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Pierre de Vilno reçoit Franz-Olivier Giesbert, journaliste et écrivain, dans #LeGrandRDV, en partenariat avec Europe 1 et Les Echos

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00:00Bonjour à tous, bienvenue au Grand Rendez-Vous Europe 1, CNews, Les Echos, notre invité et journaliste et écrivain, fin observateur de la vie politique française.
00:11C'est un plaisir de le recevoir ce matin sur ce plateau. Bonjour François-Olivier Gisbert.
00:16Bonjour Jacques Serret.
00:17Votre dernier ouvrage chez Gallimard s'intitule « Voyage dans la France d'avant » car la France change, vous le constatez, vous le décrivez.
00:25Et c'est ce que vous allez faire jusqu'à 11h avec nous, à mes côtés, pour vous interroger Clémence Lemestre pour Les Echos.
00:31Bonjour Clémence.
00:32Bonjour.
00:33Et Thomas Bonnet pour CNews. Bonjour Thomas.
00:35Bonjour Jacques, bonjour François-Olivier Gisbert.
00:37François-Olivier Gisbert, j'aimerais revenir avec vous ce matin sur ce qu'il s'est passé vendredi après-midi dans le métro sur la ligne 3 en plein cœur de Paris.
00:45Un homme armé d'un couteau a attaqué trois femmes.
00:48Il s'avère que cet individu n'avait rien à faire sur notre sol de nationalité malienne en situation irrégulière.
00:55Il a déjà été condamné l'an dernier pour vol aggravé et agression sexuelle, sorti de prison en juillet.
01:00Il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français puis placé en centre de rétention administrative pendant 90 jours avant de ressortir libre avec assignation à résidence.
01:11Voilà le résultat.
01:11Trois femmes blessées et évidemment très choquées.
01:14Le bilan aurait pu être dramatique.
01:15Comment l'observateur que vous êtes perçoit ces informations ?
01:20Vous, le journaliste, comment classez-vous cela ?
01:22Comment classez-vous cette actualité ?
01:24Est-ce que vous la classez dans l'ordre du simple fait divers ?
01:27Ou est-ce qu'on est bel et bien, une fois de plus, dans un fait de société ?
01:31David Lysnard, le maire de Cannes, parle d'effondrement.
01:35Je crois que c'est encore effectivement un signe d'effondrement.
01:38Il y en a plein si on regarde ce week-end.
01:40Il y a l'incroyable, mais c'est absolument incroyable, le refus d'obtempérer de Noël, qui était quand même un gros refus d'obtempérer.
01:51Il y en a 25 000 en France.
01:52Puis c'est devenu une habitude, c'est-à-dire que ça va devenir légal.
01:56C'est comme si c'était normal.
01:58Et puis voilà, on s'habitue.
01:59Et puis je dirais aussi ce feu d'artifice sur le champ de Mars aussi, c'est très étonnant.
02:04Et puis ça se termine évidemment en eau de boudin, puisque le Malien est envoyé en psychiatrie, alors qu'il a été quand même condamné pour une agression sexuelle aggravée.
02:18Enfin, ce n'est pas n'importe quoi, ce n'est pas un petit délit.
02:22Donc effectivement, on a ce sentiment, je pense, les Français l'ont, on l'éprouve, on l'éprouve tout le temps, d'effondrement, d'affaissement.
02:30Et qui va aussi avec l'habitude, c'est-à-dire finalement, on est révolté la première fois, c'était déjà il y a quelques années.
02:39Mais maintenant, les faits s'accumulent et puis on s'habitue de plus en plus.
02:44Je rappelle que la carte à vue de cet homme a été levée sous OQTF, libérée avec assignation à résidence.
02:50C'est exactement le même schéma finalement que le meurtrier présumé de la jeune Philippine dans le bois de Boulogne en septembre 2024.
02:56Est-ce que vous avez le sentiment que l'État ne retient aucune leçon des faits passés pour protéger ses enfants, pour protéger les citoyens ?
03:04Enfin, l'État, il a essayé, puisqu'il a essayé de changer un peu la règle du jeu et d'allonger un peu...
03:12D'allonger la durée de rétention de 92 à 210 jours.
03:15Voilà. C'était un effort. Ça n'a pas été fait.
03:19Ça a été censuré.
03:20Ça n'a pas été fait parce qu'effectivement, c'était censuré par le Conseil constitutionnel.
03:24C'est encore une censure, à mon avis, qui n'est pas terrible.
03:28Parce que je rajoute aussi à la censure sur les mineurs, sur la loi sur les mineurs de la loi Attal,
03:33qui était quand même, à mes yeux en tout cas, un vrai scandale.
03:37Comme d'ailleurs, l'annulation de la loi... Enfin, la plupart des amendements de la loi immigration,
03:45vous vous souvenez, au début de l'année, où vraiment le Conseil constitutionnel s'est foutu du monde
03:49en utilisant l'article 45 de la Constitution et en lui faisant dire le contraire, en fait, de ce qu'il disait vraiment.
03:55Vous pensez justement que le Conseil constitutionnel a plus un avis politique que, justement, sur le droit, sur la Constitution ?
04:04Vous pensez que ce sont des avis qui sont plus politiques et c'est ce que vous lui reprochez ?
04:08Oui, c'est-à-dire que, bon, il a pris de plus en plus de pouvoir au fil du temps,
04:12comme la plupart des institutions en France.
04:14Le pouvoir politique s'effondrant aussi, d'année en année.
04:18Vous avez, effectivement, l'apparition, le Conseil d'État.
04:21D'ailleurs, ça commence à la fin des années 70.
04:24Il a commencé à dire les choses, par exemple, à tenir la dragée haute au pouvoir,
04:29notamment, par exemple, sur l'immigration.
04:30Le Conseil d'État, le Conseil constitutionnel, c'est de plus en plus régulier.
04:35Bon, je pense qu'il y aura peut-être une inflexion dans les années à venir
04:38parce qu'il y a un nouveau président qui est arrivé.
04:40J'ai l'impression qu'il est peut-être un petit peu plus à l'écoute que le précédent.
04:44Enfin, c'est clair que cette situation ne peut pas durer éternellement
04:47parce que vous avez des gouvernements qui décident
04:50et qui sont entravés, je dirais, presque systématiquement.
04:54Je ne parle pas des autres institutions parce qu'il y a un problème aussi.
04:58Ça, on voit très bien, c'est que, vous savez, qu'est-ce qui compte le plus pour gouverner ?
05:04C'est la souveraineté populaire.
05:06La souveraineté populaire est de moins en moins entendue
05:09parce qu'après, vous avez tous les comités théodules,
05:12vous avez notamment du côté de l'Europe, vous avez les cours de justice,
05:16enfin, tout ça qui fait que les décisions du gouvernement ne sont pas appliquées.
05:22Alors, je dirais, c'est aussi quand même très souvent une mauvaise excuse
05:28pour ces gouvernements pour dire, voilà, ce n'est pas de notre faute, etc.
05:32On a essayé, mais on n'a pas pu.
05:33Là-dessus, je vous rappelle quand même, il faut que les Français en soient bien conscients
05:37parce qu'il y a quand même un manque de courage évident dans notre classe politique française.
05:43C'est le grand sujet.
05:44C'est l'absence totale de volonté et de courage.
05:47Parce que vous regardez ce qui se passe, et je prends deux exemples radicalement différents.
05:52Le Danemark, Mette Frederiksen, qui est social-démocrate,
05:56a pris des décisions très rudes, notamment en matière d'immigration.
05:59Bon, en matière de finances publiques, ça, c'est un autre sujet.
06:01Mais en matière d'immigration, elle y est allée très fort.
06:04Bon, il n'y a aucune réaction de la part de l'Europe et ça paraît comme normal.
06:10Ensuite, Georgia Meloni, réputée, elle, d'extrême droite, en Italie,
06:14elle a fait le boulot.
06:15Elle a fait le boulot.
06:16Alors, on lui reproche d'avoir régularisé les clandestins.
06:19Mais enfin, encore heureux qu'elle l'ait fait.
06:20Parce que sinon, on aurait eu des scènes atroces à la télé tous les soirs,
06:25peut-être encore dans quelques années.
06:27Donc, évidemment, c'était ce qu'il fallait faire.
06:30Mais elle a réduit les entrées pratiquement de moitié, ce qui est énorme.
06:34Vous voyez, donc, on peut le faire.
06:36On peut le faire.
06:37Simplement, ce qui est vrai, c'est qu'il faut forcer les choses.
06:40Et puis, peut-être faire un jour ce que de Gaulle avait fait, d'ailleurs.
06:43Vous vous souvenez, de Gaulle était européen, contrairement à ce qu'on raconte.
06:47Il était pour l'Europe.
06:48Mais bon, c'était une Europe un petit peu, comment dire, je dirais pas...
06:53Oui, un peu musclé, son Europe, sa conception de l'Europe.
06:57Il était pour l'Europe des patries, comme il disait, l'Europe des pays, l'Europe des nations.
07:02Et donc, quand il y avait un problème avec l'Europe, il faisait la politique de la chaise vide.
07:07Somme abonné.
07:07Sur le sujet de l'immigration, François-Olivier Gisbert,
07:09vous avez listé un certain nombre d'événements qui se sont produits ces derniers jours.
07:12J'ajoute à votre liste un événement qui s'est produit hier à la Madeleine.
07:15Ah oui, bien sûr, bien sûr.
07:17J'avais oublié, je suis atroce, atroce, bien entendu.
07:20Et puis, le monsieur est reparti tranquille.
07:23Il a agressé, il a blessé, il a agressé le curé de la Madeleine, et il est reparti.
07:30On a un sujet avec les OQTF indéniablement, François-Olivier Gisbert.
07:33Alors, comment on agit ?
07:34Emmanuel Macron avait promis 100% des OQTF exécutés, c'était en 2019, de mémoire.
07:39On est aujourd'hui à peine à un peu plus de 10%.
07:41On a un sujet avec ça.
07:42Il ne faut pas perdre son temps à citer les promesses d'Emmanuel Macron,
07:45parce que je vous signale aussi qu'il avait dit qu'il n'y aurait plus de pauvres,
07:47il n'y aurait plus de SDF, il n'y aurait plus de ceci, il n'y aurait plus de cela.
07:50Il faisait une promesse par jour.
