- il y a 10 mois
Une panne mondiale d’Amazon Web Services a paralysé Internet pendant plus de quinze heures, depuis la Virginie jusqu’à l’Europe. Des géants comme Prime Video, Canva ou McDonald’s ont été touchés, rappelant que même le plus grand fournisseur cloud n’est pas infaillible. Analyse en plateau dans Smart Tech avec Delphine Sabattier et ses invités.
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00:00C'est parti pour le grand débrief de l'ActuTech. Vous êtes sur BeSmart4Change, vous regardez Smartech.
00:10Aujourd'hui autour de la table, nous avons l'avocate Garance Mathias. Bonjour Garance, merci beaucoup d'être avec nous.
00:16Julien Pillot également avec nous, économiste, enseignant-chercheur à l'INSEC.
00:20Et on espère bien retrouver Alain Staron qui doit être perdu sur son vélo, PDG d'Artifique qui est censé nous retrouver.
00:27On va parler de quoi aujourd'hui ? On va parler de cette promesse de rémunération d'Elon Musk, plus de 1000 milliards de dollars.
00:34Attention s'il atteint ses objectifs, c'est quand même un bémol important.
00:38On va en parler notamment avec l'économiste de ce petit bémol, cette condition.
00:42En tout cas, si ce plan est voté, ce sera le plan de rémunération le plus généreux jamais accordé à un patron.
00:50On va aussi parler des flops.
00:51Oui, parce qu'il y a des flops dans la tech. On va parler de ce qui n'a pas fonctionné.
00:55Tous ces produits mémorables auxquels on a vraiment cru.
00:58Parce que les échecs, c'est important.
01:01C'est beaucoup d'enseignement.
01:03Et donc, chacun est venu avec son petit échec préféré aujourd'hui.
01:06Mais on va commencer avec la grosse panne d'Amazon Web Service.
01:10C'était lundi.
01:12Une panne qui a affecté de nombreuses plateformes dans le monde, qui a duré plus de 15 heures.
01:17Pour lancer cette discussion, nous sommes connectés avec Cyril Van Nakt.
01:20Bonjour, vous êtes de la société Kipit, qui est une plateforme de protection des données conçue pour le cloud.
01:30Peut-être rappeler pour tout le monde ce qui s'est passé sur ce dysfonctionnement,
01:34et puis nous donner votre analyse déjà pour commencer, votre analyse sur cette panne AWS.
01:40Oui, donc AWS a eu une interruption de service lundi, qui a duré une quinzaine d'heures.
01:45Et il y a eu un effet boule de neige, cascade, puisqu'il y a beaucoup d'applications, d'éditeurs, de logiciels
01:51qui reposent sur les services de cette hyperscaler, qui est le plus gros mondial.
01:55Effet boule de neige qui a généré beaucoup, beaucoup d'interruption de services
01:59et de pertes de revenus pour beaucoup de sociétés et d'environnements.
02:03Mais ça vous semble une surprise, explicable ?
02:06Parce qu'on se dit, bon, les hyperscalers, a priori, c'est le choix de la sécurité.
02:10Et en fait, pas toujours, parce que ça nous arrive malheureusement régulièrement
02:14de commenter des pannes d'hyperscaler, d'ailleurs.
02:18Ça arrive de temps en temps, et ça va continuer d'arriver, puisque la perfection n'est pas de ce monde.
02:23Les bonnes pratiques consistent à redonder tous les éléments d'une architecture informatique,
02:28qu'elles soient hébergées chez vous ou que vous l'ayez fournie à un sous-traitant.
02:32Donc assurez-vous que vos sous-traitants, comme un hyperscaler, sont également redondants
02:36pour vos environnements informatiques, mais un souci peut toujours arriver,
02:41un grain de sable peut arriver et on peut avoir l'événement boule de neige.
02:44Donc la recommandation de Kipit et des éditeurs de protection de données,
02:48c'est d'avoir toujours une sauvegarde de vos données disponibles
02:51dans un environnement séparé de votre environnement de production
02:53pour pouvoir l'utiliser en cas d'indisponibilité de votre production principale.
02:58Parce qu'en fait, on pense cloud, cloud, on l'associe un peu à sauvegarde.
03:02On se dit, mes données sont gardées, donc protégées comme ça à distance sur des serveurs.
03:07Ce n'est pas toujours le cas.
03:08Ce n'est pas toujours le cas.
03:09Dans le monde du SaaS, qui est le software as a service,
03:12le segment le plus important du cloud et celui qui est en plus forte croissance,
03:17on va faire héberger, on va utiliser son application comme un service
03:21chez un fournisseur qui vous met à disposition l'application.
