- il y a 2 heures
Au Liban, dans un contexte de conflit et de guerre, comment les journalistes parviennent-ils à travailler sur le terrain ? Au programme également cette semaine, direction l'Albanie, où le changement climatique et les inondations interpellent la société civile. Tout comme à Lisbonne, où un vaste chantier a été engagé pour faire face à ces mêmes conséquences... Année de Production :
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00:05Au Liban, dans un contexte de conflits et de guerres,
00:09comment les journalistes parviennent-ils à travailler sur le terrain ?
00:14En Albanie, le changement climatique et les inondations interpellent la société civile.
00:20Enfin, à Lisbonne, un vaste chantier a été engagé pour faire face à ces mêmes conséquences.
00:47Depuis plusieurs années, le Liban connaît un regain de violence et de conflits fin février 2026.
00:53Les bombardements israéliens en représailles à des attaques du Hezbollah ont ravivé les fantômes de la guerre,
00:58un contexte que les Libanais connaissent depuis bien longtemps.
01:01Dans un paysage médiatique profondément fragmenté, entre rédaction pro et anti-Hezbollah,
01:07nous avons voulu savoir comment les journalistes libanais travaillent au quotidien.
01:24A Beyrouth, la guerre entre Israël et le Hezbollah est à la une de tous les journaux.
01:29Chaque matin, dans le quartier de Hamra, les fidèles de ce kiosque comme Youssef Razawi viennent aux nouvelles.
01:38C'est la guerre la plus dure, la plus difficile pour tous les Libanais.
01:42Et elle continue toujours, c'est pas fini.
01:46Un cessez-le-feu a bien été signé en novembre 2024, mais Israël l'a violé plus de 12 000
01:52fois.
01:53Des frappes quasi quotidiennes sur le sud et l'est du pays.
01:59Moi, ça fait un an que je ne suis pas allé au sud. J'ai peur.
02:03Ils ciblent des civils innocents. Ils détruisent leur maison, ils n'ont rien fait.
02:08On a perdu des enfants. Il y a beaucoup de victimes. Il faut que ça s'arrête.
02:14En un an, les attaques israéliennes ont fait plus de 400 morts, dont une centaine de civils.
02:19Kioskier depuis 34 ans, Mahmoud Sayed a parfois l'impression de voir l'histoire se répéter.
02:26Depuis que j'ai 8 ans, je me souviens de la guerre civile, qui a duré de 1975 à 1990.
02:37On a vécu toutes les périodes. Les guerres, des crises de bombardements, des assassinats.
02:45Dans les guerres, c'est toujours pareil. C'est les gens pauvres qui payent le prix. Que voulez-vous ?
02:51Mais le Liban ne meurt jamais.
02:53Au cœur de l'actualité depuis des décennies, le Liban est aussi connu pour sa liberté d'expression,
02:59qui attire des dizaines de rédactions.
03:01Un paysage médiatique qui suit les lignes de fracture politique du moment.
03:06Dans les locaux d'Al-Jadid, c'est l'heure du journal.
03:11Sous la direction de Riman Daou, cette chaîne privée couvre en priorité la guerre
03:15et ne mâche pas ses mots contre l'État hébreu, que le Liban n'a jamais reconnu.
03:21Ici, dans la salle de contrôle, on peut être en contact avec chacun, selon ce qui se passe, où il
03:26est.
03:26On l'appelle et il nous fait son direct.
03:30Nous disons l'armée d'occupation israélienne parce qu'elle occupe notre terre.
03:34Nous disons même l'ennemi israélien parce que, selon la constitution libanaise, c'est notre ennemi.
03:41Les Israéliens ne passent pas sur les écrans locaux et notre chaîne ne déroge pas à la règle.
03:45Car, je vous le répète, pour nous, ce sont des ennemis
03:48et nous ne leur ouvrons pas l'antenne pour qu'ils donnent leur avis.
03:52La confrontation se fait aussi sur le terrain.
03:55Envoyé spécial à la frontière, Mohamed Farhat est souvent face à l'armée israélienne.
