- il y a 1 heure
- #sudradio
Avec Pierre-Etienne Bost, Directeur Pôle Transformations du travail, Cofondateur All Leaders Initiative, Pascal Lardellier, Sociologue, professeur universitaire, Christa James, Étudiante à l’ESJ Paris, 24 ans
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TechnologieTranscription
00:00Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Pérez.
00:04Bonjour et bienvenue dans le numérique pour tous, l'émission dédiée à l'innovation et à la tech responsable.
00:09Ils sont nés entre 1990 et le début des années 2010.
00:13Ils ont donc entre 10 et 27 ans.
00:15Aujourd'hui, c'est la génération Z.
00:18Donc ils ont grandi avec un smartphone à la main,
00:20ils communiquent en temps réel et s'informent sur les réseaux sociaux et ils travaillent autrement.
00:24Aujourd'hui, avec nos invités, nous tenterons de démêler le vrai du faux sur cette génération
00:28que nous côtoyons peut-être au quotidien.
00:30Le numérique pour tous, spéciale génération Z, née dans le numérique, c'est tout de suite et c'est sur
00:34Sud Radio.
00:35Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Pérez.
00:38Et pour commencer cette émission spéciale consacrée à la génération Z et au numérique,
00:43nous avons un observateur privilégié, co-auteur d'une étude pour Opinion Way.
00:47Pierre-Étienne Bost, bonjour, on est ravis de vous avoir en plateau.
00:51Donc vous avez contribué à cette étude, vous avez interviewé plus de 1000 jeunes actifs.
00:55Enfin, et on va commencer par une première idée reçue parce qu'on va débuguer tout ça.
00:59Pour eux, le travail n'est pas important.
01:01C'est vérité ou mensonge ?
01:02Ah, ça c'est plutôt faux en réalité.
01:05On voit effectivement dans toutes les enquêtes que le travail est toujours important pour eux.
01:10En fait, au même niveau que les autres classes d'âge.
01:12Alors, ce qui peut nourrir un peu cette idée reçue, c'est que c'est pas la seule chose importante.
01:17C'est pas la priorité comme ça a pu l'être pour d'autres générations avant.
01:20Le travail, ça va être quelque chose qui va être arbitré par rapport à d'autres éléments de la vie,
01:25au loisir, à la famille, les amis, etc.
01:28Alors justement, cet équilibre, comment ils arrivent à le gérer ?
01:30Est-ce que l'un est vraiment corrélé à l'autre ?
01:33On mélange un petit peu tout ?
01:35Alors, est-ce qu'il y a une nette séparation après 18 heures où on est vraiment dans le loisir
01:38et avant on est dans le travail ?
01:39Quel est un petit peu leur comportement par rapport au travail et à la vie privée ?
01:43Il y a quelque chose d'assez... Encore une fois, on parle vraiment d'arbitrage, c'est-à-dire que
01:47ça va être très subjectif, donc parfois ça peut être un peu déroutant.
01:51Mais on va être dans quelque chose qui va être vraiment du choix, de l'assemblage, de la recette, qui
01:58est un peu chacun la sienne,
02:00avec vraiment cet enjeu d'équilibre, de rien qui prend le pas sur l'autre et d'une certaine flexibilité.
02:06Alors, c'est une génération qui est née avec un smartphone dans la main, on l'a dit, et c
02:09'est la génération du numérique.
02:11Est-ce que, quelque part, le numérique remet à plat les relations interpersonnelles, l'agenda, la notion de distance et
02:23de géographie ?
02:24Est-ce qu'on va toujours dans un bureau ou ça leur semble complètement absurde ?
02:27Il faut bien voir que le numérique, pour eux, c'est tellement partie intégrante de l'environnement, c'est un
02:33peu comme la voiture pour certaines générations d'avant,
02:35où tout d'un coup, qui ouvre à de la mobilité, mais on n'y pense plus.
02:38Là, c'est pareil, ils n'y pensent plus.
02:40Ce qui a pu être une expérience fondatrice, surtout pour ces jeunes actifs des générations Z,
02:45c'est l'expérience du confinement, de la crise du Covid,
02:48qui a permis, à la fois, qui a fait subir quelque chose qui a pu être un peu traumatisant et
02:53souffrant pour certains,
02:54mais qui a permis, effectivement, un autre rapport au fonctionnement à distance et donc au travail à distance.