07:51Bon, aujourd'hui, on ne va pas faire le bilan, parce que c'est trop bête.
07:54Enfin, c'est trop bête, ce n'est pas trop bête de le faire,
07:56mais ses promesses sont un peu bêtes, il faut dire, pour la plupart.
07:59Seulement 7% des OQTF.
08:01Les OQTF, oui, parce qu'évidemment, il faut qu'ils soient reçus, les OQTF.
08:06Comment on fait, justement, pour que les pays les reprennent ?
08:08Parce qu'un des problèmes des OQTF, ce n'est pas tant que la France ne veut pas les renvoyer,
08:12c'est que les pays ne veulent pas les récupérer.
08:14On parle du Mali, on parle de l'Algérie,
08:16ces deux pays refusent de récupérer leurs ressortissants.
08:20Comment on peut exiger de ces pays qu'ils reprennent leurs ressortissants qui sont sous OQTF ?
08:26Eh bien, on peut essayer de le faire, en tout cas.
08:28À mon avis, ce n'est même pas fait.
08:30Parce qu'aujourd'hui, il faut dire, la France est un paillasson pour la plupart de ces pays.
08:34Pourtant, on les aide.
08:36Il y a des aides, on le sait.
08:38Il y a des chiffres sur les aides.
08:39Et il faut aller les voir et leur demander, sérieusement.
08:43Avoir un vrai...
08:45Enfin, comment dire ?
08:45Avoir un rapport de force avec eux.
08:47Par exemple, la publique au développement, on dit,
08:49on arrête tant que vous ne nous délivrez pas de laisser passer consulaires, par exemple.
08:51Par exemple, voilà.
08:53Je veux dire, je répète, on a l'impression, en France,
08:57en tout cas, moi, c'est mon sujet,
08:59on n'est pas gouvernés.
09:00Je veux dire, par exemple, vous parliez de mon livre tout à l'heure,
09:04la France, c'est une ode à la France.
09:06La France, c'est un pays formidable, avec un très bel avenir.
09:10Mais on a des gouvernants, on a l'impression qu'ils ne les croient plus,
09:12qu'ils ne font plus rien.
09:13Or...
09:13Ça date de ça quand ?
09:16De quand ce fait que nos gouvernements, vous dites, ne sont pas courageux
09:20et ne croient plus, justement, à la grandeur de la France ?
09:22Ça date de quand, à votre avis ?
09:23Bah...
09:25Les dix dernières années, enfin, c'est-à-dire à partir de 2017...
09:29Non, c'est un peu moins, mais bon, il y a peut-être encore un an et demi à tirer.
09:33Mais ça n'a pas été terrible, c'est le moins qu'on puisse dire,
09:36parce que c'est l'impuissance.
09:38C'est l'impuissance, et c'est toujours la faute des autres.
09:41C'est la faute de l'Europe, c'est la faute de ceci, c'est la faute de cela,
09:43et on ne fait rien.
09:44Mais, je dirais, l'impuissance, elle commence bien avant.
09:47Elle commence, je dirais, à partir de 1981,
09:50quand les socialistes arrivent au pouvoir.
09:52Ils font cette politique débile que nous proposent d'ailleurs aujourd'hui
09:55les socialistes, les quelques socialistes qui sont restés,
09:58qui ont réussi à être élus,
10:00et qui ont réussi à être maintenant pratiquement les numéros deux
10:03du gouvernement, le cornu,
10:05enfin, même s'ils n'en font pas partie.
10:08Ces socialistes-là, ils avaient une politique à l'époque,
10:11vous vous souvenez sans doute,
10:12c'était, on va augmenter les dépenses,
10:14ça va augmenter la croissance.
10:15Ça n'a pas duré longtemps.
10:16Ça ne marche pas, ça ne marche jamais.
10:18Mais ce qui est très étrange,
10:20c'est que la droite, après, qui a succédé,
10:22la gauche, la droite, etc.,
10:24à chaque fois a repris cette politique.
10:26Et d'ailleurs, Macron lui-même,
10:27c'est-à-dire, on augmente toujours les dépenses,
10:29et à la fin, de toute façon, il n'y a pas de croissance,
10:32et ils ne comprennent pas.
10:32Mais ça ne marche pas.
10:34De Gaulle l'a prouvé en 1958,
10:36il a coupé les dépenses,
10:38il a présenté un budget en équilibre,
10:40et à partir de 1958,
10:42la France a connu une croissance de dingue,
10:45pour employer un mot macroniste,
10:47de dingue, puisque c'était du 5 à 6%.
10:50Mais cette politique-là,
10:52personne n'ose la reprendre,
10:53vous savez pourquoi ?
10:54Parce que ça demande du courage.
10:55Parce qu'évidemment,
10:56quand vous réduisez les dépenses,
10:57vous en prenez plein la gueule.
10:59Et on a des politiques qui rasent les murs.
11:00François-Olivier Gisbert,
11:02dans votre dernier livre,
11:03Voyage dans la France d'avant,
11:04vous avez justement une réflexion
11:05sur les mouvements démographiques,
11:08et vous décrivez notamment,
11:09je vous cite,
11:10les nouveaux arrivants qui croient souvent,
11:11non sans raison,
11:12avoir plus de droits que de devoirs,
11:13ont tendance à considérer la France
11:15comme une terre de conquête.
11:17Cette conquête,
11:18nous n'en sommes qu'au début,
11:20selon vous,
11:21ou bien est-ce que tout est foutu ?
11:24Non.
11:25D'abord, moi je veux dire,
11:26j'ai une position claire,
11:28je ne m'en cache pas,
11:28je suis pour l'immigration.
11:30Moi je suis un enfant de l'immigration,
11:32je suis né aux Etats-Unis,
11:33de père américain,
11:34j'ai débarqué en France
11:35à trois ans et demi,
11:37et je fais partie de ces Français
11:38d'origine hybrée,
11:39d'ailleurs vous en avez ici,
11:40beaucoup,
11:41sur cette chaîne je pense,
11:42pas seulement à Sonia Mabouk,
11:43mais beaucoup,
11:44et qui sont presque plus Français
11:46que les Français,
11:47en tout cas,
11:47moi je ne supporte pas
11:49la haine de soi,
11:50la haine de la France,
11:51et je sais peut-être,
11:53oui je suis même,
11:54je vais dire,
11:54je suis franchouillard.
11:56Et une fois que j'ai dit ça,
11:57la situation actuelle
11:59ne peut plus durer.
12:00Et elle dure depuis longtemps,
12:02et c'est un scandale.
12:04Nous sommes,
12:04quand vous regardez bien les chiffres,
12:06nous sommes à 486 000 entrées
12:10chaque année,
12:10si vous ajoutez les droits d'asile,
12:13avec les premiers titres de séjour.
12:16486 000,
12:17donc pratiquement 500 000.
12:19Vous rajoutez à cela,
12:20alors bon,
12:23Gérald Darmanin,
12:24quand il était ministre de l'Intérieur,
12:25disait qu'il y avait entre 600 et 900 000
12:28clandestins.
12:30Laurent Nunez,
12:31il a mis la fourchette un peu plus basse,
12:33il l'a mis à 600 000,
12:34et puis peut-être que dans quelques mois,
12:36il la mettra à 50 000.
12:37Mais bon,
12:38on peut dire quand même,
12:39qu'on peut,
12:40comme ça,
12:41au doigt mouillé,
12:42disons qu'il y en a au moins 200 000,
12:44de plus.
12:45Donc ça fait 700 000.
12:49486 plus un peu plus de 200 000,
12:51disons.
12:52Vous avez 700 000,
12:53peut-être un peu moins de 700,
12:54mais enfin c'est autour de ça.
12:55C'est une ville comme Marseille
12:57qui arrive tous les ans en France,
13:00et il n'y a rien pour accueillir.
13:02Il n'y a rien,
13:02puisque vous savez très bien,
13:04et là,
13:05vraiment,
13:05on marche sur la tête,
13:07vous avez ces gens-là
13:09qui sont accueillis
13:10dans des hôtels,
13:11c'est-à-dire l'État paye
13:13des chambres d'hôtels,
13:14comme ça,
13:14ça dure des mois.
13:16Vous avez aussi
13:17des centres,
13:19des écoles
13:20qui sont utilisées pour ça,
13:23pour les accueillir,
13:24je pense en Bretagne,
13:25au foie fond de la Bretagne,
13:27de la Creuse,
13:27etc.
13:28D'ailleurs,
13:28ce qui fait ensuite monter,
13:29évidemment,
13:29les voies du Rassemblement national,
13:31puisque ces pauvres airs
13:33qui sont là,
13:34ils n'ont rien à faire,
13:35ils ont peut-être une...
13:36Oui,
13:36ils ont une petite allocation,
13:38et puis ils s'ennuient,
13:39et puis bon,
13:40il y a parfois,
13:41disons,
13:41des agressions sexuelles,
13:44bon,
13:45et si vous voulez,
13:46le problème,
13:48c'est que l'immigration,
13:49ça se traite,
13:50on a vécu en France,
13:51ça marchait l'immigration,
13:52excusez-moi,
13:53quand vous regardez l'histoire de France,
13:55on en a besoin,
13:56et elle marche,
13:57elle a marché dans le passé,
13:59dans le passé,
14:00parce qu'il y avait,
14:02la France assimilée,
14:03moi je fais un exemple d'assimilation,
14:05c'était mon époque,
14:06mon père disait,
14:07à table,
14:08je suis désolé,
14:09on parle français,
14:09ici on est en France,
14:10mon père était américain,
14:11il parlait avec un accent à couper au couteau,
14:13et il avait,
14:14il y avait cette espèce de,
14:16et ça c'est,
14:16vous lisez les mémoires du père,
14:18de Zinedine Zidane,
14:20Smile Zidane,
14:21c'est un petit livre absolument magnifique,
14:23donc c'est le destin d'un kabyle,
14:25il raconte la même histoire,
14:26c'est-à-dire,
14:27il y avait l'amour de la France,
14:28d'intégration en fait,
14:30d'immigration ?
14:31Aujourd'hui,
14:32il n'y a plus de question d'assimilation,
14:36bon alors on dit intégration,
14:37mais il n'y a pas d'intégration non plus,
14:38puisque ces personnes,
14:40on ne les reçoit pas,
14:41il n'y a personne pour s'occuper d'elles,
14:42on ne leur cherche pas d'emploi,
14:44etc.
