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Pourquoi la France a-t-elle des taux de cancer les plus élevés au monde ? Depuis 1990 les signaux d'alerte se multiplient, touchant une tranche d'âge de plus en plus jeune. Le nombre de nouveaux cas de cancer d'apparition précoce a bondi dans le monde de près de 80% en moins de 30 ans. En France, 400 000 nouveaux cas de cancer surviennent chaque année. Comment l'expliquer ? Que fait-on pour endiguer l'épidémie de cancers précoces survenant chez les moins de 50 ans ? En France, médecins et chercheurs se mobilisent. Au Parlement, la sénatrice centriste du Calvados Sonia de la Provôté a rédigé une proposition de loi pour créer un registre national des cancers. Adoptée à l'unanimité par les sénateurs en juin 2023, la proposition de loi a été définitivement adoptée, deux ans plus tard par les députés. L'objectif : mieux recenser les cancers. Année de Production :

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00:19Je m'appelle Solène, j'ai 28 ans et j'ai eu un cancer du sein quand j'avais 23
00:24ans, donc en 2021.
00:27La première étape, ça a été l'opération. C'était une tumorectomie, donc ça veut dire qu'on m'a
00:31retiré uniquement la partie malade du sein.
00:35Je prends un médicament en même temps que mon petit déjeuner, c'est de l'hormonothérapie, pour limiter les risques
00:40de récidus.
00:42Bonjour !
00:44Au quotidien, ça a quand même pas mal d'effets secondaires, donc on apprend à vivre avec certains, d'autres
00:50les subissent plus qu'on vit avec.
00:53Mais effectivement, il y a pas mal d'effets secondaires qui touchent à... ça va être des bouffées de chaleur,
00:59ça va être des crampes, ça va être une peau très sèche, prise de poids.
01:04Merci beaucoup !
01:04Merci beaucoup ! Bonne journée !
01:09C'est un traitement qui est prescrit entre 5 et 10 ans. J'en suis à 4 ans, donc normalement,
01:13il ne me reste qu'un an.
01:15Et oui, j'ai très très très hâte que ce soit terminé. J'ai prévu de faire une grosse fête
01:19quand tout ça se termine.
01:32Longtemps considéré comme une maladie de l'âge mûr, le cancer touche désormais des patients de plus en plus jeunes.
01:39Ça devient un réflexe. Après, c'est vrai que parfois je me dis, tiens, est-ce que je l'ai
01:42pris, est-ce que je ne l'ai pas pris ?
01:43Ça m'arrive des fois de ne plus trop savoir. Et puis, je n'ai pas encore passé le cap
01:47d'acheter un pilulier. Je me dis, non, je suis trop jeune.
01:56J'ai découvert mon cancer vraiment totalement par hasard. Je venais de finir mes études. J'étais de retour chez
02:04mes parents en Bretagne.
02:06Et puis, comme je cherchais mon premier emploi, je passais beaucoup de temps sur Instagram.
02:10Et un jour, je suis tombée sur un tuto qui expliquait comment se palper la poitrine.
02:16Et puis, je me suis dit, c'est un truc de grand-mère. Pourquoi je vois ça ? Ça ne
02:20me concerne pas.
02:21Et puis, je me suis vraiment sentie ridicule en faisant les gestes jusqu'au moment où j'ai senti une
02:26boule bien dure dans mon sein.
02:28Donc là, panique à bord, j'ai été voir ma maman qui m'a dit, oui, moi, je n'ai
02:32pas ça, etc.
02:33Donc, j'ai pris rendez-vous chez mon médecin traitant trois jours plus tard.
02:38Et donc, lui, il m'a prescrit une échographie en me disant, de toute façon, vous êtes jeune.
02:43Une mammo à votre âge, on ne verra rien.
02:45Et puis, lors du rendez-vous, on me fait l'échographie.
02:50Puis, on me dit, vous allez faire une mammographie.
02:52Donc, déjà, je me suis dit, tiens, le médecin, il m'a dit qu'on ne verra rien. Étrange.
02:55Puis, finalement, deux jours plus tard, la biopsie a eu lieu.
02:58La biopsie, je ne savais même pas que c'était un examen qui servait à valider ou non un cancer.
03:06Et là, le médecin traitant m'a expliqué, avec des termes médicaux que je n'ai pas compris,
03:12que j'avais un carcinome canalaire, un filtrant, deux grades, je ne sais plus combien.