03:00Et c'est vrai que typiquement, pour eux, le télétravail, permis par les outils numériques, est quelque chose de complètement
03:05ancré,
03:06mais qui ne va pas être quelque chose qu'on attend de manière complète et absolue.
03:10C'est-à-dire que pour eux, il y a quand même cette importance du lien qui fait que ce
03:13n'est pas ces générations Z qui vont demander 5 jours de télétravail par semaine.
03:16Ils vont être aussi dans cette recherche d'équilibre à ce niveau-là.
03:19D'accord. Alors, une autre idée reçue, la génération Z change d'emploi tous les 2 ans.
03:24Ils ne tiennent pas en place, ils ne restent pas plus de 2 ans dans une société,
03:26alors que les générations un petit peu plus antérieures, elles pouvaient passer une vie.
03:30Vrai ou faux ?
03:31Il y a une part de vérité, comme dans tous les stéréotypes.
03:33C'est-à-dire que quand on fait certaines enquêtes en mettant des items un peu par défaut,
03:37ce qu'ils détestent le plus, ces jeunes Z, ce serait de rester bloqués 10 ans dans la même boîte
03:42ou de faire 10 ans le même métier.
03:44Mais ça, en fait, ça parle plutôt positivement de leur envie d'apprendre,
03:47de leur envie de découvrir des choses et de multiplier les expériences.
03:51Et donc, en fait, on voit que c'est une génération qui, au fait, est très engagée par rapport au
03:56travail.
03:56Ça, c'est souvent très surprenant.
03:58Mais l'engagement n'est pas forcément loyauté.
04:01C'est-à-dire qu'on va retrouver cette dimension un peu transactionnelle.
04:04Je suis engagé, mais tant que j'arrive à gérer mon équilibre, que j'arrive à répondre à mes attentes.
04:11Et donc, c'est ça qui fait que s'il n'y a plus la réponse à mes attentes,
04:15je vais être, par contre, tout à fait capable de partir, aller voir ailleurs,
04:18sans ces enjeux, effectivement, de parcours, de carrière,
04:22qu'ont pu connaître et qui ont pu animer certaines générations précédentes.
04:25Donc, ça veut dire, à travers ce que vous dites,
04:27qu'un manager ne devrait pas prendre personnellement et être offensé par le départ d'un Génération Z.
04:32C'est juste ses aspirations.
04:33Le porte à aller ailleurs, mais il n'y a pas de déni ou alors de rejet, on va dire,
04:38de ce qui a été vécu.
04:39Ça dépend du manager et de ce qui a été vécu, bien sûr.
04:42Mais oui, oui, c'est assez juste, c'est assez juste.
04:44Et on voit même, d'ailleurs, du côté des employeurs,
04:47je pense à des employeurs qu'on a pu interroger dans le monde de l'hôtellerie,
04:50par exemple, une forme de, pour certains, une forme de fatalisme,
04:54à se dire, bah, ouais, on a des jeunes, on les forme, on leur apprend le métier,
04:57et puis ils vont partir.
04:59Mais peut-être que des années après, ils reviendront,
05:01et que quelque part, surtout si on est un gros acteur,
05:04on fait le travail pour la collective du métier.
05:06Alors, Pierre-Etienne, encore une vérité peut-être à débuguer,
05:09la génération Z ne veut pas devenir manager,
05:12elle ne veut pas prendre de responsabilités.
05:13Vrai ou faux ?
05:14Alors ça, c'est très faux, dans nos enquêtes.
05:17On le voit, d'une part, parce que, pour eux, quand même,
05:20la prise de responsabilité managériale reste perçue comme quelque chose de nécessaire
05:24pour une vie professionnelle réussie.
05:26Mais en plus, ça fait envie, c'est-à-dire qu'il y a un vrai désir
05:29de prendre ses responsabilités.
05:31Ce qui va être nouveau, c'est qu'on va y retrouver ses attentes
05:34et ses conditions de pouvoir avoir une vie globalement équilibrée,
05:39même en ayant des responsabilités.
05:40Et il y a une incompréhension entre ces jeunes et les managers
05:43qui vont avoir peut-être 20, 30, allez, un peu plus,
05:47entre plus que cette génération ?
05:49Ils se comprennent ou pas ?
05:50Ça peut arriver, en fait.
