- il y a 7 heures
L'ancien commissaire européen au marché intérieur était interrogé par Olivier Bost (RTL), Tâm Tran Huy (Public Sénat) et Jim Jarrassé (Le Figaro).
Regardez Le grand jury avec Olivier Bost du 05 avril 2026.
Regardez Le grand jury avec Olivier Bost du 05 avril 2026.
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00:10Le Grand Jury présenté par Olivier Bost
00:14Bonjour à tous, bienvenue, c'est Le Grand Jury, nous sommes ensemble pendant une heure, nous sommes en direct sur
00:20RTL et nous sommes en direct sur Public Sénat.
00:22Bonjour Thierry Breton, vous êtes ancien commissaire européen, toujours interdit de territoire aux Etats-Unis pour avoir contrarié les géants
00:32du numérique et Donald Trump.
00:34Un président américain qui ne semble pas savoir comment sortir de sa guerre contre l'Iran, comment envisager une victoire
00:42?
00:42La région et nos économies sont déstabilisées, sommes-nous entrés dans une longue crise ? Nous allons en parler, bienvenue
00:50dans ce Grand Jury, Thierry Breton.
00:52A mes côtés pour vous interroger ce dimanche, Tam Tranui de Public Sénat et Jim Jarassé du Figaro.
00:59Dans ce Grand Jury, Thierry Breton, nous aurons une séquence dédiée à 2027, le prochain grand rendez-vous politique en
01:06France.
01:06Vous avez déjà une idée, celle d'une règle d'or pour nous contraindre à baisser nos déficits et puis
01:12vous répondrez aussi à nos questions express.
01:15Le Grand Jury, l'actualité de la semaine.
01:18Et l'actualité, bien évidemment, c'est l'Iran, le pilote de l'US Air Force dont l'avion a
01:24été abattu, a été secouru par les forces américaines et retrouvé sain et sauf.
01:30Thierry Breton, est-ce que cet épisode tourne finalement en faveur des Etats-Unis, de Donald Trump pour être clair
01:36?
01:36Ou est-ce que vous retenez d'abord que deux avions de l'US Air Force ont été abattus ?
01:41On a tous en mémoire, Olivier Bost, ce film, la chute du faucon noir à Mogadiscio.
01:47Souvenir, 1993, un Black Hawk qui tombe à Mogadiscio et puisqu'il en est suivi, on sait le drame précisément
01:54pour les deux pilotes d'hélicoptère.
01:57Ça a marqué toute une génération, ça a marqué les Etats-Unis, ça a marqué le reste plus que ça.
02:01Donc d'abord, évidemment, il faut se féliciter qu'on ait retrouvé ce pilote dans des conditions, visiblement, on n
02:08'a pas encore tous les détails évidemment, mais tout à fait rocambolesques, voire exceptionnelles.
02:14Mais est-ce qu'on est à un tournant de cette guerre pour vous cette semaine ou pas, pour Donald
02:17Trump ?
02:18Vous savez, je dirais que quand on écoute Donald Trump, on est pratiquement tous les deux jours à un tournant
02:23de cette guerre.
02:25Il est clair que l'événement de la nuit va donner un soulagement.
02:29Parce que si jamais, effectivement, on était tombé dans ce que je viens de rappeler à l'instant,
02:35alors là, il se passait vraiment quelque chose aux Etats-Unis qui pouvait être extraordinairement négatif, néfaste pour Donald Trump,
02:42qui, je le rappelle, fait face à une opposition maintenant extrêmement féroce, virulente, de la part de ses concitoyens, sur
02:51cette guerre.
02:52Songez que c'est la première fois, dans l'histoire des Etats-Unis, qu'une guerre qui a été lancée
02:56par Donald Trump,
02:58sans qu'on connaisse très bien du reste les buts de guerre, et on va y revenir bien entendu au
03:02cours de l'émission,
03:03une guerre est très impopulaire.
03:06D'habitude, il y a toujours l'effet drapeau aux Etats-Unis.
03:09Là, non seulement il n'y a pas d'effet drapeau,
03:10mais tous les jours, Donald Trump s'enfonce dans les sondages.
03:14Et je le rappelle, à cinq mois, des mi-termes.
03:17Donc, il est aujourd'hui très affaibli,
03:20il est aujourd'hui très critiqué par, non seulement sa base, MAGA,
03:24qui ne veut pas de cette guerre,
03:26mais aussi, plus généralement, par tous ceux qui en souffrent,
03:28et je pense en particulier à ses concitoyens, inflation, prix du galon de l'État.
03:33Alors, Donald Trump a promis un désastre,
03:36c'est un nouvel ultimatum lancé à l'Uran.
03:38Si, eh bien, le Détroit d'Hormuz n'est pas libéré,
03:42est-ce qu'il faut croire en cette nouvelle menace de Donald Trump ?
03:45Vous l'avez dit vous-même, il y a eu de très nombreuses volte-faces
03:48dans ces prises de parole ces dernières semaines.
03:50Vous savez, j'ai analysé un peu toutes ces prises de parole
03:56avec les répercussions qu'elles ont.
03:59D'abord, sur quoi ?
04:00J'allais dire sur les marchés.
04:02Alors, bien sûr, je prends beaucoup de précautions
04:05en disant ce que je vais vous dire,
04:06parce que derrière, évidemment, il y a des bombardements
04:09comme jamais il n'y a eu, évidemment, en Iran, à ce niveau-là.
04:13Il y a, évidemment, des victimes.
04:16Il y a des gens qui risquent leur vie.
04:17Il y en a qui la perdent.
04:19Et on vient de parler de cet épisode tragique
04:22qui se termine, heureusement, pour les pilotes,
04:24le moins mal possible.
04:26Mais derrière, qu'est-ce qui fait que Donald Trump écoute ?
04:30Écoute ceux qui l'entourent.
04:31On voit que Salimoges,
04:33j'allais presque dire Salimoges à tour de bras,
04:35y compris, excusez du peu,
04:37dernièrement, le chef d'état-major de l'armée de terre.
04:40C'est quand même pas rien.
04:41Quand on crie, urbi et torbi,
04:43qu'on va lancer une opération terrestre,
04:45ça interroge, c'est le moins qu'on puisse dire.
04:47Mais derrière, qu'est-ce qui, encore une fois,
04:49fait qu'il va peut-être écouter ?
04:52Écouter qui ? Écouter quoi ?
04:54Mais moi, je suis de ceux qui pensent qu'il écoute les marchés.
04:56Ça, ça lui parle.
04:58Et aujourd'hui, que lui disent les marchés ?
05:00Eh bien, les marchés lui disent,
05:01attention, inflation,
05:03alors qu'il avait promis qu'il n'y en aurait pas.
05:05Attention, je l'ai dit,
05:06pris du galon,
05:07songez que le galon,
05:08le galon, vous savez, c'est le galon d'essence,
05:11il était à 2,80 dollars avant la guerre,
05:14le début des hostilités,
05:15il est à 4,10 hier.
05:17Il a monté de 45%.
05:19Chez nous, ça a monté beaucoup,
05:21beaucoup trop,
05:21on va en reparler, évidemment, pendant l'émission,
05:24mais on a monté entre 18 et 30%.
05:26Aux Etats-Unis, c'est 45%.
05:28Donc, c'est la crise économique,
05:30c'est l'impact sur les marchés,
05:31c'est les taux d'intérêt qui augmentent.
05:33Je rappelle que les Etats-Unis,
05:34c'est 35 000 milliards de dettes,
05:36ils empruntent,
05:36les taux d'intérêt ont commencé à augmenter.
05:39Donc, tout ça va complètement
05:40à l'envers de ce qu'il avait dit.
05:43Et donc, pour lui,
05:45le fait qu'au fond,
05:46cette guerre,
05:47qui avait comme but de guerre,
05:48on s'en souvient au début,
05:49c'était, on va changer le régime.
05:51Bon, alors maintenant,
05:52il dit, finalement, le régime est changé.
05:53Alors, après ça, c'était,
05:54bon, ben, on va réouvrir le détroit d'Ormousse.
05:57Il était ouvert avant.
05:59Non, mais justement,
06:00qu'est-ce qui peut marquer
06:01la fin de la guerre pour Donald Trump ?
06:02Qu'est-ce qui peut dire,
06:03voilà, ma victoire,
06:05voilà, on arrête ?
06:06Eh bien, c'est une question
06:08que tout le monde se pose.
06:09Il nous l'a dit,
06:10maintenant, à maintes reprises,
06:11ce sera fini dans trois semaines,
06:13ce sera fini dans deux semaines.
06:14Maintenant, effectivement,
06:15il nous dit,
06:15il nous donne un laps de temps assez court.
06:17Pourquoi ?
06:17Nous y sommes presque,
06:18c'est la dernière déclaration.
06:19Parce que dès que les marchés
06:21repartent, encore une fois,
06:22s'enfoncent,
06:23ben, ils redonnent une petite lueur d'espoir,
06:24donc les marchés repartent à la hausse.
06:25Et on voit qu'il y a cette espèce de,
06:27j'allais dire,
06:28il y a les mots,
06:29les mots de Donald Trump,
06:30c'est aussi des sortes de missiles,
06:31de missiles qu'il envoie,
06:32aussi, sur les marchés,
06:33pour les faire corriger.
06:35Combien de temps ça va durer ?
06:36Personne ne le sait.
06:37Moi, je suis de ceux qui pensent
06:39qu'il ne pourra pas durer
06:41trop longtemps comme ça,
06:42parce qu'encore une fois,
06:43l'impact est très, très fort
06:45aux États-Unis.
06:47Mais vous savez,
06:47par ailleurs,
06:48vous l'avez rappelé tout à l'heure,
06:50du temps où j'y allais
06:51très, très fréquemment
06:52aux États-Unis,
06:52ça a été une partie de ma vie,
06:53je voyais beaucoup
06:54les think tanks,
06:55et les think tanks
06:56à Washington disaient
06:57le problème avec les guerres éclairs,
06:59c'est les trois premières années.
07:01Mais pour le formuler autrement,
07:04est-ce que Donald Trump
07:05peut encore éviter
07:06une défaite en Iran ?
07:09L'Iran refuse toute négociation,
07:11continue ses frappes,
07:12et Donald Trump
07:13veut sortir rapidement
07:14de cette guerre,
07:15on a du mal à voir
07:16comment ça peut tourner
07:17en une victoire symbolique
07:18pour lui.
