il faut soit laisser des endroits où on les laisse tranquilles,
13:44soit les laisser tranquilles une partie de l'année.
13:46Un peu comme le jachère, ici, qu'on voit en Hexagone.
13:49C'est vraiment une logique plutôt de base et plutôt simple.
13:52Et l'idée, c'est de le remettre en place.
13:54Parce qu'en fait, ce qui est fou,
13:55c'est que ces écosystèmes-là,
13:57quand on les laisse tranquilles,
13:59en fait, ça se régénère comme plutôt rapidement.
14:00Et ça, c'est un grand espoir pour toute l'humanité,
14:02pour de se dire que, bon, on a fait des bêtises
14:04pendant pas mal de décennies, là,
14:06vraiment, on a plutôt merdé.
14:08Mais si on laisse tout ça respirer,
14:10ça pourrait revenir à des états, on va dire, satisfaisants.
14:12Parce que la nature, c'est exactement ce qu'elle a à faire,
14:15de façon évidente.
14:15Alors une fois qu'on a mis la surpêche,
14:17qu'on a géré un peu la surpêche avec ce raoui,
14:19quid du tourisme ?
14:20Il y a aussi l'impact du tourisme sur le territoire polynésien,
14:23sauf que c'est un territoire qui a besoin aussi
14:25de cette manne économique.
14:27Alors est-ce que là aussi, il y a quelque chose à gérer, à adapter ?
14:30Oui, alors le tourisme, c'est une grande question,
14:33parce qu'effectivement, c'est aujourd'hui un pied économique
14:35pour la Polynésie.
14:36Je pense plutôt personnellement que c'est un pilier,
14:39parce qu'on a voulu que ce soit un pilier,
14:41et que si on met les politiques en place,
14:42ça pourrait ne plus l'être, ou beaucoup moins l'être.
14:45Et s'appuyer sur quoi alors ?
14:47Peut-être que vous avez une idée ?
14:49Je pense que le secteur primaire, c'est plutôt essentiel pour nous,
14:51parce qu'en fait, à l'époque de l'installation du CEP,
14:54du Centre d'expérimentation du Pacifique pour les essais nucléaires,
14:56il y a eu une migration de tout le secteur primaire
14:58vers le CEP, et ensuite vers le tourisme.
15:01Donc en fait, il y a eu ce dont je parlais,
15:03de ces transformations sociétales qu'on a un peu subies,
15:05et en fait, aujourd'hui, on ne produit pas assez de nourriture
15:08pour nous-mêmes et on en importe beaucoup, par exemple.
15:10Donc on pourrait relocaliser ça à ces endroits-là.
15:13Après, je comprends qu'on soit attaché à cette image de terre d'accueil,
15:16j'y suis aussi extrêmement attaché.
15:18Après, le tourisme, aujourd'hui, c'est un prix
15:20qu'on ne peut plus payer,
15:22et il faut que ce soit une discussion beaucoup plus grande,
15:24autant pour les gens, principalement des hexagonaux,
15:26qui viennent chez nous,
15:27qu'au niveau des politiques locales en Polynésie.
15:29Donc, grand sujet que j'ai hâte qu'on aborde un peu plus.
15:32Vous disiez qu'avec votre association et toutes les autres,
15:34d'ailleurs, tu disais, pardon,
15:35ce n'est pas spontané pour moi de titoyer,
15:38qu'avec les autres associations,
15:41tu sillones finalement les archipels polynésiens
15:42pour faire entendre la voix de tous.
15:44Quelle coopération avec les autres territoires du Pacifique ?
15:48Beaucoup de coopération.
15:50En fait, nos premiers frères et sœurs,
15:52ça reste les gens du Pacifique.
15:53C'est pour une bonne partie un seul et même peuple
15:56qui a été découpé par la colonisation.
15:58Donc, on fait un travail de reconnexion
16:00avec ces communautés-là,
16:02qui sont vraiment très proches de nous, au final.
