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  • il y a 12 minutes
Les robots humanoïdes ne sont plus de la science-fiction. Les dernières images de robots chinois qui font du kung-fu à l'occasion du nouvel an nous l'ont récemment montré. Mais de quoi sont vraiment capables ces machines ? Dans quelle mesure vont-elles bouleverser notre marché du travail et plus généralement nos vies ? Réponses avec Manon Vermenouze, consultante tech chez Josefine Et puis, de Pékin à San Francisco en passant par Séoul, une nouvelle bataille technologique se joue à l'échelle mondiale. Comment la France et l'Europe peuvent peser ? Réponse avec Jean-Louis Constanza, cofondateur de la société Wandercraft, la pépite qui veut propulser la France dans la révolution robotique. Année de Production :

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00:01Pourvu que ça dure avec le groupe Caisse des dépôts.
00:04Engagés au cœur des territoires pour accélérer la transformation écologique
00:08et contribuer à une vie meilleure pour toutes et tous.
00:43Bonjour, nouveau numéro de Pourvu que ça dure, l'émission qui rend les co-responsables sur Public Sénat.
00:48Aujourd'hui, on s'intéresse aux robots humanoïdes qui ne sont plus du tout de la science-fiction.
00:52Mais de quoi sont vraiment capables ces machines ?
00:54Dans quelles mesures vont-elles bouleverser notre marché du travail et plus généralement nos vies ?
00:59Réponse dans quelques instants.
01:00Et puis, de Pékin à San Francisco en passant par Séoul, une nouvelle bataille technologique se joue à l'échelle
01:05mondiale.
01:06Alors comment la France mais aussi l'Europe peuvent peser ?
01:09Réponse avec le patron de Wondercraft, la pépite française qui attire tous les regards.
01:14Mais en attendant, c'est bien la Chine qui domine totalement le marché des robots,
01:18comme l'ont suggéré ces images impressionnantes diffusées à l'occasion du nouvel an chinois, Manuel Aigre.
01:24Salto, mouvements d'art martiaux.
01:25Ils enchaînent les gestes très techniques comme des athlètes de haut niveau.
01:30Et pourtant, ce ne sont pas des humains.
01:33Ces robots humanoïdes sont bien réels.
01:35Et ce soir-là, pour le nouvel an, ils ont fait le show en direct à la télévision chinoise devant
01:41des centaines de millions de téléspectateurs.
01:44Et ces robots ne sont pas seulement capables de combattre.
01:48Majordomes, réceptionnistes, livreurs, serveurs, ouvriers ou assistants domestiques.
01:55Ils font les lessives, plient le linge, remplissent le lave-vaisselle et rangent même la maison.
02:01Et dans cette course technologique, un pays a pris une longueur d'avance, la Chine.
02:07Avec une population vieillissante et une main-d'œuvre qui se raréfie, Pékin mise massivement sur les robots pour maintenir
02:15sa puissance industrielle.
02:16Et ça marche. Des entreprises chinoises comme UpTech ou Unitree sont si avancées qu'elles ambitionnent de vendre entre 10
02:24et 20 000 robots humanoïdes en 2026.
02:27Mais les États-Unis veulent rattraper leur retard.
02:30Avec leurs entreprises de pointe comme Figure AI qui répond en images aux Chinois avec son robot humanoïde aux côtés
02:37de Mélania Trump.
02:39Elon Musk et sa marque Tesla comptent eux aussi participer à la course.
02:44Et au milieu de cette bataille technologique mondiale, la France et l'Europe peuvent-elles encore exister ?
02:54Et bien voilà, les robots arrivent, mais sommes-nous prêts à les accueillir ?
02:58Manon Vermenus, bonjour.
02:59Bonjour.
03:00Vous êtes consultante tech chez Joséphine.
03:03Il faut évidemment revenir sur ces images qu'on vient de voir qui sont bluffantes, des robots humanoïdes chinois qui
03:08font du Kung-Fu.
03:09Est-ce que, comme moi, votre mâchoire s'est décrochée quand vous avez vu ça ?
03:12À vrai dire, en fait, la course, elle est déjà en œuvre depuis de nombreuses années en Chine.
03:17C'est juste qu'on ne l'avait pas vu arriver parce qu'on ne s'y était pas intéressés
03:20aujourd'hui en Europe.
03:21Mais c'est vrai que ça fait longtemps, finalement, que les Chinois ont mis des bouchées doubles en matière de
03:24robotique.
03:25Et là, en fait, c'est vrai qu'ils viennent de passer une nouvelle étape en industrialisant toutes leurs machines,
03:31en étant extrêmement innovants et ont dépassé largement, finalement, les Américains là-dessus.
03:36C'est quoi, au juste, pardon, question simple ? Un robot humanoïde, quelle différence avec un robot classique ?
03:41Un robot humanoïde, c'est en fait une machine qui a une forme humaine, qui va avoir des capacités de
03:46préhension avec les mains,
03:47qui va avoir, finalement, tous les axes du corps humain et on en compte 50 à 60.
03:52Donc, c'est dire la complexité d'une telle machine et qui va être capable d'effectuer des tâches polyvalentes
03:58avec cette capacité de mobilité qui est très forte et qui est propre, finalement, au corps humain.
04:03OK. Donc, aujourd'hui, au moment où on se parle, la Chine domine complètement ce secteur des robots humanoïdes.
04:08Il n'y a pas de débat ?
04:09Alors, aujourd'hui, selon les derniers chiffres, on dit que 90% des robots humanoïdes
04:14qui ont été vendus en 2025 émanent de sociétés chinoises.