05:52On a parfois vraiment des phénomènes que j'appellerais des accordages,
05:55quand les instruments sont désaccordés,
05:57avec des managers, on va dire, je caricature un peu par simplicité,
06:02mais à l'ancienne, qui vont être dans des modèles encore très directifs,
06:06qui sont encore très prégnants dans les entreprises françaises.
06:10Et ces jeunes qui sont dans des attentes de quelque chose
06:12de beaucoup plus collaboratif, beaucoup plus participatif,
06:15où il va falloir beaucoup plus expliquer et discuter.
06:18Et ça peut créer des moments de vrais désaccordages.
06:21Et pour autant, on voit que beaucoup de managers
06:24aux prises avec les jeunes aides s'y retrouvent,
06:28effectivement, ont besoin de déployer de vraies compétences managériales
06:31avec plus d'écoute et plus d'accompagnement,
06:34et que dans ces cas-là, ça fonctionne en réalité.
06:37Alors justement, si vous aviez un conseil à donner,
06:39aussi bien à l'employeur que l'employé,
06:41pour que ce désaccordage disparaisse,
06:43ou pour qu'il y ait un accordage dès le départ ?
06:46Il y a du côté de l'employeur,
06:48comprendre finalement cette dimension,
06:50ce référentiel un peu de représentation des jeunes aides,
06:53qui est dans cette logique assez transactionnelle,
06:56d'avoir besoin de gérer cet équilibre
06:59de manière permanente et immédiate.
07:01C'est-à-dire qu'il faut oublier les parcours de haut potentiel à l'ancienne,
07:04où on va tordre quelqu'un dans tous les sens,
07:06parce que peut-être dans des années, il y aura une récompense.
07:09Non, il faut qu'il y ait quand même cet équilibre immédiat.
07:10Et penser à ça, y compris en pensant à des aspects
07:14qui pourraient paraître plus personnels.
07:16Je pense à la restauration, les horaires très décalés.
07:19Il faut penser à comment je peux proposer une solution de transport,
07:22voie même, d'hébergement.
07:23On voit des choses comme ça.
07:25Et du côté de la GENZ, il y a peut-être effectivement
07:29accepté d'attendre qu'en face, on a une entreprise
07:32qui a des enjeux qui, eux, doivent se projeter dans le temps,
07:35avec des engagements, de l'investissement,
07:37et que finalement, le transactionnel immédiat
07:39peut être un peu plus difficile.
07:41Et dans le rapport à l'autorité, peut-être aussi que,
07:44certes, on peut être, et c'est merveilleusement efficace,
07:47d'être dans le collaboratif, dans plein de sujets,
07:50mais qu'il y a des moments où il faut être dans le tranchant,
07:52dans l'efficacité, dans l'immédiat,
07:54et que c'est OK, que ce n'est pas quelque chose de personnel,
07:57et une attaque contre la liberté du GENZ.
07:59C'est bien noté.
08:00Merci beaucoup, Pierre-Etienne Bosse, pour OpinionWare.
08:02Restez avec nous, on marque une courte pause de publicité,
08:04et on se retrouve dans quelques instants
08:06avec un sociologue qui nous décodera
08:08pourquoi nous en arrivons à cette Génération Z.
08:11Génération Z née dans le numérique,
08:12ça continue dans quelques instants, et c'est sur Sud Radio.
08:15Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Perez.
08:18Et pour continuer cette émission spéciale,
08:20Génération Z et numérique,
08:22nous avons le plaisir d'accueillir un sociologue,
08:25Pascal Lardelier.
08:26Il est expert dans les transformations profondes de notre société,
08:29et il est surtout, l'ouvrage, on doit le citer,
08:31un excellent ouvrage,
08:32Le nouvel âge du complotisme, aux éditions de l'Aube.
08:36Alors Pascal, on a déconstruit certaines idées reçues
08:40sur cette Génération.
08:42J'ai envie de vous demander pour commencer,
08:43est-ce que c'est une Génération à part,
08:45ou c'est le produit logique de son époque ?
08:48Alors Vanessa, déjà, il faut quand même avoir un tout petit peu d'indulgence pour eux,
08:53je ne dis pas que nous n'en avons pas.
08:55Depuis Platon, on adore critiquer la génération des jeunes,
08:59et il y a une phrase célèbre de Platon qui nous explique
09:02que les jeunes n'ont plus de valeur, n'ont plus de respect, etc.
09:05Bon, ensuite, vous savez Vanessa, nous sommes toujours les enfants de nos parents,
09:10autant que de notre époque, vous venez de le dire.