03:24Vos données sont chez ce fournisseur.
03:26Mais il y a un système de responsabilité partagée.
03:29Si la sécurité des données, la disponibilité, les performances sont de la responsabilité
03:33de l'éditeur SaaS qui peut utiliser un WS ou un hyperscaler,
03:38la responsabilité de la sauvegarde des données est chez le client final.
03:43C'est de la responsabilité du client d'être sûr qu'il a une bonne sauvegarde de ces données
03:46utilisables en cas de défaillance de son sous-traitant de production, de son application SaaS.
03:52Maître Mathias, c'est toujours évident cette question des responsabilités.
03:56Qui est censé protéger quoi ? Qui est responsable en cas de défaillance ?
04:00Alors c'est la question qu'on se pose dans les contrats.
04:03C'est vraiment le point et cet exemple remet en exergue l'utilité des contrats.
04:07Pourquoi ? Parce qu'il y a toujours une annexe qui s'appelle les SLR en anglais,
04:12donc les niveaux de service.
04:13Et dans les niveaux de service, il y a la disponibilité ou l'indisponibilité.
04:17Quelles sont les pénalités ou autres ?
04:19Donc là, il doit y avoir plein de clients qui sont en train de relire leurs conditions.
04:24Il n'y en a pas plein qui vous ont appelé.
04:26De niveau de service en se disant, est-ce que les pénalités ne sont pas dérisoires aussi ?
04:32Parce qu'on vient de le dire, il y a un impact financier très conséquent.
04:35Il y a un impact aussi sur des questions de sécurité.
04:38Parce que comme ça vient d'être dit, la réglementation sur la protection des données
04:42dit que c'est le responsable de traitement et le sous-traitant
04:45qui doivent définir des mesures de sécurité organisationnelles, techniques et juridiques.
04:50Donc, un partage des responsabilités.
04:53Toujours la question, toujours la question qui se négocie.
04:56Je dirais, bien connaître quand on est son client,
04:59quelles sont les données qu'on héberge, à qui on les confie,
05:03comment elles sont redondées.
05:05Très important, effectivement, d'avoir des plans de continuité d'activité
05:08pour avoir une redondance.
05:10Cet événement remet en exergue la nécessité de redonder,
05:15la nécessité de ne pas être en dépendance économique
05:18et pas de tout confier aux mêmes prestataires,
05:21quel que soit effectivement le nom, la marque ou autre.
05:25Ça me semblait hyper rassurante.
05:27Cyril, vous confirmez, j'imagine ?
05:29Vous vouliez réagir ?
05:30Tout à fait, tout à fait.
05:31Les bonnes pratiques consistent à redonder tous les éléments de la chaîne informatique,
05:35d'avoir des sauvegardes fraîches et à jour.
05:38Et si on a mis en œuvre un plan de reprise d'activité ou de continuité d'activité,
05:42de le tester régulièrement.
05:43Ne pas oublier qu'il faut le tester.
05:46Julien aussi, tu voulais réagir ?
05:48Oui, bien sûr, parce qu'on a parlé de responsabilité juridique,
05:51on a parlé aussi de conséquences économiques
05:53qui vont se chiffrer probablement en milliards.
05:56C'est un petit peu trop tôt pour le dire.
05:58Mais en gros, il y a les dépenses qui ont juste été retardées.
06:02Comment on fait pour évaluer finalement le coût sur l'activité ?
06:05Alors ça prend du temps, parce qu'il y a les dépenses qui ont été retardées,
06:07mais qui seront quand même réalisées.
06:09Et puis il y a les dépenses qui sont clairement perdues,
06:12parce qu'on a perdu le moment de consommation finalement.
06:14Donc ces dépenses-là, on a des modèles, nous, en économie,
06:16qui nous permettent de savoir par rapport à un fonctionnement normal de l'activité,
06:20quelle est la rupture qui a été opérée,
06:21et donc quelle est finalement la disruption en fait sur le continuum
06:26qui a été réalisé du fait d'une panne qui est exceptionnelle.
06:30Et donc on arrive à reconstituer un petit peu comme ça quand il manque à gagner.
06:33Et puis il y a effectivement tout un ensemble de coûts,
06:36notamment de coûts juridiques,
06:37si jamais il y a des entreprises qui restent en justice
06:40pour justement ce droit des contrats
06:42qui n'est pas toujours extrêmement bien connu,
06:44maîtrisé par les différentes parties prenantes,
06:46et qui peuvent derrière occasionner finalement des dépenses
06:47qui n'étaient pas prévues au départ du point de vue des entreprises.
06:51Et puis derrière, il y a une autre question à se poser.