04:17Donc, il y a bien une ultra domination, effectivement, de la Chine à cet égard.
04:20Pourtant, on l'a vu dans le reportage et vous venez de le dire,
04:23les Américains ont été précurseurs en matière de robots humanoïdes, mais ils se sont fait doubler.
04:27Qu'est-ce qui s'est passé ? C'est la Chine qui les a copiés.
04:30Et maintenant, c'est elle qui innove, c'est ça l'histoire ?
04:33C'est vrai qu'il y avait un adage qui était assez connu il y a 10-15 ans en
04:36disant
04:36« les Américains innovent, la Chine copie, les Européens régulent ».
04:42Alors, les Européens régulent toujours, mais c'est vrai que la tendance s'est inversée entre la Chine et les
04:46États-Unis.
04:46Les Chinois innovent énormément, parfois bien plus rapidement aujourd'hui que les États-Unis.
04:51Mais il faut quand même rappeler que les États-Unis ont été vraiment précurseurs en matière de robotique.
04:55C'est juste qu'ils n'ont pas fait de passage à l'échelle.
04:57Et c'est ce passage à l'échelle finalement des Chinois qui leur donne toute cette hyperpuissance aujourd'hui en
05:01matière de robotique.
05:02Et donc leur force aux Chinois, aux robots chinois, c'est leur technologie, mais aussi cette capacité de promettre des
05:08prix qui seront, qui sont, qui seront attractifs.
05:10Exactement. En fait, aujourd'hui, le fait de produire en grande quantité permet finalement d'abaisser les coûts.
05:15Le fait aussi qu'ils maîtrisent finalement toute la chaîne d'approvisionnement avec des composants assez critiques en robotique,
05:20parce qu'on parle d'une machine qui a énormément de pièces différentes dont il faut pouvoir s'approvisionner facilement.
05:26Et aujourd'hui, la Chine maîtrise tout cela.
05:28Donc en produisant massivement ces robots, on va pouvoir baisser les prix et finalement déclencher des pulsions de vente
05:35qui n'auraient pas forcément existé face à des robots américains qui coûtaient plus d'une centaine de milliers de
05:40dollars.
05:40Alors là, on parle de robots qui coûtent entre 5 000 et 20 000 euros, 20 000 euros pièces.
05:455 000 à 20 000 euros. Est-ce que la technologie des robots est prête ?
05:50Parce que pour le coup, on voit cette chorégraphie, il y a de la communication évidemment, c'est une démonstration
05:55de force.
05:56C'est à l'occasion du nouvel an chinois, on comprend bien, mais est-ce que c'est prêt ou
05:59il faut encore attendre un petit peu ?
06:01Alors, je pense qu'il faut vraiment distinguer plusieurs états dans la robotique.
06:04Ce n'est pas zéro ou un, c'est vraiment un processus vraiment très itératif qui dure depuis plusieurs années
06:08en matière de performance de ces robots-là.
06:11Aujourd'hui, effectivement, ce qu'on a vu avec ce nouvel an chinois, ce qui était très intéressant, c'est
06:14les capacités de mobilité,
06:16le fait d'avoir des robots qui fassent une chorégraphie sans tomber, ça veut dire qu'ils sont extrêmement agiles.
06:20C'était très intéressant là-dessus.
06:22En revanche, ils étaient capables de répéter une chorégraphie qui était déjà orchestrée depuis le départ, dont on connaissait finalement
06:28tout l'environnement.
06:29Et en fait, la vraie difficulté en robotique, c'est quand vous naviguez par exemple dans une maison, dans un
06:33environnement qui n'est pas connu.
06:34Vous allez faire face à des situations que vous n'avez pas anticipées et c'est là où finalement, on
06:39va mesurer l'évolution de la robotique.
06:41Et ils sont prêts, les robots, dans cet environnement-là inconnu ?
06:45Alors justement, non, pas encore. Et là, la technologie n'est pas mature encore là-dessus. En revanche, ce qu
06:50'on peut dire, c'est que dans un futur très très proche,
06:53et là on le voit avec des usines BMW en Allemagne qui s'équipent de robots humanoïdes dans leurs usines,
06:59qu'il y a une installation peu à peu de tous ces robots-là parce qu'ils sont en environnement
07:03connu, avec des tâches très répétitives, très connues,
07:06alors que des robots domestiques, il faudra encore attendre quelques années.
07:09Combien de temps pour avoir un robot humanoïde domestique et à quel prix ? Est-ce que vous avez dit
07:13entre 5 000 et 20 000 ? Mais ça, c'est pour un robot industriel.
07:16Là, c'était pour nous, c'était les premiers robots humanoïdes dont on parlait, ces fameux robots chinois. Mais effectivement,
07:21la question de performance,
07:22il faut voir ça vraiment comme un processus itératif, c'est-à-dire qu'au début, les robots ne sont
07:26pas extrêmement performants.
07:28Ils vont apprendre, ce qu'on appelle faire du machine learning, apprendre de leurs erreurs.
07:32Et peu à peu, au fil des années, finalement, ils vont tellement apprendre de leurs erreurs qu'ils vont devenir
07:35extrêmement performants.
07:37C'est pour ça que ça ne se fera pas sur un temps très court, mais bien sur un temps
07:40plus long.
07:40Il y a de l'IA, de l'intelligence artificielle, évidemment, là-dedans.
07:44Le robot, c'est de l'IA en machine, en fait. C'est finalement un fil continu, finalement, avec l
07:50'IA.