03:17Que des termes qui m'étaient inconnus, donc je ne les ai pas vraiment retenus sur le moment.
03:21Et puis, finalement, au moment de partir, je lui demande quelle va être la suite après l'opération.
03:26Est-ce qu'il y a autre chose ? Est-ce que c'est terminé ?
03:29Et puis là, il m'a dit, non, après, il y aura sûrement de la radiothérapie, sûrement de l'hormonothérapie
03:33et peut-être de la chimiothérapie.
03:35Et en fait, c'est le mot chimiothérapie qui m'a fait comprendre que j'avais un cancer.
03:38Mais sinon, personne ne me l'avait dit.
03:42Sportive, non fumeuse et sans antécédents familiaux, rien ne prédestinait Solène à être atteinte d'un cancer.
03:49Quand on a 23 ans, on a un peu l'impression que notre vie démarre et en fait, elle s
03:53'arrête déjà alors qu'on est confronté à la mort quand même.
03:56Donc, ouais, ça fait se poser beaucoup de questions et on ne le vit certainement pas de la même façon
04:02quand on a 20 ans que quand on en a 75.
04:04Je me suis vraiment interrogée sur le... Est-ce que c'est des choses que j'ai pu respirer ?
04:10Est-ce que c'est des choses que j'ai pu manger ?
04:12Est-ce que c'est un cocktail de plein de choses ? Est-ce que c'est parce qu'il
04:17y a telle usine proche de là où j'ai grandi et du coup, ça a pu avoir un impact
04:21?
04:22Oui, après, je pense que je vais me faire 50 000 scénarios, mais pour l'instant, je n'aurai jamais
04:26la réponse.
04:33Première cause de mortalité en France, le nombre de nouveaux cas de cancer d'apparition précoce a bondi de près
04:40de 80% en 30 ans.
04:42Certains médecins évoquent même un tsunami à venir chez les patients de moins de 50 ans.
04:49Pour mieux comprendre si cette augmentation est due à des diagnostics plus précoces ou s'il y a une épidémie
04:55réelle,
04:56la sénatrice Sonia de la Provoté a rédigé une proposition de loi pour créer un registre national des cancers.
05:02Cette proposition de loi est l'aboutissement de plusieurs années d'engagement et d'échange pour confirmer l'utilité d
05:09'un tel registre.
05:12Adopté à l'unanimité, ce registre national des cancers va désormais recenser tous les cas qui surviennent en France de
05:19façon exhaustive.
05:21Il y a des registres locaux qui existent, comme dans le département du Calvados,
05:26on a un registre des cancers digestifs et un registre des cancers généralistes.
05:31Et donc ça couvre à peu près entre 20 et 24% de la population française.
05:36Tout le reste n'est que de l'extrapolation, avec des données numériques qu'on arrive à recueillir par-ci
05:42par-là,
05:43qui sont partielles, partiales, parcellaires.
05:45C'est quand même dommage de ne pas tout avoir, alors qu'on pourrait peut-être, avec un registre en
05:50tout cas, avoir ces certitudes.
05:53Jusqu'à présent, une trentaine de registres locaux existaient.
05:57Mais ils étaient incomplets et ne couvraient qu'un quart de la population française.
06:03En fournissant une base de données fiable, la création d'un registre national permettra d'améliorer la connaissance sur le
06:09cancer,
06:10son dépistage et sa prise en charge.
06:13Moi aussi.
06:16Soutenue par les collectifs de patients, la sénatrice reçoit Solène, membre de l'association Jeûne et Rose,
06:21qui lutte contre les cancers du sein précoce.
06:24Pour ces patientes, la création du registre national des cancers est essentielle.
06:30C'est hyper précieux, parce que ça a des conséquences énormes.
06:35À chaque fois, on reviendra pas en arrière.
06:38Voilà, c'est ça.
06:39C'est vraiment hyper important, c'est essentiel, on en a besoin.
06:43Nous, au départ, on se questionnait depuis très longtemps sur les chiffres, sur cette augmentation chez les jeunes qu'on
06:48observait quand même quotidiennement.
06:51La santé environnementale, l'exposition aux perturbateurs endocriniens.
06:55C'est à tous ces sujets-là, face au registre.
06:58Voilà.
06:59Face à l'inquiétude des associations de patients, la sénatrice espère que le registre pourra faire émerger des explications sur
07:06la hausse de certains cancers.