14:45Et donc,
14:46aujourd'hui,
14:47ce qui se passe,
14:48c'est qu'on empile,
14:51on reçoit,
14:52il n'y a même pas la volonté.
14:53C'est quoi la solution selon vous ?
14:54On a besoin d'immigration,
14:55vous l'avez dit,
14:56ne serait-ce que parce que notre population vieillit,
14:58on ne fait plus d'enfants,
14:59on a besoin de main-d'oeuvre étrangère,
15:01donc comment on fait pour régler cette question
15:03d'immigration que vous dites
15:05qui n'est plus possible aujourd'hui
15:06et en même temps du besoin qu'on a d'immigrer ?
15:09Comment on trouve le juste milieu en fait ?
15:12C'est très simple,
15:13on revient à la situation précédente
15:15où il y avait un contrôle de l'immigration.
15:18Aujourd'hui, il n'y a aucun contrôle,
15:20et d'ailleurs,
15:21vous savez très bien qu'aujourd'hui,
15:23quand vous êtes par exemple en situation irrégulière,
15:25il n'y a même pas le risque d'une sanction pénale.
15:28Bon, il y a une vague sanction administrative,
15:29mais ce n'est rien du tout.
15:30Ce n'est plus un délit d'être...
15:31Ce n'est plus un délit.
15:32Ce n'est plus un délit.
15:33Mais reprendre le contrôle,
15:33il y a beaucoup d'obstacles à ça.
15:34Il y a l'Europe, vous en avez parlé,
15:36il y a le Conseil constitutionnel
15:37qui a là aussi censuré une partie d'immigration.
15:38Oui, mais l'Europe, je répète,
15:40l'Europe...
15:41Oui, mais le Danemark, par exemple,
15:41a un traité d'exemption d'un certain nombre de...
15:43Oui, oui, bien sûr,
15:44mais on peut tordre le bras de l'Europe.
15:46Est-ce qu'il faut faire un référendum
15:49sur la question de l'immigration, par exemple ?
15:50Est-ce que vous pensez que c'est par ce biais-là
15:52qu'on pourra arriver à reprendre le contrôle ?
15:53Oui, mais enfin, ce n'est pas forcément nécessaire
15:55parce que ça peut se faire avant.
15:57Je veux dire, il n'y a pas...
15:57Regardez, Mélanie, elle a tout à fait...
16:00Elle a agi.
16:01Elle a fait les choses.
16:03Frédéric Sen, au Danemark, même chose.
16:06Il n'y a pas eu de référendum.
16:07Vous voyez ce que je veux dire ?
16:08Donc, peut-être que si les oppositions sont très fortes,
16:10il faut faire un référendum,
16:12mais je ne suis pas sûr.
16:12Moi, je pense simplement,
16:13il faut des gouvernants qui gouvernent,
16:16qui n'aient pas peur.
16:17Qui n'aient pas peur de je ne sais pas quoi,
16:19de la rue, d'un mauvais article dans le monde,
16:22de ceci, de cela.
16:22Enfin, les gouvernements que nous avons aujourd'hui,
16:25enfin, ce sont des pétachars, il faut dire les choses.
16:27Il ne faut pas avoir peur de gouverner.
16:29Et d'ailleurs, ce qui se passe aujourd'hui,
16:31c'est très mauvais pour les immigrés.
16:34Il faut dire, les immigrés qui se sentent...
16:36Comment dire ?
16:37Beaucoup se sentent très mal,
16:38les immigrés de l'ancienne génération,
16:41des générations d'avant.
16:42Enfin, on le voit, on le sent quand on parle avec eux.
16:45Et c'est très mauvais.
16:48C'est ce qui se passe dans le pays, si vous voulez.
16:49Ces gens-là, par la incurie,
16:51leur manque de courage,
16:53leur laisser aller,
16:54finalement,
16:55ce sont eux qui créent les divisions.
16:57Les divisions qu'on sent venir en France avec...
17:01Bon, certains nous parlent de guerre civile,
17:02je n'irai pas jusque-là.
17:03Mais enfin, on voit très bien
17:04qu'il y a un fractionnement de la société.
17:07Il y a même peut-être à terme un risque de partition.
17:09Je pense qu'on n'en est pas là encore en France.
17:12Pour aller voir les risques de partition,
17:13je pense qu'il faut aller en Belgique
17:14et puis aussi au Royaume-Uni.
17:16Quand on traverse la Manche,
17:17ce n'est pas triste là-bas.
17:18Mais ça, c'est ce qui peut arriver à la France
17:21peut-être dans 5 ou 10 ans.
17:23Si on continue,
17:24le laisser aller actuel.
17:26Parce que ce qui se passe aujourd'hui,
17:29David Lissner parle d'effondrement,
17:31moi, je dirais aussi,
17:32c'est un laisser aller,
17:33une sorte de...
17:33Je m'en foutisme d'État.
17:35Vous voyez, en haut, là,
17:37bon, ce n'est pas grave.
17:38Il laisse pisser le mérinus.
17:40Le grand rendez-vous de François-Olivier Gisbert
17:42sur CNews Europe 1
17:43et avec Les Echos
17:45marque une courte pause
17:46et dans un instant,
17:47on va parler politique,
17:48politique intérieure
17:48et ce qui se passe à l'Assemblée nationale.
17:50A tout de suite.
17:53Le grand rendez-vous Europe 1,
17:55CNews,
17:56Les Echos
17:56avec notre invité ce matin,
17:57François-Olivier Gisbert,
17:59Clémence Lemestre pour Les Echos
18:00et Thomas Bonnet.
18:02Pour CNews,
18:02Thomas,
18:03vous souhaitiez interpeller
18:04François-Olivier
18:04sur la hausse
18:06de l'antisémitisme en France ?
18:07Oui, parce que c'est ce qui aura aussi marqué
18:09cette année 2025,
18:10cette recrudescence d'actes antisémites.
18:131570 avait été recensé en 2024,
18:15on verra les chiffres,
18:16mais on voit cette augmentation
18:17des actes antisémites.
18:20Il y a les actes
18:20et puis il y a les discours,
18:21les discours qui flirtent
18:23avec la ligne rouge parfois.
18:24Je parle évidemment
18:25de la France insoumise,
18:26il n'y a pas de condamnation
18:27à ce stade,
18:27mais on voit quand même
18:28un discours alimenté
18:29chaque semaine,
18:31chaque jour presque,
18:31j'allais dire.
18:32Quel regard vous portez ?
18:33Il n'y a pas de condamnation,
18:34mais quand même,
18:35quand la France insoumise
18:37porte plainte
18:38parce qu'on l'a traité
18:39de passionnément antisémite,
18:42elle perd le procès.
18:43Absolument,
18:43c'est le procès Raphaël-Lentowen.
18:44La justice a reconnu
18:45que c'était un parti
18:46passionnément antisémite.
18:48Qu'est-ce que ça dit
18:49de notre vie politique aujourd'hui
18:51qu'un parti comme ça
18:52puisse agiter
18:53ces passions tristes,
18:55ce poison de l'antisémitisme ?
18:57Ça dit quelque chose
18:59de très fort,
18:59c'est-à-dire qu'il y a
19:00un antisémitisme puissant
19:02maintenant en France.
19:03On le constate chaque jour.
19:05Enfin, je veux dire,
19:06des petits faits de la vie quotidienne.
19:08Là encore, je dirais,
19:09il ne faut pas s'habituer,
19:10mais il y a cette tentation
19:12de faire en sorte,
19:13vous savez,
19:15il faut toujours revenir
19:16aux années 30,
19:17à la montée du nadisme
19:18et le retour de la bête hideuse,
19:21comme disait Bertolt Brecht.
19:23C'est qu'on s'habitue
19:27et on croit que ça ne peut pas
19:29continuer,
19:30ça ne peut pas progrès,
19:31mais ça peut aller
19:31de plus en plus loin
19:32s'il n'y a pas des signaux forts
19:35qui sont donnés.
19:37C'est-à-dire ?
19:37C'est-à-dire que,
19:37je veux dire,
19:38simplement des punitions.
19:41C'est-à-dire, regardez,
19:42toutes ces histoires,
19:44Alimi, etc.,
19:45il y a eu,
19:46sur l'affaire de l'antisémitisme
19:47depuis des années,
19:49une sorte, oui,
19:50de laisser aller aussi
19:51de la justice.
19:52La justice a laissé faire,
19:53excusez-moi,
19:54l'affaire Sarah Alimi,
19:55ça reste quand même
19:55quelque chose d'énorme.
19:57Quand on regarde bien
19:59l'histoire de ce monsieur,
20:01je ne sais pas quoi,
20:02s'il était en psychiatrie
20:03encore ou pas,
20:03je ne sais pas,
20:04mais en tout cas,
20:05il a tué cette dame,
20:07il s'est acharné sur elle
20:08pendant longtemps,
20:10avant de la jeter du balcon,
20:12et il y a quelque chose
20:13quand même d'insane
20:14de penser qu'il n'a pas eu
20:17à rendre compte
20:17de ses actes.
20:19La justice a décidé
20:20qu'il fallait que ça se termine
20:22en psychiatrie.
20:23Alors que ça pouvait
20:25apparemment se discuter,
20:26puisque tout le monde
20:27n'était pas d'accord.
20:28D'ailleurs,
20:29un grand psychiatre,
20:29avant qu'il l'avait examiné,
20:31avait dit que
20:31il était,
20:32M. Traoré,
20:34devait être,
20:35enfin,
20:35était conscient
20:36à ce moment-là.
20:37donc ce que je veux dire
20:40par là,
20:40c'est que cet antisémitisme,
20:44il progresse aussi
20:45parce qu'il n'y a pas de sanctions.
20:48Les sanctions doivent être violentes.
20:50Là-dessus,
20:50peut-être qu'il faut
20:51travailler sur l'arsenal,
20:53mais on ne peut pas laisser faire.
20:55On ne peut pas laisser faire.
20:55Il n'y a pas de raison,
20:56si vous voulez.
20:57Quand vous donnez ces actes,
20:581570 actes antisémites,
21:01c'est 10 fois plus que les musulmans,
21:02qui sont quand même
21:0310 fois plus nombreux,
21:04je suis désolé.