07:51Et aujourd'hui, en fait, les gros progrès qui sont faits en intelligence artificielle ont permis, finalement,
07:55de construire des robots qui soient beaucoup plus fiables, finalement, dans leur mouvement, dans leur capacité à effectuer des tâches
08:03de manière automatique.
08:04La Chine, est-ce qu'elle est capable aujourd'hui de les produire en masse, ces robots ?
08:07Parce que j'ai entendu parler de ces dark usines, grandes comme la ville de Lyon, avec des robots qui
08:13fabriquent déjà d'autres robots.
08:15Ça existe déjà, ça ?
08:16Ah oui, ça existe déjà, et c'est très impressionnant. Et ce qui fait peur, en fait, ce qui est
08:20intéressant, finalement, dans cette industrie de la robotique,
08:22c'est la création d'un tout nouveau marché, parce que la robotique, ça n'existait pas. On ne construisait
08:26pas des robots il y a quelques années.
08:28Donc là, c'est un marché qui est en création. Il y a une dernière étude, Barclays, qui a été
08:31publiée à ce titre,
08:33qui parle d'un marché qui était à 2 milliards, là, en 2025, qui devrait passer à 200 milliards en
08:372035.
08:38Donc, les chiffres sont absolument considérables. Donc, il y a la création de ce secteur-là, mais ça va abreuver
08:43aussi toutes les autres industries,
08:44que vous en parlez, où, en fait, finalement, des usines qui vont construire des automobiles, par exemple,
08:49vont pouvoir se doter elles-mêmes de leurs propres robots. Donc, il y a vraiment un effet cascade de la
08:53robotique.
08:54Demain, après-demain, les robots vont arriver dans nos maisons, dans nos usines. Je pense au marché du travail.
09:00Dans quelle mesure ça va bouleverser le marché de l'emploi ?
09:03Alors, c'est vrai qu'en fait, à l'origine, il faut bien se rappeler qu'en fait, les robots
09:07étaient utilisés pour ce qu'on appelle les 3D,
09:09c'est-à-dire « dirty, due, dangerous », c'est-à-dire des tâches répétitives, sales et dangereuses.
09:15Donc, c'était tout ce qui était finalement ingrat. Parallèlement, on s'est rendu compte, en fait, que sur, effectivement,
09:20le marché du travail,
09:21il y a beaucoup de secteurs qui n'arrivent pas à recruter. Il y a une pénurie de main-d
09:24'œuvre.
09:24Et c'est vrai qu'il y a une double opportunité aujourd'hui pour les entreprises.
09:27C'est d'à la fois combler ce manque de main-d'œuvre et aussi de gagner en compétitivité en
09:32baissant, finalement, leur coût de production.
09:34Donc, c'est vraiment une double opportunité. Et le risque, c'est que si elles ne le font pas, c
09:38'est qu'en fait, les entreprises qui s'en seront dotées viendront, en fait, tuer les emplois.
09:42Mais il n'y a qu'un risque pour nos emplois, quand je vous écoute ?
09:45Il y a, évidemment, ça va impacter plus ou moins tous les secteurs d'activité, mais avec des degrés...
09:51Tous, c'est quoi ? C'est le BTP, l'agriculture, les soins, la santé, le secteur auto ?
09:56Voilà, exactement. On parlait de la construction des voitures. Dans l'agriculture, on voit des robots.
10:00Il y avait, d'ailleurs, des robots français qui avaient travaillé beaucoup pour appuyer et soutenir les agriculteurs.
10:06On ne parle pas de remplacement, vraiment, mais plus de complémentarité et de gagner, finalement, en productivité.
10:12C'est pas un monde idéal, ça, la complémentarité homme-robot ?
10:16Non, parce qu'en fait, il y a beaucoup d'études qui ont été faites en disant que, justement, c
10:19'était beaucoup plus productif de faire collaborer un robot et un homme ensemble
10:23qu'un robot agissant seul ou un homme agissant seul.
10:25Donc, je pense qu'il ne faut pas non plus regarder tout du côté négatif, mais je pense qu'il
10:28faut aussi voir le verre à moitié plein et pas à moitié vide.
10:31Parce qu'aujourd'hui, c'est vrai que des États comme la Chine, des États comme les États-Unis, ils
10:35ont compris, en fait, les enjeux de développer ses propres technologies,
10:38car il y a des gros enjeux de souveraineté derrière.
10:41On parle aussi de robots-soldats. Ça peut faire peur, quand même.
10:45Il paraît que la Chine construit des prototypes destinés aux champs de bataille.
10:49Alors, c'est vrai qu'on parle de robots-soldats. Aujourd'hui, il faut savoir qu'effectivement, la robotique, elle
10:54est déjà utilisée sur le champ de bataille.
10:56Là, pour le coup, c'est de la science-fiction.
10:57Alors, non, c'est pas... Les robots-soldats, pour l'instant, oui.
10:59Oui, robots-soldats, oui.
11:00En revanche, la robotique, elle est déjà en œuvre, et notamment en Ukraine. On parle de robotique aéroterrestre, c'est
11:08-à-dire de la collaboration entre des drones aériens et des robots terrestres,
11:11qui n'ont pas une forme humanoïde, parce que ce n'est pas, finalement, la forme la plus adaptée, parce
11:15que, finalement, la forme d'un humain peut être très adaptée sur des tâches domestiques.
11:18En revanche, sur un terrain boueux, vous voyez, il peut se casser, on n'a rien de temps.