16:04Et c'est des communautés qui ont voyagé sur l'océan,
16:07qui habitent des îles.
16:07Donc, on partage vraiment les mêmes enjeux,
16:10les mêmes ambitions à protéger nos îles et notre océan.
16:13Donc, on a beaucoup de coopération sur ces questions-là,
16:15de comment protéger les baleines, les tortues et nos îles.
16:19Allez, on en vient au dernier thème de la semaine,
16:22Outre-mer, 4 jeunes sur 10,
16:25entre 15 et 29 ans, souffrent de dépression.
16:29Guyane, Mayotte, Réunion.
16:30Presque aucun territoire n'y échappe.
16:32Et nous avons passé 24 heures dans une structure
16:34leur étant entièrement dédiée sur l'île de la Réunion.
16:37Voyez un extrait de notre reportage.
16:40Aujourd'hui, ce qu'on va faire,
16:41c'est que je vais quand même venir remobiliser un petit peu le corps
16:44pour voir un petit peu comment ça se passe aujourd'hui.
16:48Et ensuite, on fera une autre relaxation
16:49qui consiste à contracter certaines parties de ton corps
16:53et les relâcher par la suite.
16:55Donc, je peux commencer par fermer les yeux ou les garder ouverts.
16:58« Ça, c'est toi qui gères, comme d'habitude. »
17:01De les emmener dans cet espace-là,
17:03déjà, vraiment juste l'environnement,
17:05avec des lumières qui sont plutôt douces,
17:07beaucoup moins de bruit,
17:09tout ça fait que ça apaise.
17:12Passer par le corps,
17:13ça permet déjà de sécuriser l'enfant
17:15pour après avoir accès à autre chose.
17:18Âgé de 11 à 18 ans,
17:20chaque jeune a sa ou ses propres pathologies,
17:22sa propre histoire.
17:24Mais que ce soit grâce aux activités,
17:26au calme ou au suivi médical,
17:28tous trouvent leur place dans ce cocon.
17:30« Je me sens heureuse.
17:32J'ai tout ici.
17:33J'ai un lit à manger,
17:35j'ai un toit à manger,
17:37des activités.
17:38On peut jouer,
17:40on écoute la musique.
17:42C'est pas ça.
17:43C'est pas dans tous les hôpitaux que c'est ça.
17:45Je me sens épanoui.
17:49Je suis hyperactif,
17:51je suis énervé des fois,
17:52du coup, on me ramène ici pour me calmer un peu.
17:55Tu peux en parler avec des assistants sociaux,
17:58des infirmières,
17:59si tu vas pas bien.
18:00Ou tu peux te défouler,
18:02si t'es énervé dans la boxe,
18:04dans le basket,
18:05tu peux faire du sport pour te défouler.
18:09La psychiatrie au sens maladie du terme,
18:12c'est 10-20% de nos patients.
18:14Mais la plupart,
18:14je dirais,
18:16presque 80%,
18:17ce sont pour des troubles de l'attachement.
18:19C'est-à-dire,
18:19c'est des histoires familiales difficiles
18:21qu'ils ont vécues,
18:22des familles monoparentales
18:23ou de la violence
18:24ou parfois même de la maltraitance.
18:28Donc,
18:28ils sont pas malades en tant que tels.
18:30Là,
18:31ce qu'ils font,
18:31c'est que tu sois bien,
18:32tranquille,
18:32bien calme,
18:33dans ton corps et dans ta tête.
18:34OK.
18:36Allez,
18:36bonne soirée.
18:37Merci à vous aussi.
18:38La santé mentale,
18:39une problématique évidemment sans frontières.
18:41En Europe,
18:42un enfant ou adolescent sur sept
18:43souffre également de troubles mentaux.
18:46Est-ce que tu as déjà été,
18:47directement ou indirectement,
18:49confronté à un problème de santé mentale
18:51dans ton entourage ?
18:54Oui,
18:55peut-être pas de ce qu'on pourrait vraiment
18:56appeler des maladies,
18:58mais ça commence à être un sujet
19:00forcément en Polynésie.