04:01Sur cette vidéo, son équipe est pourchassée par un drone.
04:11Quand tu travailles dans le sud, tu dois être préparé à tout.
04:16Les drones israéliens qui entrent parfois à l'intérieur des maisons des gens.
04:19C'est devenu normal de poser des mines, de cibler des voitures.
04:24On voit ça tous les jours.
04:26Ça ne fait même plus l'actualité.
04:28Mais pour moi, c'est une erreur.
04:30Les Israéliens, eux, investissent beaucoup d'argent et de temps dans l'information et la propagande.
04:35Et la plupart du temps, ils mentent.
04:36Pour moi, c'est un devoir de montrer la vérité.
04:40Pour convaincre l'opinion, Mohamed prépare son prochain déplacement.
04:45On va refaire un reportage avec l'armée quand la situation le permettra.
04:49En ce moment, les Israéliens font des incursions.
04:53Fais attention !
04:57À Beyrouth, les bombardements ont cessé depuis plus d'un an.
05:01Mais les drones israéliens survolent encore la capitale.
05:05Sur le toit du journal L'Orient Le Jour, Caroline Hayek et Lucille Wasserman surveillent la ville.
05:11Généralement, quand on les entend vraiment beaucoup, on se dit qu'il va se passer quelque chose de grave,
05:17que ce soit dans la banlieue sud ou au sud du pays.
05:22On est plutôt en alerte.
05:24On est un peu dans ce stress constant.
05:27Il y a toujours ce bruit-là qui nous rappelle au fait que toute cette séquence n'est pas terminée.
05:32Direction la conférence de rédaction.
05:35Tous les jours, les journalistes de ce quotidien francophone cherchent de nouvelles manières de raconter cette guerre qui n'en
05:41finit pas.
05:43Il y a Laurent qui finit un focus d'écryptage sur l'augmentation des attaques israéliennes au Liban depuis des
05:48100.
05:48Ça, c'est pas mal, ça pourrait faire un bon papier.
05:51Ici, on dénonce les agressions israéliennes tout en maintenant une ligne éditoriale anti-Hezbollah.
05:57Un travail d'équilibriste pour le rédacteur en chef, Anthony Samrani.
06:01C'est difficile parce que c'est incompréhensible pour tous les camps.
06:04C'est compliqué aussi parce que le Hezbollah reste le principal sujet de clivage au Liban.
06:08Et tenir la ligne, qu'est-ce que ça voulait dire pour nous ?
06:10Faire une distinction absolue entre le Hezbollah en tant que mouvement politique, en tant que parti, en tant que milice,
06:18qui à nos yeux est fondamentalement nocif,
06:22et des habitants du Sud qui peuvent être partisans du Hezbollah,
06:29qui peuvent être très proches du Hezbollah, mais qui sont avant tout des civils et qu'on doit traiter comme
06:33tels.
06:35Ça va ?
06:36Justement, Caroline revient du Sud, où elle a rencontré des agriculteurs
06:40dont les champs ont été aspergés de produits toxiques.
06:45Évidemment, il y a eu la vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux.
06:47On a vu cet avion israélien en train de pulvériser du glyphosate.
06:52On attendait de savoir justement quels produits ils avaient pulvérisés au Sud.
06:57Et en attendant ces résultats-là, l'idée, c'était d'aller directement dans la région pour essayer de constater
07:01les dégâts.
07:02Malheureusement, ce monsieur Ahmad, qui était hérité de terres vraiment très proches, collés à la frontière,
07:08il y cultive du tabac et des légumes.
07:13Il a déjà énormément perdu pendant deux ans.
07:16C'était important de rappeler que ça aussi, c'est une couche supplémentaire
07:20dans les attaques quotidiennes menées par l'armée israélienne.
07:25Et c'est primordial parce que c'est une violation du droit international.
07:28Donc il faut le documenter, il faut le prouver.
07:32Et on est quand même dans un monde où les récits s'entrechoquent,
07:36où il y a énormément de propagande, etc.
07:37C'est aussi notre rôle d'aller chercher les preuves.