11:22Donc, il faut adapter toujours, en fait, la forme du robot par rapport à ce qu'on veut en faire.
11:26Et demain, le robot-soldat, effectivement, ça peut faire peur, mais est-ce qu'il ne vaut mieux pas sacrifier
11:30des vies de robots que des vies humaines ?
11:32Oui, effectivement, la question mérite d'être posée. Après, il faut quand même des garde-fous, surtout si ces robots
11:36sont utilisés par des régimes pas très démocratiques et pas très bienveillants.
11:41C'est vrai, aujourd'hui, qu'il faut des garde-fous. Il y a déjà énormément, en fait, de comités
11:46d'élan qui ont été pris en la matière, notamment par l'ONU, qui ont fait des axes de discussion
11:53là-dessus.
11:54En revanche, à quel point seront-ils suivis ? C'est vrai qu'on voit aujourd'hui, quand même, les
11:57Nations Unies sont très affaiblies.
11:59On le voit avec les conflits qui se passent aujourd'hui à travers le monde. Déjà, ça, c'est premièrement.
12:03Et deuxièmement, aussi, il faut qu'on soit dans une optique de co-construction de la régulation avec les acteurs
12:09privés.
12:10Il ne faut pas opposer, en fait, à mon avis, régulation et entreprises de la robotique parce qu'elles ont
12:14tout intérêt à travailler ensemble.
12:16Aujourd'hui, vous avez beaucoup d'entreprises en Europe qui n'ont qu'une envie, c'est de développer la
12:19robotique, mais elles ne veulent pas être freinées par les pouvoirs publics.
12:23Et je pense qu'il y a un enjeu, à la fois pour les publics aussi, de défendre la souveraine
12:27terme européenne et technologique en matière de robotique.
12:30Mais justement, quid de l'Europe et de la France, la France qui est à la traîne en matière de
12:33robots humanoïdes ?
12:35Il y a des raisons d'aller doucement. Voilà. Est-ce qu'il faut sécuriser un peu tous les sujets
12:38ou est-ce qu'on a tort de trop réfléchir ?
12:43Oui, on a tendance à beaucoup réfléchir. Et encore une fois, c'est un tort qui nous fait beaucoup, beaucoup
12:49de mal aujourd'hui en France et en Europe.
12:51Parce qu'en fait, il faut voir ça d'une perspective mondiale en disant mais qu'est-ce que font
12:54les autres ?
12:54Et aujourd'hui, les autres, ils font quoi ? Ils se sont déjà engagés dans la course depuis bien longtemps.
12:58Et aujourd'hui, on sait que le temps est une donnée vraiment très précieuse en matière d'innovation.
13:03Et on donne un avantage, chaque jour, on donne un avantage compétitif de plus en plus important à ces autres
13:08pays.
13:08Sachant qu'on parlait de robotique humanoïde et notamment de robots chez vous.
13:12Mais si demain, vous êtes enregistré chez vous par des puissances extra-européennes,
13:17est-ce que ça ne va pas vous poser des problèmes ?
13:19Est-ce qu'il y a aussi d'avoir des robots humanoïdes qui sont chez vous, qui sont chez monsieur
13:22et madame tout le monde en France ?
13:23Est-ce que ça ne va pas poser un problème s'ils viennent de puissances étrangères qui ont d'autres
13:28volontés et qui ne sont pas forcément bienveillantes ?
13:31Il n'est pas trop tard. Le combat n'est pas perdu. Malgré le retard accumulé.
13:35Je pense qu'il ne faut pas être défaitiste.
13:36Je pense qu'en fait, la chance qu'on a, et pour être aussi sur une note très positive, parce
13:41que ça me tient vraiment à cœur,
13:42c'est que la France et l'Europe sont dotés de talents et de laboratoires de recherche extrêmement performants en
13:48la matière.
13:49Donc ça, il faut quand même le souligner.
13:50En revanche, je pense qu'il faut vraiment alerter les pouvoirs publics sur leur nécessité de davantage de commandes publiques
13:57en matière de robotique,
13:58davantage de confiance des administrations et pas de méfiance à l'égard de ces nouvelles technologies.
14:03Parce que sinon, effectivement, à ce moment-là, les puissances étrangères auront de plus en plus d'importance, finalement, en
14:09matière de robotique.
14:10Allez, merci à vous pour cette explication.
14:12Manon Vermenouze, consultante tech chez Joséphine. Merci à vous.
14:15Merci beaucoup.
14:16Alors, on l'a compris, l'Europe est à la traîne, mais peut-être plus pour longtemps.
14:20Un acteur en train de changer la donne.
14:21Et il est français.
14:25Et si la France n'avait pas dit son dernier mot dans cette grande bataille technologique des robots humanoïdes ?
14:31Jean-Louis Constanza, bonjour.
14:32Bonjour.
14:32Merci d'être avec nous sur Public Sénat.
14:34Vous êtes le cofondateur de la société Wondercraft.
14:36Vous ne vous êtes pas lancé.
14:38Il faut raconter l'histoire tout de suite dans ce secteur des robots humanoïdes.
14:42D'abord, vous êtes lancé dans le secteur de la santé, du handicap, avec des exosquelettes.
14:47Et depuis peu, vous avez essayé de vous lancer dans les robots humanoïdes avec Calvin.
14:52Comment ça a mûri, cette idée de passer des exosquelettes aux robots humanoïdes ?
14:57En fait, l'idée des humanoïdes était présente depuis le début.