21:04Donc cette petite minorité,
21:07toute petite minorité de juifs
21:09en France,
21:10400, 500 000,
21:12vous voyez,
21:12vous avez vu ce qu'ils prennent,
21:13même c'est le double
21:14de ce que prennent les chrétiens
21:16dans les actes antichrétiens.
21:17Ils sont deux fois moins nombreux.
21:19Et c'est,
21:20donc c'est absolument,
21:21enfin,
21:21je ne sais pas comment dire,
21:23je trouve que là encore,
21:24je parlais de laisser aller
21:25nos dirigeants,
21:26enfin,
21:26on a l'impression
21:27qu'on a des gouvernants
21:28qui ne gouvernent pas.
21:29Il faut bien lire les choses.
21:29Il faut un cordon sanitaire
21:30avec LFI, par exemple,
21:31parce que c'est aussi
21:31ce parti-là qui est visé.
21:32Est-ce qu'il faut un cordon sanitaire
21:33avec LFI ?
21:34Pas d'alliance,
21:35voilà,
21:36les mettre un peu de côté.
21:37Ça,
21:37ce n'est pas à nous de le dire,
21:38ça ne sert à rien.
21:39Enfin,
21:39c'est évident que LFI pose un problème.
21:42Je ne dirai pas tous les candidats LFI
21:43parce qu'il y en a qui sont
21:45à peu près dans la norme,
21:47mais il y a énormément
21:48de candidats LFI
21:49qui ont dépassé les limites.
21:51Et vous avez vu d'ailleurs,
21:52puisque vous avez évidemment
21:55regardé les résultats avec soin,
21:57vous avez vu
21:57qu'aux législatives
21:58anticipées de 2024,
22:00ceux qui étaient les plus antisémites
22:02sont ceux qui ont plus
22:04ramassé d'électeurs.
22:05C'est ça qui est atroce aussi,
22:06c'est que l'antisémitisme
22:07paye électoralement.
22:09Aujourd'hui,
22:10en France...
22:10Il grossit
22:12dans toute la société française
22:13ou dans beaucoup de parties
22:14de la société française,
22:15cet antisémitisme.
22:16Il y a toujours eu
22:17un antisémitisme résidu.
22:18Il y a toujours eu,
22:19absolument,
22:19vous avez raison.
22:20De droite ou de gauche.
22:21Là,
22:21on a quand même l'impression
22:22qu'il prend de l'ampleur.
22:24Et est-ce que,
22:24pour aller dans le même sens,
22:26il y a aussi peut-être,
22:27comme vous disiez,
22:28une non-condamnation de ces actes
22:30et notamment une non-condamnation
22:31de la part de certaines associations
22:32dont ce serait le but,
22:35ce serait de les condamner ?
22:36C'est-à-dire qu'il n'y a pas
22:37que l'État qui est en cause ?
22:39Oui,
22:39mais moi,
22:39je pense que l'État,
22:40quand même,
22:40il y a une part d'indifférence.
22:43On l'a vu.
22:44Il y a même Macron
22:44comme s'il avait peur
22:45de je ne sais quoi.
22:46Peut-être qu'il a peur
22:47des quartiers,
22:48comme dirait Jean-Luc Mélenchon.
22:50Je ne sais pas.
22:50Il y a un côté,
22:52quand même,
22:52une très grande prudence.
22:54C'est un sujet.
22:55Ou alors,
22:56on ne reste pas à la présidence
22:59si c'est pour laisser faire.
23:00Je ne sais pas.
23:01Il y a quelque chose.
23:02Si vous voulez,
23:02moi,
23:02je vois même quelqu'un
23:03qui avait des positions
23:04sur le Moyen-Orient
23:06qui était quand même
23:07très raide
23:08par rapport à Israël,
23:09parfois,
23:10qui était Jacques Chirac.
23:11Il n'aurait jamais
23:11laissé faire ça.
23:13Je veux dire,
23:13c'est un problème d'État.
23:17C'est quelque chose.
23:18Là,
23:19si vous voulez,
23:19je trouve qu'on est gouverné
23:20aujourd'hui
23:22par un mélange
23:24de relativisme,
23:25de cynisme
23:26et de je-m'en-foutisme.
23:28C'est ça,
23:29en fait,
23:29la réalité des choses.
23:31Et ça va durer comme ça
23:32encore pendant un an et demi
23:33alors que...
23:35Jacques Serret,
23:36là,
23:36il me presse
23:36parce qu'il y a d'autres
23:37questions à poser.
23:38Alors que la situation
23:39s'aggrave.
23:41Elle s'aggrave économiquement.
23:42Justement,
23:43on y vient prendre
23:43ce qu'il se dit.
23:44On y vient parce que
23:44vous parliez du délitement
23:45de la puissance.
23:46Je savais que vous y veniez,
23:46c'est pour ça que j'ai fait
23:47la liaison.
23:49Mais justement,
23:49par rapport à cette situation,
23:51comment la France peut-elle agir ?
23:53On parle d'impuissance publique,
23:54mais aussi une assemblée
23:55qui est morcelée,
23:55qui est complètement éclatée,
23:57cette assemblée nationale.
23:59C'est des blocages,
24:00c'est l'inaction.
24:02Et on le voit avec ce budget
24:03de l'État
24:04qui va être de retour.
24:06En tout cas,
24:07on va en reparler
24:07à partir de la semaine prochaine,
24:08à partir du 5 janvier.
24:09Qu'est-ce que peut faire
24:10Sébastien Lecornu aujourd'hui
24:12dans cette situation
24:13pour doter la France
24:14d'un budget ?
24:15Est-ce qu'il va être contraint
24:16finalement de se dédire,
24:17de passer par 49-3 ?
24:20Écoutez,
24:21il est habile.
24:22C'est clair.
24:23Sébastien Lecornu,
24:23on ne peut pas lui enlever ça.
24:25Il est habile,
24:26il est dans une situation
24:26un peu désespérée.
24:28Mais c'est évident
24:29qu'il doit se dédire.
24:30Pour la France.
24:32Alors pour lui,
24:32non,
24:32parce que peut-être
24:33que c'est un risque énorme
24:34le 49-3.
24:35Mais il risque de sauter,
24:37effectivement.
24:38Alors que
24:39s'il se débrouille,
24:40ça tiendra.
24:41Et à mon avis,
24:42le président de la République
24:43au-dessus de lui
24:43lui demande certainement
24:45de tenir,
24:45parce que le seul objectif
24:46d'Emmanuel Macron aujourd'hui,
24:48c'est de survivre,
24:49de tenir encore
24:50un an et demi.
24:51De gagner du temps
24:52un an et demi.
24:53Bon.
24:54Mais si c'est pour faire
24:55le budget
24:55qu'une espèce
24:58de bougli-bougla
25:00absolument affreux
25:03qui consiste
25:05à augmenter
25:05les dépenses
25:06et à augmenter
25:07les prélèvements
25:07obligatoires,
25:08puisque c'est ça
25:08le budget,
25:09avec,
25:10bon,
25:10on bat déjà
25:10les records
25:11de dépenses publiques.
25:12On est déjà
25:13à 57%
25:15pour falloir,
25:16je ne sais pas
25:16où on va aller
25:17dans les étoiles.
25:18Et puis alors
25:19les prélèvements
25:19obligatoires,
25:20ça y va.
25:21On est aussi
25:21record mondial.
25:23La France détient
25:25un record mondial
25:26en matière
25:26de prélèvements
25:27obligatoires.
25:28Je ne sais pas,
25:28peut-être qu'on va
25:29aller monter
25:29jusqu'à 45%
25:30ou peut-être
25:30davantage.
25:32Tout ça
25:32est absolument
25:33grotesque
25:34parce que
25:34la France
25:36est devant
25:37des échéances
25:38difficiles
25:39parce qu'avec
25:41son endettement,
25:42un endettement
25:43considérable,
25:44depuis Macron,
25:46on est à plus
25:471200 milliards.
25:50Tout ça d'ailleurs
25:50pour payer en grande partie
25:51le modèle social français,
25:52c'est-à-dire
25:53les prestations sociales,
25:54les retraites,
25:55etc.
25:55Mais enfin,
25:56il faut être conscient
25:56de ça.
25:57C'est 1200 milliards
25:58avec une charge
25:59de la dette
25:59qui va être
26:00à 100 milliards
26:01par an
26:02à partir de 2029.
26:03Puis elle va monter
26:04après.
26:05La charge de la dette,
26:06ce n'est pas
26:06le remboursement
26:07de la dette,
26:08c'est les intérêts,
26:09le paiement
26:10des intérêts.
26:10C'est 100 milliards,
26:11ce sera évidemment
26:12de loin le plus gros
26:13poste du budget.
26:14Donc,
26:15il y a des mesures
26:16à prendre.
26:17Et il y a des mesures
26:18tout simplement,
26:18moi je fais partie
26:20de cela,
26:20qui consistent
26:21non pas
26:22à faire,
26:23de faire peut-être
26:24ce qu'on va appeler
26:25un budget,
26:25les imbéciles vont appeler
26:26ça un budget
26:26d'austérité
26:27pendant un an,
26:28ce qu'ils ont fait
26:29d'ailleurs en 1958
26:30quand De Gaulle l'a fait,
26:31mais il faut resserrer
26:32les vis,
26:33et puis après,
26:34tout faire
26:35pour qu'il y ait
26:35une forte croissance.
26:37Parce que
26:38la meilleure solution
26:39pour régler
26:40notre problème
26:40d'endettement,
26:41vous savez,
26:41il y en a une,
26:42tout simplement,
26:42c'est d'élargir le gâteau,
26:44d'augmenter
26:45la création de richesses.
26:46La France est capable
26:47de le faire,
26:47elle l'a fait dans le passé,
26:49et ce n'est pas justement
26:50de rabougrir,
26:51de resserrer,
26:52de revisser
26:52ce qu'est la stratégie
26:54actuelle,
26:56puisque si on regarde bien
26:57ce qui a été décidé
26:58par l'Assemblée nationale,
26:59je ne parle pas du Sénat
27:00qui est évidemment
27:01plus intelligent,
27:01ce qui n'est pas difficile
27:02d'ailleurs,
27:03mais l'Assemblée,
27:05c'était le concours
27:06lépine
27:06de la mesure fiscale
27:07la plus bête,
27:08etc.,
27:09et puis
27:09d'augmentation
27:11des dépenses.