19:02Et moi,
19:04ce qui est important,
19:05c'est qu'effectivement,
19:06on prenne soin de ces personnes-là
19:08et qu'on considère un peu plus
19:09le mal-être que ça doit être.
19:10Et je pense tout particulièrement
19:11dans des territoires comme les nôtres
19:13où on a subi des traumatismes,
19:15on a subi aussi beaucoup de pollution,
19:18je pense notamment au chlordécone
19:19ou à certains pesticides
19:20qui peuvent amener à ce genre de maladies.
19:23Donc je pense qu'il y a une attention particulière
19:24à avoir envers ces territoires
19:26dits d'outre-mer
19:26pour justement prendre soin
19:28notamment de nos jeunes.
19:29En Polynésie, tout particulièrement,
19:31il y a un plan de prévention
19:33qui débute cette année, 2026,
19:35et qui va s'étaler jusqu'à 2036
19:36et qui acte la santé mentale
19:38comme un axe majeur.
19:40Au-delà des promesses,
19:41est-ce que tu as le sentiment,
19:42avec la réalité polynésienne que tu connais,
19:45est-ce que tu as le sentiment
19:46que cette réalité souvent invisible
19:48est réellement prise en compte
19:49par les politiques publiques ?
19:52Là, j'aurais du mal à le dire.
19:54En tout cas, ce que je peux dire,
19:55c'est que moi,
19:56je vois une intention assez claire
19:57de s'y pencher
19:58et je ne peux que la saluer.
20:01Et pour moi,
20:01c'est vraiment prendre en compte
20:04que...
20:04Alors, je commence à quitter
20:06cette catégorie des jeunes,
20:07mais en tout cas,
20:08notre génération,
20:09on a vraiment grandi
20:09dans un monde
20:10qui a changé extrêmement vite.
20:12On a beaucoup d'inquiétude
20:13pour notre maison
20:14qu'on voit littéralement
20:15se déliter sous nos yeux
20:16pour certains, certaines.
20:17et aussi l'actualité internationale,
20:19ce genre de choses
20:20qui créent vraiment
20:21beaucoup d'inquiétude.
20:22Et aussi, voilà,
20:23on a...
20:24Je pense que dans
20:25tous les Outre-mer,
20:26c'est partagé.
20:26On est beaucoup à vivre
20:28ce qu'on peut appeler
20:28des crises identitaires,
20:29du fait qu'on est français,
20:31pas français,
20:31on est haïtien, pas haïtien.
20:33Il y a eu du métissage
20:34qui est passé par là.
20:35Et toutes ces questions-là,
20:36je sais qu'on en parle beaucoup
20:37avec mes amis d'enfance,
20:39que c'est des sujets
20:41qui ne sont pas assez abordés
20:44et que, globalement,
20:46je trouve qu'on laisse passer
20:47d'espaces politiques
20:48et de discussions
20:49à la jeunesse
20:50à peu près partout.
20:51Et je pense que c'est des sujets
20:52qu'on aimerait
20:52beaucoup plus discuter.
20:53Des sujets, à ton sens,
20:54peu abordés,
20:55mais aussi une réalité taboue,
20:57tout simplement,
20:57la santé mentale.
20:58Partout, Outre-mer,
20:59on ne parle pas trop
21:00de sa santé mentale,
21:01on ne va pas naturellement
21:02voir un psy.
21:03Est-ce que c'est aussi
21:04quelque chose que tu constates
21:05en Polynésie ?
21:06En tout cas, moi,
21:07dans mon entourage,
21:08on n'est pas beaucoup
21:08à aller en voir.
21:10Oui, voilà.
21:10J'en connais très peu.
21:11Mais même, on n'en parle pas.
21:12Oui, même,
21:12on n'en parle pas tant que ça.
21:14Il n'y a pas cette culture-là.