07:08Pour des cancers rares, des cancers émergents, comme par exemple les cancers du pancréas, on a l'émergence aussi de
07:14certains cancers du cerveau.
07:17On se pose des questions sur certaines hémopathies.
07:21Tous ces sujets-là, on voit bien, on a besoin d'être adossés à la vérité des chiffres.
07:27On a des territoires ruraux, on parle de l'exposition aux pesticides, qui ne sont pas du tout couverts.
07:31Donc on ne sait pas, on ne sait pas, on imagine, on se dit oui, effectivement, on voit qu'il
07:36y a pas mal de cancers traités, mais on n'a pas la vérité.
07:38Et puis on a des territoires urbains, où il y a les expositions environnementales, on le sait, les pollutions, etc.
07:46Où il y a des pratiques de sétentarité, l'urbain est lié à ça.
07:51Et pour le coup, on ne peut pas non plus les regarder, parce qu'on n'a pas la vérité
07:54des chiffres également.
07:58Devant l'explosion des cancers digestifs chez les jeunes, les médecins s'interrogent.
08:04À Bayonne, au centre hospitalier de la Côte-Basque, le docteur Mathias Brugel voit depuis quelques années une hausse du
08:11nombre de ses patients atteints du cancer du pancréas.
08:16On dénombre environ 16 000 nouveaux cas de cancers par an en France de cancers du pancréas.
08:22Donc, on a noté ces dernières années une franche augmentation du nombre de cas de cancers.
08:30Entre les années 90 et les années 2020-2023, d'après le dernier rapport de Santé publique France,
08:36on note un doublement du nombre de cas de cancers chez l'homme et un triplement du nombre de cas
08:42de cancers chez la femme.
08:43Le cancer du pancréas progresse, mais les facteurs de risque avérés, comme le tabac et l'alcool,
08:48ne suffisent pas, selon le docteur Brugel, à expliquer son augmentation.
08:53Il y avait une jaunisse quand il est arrivé.
08:55C'est ça, il est arrivé avec un noctaire assez franc.
08:58On a fait un scanner qui découvrait qu'il y avait une lésion du pancréas.
09:01On constate des patients qui n'ont pas de facteur de risque particulier.
09:05Alors, il y a l'hypothèse, bien sûr, de la malchance.
09:08On sait que le cancer, c'est une maladie de l'ADN et que, lors de la réplication d'une
09:12cellule,
09:12il peut y avoir des erreurs de l'ADN qui engendrent une anomalie, puis un cancer.
09:18Néanmoins, je pense qu'il est nécessaire d'investiguer d'autres causes que simplement la malchance
09:23et de se cacher derrière la malchance pour essayer d'expliquer ces nouveaux cas de cancer.
09:27Donc, s'intéresser à l'exposition environnementale de ces patients-là me paraît absolument indispensable.
09:34Médecin, mais aussi chercheur, Mathias Brugel a mené une étude
09:38pour mieux comprendre les liens entre pesticides et cancers du pancréas.
09:42On a essayé d'apporter une nouvelle pierre à l'édifice en dosant les pesticides
09:47dans la Grèce de patients atteints de cancer du pancréas
09:50et en comparant cette quantité de pesticides dans la Grèce avec des patients dits témoins.
09:55Il y a plus de risque de développer un cancer du pancréas
09:59quand on a plus de pesticides dans la Grèce.
10:02On a du mal à comprendre pourquoi il y a certaines anomalies épidémiologiques
10:05qui s'appliquent à la France et qui ne s'appliquent pas à d'autres pays
10:09qui ont un niveau de consommation similaire ou comparable,
10:12un niveau de richesse qui est comparable.
10:14Et ça, pour l'instant, ça reste mal compris.
10:21Souvent détecté à un stade avancé,
10:23le cancer du pancréas est en passe de devenir la deuxième cause de mortalité par cancer en France.
10:31Aujourd'hui en rémission, Yann a récemment repris le travail à mi-temps,
10:35après 7 ans passés à faire des allers-retours à l'hôpital.
10:44Désormais sorti d'affaires, Yann participe à une étude menée par la start-up Cure 51
10:50visant à percer le mystère des survivants du cancer.
10:56En France et ailleurs, que ce soit dans les pays de l'OCDE ou les pays émergents,
10:59le taux d'incidence du cancer y progresse.
11:01Et ça a longtemps été une maladie de vieux, le cancer, c'est plus du tout le cas.