06:53Je vais faire réagir peut-être, Garence Mathias,
06:56est-ce que vous voyez ça des affaires ?
06:58Ah oui, oui, oui, de plus en plus,
07:00parce qu'il y a déjà les conditions de niveau de service
07:02sont souvent peu, ou on ne calcule pas en fait.
07:06Il y a des formules de calcul plus ou moins complexes dans ces annexes,
07:09et il faut vraiment que l'entreprise cliente connaisse cette formule
07:14et sache si elle n'est pas dérisoire par rapport aux données confiées.
07:18Donc il y a déjà un principe de réalité.
07:19On n'entend pas parler d'affaires avec des hyperscalers
07:21qui payent des dédommagements à la suite de panne.
07:23Je n'ai pas arrivé jusqu'à mes oreilles en tout cas.
07:26Il y a effectivement, puisqu'en fait ça va dépendre du temps,
07:28de la temporalité, est-ce que c'est dérisoire ?
07:30Je rejoins effectivement ce qui vient d'être dit
07:33sur effectivement les pertes d'exploitation,
07:35sur aussi les conséquences, ça peut être des conséquences aussi d'images.
07:38Je ne rends pas un service, ça peut impacter mon image.
07:41Donc on a différents niveaux de préjudice qui peuvent être directs,
07:45pas de disponibilité, pas d'accès.
07:46On voit bien le côté direct, moi client, je subis.
07:50Donc là, engagement du contrat, engagement des niveaux de pénalités.
07:54Est-ce que les pénalités sont suffisantes ?
07:55Est-ce qu'il y aura de la responsabilité ?
07:57Je pense effectivement, je vois tout le monde au temps de la table qui dit non,
08:00mais oui voilà, je pense qu'effectivement ça va être un enjeu des débats.
08:04Ça peut se résoudre à l'amiable, tout ne va pas devant les tribunaux.
08:07Encore heureux, il y a quand même la France amiable.
08:10Mais avant toute chose, avant de parler de difficultés,
08:12de contentieux ou d'amiable, lire les contrats,
08:16challenger les annexes, challenger effectivement les pourcentages,
08:20de disponibilité, d'indisponibilité et ces pénalités.
08:24Voilà.
08:24Julien, oui.
08:25Non, pourvu que ça occasionne de bonnes pratiques aussi, en vérité.
08:29On a parlé de redondance, on a pu parler de multicloud,
08:31mais en gros, ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.
08:34Parce que là, quoi, notre niveau de dépendance ?
08:36De dépendance vis-à-vis de solutions technologiques qui, en plus de ça,
08:39sont parfois fournies par des intérêts étrangers,
08:42qui pour l'instant sont des intérêts partenariaux,
08:43mais qui pourraient un jour peut-être devenir des intérêts adverses,
08:46qui pourraient nous faire du chantage à la livraison de ces services.
08:48Donc, en vérité, oui, il y a tout un tas de bonnes pratiques
08:51qui peuvent émerger du fait d'une indisponibilité technique et technologique
08:56qui nous montre, en fait, nos vulnérabilités
08:58et qui occasionnent, en fait, des stratégies pour pouvoir y répondre à l'avenir.
09:02Alain, Staron nous a rejoint.
09:04Merci beaucoup.
09:06Alain, donc, patron d'une start-up,
09:08juste, vous avez été touché par la panne d'AWS ?
09:10À la marge.
09:11À la marge, mais quand même.
09:12En fait, pas nous, mais nos partenaires qui fournaient des services.
09:15Et donc, on n'a pas pu, nos partenaires, on peut envoyer,
09:18enfin, exécuter le service au moment du temps de faire.
09:21Deux choses.
09:22C'est impossible de négocier avec un hyperscaler
09:24sur le montant des pénalités en cas de problème.
09:27Et c'est effectivement absolument dérisoire.
09:30En gros, ils calculent combien, eux, de moins, ils devraient nous facturer.
09:35Heureusement qu'on gagne plus que ce qu'ils nous facturent.
09:37Sinon, on ne vivrait pas.
09:38Un, le sujet est juste impossible.
09:40Deux, être à la fois sur Amazon et Azure, nous, on est sur Azure.
09:45Être à la fois sur Amazon et sur Azure, c'est un coup de complexité phénoménal.
09:48Moi, j'ai une autre alternative qu'on a mise en place.
09:50Pourquoi on a été peu touché ?
09:51Parce qu'on fait tout à l'Age.
09:53Donc, tout peut se déconnecter, ça continue à marcher.
09:55Le seul truc qui marche plus difficilement, c'est les alertes auprès des particuliers,
10:00enfin, auprès des utilisateurs.
