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  • il y a 10 minutes
Avec Victor Fersing, responsable en France du mouvement OFF, spécialiste de l'impact des écrans sur la sédentarité, membre de l'association "Lève Les Yeux"

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##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE-2026-02-02##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:06Il est 7h40, est-ce que vous seriez capable de vous passer de vos écrans, de votre téléphone portable ?
00:14En tout cas, c'est l'opération qui est lancée à l'appel de certains, le Off February, comme il y a le Dry January.
00:21Nous sommes avec Victor Fersing, qui est responsable en France de ce mouvement, spécialiste de l'impact des écrans sur la sédentarité.
00:30Membre de l'association Lève les yeux. Bonjour Victor Fersing.
00:35Bonjour.
00:36D'où part cette idée ?
00:40Alors, le français en moyenne passe 55 heures sur les réseaux sociaux par mois, c'est beaucoup.
00:45Et on sait aujourd'hui que c'est des applications qui sont faites pour capter notre attention.
00:50et pour monétiser nos données personnelles.
00:54Et en fait, cette omniprésence des réseaux sociaux dans nos vies, ça pose beaucoup de problèmes.
00:57Ça dégrade notre santé mentale, notre santé physique, via notamment la sédentarité,
01:03le fait qu'on est allongé ou assis généralement devant ses écrans.
01:07Et ça dégrade aussi notre santé sociale, qui fait qu'on passe de plus en plus de temps chez nous
01:12à interagir avec les gens via des écrans, mais de moins en moins de temps à sortir de chez nous
01:18et à interagir avec les gens de manière incarnée dans des espaces physiques.
01:23Donc, c'est important d'agir pour qu'on diminue ensemble l'utilisation de ces réseaux.
01:28Alors, c'est l'utilisation des réseaux sociaux ou c'est l'utilisation du portable et des écrans d'une façon générale ?
01:35Parce que j'ai vu qu'on passait, vous l'avez dit, 55 heures à scroller.
01:40Alors, sur le téléphone, là, c'est pour les réseaux, parce qu'il y a tout.
01:43Le téléphone, aujourd'hui, c'est notre moyen de dialogue à travers les messageries,
01:49à travers, en fait, aussi les emails que l'on reçoit, où bien souvent, on n'est pas toujours les écrans.
01:55Ou alors, est-ce que là, vous appelez plutôt à se libérer, entre guillemets, l'esprit des réseaux sociaux ?
02:03Alors, c'est d'abord de se libérer l'esprit des réseaux sociaux,
02:07parce qu'il y a des utilisations des écrans qui sont moins nocives que d'autres.
02:11Et ce qu'on voulait faire, également, c'est rendre le défi accessible.
02:14Et on sait qu'aujourd'hui, une grande partie de notre vie se déroule dans l'espace numérique
02:19et que demander aux gens, d'un coup, de diminuer tous l'utilisation des écrans,
02:24c'était quasiment impossible.
02:26Mais donc là, l'idée, c'était plus de cibler les réseaux sociaux,
02:29parce qu'on sait que c'est l'une des applications les plus nocives qu'on utilise.
02:33Encore une fois, parce que quand on écrit son mail, ça peut être pour le travail
02:37ou on peut utiliser Internet pour apprendre des choses très intéressantes.
02:40Mais les réseaux sociaux ont vraiment, en fait, ce design qui est fait pour capter notre attention
02:45et qui fait que, très souvent, ça nous fait perdre aussi une maîtrise de soi,
02:49et on passe beaucoup plus de temps dessus que ce qu'on voudrait, en fait, à la fin du mois.
02:54Et c'est très difficile aussi de s'en sortir seul, d'où la proposition de notre défi,
02:58qui est aussi une proposition collective, de sortir ensemble des réseaux sociaux
03:01en se coordonnant pendant un mois et pour remplacer ça par d'autres activités.
03:05Oui, c'est ça. D'autres activités qui peuvent être activités physiques, sociales,
03:11passer du temps à cuisiner.
03:12Tiens, on parle de la chandeleur, en fait, aujourd'hui.
03:14passer du temps à faire des crêpes ou d'autres recettes, à dormir ou à ne rien faire, parfois.
03:23Ça, on l'a complètement oublié.
03:25Vous êtes jeune, vous, Victor Fersing, donc vous n'avez peut-être pas connu ça.
03:28Mais il y a une trentaine d'années, on n'avait pas, évidemment, ce portable.
03:31Donc, il pouvait y avoir de l'ennui.
03:33Aujourd'hui, on ne connaît plus ce qu'est l'ennui.
03:37Et quand on s'ennuie, parfois, on peut réfléchir, gamberger, peut-être aussi être créatif.
03:46Ce qu'on a pu... Alors, il y a d'autres créations possibles aussi avec les écrans,
03:49mais pas de la même manière.
03:50C'est ce qui manque un petit peu dans notre société, dans nos sociétés, non ?
03:54Oui, exactement. On est toujours, en fait, actifs avec les écrans.
03:59Même, on peut le voir quand on marche dans la rue.