07:19Et pour une raison simple,
07:21c'est que nous sommes vraiment
07:22dans ce qu'on appelle désormais
07:25la première guerre asymétrique,
07:27je dirais quasiment mondialisée.
07:29Alors pour nos éditeurs,
07:30qu'est-ce que c'est
07:31qu'une guerre asymétrique ?
07:32Une guerre asymétrique,
07:33c'est une guerre dans laquelle,
07:34d'un côté,
07:35on a évidemment
07:37les États-Unis
07:40et Israël,
07:41et on se souvient,
07:42il faut bien s'en rappeler
07:42que désormais à Washington,
07:43tout le monde est convaincu
07:44que c'est Benjamin Netanyahou
07:46lui-même
07:46qui a convaincu
07:47Donald Trump
07:48de l'accompagner
07:49dans cette guerre.
07:52Il l'avait essayé
07:53avec tous les présidents
07:54précédents,
07:55il n'avait pas réussi,
07:56là,
07:57il en a trouvé un
07:57qui l'a suivi,
07:58très bien,
07:59donc,
08:00ils sont partis.
08:01Ils sont partis
08:02avec effectivement
08:02une armada,
08:03comme jamais,
08:04je le rappelle,
08:05en ce qui concerne
08:05les États-Unis,
08:06depuis 2003.
08:07C'est une armada
08:08gigantesque,
08:09avec évidemment
08:10les matériels militaires,
08:12les infrastructures
08:13les plus sophistiquées,
08:14les technologies
08:14les plus avancées.
08:15Et en face,
08:16qu'est-ce qu'on a ?
08:16On a les Iraniens,
08:17dont on découvre au fond,
08:19et c'est un peu surprenant
08:20qu'on découvre que maintenant,
08:21qui se préparent
08:21à ce type de confactualité
08:23depuis,
08:23au fond,
08:2540 ans.
08:25Qu'ils ont organisé,
08:27je dirais,
08:28leur territoire
08:28un peu comme
08:29une sorte de ruche
08:30en alvéole,
08:31totalement décentralisée,
08:33avec des drones,
08:35des milliers de drones,
08:36avec des missiles balistiques,
08:37des missiles balistiques
08:39extraordinairement performants
08:40et puissants,
08:41qui continuent à fabriquer
08:42du reste,
08:43qui sont en grande partie
08:44enterrés,
08:45et qui permettent,
08:46je dirais,
08:47d'attaquer massivement,
08:48bien sûr,
08:49les bases américaines,
08:50mais aussi l'ensemble
08:51des pays du Golfe.
08:53Songez que,
08:53que ce soit les Émirats,
08:55que ce soit le Koweït,
08:57le Bahreïn,
08:59bien entendu,
09:00le Qatar,
09:01ils ont reçu,
09:01y compris l'Arabie Saoudite,
09:02ce sont eux
09:03qui ont reçu
09:03le plus grand nombre
09:04de ces missiles.
09:05et que les patriotes,
09:06vous savez,
09:07les fameux missiles antimissiles
09:08américains
09:09qui étaient censés
09:10les défendre,
09:11les ont défendus.
09:12Mais d'un côté,
09:13on voit une attrition
09:14très très rapide
09:15des stocks
09:16de ces munitions
09:17très sophistiquées
09:18pour protéger précisément,
09:19je dirais,
09:20les pays du Golfe
09:21et les États-Unis.
09:22Et de l'autre côté,
09:23à des coûts
09:24extrêmement moindres,
09:25c'est 30,
09:2640 000 dollars
09:27pour un drone,
09:28c'est entre 1 et 2 millions
09:29de dollars
09:29pour un missile patriote.
09:30Les stocks fondent,
09:31d'un côté,
09:32et donc,
09:33on arrive,
09:33le Patagone
09:34commence à le dire,
09:34on n'est pas encore
09:35à l'os,
09:36mais on commence
09:37à arriver
09:37à un moment
09:38où il va falloir
09:39reconstituer ses stocks
09:40et ça,
09:41c'est vraiment
09:41un élément d'alarme
09:43pour,
09:43je dirais,
09:45l'ensemble
09:46de ceux
09:46qui sont un peu sérieux
09:48aux États-Unis,
09:49je pense aux militaires.
09:50Thierry Breton,
09:50est-ce que vous allez
09:50jusqu'à dire
09:51que le régime iranien
09:53pourrait sortir
09:54quelque part
09:54renforcé
09:55de cette guerre ?
09:57Olivier Bost,
09:58il l'est déjà.
09:59C'est quand même
10:00lui aujourd'hui
10:00qui est le maître
10:01du détroit d'Hormuz.
10:02Il est au trois-quarts
10:02décapité.
10:03Oui,
10:04mais il s'est reconstitué,
10:05bien sûr,
10:05il s'est reconstitué.
10:07Vous savez,
10:07c'est ce qu'on appelle
10:07en termes militaires
10:08des victoires catastrophiques.
10:10C'est une victoire,
10:11c'était victoire,
10:11ils ont réussi
10:12effectivement à éliminer
10:14une vingtaine
10:14des plus hauts dignitaires
10:15des MOLA.
10:17Par parenthèse,
10:17on souhaite tous
10:18que ce régime tombe,
10:19bien entendu,
10:20mais ça s'est reconstitué.
10:21Est-ce que c'était
10:22finalement une bonne chose
10:24ou est-ce que c'était
10:25ce qu'on appelle
10:26une victoire catastrophique ?
10:27L'histoire va nous le dire.
10:28La réalité,
10:29c'est qu'aujourd'hui,
10:30ils sont toujours là.
10:31La réalité,
10:31c'est qu'aujourd'hui,
10:32ils sont toujours en train
10:33de reconstituer leurs stocks
10:34avec l'aide de qui,
10:35Olivier Bost ?
10:36De la Chine.
10:37Je rappelle que
10:38l'ensemble du carburant
10:40pour ces missiles,
10:41le propergol,
10:42il vient en particulier,
10:44notamment de Chine.
10:45Je rappelle que
10:46l'ensemble du savoir-faire,
10:48je dirais la matrice balistique,
10:50elle vient de Corée du Nord.
10:51Je rappelle que désormais,
10:52il y a une coopération
10:53très étroite
10:54avec la Russie
10:55sur des drones
10:56extrêmement sophistiqués.
10:57Je rappelle
10:57que la raison
10:58pour laquelle
10:59les missiles
11:00sont de plus en plus précis,
11:02c'est qu'ils utilisent
11:04une infrastructure chinoise
11:05qui s'appelle Baidu,
11:06qui est donc l'équivalent,
11:07je dirais,
11:08de notre GPS à nous,
11:10chinois,
11:11qui est mis à leur disposition.
11:12Donc,
11:12voilà la recomposition
11:13qui est en route aujourd'hui.
11:15Donc,
11:15est-ce que finalement,
11:16grâce à cela,
11:17ils contrôlent également
11:18le détroit d'Hormuz ?
11:19Et qui passe,
11:20Olivier Bost,
11:21dans le détroit d'Hormuz ?
11:21Le chinois.
11:22Eh bien,
11:22ceux dont je parle,
11:23vous savez comment on les appelle ?
11:24On les appelle des crinks.
11:25C'est China,
11:27la Chine,
11:28Russia,
11:28la Russie,
11:29l'Iran,
11:30pour le i,
11:31et North Korea,
11:32la Corée du Nord.
11:33Eh bien,
11:33ces pays-là
11:34sont les pays
11:34qui sont en train
11:35de se reconstituer
11:36autour de l'Iran,
11:39mais de façon plus élargie
11:40avec ceux
11:41qui sont les plus
11:42en souffrance.
11:43Je parle de la Malaisie,
11:45qui dépend à 90%
11:46du pétrole iranien,
11:48des Philippines,
11:49et qui commencent
11:50à discuter
11:51avec des actions diplomatiques
11:52très appuyés
11:53pour redonner
11:54l'autorisation
11:55de passer
11:55dans le détroit d'Hormuz
11:56à qui ?
11:57Eh bien,
11:58à ces nouveaux amis
11:58de l'Iran.
11:59Voilà la recomposition
12:00en marche.
12:01Est-ce que ça,
12:02c'est un succès américain
12:03ou un succès iranien ?
12:05Je vous laisse
12:06mettre
12:06de votre choix.
12:08En tout cas,
12:08le mien,
12:08il commence
12:09à être plutôt
12:10pour le fait
12:11que,
12:11oui,
12:12hélas,
12:13parce qu'on aurait tous voulu
12:14un changement de régime,
12:15voilà ce qui est en train
12:16de se dessiner.
12:16C'est peut-être
12:17un succès chinois.
12:19Inversement,
12:20avec la France,
12:21les relations sont
12:22extrêmement tendues
12:23entre la France
12:24et Donald Trump.
12:25Il a déclaré
12:26que la France
12:26a été très peu coopérative,
12:28que les Etats-Unis
12:29s'en souviendront,
12:31faut-il craindre,
12:31des représailles américaines.
12:33Votre regard aussi
12:34sur les propos
12:34très peu amènes
12:35qu'il a eus
12:36à l'égard du président
12:36Macron cette semaine ?
12:38Écoutez,
12:39sur la deuxième partie,
12:40je crois que le président
12:41s'est exprimé
12:41de façon très digne
12:42et il n'y a rien
12:43à ajouter.
12:44Quand il insulte
12:45le président
12:46comme il l'a fait,
12:47c'est l'ensemble
12:48de la France
12:48qui est insulté.
12:49Je me suis senti insulté,
12:50j'ai trouvé
12:51que le président
12:52avait très bien entendu.
12:53Et les gants
12:54n'y à la hauteur.
12:55Mais vous savez,
12:55vous savez,
12:57quand il fait
12:57la même chose
12:59avec MBS
13:00qui est le Premier ministre
13:04en exercice
13:05d'Arabie Saoudite
13:07et qui lui dit
13:08dans des termes
13:08que je ne vais pas répéter
13:10à ce micro
13:10en ce dimanche pascal,
13:13comment vous pensez
13:14que ça réagit
13:14en Arabie Saoudite
13:15de la même façon ?
13:17On ne se rend pas compte,
13:18je dirais,
13:19de l'ensemble
13:20des dégâts à fragmentation
13:21qui sont en train
13:22d'être provoqués.
13:23Alors,
13:23vous m'interrogez sur nous,
13:24je vais y revenir,
13:25mais aussi dans la région.