10:01Et là, pour le coup, la bonne nouvelle, c'est qu'on a trois manières de faire,
10:05toutes indépendantes.
10:06On fait des notifs Google, Apple.
10:09On fait des emails Outlook.
10:12Voilà.
10:12Et on essaie de faire des choses qui sont totalement redondantes.
10:16Sur l'aval, sur le métier lui-même,
10:18ma recose, c'est quand même d'être le plus possible à l'Age,
10:20c'est-à-dire être indépendant de tous ces gens.
10:21C'est un peu ce que dit Cyril Valnac, qu'on va bientôt libérer.
10:24Mais les PME sont particulièrement vulnérables, je veux dire,
10:27face à ces défauts de redondance, de résilience, de sauvegarde.
10:32Tout à fait.
10:32Souvent, les PME n'ont pas les moyens informatiques d'une grande entreprise.
10:35Donc, elles vont déléguer à des sous-traitants.
10:37Elles vont s'adresser à des Managed Service Provider, des fournisseurs de services.
10:41Et elles doivent s'assurer que leurs sous-traitants ont mis en œuvre toute la redondance nécessaire.
10:47Et comme le disait l'intervenant précédent,
10:48le fait d'avoir plusieurs canaux pour communiquer ou pour gérer ces traitements et ces processus.
10:53Je voulais ajouter quelque chose aussi d'important dans la sécurisation des données.
10:57Il y a la disponibilité, il y a les données elles-mêmes.
10:59Mais il y a aussi l'aspect souveraineté qui est de plus en plus important, comme on le sait, depuis plusieurs mois.
11:04Et c'est important aussi de regarder si les données que l'on confie à un sous-traitant vont être exemples de fuite possible vers un État qui est en dehors de l'Union Européenne.
11:15Absolument.
11:16Eh bien, c'est comme ça que, justement, on se rappelle qu'être chez un hyperscaler ne met pas forcément à l'abri,
11:22qu'on mesure nos niveaux de dépendance.
11:24Et donc, l'intérêt aussi de cet IRN, cet indice de résilience numérique dont on a parlé dans Smartech, notamment avec Yann Lechel.
11:30Merci Cyril.
11:31Oui, je vous libère.
11:32On va continuer notre débrief.
11:33Merci pour votre intervention.
11:34On a quelques-uns de très gros clients qui sont du CAC 40 et ailleurs,
11:38qui nous demandent d'être hébergés sur leur serveur.
11:41Donc, en tout cas, le problème est arrivé.
11:42Enfin, en tout cas, vis-à-vis d'eux, c'est leur salle des machines.
11:46Donc, on va vers là.
11:47Oui.
11:48Garance ?
11:48Alors, peut-être que je rejoins, effectivement, sur la difficulté de négocier un contrat avec un hyperscaler.
11:53Oui, c'est une réalité.
11:55Après, c'est aussi ce qu'on appelle, aussi, quand il y a de la dépendance économique,
11:58quand il y a un poids économique des contrats d'adhésion.
12:00Donc, il ne faut pas hésiter à le dire, à l'écrire.
12:04Il n'y a aucun cas à dire, c'est que les mots qui restent.
12:06Donc, à l'écrire en disant, je ne peux pas négocier.
12:08C'est important, puisque le contrat d'adhésion, y compris entre professionnels, est reconnu.
12:12Et cette nullité est reconnue.
12:14Donc, je fais des raccourcis, volontairement.
12:16Mais il ne faut pas hésiter à le dire.
12:18Rajouter la petite clause, comme les assiettes.
12:20Il ne faut pas hésiter à le dire.
12:21Je vais le faire.
12:22Il ne faut pas hésiter à le dire, parce que le côté du visoire, aussi, n'a pas lieu d'être une pénalité.
12:27Dans un cas comme dans l'autre, vous avez tous les deux des approches expertes.
12:30D'accord ?
12:31Et aujourd'hui, vous vous faites toucher du doigt le fait qu'il y a un vrai conseil, ça.
12:33C'est vrai.
12:35Mais la vérité, c'est qu'il y a un manque de culture numérique, aussi, dans le tissu économique de ce pays,
12:40qui nous rend extrêmement vulnérables, finalement, à des solutions étrangères clés en main.
12:43Oui, complètement.
12:44Et juste un point.
12:46Abandonner la réflexion.
12:47C'est, effectivement, la souveraineté numérique, très important de prendre en compte.
12:50Les nouveaux textes qui vont arriver, on a beaucoup parlé, que ce soit Nice 2 ou autre, vont, effectivement, dans ce sens.
12:56Autre point très important, c'est la clause d'audit.