27:12Ça pour avoir en plus
27:13des Français
27:13qui ne sont pas
27:14si contents que ça
27:15de leurs services publics,
27:16par ailleurs ?
27:17On augmente
27:17les dépenses sociales,
27:18mais on n'a pas l'impression
27:19que ça plaise tant que ça
27:20aux Français ?
27:21Oui, mais vous savez pourquoi ?
27:22Parce que le grand problème
27:23de la France,
27:24ce sont,
27:25comment dire,
27:26il a été dit par Georges Clemenceau
27:27il y a très longtemps,
27:28donc ce n'est pas nouveau,
27:29la France est un pays
27:30très fertile,
27:31on plante des fonctionnaires,
27:33ils poussent des impôts.
27:34Et si vous regardez bien,
27:35d'ailleurs,
27:35pour répondre à votre question,
27:37par exemple,
27:38les hôpitaux allemands,
27:39l'Allemagne,
27:39vous savez,
27:40elle dépense un petit peu moins
27:41que nous pour les hôpitaux,
27:42mais enfin,
27:43c'est à peu près,
27:43c'est des grosses sommes,
27:44la France et l'Allemagne
27:45sont les champions du monde
27:46pour les hôpitaux.
27:48L'Allemagne et les hôpitaux
27:49de bien meilleure qualité,
27:51et elle a beaucoup de lits,
27:52médicalisés,
27:53beaucoup plus que nous,
27:54et vous savez pourquoi ?
27:56Il n'y en a pratiquement
27:56pas de fonctionnaires,
27:57mais nous,
27:58on en met partout,
27:59partout,
27:59partout,
28:00vous savez bien,
28:01il faut revenir là-dessus,
28:04Emmanuel Macron a quand même
28:05trouvé le moyen
28:05d'en embaucher encore
28:06120 000,
28:08mais on bat tous les records
28:10là aussi,
28:11vous savez combien
28:11il y en a en France ?
28:12Si on rajoute
28:13les salariés
28:15de,
28:16disons,
28:17pas d'entreprise publique,
28:18mais de la sécurité sociale
28:19ou d'autres comme ça,
28:20on arrive à 7 millions.
28:22En Allemagne,
28:22à côté,
28:23vous traversez,
28:24ils sont 83 millions,
28:25nous on est 67 millions
28:26d'habitants,
28:26eux ils sont 83 millions,
28:28donc ils sont beaucoup
28:28moins nombreux,
28:29et bien ils n'ont que
28:304 500 000 fonctionnaires,
28:32c'est-à-dire,
28:33ils en ont 5 pour 100 habitants,
28:37nous en avons 9 pour 100 habitants,
28:39là vous allez me dire,
28:40oui mais ça dépend,
28:41ben oui,
28:41ben regardez l'Italie,
28:42ils en ont 6 pour 100 habitants,
28:44pourtant l'Italie,
28:45c'est un fonctionnement
28:46un peu à la française.
28:47Vous nous faites le comparatif
28:49avec d'autres pays,
28:50on a dressé un état des lieux
28:52de la politique depuis 10 ans
28:53d'Emmanuel Macron,
28:54volet régalien,
28:55volet économique,
28:55on parlera je crois
28:56du volet diplomatique tout à l'heure,
28:58l'expérience qui est la vôtre,
28:59j'ai envie de vous poser la question,
29:00François-Olivier Gisbert,
29:01est-ce que le président de la République,
29:02selon vous,
29:03a le pire bilan à ce stade,
29:04il nous reste un an et demi,
29:05on verra,
29:06le pire bilan de la 5ème République ?
29:08J'ai dit sur cette antenne,
29:10déjà il y a quelques années,
29:11mais je crois que ça se confirme,
29:12oui,
29:12je crois que c'est le plus mauvais président
29:17parce que les autres
29:17ont essayé de faire des choses,
29:19c'est-à-dire à un moment donné,
29:20par exemple Mitterrand
29:21est allé dans le mur
29:22avec sa politique de 1981
29:24et il y a le grand virage,
29:27enfin c'était Pierre Moroy
29:28qui faisait pression,
29:29qui était son Premier ministre,
29:30pour qu'il fasse ce virage,
29:31bon il l'a fait,
29:32et quand vous regardez ses textes,
29:34il l'a assumé,
29:35il a dit voilà,
29:35bon voilà,
29:36il faut arrêter les bêtises,
29:38maintenant on va être sérieux.
29:40Bon, Chirac,
29:42on peut dire qu'il a beaucoup dormi.
29:44Il n'a pas fait énormément de choses.
29:46Il a beaucoup dormi
29:47pendant ses mandats,
29:48ses deux mandats,
29:50bon,
29:50mais il se réveillait de temps en temps
29:52et quand il se réveillait,
29:53ça se voyait,
29:53il faisait des choses,
29:54enfin je veux dire,
29:55il était là,
29:56c'est tout à fait différent,
29:58on a l'impression de quelqu'un
29:59qui,
30:01comment dire,
30:02qui disparaît,
30:02mais il fait des choses,
30:04c'est-à-dire il s'occupe,
30:05il travaille,
30:05je ne dirais pas qu'il travaille,
30:06puis il est brillant même,
30:08et puis il s'occupe de dossiers
30:10très bien,
30:10je pense notamment par exemple,
30:13puisqu'il fait en ce moment
30:14un soutien à l'Ukraine
30:15par rapport à Trump,
30:17c'est très utile,
30:17c'est très utile pour l'Europe,
30:19je ne dis pas du tout
30:20qu'il ne fait rien,
30:22mais sur les grands dossiers,
30:23on a l'impression qu'il a peur.
30:25Peut-être,
30:25je ne sais pas pourquoi,
30:26est-ce que c'est l'affaire
30:26des gilets jaunes ?
30:27Non, parce que quand vous voyez
30:29le premier mandat,
30:29il n'a pas fait grand-chose,
30:31le deuxième mandat,
30:32rien du tout,
30:33mais le premier mandat,
30:34il n'a pas fait grand-chose non plus,
30:35il a continué la politique
30:36de François Hollande d'ailleurs,
30:39qui était tout à fait juste
30:40par rapport à la défiscalisation
30:43des entreprises,
30:44parce qu'il fallait le faire,
30:45mais c'est toujours le problème d'ailleurs,
30:47parce qu'aujourd'hui,
30:48la désindustrialisation,
30:49elle continue en France,
30:51elle continue en France
30:51parce que Macron avait poursuivi
30:55le travail entamé par François Hollande,
30:57mais aujourd'hui,
30:58on est quand même toujours
30:59confronté à ça,
31:01c'est-à-dire,
31:01moi j'ai toujours un chiffre
31:02là-dessus,
31:03sur la désindustrialisation,
31:04qui était un vrai sujet,
31:05parce que vous me parlez
31:05des problèmes français,
31:07on a deux pieds,
31:09la France,
31:10elle a deux pieds,
31:11c'est l'agriculture,
31:13ça va mal en pied,
31:14même si on est toujours
31:15le premier producteur en Europe,
31:16mais l'industrie,
31:18on a réussi à être maintenant
31:19le pays le plus désindustrialisé,
31:21désindustrialisé d'Europe
31:22avec la Grèce,
31:23et vous savez pourquoi ?
31:24C'est très simple.
31:25Alors,
31:26les démagogues vont vous dire
31:27c'est la faute à l'Europe,
31:28ou d'autres,
31:29les gauchistes vont vous dire
31:30c'est la faute à la mondialisation,
31:31ou à l'ultralibéralisme,
31:33comme si la France
31:33était un pays libéral,
31:34il faut vraiment être taré
31:35pour faire ça,
31:36mais enfin,
31:36il y a en France des gens,
31:38pour le croire,
31:38j'ai entendu Héroï Trouvé,
31:40qui est la députée LFI,
31:42et surtout l'ancienne présidente
31:44de la commission économique
31:47de l'Assemblée nationale,
31:48qui disait
31:49il faut rompre avec le libéralisme,
31:50tu parles,
31:51je crois qu'il faut peut-être
31:52mettre un petit peu
31:54de libéralisme
31:55dans notre sauce,
31:56parce que c'est quand même
31:58le grand problème,
31:59l'immense problème français.
32:00Mais je vous ai donné
32:00un chiffre qui dit tout
32:01sur la France,
32:03et qui montre que c'est nous,
32:04que c'est la fiscalité française,
32:07les impôts sur la production
32:09sont cinq fois plus importants
32:11en France qu'en Allemagne.
32:12Je vous ai donné un exemple,
32:13simplement.
32:15Les emplois industriels,
32:16des groupes industriels
32:18français,
32:2062% des emplois industriels,
32:24des groupes industriels français
32:26ont été délocalisés,
32:27et sont dans les filiales
32:28à l'étranger.
32:30En Allemagne,
32:31c'est 23%.
32:3223% seulement.
32:34Pourquoi ?
32:34Pourquoi ?
32:36Parce qu'en France,
32:37ils ont été poussés dehors,
32:38obligés à partir,
32:39à monter des usines,
32:41ce qui est très compliqué,
32:42à l'étranger,
32:43parce que tout était trop cher.
32:46Et ce n'est pas un problème
32:47de main-d'oeuvre qui est trop cher,
32:48ce n'est pas vrai.
32:49C'est parce qu'il y a la fiscalité.
32:51Et les abrutis à l'Assemblée nationale
32:53qui ne connaissent rien
32:55à l'économie,
32:56ou je ne sais pas,
32:57ou si on leur a donné
32:58des vieux prospectus
33:00de l'Union soviétique
33:01pour qu'ils apprennent
33:01comment ça marche,
33:02ils n'ont rien trouvé de mieux aussi
33:03que de continuer
33:04à massacrer nos entreprises,
33:06notamment celles d'ailleurs
33:07qui font des bénéfices
33:09à l'étranger,
33:09qui les rapatrient en France.
33:10C'est une façon de leur dire
33:11« Allez vous installer ailleurs »,
33:13ce qu'ils feraient peut-être d'ailleurs,
33:14puisque aujourd'hui,
33:15la grande idée,
33:16c'est que s'il y a des problèmes
33:19avec les riches
33:19qui veulent s'en aller,
33:21c'est François Ruffin
33:22qui disait ça,
33:22on va leur retirer leur passeport.
