00:00RTL Matin
00:02Il est 7h39, l'Angléco, François Langlais.
00:04Ce matin, vous n'êtes pas venu nous voir avec une très bonne nouvelle
00:07puisque cette année pourrait être la pire depuis plus de 10 ans
00:10en ce qui concerne le pouvoir d'achat et c'est déjà un effet de la guerre au Moyen-Orient.
00:14Oui, c'est le coup de la guerre.
00:16C'est l'OFCE, l'Office français des conjonctures économiques.
00:18C'est l'un des instituts de prévision les plus réputés en France
00:22qui a publié hier des prévisions pour 2026 et il ne va pas par quatre chemins.
00:27Il est probable que le pouvoir d'achat baisse en France cette année, moins 0,4%.
00:32Ça serait le plus mauvais chiffre depuis 2013, au lendemain de la crise de l'euro.
00:36Et c'est même une baisse qui serait encore plus significative
00:39si on la calcule par unité de consommation.
00:43C'est un terme un peu barbare que les économistes utilisent
00:45pour tenir compte de la taille des ménages.
00:47En fait, le pouvoir d'achat en 2026 d'un français moyen
00:51devrait baisser de 0,7% selon ce critère.
00:55On imagine que c'est évidemment le choc pétrolier qui provoque ça ?
00:59Oui, bien sûr.
01:00Et plus précisément, l'inflation provoquée par la montée des prix de l'énergie.
01:04Inflation à la fois directe, c'est le prix de l'essence dans notre budget.
01:07Et puis indirecte, c'est le renchérissement des autres produits
01:11à cause de l'énergie qu'ils consomment,
01:13à la fois pour leur fabrication et pour leur transport.
01:15Au total, les prix augmenteraient de plus de 2% par an à la fin 2026.
01:19Et c'est cette ponction sur nos revenus qui explique la chute du pouvoir d'achat.
01:23Alors que l'augmentation des salaires, en fait,
01:25elle a été négociée fin 2025, avant la guerre d'Iran.
01:28Et elle a été calée sur des prix qui progressaient de moins de 1%.
01:32Effet ciseau, d'autant plus vif que, bon,
01:35à ce jour, il n'y a pas de vraie mesure de soutien au pouvoir d'achat.
01:38L'État cherche plutôt à limiter le gros déficit dont il a hérité.
01:42Bon, je vous écoute et je me dis que tout ça,
01:44ça raconte une activité économique pas flambarde.
01:47Oui, en fait, les ménages compenseraient la perte de revenus
01:49en prélevant un peu sur leur épargne.
01:51Vous savez qu'elle est très élevée aujourd'hui.
01:53Enfin, les ménages qui le peuvent, d'ailleurs,
01:54parce que le taux d'épargne, c'est une moyenne.
01:56Et dans la partie basse des salaires, on n'a pas beaucoup d'épargne.
02:01Mais enfin, ça permettrait quand même de limiter la casse.
02:04Quant à la croissance, elle prendrait le choc au second et troisième trimestre.
02:08Activité à peu près nulle.
02:09Avec conséquence inévitable sur l'emploi.
02:11L'OFCE nous dit moins 170 000 emplois dans le secteur marchand.
02:15Et puis un taux de chômage, c'est beaucoup.
02:17Et un taux de chômage qui remonterait à 8,3%,
02:20c'est un peu plus pessimiste que ce que nous disait l'INSEE il y a 15 jours.
02:24Bon, ça veut dire quoi tout ça ?
02:25Que ce sont les ménages qui sont les principales victimes du choc pétrolier ?
02:28Vous savez, un choc pétrolier, c'est un gigantesque transfert de richesse
02:32qui part des consommateurs vers les producteurs d'or noir.
02:35Autrement dit, tous ceux qui consomment de l'énergie,
02:38ménages comme entreprises, en subissent les conséquences.
02:40Après, chaque catégorie tente de refiler le mistigree à d'autres.
02:45Les salariés demandent à leur employeur des augmentations
02:47pour compenser la perte de pouvoir d'achat.
02:49Les entreprises facturent des augmentations aux consommateurs
02:52pour essayer de rétablir leurs marges.
02:53On finit par trouver un équilibre où, malheureusement,
02:56chacun paye son écho.
02:58Écho qui aboutit dans la poche des producteurs de pétrole.
03:01Et la boucle est bouclée.
03:02Merci beaucoup à vous, François Langlais.
03:04Il est 7h42.
03:05Merci.
03:05Merci.
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