13:26En ce qui nous concerne,
13:28la France et l'Europe
13:29ont une position
13:30extrêmement claire.
13:32Nous n'avons
13:32ni été consultés,
13:34ni été informés.
13:36On ne nous a pas demandé
13:37notre avis
13:38sur cette guerre
13:40dont personne n'a compris,
13:41au fond,
13:42la motivation,
13:44puisqu'encore une fois,
13:45les buts de guerre
13:45n'ont fait que changer
13:46depuis maintenant un mois,
13:48quasiment tous les deux jours.
13:50Et donc,
13:51cette guerre,
13:52ça concerne évidemment
13:53le choix
13:54de Donald Trump
13:55d'accompagner
13:56la volonté
13:57de Benjamin Netanyahou.
13:58Alors,
13:58on peut comprendre
13:59les Israéliens
14:00et Benjamin Netanyahou.
14:01Voilà donc un pays
14:02qui depuis 47 ans
14:04annonce
14:05qu'il veut
14:05la destruction
14:06pure et simple
14:07d'Israël.
14:08Donc,
14:08il fallait qu'il se défende.
14:09enfin lui,
14:10qu'est-ce qu'il est allé faire ?
14:12Et donc,
14:12il nous demande ensuite,
14:13eh bien,
14:14je pense que sincèrement,
14:16la France
14:16et l'Europe,
14:18mais la France en particulier,
14:19ont eu exactement
14:20la réponse appropriée.
14:22J'en veux pour preuve
14:23le fait que nous avons envoyé
14:25notre porte-avions.
14:26Vous savez qu'il était,
14:28il croisait
14:29au nord de la Baltique.
14:30Il a été rapatrié d'urgence,
14:32effectivement,
14:32donc,
14:33près des côtes chypriotes.
14:35Et pourquoi donc ?
14:36Parce que nous,
14:38voyez-vous,
14:38il y a des différences.
14:39désormais.
14:40Eh bien,
14:40désormais,
14:40les Américains.
14:41Nous,
14:42quand on a un engagement,
14:43on le tient.
14:44Et nous avons un engagement
14:45qui nous lie,
14:46nous autres pays européens.
14:47C'est l'article 42.7
14:49des traités.
14:50Que dit-il,
14:50cet article ?
14:51Que lorsque l'un d'entre nous
14:52est attaqué,
14:53alors tous ceux
14:54qui ont la capacité
14:55de le défendre
14:55vont le faire.
14:57Eh bien,
14:57Chypre a été attaqué.
14:58Chypre a reçu
14:59des missiles iraniens.
15:00Donc,
15:00on a envoyé,
15:01effectivement,
15:02cette flottille,
15:03qui est une flottille
15:05européenne,
15:05qui entourait
15:06le porte-avions français,
15:07pour précisément
15:08protéger
15:09le flanc septentrional
15:11de l'Europe
15:12qui était attaquée.
15:12J'ajoute par ailleurs
15:13que nous avons
15:13450 000 ressortissants
15:15dans la région
15:15et que nous avons
15:16des alliances
15:18avec un certain nombre
15:18de pays du Golfe,
15:20dont les Émirats Arabes Unis,
15:21et que nous,
15:22on les tient.
15:23Eh bien,
15:23voyez-vous la différence
15:24dans le monde qui vient ?
15:25Ça va être ceux
15:26qui tiennent leurs alliances
15:27et ceux qui les bafouent.
15:28Et je vous demande
15:30et je vous invite
15:30à vous interroger
15:31sur la conséquence,
15:33à nous interroger tous,
15:34nous,
15:34sur la conséquence
15:35de ce qui se passe
15:36depuis que Donald Trump
15:38était au pouvoir.
15:39Alors que
15:40toute notre architecture,
15:41je dirais,
15:43a été bâtie,
15:43notre architecture de sécurité,
15:45notre architecture commerciale,
15:46sur la confiance,
15:47il a fait voler la confiance.
15:49Alors maintenant,
15:50qu'on ne vienne pas nous dire
15:51qu'au fond,
15:52il y a ceux qui la respectent
15:53et ceux qui ne la respectent pas.
15:54Jim Deraset,
15:54parlons d'alliance,
15:55est-ce que l'alliance
15:57transatlantique de l'OTAN
15:58est menacée ?
15:59L'administration Trump
16:00a remis sur la table
16:02des menaces de départ
16:04de l'OTAN.
16:05Est-ce qu'il faut les prendre au sérieux ?
16:07Mais monsieur,
16:09ça ne date pas d'aujourd'hui.
16:10Olivier Boss faisait référence
16:11au fait que
16:12je suis interdit de séjour
16:13aux Etats-Unis.
16:14Et je me souviens,
16:16avant même les élections,
16:18d'un propos de celui
16:19qui allait devenir
16:19le vice-président des Etats-Unis.
16:21Je parle de J.D. Vance,
16:23qui, alors que je faisais mon travail,
16:26mon travail qui était
16:27de commissaire européen
16:28en charge notamment du numérique,
16:30c'est-à-dire de protéger
16:31à travers nos lois,
16:32qui avaient été les lois
16:33votées par notre démocratie,
16:35par le Parlement européen,
16:36par le Conseil européen,
16:37pour protéger nos enfants
16:38dans l'espace informationnel,
16:40vous savez,
16:40c'est ce fameux,
16:41cette fameuse loi,
16:42le DSA.
16:43Eh bien,
16:43il trouvait que ça n'allait pas,
16:44que c'était de l'ingérence,
16:46et il commençait à dire
16:47si jamais on utilise le DSA,
16:49c'était en septembre 2024,
16:50avant les élections,
16:51on va sortir de l'OTAN.
16:53Donc,
16:54cette menace
16:55qui, de toute façon,
16:56ne tient pas,
16:57parce que pour sortir de l'OTAN,
16:58il faut que,
16:59suivre la loi,
17:01qui a été portée
17:02par un dénommé
17:03Marc Rubio,
17:05qui dit qu'il faut avoir
17:06l'aval du Congrès,
17:07et aujourd'hui,
17:07il n'aura pas l'aval du Congrès.
17:08En revanche,
17:09qu'est-ce que ça nous dit
17:09à nous,
17:10Européens ?
17:11Ça nous dit
17:11qu'il est urgentissime
17:13de faire en sorte
17:14qu'on n'a pas, nous,
17:15vocation et envie
17:16que les Etats-Unis
17:16sortent de l'OTAN,
17:18mais on a
17:18la nécessité absolue
17:20de renforcer
17:21un pilier
17:22européen de l'OTAN,
17:23pour faire part égale
17:25avec les Etats-Unis
17:26et puis être
17:27de plus en plus autonome
17:28dans le cadre de l'OTAN.
17:30Je pense que c'est
17:30la bonne stratégie
17:31pour l'Europe.
17:31On y reviendra,
17:32Thierry Breton.
17:33Vous ne croyez donc pas
17:34à une sortie
17:34des Etats-Unis
17:35de l'OTAN.
17:36Il y a une autre menace
17:37brandie par les Etats-Unis,
17:38c'est de cesser
17:39d'aider l'Ukraine.
17:40Est-ce que celle-là,
17:41il faut la prendre au sérieux ?
17:42Mais il ne cesse de le dire.
17:43Ça n'arrête pas.
17:45Donc depuis qu'on est là,
17:46c'est cette menace.
17:47Je trouve qu'on l'a
17:47trop écoutée,
17:53si jamais vous ne faites pas
17:54ce que je veux dire,
17:55si jamais vous n'acceptez pas
17:5615% de droits de douane,
17:58si jamais vous mettez en œuvre
18:00les lois du numérique,
18:01attention,
18:02je ne vais pas vous aider.
18:03Enfin, voilà.
18:04Nous, on est quand même
18:05450 millions.
18:07Je le rappelle.
18:08Vous voulez dire
18:08qu'on a déjà cédé
18:09trop à Donald Trump ?
18:11Mais je dis simplement
18:13que dans un monde
18:14où la confiance
18:15vient de s'effondrer,
18:16la confiance,
18:17c'était la clé de voûte
18:17de l'architecture
18:18qui a rebâti le monde
18:19d'après-guerre.
18:20C'était vraiment
18:21la pierre angulaire.
18:22Eh bien, elle s'est effondrée.
18:24Il a fallu 70 ans
18:25pour la bâtir.
18:26Il a fallu quelques minutes
18:27pour l'effondrer.
18:28À partir du moment
18:29où on a confiance...
18:29Ce que vous êtes en train de dire,
18:30c'est qu'il faut rompre
18:31avec Donald Trump.
18:32Certainement pas.
18:33Certainement pas rompre.
18:34Les États-Unis
18:34continuent à être nos alliés,
18:36y compris, je l'ai dit à l'instant,
18:37dans le cadre de l'OTAN.
18:38Mais il faut tout simplement
18:40en tirer les leçons
18:41dans un monde
18:41dans lequel
18:42les relations
18:43basées sur la confiance
18:44ne fonctionnent plus.
18:45Alors, c'est remplacé par quoi ?
18:47Par des relations
18:48basées sur les rapports de force.
18:49Eh bien, il faut que nous-mêmes,
18:51on en tire les leçons
18:52et qu'on s'arme désormais
18:53pour pouvoir exercer
18:55des rapports de force
18:55pour rééquilibrer
18:57dans ce monde nouveau
18:58qu'il a voulu
18:59pour rééquilibrer
19:00ce qui est absolument indispensable,
19:02c'est-à-dire
19:02le fait d'avoir
19:03des piliers équilibrés
19:04entre les États-Unis
19:05et l'Europe
19:06parce que la vocation
19:07de l'Europe, voyez-vous,
19:08c'est pas de devenir
19:09le vassal des États-Unis.
19:10Madame Tranuille.
19:11Est-ce que c'est un message
19:11adressé à Ursula von der Leyen ?
19:14Mais je ne reste aucun message
19:16à Ursula von der Leyen.
19:17Elle est conciliante
19:17avec Donald Trump.
19:18Mais je prends uniquement,
19:19vous savez,
19:19on est dans un monde
19:20des images et des photos.
19:22Cette photo sur le golfe
19:24au nord de l'Écosse
19:25où Pouche levée,
19:27on se félicite
19:28d'avoir accepté
19:30d'être totalement vassalisé
19:31par les États-Unis,
19:33d'accepter 15%
19:34de droits de douane unilatéral,
19:36d'acheter pour 750 milliards
19:38d'hydrocarbures
19:39et de faire en sorte
19:41qu'une très grande partie
19:42de notre épargne
19:43aille financer.