33:24Moi, je pense qu'ils pourraient
33:25se souvenir aussi
33:25de ce qu'avait proposé Marat
33:27pendant la Révolution.
33:28Ils pouvaient faire ça
33:29pour les émissions de la Révolution,
33:30pour leur couper les oreilles
33:31et leur couper les pouces
33:33pour qu'on les reconnaisse facilement.
33:34Ou ils disaient aussi
33:35« Sinon, il fallait les liquider ».
33:37Enfin, tout ça est débile.
33:39François-Olivier Gillesbert
33:39en un mot,
33:40juste avant de marquer une courte pause,
33:41Emmanuel Macron va prononcer
33:42ses voeux aux Français
33:43dans quelques jours.
33:44Vous parliez des agriculteurs,
33:45vous parliez du chef de l'État.
33:46Qu'est-ce que vous en attendez
33:47de cette expression
33:48du chef de l'État ?
33:49Bah rien.
33:50Qu'est-ce que vous attendez
33:51du chef de l'État ?
33:51Non mais sérieusement.
33:52De toute façon,
33:53il n'a pas les pouvoirs.
33:55Il n'a pas les pouvoirs.
33:55Il les a donnés à Sébastien Lecornu,
33:59qui est habile,
34:00avec, comment dire,
34:02il lui a quand même donné
34:03une ligne qui est
34:06« Je veux tenir le plus longtemps possible ».
34:08Donc, Lecornu essaie de faire les choses.
34:11Et donc,
34:11c'est le Parti Socialiste
34:12qui est devenu le,
34:13comment dire,
34:13oui,
34:14qui souffle à l'oreille.
34:15Bon,
34:15j'espère qu'on ne va pas se retrouver
34:16avec une pseudo-loi Zuckmann
34:19ou quelque chose comme ça,
34:20qui finissent par planter définitivement
34:22l'industrie française,
34:22ce qui est peut-être,
34:23d'ailleurs,
34:23l'objectif de ces gens-là,
34:24vous savez.
34:25Donc,
34:25un président qui va peut-être
34:26davantage nous parler
34:27d'international,
34:28c'est désormais sa seule mission.
34:30Oui,
34:30il ne le fait pas toujours mieux,
34:32mais souvent mieux,
34:33mais pas toujours mieux quand même.
34:34Il y a un an,
34:34il avait promis des référendums
34:35à Emmanuel Macron
34:36lors de ses voeux.
34:37Encore une promesse
34:37qui n'a pas été…
34:38Je vois que vous croyez
34:39beaucoup aux promesses de…
34:41Thomas Bonnet
34:42croit beaucoup aux promesses
34:43de Emmanuel Macron.
34:43Je crois que vous êtes
34:44le dernier en France
34:45à croire encore.
34:46Non,
34:46comme vous êtes journaliste,
34:48forcément,
34:49vous les recensez.
34:50Mais il y en a comme ça,
34:51des promesses,
34:52bien entendu,
34:53mais ça ne sert à rien.
34:54Elles ne servent
34:54que ceux qui y croient.
34:55Oui,
34:55elles ne servent
34:57qu'à ceux qui les promet.
34:58Le grand rendez-vous
34:59de François-Olivier Gisbert
35:00en marque une courte pause.
35:01Et dans un instant,
35:04et de l'Ukraine,
35:05ne bougez pas.
35:05A tout de suite
35:05sur CNews Europe 1.
35:10Le grand rendez-vous
35:11Europe 1,
35:12CNews,
35:13les échos
35:13avec notre invité ce matin,
35:14François-Olivier Gisbert.
35:16Et pour vous interroger,
35:17François-Olivier,
35:17Thomas Bonnet pour CNews,
35:18Clémence Lemestre
35:19pour les échos.
35:20Une information
35:21de dernière minute
35:22qui vient de nous parvenir,
35:24François-Olivier Gisbert.
35:26On vous l'apprend ici
35:27sur l'antenne
35:27de CNews et d'Europe 1.
35:29Brigitte Bardot
35:30est décédée
35:31à l'âge de 91 ans.
35:33On vient de l'apprendre.
35:34Brigitte Bardot,
35:35vous la connaissiez très bien,
35:36François-Olivier Gisbert.
35:38Oui, alors,
35:39moi j'attends confirmation
35:40parce que pour moi,
35:42elle est toujours vivante.
35:43C'est une grande dame.
35:45C'est une grande dame
35:46très courageuse
35:47qui n'a peur de rien.
35:48Justement,
35:48je parlais des peureux
35:49qui nous gouvernent.
35:50Elle,
35:51c'est absolument,
35:53c'est un festival.
35:54Vous voyez,
35:54quand je vais la voir là-bas,
35:56elle parle
35:57beaucoup de tous les sujets,
36:00elle s'intéresse à tout.
36:02C'est un modèle de vie.
36:04C'est-à-dire que,
36:04c'est-à-dire que ces gens
36:05qui n'ont peur de rien,
36:07elle a mené sa vie comme ça.
36:09C'est-à-dire qu'à un moment donné,
36:10elle avait sa grande carrière,
36:11elle était au cinéma,
36:13elle tournait un film
36:15et puis,
36:17on lui présente une chèvre
36:18qui va finir en Michoui
36:20et puis elle dit,
36:21non,
36:21je l'adopte
36:21et puis voilà,
36:22puis à partir de là,
36:23sa vie change
36:24et elle décide
36:24de consacrer sa vie
36:25aux animaux.
36:27Et là-dessus,
36:29si vous voulez,
36:30bon,
36:31c'est normal,
36:32les médias font souvent
36:33leur travail mal,
36:35mais bon,
36:36elle a été caricaturée
36:38comme une espèce de raciste
36:40parce que,
36:40pour une raison très simple,
36:41c'est qu'elle a compris
36:42que la cause animale,
36:44moi qui me concerne aussi,
36:46beaucoup de gens s'en foutent
36:48et donc,
36:48la seule façon
36:49de se faire entendre,
36:50c'est de hurler,
36:51d'être violent.
36:52Elle a été très violente.
36:53Elle a été très violente
36:54avec tous ceux
36:55qui martyrisaient
36:57les animaux.
36:58Ça pouvait être
36:59les Espagnols,
37:00ça pouvait être
37:01les gens du Maghreb,
37:02ça pouvait être
37:03les gens de Réunion.
37:04Alors donc,
37:05parce qu'elle employait
37:06des mots forts,
37:07on disait
37:08qu'elle est raciste.
37:09Mais je vous signale,
37:10mais ça,
37:10on l'oublie toujours,
37:11les noms qu'elle a eus
37:12pour le président
37:14de la Fédération des chasseurs,
37:16Vili Foucherène,
37:17qu'elle a traité,
37:18je crois,
37:19de gros cochons
37:20ou je ne sais pas,
37:20elle a eu des mots
37:21comme ça
37:22ou de gros salopards.
37:23Parce qu'elle était
37:25comme ça,
37:25c'est-à-dire qu'elle
37:27ne mâchait pas ses mots.
37:28Moi, je trouve que c'est,
37:30en tout cas,
37:30c'est une grande française
37:31et il ne faut pas oublier
37:32que c'est une grande française.
37:33La fondation Brigitte Bardot
37:35la confirmée
37:36au fait de l'agence France 13,
37:37c'est une information
37:38qui est donc confirmée.
37:39La fondation Brigitte Bardot
37:41c'est une organisation
37:43extrêmement puissante
37:45qu'elle a développée,
37:46elle a travaillé là-dessus
37:4624h sur 24.
37:48Elle a arrêté sa carrière,
37:49tout ça pour la cause animale
37:51et c'est une grande française
37:53qui, quand vous voyagez beaucoup,
37:56ce qui m'est arrivé à une époque,
37:57c'était frappant de voir
37:58comme elle incarnait la France
38:00comme le général de Gaulle.
38:01C'est la France d'avant ?
38:02C'est justement la France d'avant
38:03que vous décrivez.
38:04D'ailleurs, dans mon livre
38:05La France d'avant,
38:06je parle d'elle,
38:07d'ailleurs,
38:07où j'ai des mots,
38:07évidemment,
38:08parce que c'est impossible
38:10de ne pas l'aimer profondément.
38:13Elle n'avait pas tellement besoin
38:14de l'amour des autres
38:15parce qu'elle passait son temps
38:17à donner l'amour aux autres,
38:18aux animaux,
38:19bien entendu,
38:20mais je le signale
38:21à tous ceux qui disent
38:22oui,
38:23et les humains là-dedans,
38:24eh ben oui,
38:24elle était aussi,
38:25elle avait un cœur gros comme ça,
38:26les petits vieux
38:27qui avaient besoin d'elle,
38:28etc.
38:28Elle faisait des chèques,
38:30elle aidait,
38:30enfin,
38:30voilà,
38:31c'est une femme,
38:31c'est une femme absolument merveilleuse.
38:34Mais allons bien sûr revenir
38:35sur le décès de Brigitte Bardot.
38:37Pour moi,
38:38elle ne mourra pas,
38:39elle ne peut pas mourir.
38:41Brigitte Bardot est éternelle.
38:42C'est la dernière icône
38:43pour vous,
38:43d'ailleurs,
38:44qu'on coûtait
38:45dans notre pays ?
38:47Ben,
38:47oui,
38:48je pense,
38:48mais vous savez,
38:50les pays,
38:51ce n'est pas parce que,
38:52voilà,
38:53il y aura d'autres icônes à venir,
38:54il faut se rassurer là-dessus.
38:56Vous savez,
38:57la France,
38:57elle a encore du ressort.
38:58La France n'est pas finie.
38:59Non, non,
39:00la France n'est pas finie,
39:01comme disait De Gaulle,
39:02elle a toujours été refaite.
39:02L'envergure de Brigitte Bardot,
39:04c'est ça que je voulais dire,
39:04c'est quand même une icône
39:05au sens presque littéral du terme.
39:07Ah oui,
39:08mais c'est un personnage énorme.
39:10Une icône mondiale.
39:10Quand on pense,
39:11l'impact qu'a eu
39:12et Dieu créé à la femme,
39:15par exemple,
39:16aux Etats-Unis,
39:16on a l'impression que c'est un film
39:17que tout le monde a vu aux Etats-Unis,
39:18peut-être plus encore qu'en France.