11:04Donc en effet, si on prend par exemple le cancer du pancréas,
11:07si je prends l'exemple de la France,
11:09ça devient la deuxième cause de mortalité parmi les cancers,
11:11derrière le cancer du poumon,
11:12et ça touche les populations de plus en plus jeunes.
11:14Et donc, comprendre comment des gens qui étaient condamnés à mort,
11:18à qui il restait statistiquement 6 mois à vivre,
11:21ont survécu 5 ans, 10 ans, 15 ans à cette maladie,
11:23c'est un facteur d'espoir énorme pour la communauté scientifique
11:26et pour tous les patients.
11:28En charge du comité patients chez Cure 51,
11:31Yann organise la Rosaline Race, une course à pied,
11:33qui doit relier la start-up à l'hôpital où il a été soigné.
11:36Tout un symbole.
11:38L'année dernière, du coup, on s'était arrêté à tous les feux rouges.
11:41C'était un peu gênant, il faudrait trouver un tracé peut-être plus adéquat.
11:44L'avantage, c'est que ça permet aussi pour les autres qui sont plus à la traîne
11:50de pouvoir attraper le groupe et de faire des mini-poses.
11:53Juste, je vais valider ce point-là tout à l'heure avec Morgane.
11:58Si Yann pense aujourd'hui à l'avenir,
12:00à l'annonce du diagnostic il y a 7 ans,
12:02les médecins lui laissent peu d'espoir quant à ses chances de survie.
12:08C'est un cancer qui avance silencieusement,
12:10et donc c'était le cas pour moi.
12:12Ça veut dire que j'avais très peu de symptômes.
12:14J'avais juste des remontées acides, comme beaucoup de monde finalement.
12:17Et donc je suis allé voir mon médecin généraliste
12:19qui m'a prescrit des traitements contre l'acidité
12:22qui marchaient plutôt bien, mais ça revenait.
12:24Et donc le médecin avait décidé d'investiguer un petit peu plus longuement
12:28et de m'envoyer ensuite chez un gastro-entérologue.
12:32Sauf que le cancer du pancréas avance silencieusement et il avance vite.
12:36Et donc le diagnostic il s'est fait finalement à l'hôpital,
12:40aux urgences, parce qu'en grossissant,
12:43la tumeur du pancréas étant localisée pas très loin de l'estomac,
12:47elle m'avait bloqué la digestion et je ne pouvais plus m'alimenter.
12:50En pratiquant une biopsie, c'est là qu'ils ont pu poser le diagnostic précis,
12:55cancer du pancréas métastatique, donc au stade le plus avancé.
12:59Et donc il s'était propagé sur le foie.
13:02Moi à ce moment-là, c'est un coup de massue.
13:03Je savais que le diagnostic pouvait être grave, mais je ne mesurais pas l'ampleur de la gravité d'un
13:11cancer du pancréas.
13:12Pour moi, le cancer, ce n'était clairement pas une maladie qu'on attribue à des jeunes.
13:1535 ans au moment du diagnostic, évidemment, je ne m'attends pas du tout à avoir un cancer.
13:19Je suis aussi papa d'une petite fille de 4 ans.
13:23Et pour moi, il n'y a pas d'option autre que se battre.
13:27Donc je me mets tout de suite en mode de guerrier, où je me dis qu'on va affronter ces
13:34traitements et on va voir ce qu'il se passe.
13:35Je savais que la chimiothérapie, ce n'était pas forcément quelque chose de très facile à vivre, bien au contraire.
13:40Et c'est effectivement ce qui s'est passé pour moi.
13:42Dès la première séance, j'étais vers fluo, j'ai vomi mes tripes.
13:45Et si je savais à ce moment-là que j'allais devoir en affronter plus d'une centaine, ça m
13:50'aurait peut-être un peu découragé.
13:53Après des années de traitement et deux opérations, Yann se questionne sur l'origine de son cancer.
14:00C'est une question qui raisonnait d'autant plus que je ne pense pas avoir de facteur de risque.
14:05Je n'étais pas en situation d'obésité, je mangeais plutôt sainement, je faisais un petit peu de sport.
14:13J'avais une hygiène de vie, en tout cas je ne fumais pas, je bois occasionnellement.
14:18Donc je ne cochais aucune des cases des facteurs de risque.
