- il y a 10 heures
Entre pannes à répétition, coupures Internet et tensions entre opérateurs, la question de la maintenance des réseaux télécoms refait surface, en particulier dans les zones rurales. Alors que la fibre devait garantir une connexion fiable partout en France, certains acteurs du secteur alertent aujourd’hui sur l’état des infrastructures et le manque d’entretien. Derrière ces dysfonctionnements, c’est tout l’enjeu de la qualité et de la durabilité de nos réseaux numériques qui se pose.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:03C'est parti pour le grand débrief de l'actu tech, vous nous regardez les 10h45, on est en direct
00:09sur la chaîne Bsmart
00:10et on va commenter l'actu aujourd'hui avec mes débriefeurs, mes super débriefeurs devrais-je dire, Angélique Gérard.
00:17Bonjour Angélique. Bonjour Delphine. Présidente de Women in Sten Europe, vous vous occupez des femmes dans la tech,
00:23ça tombe bien parce qu'on va beaucoup en parler ce matin.
00:26Eric Lekelenek est également avec nous, bonjour maître, avocat au cabinet, Flichy Granger, bienvenue.
00:33On va évidemment s'intéresser à toutes ces questions juridiques autour du numérique
00:36et puis Philippe Legrand est avec nous également, vice-président d'Infranum.
00:41Ça tombe bien, on a beaucoup beaucoup de questions sur nos réseaux et la fibre optique
00:44et est-ce qu'on a des risques de coupure, ça ne va pas faire partie de nos sujets.
00:48Je précise que vous êtes également le président de Téléos, donc un spécialiste de télé comme s'il en est.
00:53Voilà, donc je vous ai donné quelques pistes sur nos sujets.
00:55Oui, on va parler du risque de succession, de démultiplication de pannes et de coupures Internet
01:02à cause du déploiement d'une fibre optique peut-être un peu à marche forcée.
01:05En tout cas, on a une alerte sur la question de la maintenance et de l'entretien de ces réseaux.
01:10On va faire notre petite revue de presse aussi pour sortir nos cartons rouges, cartons verts.
01:14On va donner notre avis sur OpenClo, on va parler de l'IA qui libère ou non du temps
01:18et puis on sortira nos coups de cœur et nos coups de gueule, évidemment.
01:22Mais on commence donc avec une initiation au code qui est réservée aux femmes.
01:26Et pour lancer cette discussion, nous sommes connectés avec Sanae Blanc.
01:30Bonjour Sanae.
01:31Bonjour Belfime.
01:32Vous êtes la directrice de la communication du Campus 42 Paris.
01:37C'est vous qui pilotez l'organisation des événements importants sur ce campus
01:42et particulièrement cette piscine Discovery, donc une semaine d'initiation des semaines,
01:48plusieurs semaines dans l'année, d'initiation au code qui sont réservées aux femmes.
01:52Ça se déroule en ce moment même, donc merci beaucoup d'être en direct avec nous.
01:56Combien de femmes en ce moment s'initient au code chez 42 ?
02:00Alors en ce moment même, elles sont près de 300 femmes à s'initier à la programmation.
02:04Elles découvrent la programmation web, donc HTML, CSS, Javascript,
02:08avec la pédagogie de 42, la pédagogie du peer learning,
02:11où on n'a pas de cours, pas de prof.
02:13Elles apprennent par elles-mêmes et grâce aux autres sur la base, bien sûr, d'un cursus pédagogique.
02:17Et l'idée, c'est qu'à la fin de la semaine, elles puissent, un, bien sûr, découvrir la programmation.
02:23Deux, grâce à la pédagogie de 42, découvrir quelque chose qu'elles pensaient complètement inaccessible.
02:29Et bien en fait, finalement, elles ont réussi à l'apprendre.
02:31Et en plus de ça, elles l'ont appris grâce à elles-mêmes.
02:33Et trois, l'idée, c'est de pouvoir leur donner la liberté de choix,
02:37de faire un choix éclairé et potentiellement peut-être de rejoindre les métiers de la tech.
02:42C'est des semaines qui fonctionnent extrêmement bien,
02:43puisqu'à la fin de cette semaine, elles sont près de 20% à décider de rejoindre 42.
02:49Donc, je précise, je rappelle que chez 42, tout est gratuit.
02:53Donc, la piscine également.
02:55Quand on parle de femmes, on parle de quel type de profil ?
02:58Est-ce que ce sont des femmes en reconversion, des jeunes étudiantes ?
03:01Qu'est-ce qu'on retrouve chez vous, là ?
03:03Alors, sur les piscines Discovery, on a tout type de profil.
03:07Ça va de 16 ans jusqu'à 60 ans.
03:09C'est des femmes en reconversion.
03:11Ça peut être aussi des étudiantes.
03:12L'objectif de cette semaine, c'est vraiment de la découverte pour qu'elles puissent,
03:15par la suite, potentiellement, vraiment avoir cette liberté de choix.
03:18Et ensuite, une fois qu'on est à 42, effectivement, vous l'avez dit,
03:2142, c'est donc une formation en informatique entièrement gratuite,
03:25sans condition de diplôme, sans condition d'âge, sans condition financière.
03:31Et l'idée, donc, c'est qu'on a effectivement tout type de profil.
03:34Notre conviction à 42, c'est que n'importe qui peut apprendre à coder,
03:37si tant est qu'il en est envie, grâce à notre pédagogie du peer learning.
03:42Oui, peer learning, donc comme le peer-to-peer, de paire à paire.
03:45En fait, on apprend en s'entraidant, en travaillant ensemble.
03:49Alors, moi, j'ai voulu m'inscrire, pourquoi pas ?
03:53J'ai fait quelques initiations au code, déjà,
03:55mais pourquoi pas tenter une vraie piscine chez 42 ?
03:57Et en fait, c'est super simple pour s'inscrire.
04:00On remplit un formulaire, on ne dit pratiquement rien sur nous.