12:59Il ne faut pas hésiter à interroger la chaîne de sous-traitance.
13:02Ça peut être un audit documentaire, je ne sais pas.
13:03Et par rapport à votre niveau, aux données qu'on confie, on revient toujours aux solutions, cas par cas, où je mets le curseur.
13:11Et le contrat, encore une fois, se négocie, quelle que soit la taille.
13:16Et en tout cas, en mettant vos propres garde-fous sur les choses et sans partir sur des négociations intenables.
13:25Le caractère dérisoire, aussi, est écarté.
13:27Voilà, une pénalité.
13:29La consultation, vous continuerez en cabinet.
13:31Mais oui, c'est tout ce qu'il faut.
13:33Merci beaucoup.
13:35À l'ensemble de ceux qui nous écoutent.
13:38On va passer à notre autre sujet, ce plan de rémunération le plus généreux jamais accordé à un patron.
13:43Enfin, je parle comme ça, mais en vrai, tout ça est soumis à plusieurs conditions.
13:47D'abord, il faut que ce soit voté, parce que ce programme est mis au vote des actionnaires le 6 novembre.
13:53Et puis, c'est conditionné, aussi, à la réalisation d'objectifs.
13:56Objectif atteignable, pas atteignable ?
13:59Eh bien, justement, on va poser la question à Julien Pillon.
14:01Parce que Julien Pillon, il dispose d'une Dolorraine, il a vu le futur.
14:03Mais Julien Pillon, il connaît le business modèle de Tesla, parce que c'est de ça dont il s'agit.
14:08C'est vraiment le conseil d'administration de Tesla qui a proposé à Elon Musk un plan de rémunération sur 10 ans
14:12qui peut dépasser les 1 000 milliards de dollars, à condition que l'entreprise atteigne une valorisation boursière.
14:18Donc, il serait un record de 8 500 milliards.
14:22C'est ça.
14:22Et aujourd'hui, on est en droit d'en douter, un petit peu.
14:25Néanmoins, tout n'est pas complètement farfelu.
14:29Il y a effectivement des clauses qui nous paraissent extrêmement difficiles à réaliser.
14:36Et puis, amener Tesla à une valorisation de 8 500 milliards, quand on voit un ralentissement des ventes de véhicules électriques et de batteries,
14:45quand on voit aussi le pseudo-flop, en tout cas le lancement en demi-teinte des robots Optimus, ce genre de choses,
14:50on est en droit légitimement d'en douter.
14:52Il n'en demeure pas moins qu'il y a plusieurs choses qui peuvent rentrer en ligne de compte
14:55et qui peuvent, quelque part, amener à nuancer un petit peu ce tableau-là.
14:58La première, c'est déjà un conseil d'administration qui est entièrement acquis à la cause d'Elon Musk
15:03et qui peut, quelque part, chercher à dégager tous les moyens possibles et imaginables, y compris sur le plan managérial,
15:09pour l'aider à atteindre ses objectifs, d'une part.
15:12Et d'autre part, il y a...
15:13C'est quand même motivant quand on a ça comme promesse.
15:15C'est très motivant.
15:16Et puis, il y a aussi, et ce qu'on a tendance parfois un petit peu à oublier,
15:20c'est que Tesla, finalement, ce n'est qu'une brique, peut-être la plus importante d'entre elles,
15:24mais une brique d'un écosystème qui est beaucoup plus vaste, qui est l'écosystème d'Elon Musk,
15:27avec SolarCity qui est maintenant Tesla Energy, avec évidemment Neuralink, SpaceX, etc.
15:31Et qu'en vérité, cet écosystème-là commence à ressembler à un écosystème qui est too big to fail,
15:38avec trop d'intérêt en jeu pour prendre le risque que ça puisse échouer.
15:42Donc, il peut y avoir, dans cet écosystème au sens très large,
15:47tout un tas d'intérêts financiers, technologiques, politiques également,
15:52qui poussent en faveur de la réussite de ce plan-là.
15:57Et on pourrait...
15:58Un plan global au-delà de Tesla, c'est ça ?
16:01Au-delà de Tesla, parce qu'il y a des ramifications, et c'est évident,
16:03entre les différentes entreprises d'Elon Musk et notamment des facturations parfois croisées,
16:08et puis des contrats publics qui pourraient abonder dans les prochaines années,
16:11qui pourraient permettre aussi de contribuer à donner à Tesla et à l'écosystème Elon Musk
16:15la puissance nécessaire pour atteindre certains de ses objectifs.
16:18On n'atteindra peut-être pas les 1 500 milliards,
16:20mais je prends le pari que la valorisation de Tesla dans 5-6 ans sera au-dessus des 1 400 milliards d'aujourd'hui.