19:44C'était évidemment
19:45très humiliant.
19:46Voilà.
19:46Tout le monde l'a senti comme ça.
19:47C'était une faute lourde ?
19:48Mais c'était très humiliant.
19:50Voilà.
19:51Je ne suis pas là
19:51pour dire si c'est une faute
19:52ou pas.
19:52Les gens d'État européens
19:53ont fait la même chose
19:54dans le bureau Oval.
19:55On se souvient de cette photo
19:55où ils sont tous face à Trump.
19:57Il n'y a pas que Ursula von der Leyen.
19:58Mais encore une fois,
19:59c'est pour ça
20:00que je fais la part des choses.
20:01Je dis simplement,
20:02tous ne sont pas comportés
20:04comme ça,
20:05mais je dis simplement
20:06que dans le monde
20:07tel qu'il est aujourd'hui dessiné,
20:08qui est un monde
20:09qui va très vite,
20:10qui est un monde
20:10dans lequel la confiance
20:12est remplacée
20:13par les rapports de force,
20:14et bien un rapport de force,
20:15ça ne peut pas être unilatéral,
20:17à charge pour nous.
20:18Encore une fois,
20:18nous, on n'est pas des belligérants,
20:19nous, les Européens.
20:20Mais on a aussi à protéger
20:22450 millions de concitoyens.
20:23On est quand même
20:24une immense démocratie.
20:25On est quand même
20:26une immense économie.
20:27Et on ne peut pas avoir
20:28comme seul but de guerre,
20:29pour nous,
20:29comme but de vie,
20:31je dirais,
20:32de devenir le vassal
20:33des États-Unis.
20:34Et ce serait,
20:35du reste, à mon avis,
20:35très mauvais aussi
20:36pour les États-Unis.
20:37Ce n'est pas ça, le monde.
20:38Une autre question
20:39qui concerne également
20:41les États-Unis,
20:42Thierry Breton,
20:42ce sont des élections
20:43qui ont lieu en Europe
20:45la semaine prochaine,
20:46en Hongrie.
20:48Elles sont importantes
20:48parce qu'elles menacent
20:49Viktor Orban,
20:50qui est au pouvoir
20:50depuis 16 ans maintenant.
20:52Viktor Orban est ouvertement
20:54pro-Russe.
20:55Il bloque les prochaines aides
20:56à l'Ukraine,
20:5790 milliards d'euros quand même.
20:59Viktor Orban,
20:59que vous connaissez bien,
21:01veut détruire
21:02l'Europe de l'intérieur ?
21:03Alors, Viktor Orban,
21:04c'est vrai,
21:04vous avez raison,
21:05je le connais très bien.
21:06Je l'ai vu
21:06de très, très nombreuses reprises
21:08parce que c'était mon travail
21:09et je voyais
21:09la plupart des chefs d'État
21:11européens
21:11quand je m'occupais des vaccins,
21:12quand je m'occupais de la défense,
21:13quand je m'occupais du numérique,
21:14c'était mon travail.
21:15Donc, je l'ai vu
21:16à de nombreuses reprises
21:17et j'ai beaucoup discuté avec lui,
21:18c'est toujours intéressant du reste
21:19parce qu'évidemment,
21:20il parle de la Hongrie
21:21et il parle de la Hongrie
21:22qui est quand même,
21:23c'est un petit pays certes,
21:24ça a été aussi un empire
21:25et c'est un pays
21:26qui a quand même connu
21:28les affres
21:28de ce que voulait dire
21:29d'être dépendant,
21:30là encore,
21:30d'être un vassal
21:31que ce soit de l'Union soviétique
21:33ou que ce soit
21:34de l'Allemagne nazie.
21:36Bon, très bien.
21:38Mais c'est toujours présent pour eux.
21:40Alors maintenant,
21:40sur les élections,
21:41c'est extrêmement important.
21:42Ces élections,
21:42vous avez raison de le rappeler,
21:44elles vont se tenir le 12 avril
21:46et c'est la première fois
21:47d'après les sondages.
21:48Alors, il y a deux types de sondages.
21:49Vous avez les sondages,
21:50je dirais,
21:51qu'on peut croire
21:52et puis vous avez les sondages officiels,
21:53ceux qui sont poussés
21:54par le gouvernement.
21:55Alors, ceux qui sont poussés
21:56par le gouvernement
21:56de Donne-Gagnant,
21:57ceux que nous croyons
21:59vraisemblables et solides,
22:01montrent qu'il y a
22:016, 7, 8 points d'écart
22:03avec son opposant
22:05qui s'appelle Peter Maggard.
22:06Alors, Peter Maggard,
22:07que je connais également,
22:08Peter Maggard faisait partie
22:10du reste de son parti,
22:11la Fidesz,
22:12et puis il s'en est éloigné.
22:16Pour nos auditeurs,
22:17c'est intéressant,
22:18je pense que vous montrez
22:18que tout ça est quand même
22:19très lié.
22:20Il était le mari
22:22de son ancien ministre
22:23de la Justice,
22:24Madame Julie de Varga,
22:25qui était très très très proche
22:26de Victor Orban.
22:29Bon, ils se sont séparés.
22:31Il est pro-européen, lui ?
22:31Alors, lui,
22:32il est le plus pro-européen,
22:33mais on est en Hongrie.
22:35On est en Hongrie,
22:36et en Hongrie,
22:37qu'est-ce que vous voulez-vous ?
22:38La Hongrie dépend,
22:39c'est comme ça,
22:40encore,
22:41de la Russie,
22:42par un pipeline
22:43qui s'appelle Brotherhood,
22:44pour son approvisionnement
22:45en gaz,
22:47voilà,
22:47et en pétrole.
22:48C'est comme ça.
22:49Et donc,
22:51ils n'ont pas fait
22:52les investissements.
22:53C'est la raison principale
22:54qui fait que Poutine le tient.
22:56Poutine le tient
22:57parce qu'encore une fois,
22:58c'est le seul pays européen
23:00pour lequel on a encore,
23:01je dirais,
23:01de façon...
23:02Ce que vous dites,
23:02c'est que ces élections
23:03ne changeront pas grand-chose.
23:05Alors,
23:05elles vont changer beaucoup
23:06parce que Peter Maguiar,
23:08lui,
23:09est pour rester
23:10dans l'Union Européenne,
23:11alors que Victor Orban
23:12est pour la détruire
23:14de l'intérieur.
23:15Et dans ce sens,
23:16il rejoint,
23:17il rejoint qui ?
23:18Là encore,
23:19GD Vance.
23:20Je rappelle que GD Vance,
23:21mais aussi le département...
23:22Le président américain
23:23qui sera la semaine prochaine.
23:24Qui va du reste venir
23:25pour soutenir
23:28Victor Orban
23:29mardi et mercredi prochains.
23:31Excusé du peu.
23:31C'est de l'ingérence
23:32à vos yeux ?
23:33En tout cas,
23:34ça en a tout l'air.
23:35Mais bon,
23:36il fait ce qu'il veut.
23:37Il vient le souvenir.
23:38Je rappelle du reste
23:39que la semaine dernière
23:41où il y a dix jours,
23:42ils avaient réuni
23:43une grande réunion
23:45des Patriotes pour l'Europe.
23:46Donc,
23:47c'est le parti d'extrême droite
23:47dans lequel il siège
23:48au Parlement européen
23:50avec le Rassemblement national.
23:52Ils étaient tous là,
23:53y compris Marine Le Pen.
23:54Je rappelle également
23:55que dans le document,
23:56vous savez,
23:56de Sécurité nationale
23:57qui est sorti,
23:58qui a été publié
23:59en décembre 2025
24:01par le département d'État américain,
24:02c'est-à-dire par le ministère
24:03des Affaires étrangères américaine,
24:05il est dit explicitement
24:06que l'ennemi des États-Unis,
24:08ce sont les institutions européennes
24:10et qu'il faut s'appuyer
24:11sur les partis d'extrême droite
24:12et en particulier
24:13comme ceux
24:14qui portent aujourd'hui
24:17M. Victor Orban
24:18pour affaiblir précisément
24:20ces institutions.
24:21Donc,
24:21il y a effectivement
24:22une connotation,
24:23une corrélation très profonde
24:25entre les MAGA américains
24:27et l'extrême droite européenne
24:31dont il est l'un des fers de lance.
24:33Mais voyez-vous,
24:35quand on regarde ce qui se passe,
24:36ça va être un test également.
24:38Est-ce que finalement,
24:39le fait d'être soutenu aujourd'hui,
24:42aussi visiblement,
24:43par les MAGA,
24:44par le vice-président des États-Unis,
24:46est-ce que c'est un plus
24:47ou c'est un moins pour les élections ?
24:48Eh bien,
24:49nous allons avoir un test
24:50de grandeur nature.
24:50On a commencé à en avoir
24:51quelques prémices
24:52quand on a vu que Mme Mélanie
24:57avait perdu son référendum
24:58alors que,
24:59souvenez-vous,
24:59elle s'affichait triomphante
25:01il y a encore un an
25:01aux côtés de Donald Trump
25:03et d'Elon Musk.
25:06Désormais,
25:07on se fait tout petit.
25:08On se fait tout petit,
25:09pourquoi ?
25:10Parce que les Européens,
25:12majoritairement,
25:14ils estiment que
25:14c'est tout à fait
25:16inacceptable,
25:17inadmissible
25:17d'avoir un pays
25:18qui est notre allié historique.
25:20Et moi,
25:20j'aime beaucoup les États-Unis,
25:21je continue à les aimer,
25:23mais qui se comportent aujourd'hui
25:24comme ça avec nous.
25:25Je ne suis pas sûr
25:26que ça aide pour les élections
25:27et ça doit nous faire réfléchir également,
25:28ça doit en faire réfléchir certains,
25:30y compris pour 2027,
25:31en France.
25:31Thierry Breton,
25:32quelques questions avant la pause.
25:37C'est des réponses
25:38par oui ou par non,
25:39pour ou contre.
25:40Est-ce que vous parlez encore
25:42avec Ursula von der Leyen ?
25:43On vient d'en parler.
25:44Non,
25:45je ne l'ai plus parlé
25:45depuis que j'ai démissionné.
25:47Dame Tranwy.