04:03Il suffit d'avoir plus de 16 ans, en fait.
04:04C'est la seule condition.
04:06Exactement. Alors, attention.
04:07Pour les piscines Discovery, effectivement, c'est sans condition.
04:10Pour la piscine, qui est l'étape pour rejoindre 42,
04:12il y a deux petites étapes avant ça.
04:14Il y a des jeux en ligne et ensuite une réunion d'informations.
04:17Et ensuite, effectivement, on peut s'inscrire à la piscine.
04:19Mais le constat, il est exactement ça.
04:21C'est que n'importe qui peut s'inscrire, en tout cas,
04:23à la piscine Discovery et voire même à la piscine.
04:25Les étapes sont assez simples.
04:26Et c'est ensuite, pour rejoindre 42,
04:28il faut passer cette piscine, qui est donc ce mois de sélection,
04:31pour pouvoir ensuite rejoindre l'école.
04:32Mais les piscines Discovery, qui sont donc une semaine de découverte,
04:35effectivement, n'importe qui peut s'inscrire directement en un clic.
04:39Voilà. Donc moi, je suis n'importe qui.
04:41Et donc, j'aurais pu m'inscrire.
04:43La question que je me posais, finalement,
04:45c'est pourquoi faire vraiment une semaine dédiée aux femmes ?
04:49Puisque vous ne faites pas de sélection sur les profils.
04:51Donc, on imagine que quand on apprend de pair à pair,
04:53qu'on soit avec un groupe de débutants,
04:56ou qui connaît déjà un petit peu le code, ça ne change rien.
04:59Voilà, on progresse quand même.
05:01Donc, on pourrait progresser aussi dans un environnement
05:03où il y aurait des hommes, des garçons.
05:05Complètement.
05:06Et c'est d'ailleurs le cas, une fois qu'on est à 42.
05:08Là, ce sont des semaines découvertes.
05:10Et donc, pourquoi elles sont réservées aux femmes ?
05:11Pour deux raisons.
05:12La première, c'est pour que les femmes se sentent légitimes de s'y inscrire.
05:16Parce que, je ne vous apprends rien,
05:18dans la tech aujourd'hui, il y a près de 4 femmes sur 10
05:19qui sont découragées par leur entourage
05:21de poursuivre leurs études dans la tech.
05:23On a énormément de stéréotypes sur le fait
05:25que ce serait potentiellement des métiers réservés aux hommes.
05:27Ce qui n'est pas le cas.
05:28La première raison, c'est pour qu'elles puissent se sentir légitimes.
05:31La deuxième raison, c'est pour créer un environnement
05:34dans lequel elles se sentent bien
05:35pour pouvoir découvrir, sans pression,
05:38en toute bienveillance, la tech.
05:40C'est pour ça que c'est réservé aux femmes.
05:41Bien sûr, évidemment, une fois qu'elles reloignent 42,
05:44la piscine, etc.,
05:45tout ça, elles sont avec les hommes
05:46et elles sont d'ailleurs autant capables
05:47que les hommes de poursuivre par la suite la formation.
05:50Alors, moi, je voudrais faire quand même
05:51le jeu du carton rouge, carton vert.
05:53Est-ce que vous êtes pour les événements
05:54100% réservés aux femmes ?
05:58Alors, mettez-les devant vos micros,
06:00comme ça, on voit bien tous vos points de vue.
06:03OK, donc il n'y a que moi qui suis un peu dubitative.
06:07Alors, défendez-moi cet argument, s'il vous plaît,
06:09parce que moi, en fait, je regrette
06:10qu'on soit obligé de faire ça.
06:12Ah oui, et je me dis qu'en plus,
06:13dans le monde du travail,
06:14il faut apprendre à travailler avec tout le monde.
06:16Donc, voilà.
06:17Et en plus, ça donne un peu cette idée,
06:19peut-être, que les femmes,
06:20elles n'auraient pas forcément
06:21peut-être les mêmes capacités vis-à-vis du code.
06:23Enfin, je ne sais pas.
06:24Moi, ça me gêne.
06:24Voilà.
06:25J'ai mis un orange, en vrai.
06:26Je ne sais pas.
06:27Oui, on sait bien, on sait bien.
06:29Alors, défendez-moi votre point de vue.
06:30Moi, je trouve que c'est une super initiative, en fait.
06:34Le problème dans la tech,
06:35ce n'est pas le manque de talent,
06:36c'est justement le manque de femmes qui osent.
06:39Et donc, là, la porte est ouverte.
06:42Donc, effectivement, je suis d'accord avec Sanae.
06:44En fait, ça permet, effectivement,
06:46de lever l'auto-censure,
06:49de créer un climat de confiance entre femmes,
06:52parce qu'entre femmes, on y arrive ensemble.
06:54Donc, on arrive à se pousser.
06:56Ça lève des freins.
06:57Donc, c'est positif.
06:58Il s'avère que j'ai eu recours, moi aussi,
06:59il faut qu'on soit en confiance aussi
07:01avec des hommes, Angélie.
07:02Mais je suis entièrement d'accord.
07:03Mais c'est parfois moins inclusif
07:06quand on est avec des hommes.
07:07On a des...
07:08Par exemple, très souvent,
07:09on entend dire
07:10« Ouais, tu fais les piscines,
07:11t'es prise parce que t'as un vagin ».
07:13C'est des trucs qu'on entend
07:14quand on parle à des jeunes femmes.
07:15On en est là, quand même,
07:16pour dire les choses telles qu'elles sont.
07:19Moi, il y a 15 ans,
07:20j'ai eu recours à ces dispositifs assez ciblés
07:22de faire des promos 100% de femmes
07:24dans mes équipes chez Free,
07:25parce que je n'avais que des hommes.
07:27Et en réalité, ça se passe très bien.