16:26Je note.
16:27Plus 1 400 milliards.
16:29C'est une Doloréal, en fait.
16:31Alors, qui connaît bien ce marché de l'automobile ?
16:35Oui, en particulier, mais bon.
16:38La première chose, c'est que si on veut garder Elon Musk, il faut faire ce qu'il faut.
16:42Et la deuxième chose, c'est pourquoi on veut garder Elon Musk ?
16:44Parce qu'apparemment, personne d'autre serait capable de faire ce qu'il fait.
16:48Donc, je suis actionnaire, j'ai mis de l'argent...
16:50De faire ou de le raconter, de le vendre ?
16:52Non, mais la valorisation de Tesla, aujourd'hui, elle est escalée.
16:55Elle n'est pas racontée.
16:56Oui, mais c'est une valorisation.
16:56C'est un fait.
16:57Oui, c'est une valorisation, mais on ne parle que de valorisation.
16:59Donc, effectivement, il y a deux leviers.
17:02Le premier, c'est quelle valorisation ?
17:04Aujourd'hui, la valorisation de Tesla, elle est incroyable.
17:07Il n'y a pas un fabricant d'automobiles qui dit que c'est normal.
17:09C'est juste anormal, mais c'est le cas.
17:11Donc, moi, je suis actionnaire, je me dis,
17:13il a fait dans la voiture un truc réputé impossible, je veux qu'il continue.
17:17Bien.
17:17Et pour ça, comme on voit qu'il y a l'honneuse qui fait 10 milliards de trucs
17:20et puis on n'arrive pas à le canaliser,
17:22on le rémunère assez pour le canaliser.
17:23Moi, j'ai juste un doute sur le fait,
17:24est-ce que 500 milliards, 1000 milliards, ça change quoi que ce soit ?
17:28Bon, à part, je ne sais rien, mais moi, ça me dépasse.
17:31Mais bon, peu importe, peu importe.
17:32Purement mécanique, l'économie dit,
17:34je veux être valorisé à 1500 milliards,
17:37c'est un objectif ultra ambitieux,
17:39il peut éventuellement l'atteindre,
17:40et effectivement, rien n'est écrit aujourd'hui, mais c'est son job.
17:43C'est le job de tous les entrepreneurs
17:44de faire des choses réputées impossibles.
17:46Donc, je te mets un truc impossible,
17:48tu t'appelles Unmuss, tu m'as montré ce que tu savais faire,
17:50montre-le-moi encore.
17:51Très bien.
17:51Imaginons qui arrive.
17:53Qui va racheter des actions, j'étais ça,
17:54qui va 8 500 milliards ?
17:578 500 milliards.
17:58En fait, c'est probablement une valoration
17:59qui n'est pas liquidable.
18:01Enfin, comment on dit ?
18:02Tu ne peux pas s'exercer en liquidité.
18:04Donc, c'est de la pure théorie.
18:06C'est de la pure théorie.
18:07Et même pour les actionnaires,
18:08c'est un jeu de dupe entre eux.
18:10Je me mets dans 10 ans.
18:11Enfin, aujourd'hui, qui rachète Nvidia ?
18:13Personne.
18:14Qui rachétait Apple ?
18:15Non, personne.
18:16Donc, OK, ils vont atteindre
18:17des positions stratosphériques.
18:19OK, il sera virtuellement très riche.
18:21Mais il ne va rien en faire.
18:23Au-delà du montant dans l'absolu.
18:25Pour lui, même pour les actionnaires,
18:27ça va devenir trop cher.
18:29Donc, je me demande si ce n'est pas un peu idiot
18:31comme raisonnement de se dire
18:33OK, je suis assis sur un tas d'or,
18:34mais cet tas d'or, je ne le toucherai jamais
18:35parce que personne ne leur mettait
18:36des actions en ce prix-là.
18:38Garence, un mot là-dessus ?
18:39Oui, les définitions des objectifs,
18:41tout simplement,
18:42puisque cette rémunération est assise
18:45sur le respect des objectifs.
18:47Ce qu'on a pu lire,
18:47c'est qu'actuellement,
18:48les objectifs ne seraient pas très précis,
18:50justement,
18:51puisque c'est lié à la personne même,
18:53à la personnalité même.
18:54Ce n'est même plus d'Elon Musk.
18:55et sur le fait qu'ils doivent consacrer du temps.
18:59Alors, qu'est-ce qu'on veut dire,
19:00consacrer du temps ?
19:00Ça, c'est un enjeu.
19:01Oui, ils doivent privilégier finalement
19:02dans toutes les activités.