39:20Quand on voit
39:21qu'on fait au fond de l'Amérique latine,
39:23et puis,
39:23voilà,
39:23et puis ses chansons sur elle,
39:25et puis,
39:26enfin non,
39:26c'est un personnage extraordinaire.
39:28Vous avez des souvenirs
39:30plus personnels avec elle
39:31de moments qu'elle a pu partager ?
39:33Oui,
39:34je la vois encore,
39:36je n'ai pas plein de souvenirs,
39:38mais par exemple,
39:38un jour,
39:39la clope au bec,
39:41elle est là comme ça,
39:42elle écrit beaucoup de lettres
39:44sur les animaux,
39:47justement,
39:47pour défendre.
39:48Elle écrivait une lettre au pape
39:49et je trouvais qu'elle était
39:50un petit peu désinvolte,
39:52alors qu'elle est très chrétienne.
39:55Elle était un peu désinvolte
39:57et je lui avais dit,
39:57elle l'avait refait derrière,
39:59je me souviens,
40:00c'était...
40:00Non,
40:01parce que c'était quelqu'un
40:03qui était aussi à l'écoute,
40:04elle donnait l'apparence
40:06d'un mauvais caractère,
40:07mais elle avait,
40:08je le répète,
40:09un cœur gros comme ça,
40:11Brigitte.
40:12Elle avait...
40:13Thomas Bonnet ?
40:14Je n'arrive pas à me résoudre.
40:16Oui,
40:16c'est assez difficile
40:17parce qu'on vient tous
40:17d'apprendre cette terrible nouvelle.
40:20Ça va marquer l'année,
40:21évidemment,
40:22l'année 2025 aussi,
40:23cette terrible nouvelle.
40:26Elle était en retrait quand même
40:27des écrans,
40:28de l'espace médiatique
40:28depuis des années.
40:30Vous qui l'avez fréquentée,
40:31comment vous expliquez
40:32le fait qu'elle se soit mise
40:33en retrait comme ça
40:33dans sa vie de célébrité,
40:36d'icône ?
40:37Parce qu'en fait,
40:39elle n'avait pas besoin de ça.
40:40Je pense qu'elle s'est rendue compte
40:42que comme toute sa vie
40:43a consisté à développer,
40:45à partir du moment
40:46où elle a quitté le cinéma,
40:49toute sa vie consistait
40:50à développer sa fondation
40:51et que sa fondation marchait,
40:53au départ,
40:54elle a fait beaucoup
40:55effectivement de médias
40:56parce que ça a aidé,
40:58évidemment.
40:59Mais à partir du moment
40:59où elle s'est rendue compte
41:00que ça marchait tout seul,
41:01je ne dis pas que ça marche tout seul,
41:02elle n'a pas besoin de tout ça
41:03pour que ça marche,
41:05elle a arrêté.
41:06Elle a arrêté,
41:07effectivement,
41:08elle en faisait un peu
41:10parce qu'elle était tout le temps
41:11sollicitée par tout le monde,
41:12d'ailleurs,
41:12y compris par moi,
41:13ça m'est arrivé de temps en temps.
41:15Mais évidemment,
41:16tout le monde lui demandait,
41:17tout le temps,
41:17tout le temps,
41:17et puis on essuyait des refus.
41:19Mais elle n'avait pas besoin de ça.
41:23Elle n'avait pas besoin
41:23parce qu'à un moment donné,
41:25c'est devenu...
41:27Elle est entrée
41:30dans une autre dimension
41:31et c'est devenu,
41:32effectivement,
41:33un des personnages historiques
41:35de la France.
41:36Je veux dire,
41:36c'est quand même,
41:37quand on regarde,
41:38si on regarde
41:38les personnages historiques,
41:40pour ça,
41:41elle a incarné
41:41la libération de la femme
41:42parce qu'au départ,
41:43c'est ça aussi.
41:44Et dans le monde entier,
41:46je pense que c'est ça
41:47qu'il faut voir.
41:48C'est une icône française
41:49qui est vraiment connue
41:50à l'international
41:51et il y en a moins maintenant
41:53ou il n'y en a pas
41:55qui sont aussi symboliques que ça
41:56et notamment
41:56de ce que vous disiez
41:57de la libération de la femme.
41:58C'est-à-dire qu'elle n'est pas
41:59seulement connue
42:00en tant qu'actrice.
42:01Elle incarne quelque chose.
42:01Elle incarne quelque chose.
42:03Ce n'est pas juste
42:03visolie, actrice.
42:05Elle incarne la femme libre
42:07qui fait ce qu'elle veut,
42:09qui n'a pas de condamnage
42:09à rendre aux hommes
42:10et c'est pour ça que
42:12toutes les femmes...
42:13Je me souviens de ma mère,
42:14par exemple,
42:15qui était prof de philo,
42:16qui était féministe
42:18mais a priori
42:19ça n'a pas été forcément
42:20sa tasse de thé.
42:22Ma mère adorait Brigitte Bardot
42:24justement à cause de ça
42:25parce que c'était quand même
42:25l'époque où, vous savez,
42:26les femmes n'avaient pas le droit
42:27d'avoir leur carnet de chèques.
42:29C'était monsieur
42:30qui avait le carnet de chèques
42:31et la madame devait demander
42:33la permission à chaque fois.
42:35La dépension.
42:36Voilà, ce n'était pas lui
42:36qui avait les comptes.
42:38Et ça, c'était...
42:38Bon, elle arrive à ce moment-là
42:40et elle fait tout sauter.
42:41Elle a tout fait sauter
42:42avec une sorte de fausse candeur
42:45parce que c'était une femme
42:46très intelligente
42:47et une femme qui lisait.
42:49C'est une femme
42:49qui lisait les livres.
42:51Elle avait une culture,
42:52une vraie culture.
42:53Une femme très politique aussi.
42:55Très politique, effectivement.
42:57Alors, là-dessus,
42:58tout ça aussi a été
42:59très caricaturé
43:01parce que, bon,
43:02elle était clairement de droite,
43:04gaulliste.
43:04C'était la grande époque.
43:06D'ailleurs, il ne faut pas oublier
43:07qu'une de ses grandes victoires
43:09sur l'abattage,
43:10enfin, maintenant,
43:11on est revenu derrière,
43:12hélas, avec la montée du halal.
43:13Mais vous savez,
43:14l'abattage avec le matador
43:16qui était, comment dire,
43:18une façon d'insensibiliser l'animal
43:20avant de le signer.
43:22Elle a obtenu ça
43:23de Roger Frais
43:24qui était ministre de l'Intérieur
43:25du général de Gaulle
43:27qu'elle était allée voir
43:29pour lui présenter l'objet,
43:31pour lui dire, voilà.
43:32Et tout ça avait été suivi, adopté.
43:35Et le général de Gaulle
43:35était, oui,
43:37était d'ailleurs aussi un fan
43:39de Brigitte Bardot
43:40puisqu'il y a une célèbre anecdote
43:41quand il la voit arriver
43:44un soir dans une espèce
43:47de grande soirée à l'Élysée.
43:48Elle était invitée,
43:49était venue habiller avec,
43:50bon, on aurait venu
43:52à un habit militaire.
43:54Il avait dit,
43:54tiens, voilà un militaire.
43:56On voit, je le dis
43:57pour les auditeurs d'Europa,
43:58on voit à l'antenne défiler
43:59les images d'archives
44:01de Brigitte Bardot.
44:03Si vous deviez retenir, vous,
44:04une image de son immense carrière,
44:06ce serait laquelle,
44:07François-Lévi-Gisbert ?
44:08– Oh, plein de films,
44:10franchement.
44:11Plein de films
44:12parce que les grands films,
44:15évidemment,
44:17c'est le mépris,
44:18tout le monde le sait toujours,
44:19et Dieu créa la femme.
44:21Et puis, moi,
44:22c'est un film que j'ai vu
44:24quand j'étais gosse,
44:25je n'avais pas votre âge,
44:26je m'en allais voir
44:26ce genre de film.
44:27C'était Babette
44:27s'en va-t'en-guerre
44:28avec mon héros,
44:29qui était d'ailleurs
44:30un ancien d'Europe 1,
44:31Francis Blanche,
44:32voilà,
44:33qui tenait la réplique.
44:35Babette s'en va-t'en-guerre.
44:36J'ai gardé
44:38de très bons souvenirs
44:39de ce film.
44:39Bon,
44:40et puis après,
44:41ses amours,
44:43elle avait bon goût,
44:45quand on regarde bien.
44:47Elle avait tous les bons,
44:48elle a tous les bons.
44:49Sauf Alain Delon.
44:51Il n'y a rien eu entre eux,
44:52j'en ai parlé avec les deux,
44:54d'ailleurs,
44:54souvent,
44:55et j'en parle dans le livre.
44:56– Vous avez une conversation ?
44:57– Je parle dans le livre
44:58parce que c'est vrai
44:59que j'étais étonné toujours
45:00qu'il n'y ait rien eu entre eux
45:01parce que c'est un amour
45:03avec Serge Gainsbourg
45:04et vraiment,
45:05les chansons sont bonnes quand même.
45:06Initial bébé,
45:07tout ça,
45:08c'est bon quand même.
45:09– Elle est aussi associée
45:10à la ville de Saint-Tropez
45:13et vous,
45:13vous êtes originaire
45:14du sud de la France.
45:16– Originaire,
45:17enfin bon…
45:17– En tout cas,
45:17vous y êtes installé
45:18depuis longtemps en France
45:19et on peut le dire,
45:20vous parliez tout long tout à l'heure.
45:21– Qui se rapporter ?
45:21– Qui se rapporter ?
45:23– L'hommage va être,
45:24on imagine,
45:25gigantesque
45:25dans la ville de Saint-Tropez
45:27à partir des prochains jours.
45:28– Ben,
45:29Saint-Tropez,
45:29c'est elle,
45:30elle attendait,
45:30elle a sa statue
45:31et puis alors surtout,
45:33il y avait quelque chose
45:34qu'elle n'aimait pas d'ailleurs.
45:35C'est pour ça,
45:36je pense qu'elle s'était enfuie,
45:37elle passait ses journées
45:37dans une propriété
45:39qu'elle avait au-dessus
45:40qui était la Garigue.