07:29Donc là, la vraie clé de succès des piscines,
07:33ce n'est pas le nombre de femmes qui vont rester,
07:35même si j'ai compris que potentiellement 60
07:37sur les 300,
07:39c'est de se dire,
07:40in fine, combien vont réussir réellement,
07:43combien vont rester,
07:45combien vont prendre leur place
07:47dans des environnements mixtes.
07:49Et puis, il faut voir ça
07:50comme un outil de rattrapage
07:52qui est, je pense, extrêmement précieux,
07:54pas comme un modèle de société,
07:56je suis d'accord, Delphine,
07:57parce qu'on ne fait pas une tech avec les femmes,
07:59on ne veut pas faire une tech entre femmes,
08:02on veut faire une tech avec les femmes,
08:04on veut que ce soit durable
08:05et qu'elles prennent leur place.
08:07Puis pour ceux qui disent
08:08c'est de la discrimination positive,
08:10non, ce n'est pas de la discrimination positive,
08:13c'est du rattrapage économique.
08:15Ok, très bien.
08:16On est 100% d'accord avec ce qui vient d'être dit.
08:18Oui, surtout la phrase qu'on doit retenir,
08:21c'est ça,
08:21ce n'est pas une démarche entre les femmes,
08:24mais avec les femmes.
08:25Et effectivement,
08:26cette carence d'initiatives féminines
08:28dans la tech liée à notre histoire,
08:30notre culture,
08:30et le regard que l'on porte sur les femmes,
08:32doit être contrée.
08:33Et ces démarches de stimulation
08:34sont tout à fait les bienvenues.
08:36Donc, il faut les encourager,
08:37s'en stigmatiser,
08:38et pour créer une tech avec les femmes,
08:40et pas entre les femmes.
08:42J'ajoute que beaucoup de gens disent
08:44maintenant que le développement,
08:45ça va être fait par des IA.
08:46Non, on a besoin effectivement
08:48d'une supervision humaine,
08:50et dans la supervision humaine,
08:51il faut là aussi que la proportion
08:54entre hommes et femmes
08:55soit respectée très clairement.
08:57Et Sanae, c'est vrai que je suis quand même,
09:01en vrai, favorable à ce genre d'initiatives,
09:03parce qu'en plus,
09:04c'est des piscines discovery.
09:05Si c'était vraiment la piscine,
09:07c'est-à-dire l'entrée sur le campus,
09:09qui devenait non-mix,
09:10là, ça me poserait clairement un problème,
09:12mais on n'en est pas là.
09:14Non, on n'en est pas là.
09:15Et effectivement, comme vous le disiez,
09:17l'idée, c'est vraiment pouvoir lever le voile
09:19sur peut-être des stéréotypes
09:22et de créer un environnement
09:23dans lequel elles se sentent bien,
09:25pour derrière avoir envie
09:26de rejoindre la tech,
09:29que ce soit 42 ou ailleurs, par ailleurs.
09:31Et pour vous donner quelques chiffres,
09:33on a accueilli 2200 femmes l'année dernière.
09:35L'objectif, c'est d'en accueillir 3000 cette année.
09:37Et pour celles que ça intéresse,
09:39les prochaines sessions auront lieu
09:40la semaine du 18 mai et du 1er juin.
09:43Et vous l'avez dit, c'est ouverte à toutes.
09:46Et donc, la sélection,
09:48elle se fait comment ?
09:48Première inscrite et ses premières prises,
09:52c'est ça ?
09:52Enfin, c'est juste dans l'ordre d'arrivée ?
09:55Exactement, sur cette semaine de découverte.
09:56Comme l'objectif, c'est de la découverte,
09:58c'est vraiment accessible à toutes,
10:00sans aucune condition,
10:01et c'est entièrement gratuit sur le campus de Paris,
10:03qui est situé dans le 17e.
10:04Et bien voilà, donc si vous avez plus de 16 ans,
10:07c'est le moment de vous inscrire pour la session du mois de mai.
10:09Merci beaucoup, Sanae Blanc,
10:10je rappelle que vous êtes la directrice de la communication,
10:13et que vous pilotez les événements sur le campus parisien de 42.
10:17Nous, on enchaîne,
10:18on va continuer de parler d'Internet,
10:20sujet que vous connaissez tous très très bien,
10:22y compris sur la partie réseau,
10:23puisque, Angélique, vous l'avez dit,
10:24vous avez été membre, même fondatrice,
10:29d'Ilia de Free.
10:31Donc on va parler de panne, coupure Internet,
10:33c'est un truc qui ne nous amuse pas tellement,
10:35mais qui serait, en tout cas,
10:39peut-être, en passe,
10:41de devenir de plus en plus importante.
10:42Pour l'instant, je dois dire qu'on a quand même un bon réseau.
10:44En France, ça fonctionne bien,
10:45la fibre optique arrive pratiquement partout,
10:48mais c'est peut-être là le problème, en fait,
10:49puisqu'on a des subventions de l'État
10:51qui ont permis à des réseaux
10:53d'aller jusque dans les territoires ruraux,
10:56sauf que maintenant, pour les entretenir,
10:57les gestionnaires de réseaux disent
10:58« Ah ben là, ça commence à coûter très très cher,
11:01nous, on n'a pas les moyens de faire
11:02que les opérateurs mettent la main au portefeuille,
11:04et là, on en est là. »
11:06Alors Philippe, qu'en est-il ?
11:07Est-ce qu'il y a vraiment des risques, aujourd'hui,
11:09de dégradation de notre connexion à Internet ?
11:13Il y a un enjeu très fort
11:14de maintien opérationnel
11:16et en condition opérationnelle des réseaux,
11:18ça c'est certain.
11:19Ce qui arrive aujourd'hui sur la question
11:21de l'économie des réseaux
11:22n'est absolument pas nouveau.
11:25C'est quelque chose qui nous préoccupe
11:27depuis longtemps.