19:04Donc, oui.
19:04Alors, comment...
19:05Comment on le mesure ?
19:06Comment on le mesure ?
19:07Comment on le gère ?
19:07Les objectifs sont, a priori,
19:10doivent être qualitatifs et quantitatifs.
19:13Il y a effectivement des organismes tiers
19:17qui s'élèvent pour inciter le Conseil d'administration
19:20à ne pas voter.
19:21Donc, il y a quand même une critique.
19:23Mais le Conseil d'administration
19:25et les actionnaires vont être souverains
19:26dans le cadre de la gouvernance de la société.
19:28Donc, il faudra...
19:29Le vote n'a pas eu lieu.
19:30On verra s'il n'y a pas des ajustements
19:32de dernière minute.
19:33On verra, mais...
19:34Une question sur la définition des objectifs.
19:37Tout est hors norme, en fait.
19:38C'est la valo.
19:39C'est la valo.
19:40Il est très clair.
19:408500 milliards.
19:41C'est très factuel, pour le coup.
19:43Moi, je me dis, en tant questionnaire...
19:46Il y a la question, Alain, effectivement,
19:49de quel est l'intérêt
19:50si je ne peux pas finalement tirer
19:51les fruits de mon investissement.
19:54Mais il y a aussi un moment
19:56qui va arrêter Elon Musk.
19:57Je veux dire,
19:57quand on arrive à ces niveaux
19:59de puissance, de pouvoir,
20:00on est déjà sur Elon Musk,
20:02l'homme le plus riche du monde.
20:04Demain, ça devrait interroger aussi
20:06sur ce pouvoir démesuré
20:09qu'aura un homme.
20:10Le pouvoir démesuré
20:11et une volonté aussi
20:12qui reste à la tête
20:15et qui mobilise ce temps,
20:17parce que c'est vraiment
20:18de la mobilisation du temps
20:19sur Tesla.
20:21après, les autres conseils
20:22d'administration
20:23des autres entreprises
20:24qui ont été citées
20:26sont libres aussi
20:27de proposer...
20:29C'est vrai que c'est
20:30to big, to fail.
20:32Il commence à y avoir
20:33trop de gens,
20:34des personnes physiques
20:34ou morales,
20:35qui sont extrêmement intéressés
20:36à la survie
20:37et à la réussite
20:38d'Elon Musk.
20:38Jusqu'à quand ?
20:39Parce que ça,
20:40c'est le principe de la bulle.
20:41Un moment, ça éclate.
20:42Ou pas.
20:43Ou pas.
20:44Alors, est-ce que ce sera
20:44un flop ?
20:45J'essaye de faire une transition
20:46avec notre dernier sujet.
20:47Les échecs de la tech
20:50sont exposés
20:52jusqu'au 17 mai 2026.
20:53Je me dis qu'il y en a peut-être
20:54certains d'entre vous
20:55qui sont en vacances.
20:56C'est le moment d'aller
20:56au Musée des Arts et Métiers
20:57à Paris
20:58pour l'exposition
20:59Flop,
21:00donc consacrée
21:01au raté de l'innovation.
21:03Voilà, avec cette idée
21:04que ça interroge
21:05en fait sur ce qui marche,
21:06ce qui ne marche pas,
21:07pourquoi ça ne marche pas,
21:07qu'est-ce qu'on apprend
21:08de l'échec,
21:09comment fonctionne
21:10la mécanique finalement
21:11de l'invention
21:12et du progrès.
21:13Et je voulais,
21:13on a une minute,
21:15presque pas,
21:15chacun pour choisir
21:17notre flop préféré.
21:18Garance ?
21:19Moi, j'avais pensé
21:20il y a une dizaine d'années
21:21le lancement
21:22des Google Glass.
21:24J'avais soumis
21:24énormément de problèmes
21:25sur la vie privée.
21:26Alors, je rejoins
21:27ma passion
21:29sur les données
21:29à caractère personnel,
21:30mais effectivement,
21:31indépendamment du coût économique,
21:33indépendamment,
21:33c'était aussi
21:34une rupture technologique.
21:35Il ne faut pas oublier
21:35qu'il y a l'innovation derrière.
21:36Moi, je trouvais ça génial.
21:37Mais effectivement,
21:39ça a été un flop.
21:40Eh oui, heureusement.
21:41Après...
21:42Les lunettes connectées
21:43reviennent.
21:44Oui, c'est pour ça.
21:45Un flop,
21:46mais maintenant,
21:46on en tire des expériences.
21:48Aussi, un échec,
21:49on peut effectivement
21:50permettre d'avancer.