09:13Or une époque, qu'est-ce que c'est ?
09:14Ce sont des technologies et des valeurs.
09:17Et il ne faut pas oublier que quand nous naissons,
09:19nous sommes dans une espèce d'immersion de valeurs.
09:23Alors les valeurs de la Génération Z, venons-y,
09:30inclusivité, nomadisme, bien évidemment,
09:31et là on est au cœur du creuset numérique.
09:35Et puis vous savez, il y a un sociologue célèbre qui s'appelle Zygmunt Bauman,
09:38il disait que nous sommes entrés dans une société liquide.
09:42Eh bien la Génération Z, elle est fluide.
09:45Elle est fluide, elle s'affranchit des barrières,
09:49elle s'affranchit des identités de genre à certains égards,
09:52elle s'affranchit, nous venons de l'entendre,
09:54des engagements trop lourds, trop longs, trop importants.
09:58Et donc c'est une génération qui a grandi,
10:01le Covid est quand même passé par là,
10:03pour les plus âgés d'entre eux,
10:05et c'est une génération qui a compris qu'elle est dans un monde instable,
10:08qu'elle est dans un monde en métamorphose,
10:10et qu'elle va être l'actrice de ce monde.
10:13Ça veut dire qu'elle est en quelque sorte dans un engagement désengagé,
10:17et puis que c'est une génération qui va s'adapter,
10:21selon les circonstances.
10:23Ça ne veut pas dire qu'ils sont désengagés,
10:25mais ça veut dire qu'ils s'engagent différemment.
10:26Alors Pascal, j'ai envie de vous demander,
10:28le numérique qui est le sujet quand même essentiel,
10:30est-ce que c'est une cause, une conséquence,
10:33et est-ce que justement ça structure complètement cette génération ?
10:36Ça les structure en grande partie, Vanessa,
10:37notamment le rapport au temps.
10:39Le rapport au temps,
10:40puisqu'il a quand même induit un rapport au monde et aux autres instantané,
10:45le numérique.
10:46Donc c'est vrai que c'est une génération peut-être plus impatiente
10:49que la précédente, bien sûr,
10:52et puis les relations se nouent en grande partie dans le numérique
10:56et par le numérique.
10:57Les sites de rencontres, les sites de réseautage, etc.
11:01Donc ça c'est indéniable,
11:02c'est une génération à qui le numérique a donné de nouveaux codes.
11:07Alors j'aimerais que vous nous donniez un conseil,
11:08parce que comme vous le disiez en introduction,
11:09on a toujours tendance à comparer,
11:12à essayer de comprendre une génération en extrapolant sa propre génération.
11:15On a tout faux si on fait ça.
11:17Ce n'est pas évident,
11:17parce qu'on regarde la génération qu'on analyse avec un regard biaisé.
11:22Et c'est vrai que souvent,
11:23ce sont les gens qui nous voient fonctionner avec nos enfants,
11:26qui nous disent,
11:27ou ça peut peut-être dysfonctionner,
11:28alors qu'on ne le voit pas.
11:29Donc c'est vrai que cette génération Z,
11:32il faut être indulgent, je le dis avec elle,
11:34parce que le monde qui vient,
11:35ça va être le sien quand même.
11:38Pierre-Étienne Bost, en première partie de l'émission,
11:40parlait du rapport au travail,
11:41qui semble vraiment différent de celui de leurs aînés,
11:44avec une quête de sens,
11:46avec un équilibre vie perso-vie pro.
11:49Il y a une vraie rupture culturelle qui est en train de s'opérer.
11:52Est-ce qu'allez, dans encore 4-5 ans,
11:54on va voir des entreprises qui sont structurées un petit peu différemment
11:57au égard à l'arrivée de cette génération ?
12:00Déjà, vous savez,
12:02on entendait qu'ils changent d'emploi bien plus que leurs aînés,
12:05leurs grands-parents par exemple.
12:06Je rappelle à mes étudiants qu'ils vont exercer
12:08au moins 5 métiers dans leur vie
12:10et que 75% de ces métiers n'existent pas encore.
12:14Donc on comprend combien cette génération
12:16doit avoir quand même, quand même,
12:18une capacité d'adaptation incroyable.
12:21Et ce n'est pas l'arrivée de l'IA qui a 3 ans
12:24qui va démentir ce que je viens de dire quand même.