07:41Lucille et Caroline ne sont pas les seules à chercher des preuves des crimes commis dans le Sud Liban.
07:46Sur les hauteurs de Beyrouth, Elib Rahia en sait quelque chose.
07:50Sa vie a basculé le 13 octobre 2023, alors qu'il était à la frontière avec un groupe de journalistes
07:56internationaux.
08:00On était en train de filmer et on a vu un hélicoptère et des drones au-dessus de nous.
08:05Et là, de nulle part, boum, une explosion.
08:10Un deuxième missile a frappé notre voiture.
08:13J'ai été blessé sur tout le côté gauche.
08:15Je n'entends plus bien de l'oreille gauche.
08:17Mon épaule est abîmée.
08:19Je ne peux plus porter, ni bien la bouger.
08:21Mon pouce a été sectionné.
08:23Ça, c'est un implant.
08:25Et j'ai encore des éclats d'ovus sous la peau.
08:28On n'oublie pas.
08:29Chaque seconde, chaque moment, quand ça s'est passé, c'est...
08:35C'est fort.
08:38Elie a subi une dizaine d'opérations et ne peut plus retourner sur le terrain.
08:42Mais malgré ses blessures, c'est un miraculé.
08:45Ce jour-là, Aïssam Abdallah de l'agence Reuters est tué.
08:50On a envoyé ça dix minutes avant.
08:53Depuis, Elie essaye de comprendre ce qui s'est passé.
08:59Voilà, moi je suis là.
09:00On a senti que quelque chose n'allait pas.
09:02On a mis les casques et la frappe est partie de là.
09:17Je déteste cette vidéo.
09:20C'est ma caméra qui a filmé.
09:22Elle était debout à côté de la voiture.
09:30Chaque vidéo, chaque photo nourrit un faisceau de preuves
09:33qu'Elie et ses collègues ont transmis à des organisations internationales,
09:37dont Reporters sans frontières et Human Rights Watch.
09:43Toutes les enquêtes ont conclu que c'était un crime de guerre.
09:46Le Conseil européen l'a confirmé.
09:48Les Nations Unies disent que personne n'a le droit d'attaquer les journalistes,
09:52qui sont des civils.
09:53Et personne n'est tenu responsable de ce qui nous est arrivé.
09:58Si la liberté est menacée ici, elle le sera partout.
10:04Pourquoi certains sont au-dessus de la loi ?
10:06Et si quelqu'un est au-dessus de la loi, il y aura un journaliste pour le dénoncer.
10:12Elie espère voir un jour cette affaire jugée par un tribunal international.
10:16Depuis le début du conflit, l'armée israélienne est accusée d'avoir tué 12 journalistes au Liban.
10:28Des inondations à répétition dévoilent la fragilité des infrastructures de l'Albanie,
10:33l'un des pays les plus exposés aux changements climatiques en Europe.
10:36La société civile commence à se mobiliser,
10:39mais les infrastructures peinent à suivre le développement touristique.
10:43Des efforts doivent être entrepris en matière de prévention.
10:56En cette fin janvier, Nick Vatnikaï et son épouse retrouvent à peine leur maison.
11:06C'est monté jusqu'ici.
11:09Après l'inondation du 15 janvier, où l'eau est montée en à peine une heure,
11:14ils ont été relogés par l'État dans un hôtel.
11:19Depuis leur retour, c'est le système D,
11:21dans une maison déjà fragilisée par le tremblement de terre de 2019.
11:31Nous sommes revenus hier, après 10 jours.
11:36On nous a donné de la nourriture, mais nous, on ne manque pas de nourriture.
11:40C'est du bois pour nous chauffer qu'il nous faut.
11:44On a dû casser le lit pour se chauffer.
11:49Début janvier, environ 400 maisons de durée sont été inondées,
11:53700 personnes évacuées.
11:57Les eaux du fleuve Ezren et des canaux environnants sont montées très vite.
12:02Les inondations ne sont pas rares ici,
12:05mais elles semblent accentuées par le changement climatique.