11:28Il se trouve qu'en fait,
11:29le modèle français sur lequel a été adossé
11:31le succès du plan France Reau Débit
11:32et qui fait que la France, aujourd'hui,
11:34caracole en tête des infrastructures numériques
11:35en Europe,
11:38ce modèle français repose sur la création
11:39d'opérateurs d'infrastructures
11:41qui ont investi dans des infrastructures
11:42et qu'ils commercialisent
11:43à des opérateurs commerciaux.
11:45Ces opérateurs commerciaux
11:46payent pour l'entretien des réseaux.
11:48Donc les opérateurs d'infrastructures,
11:50c'est, on va dire,
11:51les membres adhérents d'Infranum,
11:53pour résumer principalement,
11:55et les opérateurs commerciaux,
11:56c'est les quatre qu'on connaît ?
11:57C'est les quatre qu'on connaît, absolument.
11:59Donc Orange, Bouygues, SFR.
12:00C'est ça,
12:00et avec des opérateurs également
12:02B2B derrière.
12:03Les opérateurs commerciaux,
12:05donc, payent pour utiliser ces réseaux-là.
12:07Il se trouve que les lignes directrices
12:09de l'ARCEP,
12:09qui donnent les grandes,
12:11les guides,
12:12le guide de commercialisation des réseaux,
12:13ces lignes directrices
12:14ont été établies en 2015.
12:16Mais depuis,
12:16il s'est passé énormément de choses,
12:17des évolutions du coût du génie civil,
12:19y compris dans son utilisation quotidienne,
12:21et des aléas climatiques,
12:23des pannes,
12:24des dégradations
12:25qui vont de façon croissante.
12:27Et ça pose aujourd'hui
12:27un gros problème
12:28pour les opérateurs d'infrastructures,
12:31puisque les coûts
12:32d'exploitation des réseaux
12:34ont augmenté,
12:35mais les recettes
12:35liées aux opérateurs commerciaux
12:38n'ont pas du tout augmenté.
12:39Excusez-moi de poser cette question,
12:40Philippe,
12:41mais ils n'avaient pas du tout
12:42anticipé le coût de la maintenance ?
12:44Non, en fait,
12:45d'autant plus qu'il y a
12:45des évolutions réglementaires.
12:47Non, mais personne ne vient.
12:48Ni l'État,
12:49quand il a décidé
12:50de lancer ce projet,
12:52ni les opérateurs commerciaux,
12:54ni les opérateurs d'infrastructures,
12:56personne ne s'est dit
12:56à un moment,
12:57il va falloir payer
12:58pour l'entretien.
12:59Alors, si, si, bien sûr.
12:59D'ailleurs,
13:00dans la commercialisation,
13:03il y a des tarifs
13:04destinés justement
13:04à supporter cette exploitation-là.
13:06Mais les conditions réglementaires
13:07elles-mêmes ont évolué.
13:08Par exemple,
13:09le coût de GCBLO,
13:10de l'offre d'Orange
13:12pour utiliser les fourreaux
13:14nécessaires
13:14au déploiement de la fibre,
13:16ces coûts-là
13:16ont augmenté
13:16de façon importante
13:17et les opérateurs
13:19d'infrastructures
13:19peinent à répercuter
13:21ces coûts
13:21sur les opérateurs commerciaux.
13:23À la décharge
13:23des opérateurs commerciaux,
13:25il y a de leur côté,
13:26bien entendu,
13:27un problème
13:27où le prix du marché
13:28est trop bas,
13:29le prix de détail
13:30est trop bas
13:30et la concurrence
13:31avec les GAFAM
13:32qui aspirent toute l'économie
13:33des télécoms
13:34est trop forte également.
13:35Donc, c'est une problématique
13:37de filière.
13:38Chacun doit y prendre sa part
13:39mais une chose est sûre,
13:40c'est qu'on ne peut pas
13:40rester dans cette situation-là.
13:41On risque effectivement
13:42d'avoir un effet ciseau
13:44qui serait préjudiciable
13:45l'économie numérique elle-même.
13:47On risque d'avoir
13:47une dégradation ?
13:48Oui, dans les prochaines années.
13:49Alors, dégradation,
13:49je ne sais pas.
13:50Oui, voilà, c'est ça.
13:51Dans les prochaines années,
13:52on risque d'avoir
13:53ce problème-là
13:54et il faut absolument
13:54trouver des solutions.
13:56La difficulté,
13:57c'est une question
13:57de responsabilité collective
13:59et c'est toute la peine
14:00que nous avons
14:01à trouver des solutions
14:02qui sont pour autant
14:03identifiées,
14:05qui peut-être
14:07trouveront aussi
14:08leur écho
14:08dans la rehausse
14:09du tarif de détail
14:11parce qu'encore une fois,
14:12le marché français
14:13est adosé
14:14sur un marché de détail
14:14beaucoup trop bas.
14:15Donc là, on se dit,
14:16soit on va avoir
14:17des problèmes
14:18de dégradation
14:19de qualité d'accès
14:20dans nos territoires,
14:21soit on va voir
14:22nos abonnements
14:24augmenter par mois.
14:25Mais est-ce que c'est compliqué
14:27quand même
14:28pour un opérateur aujourd'hui
14:29d'annoncer une hausse des prix ?
14:31Je pense effectivement
14:32que c'est complexe.
14:33Cette compétition
14:34entre les opérateurs.
14:35Après des années d'inflation,
14:38je pense que vous avez
14:39soulevé un très bon problème,
14:40c'est les GAFAM
14:41et toute la bande passante
14:43qui est absorbée.
14:44Donc avec des revenus
14:45et des impôts
14:46qui sont souvent payés
14:47en dehors
14:48du territoire national
14:49et européen.
14:50Donc c'est un sujet
14:51et pour le coup,
14:52ce serait intéressant
14:53de pouvoir le remettre
14:54sur la table.
14:55Après, effectivement,
14:56on a...
14:56C'est le sujet du faire cher,
14:57en fait.
14:58Mais oui, totalement.