12:26Alors après, c'est vrai que c'est une génération
12:28qui a un rapport totalement différent à l'institution.
12:31Et l'institution, c'est la famille,
12:34c'est l'entreprise,
12:34c'est l'État en règle générale.
12:36C'est une génération qui va s'engager en ligne,
12:39qui va s'engager avec des clics,
12:42avec du crowdfunding,
12:43qui va être complètement différente de ce côté-là.
12:46C'est-à-dire que l'engagement long,
12:48les carrières au long cours dans une entreprise,
12:50c'est terminé.
12:51Ça ne veut pas dire qu'ils ne veulent pas travailler,
12:53ça ne veut pas dire qu'ils ne veulent pas
12:55s'engager ou manager,
12:57mais ils vont le faire différemment.
12:58Ils vont le faire à distance,
12:59ils vont le faire de manière transitoire.
13:01Et c'est une génération qui a des codes
13:03complètement différents des nôtres.
13:05Et l'importance de ce numérique fait que le lien social,
13:08le lien social physique va s'amoindrir.
13:11Comment on équilibre tout ça ?
13:12Est-ce que leur communauté, elle est digitale ?
13:14Est-ce qu'ils se retrouvent quand même dans des bars ?
13:17Comment on arrive à évaluer un petit peu la part
13:19de ce qui est essentiel pour eux dans un emploi du temps ?
13:23Vous savez, Vanessa, le paradoxe cruel de notre société,
13:26c'est que nous sommes dans une société de communication
13:28dans laquelle l'épidémie, c'est la solitude.
13:32Et nous sommes de plus en plus rencontrants,
13:34nous sommes de plus en plus communiquants
13:36et nous sommes de moins en moins rencontrants.
13:38Nous sommes comme cette génération
13:40bardée de prothèses technologiques,
13:42mais le Covid est passé par là,
13:44la distance est devenue une espèce
13:46de nouvel impératif social et moral.
13:48Alors oui, ils se rencontrent en ligne,
13:51ils appartiennent à des tribus en ligne,
13:53le succès d'une marque, ça va être par exemple
13:55la manière dont des followers ou des fans
13:58vont la faire monter sur Insta,
13:59et c'est vrai qu'à ce niveau-là, c'est un peu différent.
14:02Leur engagement, bien évidemment,
14:03ils sont encore sensibles aux liens,
14:05ils adorent les apéros, ils adorent les sorties,
14:08ils adorent les festivals,
14:09mais c'est vrai que 50-50,
14:11ce sont des engagements in the real life,
14:13dans la vraie vie,
14:14et puis ce sont aussi des engagements numériques
14:16et numérisés, avec un nouveau tribalisme numérique.
14:19Pascal, si on dit qu'elle est anxieuse, prudente,
14:22voire désenchantée,
14:24est-ce qu'on la juge justement par notre propre prisme
14:27de lecture,
14:28ou alors c'est une réalité qu'on peut qualifier d'objective ?
14:32Je pense que c'est une génération,
14:34et je le vois avec mes étudiants,
14:35qui est beaucoup plus dans le présent et le quotidien,
14:38et qui a une espèce de hantise ou d'indifférence
14:40à l'engagement au long cours.
14:42Alors on le voit pour les choix de carrière,
14:44on le voit pour des tas d'engagement,
14:46on le voit pour le rapport au couple et à la famille,
14:47et aux enfants,
14:49et c'est vrai que c'est une génération qui n'a pas ce rapport,
14:52j'y reviens,
14:53à l'institution que leurs parents et leurs grands-parents avaient.
14:56Les choses sont négociables,
14:58les choses sont liquides,
15:00je le disais tout à l'heure,
15:01et c'est vrai que c'est une génération
15:02dont les engagements seront différents, vraiment.
15:05On le voit notamment avec le couple aussi.
15:07Oui, concrètement, dans le couple,
15:09quelle est votre observation sur l'évolution ?
15:12Des couples qui durent moins longtemps,
15:13des couples qui savent qu'on va peut-être partir
15:16faire de l'humanitaire à l'autre bout de la planète
15:18ou travailler dans une start-up
15:20et que les choses sont renégociées, renégociables.
15:23C'est vrai que c'est vraiment une génération
15:25qui a plus d'elle qu'elle a de racines, finalement.
15:28Et vous avez l'impression que c'est la génération
15:29du « je veux tout tout de suite »
15:30eu égard justement à ce numérique
15:32qui permet d'avoir tout tout de suite
15:33un « je veux », je commande, je clique.