12:13Il y a déjà eu de petites inondations,
12:17mais c'est la première fois depuis 30 ans que c'est aussi important.
12:26Il y a dans le secteur, selon l'urbaniste Artan Katchani,
12:32l'eau passe dans ce tuyau de sérieux problèmes d'évacuation d'eau
12:36et d'entretien des équipements.
12:41On voit que les murs ont été pliés par l'eau.
12:47Et ici, il y a aussi les cannes de bambou
12:50qui montrent bien le niveau de désintérêt de la commune pour ces canaux.
13:00Cette partie de durée, ça a été construite sur d'anciens marécages asséchés.
13:05Au fil des années, des canaux ont été déplacés,
13:09d'autres condamnés et asséchés par la municipalité,
13:12qui paradoxalement n'a pas de prérogative
13:15dans la gestion de crise en cas d'inondation.
13:17Pour le moment, nous n'avons pas de plan d'urgence au niveau municipal.
13:25Il existe des documents réglementaires au niveau national,
13:30mais la gestion des urgences est administrée exclusivement par les ministères.
13:38Les municipalités sont presque obsolètes
13:42et n'ont pas la capacité d'agir sur le terrain.
13:45Le principal problème, selon Artan Katchani,
13:48c'est le déplacement du point d'évacuation des eaux en mer.
13:51Pour ne pas entraver le fonctionnement du port de commerce,
13:54l'équipement a été reconstruit un kilomètre plus au nord
13:57et il ne parviendrait plus aujourd'hui à jouer complètement son rôle.
14:06Il est situé à un niveau plus élevé que l'ancienne installation
14:11et il y a des problèmes d'écoulement naturel de l'eau.
14:15L'un des principaux problèmes
14:16est le mélange des eaux usées
14:19avec les eaux pluviales dans les canalisations
14:22qui ne passent pas par une station d'épuration,
14:24puis se déversent
14:26et se mélangent aux eaux de drainage de la ville.
14:28Le résultat est celui que nous voyons.
14:31Il est catastrophique pour l'environnement.
14:34À la mairie de Duresse,
14:35on assure avoir pris les choses en main
14:37et préparé l'avenir.
14:39La ville va recevoir 1 million d'euros de subventions
14:42et 60 millions de prêts
14:44de la part de l'Agence française de développement.
14:51Ce projet,
14:53financé par le gouvernement français,
14:55est un plan directeur
14:56pour les eaux usées et les eaux pluviales.
14:58C'est le nouveau réseau de canalisation
15:04pour la ville de Duresse.
15:09Il résoudra à terme
15:10le problème d'écoulement des eaux pluviales
15:13pour des décennies.
15:18Des investissements à Duresse,
15:20il y en a déjà eu,
15:21notamment ici,
15:22Place Velliera,
15:2410 millions d'euros.
15:25La place et le tunnel
15:27n'ont pas encore été inaugurées,
15:29mais déjà inondées,
15:30plusieurs fois,
15:32comme l'explique le journaliste
15:33d'investigation,
15:35Guéry Emery.
15:39Au cours des inondations du 6 janvier,
15:41toute cette zone-là,
15:42à partir de là et jusqu'au bout,
15:44tout a été inondé.
15:46Ça s'est transformé
15:47en grande piscine publique.
15:49Pour lui,
15:50la corruption serait la cause
15:51de la plupart des malfaçons.
15:52L'ancien maire socialiste de la commune,
15:55de 2007 à 2019,
15:56a été condamnée
15:58à 2 ans et 8 mois de prison
15:59pour abus de pouvoir.
16:03Malgré d'importants investissements,
16:04nous constatons sur le terrain
16:05que la situation s'est détériorée.
16:08Et cela,
16:08d'après les experts,
16:10pourrait être lié
16:10à des travaux mal réalisés.
16:13Et d'un autre côté,
16:14on a vu que la plupart
16:15des marchés publics
16:15étaient attribués
16:16à certaines entreprises
16:18sans véritable mise en concurrence.
16:19qu'une compagnie
16:20de filet
16:21quand on gagne
16:21sont coulées.
