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  • il y a 2 jours
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Wittenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Nathalie Loiseau, députée européenne du groupe Renew.

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Transcription
00:01Bonjour Nathalie Loiseau.
00:02Bonjour Japheth Pittenger.
00:04Merci d'être avec nous ce matin.
00:05Je suis très inquiète de cette guerre qui a été commencée sans savoir comment elle va se terminer.
00:08Ce sont vos mots, Nathalie Loiseau.
00:10Est-ce que cette inquiétude se renforce, elle se concrétise au fil des heures,
00:15alors que rien ne semble indiquer une inflexion dans ce conflit qui a été lancé depuis six jours maintenant par
00:21les États-Unis et Israël contre l'Iran ?
00:23On voit des moyens considérables qui sont déployés, mais on n'est pas sûr de voir une stratégie.
00:27Et c'est ça qui est inquiétant.
00:28On ne sait pas exactement à quel moment Donald Trump dirait « finalement c'est bon ».
00:35Est-ce qu'il veut véritablement abattre le régime iranien ? Est-ce qu'il en a la possibilité ?
00:40On le souhaite tous.
00:42Soyons clairs.
00:44Tout le monde voudrait voir ce régime tomber.
00:46Mais est-ce que c'était la bonne façon de le faire tomber pour vous ?
00:49Est-ce que c'est une guerre de haute intensité qui le permet ?
00:55Je ne sais pas.
00:56Et je ne suis pas sûre que Donald Trump le sache.
00:59Autant si je suis israélien, je me dis « c'est une menace existentielle pour moi, je veux aller contre
01:06l'Iran ».
01:06Autant si je suis américain, c'est moins clair.
01:09Et quand on est libanais, quand on est arabe de la région du Golfe,
01:14ou quand on est européen, on a énormément de raisons de s'inquiéter.
01:17De ce que vous savez à votre place au sein du Parlement européen,
01:20est-ce que l'Iran peut tenir longtemps avec son armement, avec ce qu'on appelle ces missiles Locos,
01:25ces fameux drones Shahed qu'elle fournit par centaines, qui sont de bas coût, mais d'une efficacité redoutable ?
01:32La difficulté, c'est que pour abattre ces drones, par exemple,
01:37les États-Unis, Israël, utilisent des matériels qui, eux, sont très coûteux.
01:42Alors, on parle de l'armée américaine, qui est une armée ultra-puissante,
01:47mais on a entendu Donald Trump dire « tout est le contraire de tout ».
01:50Il y a quelques jours, il disait « je n'ai pas peur d'envoyer des hommes sur le terrain
01:53».
01:53Hier, il a dit « je ne les enverrai pas, ce serait une perte de temps ».
01:56Alors, il crée de l'incertitude stratégique pour son adversaire, ça, j'allais dire, c'est de bonne guerre,
02:01mais on n'est pas tout à fait sûr qu'on n'a pas une guerre entre les mains d
02:05'un apprenti sorcier.
02:06Que doit faire l'Europe dans ce contexte ?
02:07Pour l'instant, elle s'est constatée d'être spectatrice, avec d'ailleurs des avis différents.
02:11L'Espagne, par exemple, n'a pas autorisé les États-Unis à débarquer sur ses bases,
02:17alors que l'Allemagne, par exemple, soutient cette offensive.
02:21La France est un peu entre deux. Qu'est-ce que doit faire l'Europe ?
02:23Est-ce qu'elle doit parler d'une seule voix ? Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
02:25D'abord, rappelez-vous, 2003, la guerre d'invasion américaine en Irak.
02:31L'Europe était vraiment divisée. Vous aviez des pays européens qui participaient à la guerre américaine.
02:35Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Personne ne participe, et je dirais à juste titre.
02:39Vous allez venir sur le rôle de la France. Vous nous direz si pour vous, elle participe ou non.
02:43En Europe, on ne fait pas de guerre quand on n'est pas obligé de les faire.
02:46Et en Europe, on n'est pas des apprentis sorciers, parce que l'Europe s'est construite dans le rejet
02:51de la guerre.
02:51Et heureusement, et je crois qu'aucun citoyen en Europe ne nous demande de faire la guerre à l'Iran.
02:57Le monde entier, spectateur, Donald Trump n'a prévenu ni le Congrès des États-Unis, ni le Conseil de sécurité
03:03de l'ONU.
03:04Le monde entier constate. Et je parlais récemment à un responsable saoudien qui me disait, c'est eux qui cassent
03:14et c'est nous qui devrons réparer.
03:16They break it, we own it.
03:19Ce que nous devons faire...
03:19Dans l'immédiat, est-ce que par exemple vous approuvez ce que fait la France, à savoir notamment envoyer le
03:23porte-avions Charles de Gaulle ?
03:24La ministre des Armées était sur France 2 hier soir expliquant le rôle du porte-avions, l'aide que nous
03:30devons apporter à nos pays alliés dans la région.
03:33Que doit faire la France ? Et notamment au Liban, où nous avons des accords particuliers et où le sud
03:38du pays est pilonné aujourd'hui par l'armée israélienne.
03:40Alors d'abord on va commencer par Chypre, parce que Chypre est un pays de l'Union Européenne qui a
03:44été visé une première fois par l'Iran par un tir de missiles.