21:15Après, moi,
21:16je me suis toujours dit
21:17que cette réponse
21:18à ces mal-êtres-là,
21:19de base,
21:20on a des pistes
21:23pour y faire face.
21:24C'est la communauté.
21:25On a de base
21:26des cercles familiaux
21:27et une communauté
21:28extrêmement présente
21:29pour les uns et les autres.
21:31Et malheureusement,
21:32j'ai l'impression
21:32qu'il y a une sorte
21:33de modification de ça aussi
21:34où les coquins familiaux
21:36sont beaucoup plus éclatés
21:37où on vit beaucoup moins
21:39en communauté.
21:40Ça dépend des îles.
21:41Mais en tout cas,
21:42il y a cette communauté-là
21:44qui peut-être aujourd'hui
21:45arrive un peu moins
21:46à répondre à ces questions-là.
21:47Et c'est là,
21:48encore une fois,
21:48que les politiques publiques
21:49doivent intervenir
21:50pour justement
21:51s'approprier autant
21:52la santé mentale
21:53qu'une manière
21:54d'y répondre
21:55un peu à notre sauce à nous.
21:58Et voilà,
21:59voir un peu ce que ça donne,
22:00y aller un peu à tâtons.
22:01Mais en tout cas,
22:01il faut que ce soit un sujet.
22:02Donc, tu nous dis
22:03que cette solidarité familiale
22:04qui est finalement le socle
22:05de beaucoup de territoires
22:06ultramarins
22:06et comme en Polynésie,
22:08c'est quelque chose
22:08qui tend à disparaître.
22:10C'est ça.
22:11En tout cas, clairement,
22:12en tout cas sur Tahiti,
22:13c'est là où je peux
22:13le témoigner le plus
22:14parce que c'est là où je vis.
22:16Oui,
22:17on voit de plus en plus
22:18les gens de ma génération,
22:19on quitte le foyer familial
22:21de plus en plus tôt.
22:22Sans revenir.
22:22Sans forcément revenir
22:23ou revenir qu'en galère.
22:26Mais alors qu'à la base,
22:27on y reste beaucoup plus longtemps.
22:29Et c'est devenu un signe de précarité
22:31d'être à beaucoup dans une maison
22:33alors que c'est un modèle de base
22:35où en fait,
22:36on reste proche,
22:36par exemple,
22:37de nos grands-parents
22:37pour nous en occuper.
22:38C'est beaucoup nos grands-parents
22:39qui vont souvent nous élever aussi
22:42pendant que les parents
22:43sont au travail
22:43et ce genre de choses.
22:44Ça, je l'ai connu un petit peu
22:45quand j'étais jeune
22:46mais je sais que ça...
22:48Je ne sais pas si ça disparaît
22:49mais en tout cas,
22:50j'ai l'impression
22:50de moins le voir
22:51et je pense qu'on n'y voit pas
22:53assez les bénéfices
22:54pour notre société
22:55d'avoir ces espaces-là
22:56où en fait,
22:57juste on est proche
22:58et on vit avec les uns les autres.
22:59On discute souvent avec nos invités
23:01de cette réalité
23:01et comme quoi,
23:02ce n'est pas si loin
23:03du Pacifique à l'Atlantique,
23:05partout,
23:05cette même réalité.
23:06Allez,
23:06on va terminer avec ta photo du jour.
23:08Elle va s'afficher,
23:09on la découvre ensemble.
23:11De quoi s'agit-il ?
23:13Alors là,
23:14cette photo,
23:14c'est une photo
23:16des essais nucléaires.
23:18Je prends toutes les occasions possibles
23:20pour en parler
23:20parce que c'est extrêmement important
23:21pour moi et les miens.
23:23Si je suis ici à Paris,
23:24c'est pour parler
23:25de la voix de mon peuple
23:27et c'est une chose
23:28que beaucoup d'entre nous nous portons
23:29dont nous sommes énormément
23:31à être traumatisés
23:31et nous continuons aujourd'hui
23:33de mourir des essais nucléaires.