15:01Parce que l'un des trois fondateurs, Nicolas Simon, voulait faire marcher son frère.
15:05Moi, je voulais faire marcher mon fils.
15:06Et Nicolas, qui est probablement un des meilleurs roboticiens de l'industrie,
15:10a eu l'intuition il y a 13 ans de dire
15:13on ne va pas faire des machines mécaniques qui font bouger les gens de façon médicale.
15:16On va faire un humanoïde dans lequel on va mettre une personne qui ne marche pas.
15:20Et c'est vraiment les mots qu'il écrivait sur les premières présentations qu'on faisait en 2012.
15:26Donc, on a construit chez Wondercraft une plateforme robotique,
15:29c'est-à-dire du logiciel, de l'intelligence artificielle, des moteurs,
15:33qui sont passés assez naturellement d'aider des gens à marcher,
15:38à aider des gens à faire une tâche.
15:40Parce que, un, quand on fait marcher quelqu'un, on ne peut pas tomber.
15:43On ne peut pas tomber en panne.
15:45Et deux, on emmène des gens qui font plus de 100 kilos.
15:48Donc, la plateforme qu'on a créée, elle était très puissante et très robuste.
15:55Ceux que voyant, dès les années 2019-2020,
15:58les premiers exosquelettes sortaient pour être distribués aux hôpitaux.
16:02Et on s'est dit, on a le premier robot humanoïde,
16:05même s'il est coupé en deux, il n'a pas les bras,
16:07qu'il soit capable de, en plus, évoluer
16:11pour faire plus qu'emmener une personne qui ne marche pas,
16:14mais faire des activités qui sont utiles aux humains.
16:18Pardon, un exosquelette, qu'on explique ce que c'est, pour être sûr.
16:20Un exosquelette, donc c'est un robot, mais qui est le long des jambes et des hanches,
16:23et qui fait que, si vous êtes en fauteuil roulant, vous vous levez, vous marchez.
16:27Je pense que beaucoup de gens l'ont vu, le nôtre,
16:30aider Kevin, qui est notre pilote d'essai,
16:32et Thibaut, qui est le frère de Nicolas,
16:34à marcher, à porter la flamme olympique aux Jeux, aux Jeux de Paris.
16:39Et ce que voyant, on a commencé à développer un petit peu en secret des humanoïdes,
16:44et il y a un peu moins de deux ans, on a rencontré Renaud,
16:46qui nous a dit, nous, on a besoin d'humanoïdes pour nos chaînes de production,
16:50parce qu'on ne trouve plus de gens pour faire des tâches,
16:52et Dieu merci, pénibles, dangereuses, etc.
16:55Un, et deux, on peut vous aider à les produire,
16:58parce que vous allez avoir le problème de les produire par centaines de milliers.
17:01Oui, en quantité.
17:02Et qui sait produire des objets complexes par centaines de milliers ?
17:05C'est l'industrie automobile.
17:05Et donc, en littéralement 15 jours, on s'est mis d'accord avec Renaud,
17:09pour ce partenariat qui est très important,
17:12de faire des humanoïdes, pour Renaud et pour le reste du monde.
17:16Votre dernier-né, c'est Calvin, il a deux jambes, deux bras,
17:20des caméras pour évaluer l'environnement, mais il n'a pas de tête.
17:23Pourquoi pas de tête ?
17:24C'est surprenant, parce que dans l'imaginaire collectif,
17:26le robot, évidemment, il a une tête pour ressembler à un humain.
17:29Oui, mais Wondercraft, on ne fait pas des robots imaginaires, en fait.
17:32On fait des robots qui vont dans le monde réel,
17:34et donc, on conçoit les robots en fonction de ce dont on a besoin.
17:39Aujourd'hui, on n'a pas besoin de simuler une tête.
17:41Si on a besoin d'un capteur 3D, caméra, de senseur,
17:46on va les mettre où il faut,
17:47et pas nécessairement faire une tête pour les accueillir.
17:50Donc aujourd'hui, on a une caméra qui est en haut du robot,
17:52mais il n'a pas besoin de tête,
17:53donc on n'a pas besoin de lui faire une tête.
17:54Et de la même façon, pour l'instant,
17:58il n'a pas besoin d'avoir des tâches de grande dextérité,
18:00donc on lui met des sortes de pinces qu'on adapte à chaque tâche.
18:03On ne voit pas le robot humanoïde comme un fantasme anthropomorphe.
18:07On voit le robot humanoïde...
18:08Anthropomorphe ?
18:09Qui ressemble aux humains.
18:10Ah !
18:10On voit le robot humanoïde comme un truc fantastique,
18:14parce que comme il est comme un humain, quand même,
18:16il a deux bras, deux jambes,
18:17et il est capable de faire des actions très complexes,
18:19il peut utiliser le monde tel que nous on l'a fait.
18:24C'est ça l'intérêt de l'humanoïde.
18:25Et comme on est beaucoup à penser ça,
18:27tous les effets d'échelle,
18:28c'est-à-dire tout l'apprentissage que l'industrie fait,
18:31va se diriger vers ce format humanoïde,
18:33qui n'est pas optimal partout,
18:35mais qui est globalement optimal.
18:37Et donc, on a eu raison de se lancer là-dedans,
18:41parce que tout le monde converge vers cette idée
18:43que deux bras, deux jambes, c'est super bien
18:45pour exécuter un grand nombre de tâches dans l'industrie,
18:48mais c'est encore mieux demain,
18:49quand on va s'en servir pour aider.