25:48Faut-il que l'Europe
25:48soit plus autonome
25:49en matière de conquête spatiale
25:51pour avoir un Européen
25:52qui aille sur la Lune ?
25:53Référence à Artemis II
25:54cette semaine.
25:54Bien sûr,
25:55et nous avons vraiment
25:56une vraie stratégie spatiale.
25:57Je l'ai portée du reste
25:57puisque j'étais commissaire à l'espace.
25:59Il faut absolument le faire.
26:00On a énormément de capacités
26:02et de compétences.
26:03Oui,
26:04ça devient un élément stratégique.
26:05C'est ce qu'ils appellent
26:06les espaces contestés.
26:07L'Europe a toute sa place à jouer
26:08et de façon autonome.
26:09Jim Gerassé.
26:09Ça sert encore à quelque chose
26:11d'aller sur la Lune en 2026 ?
26:13Expliquez-nous.
26:13Ça sert parce que ça fait évoluer
26:15énormément les technologies.
26:16Et au fond,
26:17bien sûr,
26:18c'est un élément
26:18qui est un élément symbolique,
26:19mais les progrès
26:21qui sont mis en place
26:22sont absolument gigantesques.
26:23Donc la réponse,
26:24c'est oui.
26:24Dernière question.
26:25Est-ce que vous croyez encore
26:26à l'avenir d'Atos,
26:27un ancien géant
26:28des services numériques
26:30qui est aujourd'hui
26:30en difficulté,
26:31un ancien géant
26:32que vous avez dirigé
26:33avec des difficultés
26:34à la fois économiques
26:35et puis sur le plan judiciaire ?
26:36Difficulté, effectivement,
26:37trois ans après
26:38que j'ai quitté l'entreprise.
26:39Mais je trouve
26:40qu'il y a enfin
26:42un très bon patron
26:44qui a repris l'ensemble
26:45l'intégralité
26:46de la stratégie
26:46qui avait été mise en place,
26:48c'est-à-dire avoir une entreprise
26:49qui va fournir
26:50l'ensemble des moyens
26:50et services
26:52pour fournir
26:53tout ce dont on a besoin
26:54de façon stratégique,
26:54autonome et souveraine
26:55en matière
26:55d'intelligence artificielle
26:56dont la réponse,
26:57c'est trois fois oui.
26:58Thierry Breton,
26:59on se retrouve dans
26:59quelques instants
27:00après une pause
27:01dans le Grand Jury
27:02et on parlera
27:03bien évidemment
27:04de 2027,
27:05notamment de l'élection
27:06présidentielle à venir
27:07avec une idée
27:08que vous avez lancée,
27:09celle d'une...
27:11pour réduire la dette,
27:13on en parle,
27:13une règle d'or.
27:14A tout de suite.
27:24Suite du Grand Jury
27:25présenté par Olivier Bost.
27:28Thierry Breton,
27:29ancien commissaire européen
27:31et notre invité ce dimanche,
27:33Tam Tranui de Public Sénat
27:35et Jim Jarassé du Fidiaro
27:36sont à mes côtés
27:37pour vous interroger.
27:39Le Grand Jury,
27:41l'actualité de la semaine.
27:42Thierry Breton,
27:43que doit faire le gouvernement
27:45pour répondre à la hausse
27:47des prix de l'énergie,
27:48pétrole et gaz ?
27:49D'abord, je crois qu'il faut dire
27:50les choses de façon claire.
27:52Le gouvernement
27:53ne s'enrichit pas
27:55avec cette hausse.
27:56Alors nous,
27:57on la vit tous les jours.
27:58Parce que quand on passe
27:59de 1,80,
28:002,
28:012,05,
28:02quand on est sur le gasoil,
28:04j'étais dans la creuse
28:05la semaine dernière,
28:06je voyais les montants,
28:08les montants,
28:082,20,
28:092,30.
28:10Donc, effectivement,
28:11nous, on le voit.
28:12Il n'y a pas de surplus fiscal.
28:13Les 270 millions d'euros
28:15de surplus fiscal en mars,
28:16ce ne sont pas du surplus.
28:17Si, alors justement.
28:18Et c'est pour ça que je veux le dire
28:19parce que j'avais fait ce calcul.
28:20Je vois que je retrouve
28:22à peu près ce qu'a fait le gouvernement.
28:23J'ai fait le calcul pour voir,
28:24en gros,
28:25alors c'est une paréquation
28:25un peu compliquée,
28:26mais j'ai essayé de modéliser ça.
28:28Je suis en sa ministre des Finances
28:29et comme vous le savez.
28:31Et donc, en fait,
28:31je vais dire les choses simplement
28:32pour nos téléspectateurs
28:33et nos auditeurs.
28:35Quand le baril du pétrole
28:37augmente de 10 dollars,
28:38en gros, l'État par la TVA
28:42augmente en gros ses ressources
28:44entre 30 et 60 millions d'euros.
28:46C'est-à-dire en gros,
28:47si on prend 45-50 millions d'euros
28:49par palier de 10 dollars,
28:51on est à peu près bon.
28:53Pourquoi seulement ça ?
28:54Parce que tout simplement,
28:55l'activité économique
28:56va commencer à être impactée.
28:57Donc, il y a moins de rentrées.
28:59Parce que, par ailleurs,
29:01vous allez avoir évidemment
29:03le fait que les gens
29:05vont moins consommer.
29:06Donc, globalement,
29:07ce chiffre est vraiment
29:09ce qu'il faut avoir en tête.
29:10Donc, la bonne politique,
29:11c'est quoi ?
29:12Ce n'est pas de dire,
29:13comme certains,
29:13ah ben allez,
29:14on arrête toutes les taxes
29:15parce qu'évidemment,
29:15c'est certain que les taxes
29:17aujourd'hui rapportent
29:19notamment la TVA
29:19et qui est mise,
29:20l'ensemble de la TVA.
29:22Si on la baissait à 5-5,
29:23comme le souhaite par exemple
29:24le Rassemblement National,
29:25ça coûterait entre 13 et 15 milliards
29:26d'euros à l'État.
29:27Mais il faut bien les trouver autre part.
29:29Mais là, le surplus,
29:30je le dis pour nos téléspectateurs,
29:32donc si jamais, effectivement,
29:33on est à un baril à 100,
29:34qu'on est parti à 70,
29:37en gros, entre 150 et 250 millions
29:40d'euros de surplus.
29:42Donc, la bonne politique,
29:42me semble-t-il,
29:43c'est de redistribuer
29:44l'intégralité de ces surplus
29:46à qui ?
29:47À ceux qui en ont besoin,
29:48c'est-à-dire les agriculteurs.
29:50Vous commencez par nous dire
29:51qu'il n'y a pas de surplus
29:52et après vous dites
29:52qu'il faut redistribuer.
29:53Je dis qu'il n'y a pas les surplus,
29:54les milliards qu'on peut imaginer.
29:56Il y a 150 millions pour vous,
29:58ce n'est pas 260 millions ?
29:59Non, en gros, si vous voulez,
30:00je l'ai dit,
30:01c'est entre 150 et 250, 300.
30:04Donc, je pense que l'ordre de grandeur,
30:06il est bon.
30:06Non, c'est important
30:07parce qu'on s'imagine
30:08quand on n'est pas vraiment
30:09dans ces affaires,
30:10on peut s'imaginer
30:11que l'État va se mettre
30:11des milliards dans les poches.
30:12Non, mais la bonne politique,
30:14c'est que ce surplus,
30:15donc l'État l'a calculé
30:17à peu près à 270 millions,
30:19donc je pense que c'est
30:20un chiffre exact,
30:21donc de là où je suis,
30:22je peux le corroborer.
30:23Ce qu'il faut, évidemment,
30:24c'est que l'État
30:25ne gagne pas d'argent
30:26et restitue l'intégralité.
30:28Est-ce qu'il peut faire plus ?
30:29Ben non.
30:29Et Thierry Breton,
30:30le discours de dire
30:31qu'il faut passer à l'électrique,
30:36mais on ne va pas passer à l'électrique
30:38en un claquement de doigts.
30:39Quand vous êtes dans les campagnes,
30:40comme je vous le disais tout à l'heure,
30:42vous n'avez pas des bornes
30:43tous les 10 kilomètres,
30:43donc bien entendu que non.
30:45La plupart des gens
30:46qui vivent évidemment
30:47en dehors des villes
30:48ou dans les périphéries,
30:49eh ben voilà,
30:50ils ont besoin de leur voiture
30:51pour aller travailler,
30:52que ce soit une infirmière,
30:54une aide-soignante,
30:55tout le monde a besoin
30:55de sa voiture
30:56et elle n'est pas encore électrique.
30:57Donc bien sûr
30:57qu'il faut avoir l'objectif,
31:00mais ce qui est très important,
31:01c'est d'accompagner
31:01tous ceux qui en ont besoin
31:03de façon très spécifique
31:04et donc on a évidemment en tête
31:06les chauffeurs routiers,
31:08les marins pêcheurs,
31:09les agriculteurs bien entendu
31:10et donc eux,
31:11il faut les cibler
31:12et leur redistribuer
31:13l'intégralité de l'enveloppe
31:14qui est créée par le surplus de TVA.
31:15Quoi ?
31:16Plutôt que d'autres,
31:17on entend aussi les taxis,
31:19les infirmiers libéraux,
31:20les personnes qui habitent
31:21loin de leur travail,
31:22est-ce que ce n'est pas
31:22la porte ouverte aussi
31:23à toutes les doléances
31:24de commencer à lâcher
31:25ainsi secteur par secteur ?
31:26Bien sûr,
31:26c'est la porte ouverte
31:26et c'est la raison pour laquelle
31:27il faut être très spécifique
31:28et c'est vraiment
31:29le travail de l'État.
31:30Mais vous savez,
31:32à l'heure de l'intelligence artificielle,
31:34à l'heure du tout numérique,
31:35si on n'est pas capable
31:36désormais de cibler
31:37plus précisément
31:39ceux qui en ont besoin,
31:40alors on ne fait pas son travail
31:41parce que désormais
31:41avec ces outils,
31:42on peut être beaucoup plus précis.
31:44Il faut effectivement là aussi
31:45que Bercy se modernise.
31:46Bercy a démontré en permanence
31:48une capacité d'adaptation
31:49et de modernisation.
31:50Je sais qu'ils y travaillent.