15:35Est-ce qu'on peut la qualifier ainsi ?
15:37C'est une génération du haut doigt et à l'œil.
15:39Et je fais bien évidemment référence au smartphone.
15:41C'est une génération qui a ce réflexe relationnel
15:44et de consommation, de se dire qu'on clique, on reçoit.
15:49On l'a vu avec une célèbre marque chinoise récemment.
15:52Les aînés critiquent la marque,
15:54mais elle a du succès aussi parce qu'on achète.
15:56Donc c'est vrai que c'est une génération.
15:58Pour revenir à l'influence du numérique
16:01sur la perception cognitive du monde, Vanessa,
16:04c'est une génération qui est probablement très impatiente.
16:08C'est une génération impatiente
16:10et c'est une génération, me semble-t-il,
16:12qui a une résistance bien moindre à la frustration.
16:16Concrètement, si on devait décrire la société de demain
16:20avec justement cette génération
16:22qui prendra les manettes de la société,
16:24comment la décririez-vous ?
16:25Est-ce qu'elle est capable d'appréhender
16:27ces guerres, ces mouvements,
16:30d'avoir une approche structurante
16:32ou comme vous dis, comme tout est liquide,
16:33est-ce que c'est suffisamment solide ?
16:36Est-ce que les valeurs sont suffisamment solides
16:37pour être confrontés à quelque chose de complexe et de compliqué ?
16:41Alors déjà, la génération,
16:43ce n'est pas un bloc homogène.
16:44Il y a des personnes qui vont se distinguer,
16:47qui vont prendre les manettes de l'économie
16:49et des institutions
16:50parce qu'ils ont été formés pour ça
16:52et ils ont des aptitudes pour ça.
16:54Donc déjà, je crois que les institutions
16:57se perpétueront,
16:57même si on en dit beaucoup de mal,
16:59même si on dit que c'est plus ce que c'était, etc.
17:01Donc après, je pense que c'est une génération,
17:03oui, qui agira différemment
17:05parce que de toute façon,
17:06des choix vont nous être imposés
17:08par les crises, par les crises climatiques,
17:10par les crises politiques,
17:11par les crises sociales.
17:13Je crois que des aménagements,
17:15des adaptations vont être imposées
17:17et cette génération composera
17:19par la force des choses, bien évidemment.
17:21même s'ils ne fonctionneront pas
17:22comme leurs grands-parents
17:24l'auraient fait probablement
17:25avec un engagement plus fort, etc.
17:27Merci beaucoup, Pascal Lardelier,
17:28pour votre éclairage.
17:29Et pour conclure cette émission,
17:31nous ne pouvions pas ne pas recevoir
17:33une personne personnellement concernée
17:35puisqu'il s'agit d'une étudiante
17:37à l'école supérieure de journalisme
17:38qui fait partie de cette génération Z.
17:40Christa James, bonjour.
17:41On est ravis de vous avoir en plateau.
17:44Donc vous représentez cette génération.
17:47Pour commencer, j'ai envie de vous demander
17:48est-ce que vous vous reconnaissez globalement
17:50dans ce qui a été dit aujourd'hui
17:51par nos experts ?
17:52Oui, tout à fait.
17:53Tout à fait, complètement.
17:55Toutefois, je pense qu'il est important
17:56d'apporter une certaine nuance.
17:58De nos jours, ma génération, les jeunes,
18:00on a réellement conscience
18:02des enjeux du monde actuel
18:03parce qu'on a vécu avec le téléphone dans la main,
18:06la notif, bonne ou mauvaise,
18:09directement, instantanée.
18:10Donc on a l'habitude de ça.
18:13On ressent un vrai besoin de sens
18:16et de cohérence vis-à-vis de tout ce monde
18:18qui va très vite.
18:20On a beaucoup parlé du travail
18:21et de votre rapport au travail.
18:24Alors certains disent manque d'engagement,
18:25d'autres corrigent.
18:27Non, vous êtes totalement engagé.
18:28Vous, personnellement,
18:29qu'est-ce que vous attendez
18:30de votre futur employeur
18:32ou de votre employeur actuel
18:33pour vous investir pleinement ?
18:35Alors, personnellement,
18:36je pense que j'ai besoin
18:38d'entendre un dialogue intergénérationnel.
18:41Pour moi, c'est vraiment nécessaire.