16:23Bien sûr,
16:24l'Albanie n'est pas
16:24le seul pays touché
16:25par des événements climatiques
16:27extrêmes en Méditerranée.
16:28Mais est-elle assez préparée ?
16:30Le Premier ministre
16:31assure qu'elle fait des efforts,
16:33notamment en ce qui concerne
16:34l'entretien des canons.
16:36Il y avait un grand besoin
16:39de nettoyage,
16:40il y avait un grand besoin
16:41de reconstruction
16:42et il y avait un grand besoin
16:44de maintenance.
16:46Et de l'autre côté,
16:47bien sûr,
16:48on a changé
16:50toute la structure
16:52de notre système
16:54d'émergence civile.
16:57On se bat,
16:58comme tout le monde.
17:00Aucun des services
17:01de protection civile
17:02sollicités
17:03n'a souhaité nous répondre.
17:04Ils sont présents
17:05bien sûr aussi
17:06sur le front des incendies,
17:07de plus en plus virulents
17:09en Albanie.
17:11Diana Odja
17:12vit près de Vlora
17:13dans le sud du pays
17:14en pleine campagne.
17:16Le dernier
17:17des fréquents incendies
17:18ici date
17:19d'à peine quelques jours.
17:22Trois fois par an.
17:23En général,
17:24ce sont les bergers
17:25qui mettent le feu
17:25pour emmener
17:26leurs bêtes pâturées après.
17:30Oui, j'ai très peur.
17:31Je me demande
17:32pourquoi j'ai construit
17:33la maison ici.
17:37Mélitiane Nézaï
17:38milite dans une association
17:39de défense
17:40de l'environnement.
17:42Il est plutôt
17:43satisfait
17:44de la réaction
17:44de l'État
17:45qui a récemment
17:46promulgué
17:47une loi
17:48interdisant
17:48de construire
17:49sur les surfaces
17:50incendielles.
17:53C'est un point positif
17:55car bien souvent
17:56les incendies,
17:57notamment dans les zones
17:58côtières
17:59ou les zones humides,
18:00sont d'origine criminelle
18:01afin de faciliter
18:02les démarches
18:03des investisseurs
18:04et des promoteurs
18:05immobiliers
18:05pour obtenir
18:06les permis de construire.
18:10En termes de prévention,
18:12nous sommes complètement dépassés.
18:14Les efforts déployés
18:15pour informer la population
18:16sur les conséquences
18:17des incendies
18:17sont insuffisants.
18:20Ce que l'on devine
18:21ici sous les vagues,
18:23c'est l'un des nombreux
18:23bunkers construits
18:24par l'Albanie communiste.
18:27Il était sur le rivage
18:28il y a encore
18:29quelques années.
18:30Le recul
18:31du trait de côte
18:32est l'un des bouleversements
18:34auxquels doit aussi
18:35faire face le pays.
18:45Lisbonne et la gestion
18:46des eaux.
18:47Au XVIIIe siècle,
18:48un aqueduc a été construit.
18:50Il a permis
18:50le développement
18:51de la cité
18:52jusque-là
18:52confronté
18:53à des pénuries
18:53d'eau importantes.
18:54Aujourd'hui,
18:55avec le réchauffement climatique,
18:57l'eau est aussi synonyme
18:58de catastrophe
18:59avec des inondations
19:00dramatiques.
19:01Un vaste chantier
19:02est en cours
19:02pour contenir
19:03les effets
19:04de ces épisodes de pluie.
19:15Depuis plus de sept siècles,
19:17la vie s'écoule ici
19:18dans le quartier
19:19d'Alfama,
19:20au son de la fontaine
19:22dite de l'intérieur.
19:25C'est le berceau
19:26de Lisbonne,
19:27une vie rendue possible
19:29par une nappe phréatique
19:30et son captage
19:31dès le XIIIe siècle.
19:36Les fontaines
19:36étaient un point
19:37de rencontre.
19:39Elles étaient la vie
19:40ici à Alfama,
19:42sur cette colline,
19:43la colline du château,
19:45où la vie
19:46à Lisbonne
19:46a commencé.
19:49C'est ici
19:50que Lisbonne est née,
19:51car il y avait
19:52de l'eau
19:52et donc il y avait
19:54toujours des familles
19:55près des points d'eau.
19:56C'est là
19:57que les enfants jouaient.
20:00Au pied
20:01de la colline
20:02d'Alfama,
20:03sous le château
20:04Saint-Georges,
20:05surplombant le tâge,
20:07se trouve aussi
20:08la fontaine du roi
20:09qui n'est plus
20:10alimentée aujourd'hui.
20:15Elle possédait
20:16six becs,
20:17chacun étant dédié
20:18à une catégorie
20:19de population
20:20en fonction
20:21des classes sociales.
20:22C'était l'un
20:23des principaux points
20:24d'eau de la ville.
20:25Au XVIIIe siècle,
20:27la partie occidentale
20:28de Lisbonne
20:28va se développer.
20:30C'est l'aqueduc
20:31des eaux libres
20:31qui va alimenter
20:32Lisbonne
20:32jusqu'en 1974.
20:3565 mètres de hauteur
20:36au-dessus
20:37du val d'Alcantara,
20:39c'est aujourd'hui
20:39la pièce maîtresse
20:41du musée de l'eau.
20:44L'aqueduc a été construit
20:45pour tenter
20:46de résoudre
20:46le problème
20:47de pénurie d'eau.
20:48La ville était
20:48en pleine expansion,
20:50la population
20:50augmentée.
20:51Effectivement,
20:52le roi
20:52Don Juan V,
20:54à l'époque
20:54où il était au pouvoir,
20:55a finalement compris
20:56le problème.
20:57Ce n'était pas seulement
20:58un problème
20:58du XVIIIe siècle,
20:59c'était plus ancien.
21:00Mais à ce moment-là,
21:01c'était grave.
21:02Ils ont compris
21:03qu'il fallait de l'eau
21:03à Lisbonne.
21:04Ils ont donc profité
21:05des sources existantes.
21:07Il y avait de nombreuses sources.
21:08L'aqueduc était alimentée
21:10par 77 sources.
21:13L'eau circulait
21:14dans des rigoles latérales,
21:16de part et d'autre
21:17du cheminement
21:18destiné à l'entretien.
21:20Des canalisations couvertes
21:21pour protéger
21:23la précieuse ressource
21:24des impuretés
21:25et de l'évaporation.
21:3055 kilomètres
21:32de galeries
21:33pour acheminer
21:34l'eau depuis Sintra.
21:35Sous la dictature,
21:36les hommes
21:37de la police politique
21:38les utilisaient
21:39pour se déplacer
21:40discrètement.
21:42Aériens
21:42ou souterrains,
21:43avec des architectures
21:45variées,
21:46les tunnels pénètrent
21:47jusqu'au cœur
21:48de la ville,
21:48jusqu'à la pièce
21:50maîtresse du dispositif,
21:53le réservoir principal
21:55de Maïda Zagos,
21:58la mer des eaux.
22:00Un bassin
22:01de 7,50 mètres
22:03de profondeur
22:04d'une capacité
22:05de 5500 mètres cubes
22:07dessiné par
22:09l'architecte militaire
22:10hongrois
22:10Carlos Mardel.
22:13Si l'eau permet la vie,
22:17elle peut aussi
22:18apporter le chaos.
22:20Très régulièrement,
22:21la basse-ville
22:22de Lisbonne
22:23est submergée
22:23comme ici
22:24en 2022.
22:26115 inondations
22:27en 150 ans.
22:31Et comme pour amener
22:32l'eau au XVIIIe siècle,
22:33on creuse un tunnel
22:34pour s'en débarrasser.
22:36Cet engin grignote
22:37les collines de Lisbonne.
22:38Au point mort
22:39depuis une vingtaine d'années,
22:40le plan de drainage
22:41de la capitale
22:42est enfin
22:42en cours d'exécution.
22:44Un chantier monumental,
22:45l'un des plus importants
22:46en Europe.
22:476 km de tunnels
22:48pour évacuer
22:49l'eau des intempéries
22:50vers le fleuve.
22:53Stockées,
22:53mais aussi recyclées,
22:55y compris les eaux usées
22:56pour leur donner
22:57une deuxième vie.
22:58C'est dans la station
22:59d'épuration
23:00de Bayrolas
23:01qui traite les rejets
23:02de 213 000 habitants
23:03que se déroule
23:04une opération pilote.
23:06Ici,
23:07des traitements
23:08supplémentaires
23:09permettent
23:10d'obtenir
23:11Agua Maïs,
23:12eau plus,
23:13une eau dépolluée
23:15utilisable pour l'irrigation,
23:17la voirie
23:17ou l'industrie
23:18comme le prévoit
23:19la réglementation européenne.
23:24Le Portugal recycle
23:262,7%
23:27de ses eaux usées.
23:29C'est encore très loin
23:29des 8% de l'Italie
23:31ou des 14% de l'Espagne.
23:32Mais ce ne sont
23:33que les balbutiements.
23:38Nous avons commencé
23:39ce processus
23:40relativement récemment
23:41au Portugal
23:41et l'objectif
23:42est qu'il augmente
23:43de manière exponentielle.
23:45Il n'est pas nécessaire
23:46d'arroser les jardins
23:47avec de l'eau potable.
23:48Il n'est pas nécessaire
23:49de laver les rues
23:49avec de l'eau potable.
23:50Le chemin que nous empruntons
23:52est d'augmenter
23:52la capacité de production
23:54et aussi la capacité
23:55d'utilisation.
23:56Pour cela,
23:57il est très important
23:58que les agents économiques,
23:59les acteurs de l'agriculture
24:01et les municipalités
24:02s'inscrivent dans cette logique,
24:03ce qu'ils commencent
24:04à faire progressivement
24:05pour pouvoir utiliser
24:06cette eau
24:06qui a une seconde vie
24:07après que nous l'avons bu.
24:10Et dans les années
24:11qui arrivent,
24:12ce ne sera certainement
24:13pas du luxe.
24:15Car au Portugal
24:16comme ailleurs,
24:16les sécheresses sont
24:18et seront
24:18de plus en plus fréquentes.
24:21Habituelles au sud,
24:22elles touchent désormais
24:23tout le pays,
24:24y compris Lisbonne.
24:25Les inondations,
24:27elles aussi,
24:27seront plus nombreuses.
24:29Selon ce climatologue
24:30de l'Université de Lisbonne,
24:32les deux phénomènes
24:33sont étroitement
24:34liées.
24:39Si les pluies apparaissent
24:41après une période sèche
24:42et se produisent
24:43avec grande intensité,
24:44le sol est sans protection,
24:46avec peu de végétation.
24:48Les particules du sol
24:49sont plus désagrégées
24:50et il y a tendance
24:51à plus d'érosion
24:52et à ce que les matériaux
24:53soient transportés
24:54vers le lit des cours d'eau.
24:58Il y a clairement
24:59une relation entre
25:00les sécheresses
25:01et les inondations,
25:02l'une à cause
25:03du manque d'eau
25:04et l'autre à cause
25:05de l'excès d'eau.
25:06Mais elles se produisent
25:07dans des contextes
25:08qui peuvent être liés
25:09au changement climatique.
25:13Le plan de drainage
25:14de Lisbonne
25:15est dimensionné
25:16pour des crues
25:16centenales,
25:17mais la ville
25:17n'est pas à l'abri
25:18de précipitations
25:19plus importantes.
25:21Mais Lisbonne
25:21et l'eau,
25:22c'est aussi
25:22une histoire
25:22de résilience.
25:23L'aqueduc des eaux libres
25:25a été l'un des rares ouvrages
25:27à survivre
25:27au terrible tremblement
25:29de terre
25:29de 1755.
25:38Méditerranéo est terminé
25:39pour cette semaine.
25:40Rendez-vous très bientôt
25:41pour de nouvelles découvertes
25:43en Méditerranée.
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