31:51Il faut qu'on utilise ces outils
31:53pour, vous avez parfaitement raison,
31:55aller cibler
31:55ceux qui en ont le plus besoin.
31:57Toutes les catégories
31:58que vous avez évoquées
31:59en ont besoin.
32:00Ce que je voudrais redire
32:01à votre micro ce matin,
32:02c'est que tous ceux
32:03qui imaginent
32:04qu'il suffirait de baisser,
32:06encore une fois,
32:06de restituer,
32:07par exemple,
32:08comme je le disais tout à l'heure,
32:10passer la TVA de 20%
32:11à 5,5%
32:12comme le prône,
32:13par exemple,
32:14le Rassemblement National,
32:15ça veut dire
32:15un trou de 13 milliards.
32:17Moi, je vais vous dire les choses,
32:18on n'a juste pas les moyens.
32:20On a parlé du surplus fiscal
32:22de l'État.
32:23Est-ce qu'il y a des profits
32:25exceptionnels
32:25de la part des énergéticiens
32:28dans cette crise ?
32:30Et si oui,
32:30faut-il les taxer ?
32:32Il y a plusieurs États européens
32:33qui proposent
32:34d'aller en direction
32:35d'une surtaxe
32:37sur les profits.
32:39Bien sûr qu'il faut regarder,
32:40là encore une fois,
32:41c'est un événement
32:42qui est tout à fait exceptionnel.
32:44Et je crois qu'on peut le dire
32:45par rapport à la première partie
32:46de notre émission.
32:48Cet événement,
32:49c'est assez rare
32:49dans le monde du reste.
32:50Il a été provoqué
32:51par un homme.
32:52Cet homme,
32:53il s'appelle Donald Trump.
32:54donc on espère
32:55que ça ne durera pas,
32:56mais c'est un événement
32:57exceptionnel
32:58qui crée quoi ?
32:59Qui crée une pénurie
33:01en matière
33:02d'offres
33:03sur le marché
33:04de produits pétroliers,
33:06une augmentation des cours
33:07tout simplement
33:08parce qu'au détroit d'Ormouse,
33:0920%
33:09de la production
33:10de pétrole mondial
33:12est bloquée aujourd'hui.
33:13C'est donc artificiel.
33:15Donc il est tout à fait
33:16inacceptable
33:17qu'un certain nombre
33:18s'enrichisse
33:18sur un événement
33:19conjoncturel
33:20et artificiel.
33:21Donc oui,
33:21bien entendu.
33:22Il faut veiller
33:23de même que,
33:23je le dis à l'instant,
33:25l'État ne doit pas
33:25s'enrichir
33:26et doit redonner
33:27à ceux qui en ont
33:28le plus besoin
33:29tout ce qui va gagner
33:30par cette situation
33:31singulière et inédite.
33:32C'est évidemment
33:33la même chose
33:33pour les pétroliers.
33:34Thierry Breton,
33:35dans l'actualité,
33:35Google et Meta
33:37ont été condamnés
33:38ces derniers jours
33:38pour leurs algorithmes
33:40addictifs
33:41pour les jeunes
33:42sur Instagram,
33:43sur YouTube.
33:44Est-ce que
33:45toutes les lois
33:46défendues
33:46ou envisagées
33:47en France,
33:48comme en Europe d'ailleurs,
33:49ne sont pas déjà
33:50en retard ?
33:50Au contraire,
33:51elles sont en avance.
33:52Elles sont en avance
33:52parce que les lois précisément
33:53et celles que j'ai portées
33:54ont fait allusion
33:55en particulier au DSA
33:56qui permet,
33:57encore une fois,
33:58le digital service aux actes,
33:59qui permet enfin
34:00de protéger nos enfants
34:02qui passent,
34:02pardon,
34:03excusez du peu,
34:03entre 5 et 7 heures par jour
34:04minimum maintenant
34:05sur ces réseaux.
34:06Nos concitoyens
34:07qui veillent à ce qui est interdit,
34:09je dirais,
34:10dans l'espace physique.
34:11Par exemple,
34:11proférer des propos antisémites,
34:13des propos racistes.
34:14Il n'y a pas aujourd'hui
34:15dans les textes européens
34:16de quoi protéger les enfants
34:17de la consommation
34:18de ce type d'application.
34:19Oui, absolument.
34:20Ça fait partie inhérente
34:22du DSA,
34:23y compris le fait
34:24de pouvoir contrôler
34:25les algorithmes
34:26lorsqu'on a des doutes,
34:28des suspicions.
34:29Tout ça,
34:29c'est le texte que j'ai porté.
34:30Il a été voté,
34:31tenez-vous bien,
34:31par 90% des députés européens.
34:34Donc,
34:34un énorme soutien.
34:35Aujourd'hui,
34:35par exemple,
34:35il y a des suspicions
34:36sur les algorithmes
34:37à la fois pour pousser
34:38effectivement à une consommation
34:39frénétique pour les jeunes.
34:41Il y a aussi une autre
34:42suspicion sur les algorithmes.
34:44C'est sur des contenus vidéo,
34:46par exemple,
34:47de politiques
34:47qui sont mises en avant.
34:48On a vu ça lors des élections municipales.
34:50Là-dessus,
34:51les contrôles ne fonctionnent pas.
34:52Si, ils contrôlent
34:53et la Commission a les moyens,
34:55y compris de mener
34:57des investigations sur place,
34:58de faire des descentes,
34:59y compris avec,
35:00si c'est nécessaire,
35:01les forces de police
35:02dans les pays concernés.
35:03La Commission a tous les moyens.
35:05Et on en revient,
35:05et c'est là où je veux en venir,
35:06si vous permettez.
35:07La Commission a tous les moyens.
35:09Ces lois,
35:09je les ai portées,
35:10elles ont été votées,
35:10elles sont maintenant appliquées.
35:12Il est à la Commission européenne
35:13de les appliquer.
35:15On a vu aujourd'hui,
35:16je vais vous dire ce que je dis.
35:17Le règlement européen
35:17est suffisant
35:18et qu'il n'y a pas besoin
35:19de législation nationale.
35:20Non, ce que je dis,
35:20c'est que désormais,
35:21ces lois, elles sont là.
35:22Il faut les appliquer
35:23avec célérité
35:25et avec force.
35:26Et j'ai constaté
35:27que beaucoup
35:28ont estimé,
35:29beaucoup ont estimé
35:30qu'on prenait trop de temps
35:31pour les mettre en œuvre.
35:32Et pourquoi ?
35:33Et on en revient toujours.
35:34La suspicion, elle est simple.
35:35Il faut appeler un chat un chat.
35:37Parce qu'effectivement,
35:38au début
35:39de cette nouvelle
35:41administration américaine,
35:42il y avait une telle pression
35:43sur le fait
35:44que l'administration américaine
35:45voulait détricoter ces lois
35:47parce qu'ils estimaient,
35:48ça avait été fait encore une fois
35:49que pour nos concitoyens,
35:50ils estimaient que ça pouvait
35:51nuire aux entreprises américaines.
35:52Je rappelle que les entreprises
35:53chinoises, TikTok et autres
35:54sont soumises aux mêmes règles,
35:55y compris les entreprises européennes.
35:56Et donc, ils voulaient
35:57les détricoter.
35:58Mais la menace pourrait être claire.
35:59pardon, mais je vais finir ma phrase,
36:01pour plaire,
36:02ou disons qu'on plaire
36:03à l'administration américaine,
36:04certains estiment
36:05qu'on a mis trop de temps.
36:06Je ne sais pas
36:06si c'est vrai ou pas.
36:07En tout cas,
36:08ce que nous voulons tous désormais,
36:10c'est que ces lois
36:11qui sont là,
36:12les moyens sont là,
36:13soient appliqués
36:14si jamais c'est nécessaire.
36:16Et on voit, hélas,
36:16un certain nombre de cas
36:17où ça semble évidemment nécessaire.
36:19Vous êtes favorable
36:20à l'interdiction
36:21des réseaux sociaux
36:22au moins de 15 ans.
36:23C'est la proposition
36:24qui émène actuellement
36:25du gouvernement.
36:26Et d'ailleurs,
36:26on voit qu'il y a un débat
36:27interne en France
36:28entre l'Assemblée nationale
36:29et le Sénat
36:30qui veut plutôt
36:31une riposte graduée,
36:32une interdiction
36:33de certains réseaux sociaux
36:34et puis une autorisation
36:36préalable d'un parent
36:36pour d'autres.
36:37Là encore,
36:37je ne veux pas rentrer
36:38dans le détail,
36:38mais si on applique vraiment
36:41les lois qui ont été portées
36:42au niveau européen
36:43sur l'ensemble
36:44du continent européen,
36:46alors on a
36:46les protections nécessaires.
36:48La raison,
36:49ce n'est pas que ça ne sert à rien,
36:49c'est que c'est encore une fois
36:50le signe
36:51qu'on les applique
36:52sans doute pas assez vite
36:53avec autant de fermeté.
36:54Donc je comprends bien
36:55ceux qui veulent effectivement,
36:58puisque précisément
36:58ces lois devraient être appliquées
37:00mais qu'elles ne le sont pas,
37:01en attendant,
37:03on va faire ce qu'on peut faire
37:04pour protéger nos enfants
37:05et oui,
37:06je suis de ceux
37:07qui estiment
37:07qu'il y a matière
37:08à protéger nos enfants.
37:10Mais je le redis,
37:11dans le monde
37:12dans lequel nous sommes,
37:13si nous avons voulu ces lois
37:14au niveau du continent européen,
37:15c'est parce qu'évidemment
37:16il n'y a pas de frontière
37:17dans l'espace informationnel,
37:18je le redis,
37:19appliquons ces lois
37:21avec, encore une fois,
37:22juste la célérité
37:24et la vigueur,
37:25pas plus,
37:25mais ce qu'il faut
37:26et on aura fait un pas
37:27très important,
37:28y compris qui protégera
37:29nos enfants et nos adolescents.
37:30Vous avez beaucoup échangé
37:32de tweets avec Elon Musk,
37:34est-ce qu'il faut
37:35interdire X ?
37:36Non, certainement pas,
37:37il ne s'agit pas d'interdire,
37:39on n'est pas là
37:39pour interdire quiconque.
37:41Mais X ne pose pas
37:42un problème sur la démocratie,
37:44sur le fait de véhiculer
37:46des messages haineux.