18:42C'est-à-dire que j'ai la chance
18:43dans mon dernier stage
18:45d'avoir une manageuse
18:47avec qui j'ai pu réellement
18:49parler, communiquer.
18:50On a pu comprendre les codes,
18:53nos codes à nous
18:54et on a trouvé un véritable équilibre,
18:56finalement.
18:57Donc qui a raison, qui a tort,
18:58ce n'est pas ça
18:59qui est concrètement important.
19:03C'est plutôt, je dirais,
19:06respecter aussi la hiérarchie,
19:08mais surtout de se comprendre
19:10l'une et l'autre,
19:11donc les uns avec les autres.
19:13Concrètement, vous dites
19:14que le chemin peut être différent,
19:16mais la finalité peut être commune
19:18à l'issue d'un dialogue.
19:19Exactement.
19:20Vous auriez un message
19:21à faire passer, peut-être,
19:23aux décideurs, aux employeurs
19:24ou aux responsables politiques
19:26pour qu'ils vous entendent mieux
19:27et qu'il y ait, quelque part,
19:28cette tolérance
19:30dont parlait Pierre-Étienne
19:32mais aussi Pascal
19:33pour que ce dialogue
19:34soit plus fluide ?
19:35Alors oui, oui, vraiment,
19:37je pense qu'il faut réellement
19:39écouter les jeunes.
19:40Je pense, comme je vous ai dit
19:41auparavant,
19:43que ce besoin de dialogue,
19:45il est concrètement important.
19:47Mais si personnellement,
19:48j'ai un message à faire passer,
19:50je pense que je parlerai
19:51de l'alternance.
19:52Aujourd'hui, plus d'un étudiant
19:53sur deux n'a pas trouvé
19:54son alternance en 2025.
19:56Donc je trouve ça
19:57complètement dommageable
19:59de ne pas pouvoir continuer
20:00des études qu'on aime,
20:02qu'on a envie,
20:03où on a envie en fait
20:04de trouver un métier.
20:08D'apporter une contribution
20:10et de vous former.
20:11Et ça, au égard aux charges,
20:13on peut le dire ainsi,
20:13et du coût de l'alternance.
20:15Exactement.
20:15Donc je pense qu'il faut
20:16donner la chance aux jeunes,
20:17leur faire confiance.
20:19Voilà, comme je l'ai dit auparavant,
20:20trouver un certain équilibre.
20:21Et si on nous en donne les moyens,
20:25on peut trouver un équilibre.
20:27Et apporter de belles choses
20:28et de belles contributions.
20:29Merci beaucoup, Christophe James.
20:30Le mot de la fin, Pascal,
20:32par rapport à ce témoignage,
20:33à l'inverse,
20:34est-ce que vous reconnaissez,
20:35ce que vous voyez au quotidien
20:36avec vos étudiants ?
20:38Oui, oui.
20:39Et puis ça m'a touché,
20:39cette alternance,
20:41parce que j'ai beaucoup
20:41d'étudiants en alternance
20:43et nuançons le fait
20:44qu'ils ne sont pas engagés,
20:46etc.
20:47J'ai beaucoup d'étudiants
20:48en alternance,
20:49sérieux,
20:50matures,
20:51motivés,
20:51engagés.
20:52Donc faisons l'éloge
20:53de la génération Z.
20:54De toute façon,
20:55on n'a pas le choix.
20:56C'est eux qui feront,
20:57je le répète,
20:58le monde de demain.
20:59Et voilà,
21:00je pense qu'il faut être confiant.
21:01Et puis à un moment,
21:02le principe de responsabilité,
21:04d'engagement,
21:05il s'impose,
21:06quelles que soient les valeurs,
21:07etc.
21:08Donc vive les aides.
21:10Merci beaucoup.
21:11Et ça,
21:11ça part aux gens de la génération.
21:12Merci Pascal Lardelier,
21:14merci Pierre-Étienne Boste
21:15et merci Christophe James.
21:16Le numérique pour tous,
21:16c'est fini pour aujourd'hui.
21:18Cette semaine encore,
21:18un grand merci à tous
21:19d'être de plus en plus nombreux
21:21à nous suivre sur YouTube
21:22et à interagir
21:23sur les réseaux sociaux.
21:24Il est temps pour moi
21:25de vous souhaiter
21:25une excellente fin de week-end
21:27et de vous dire
21:27à la semaine prochaine.
21:28et non.
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