14:21Et donc peut-être qu'il ne faut pas passer beaucoup de temps, moi en tant que patient,
14:25à essayer de comprendre d'où ça vient, mais plutôt se battre sur comment je fais pour guérir.
14:35Le nombre de cancers du pancréas explose.
14:38La France détient aussi le taux d'incidence du cancer du sein le plus élevé au monde.
14:46Avec l'association Jeunes et Rose, Solène organise des ateliers pour sensibiliser aux gestes de prévention,
14:52car les politiques de dépistage du cancer du sein ne visent pas les femmes jeunes.
14:58En France, on a un dépistage organisé pour les personnes qui ont plus de 50 ans.
15:01Tous les deux ans, elles sont invitées à aller faire une mammographie.
15:04Les personnes qui sont à risque, parce qu'elles sont porteuses d'une mutation
15:08ou parce qu'il y a eu beaucoup de cas dans leur famille,
15:10peuvent aussi avoir accès à un dépistage.
15:12Mais toutes les personnes lambda ne sont pas concernées par ce dépistage.
15:18Le seul moyen d'être proactif pour sa santé, c'est de connaître son corps,
15:23c'est de se palper la poitrine.
15:25L'idée derrière ces rencontres, c'est parce que quand on est jeune,
15:28avec un cancer du sein, finalement, on n'a pas les mêmes problématiques
15:31que n'importe qui d'autre avec un cancer du sein.
15:34On peut avoir des problématiques qui sont liées à la parentalité,
15:38à la non-parentalité aussi du fait des traitements.
15:40Ça peut être aussi des problématiques de carrière, des problématiques de couple.
15:44Il y a vraiment plein de choses qui, finalement, quand on se retrouve avec Muriel, 75 ans,
15:50qui est très, très gentil, mais qui ne comprend pas ce qu'on vit.
15:55Où on peut se sentir un peu seul.
15:57Et donc, le but de Jeanne et Rose, c'est de briser cette solitude.
16:00C'est pour ça qu'on organise ces rencontres.
16:02La dernière mission de Jeanne et Rose, ça s'appelle les ateliers Pouet-Pouet.
16:06C'est ce pour quoi vous êtes là aussi aujourd'hui.
16:08Donc là, c'est vraiment la prévention.
16:10On vous explique les gestes à réaliser pour l'auto-examen à ma mère.
16:19Alors, si tu vas ici, il y a deux kystes.
16:23Là, tu vois, j'avais le doigt dessus.
16:25Tu vas sentir que ça roule un petit peu.
16:27Alors que celle-ci, tu peux faire ce que tu veux, elle est accrochée.
16:31Et en fait, pour t'expliquer, ça, ça va plutôt être des kystes.
16:36Donc le contour, tu vois qu'il est assez lisse.
16:39L'intérieur, il est assez aqueux.
16:41Tandis que là, vous allez avoir des cellules cancéreuses, donc avec un contour assez irrégulier.
16:47Puis après, s'il y a vraiment des choses dans ta poitrine qui t'inquiètent, tu peux aussi aller voir
16:50le médecin.
16:51Ou le jour où tu as rendez-vous chez le gynéco, tu lui en parles.
16:55Lui, il va te rassurer.
16:56Et toi, le soir, tu te repalpes la poitrine.
16:58Et comme tu sais que tout va bien, ça te sert de base pour la suite en te disant
17:01« Ok, là, j'ai une boule, mais le médecin m'a expliqué ce que c'était, donc j'en
17:04suis pas inquiète. »
17:05Et les fois suivantes, tu continueras de sentir cette boule-là, mais tu sauras qu'elle est « normale ».
17:11Les participants à cet atelier de prévention se sentent démunies face aux causes probables
17:16de l'augmentation du nombre de cancers du sein.
17:19« Tout ce qui est les produits transformés aujourd'hui, les microblastiques,
17:22en fait, même la pollution, tout ce qu'il y a autour de l'eau,
17:26tous les perturbateurs en reclin, exactement, en fait, c'est énormément de choses
17:30qui peuvent causer un cancer.
17:32Dans toute notre consommation, notre alimentation, il n'y a pas encore suffisamment d'études,
17:37je pense, qui prouvent le direct lien entre ça et les cancers.
17:42Mais il y a de plus en plus de médecins qui en parlent et c'est pas un mystère non
17:45plus.
17:45Il y a de plus en plus de femmes et de jeunes de nos âges qui ont des cancers.