23:34Entre les années 1966 et 1996,
23:37il y a eu 193 essais nucléaires
23:39qui se sont faits du coup en Polynésie
23:42et ces essais-là,
23:43ils ont eu des conséquences
23:44sur ce peuple,
23:44autant sur la transformation
23:45de la société
23:46mais beaucoup plus concrètement
23:47sur le fait
23:48que ça nous a empoisonnés.
23:50Moi, dans ma famille,
23:51j'ai deux personnes
23:51qui ont des maladies radioinduites
23:53et qui sont extrêmement malades
23:57mais heureusement
23:57qui n'en meurent pas,
23:59on va dire,
24:00mais j'ai des proches
24:00qui, dans leur famille,
24:01des gens en sont morts
24:02et ça a créé vraiment
24:03beaucoup de ressentiment
24:07aussi envers l'État,
24:07chose qui n'est pas forcément bonne
24:09parce que notamment,
24:11un peu à raison,
24:12l'État n'a aujourd'hui
24:13pas réparé ces essais nucléaires-là.
24:17Et c'est important de le redire,
24:18ce n'est pas terminé.
24:19Moi, je suis né en avril 1996,
24:21c'est-à-dire trois mois
24:22après la dernière bombe,
24:23donc je ne suis pas
24:24ce qu'on appelle
24:24un enfant de la bombe,
24:26mais quand j'ai croisé
24:27toutes ces informations-là,
24:28j'ai vraiment ressenti
24:29une très forte indignation
24:30pour mon peuple
24:31et un très gros sentiment
24:32d'injustice.
24:33Aujourd'hui,
24:34nos malades,
24:34qui ont des maladies radioinduites,
24:36donc très supposées,
24:37impliquées par les essais nucléaires,
24:39c'est nous-mêmes
24:40qui les soignons
24:41et l'État paye après
24:43si jamais ils veulent bien.
24:44Et aujourd'hui,
24:45il y a un sort d'endettement
24:46assez grand,
24:47l'État n'a pas fini
24:48de rembourser,
24:49on parle de centaines
24:50de millions d'euros
24:51qu'on a avancés
24:52pour soigner nos malades
24:53et je tiens à le dire
24:55que c'est encore d'actualité
24:56qu'il y a un front de lutte
24:57qui fonctionne bien
24:58avec notamment
24:59nos députés
24:59à l'Assemblée nationale
25:00pour faire avancer tout ça.
25:01Tu dis notamment
25:02être à Paris
25:03pour cette raison,
25:04de quelle façon
25:04est-ce que tu portes
25:05ce sujet ici ?
25:07Peut-être auprès
25:07d'instances politiques,
25:08de quelle façon
25:08est-ce que tu le portes ?
25:09Déjà,
25:10dès que j'ai de l'espace public,
25:11j'en parle.
25:13Et après,
25:14j'essaye de lier ça
25:15justement
25:15aux questions écologiques.
25:17J'essaye de faire
25:18ce travail de pensée,
25:19de dire
25:20ce qui a permis
25:21la France
25:22et aussi
25:23d'autres grands États
25:24de le faire
25:25dans le Pacifique
25:25puisque nos voisins
25:26ont aussi beaucoup souffert,
25:28c'est cette logique
25:29un peu coloniale
25:30de dire
25:30ok,
25:30ces gens valent moins.
25:31Merci infiniment
25:32d'être venu sur notre plateau
25:33de Jason Tema Ouiman.
25:34Merci à vous
25:34d'être fidèles
25:35à C'est pas si loin,
25:36émission que vous pouvez
25:37évidemment retrouver
25:37sur la plateforme
25:38france.tv
25:39ainsi qu'en podcast
25:40sur toutes les plateformes audio.
25:41Très belle fin de journée
25:42et très bon week-end
25:43sur France Télévisions.
25:44À la semaine prochaine.
25:45Même lieu, même heure.
25:49Sous-titrage Société Radio-Canada
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