37:48Encore une fois,
37:49dans les lois,
37:50on a vraiment bâti
37:51le corpus législatif
37:52le plus approprié,
37:54le plus structuré.
37:56On est ouvert,
37:57on est un continent.
37:58Donc ce que vous dites,
37:58c'est à la commission
37:59de faire son travail.
37:59Mais bien entendu,
38:00la raison pour laquelle,
38:01et vous avez raison,
38:02on voit bien notamment
38:03à la veille d'élections
38:04qu'il peut y avoir
38:05des ingérences,
38:06on voit bien effectivement
38:06qu'il y a des problèmes.
38:07Souvenez-vous du reste
38:08de cet algorithme
38:09qui vous fait allusion
38:10à X,
38:11où tout simplement
38:12on pouvait vous déshabiller.
38:14Pardon, excusez,
38:15c'est absolument invraisemblable.
38:17Donc tout ça,
38:17c'est évidemment
38:18totalement contraire
38:19à la loi.
38:20Moi ce que je dis,
38:21c'est que j'ai porté ces lois.
38:22Elles sont maintenant
38:23en exercice,
38:24en application,
38:25alors qu'on les applique.
38:26Une autre question,
38:28est-ce que vous faites partie
38:28de ceux qui pensent
38:31que l'intelligence artificielle
38:32va amener
38:32au plus grand plan social
38:34de l'histoire,
38:35ou qu'au contraire,
38:37ça peut amener
38:38beaucoup de choses bonnes ?
38:40C'est une évolution
38:41très importante,
38:42puisque évidemment,
38:43l'intelligence artificielle
38:44s'est utilisée,
38:45au fond,
38:45depuis toutes les données
38:46et le savoir
38:47qu'on a accumulé
38:48depuis 2000,
38:48puisqu'à partir de ce moment-là
38:50qu'on a commencé
38:50à stocker précisément,
38:52je dirais,
38:52nos traces
38:52dans l'espace informationnel.
38:54Et puis,
38:55lorsqu'on se pose une question
38:56en référence
38:57à l'accumulation
38:58du savoir
39:00stocké
39:00dans les data centers
39:01de nos traces passées,
39:04avoir précisément
39:05de façon probabiliste
39:06des réponses.
39:07C'est ça,
39:07l'intelligence artificielle.
39:08Donc,
39:09bien sûr,
39:09c'est un outil,
39:10mais on voit bien
39:10que c'est un outil
39:11qui va aider
39:12à la décision,
39:13qui va accélérer,
39:14qui va amplifier
39:15la capacité,
39:16je dirais,
39:17de faire des choses.
39:18Est-ce que ça va remplacer ?
39:19Je ne pense pas
39:20que ça va remplacer,
39:21ça va aider,
39:22ça va accroître
39:23la productivité
39:24tenez,
39:25on parlait tout à l'heure,
39:25madame,
39:26ça ne va pas détruire,
39:27on parlait tout à l'heure,
39:27madame,
39:28du fait qu'il fallait
39:28sans doute être plus sélectif
39:30pour pouvoir aider
39:31des catégories.
39:32Alors,
39:32encore une fois,
39:32nous,
39:33on ne fait pas du suivi
39:34des personnes,
39:34mais par catégorie,
39:36oui,
39:36on peut estimer
39:36que l'usage
39:37de l'intelligence artificielle
39:38pourrait dire
39:39que telle catégorie
39:40plutôt que telle autre
39:40peut avoir tel besoin,
39:42notamment en aide,
39:43en aide par rapport
39:44à la crise pétrolienne
39:45dont on parlait tout à l'heure.
39:46Donc,
39:46oui,
39:47ça va nous aider.
39:48Bien sûr qu'il y a un risque,
39:49donc il faut là encore
39:50accompagner
39:51tous ceux
39:52qui vont avoir à utiliser,
39:53et on va tous être
39:54peu ou prou
39:55contraints
39:55à utiliser
39:56directement ou indirectement
39:57ces outils.
39:59Avoir un apprentissage
40:00approprié à l'école,
40:01c'est absolument indispensable,
40:03ne pas être,
40:04je dirais,
40:04hyper dépendant,
40:05être critique.
40:06L'esprit critique
40:07est un esprit
40:08qu'il va falloir développer
40:09de plus en plus
40:10par rapport précisément
40:11à tous ces outils,
40:12parce que si on s'en réfère
40:13uniquement aux outils,
40:14on l'a vu,
40:14vous savez,
40:15dans la guerre,
40:16et notamment dans la guerre
40:16en Iran,
40:17le ciblage en particulier
40:18qui a été fait
40:20pour pouvoir éliminer
40:22ces trentaines de mots-là,
40:25beaucoup a été fait
40:26par l'usage
40:27de l'intelligence artificielle,
40:28et les questions
40:29que ça pose
40:30sont des questions
40:30absolument gigantesques.
40:32Est-ce qu'on peut
40:32s'en référer uniquement
40:33à des décisions
40:34d'intelligence artificielle
40:35ou est-ce qu'il faut
40:36qu'il y ait une activité humaine ?
40:37Je fais partie,
40:37évidemment,
40:38de ceux qui disent
40:39qu'il faut maintenir
40:39l'activité humaine,
40:40donc développer
40:41l'esprit critique,
40:42y compris évidemment
40:42à l'école.
40:43Jim Derassé.
40:44Une question sur votre successeur
40:45à la Commission européenne,
40:47Stéphane Séjourné.
40:48Il est en charge
40:48de la stratégie industrielle.
40:50Il faut dire
40:51qu'on ne le voit pas
40:51énormément dans les médias.
40:52Est-ce que vous le trouvez
40:53trop discret ?
40:55Je sais qu'il se bat
40:58corps et âme
40:58pour l'industrie
41:00et pour une industrie
41:01made in Europe.
41:02Je sais que du reste,
41:03ça lui a valu
41:03beaucoup de critiques.
41:04Je les ai entendus
41:05comme vous,
41:05vous en faites
41:07état aujourd'hui.
41:08Je ne suis pas de ceux,
41:09moi,
41:09qui le critique,
41:11je suis de ceux
41:11qui le défendent
41:12parce que je estime
41:13qu'il mène un combat
41:14courageux.
41:15C'est un combat difficile.
41:16Il est absolument
41:17indispensable
41:19et donc,
41:20évidemment,
41:20il faut l'encourager
41:21et je l'encourage.
41:22Maintenant,
41:23est-ce que ça suffit ?
41:24Est-ce que ça suffit
41:25d'avoir une loi
41:25et que par une seule loi,
41:27on va dire,
41:27on va fabriquer en Europe ?
41:28Bien entendu que non.
41:30Il faut développer aussi
41:30des activités sectorielles.
41:32On l'a fait,
41:32par exemple,
41:33avec les semi-conducteurs.
41:34On appelait ça
41:35le cheap act.
41:35On l'a fait
41:36avec les matériaux critiques.
41:37On l'a appelé
41:38le critical raw material act.
41:39Et qu'est-ce qu'il faut
41:40pour finalement
41:41aligner les pays européens ?
41:42Ce n'est pas uniquement
41:43une loi
41:44parce que dans une loi,
41:45on sait qu'il y en a
41:46qui vont râler,
41:46ils ne vont pas tous y être,
41:47ça va être très compliqué.
41:49Vous savez,
41:49ce n'est pas compliqué.
41:51Il faut avoir
41:51une enveloppe.
41:52C'est ce que dit
41:53le rapport Draghi.
41:54Vous savez,
41:54le rapport Draghi
41:55qui donnait
41:55les voies et moyens
41:57pour réformer l'Europe
41:59et la rendre plus compétitive.
42:00Avoir une enveloppe financière
42:01et dire
42:02si jamais vous allez
42:05ou co-finance.
42:06Et là,
42:06on peut aligner.
42:07Donc tant qu'on n'aura pas
42:08d'enveloppe financière,
42:10alors ce sera à mon avis
42:11des voeux pieux.
42:11Mais évidemment,
42:12ce qu'il fait va dans le bon sens.
42:13Et faire un peu
42:14de protectionnisme ?
42:14Mais non,
42:15ce n'est pas du protectionnisme.
42:16L'Europe n'est pas
42:16un continent protectionnisme.
42:18Mais en revanche...
42:18On ne devrait pas l'être ?
42:19Parce qu'on est ouvert
42:21à la Chine et aux Etats-Unis.
42:23L'inverse n'est pas valable.
42:24Il faut qu'on soit
42:24extrêmement strict
42:25sur les règles.
42:27Comment on fait
42:27pour entrer
42:28sur le marché intérieur ?
42:29On a l'un des plus grands
42:35ce n'est pas un mot interdit.
42:36Mais c'est un mot
42:36qui ne me semble pas approprié.
42:38Il faut avoir des instruments
42:40de réciprocité
42:41et de rapport de force.
42:42Moi, le mot
42:43qui est le mot mot à moi,
42:44c'est rapport de force.
42:46On est dans un monde
42:47où il ne s'agit pas
42:47de mettre des murailles de Chine
42:50ou des lignes maginaux
42:51pour se protéger.
42:51On est dans un monde
42:52où il faut désormais
42:54bâtir les attributs
42:55de la puissance
42:56pour lutter à rames égales
42:58contre les Etats-Unis.
43:00Ils ne nous veulent pas du bien.
43:01Contre la Russie.
43:02C'est le moins qu'on peut dire.
43:02Ils ne nous veulent pas du bien.
43:03Contre la Chine
43:04qui veut nous voir éliminés
43:06d'un point de vue industriel.
43:07Ben oui.
43:07On a des moyens de résister.
43:09Il faut mettre en place
43:10la réciprocité.
43:11Et donc, pour ça,
43:12il faut avoir ces moyens
43:13et il faut du leadership.
43:16Le Grand Jury,
43:182027, c'est demain.
43:20Alors, Thierry Breton,
43:21visiblement,
43:22vous voulez participer
43:23au débat pour 2027
43:25puisque vous avez proposé
43:26cette semaine
43:27d'inscrire dans la Constitution
43:28une règle d'or financière
43:30qui limiterait le déficit public
43:33à 1% du PIB.
43:34à l'horizon 2032.
43:36Cela, je précise,
43:37sans jamais augmenter
43:38les prélèvements obligatoires.
43:40C'est un choc d'austérité
43:41que vous voulez pour la France ?