04:01C'est-à-dire que c'est de plus en plus rare de voir des gens marcher dans la rue sans véritable objectif,
04:06sans avoir des écouteurs dans les oreilles ou sans être en train de regarder un téléphone.
04:11Donc, ce qu'on veut aussi pousser à travers ce défi,
04:15c'est effectivement de pouvoir avoir des moments d'ennui
04:18ou des moments où on n'est pas forcément en train de consommer de l'information
04:21et où on peut flâner et réenchanter un petit peu, justement, nos espaces de vie
04:28en laissant un peu plus de place à l'imagination.
04:31Oui. Est-ce qu'il va y avoir alors des événements pour célébrer ça pendant ce mois
04:35et cette opération que vous lancez ?
04:38Oui. Alors, par exemple, à Paris et à Marseille, on organise une marche en autonomie
04:42qui s'appelle la marche Walk Instead of Scroll.
04:44Et l'idée, c'est justement de pousser les gens à marcher dans la ville,
04:49mais sans GPS, avec une carte pour se servir de ces facultés cognitives.
04:54Parce que c'est aussi quelque chose qu'on perd beaucoup avec nos écrans.
04:57C'est une forme de dépendance aux algorithmes et aux machines.
05:01C'est vrai.
05:02Et l'idée aussi de cette marche, c'est au lieu de regarder son téléphone portable
05:07et du coup de rater tout ce qui se passe autour de son environnement,
05:10c'est d'essayer d'apprendre à prêter attention aux choses anodines dans son environnement
05:15ou alors à prêter attention aux choses de manière lente.
05:18Donc, ça peut être n'importe quoi devant lequel on passe dans la rue.
05:20Mais l'idée, c'est aussi de cultiver un peu son muscle attentionnel
05:24pour percevoir le monde qui nous entoure de manière un petit peu différente.
05:28Parce qu'aujourd'hui, le smartphone, c'est un rectangle lumineux
05:31qui accapare notre attention et qui fait qu'on manque tout ce qui se passe autour de lui.
05:36Et donc, ça nous semble important de travailler justement,
05:39de cultiver un petit peu notre attention, notamment en marchant dans la rue.
05:43Est-ce que vous pensez sincèrement, Victor Fersing, qu'on peut convaincre les jeunes ?
05:48Je pense en fait aux plus jeunes, ceux qui ont entre 10 et 20 ans
05:52et c'est à ce moment-là que s'opèrent, c'est-à-dire...
05:54Alors, il y a bien sûr les adultes qui passent énormément de temps, bien sûr aussi.
05:58Mais je pense que les bonnes habitudes, elles se prennent quand on est jeune.
06:03Vous pensez que c'est possible ?
06:04Parce que quand on en parle à certains jeunes, ils disent
06:06« Oui, alors, attendez, comment je fais, moi ? Je vais être seul dans ma vie ?
06:10Je ne vais plus dialoguer, échanger avec mes amis, avec mes potes ? »
06:15Oui, alors, ça dépend des jeunes, mais il y a énormément de jeunes
06:18qui sont très conscients des problèmes que posent toutes ces technologies.
06:22Il y avait une étude qui avait été réalisée en Grande-Bretagne il y a quelques mois
06:25et qui montrait qu'environ 50% des jeunes regrettaient le développement d'Internet
06:29parce qu'ils voyaient que toute leur vie sociale passait justement par ces interfaces numériques
06:34et ils voyaient bien que c'était une vie d'une certaine manière sous-optimale
06:38et qu'ils passaient moins de temps à sociabiliser de manière incarnée, etc.
06:41Donc, il y a beaucoup de jeunes, en fait, qui sont très conscients de ces problèmes.
06:45Mais on est face à des technologies qui sont tellement addictives
06:47que la prise de conscience n'est pas du tout suffisante, en fait,
06:50et qu'il faut, du coup, agir à plein de niveaux différents.
06:53Alors, il y a l'action à l'échelle individuelle qui est certes importante,
06:57mais qui n'est pas suffisante.
06:58Il y a l'action à l'échelle réglementaire qui est extrêmement importante,
07:02qui consiste à réguler, voire à interdire.
07:05Et puis, il y a l'action à l'échelle collective et citoyenne
07:08qui consiste à se coordonner ensemble, comme le propose, en fait, le off-february.
07:13Et ça, c'est vrai que c'est plus efficace que l'action individuelle
07:16parce que, encore une fois, si on agit ensemble,
07:19on peut beaucoup mieux remplacer les activités numériques derrière
07:21par des activités sociales incarnées, par exemple.
07:25Voilà. Bon, c'est l'occasion d'en prendre conscience.
07:27Alors, c'est peut-être pas de se couper de tout en permanence,
07:30mais en tout cas, c'est de prendre conscience qu'on peut se libérer,
07:33en fait, un peu plus de temps pour pouvoir faire autre chose.
07:35Merci, Victor Fersing, responsable en France du mouvement OFF,
07:39d'avoir été avec nous ce matin en direct sur Sud Radio.
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