45:41Elle appelait ça la Garigue
45:42où tous ses animaux étaient là
45:43et elle passait la journée
45:45avec ses animaux.
45:46Mais en bas,
45:47c'est vrai que quand elle ouvrait,
45:48elle m'avait montré
45:48dans sa chambre,
45:49elle ouvrait les fenêtres,
45:51il y avait évidemment,
45:52c'était l'été,
45:53il y avait toujours énormément
45:54de bateaux,
45:56de gens qui regardaient,
45:57de touristes
45:57avec des jumelles,
45:58etc.
45:59C'était pas terrible.
46:00Ça ne devait pas être
46:01très agréable pour elle.
46:01Elle n'aimait pas ça du tout.
46:04Elle n'aimait pas sa popularité,
46:05ça je ne crois pas.
46:06C'est pour ça que c'était,
46:07non, c'était une femme,
46:09c'était la mère Courage.
46:11Vous parliez de ses engagements,
46:13vous parliez de ce qu'elle représentait.
46:15On l'a un peu déjà abordé
46:16mais c'est vraiment une partie
46:17de la France d'avant,
46:19d'une certaine France
46:20qui a fait vibrer
46:21des millions de Français
46:22qui s'en va
46:23en même temps que Brigitte Bardot
46:24aujourd'hui.
46:25C'est ça qu'on peut retenir aussi.
46:26Oui mais enfin ça va rester,
46:28ça reviendra.
46:29Mais elle avait quelque chose
46:30de très fort justement
46:31qu'avait d'ailleurs
46:32son ami Alain Delon
46:34parce qu'il y avait
46:35une relation étrange
46:36entre eux
46:36parce que c'était quand même
46:37les deux.
46:38Il y a aussi deux icônes
46:39qui sont parties à peu près
46:41au même moment
46:41parce qu'Alain Delon
46:42n'est pas décédé
46:43il y a très longtemps.
46:43Deux icônes internationales
46:45qui n'ont pas voulu
46:46faire leur carrière
46:47aux Etats-Unis
46:48et qui ont refusé
46:48les sirènes américaines
46:50parce que Dieu sait
46:50si elles étaient grandes
46:52vis-à-vis d'elle
46:52et vis-à-vis de lui.
46:53Et vis-à-vis Delon.
46:53Ils voulaient rester en France
46:57parce qu'ils aimaient la France,
46:58les amoureux de la France d'ailleurs.
47:00Ils étaient tous les deux
47:00des gaullistes
47:01un peu perdus
47:02après la mort du général
47:03mais ils étaient restés là-dedans.
47:05Oui bien sûr.
47:06Justement,
47:06je vais vous permettre
47:07de vous couper François-Olivier.
47:08À l'écran,
47:09on a cette communiquée
47:10de la Fondation Brigitte Bardot.
47:11La Fondation Brigitte Bardot
47:12annonce avec une immense tristesse
47:14le décès de sa fondatrice
47:16et présidente
47:17Madame Brigitte Bardot,
47:19actrice et chanteuse
47:20mondialement reconnue
47:21qui a choisi d'abandonner,
47:23je cite,
47:23sa carrière prestigieuse
47:24pour dédier sa vie
47:26et son énergie
47:27à la défense des animaux
47:29et à sa fondation.
47:30Et quand vous parliez avec elle,
47:32vous savez,
47:32cinéma,
47:33ce qui m'est arrivé de temps en temps,
47:35ça l'emmerdait.
47:36Elle était,
47:37vous voyez,
47:37et pas du tout
47:38parce qu'elle regrettait,
47:40ça ne l'intéressait pas.
47:40Elle était passée à autre chose.
47:41Elle était passée à autre chose.
47:43C'est ça qui était extraordinaire.
47:44Elle a plusieurs vies en fait.
47:44Elle n'était pas du tout
47:45dans l'apparence.
47:46C'est ça qui est formidable.
47:47C'est pour ça qu'elle est terriblement,
47:48et c'est pour ça que je suis un peu ému là,
47:51en entendant le communiquer.
47:53C'est comme ça.
47:55Justement,
47:55vous disiez,
47:56c'est une icône,
47:57elle est éternelle.
47:59On vient d'apprendre cette information
48:00pour bien se rendre compte
48:02de la portée de l'annonce de ce décès.
48:04On est là de quelque chose,
48:05de l'ordre,
48:06de ce qui peut s'apparenter aussi
48:07au décès de Johnny Hallyday en 2017.
48:09On est là dans quelque chose
48:10qui nous dépasse
48:11d'une certaine image de la France
48:13et d'une personnalité
48:15qui rassemble,
48:16qui rassemble les Français.
48:18Oui, vous avez raison
48:18parce que moi,
48:20je suis rarement ému
48:21par la mort des grands personnages.
48:25J'étais ému
48:26à la mort du général de Gaulle.
48:27J'étais ému
48:28à la mort...
48:30Là, je suis ému en ce moment,
48:31évidemment,
48:32avec la mort de Brigitte Bardot.
48:33Et puis, évidemment,
48:34ému aussi
48:35à la mort de Johnny Hallyday,
48:36surtout quand on voyait
48:37les millions de gens
48:38au moment de l'enterrement.
48:40Et puis,
48:40ils vont entrer à un bistrot
48:42et les gens pleuraient.
48:42C'était comme la mort
48:43du général de Gaulle.
48:44Ce qui était intéressant,
48:45c'est que c'était des gens
48:45effectivement de tous les milieux sociaux.
48:47C'est-à-dire que ce sont
48:48des icônes,
48:50des personnages
48:51qui sont appréciés
48:53aussi bien
48:54par toutes les classes populaires
48:55que les classes dirigeantes.
48:57Enfin, vraiment,
48:58toute la société.
48:59C'est quelque chose
48:59que j'évoque dans le livre
49:00et qui me frappe beaucoup,
49:01c'est le fractionnement.
49:02Et qu'il n'y a plus aujourd'hui.
49:03Chaque communauté,
49:05chaque catégorie d'âge
49:06ou de la population
49:07a son idole.
49:09Et au fond,
49:09quand vous voyez,
49:10Georges Brassens
49:11s'y parlait à la fois
49:12aux duchesses
49:12et aux femmes de ménage
49:13qu'il adorait.
49:15La duchesse,
49:15elle s'en canaillait.
49:16La femme de ménage,
49:17elle adorait aussi.
49:18Et puis,
49:19elle,
49:19Brigitte Bardot,
49:20c'est la même chose.
49:21C'est-à-dire qu'elle plaisait
49:22à tout le monde
49:23parce que,
49:23d'abord,
49:24elle avait ce côté populaire,
49:26cette gouaille
49:27absolument incroyable.
49:29Et puis,
49:30de l'autre côté,
49:31on voyait qu'il y avait
49:31la culture.
49:32Ça apparaissait,
49:34elle cachait sa culture.
49:35Elle n'était pas
49:35en train de faire
49:36des tartines de confiture,
49:39de culture
49:40comme tous ceux
49:40qui n'en ont pas.
49:41Non,
49:42mais on voyait
49:43qu'elle était profonde.
49:45Et puis,
49:45elle avait une vie
49:47exceptionnelle.
49:49Et elle était libre.
49:50Le mot de liberté,
49:51là aussi,
49:51vous l'avez employée.
49:53C'était une femme
49:54qui pouvait dire
49:54ce qu'elle pensait.
49:55Vous l'avez rappelé.
49:56Parfois,
49:57à contre-courant,
49:57parfois,
49:58contre le politiquement correct.
50:00Ça aussi,
50:00ça leur a marqué.
50:01Et c'est peut-être aussi
50:02ce qu'on a perdu.
50:03Vous disiez,
50:03il y aura peut-être
50:03de nouvelles icônes.
50:05Ce côté de liberté,
50:06cette liberté de ton
50:07contre le politiquement correct,
50:09c'est moins vrai aujourd'hui.
50:10Oui,
50:10mais vous avez raison,
50:11Thomas.
50:11Mais je crois quand même
50:12que l'esprit critique,
50:14vous voyez,
50:14d'ailleurs,
50:15j'insiste beaucoup là-dessus
50:17sur l'esprit critique.
50:18C'est la France,
50:19ça.
50:19L'esprit critique,
50:20elle,
50:20elle avait cet esprit critique.
50:22C'est-à-dire ce mauvais esprit aussi.
50:23Et ça commence,
50:24vous savez,
50:24ça commence avec Rabelais,
50:26ça continue,
50:27ça continue avec Molière,
50:28le plus grand auteur,
50:29peut-être un des plus grands auteurs
50:31de tous les temps.
50:32Et puis ça va après.
50:34Et puis après,
50:34vous avez Coluche aussi,
50:35vous avez des proches,
50:36vous avez,
50:36vous voyez,
50:37vous avez plein de gens
50:38de ce genre.
50:39Donc nous sommes un peu comme ça.
50:41Et je pense que ça va rester.
50:42Simplement,
50:43c'est vrai,
50:43c'est qu'elle,
50:44c'était une montagne
50:47et après,
50:48il y aura peut-être
50:48quelques collines,
50:49mais peut-être que des montagnes
50:50viendront derrière.
50:51Mais elle,
50:52c'était une montagne
50:53parce qu'elle était tellement,
50:56moi,
50:57je veux dire,
50:58c'est,
50:59comment dire,
50:59ce qui était extraordinaire,
51:01c'était son absence totale
51:04de retenue
51:05sur les grands sujets.
51:06C'est-à-dire,
51:06elle pouvait se mettre
51:07en colère devant vous,
51:08toute seule,
51:09parce qu'elle était choquée,
51:10vous voyez.
51:11Et au fond,
51:12c'est la colère
51:13qui fait vivre ces gens-là.
51:14Regardez,
51:15elle est morte,
51:18comment dire,
51:19en pleine possession
51:20de ses moyens.
51:21Quand vous parliez avec elle,
51:23il y a encore quelques temps,
51:24c'était une jeune fille,
51:26vous voyez,
51:26elle avait ses colères,
51:27elle avait ses passions
51:28et voilà.
51:30C'était le grand rendez-vous.
51:31Elle est morte
51:31dans la force de l'âge.
51:32C'était le grand rendez-vous
51:33de Franz Olivier Gisbert.
51:34Un grand rendez-vous,
51:35bien sûr,
51:35chamboulé par l'annonce
51:36du décès.
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