43:43Alors, tout sauf un choc d'austérité,
43:45c'est d'abord,
43:46pour noter les spectateurs,
43:47c'est faire finalement
43:48ce que l'Allemagne a fait
43:48en 2009 et 2010.
43:50L'Allemagne avait beaucoup de mal
43:52à avoir des budgets
43:53qui étaient à l'équilibre.
43:54L'Allemagne était en déséquilibre.
43:56Lorsque, pardon de parler de moi,
43:57mais je l'ai vécu,
43:58c'est pour ça que je m'intéresse
43:59à ces questions.
44:00Lorsque j'étais ministre des Finances,
44:02on a fait baisser l'endettement
44:03de la France de 67% à 63%.
44:05L'Allemagne était à 67%.
44:07Oui, mais là, aujourd'hui,
44:07il faut trouver 10 à 15 milliards,
44:10voire même jusqu'à 30 milliards par an,
44:13sans plonger dans l'austérité.
44:14Comment vous faites ?
44:15Alors, d'abord,
44:16pourquoi on ne plonge pas
44:16dans l'austérité ?
44:17On ne plonge pas dans l'austérité
44:18parce qu'aujourd'hui,
44:19on est à 5% de déficit.
44:205-5.
44:21Peut-être 5 si jamais
44:22on a de la chance cette année.
44:23Je rappelle pour nos téléspectateurs
44:25que la France engrange tous les ans
44:281 500 milliards,
44:29c'est les prélèvements et taxes, etc.
44:31C'est avec ça qu'on fait fonctionner,
44:33je dirais, l'ensemble de notre pays
44:35et de nos collectivités.
44:36C'est 1 500 milliards.
44:37La France dépense tous les ans,
44:39avec 5% de déficit,
44:401 670 milliards.
44:42On a 170 milliards,
44:43on dépense 170 milliards de plus
44:45qu'on ne gagne.
44:46Eh bien, ce n'est pas tenable.
44:48Et vous savez pourquoi
44:48ce n'est pas tenable ?
44:49Parce que désormais,
44:50ça se traduit par quoi ?
44:51Une dette de 3 500 milliards,
44:53des taux d'intérêt
44:54qu'il va falloir payer
44:55qui vont être de 100 milliards.
44:57Je rappelle que le budget de l'État,
44:58c'est 350 milliards.
44:59Un tiers du budget de l'État
45:00va partir uniquement
45:01pour payer les taux d'intérêt.
45:02Donc, qu'est-ce que je dis ?
45:03Mais personne ne conteste ce constat.
45:05Mais en revanche,
45:06comment vous faites
45:06pour trouver des économies ?
45:07Parce qu'il s'agit bien
45:08de faire des économies chaque année,
45:10de l'ordre de plusieurs dizaines
45:11de milliards d'euros chaque année
45:13jusqu'en 2032,
45:14puisque c'est votre échéance.
45:16Comment vous faites ?
45:16Où est-ce que vous faites des économies ?
45:17Eh bien, d'abord,
45:19il faut prendre des grandes masses.
45:21L'État-providence, pour nous,
45:23c'est en gros entre 800 et 900 milliards.
45:25Le fonctionnement de l'État,
45:27c'est 350 milliards.
45:28Ça veut dire que dans l'État-providence,
45:30il faut bien entendu
45:30revoir l'intégralité...
45:32Ce que vous appelez l'État-providence,
45:33c'est la sécurité sociale,
45:34c'est les retraites,
45:34c'est le chômage...
45:35Tout ce qu'on a fait
45:36et qui fonde encore une fois
45:38l'unité de la nation
45:39et qu'on a bâti,
45:40donc, après-guerre.
45:42Il faut évidemment garder
45:43les missions, les objectifs,
45:44les revoir de façon très spécifique.
45:47Mais j'ajoute
45:48qu'on va avoir, encore une fois,
45:51ça voudrait dire quoi ?
45:52Qu'on serait les seuls pays
45:53en Europe et au monde
45:55à ne pas être capables
45:57de faire ce que font
45:58tous les autres pays européens ?
45:59Bien entendu que non.
46:00Et si je vous dis ça,
46:02c'est parce que derrière,
46:03je dis 1% de déficit,
46:051% de déficit,
46:05ça fait quand même 40 milliards
46:07tous les ans de plus,
46:08plus la croissance,
46:09encore 40 milliards,
46:09ça veut dire que tous les ans,
46:11on va quand même avoir
46:1180 milliards de plus
46:13pour des dépenses supplémentaires
46:14que l'année d'avant.
46:15Donc non,
46:15c'est tout sauf de l'austérité.
46:17C'est en particulier une chose,
46:18c'est le fait qu'enfin,
46:20la France doit réapprendre
46:22à tenir ses engagements
46:23et sa parole.
46:24Et ça,
46:25c'est absolument nécessaire
46:26pour peser en Europe,
46:27pour peser dans le monde.
46:28Et je crois que
46:29si on ne le fasse pas,
46:31et bien à ce moment-là,
46:31la France aura beaucoup de mal
46:33à jouer le rôle
46:35qu'elle doit jouer,
46:36bien sûr pour nos compatriotes,
46:38mais aussi dans le monde,
46:39parce qu'on n'écoute plus la France,
46:42tout simplement,
46:42parce que tous les ans,
46:43on ne tient plus notre parole.
46:44Votre tribune,
46:45elle fait débat
46:46dans le monde des économistes.
46:47On a eu plusieurs tribunes
46:49dans le monde,
46:49notamment des économistes
46:51Michel Cabane
46:51et Jean-Marie Arribet.
46:52Ils estiment
46:53que votre projet
46:55prive l'action publique
46:56de sa capacité
46:57à répondre au choc
46:59et à transformer la société.
47:01Qu'est-ce que vous leur répondez ?
47:01Alors,
47:01j'ai lu leur tribune
47:02et elle est tout à fait respectable.
47:03Ce sont des économistes,
47:04donc moi,
47:05je suis dans le faire.
47:07Désormais,
47:08on a eu tous les économistes
47:09et encore une fois,
47:10ils sont très respectables
47:11et je n'ai aucun commentaire
47:12à faire sur ce qu'ils font.
47:13Ils ont parfaitement le droit
47:14de s'exprimer.
47:14C'est légitime.
47:15Sauf que ce n'est pas la réalité.
47:17La réalité,
47:18c'est que désormais,
47:19je dirais,
47:20les constats,
47:20Olivier Boss l'a rappelé,
47:21ils sont faits.
47:22Maintenant,
47:23il faut passer à l'exécution.
47:24Et alors,
47:25comment on fait ?
47:25Eh bien,
47:26je pense qu'il faut
47:26qu'on se mette la discipline
47:27que les Allemands
47:28se sont imposés
47:29parce qu'encore une fois,
47:30si on ne se le fait pas,
47:31on aura, madame,
47:31de nouveau,
47:33systématiquement,
47:33tous les ans,
47:35ce qu'on a vu
47:35à l'Assemblée nationale
47:37et avec à la fin,
47:38il y a tellement
47:39de véléité
47:44à l'équilibre
47:44et la dette explose
47:45et les taux d'intérêt
47:47flambent
47:47et on n'a plus
47:48de marge de manœuvre.
47:49Votre idée,
47:50juste Thierry Breton,
47:51qui la porterait
47:52le mieux en 2027 ?
47:54Ça correspond
47:54à Médard Philippe,
47:55par exemple ?
47:56Non,
47:56je pense que sincèrement,
47:57et c'est un peu
47:58ce que je me propose
47:59de faire parce que,
47:59encore une fois,
48:00c'est uniquement ma qualité
48:01d'ancien ministre des Finances
48:02parce que je connais bien
48:02les finances publiques.
48:03Vous n'êtes pas candidat
48:03à l'élection présidentielle.
48:03Bien entendu,
48:04mais par contre,
48:05je connais très bien ces sujets.
48:06Il se trouve qu'avec
48:07un certain nombre
48:08d'autres ministres,
48:09avec notamment
48:09Jean-François Copé,
48:10on a porté tout ça,
48:11on l'a fait,
48:11donc on sait en gros
48:12ce qu'il faut faire
48:13et on est tous
48:14très préoccupés
48:14par le fait que si
48:15on ne s'impose pas
48:17cette discipline...
48:17Vous ne répondez pas à la question.
48:18Si, je vais vous le dire,
48:20je vais voir,
48:21et beaucoup se sont manifestés
48:22désormais,
48:23tous les chefs de parti
48:23qui sont intéressés
48:24pour leur expliquer
48:25parce que je pense
48:26qu'il faut...
48:27Vous savez,
48:27on est vraiment
48:28au pied du mur,
48:29croyez-moi.
48:29Quand on a
48:30100 milliards maintenant
48:31de taux d'intérêt,
48:32d'intérêt à payer,
48:34c'est-à-dire pratiquement
48:34un tiers du budget de l'État
48:35pour rien,
48:36pour payer notre incurie
48:38du passé,
48:39ça prive l'école,
48:39ça prive la santé,
48:41ça prive les hôpitaux,
48:42eh bien,
48:42il faut se donner les moyens,
48:44donc je vais les voir,
48:45leur expliquer,
48:46essayer de créer
48:46une union sacrée,
48:48un objectif,
48:49voilà,
48:49on partage tous
48:50le même amour de la France,
48:51on partage tous
48:52le fait qu'il faut
48:53qu'on maîtrise notre destin
48:54et puis expliquer
48:55et faire en sorte
48:56que ce projet
48:57soit porté par plusieurs.
48:58Comment départager
48:59tous ces candidats
49:00que vous allez donc voir,
49:02vous parlez d'union sacrée,
49:02et ce qu'il faut
49:03une primaire
49:04de la droite et du centre
49:05pour avoir
49:06un seul candidat unique ?
49:07Moi, je pense que,
49:08avant de parler de ça,
49:10en quelques mots,
49:11c'est terminé.
49:12Plutôt que de rechercher
49:16le candidat providentiel
49:17qui serait sélectionné
49:18par la primaire,
49:20commençons par travailler
49:21sur le projet providentiel
49:23dont la France a besoin
49:24et c'est là où,
49:25modestement,
49:25je peux apporter
49:26ma contribution.
49:27Votre dernier mot,
49:28merci beaucoup,
49:28Thierry Breton,
49:29pour ce grand jury.
49:31Je vous souhaite
49:31un bon dimanche,
49:32une bonne semaine
49:32et on se retrouve
49:33dimanche prochain.
49:34au revoir.
49:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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