21:51Les technologies évoluent.
21:53Le cadre juridique
21:54serait peut-être
21:54mieux respecté aussi
21:55qu'à l'époque.
21:57Donc, voilà.
21:58C'est vrai.
21:59Julien ?
22:00Il y en a tellement.
22:01Mais peut-être
22:01le métavers selon méta.
22:02Un seul.
22:03Le métavers selon méta.
22:04Déjà un flop ?
22:05Déjà un flop
22:06ou alors très en avance de phase.
22:08L'avenir nous dira peut-être
22:09si on ira tous
22:10façon Ready Player One
22:11nous connecter
22:12avec nos avatars virtuels
22:13dans des univers partagés.
22:14mais pour l'instant,
22:15très en avance de phase.
22:16Des technologies
22:17qui ne sont pas encore matures
22:18pour pouvoir se faire.
22:18Des usages qui n'existent pas
22:20et qui peinent à émerger.
22:21Et une économie
22:22qui est complètement à bâtir.
22:24Donc, pour l'instant,
22:24très en avance de phase.
22:26Flop ou pas flop,
22:27ça, c'est l'avenir
22:27qui nous dira.
22:28J'en parlerai
22:28parce que je reçois
22:29le patron de Meta France
22:31là dans Smartech.
22:32Je lui poserai la question
22:33s'il pense que c'est déjà
22:34un flop méta.
22:36Je m'étonnerai d'ailleurs
22:36qu'il dise oui.
22:37Mais bon.
22:38Alain, un flop ?
22:39Pas de flop,
22:40des flips.
22:40Un flop mémorable.
22:41Un flip mémorable ?
22:42Des flips.
22:43En fait,
22:43un flop,
22:46vous l'avez dit tous les deux.
22:47Un flop,
22:47c'est un truc qui ne marche pas
22:48jusqu'au jour où il marche.
22:49Donc moi,
22:50je refuse de parler de flop.
22:51Un flop,
22:51d'abord,
22:52on apprend plein de trucs.
22:53Je ne veux pas
22:53de connotations négatives.
22:54C'est l'idée.
22:55Et c'est une erreur
22:57qui peut se transformer
22:57en succès demain.
22:58Donc, je n'ai pas de flop,
22:59je n'ai que des flips.
22:59Est-ce que Minitel
23:00était un flop ?
23:01Est-ce que Minitel
23:02était un flop ?
23:03Ben non.
23:04Mais il se trouve qu'aujourd'hui,
23:05il nous reste une minute.
23:08Non, ben voilà.
23:09Je veux rester là-dessus.
23:10Il n'y a pas de flop,
23:11des flips.
23:12Des erreurs provisoires
23:14sur lesquelles on peut rebondir.
23:15Ok, ok.
23:16Alors,
23:16juste un petit clin d'œil
23:17à Émilie
23:18qui prépare cette émission
23:19avec moi.
23:20Pour elle,
23:20le flop,
23:20c'est le mini-disque
23:21qu'elle adorait
23:22quand elle était enfant.
23:23Et pour moi,
23:24le flop,
23:24c'est le WAP.
23:25Parce que tout ça symbolise
23:27les errances
23:28des opérateurs
23:30de téléphonie mobile.
23:31À une époque
23:32où on se disait
23:32qu'elle sera la meilleure interface.
23:34Alors,
23:34on a essayé de créer la nôtre.
23:35On a essayé de copier
23:36les Japonais.
23:38On a regardé
23:38tout ce qui se faisait partout.
23:40Et puis finalement,
23:40c'est Apple qui est arrivé.
23:41Et c'est iOS
23:42qui a gagné la bataille.
23:43Et on s'est complètement planté.
23:45Et c'est un peu
23:46l'histoire de beaucoup
23:47de techno,
23:47je trouve,
23:48ici,
23:48en France et en Europe.
23:50Voilà.
23:50Je voulais terminer
23:50sur notre positive.
23:51C'est raté.
23:52Merci beaucoup.
23:54Garance Mathias,
23:55avocate à la cour.
23:57Julien Pillot,
23:57enseignant-chercheur
23:58en économie à l'INSEC
24:00et à l'Instagram PDG d'Artifil
24:01d'avoir été avec moi
24:02pour ce grand débrief
24:03en direct
24:04sur la chaîne Bsmart.
24:05On se dit
24:06à très vite.
24:07À la semaine prochaine
24:07pour le prochain direct.
24:08Mais entre-temps,
24:09il y aura d'autres émissions
24:09de Smartech à regarder.
24:10À bientôt.
24:19Sous-titrage Société Radio-Canada
24:19Sous-titrage Société Radio-Canada
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