18:51Vous voyez, la personne qu'on aide à marcher,
18:53souvent, elle a du mal à mettre sa chemise,
18:55elle a du mal à couper ses légumes.
18:56Pourquoi ? Parce qu'elle a aussi les bras faibles,
18:57pas seulement les jambes.
18:59Ou une personne âgée qui est encore chez elle,
19:02mais qui a besoin d'aide.
19:04La démographie fait qu'on n'a plus d'aidants
19:06pour aider ces gens-là.
19:08La démographie fait qu'on n'a plus de gens,
19:10là, pour le coup, c'est heureux,
19:12pour travailler dans des tâches difficiles dans les usines.
19:15Donc, cette pression démographique colossale
19:17fait qu'on va avoir besoin des robots
19:18depuis les usines,
19:20jusqu'à aider les gens à perdre d'autonomie.
19:21Et là, un humanoïde, c'est bien pratique.
19:23Parce que ma maman, par exemple,
19:24s'il faut l'aider à marcher,
19:26le robot aura à peu près le même format qu'elle.
19:28Ça vous paraît de folklorique ?
19:30En début d'émission,
19:31on voyait les robots chinois
19:34qui, stupéfiants, bluffants,
19:35qui ont fait, à l'occasion du Nouvel An Chinois,
19:37du Kung Fu, une chorégraphie de Kung Fu.
19:40Pour vous, c'est incroyable ?
19:41C'est spectaculaire ?
19:42Ou est-ce que c'est gadget ?
19:43Alors, c'est génial,
19:44mais nous, on fait des robots
19:46qui vont travailler dans l'usine.
19:47Vos robots, ils ne font pas de Kung Fu ?
19:49Non, on ne fait pas de Kung Fu
19:51parce qu'on n'a pas trop le temps.
19:52Alors, si on avait beaucoup de moyens,
19:53on ferait peut-être du Kung Fu.
19:54Mais on préfère concentrer nos ingénieurs
19:56sur faire des tâches en sécurité.
19:58Beaucoup des robots qu'on voit faire du Kung Fu
20:00n'ont pas une solution de sécurité, par exemple.
20:02Alors, vous n'entrez pas dans l'usine
20:03si vous n'avez pas une solution
20:05certifiable de sécurité.
20:06Ça ne paraît pas marrant
20:07par rapport aux chorégraphies chinoises,
20:08mais il ne faut pas que le robot blesse quelqu'un
20:10qui est en train de passer dans l'usine.
20:12Il faut avoir un taux de succès des tâches,
20:15comme je le disais tout à l'heure,
20:17supérieur à 99,8 %.
20:19Il ne faut pas tomber en panne.
20:21Il faut pouvoir prendre des charges très lourdes.
20:24C'est ça qui nous intéresse,
20:25c'est de déployer des robots
20:26qui marchent en usine.
20:28Et Renault a annoncé, il n'y a pas très longtemps,
20:30qu'il nous achetait 350 robots.
20:34Pour commencer.
20:35Oui, pour commencer, pour cette raison.
20:37Et je crois que c'est la première annonce
20:38de ce type en Europe.
20:39Je ne suis pas sûr qu'il y ait eu
20:40encore beaucoup d'achats aux États-Unis.
20:42Et il y en a en Chine,
20:43mais je ne les ai pas vus en production.
20:44Les robots qui font du Kung-Fu,
20:46font du Kung-Fu,
20:47mais quand vous les voyez en production,
20:48d'un seul coup, ils sont tout lents.
20:50Pourquoi ?
20:50Parce que c'est une autre histoire, en fait.
20:52Nous, on se spécialise plutôt de ce côté-là,
20:53un petit peu sérieux de l'histoire.
20:55Vos robots à Douai, chez Renault,
20:56ils sortent, m'a-t-on dit,
20:58une voiture par minute ?
21:00Alors, il faut être modeste.
21:01Aujourd'hui, c'est l'usine de Douai de Renault
21:03qui sort une voiture par minute.
21:04Donc, il faut que nos robots
21:06rentrent dans cette chaîne,
21:07parce qu'il y a des postes dans cette chaîne
21:09qui sont occupés par des humains
21:10et qui sont difficiles, dangereux,
21:12peu ergonomiques,
21:13et où on se fait mal.
21:14On attrape des TMS à tire-larigot.
21:17Et donc, si on veut suivre le rythme,
21:19c'est comme quand vous rattrapez le marathon.
21:21Si on veut suivre le rythme,
21:22il faut être dans le rythme
21:24d'une voiture par minute.
21:25Par exemple, un pneu
21:26tous les 15 secondes
21:26quand vous bougez des pneus.
21:28C'est assez fascinant
21:29de voir ce qu'on est capable
21:30de faire dans l'industrie française encore.
21:32Une voiture par minute,
21:33c'est évidemment fantastique.
21:35Et donc, les robots doivent tout de suite
21:36arriver avec un rythme de travail
21:38très élevé.
21:39Et voilà ce qu'a dit Renault
21:41il y a quelques jours,
21:42c'est qu'on sait le faire.
21:45Et avec Wandercraft,
21:46on est très fiers de ça.
21:47Donc, ils vont produire vos robots ?
21:49Oui.
21:50Ce qui était très difficile
21:51pour une entreprise comme nous,
21:52qui est une jeune entreprise,
21:53ce n'est pas forcément
21:54de développer un des meilleurs robots du monde,
21:55c'est de le produire par 100 000.
21:57Ça, c'est vraiment un truc
21:58qu'il ne faut pas réinventer.