14:59Les grandes plateformes,
15:00les grands consommateurs
15:01de bandes passantes
15:03participent au financement
15:04des réseaux
15:04et de leur entretien.
15:05À l'effort de guerre, quoi.
15:06Oui.
15:07Après, oui,
15:08c'est une bombe à retardement,
15:09en fait,
15:09ce sujet.
15:10Et j'aimerais ajouter un point,
15:12c'est que c'est quand même...
15:13L'objectif a été atteint
15:14en termes de déploiement fibre.
15:16Ça a même été une obsession
15:17depuis dix ans
15:18de déployer le KPI.
15:19C'était le nombre
15:20de prises raccordées.
15:21Mais les dégradations,
15:22les pannes,
15:23c'est aussi potentiellement
15:25une fracture,
15:26en fait,
15:27numérique
15:27dans les zones rurales
15:30qui revient autrement.
15:32Donc c'est aussi un sujet
15:33alors que là,
15:33on a réussi à les déployer.
15:35Et puis, oui,
15:36il y a une responsabilité éclatée.
15:37Il y a les collectivités aussi,
15:39en plus des opérateurs
15:40d'infrastructures
15:40et des opérateurs commerciaux.
15:42Et quand tout le monde
15:43est responsable,
15:44en fait,
15:44personne n'est responsable.
15:45C'est toujours un peu le sujet.
15:47On en est là.
15:48Et puis,
15:49c'est un changement
15:50parce qu'on a déployé
15:52cette couverture.
15:53Et puis,
15:53aujourd'hui,
15:53le sujet,
15:54c'est la fiabilité.
15:55Et donc,
15:56le nouveau KPI,
15:57c'est finalement
15:58la qualité de service.
16:00Effectivement,
16:00Internet,
16:00ce n'est pas du confort.
16:01Pendant des années,
16:02ça a été le troisième tuyau
16:03de la maison.
16:03Maintenant,
16:04on sait que c'est essentiel.
16:05On a quand même
16:06tout un tas
16:06de télétravail
16:08et tout un tas
16:09de,
16:10je dirais,
16:11de tout ce qui est,
16:12toutes les personnes
16:13qui utilisent,
16:14en fait,
16:15les réseaux.
16:16C'est devenu vital.
16:17Alors moi,
16:17j'ai envie de dire
16:18que c'est un mal français,
16:19en fait.
16:19C'est le parallèle
16:20avec les chemins de fer
16:21mais aussi les réseaux d'eau
16:22et je ne parle pas
16:23du réseau de gaz.
16:24À tout point de vue,
16:25finalement,
16:25on a cette difficulté
16:26à trouver le modèle économique
16:28qui permet d'assurer
16:28une maintenance
16:29et tout particulièrement
16:30dans les zones rurales.
16:31Alors,
16:31on sait créer ces réseaux,
16:33effectivement,
16:33leur maintien en conditions
16:34opérationnelles,
16:35c'est un sujet.
16:35Pour revenir sur le secteur
16:37des télécoms,
16:38c'est vrai que concrètement,
16:39c'est un secteur
16:39qui a été complètement dérégulé
16:41pendant les années 2000.
16:43Sans doute que c'est bien,
16:47et moi,
16:48je le vois clairement
16:49et y compris dans la partie
16:50de professionnels.
16:51Voilà,
16:51il n'y a plus de licence
16:52opérateur télécom.
16:53Donc,
16:53il y avait des redevances
16:54associées à ce statut.
16:56Il y avait un régime
16:57et l'ARCEP,
16:58voilà,
16:58qui ne s'appelait pas comme ça
16:59à l'époque,
17:00avait sans doute plus de poids
17:01aussi pour imposer
17:03cette qualité de service
17:04qu'elle peut le faire actuellement.
17:05C'est compliqué.
17:06En parallèle,
17:07c'est vrai que les tribunaux,
17:08depuis très longtemps,
17:10requièrent une obligation
17:11de résultat vis-à-vis,
17:12effectivement,
17:13de ces différents opérateurs.
17:14Mais les opérateurs
17:15voient très bien
17:16qu'entre quelques petits
17:17cas de jurisprudence,
17:18malgré tout isolés,
17:20avec des montants
17:21de dommages et intérêts
17:22finalement relativement limités
17:23par rapport au fait
17:24finalement de ne pas investir
17:25dans le réseau,
17:26le calcul,
17:27malheureusement,
17:27économiquement,
17:28peut être vite fait.
17:29Oui.
17:30Philippe, oui ?
17:30La France a quand même
17:31une tradition séculaire
17:33de qualité d'infrastructure.
17:35Et la qualité de nos infrastructures
17:36a été quand même
17:37totalement au niveau
17:38et largement meilleure
17:39que ce qu'on peut trouver
17:40dans d'autres pays d'Europe.
17:41c'est ce que vous vendez
17:42à l'étranger en plus.
17:43Ah oui,
17:43mais ça s'exporte.
17:44Je reviens du JITEX au Maroc.
17:45Je peux vous dire
17:46qu'il y avait une centaine
17:47d'entreprises françaises
17:48dont 60 d'infranumes.
17:49Il y a un vrai engouement
17:51pour ce modèle français
17:52dès lors que,
17:53bien sûr,
17:53on réussit à ne pas exporter
17:55ce qui ne va pas,
17:56dont aujourd'hui
17:56le modèle économique,
17:57l'économie long terme
17:58des réseaux.
17:59Et puis,
17:59il y a un sujet,
18:00il ne faut pas qu'on affaiblisse
18:01aussi non plus,
18:02c'est quand même des champions,
18:03nos quatre opérateurs.
18:05Il ne faut pas les affaiblir
18:06parce qu'en face,
18:07il y a aussi les big tech
18:08qui n'attendent que ça
18:11pour prendre le marché.
18:12Et très concrètement,
18:13je suis très préoccupé
18:14justement par les personnes
18:16qui vivent en zone rurale,
18:18contrairement aux zones urbaines,
18:19où de toute façon,
18:20le réseau cuivre va disparaître.