03:47Chypre est dans l'Union Européenne, pas dans l'OTAN. Donc plusieurs pays, dont la France, viennent en protection de
03:52Chypre et nous avons raison.
03:54Nous avons aussi des accords avec le Koweït, les Émirals Qatar et nous les aidons à se défendre.
04:01Ça veut dire que nous ne sommes pas offensifs, nous ne sommes pas co-belligérants.
04:05Il faut que le LFI arrête de raconter n'importe quoi sur la politique internationale avec cette volonté de créer
04:10de la peur et du chaos.
04:12Non, nous ne sommes pas co-belligérants, nous aidons nos alliés à se protéger.
04:16Et bien sûr, au Liban, la crainte que nous avons et ce que nous constatons, c'est que Benjamin Netanyahou
04:22utilise à nouveau le Liban
04:24comme une espèce de terrain de confrontation avec le Hezbollah, avec l'Iran.
04:30Que le Hezbollah touche des armées, on en est tous d'accord.
04:33Et est-ce qu'il faut s'opposer, le cas échéant, aux actions de l'armée israélienne au Sud-Liban
04:37?
04:37Il faut convaincre les Israéliens de ne pas rentrer par la voie terrestre au Liban.
04:41Le Liban allait mieux et cette guerre le fait replonger dans l'horreur.
04:45Alors, cette actualité de l'Iran et de cette guerre nous fait oublier une autre actualité, celle de l'Ukraine,
04:51finalement.
04:52Elle ne doit pas nous la faire oublier.
04:53Pourquoi ? Vous avez l'impression que ce conflit permet éventuellement la lumière foudre ?
04:59La police à l'Ukraine. On a vu Donald Trump dire à l'Inde, à qui il avait mis assez
05:06de sanctions pour qu'elle n'importe plus de pétrole russe,
05:09finalement, lui dire « Non, non, mais c'est bon, tu peux y aller, tu peux importer le pétrole russe
05:14que tu veux ».
05:15Le matériel militaire qui part vers le Golfe, les drones, les missiles tirés pour protéger le Proche-Orient et le
05:25Golfe.
05:26Volodymyr Zelensky l'a dit hier, on a tiré plus de missiles patriotes en quatre jours qu'on en a
05:32donné à l'Ukraine en quatre ans.
05:34Et je regrette la menace russe, c'est notre menace existentielle.
05:38Ce qu'il ne faut pas oublier nous dit tout ce matin.
05:39C'est de la folie.
05:40On est à J-9, c'est un autre sujet, mais il est important, des élections municipales.
05:45Vous êtes l'une des figures du mouvement Horizon, présidée par Édouard Philippe.
05:50Cette coalition, celle du centre droit, Horizon, mais aussi Renaissance, tous ces partis-là,
05:56n'abordent pas ces élections dans la meilleure configuration.
06:00Les conquêtes devraient être assez rares et même difficiles dans certaines villes.
06:04On verra, nous sommes à Horizon, un parti où il y a beaucoup de maires, beaucoup de maires qui se
06:08représentent.
06:09Ça veut dire un parti ancré sur le terrain local.
06:13Ce que je voudrais dire ce matin, parce que ça n'a, je crois, pas encore été dit,
06:16c'est qu'Horizon, un candidat Horizon, a été la cible d'une attaque informationnelle,
06:22d'une ingérence en provenance de la Russie.
06:25Ça veut dire qu'il n'y a plus de petites élections par rapport aux grandes.
06:29Quand vous avez un candidat qui fait l'objet d'un deepfake,
06:32quand vous avez un site de campagne qui est copié par des opérateurs qui sont des opérateurs russes,
06:38c'est le secrétariat général à la sécurité et à la défense nationale qui m'a dit,
06:42hier soir, ça vient de Russie.
06:44Il y a un débat qui monte aujourd'hui sur les enjeux de ce scrutin,
06:47lorsqu'il y a, au deuxième tour dans certaines villes,
06:49lorsqu'un candidat RN est susceptible de l'emporter,
06:52on a vu dans le passé des fronts républicains se mener.
06:55Est-ce que vous êtes favorable à des fronts républicains ?
06:57Là, on verra quel mot sera employé contre l'éventualité de l'élection d'un candidat de la France insoumise.
07:03Chez Horizon, on est très clair, depuis le début, depuis la création d'Horizon,
07:07pour nous, c'est ni RN, ni LFI.
07:09Ce sont deux parties qui jouent avec le chaos, qui jouent avec la violence,
07:12parfois de manière tragique, on l'a vu récemment, ni RN, ni LFI.
07:16Mais si, dans un deuxième tour, si vous étiez électrice dans une ville,
07:19ou peut-être un jour à la présidentielle, entre un candidat RN et LFI,
07:23que feriez-vous, madame Nathalie Loiseau ?
07:25Si je suis à Horizon, c'est précisément pour qu'on n'ait pas à devoir choisir entre deux extrêmes.
07:30Néanmoins...
07:30Non, non, croyez-moi, on est mobilisés,
07:33et ça ne sera pas le choix qui sera offert aux Français.
07:35Merci beaucoup, Nathalie Loiseau, députée européenne de Renew,
07:38et c'est la suite de Télémata. Merci beaucoup.
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