22:00Et s'il y a un secteur
22:02qui sait fabriquer des objets complexes
22:03par 100 000 ou par millions,
22:05c'est l'automobile.
22:06Et donc, cet accord avec Renault,
22:08pour nous, est une libération.
22:10Ce qu'on appelle dans le jargon
22:11le scaling,
22:12c'est-à-dire le passage
22:12à la très grande échelle,
22:14est résolu dans notre partenariat
22:16avec Renault.
22:17Est-ce qu'à terme,
22:18les robots vont peu à peu
22:19remplacer tous les humains
22:20dans les usines Renault
22:21ou ailleurs ?
22:21On a vu que BMW aussi
22:24allait avoir des robots humanoïdes
22:25dans ces usines.
22:26Est-ce que les robots
22:27vont voler des emplois ?
22:29Notamment dans l'automobile.
22:30C'est très difficile
22:31de répondre à votre question.
22:33Les scénarios à long terme,
22:35il y en a un qui est très connu,
22:36qui est porté par exemple
22:37par Elon Musk et d'autres.
22:39C'est, on va vers un monde
22:40d'abondance complète.
22:42C'est-à-dire que les robots
22:43ne coûtent pas cher du tout.
22:44C'est probable qu'un robot
22:46dans 10-15 ans
22:47coûte nettement moins
22:49de 20 000 euros,
22:50voire de 10 000 euros.
22:51Et à ce moment-là,
22:52ils peuvent tout faire pour vous.
22:53Donc, vous avez accès
22:53à des biens.
22:54Puis, si on trouve
22:55flou de ressources sur la Terre
22:56ou que la Terre,
22:56on ne veut pas polluer la Terre,
22:57on va les chercher ailleurs,
22:58etc.
22:59C'est un peu le scénario de rêve.
23:01En tout cas,
23:02sur le plan...
23:03C'est tenté qu'on ait les moyens
23:03de se les payer aussi.
23:05Si on n'a plus de travail,
23:05on n'a pas les moyens
23:06de s'acheter un robot,
23:12on répartit les biens.
23:12Ça, c'est une question politique
23:13sur laquelle je ne suis pas compétent,
23:15mais qui va être vraiment importante
23:17pour le personnel politique
23:18qui n'a pas beaucoup de temps,
23:20comme il n'a pas beaucoup de temps
23:21pour trouver le moyen
23:21que la France ne soit pas cliente
23:23de la Chine des années
23:24pour ses robots.
23:25Ça, c'est fondamental
23:26parce que si vous payez
23:27les Chinois pour tenir
23:29un emploi qui aurait pu être
23:30tenu par un Français,
23:31vous avez perdu deux fois.
23:32Et les pays qui ne seront pas
23:34maîtres de la technologie
23:35des robots
23:35seront des pays déclassés,
23:37rapidement déclassés.
23:38Et c'est le moment
23:39où il faut se réveiller
23:40collectivement
23:40et se dire
23:41il faut investir,
23:43il faut favoriser l'investissement,
23:45il faut foncer dans ce domaine.
23:46Parce que de toute façon,
23:47ça arrivera.
23:48Oui, mais ce n'est pas
23:48la puissance publique américaine
23:49qui a fait émerger Google ?
23:52Vous pensez,
23:53Google, pas forcément,
23:54mais pour ce qui est de Tesla,
23:57pour ce qui est de...
23:58Bien sûr,
23:59d'abord,
24:00et d'une,
24:01le patriotisme économique
24:02européen est très fort.
24:03Vendre un robot chinois
24:04aux États-Unis,
24:05ce n'est pas une partie de plaisir.
24:07Deuxièmement,
24:08il y a un appui agriculteur
24:10aux États-Unis
24:11et que la haute technologie
24:11vient des États-Unis.
24:13Ce qui n'est pas faux.
24:15Oui,
24:15ce qui n'est pas faux,
24:16mais il y en a ailleurs aussi.
24:17Et quand on arrive avec
24:19une technologie...
24:19La plupart des Américains
24:20pensent qu'Airbus est américain,
24:22par exemple.
24:23Donc,
24:24ils ont une sorte
24:25de défense naturelle,
24:26si vous voulez,
24:26qu'on n'aura pas nécessairement
24:27en Europe,
24:28mais cette défense naturelle
24:29n'existe que si vous fabriquez
24:30des robots
24:31et vous fabriquez
24:32les composants principaux.
24:33Aujourd'hui,
24:34les robots sont à 90%
24:35dans le monde,
24:36vendus par des boîtes chinoises.
24:38Même les Américains
24:38sont en retard.
24:40Est-ce que
24:40Wondercraft,
24:41qui est la pépite française
24:41en matière de robots humanoïdes,
24:44vous pourriez faire face
24:45à ces rouleaux compresseurs ?
24:46Alors,
24:48pas forcément tout seul.
24:49Donc,
24:50dans notre pays,
24:50il faut créer un écosystème.
24:51On a déjà des éléments
24:53d'écosystème.
24:53Il y a Mistral,
24:54qui est quand même
24:54un des leaders de l'IA.
24:56et même s'il est moins connu
25:00que Claude Houchet-GPT,
25:01tout le monde reconnaît
25:02que la qualité de l'IA,
25:03qu'elle soit professionnelle,
25:04grand public,
25:05etc.,
25:05administrale,
25:05est vraiment au top.
25:06Donc,
25:07ça montre que c'est possible
25:08avec des investissements
25:09qui sont nettement inférieurs
25:10aux investissements américains
25:10pour des tas de raisons.
25:12Deuxièmement,
25:13comme on est avec Renault,
25:15les investissements colossaux
25:16de montée en production,
25:17pour nous,
25:17sont déjà faits.
25:19Donc,
25:20en fait,
25:20on a besoin
25:21d'embaucher
25:23quelques dizaines,
25:24une centaine,
25:24150 ingénieurs de plus,
25:26fabriquer des prototypes
25:27et c'est vraiment
25:27à notre portée.
25:28Pourquoi ?
25:29Parce que nous,
25:29ça fait 12 ans
25:30qu'on est dans ce métier.
25:31L'équipe de développement
25:32de R&D est très senior.
25:33Donc,
25:34on est plutôt en avance
25:35sur nos confrères
25:36et c'est plus une mise en vitesse
25:38qu'il nous faut.
25:39Donc,
25:39oui,
25:40il ne va pas falloir
25:40des dizaines de milliards.
25:41En revanche,
25:42il faut perdre l'habitude
25:43d'investir 10 millions
25:44en espérant
25:45que ça va bien se passer.
25:46Les premières commandes
25:47sont pour quand ?
25:48Vous les avez eues
25:52au mois de mars
25:53à la télévision.
25:54C'est Renault
25:54qui a annoncé
25:56les passés.
25:57Non,
25:57mais à horizon
25:57de 3 ans.
25:58On va probablement
25:59vendre des centaines
26:00de robots,
26:02on espère vendre
26:03des centaines de robots
26:03d'ici la fin de l'année,
26:05des millions en 2026
26:06et des dizaines
26:06de millions en 2027.
26:07En fait,
26:08dès qu'on a dévoilé
26:09cette offre européenne,
26:11française,
26:12on a eu énormément,
26:13on n'a pas eu
26:14de travail commercial
26:14à faire,
26:15on a eu énormément
26:15de grandes entreprises
26:16qui nous ont appelés.
26:18Pourquoi ?
26:18Parce qu'on a une offre
26:20qui est effectivement
26:21plus fiable
26:21et plus puissante.
26:22donc on part de là.
26:24Et deuxièmement,
26:25tout le monde
26:25est bien conscient
26:26que dépendre,
26:27beaucoup d'industriels
26:28sont conscients,
26:29beaucoup plus qu'il y a 3 ans,
26:30que la souveraineté
26:31qui paraît un truc
26:32un peu vaporeux,
26:34c'est important
26:34parce que
26:35qu'une puissance étrangère
26:36puisse fermer
26:37votre usine
26:38sur un coup de...
26:39parce que la diplomatie
26:40a attrapé la grippe
26:41ce jour-là,
26:42ça n'ira pas.
26:43Ça ne sera pas accepté.
26:44Donc,
26:44si on peut avoir
26:45une offre souveraine
26:46de bonne qualité,
26:48je ne dirais pas
26:49qu'on sera défavorisés
26:50en Europe
26:50et on est déjà
26:52à Honorcraft,
26:53on fabrique en France.
26:55On fabrique nos robots
26:55à Paris.
26:57on les fabrique
26:57dans une...
26:57La petite française
26:58en Europe,
26:59à part vous,
26:59il y a une boîte allemande
27:01mais ils ne sont pas légers.
27:02Oui,
27:03non,
27:03je pense qu'on a de l'avance
27:04mais encore une fois,
27:05cette avance,
27:05elle n'est pas magique.
27:06Elle vient du fait
27:06que ça fait 12 ans
27:07qu'on fait des humanoïdes
27:09et qu'on a eu
27:10assez peu d'adaptations
27:11à faire
27:12pour aller fabriquer
27:13des vrais robots humanoïdes
27:15avec des bras
27:15qui travaillent en usine.
27:16On a une équipe fantastique aussi
27:18et puis...
27:19Donc le match n'est pas plié
27:20en tout cas par rapport
27:21aux Américains
27:21ou aux Chinois
27:22même si la Chine
27:23a 90% du marché aujourd'hui.
27:24Mais il n'y a pas
27:24de marché aujourd'hui.
27:25Oui, c'est vrai.
27:26Il n'y a pas de robots
27:26en opération
27:27dans des usines.
27:28En fait,
27:29on va être parmi les premiers
27:30Wondercraft et Renault.
27:31Donc,
27:33encore une fois,
27:34vous voyez des vidéos
27:34de Kung Fu
27:35mais est-ce que vous avez
27:36beaucoup de vidéos
27:36de robots
27:37qui fabriquent des voitures
27:38qui fabriquent des meubles
27:39qui fabriquent...
27:40C'est moins sexy évidemment.
27:41Oui, c'est moins sexy
27:42mais c'est beaucoup plus utile.
27:45Merci en tout cas.
27:45Merci Jean-Louis Constanza
27:46donc cofondateur
27:47de la société Wondercraft.
27:49Merci pour ces explications.
27:50Merci beaucoup.
27:51Voilà, c'est la fin
27:52de Pourvu que ça dure,
27:52l'émission qui rend
27:53les co-responsables.
27:54Émission tournée
27:54depuis le bivouac
27:55de L'Oréal-France.
27:56Pourvu que ça dure,
27:57c'est aussi du replay
27:58évidemment sur Public Sénat.
28:00À très vite.
28:14C'était Pourvu que ça dure
28:16avec le groupe Caisse des dépôts.
28:18Engagé au cœur des territoires
28:19pour accélérer
28:20la transformation écologique
28:21et contribuer à une vie meilleure
28:23pour toutes et tous.
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