18:21On le voit aussi
18:22en termes de dégradation,
18:23c'est devenu insoutenable
18:24en raison du cours du cuivre,
18:27tout simplement.
18:27On parle de sabotage
18:28et de vol.
18:29Exactement,
18:30avec là aussi
18:30des décisions de justice
18:32qui ne sont pas dissuasives,
18:33il faut dire les choses clairement.
18:35Et face à ça,
18:36qu'est-ce qu'on a ?
18:36Alors, uniquement la fibre,
18:37mais si elle ne marche plus,
18:38il ne reste que Starlink.
18:40Concrètement,
18:41c'est vrai,
18:41ce réseau finalement,
18:42c'est évident.
18:43Et EUTL-SAT.
18:44Mais pour le coup,
18:45qui n'a pas la même part de marché,
18:46ce qui pose aussi
18:47une question de souveraineté numérique.
18:48Et qui sont élitistes,
18:49encore une fois.
18:50Ce n'est pas en zone rurale
18:51qu'on peut effectivement
18:52acheter un abonnement Starlink.
18:54Oui, du fait de coût.
18:55Mais sur la fermeture
18:56du réseau cuivre,
18:57c'est une source quand même
18:58de financement,
18:59mais effectivement,
19:03les jurisprudences
19:04n'ont eu aucun effet dissuasif
19:06sur le vol de cuivre
19:07qui contribue d'ailleurs
19:08au démontage
19:09qui sera nécessaire,
19:10mais quand même
19:10pas dans des conditions acceptables.
19:12Non, je suis d'accord Delphine,
19:13la réalité du problème,
19:15c'est qu'il ne faut absolument pas
19:16déstabiliser le haut de la pyramide.
19:18C'est parce que nos opérateurs
19:19se porteront bien
19:20que l'ensemble de l'écosystème
19:21pourra prospérer
19:23et que nos infrastructures,
19:24elles aussi,
19:25trouveront leur modèle économique.
19:26Donc, il faut absolument
19:27tenir compte de tout ça.
19:29Ça fait des années
19:29qu'on alerte là-dessus,
19:30de même que nous alertons
19:31sur la résilience
19:33de nos réseaux.
19:34Ça a été dit,
19:35on est maintenant
19:36sur des réseaux essentiels.
19:38Il ne s'agit pas
19:38de quelque chose
19:39d'accessoire,
19:40mais de déterminant
19:41pour la vie économique
19:42et la vie autour de nos écosystèmes.
19:44Et ça, je pense que
19:44l'État l'a pris en compte
19:45justement avec ce plan
19:46de connexion
19:47de tous les Français.
19:48C'était l'idée quand même
19:50de porter Internet
19:51presque comme un service public,
19:53un service universel.
19:54Et on a plus de 80, je crois,
19:56réseaux déployés
19:57par le service public.
19:58Oh oui, oui.
19:59Et donc, comme l'État
20:00n'a plus d'argent,
20:00qu'on ne veut pas affaiblir
20:01notre filière,
20:02il ne reste que les big tech.
20:03C'est ça, vous me dites,
20:05pour résoudre le problème
20:06du financement.
20:07Alors ça,
20:08oui, là on prêche
20:09un converti, forcément.
20:11Et pour l'instant,
20:11ce sujet est enterré.
20:12En tout cas,
20:13il a été enterré en Bruxelles.
20:13Il y a eu quand même
20:14cet effet de cette loi
20:15qui est passée
20:16dans le plan de finances
20:17avec une augmentation
20:18de la taxation
20:19effectivement des GAFAM.
20:21Ça n'est qu'un pansement
20:22sur une jambe de bois.
20:23Le problème est beaucoup
20:24plus profond,
20:25notamment sur la déclaration
20:26des revenus.
20:27Et je pense que
20:29des acteurs qui consomment
20:2960% de la bande passante
20:31doivent contribuer eux aussi
20:32aux investissements
20:32ou en tout cas
20:33à l'exploitation de nos réseaux.
20:34C'est une évidence.
20:35Mais il faut répondre
20:36que c'est une atteinte
20:37à la neutralité d'une web.
20:38Donc il y a toujours
20:39cette difficulté.
20:40Et puis il y a ce risque aussi
20:41qu'on touche à la neutralité
20:42du net puisque finalement
20:44on risque d'avoir,
20:45comme tu disais Jean-Luc,
20:47Internet à plusieurs vitesses,
20:49même pas que deux vitesses,
20:50plusieurs vitesses.
20:50Et ceux qui auront un service
20:53payant, plus cher,
20:55auront peut-être
20:55une meilleure qualité de service.
20:56Si on va vers ça,
20:57effectivement c'est la fin
20:58de la neutralité du net.
20:59On en reparlera.
21:00Je vous propose
21:01qu'on attaque
21:02notre revue de presse.
21:03On n'a plus beaucoup de temps
21:04déjà à vous.
21:04Ça va trop vite.
21:06Alors on voulait citer
21:06un courrier international
21:07pour changer aujourd'hui
21:09qui fait sa une sur les Chinois
21:10qui se ruent sur OpenClo.
21:12Voilà l'IA qui agit
21:13plutôt qu'elle ne parle.
21:15Donc je voulais avoir
21:15votre avis sur cette IA agentique
21:18qu'on installe donc
21:19sur nos ordinateurs
21:20qui permet d'avoir des agents
21:22qui automatisent des tâches
21:24pour nous en local.
21:26Vous êtes fan ou pas
21:28d'OpenClo ?
21:30Dans une certaine.
21:30Allez, montrez vos cartons.
21:33Qu'est-ce qu'on est frileux ?
21:35Allez, devant le micro
21:36s'il vous plaît.
21:37Angélique, devant le micro.
21:38Voilà.
21:39Parfait.
21:40Donc oui, on n'est pas hyper fan.
21:42Allez, on va prendre
21:43le plus mitigé.