17:52L'épreuve manque à l'heure actuelle afin de démontrer une corrélation
17:56entre les causes environnementales et l'explosion du nombre de cancers.
18:01Pour y remédier, une équipe de recherche dirigée par Mathilde Touvier
18:05mène l'étude NutriNet Santé depuis 2009 auprès de 180 000 volontaires.
18:11« Aujourd'hui, on a vraiment des questions de recherche qui se posent sur des expositions,
18:17par exemple à certains additifs alimentaires, à certains pesticides, aux aliments ultra-transformés.
18:21On a voulu ici avoir une étude avec un niveau de précision important,
18:26donc trois journées d'enregistrement alimentaire de 24 heures tous les six mois,
18:31où les participants vont même remplir le nom commercial, la marque des produits consommés.
18:35Donc nous, ça nous permet vraiment d'avoir un niveau de détail très très fin.
18:38Et on a aussi collecté ces échantillons de sang, d'urine, de sel,
18:43pour étudier les mécanismes physiologiques, pathologiques,
18:46qui sous-tendent ces relations alimentation-santé. »
18:50En analysant les données des participants à l'étude NutriNet Santé,
18:54Mathilde Touvier et son équipe ont démontré que la consommation de certains additifs alimentaires
18:59est associée à un risque accru de cancer.
19:02« Les niveaux de preuves ne sont pas encore suffisants pour pouvoir conclure avec fermeté.
19:06On voit toutefois qu'il y a des liens avérés entre alimentation et risque de cancer,
19:13cancer du pancréas, cancer colorectal, vraiment différents types de cancers,
19:17cancer du sein également, avec cette fois-ci des facteurs de risque qui sont historiquement très connus.
19:23On pense par exemple aux charcuteries, qui ont été classées cancérigènes
19:27par le Centre international de recherche contre le cancer de l'OMS,
19:30ou encore des viandes rouges classées cancérigènes probables.
19:38Si le lien de causalité entre alimentation et cancer est avéré,
19:42d'autres facteurs de risque sont encore mal évalués,
19:45en particulier les expositions multiples.
19:49Le caractère très complexe de notre époque, c'est l'effet cocktail.
19:55C'est-à-dire qu'on a probablement plusieurs expositions,
19:58on voit bien les perturbateurs endocriniens,
20:02les pollutions atmosphériques, itératives,
20:05les ondes aussi, on ne sait pas,
20:07c'est quand même un changement majeur de notre environnement,
20:09la saturation en ondes de notre environnement.
20:12Tout ça, c'est très intriqué, il n'y a pas de réponse simple à ce sujet,
20:17ce qui est certain, c'est que le registre a fait partie de l'arsenal
20:21des pouvoirs publics pour bien prendre en charge
20:24la question du cancer dans notre pays.
20:26Et pour le coup, il est vital, il est essentiel, en fait.
20:31Jusqu'ici, la France ne disposait pas de registres nationaux
20:35recensant les cas de cancer de façon exhaustive.
20:38Elle faisait figure d'exception en Europe.
20:41Désormais en vigueur, ce registre pourrait aussi améliorer
20:44le parcours de soins des patients.
20:46Bonjour.
20:50Quel patient aujourd'hui ?
20:51J'ai vu qu'il check.
20:53Oui, à la 2.
20:54Oui.
20:55Comment est-ce qu'il va là aujourd'hui ?
20:57Il est douloureux.
20:58Oui.
20:59Il n'a pas bien dormi.
20:59À l'hôpital Saint-Louis à Paris,
21:01le docteur Boissel soigne des patients âgés de 15 à 30 ans.
21:05Il espère que le registre national va favoriser un suivi des jeunes
21:09tout au long de leur vie.
21:11On va guérir 85 % de ces jeunes.
21:15On est très intéressé par le devenir au long cours de ces patients.
21:20Quelles sont les séquelles qui vont développer ?
21:22Comment est-ce qu'elles vont être prises en charge ?
21:24Que ce soit des séquelles somatiques, c'est-à-dire du corps,
21:27mais aussi des séquelles psychologiques, psychosociales, organisationnelles.
21:32Comment est-ce qu'on va être en capacité de les accompagner
21:35à la fois dans la détection de la prise en charge de ces séquelles
21:38mais aussi dans leur retour vers la vie normale,
21:43même si c'est un terme que je n'aime pas beaucoup utiliser.
21:49Pour mieux accompagner les jeunes touchés par un cancer,
21:53Hugo s'est engagé au sein de l'association Aïda.
21:56Ce soir-là, il a donné rendez-vous à deux autres bénévoles.
22:00Ils viennent jouer avec un patient de leur âge,
22:03hospitalisé pour un cancer dans le service du docteur Boissel.
22:08Hugo, du coup, Lauriane, c'est toi ?
22:10Du coup, vous vous rappelez des règles ou pas ?
22:12Je fais un petit jeu en arrière et tout.
22:14Ok, déjà pas avoir fumé une heure avant.
22:16Parfum pareil, pas de parfum.
22:18On égoutte, parfait.
22:20On va se laver les mains avant de rentrer dans la salle.
22:22Et ensuite, on part pour 1h30.
22:24Ça va le faire.
22:25Je pars du principe que je suis juste avec des jeunes
22:28et qu'on va juste jouer et s'amuser ensemble.
22:30Et c'est ça le principal.
22:31Et c'est pour ça que j'oublie toute la partie cancer qu'il peut y avoir.
22:34Et je me dis juste qu'on va être ensemble pendant 1h30.
22:38Ah ouais, du coup, maintenant, on est obligé de reprendre des masques.
22:40Ouais, c'est bon.
22:43C'est sympa.
22:44C'est sympa.
22:45C'est mature.
22:46Enfin bref, il y a des thèmes.
22:47On s'en fout.
22:47Quand on pioche une carte, on pliffe.
22:49Et genre, il y a un thème.
22:51Par exemple, coton-tige.
22:52Du coup, question 1, c'est genre, un coton-tige, est-ce qu'il y a du coton dedans ?
22:56Donc tu vois, oui ou non ?
22:57Enfin, je sais que c'est oui.
22:58Et bien, c'est le...
23:13Ah bref, je sais que c'est vrai, wow.
23:16Ouais ?
23:17Yes !
23:18Je fais un pop souvent, je ne sors pas beaucoup de ma chambre.
23:22Ça veut dire...
23:23En vrai, ça fait plaisir.
23:27Voilà.
23:27Ça fait plaisir, parce que c'est des personnes de où on va dire notre âge, tout ça, notre génération.
23:34Donc ça donne le sourire quand même, ça remonte un peu le moral.
23:38Comme j'ai la forme, je profite avant que je reprends la chimio, tout ça.
23:43Et que je n'aurai pas la foi de sortir.
23:48Lauriane a perdu son cousin âgé de 30 ans d'un cancer du pancréas.
23:52Depuis, elle est devenue bénévole.
23:54Moi, j'avais un rapport qui était souvent négatif, en fait, avec l'hôpital.
23:57Et là, on découvre des salles de jeu, des moments comme ça, intemporels,
24:02où on perd complètement la notion du temps, sans téléphone.
24:04Et en fait, ça t'apprend tout sur l'humain, sur les relations, sur les gènes.
24:09On découvre des jeunes qui surmontent des choses qui sont hyper dures,
24:13desquelles on ne pourrait même pas imaginer.
24:15Mais qui ont, malgré tout ça, un moment pour jouer à un jeu de société,
24:18faire des blagues, rigoler avec nous, etc.
24:20Et moi, je ressors boostée en général de ces expériences.
24:29La course, ça m'apporte beaucoup, déjà, physiquement.
24:32Et mentalement, moi, je me dis que si je fais du sport, je vais bien.
24:35Si je vais bien, je réduis le risque de retomber malade.
24:40Prendre le dessus sur la maladie et essayer d'aller de l'avant, tourner la page.
24:52Là, on part pour la Rosaline Race.
24:54Et donc, pour la deuxième année, on va relier, depuis nos bureaux ici, à Paris,
24:59un hôpital qui a beaucoup de sens pour moi.
25:01C'est l'hôpital qui me suit, au niveau de mon cancer.
25:04C'est l'hôpital Foch à Surenne.
25:05Donc là, on est parti pour 11 kilomètres de course.
25:257 ans après l'annonce du diagnostic,
25:28Yann se décrit comme un miraculé,
25:30mais l'épreuve ne l'a pas laissé indemne.
25:33Comme lui, ce sont près de 15 000 jeunes
25:36diagnostiqués chaque année
25:37qui vont devoir vivre avec les séquelles du cancer.
25:45Sous-titrage Société Radio-Canada
25:49Sous-titrage Société Radio-Canada
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