21:44C'est mon côté normal.
21:45Désolé.
21:46Le plus mitigé.
21:47Oui, mitigé quand même
21:48parce que ça reste un service
21:51hyper intéressant, utile
21:53et qui peut produire des effets
21:57importants sur l'économie,
21:59sur le développement
22:00de nos entreprises.
22:00Mais évidemment,
22:01il est adossé à toutes ces menaces
22:02de délaisser complètement
22:04son libre arbitre
22:05et de confier à un tiers
22:08sa destinée.
22:09Là, on franchit un cap.
22:10Il faut évidemment
22:12encadrer, former,
22:14faire attention à ce que l'on fait.
22:15Mais c'est une avancée
22:15dont on ne pourra pas
22:16se passer demain.
22:17Et je pense simplement
22:18qu'il faut faire attention.
22:19C'est un outil open source.
22:20C'est ça le problème.
22:21Pour l'instant,
22:22le tiers n'est pas
22:23un grand méchant commercial.
22:25Oui, mais c'est anxiogène derrière
22:27parce qu'on ne sait pas
22:27comment ça va évoluer.
22:29C'est une IA qu'on peut façonner.
22:31C'est un multiplicateur de capacités.
22:33Mais j'ai mis un carton rouge.
22:35Je pense qu'il y a quand même
22:36quelque chose de fondamental.
22:37C'est qu'on peut automatiser les tâches
22:39mais pas la relation.
22:41Là, on délègue.
22:42On a vraiment un agent
22:43qui est dans une chaîne
22:45de décision pour nous.
22:46Il y a un enjeu stratégique
22:49à mes yeux
22:49parce que
22:50toutes ces nouvelles technologies
22:52et tous ces agents IA
22:55sont majoritairement
22:55sous impulsion américaine.
22:58Est-ce qu'on est prêt
23:00effectivement à laisser
23:01cette logique de décision
23:04collectivement,
23:04tous ensemble ?
23:07Et qui porte la responsabilité
23:09quand il y a un problème ?
23:10Parce que le sujet,
23:12ce n'est pas l'erreur.
23:13C'est l'erreur invisible.
23:14C'est celle qu'on ne voit pas.
23:15Et donc, pour moi,
23:17effectivement,
23:17pour l'instant,
23:18je suis en rouge.
23:18Je demande à voir.
23:20Je n'ai pas encore testé.
23:21Donc, c'est un gros point
23:23d'interrogation.
23:24Et il y a déjà eu
23:24des gros sujets
23:25sur la cybersécurité
23:27avec évidemment
23:28la nécessité
23:29à un moment donné
23:29pour OpenCloud
23:30d'avoir cet accord
23:32avec Virus Total
23:33pour que tous
23:34les nouveaux développements
23:35soient scannés.
23:37Mais le risque
23:37qu'il y ait des backdoors
23:38reste néanmoins
23:39très important.
23:40Moi, j'ai mis rouge
23:41parce que je ne suis pas prête
23:41à donner toutes les clés
23:42de chez moi,
23:43tous mes dossiers,
23:44mes accès aux mails
23:45et tout ça.
23:45Je ne suis pas prête.
23:46Le numéro de carte bancaire.
23:48C'est ça.
23:48Alors, là,
23:49on va citer un post LinkedIn
23:51de Gaëtan de Lavilléon
23:53qui est le cofondateur
23:55de COGX,
23:56une agence de conseil
23:57en sciences cognitives
23:58qui nous dit
23:59« L'IA ne nous libère pas
24:00autant de temps
24:01que nous pensions.
24:02Par contre,
24:02elle sature notre cerveau.
24:04Vous êtes d'accord
24:04ou pas d'accord ? »
24:07Moi, je suis d'accord.
24:07Oui, je suis d'accord
24:08avec lui
24:10mais Philippe
24:11n'est pas d'accord.
24:12Ah non, ça désature
24:12le cerveau malheureusement.
24:13C'est bien le problème.
24:15Ah trop !
24:15Ah, c'est ça !
24:17C'est vraiment le problème
24:18de désaturer notre cerveau.
24:20On ne se le cite plus du tout.
24:20Mais oui.
24:21C'est pour ça que je me mets à rouge
24:21parce que je ne suis pas d'accord
24:22avec cette citation
24:23même si j'ai bien compris
24:23le sens de ce qu'il voulait dire.
24:24Oui, parce que pour l'instant
24:26ça n'a pas fait ses preuves
24:27quand même en termes
24:27de gain de temps.
24:28Et puis moi,
24:28ça me fait penser
24:29comme au numérique
24:30où on nous disait
24:30« On n'aura plus de papier
24:31et tout ça,
24:31hop, je suis encore
24:32avec des feuilles. »
24:33Et je passe encore plus de temps
24:35sur les écrans
24:36qu'avant.
24:36C'est ça.
24:37En réalité, je pense que ça dépend
24:39de la nature de l'utilisateur.
24:41Dans mon cas, en fait,
24:42ça n'allège pas ma charge mentale.
24:44Ça la déplace
24:45parce qu'il faut relire,
24:47arbitrer,
24:48re-challenger l'IA.
24:49Quand on le fait sérieusement,
24:50en fait,
24:52cérébralement,
24:53il y a une fatigue.
24:54Il y a une fatigue décisionnelle.
24:56Et puis surtout,
24:57moi, j'étais déjà
24:58très efficace,
24:59un peu hyperactive.
25:00En fait, j'en fais
25:00cinq fois plus.
25:01C'est ça ce qui est terrible.
25:02Donc je suis devenue
25:03une chivalre à productivité.
25:05Donc voilà,
25:06entre production, décision.
25:07Et en fait,
25:08t'es beaucoup plus sollicité aussi.
25:10Et donc je trouve
25:10qu'il y a une intensification
25:12du rythme.
25:12Donc pour moi,
25:13l'IA ne libère pas du temps.
25:15Elle permet d'être omnisciente.
25:17Est-ce qu'elle libère du temps
25:18à l'avocat ?
25:18Alors, c'est une excellente question
25:19puisque nous avons,
25:21au niveau du Conseil national
25:22Débarreau fait un sondage
25:23avec l'IAVAOS.
25:2367% des avocats disent que oui
25:26et que ce temps-là,
25:27dans la même proportion,
25:28c'est assez amusant,
25:29bénéficie à une meilleure
25:30relation client.
25:31Mais quelque chose me dit
25:33que dans les résultats
25:33de ce sondage,
25:34il y a d'une certaine manière
25:35un biais entre ce qu'on espère
25:37que l'IA va vous apporter
25:39et la réalité de terrain
25:40qui, moi, à titre personnel,
25:41n'est malheureusement
25:42pas aussi positive,
25:44même si on a un...
25:45Moi, les avocats m'ont dit
25:45qu'on perd tellement de temps
25:47à démonter ce que
25:48ChatGPT ou autre
25:50a expliqué aux clients
25:51qui arrivent chez nous.
25:51Il y en a des IA généralistes,
25:53nos métiers d'avocat
25:54sont de plus en plus experts
25:55et malheureusement,
25:57si vous n'avez pas
25:57une IA experte,
25:58ça ne donne généralement
25:59pas le résultat souhaité,
26:00y compris sur des tâches
26:01purement administratives.
26:02Avec des risques
26:03de dégénérescence
26:04quand l'IA va puiser
26:04elle-même ses réflexions
26:05dans ce qu'elle a produit
26:06précédemment
26:07avec une plus faible valeur ajoutée
26:09et c'est toute la difficulté.
26:11Et alors, du coup,
26:11encore plus de travail
26:12pour recorriger, revérifier.
26:14C'est ça.
26:15Allez, je vais vous demander
26:16quels étaient vos coups de cœur
26:17ou vos coups de gueule.
26:18Vous êtes venus avec quoi
26:19aujourd'hui ?
26:20Tiens, Eric ?
26:21Allez, oui,
26:21puisqu'on a reçu
26:22l'ordre d'Arcos
26:23à la commission
26:24C'est un coup de cœur
26:24ou un coup de gueule déjà ?
26:25Donc, c'est un coup de cœur.
26:26Je ne sais pas si je dois
26:27dire le carton vert
26:28pour cette sénatrice
26:30à proposer une loi
26:32qui va permettre
26:33d'introduire
26:34une présomption
26:35de responsabilité
26:36sur les fournisseurs d'IA
26:38quant au développement,
26:40au déploiement
26:41et aussi aux résultats
26:42générés par une IA.
26:44Et ça, ça va être
26:44vraiment un changement.
26:46C'est un changement
26:46sur le droit d'auteur.
26:47Absolument.
26:48Par rapport à la réutilisation
26:50finalement d'œuvres
26:50préexistantes,
26:51il suffira d'un indice,
26:53donc ce sera très faible
26:54en termes de standards juridiques,
26:55pour établir la responsabilité
26:57des fournisseurs d'IA.
26:58On parlait de partage
26:59de la valeur.
27:00Je crois qu'en tous les cas,
27:02ça va introduire,
27:03et c'est ce que veut
27:04la sénatrice,
27:04pas tellement des procès
27:06et des condamnations
27:07en dommages et intérêts,
27:08mais du moins
27:09d'ouvrir la porte
27:10de tous les grands éditeurs d'IA.
27:12On a reçu les rapporteurs
27:13de cet exercice.
27:14Bravo.
27:15Et le Conseil d'État
27:16a validé cette proposition de loi
27:17qui devrait passer là,
27:18avant l'été.
27:19Allez, très vite,
27:19j'ai des coups de cœur,
27:20coups de gueule ?
27:21Coups de gueule ?
27:21Oui.
27:22Moi, j'en ai marre.
27:23Oui.
27:24C'est quoi ?
27:24J'en ai marre, en fait,
27:26on est en train d'importer
27:28les reculs américains
27:30sur la diversité.
27:32Et donc, je trouve qu'en Europe,
27:34on n'a pas le luxe
27:35d'aller sur ce type de sujet,
27:36et pourtant,
27:37on voit les budgets
27:38qui chutent
27:38sur l'inclusion et la diversité.
27:40Il y a un manque
27:40de représentativité
27:41des femmes dans la tech.
27:43Encore une fois,
27:43on n'exploite pas
27:44la totalité du vivier,
27:47c'est un vrai enjeu économique,
27:49démocratique,
27:50c'est plus qu'un sujet sociétal.
27:52Avec l'IA,
27:52ça devient un enjeu d'humanité.
27:54Et donc, peut-être
27:55qu'aux États-Unis,
27:56on peut se permettre
27:57ce type de débat politique,
27:59mais pas nous,
27:59en Europe,
28:00il faut se concentrer
28:00sur la paire.
28:01Allez, 4 secondes.
28:02Coup de cœur
28:03pour la transition digitale
28:04en Afrique
28:05et l'enthousiasme,
28:05l'engouement des pays africains
28:07qui se prennent en main
28:08et qui deviennent
28:09de plus en plus autonomes
28:10sur les compétences
28:11et leur développement numérique.
28:12Merci beaucoup
28:13de les mettre en lumière.
28:14On termine peut-être
28:14avec des images
28:15de Artemis II
28:15qui étaient mon coup de cœur.
28:17Merci à tous
28:17de nous avoir suivis.
28:19C'était donc
28:20le grand débrief
28:21de Smartech.
28:23À 10h45 jeudi prochain,
28:25on sera là à nouveau.
28:26En attendant,
28:27Smartech revient
28:28dès lundi
28:28pour de nouvelles discussions
28:29sur Smartech.
28:34Sous-titrage Société Radio-Canada
28:36Sous-titrage Société Radio-Canada
28:39Sous-titrage Société Radio-Canada
28:40Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires