- il y a 7 heures
L'ancien Premier ministre était interrogé par Olivier Bost (RTL), Perrine Tarneaud (Public Sénat) et Claire Conruyt (Le Figaro).
Regardez Le grand jury avec Olivier Bost du 29 mars 2026.
Regardez Le grand jury avec Olivier Bost du 29 mars 2026.
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00:13Bonjour à tous, nous sommes en direct sur RTL et nous sommes en direct sur Public Sénat pour ce Grand
00:19Jury.
00:20Bonjour Dominique de Villepin.
00:21Bonjour.
00:21Vous êtes ancien Premier Ministre et sur la rampe de lancement pour l'élection présidentielle.
00:27Vous avez fait vendredi soir un discours à la Sorbonne sur la France.
00:31Pas la Nouvelle France, ni la France de souche, avez-vous bien précisé ?
00:36Un discours truffé d'idées qui ressemble fort à un programme présidentiel.
00:41Mais avec qui ? Quelle équipe ? Et que mentent-ils ou qu'attendez-vous pour vous déclarer à l
00:46'élection présidentielle ?
00:48Bienvenue dans ce Grand Jury, Dominique de Villepin.
00:50Merci de m'accueillir.
00:52À mes côtés pour vous interroger, Périne Tarnot de Public Sénat et Claire Coruite du Fidiaro.
00:57Bonjour.
00:57Dans ce Grand Jury, Dominique de Villepin, nous parlerons également bien sûr de la situation internationale.
01:02Les Etats-Unis sont-ils en train de s'embourber dans leur guerre contre l'Iran ?
01:07Ce sera dans notre séquence Tout est politique et puis vous répondrez également à nos questions express.
01:12Le Grand Jury, l'actualité de la semaine.
01:16Mais tout d'abord une question qui concerne tout le monde.
01:19Le gouvernement refuse de ressortir le chéquier pour faire face à la hausse des carburants.
01:24Il n'a annoncé vendredi que des mesures très ciblées pour environ 70 millions d'euros.
01:30Le gouvernement, Dominique de Villepin, a-t-il raison de résister aux mesures générales sur le carburant ?
01:36Le constat est celui d'un refus de choc pétrolier.
01:41Nous ne sommes pas certes dans la situation de 1973 ou de 1979.
01:46Mais Christine Lagarde nous prévient.
01:50Les choses risquent de durer et surtout de s'amplifier.
01:54C'est la crainte, au-delà du pétrole et du gaz, de voir d'autres secteurs concernés,
01:59les plastiques, les engrais, et donc un effet prix s'accroître.
02:04Et il est évident que jouer aujourd'hui uniquement sur la protection des professions les plus touchées,
02:10les pêcheurs, les agriculteurs, le transport routier, n'est pas suffisant.
02:16Il faut prendre en compte aussi les populations qui sont les plus vulnérables,
02:20celles qui ont besoin de la voiture pour aller au travail.
02:22Mais il faut le faire dans un cadre budgétaire contraint.
02:25Nous connaissons tous la situation qui est la nôtre.
02:27Ce n'est pas celle de 2022.
02:29Donc nous ne disposons pas de marge de manœuvre pour appliquer le fameux quoi qu'il en coûte.
02:35C'est dire que c'est un travail difficile, c'est un travail de dentelle pour être à l'écoute
02:41des Français
02:41et surtout tout faire pour que parallèlement ce conflit puisse s'arrêter.
02:47Nous devons nous engager davantage avec tous les Européens pour peser de tout notre poids.
02:52Nous reviendrons sur ce conflit.
02:53Mais est-ce que vous soutenez par exemple les opérations, les manifestations de routiers ?
02:57On comprend évidemment la surcharge qui est la leur.
03:01Le gouvernement a choisi une aide ponctuelle de 70 millions.
03:06C'est l'enveloppe.
03:06Pour un mois, il faut ajuster au mieux pour faire en sorte que ces professions
03:11ne connaissent pas trop de sinistres, trop de difficultés,
03:15qu'il n'y ait pas trop d'entreprises qui mettent la clé sous la porte,
03:18ce qui ajouterait encore du mal au mal.
03:21Erine Tarnon.
03:22On a entendu que vous redoutiez un nouveau choc inflationniste,
03:25donc pour la France et l'Europe de façon plus générale.
03:28Quelle solution, vous, pour la France, vous mettriez sur la table immédiatement
03:31pour essayer de l'enrayer ?
03:36La vigilance qui est celle de la BCE sur les taux d'intérêt,
03:40c'est un outil important pour faire en sorte que le risque inflationniste,
03:44avec le risque, compte tenu d'une croissance faible, d'une stagflation
03:49qui ajouterait donc la stagnation à l'inflation.
03:52C'est un risque pour les économies européennes autour de 1% de croissance.
03:55C'est peu.
03:56Et donc, il faut être très vigilant pour que nos économies ne soient pas touchées.
04:00Et cela montre à quel point nous sommes dans une spirale
04:04totalement irresponsable de la part des États-Unis.
04:07Et nous devons, de ce point de vue-là, nous, Européens,
04:10faire entendre beaucoup plus fortement notre voix,
04:12peser beaucoup plus, pour que les États-Unis puissent ouvrir les yeux.
04:17On voit les conséquences sur les marchés, on voit les conséquences sur les économies.
04:22Ça joue surtout au niveau européen, c'est ce que vous nous dites ?
04:23Bien sûr, au niveau français, puisque nous avons une vocation à entraîner les Européens,
04:28mais aussi à l'échelle de l'Europe tout entière.
04:30Je crois qu'il est temps de siffler la fin de partie.
04:34Les conséquences sont aujourd'hui de plus en plus hors de contrôle.
04:38Dominique de Villepin, parmi les solutions, pour décarboner, il faut décarboner, il faut électrifier.
04:43Vous vous dites, il faut faire tout ça.
04:45Et en même temps, vous promettez, vous avez promis vendredi soir,
04:48de faire baisser les prix de l'énergie.
04:49Comment vous faites tout en même temps ?
04:50Alors, vous avez raison.
04:51La décarbonation, on se rend compte aujourd'hui que ce n'est pas un choix pour nous faire plaisir.
04:56C'est une absolue nécessité si nous voulons pouvoir affirmer notre souveraineté.
05:01Donc, il faut aller plus loin dans la décarbonation.
05:03Nous avons fait des choix historiques qui ont conduit à l'électrification de nos usages.
05:10Le choix du nucléaire nous donne un temps d'avance.
05:13Nous devons continuer à aller dans ce sens, à la fois au niveau national et au niveau européen.
05:18C'est la meilleure réponse aujourd'hui face au risque d'un choc gazier.
05:22Comment vous investissez dans le nucléaire et en même temps, vous promettez de faire baisser les prix ?
05:27Alors, c'est dans le moment particulier une équation qui est difficilement soluble.
05:33C'est pour cela que ça demande une planification de notre effort de souveraineté, une planification de notre effort écologique
05:41dans la durée, en partenariat avec l'Europe.
05:43Il est évident, compte tenu de l'ampleur de cette transition écologique, que l'Europe doit faire bien davantage.
05:49Nous avons vu beaucoup de recul au cours des derniers mois du côté de l'Europe.
05:54On avait en quelque sorte le sentiment que l'écologie était une chose datée.
05:58Mais l'écologie, c'est véritablement aujourd'hui la meilleure réponse que nous pouvons avoir,
06:03compte tenu des risques et de la dépendance de l'Europe en matière de souveraineté énergétique.
06:08Autre fait d'actualité de la semaine, que pensez-vous de l'attentat déjoué contre une banque américaine à Paris
06:15?
06:15Trois personnes ont été interpellées.
06:17Est-ce que vous y voyez le retour d'un risque terroriste ou plutôt des tentatives d'ingérence étrangère ?
06:23C'est un risque qui était aisément prévisible.
06:27J'ai mis en garde depuis des mois sur le risque d'un accroissement de ce terrorisme.
06:34On voit bien que ce qui se passe en Iran peut conduire, l'Iran et d'autres pays, à mobiliser
06:39un certain nombre d'individus.
06:41On le voit dans le cas présent par Snapchat pour quelques centaines d'euros.
06:47Donc nous ne sommes pas dans le terrorisme que nous avons connu dans les années 80, il y a 40
06:51ans,
06:52d'un terrorisme beaucoup plus organisé, beaucoup plus structuré à travers des filières.
06:56Nous sommes dans un terrorisme d'opportunité et nous voyons à quel point il peut se répandre vite.
07:01On l'a vu au Royaume-Uni, on l'a vu en Belgique, on l'a vu aux Pays-Bas.
07:05Donc c'est véritablement quelque chose sur lequel nous devons être alertés.
07:09Et c'est une raison supplémentaire pour mettre fin à ce conflit.
07:13Risques de prolifération, risques terroristes et risques de déstabilisation de l'ensemble de l'économie mondiale.
07:19Encore une fois, on reviendra sur ce conflit plus tard. Claire Convite.
07:22Oui Dominique, dans l'actualité de la semaine, la mairie de Fresnes dans le Val-de-Marne a été pillée,
07:27saccagée dans la nuit de vendredi à samedi.
07:30C'est une atteinte à la République qui a été dénoncée par l'ensemble des partis politiques.
07:35Est-ce que cette violence vous inquiète ? Est-ce qu'elle existe objectivement à vos yeux ?
07:39Ou est-ce que vous considérez qu'elle peut être montée en dépingle sur les réseaux sociaux notamment ?
07:45Alors il y a un peu de tout cela, mais cette violence elle est réelle.
07:49On l'a vu à Fresnes, on a vu un certain nombre de comportements.
07:52À Mante-la-Jolie également, ce sont des comportements inacceptables à l'occasion des municipales,
07:58de l'arrivée de nouveaux maires.
08:00Et c'est dire à quel point la responsabilité de l'ensemble des acteurs politiques est importante.
08:05Nous sommes dans un moment de polarisation de la vie politique.
08:08Et tout ce qui peut mettre de l'huile sur le feu,
08:10tout ce qui est susceptible de conduire à l'escalade verbale,
08:14les incivilités, mais aussi à l'escalade de la violence, doit être pris en compte.
08:18Donc c'est à la source que nous devons agir.
08:20Il y a aujourd'hui une radicalisation de la vie politique qui doit nous inquiéter
08:26et qui doit nous conduire à réagir.
08:27Est-ce que plus profondément dans le pays, vous sentez les prémices d'une révolution,
08:32voire d'une révolte ?
08:33Dans le Parisien, Gérald Darmanin s'inquiète des résultats des municipales
08:38en disant qu'on n'est pas loin d'un sentiment pré-révolutionnaire électoral.
08:45La vérité, c'est que la colère et la haine ne cessent de monter.
08:50C'est vrai que dans le pays, si on ajoute à l'inquiétude sociale,
08:54l'inquiétude économique, on assiste par ailleurs à un rejet politique extrêmement puissant.
09:00Il ne reste debout parmi les partis politiques que le Rassemblement National de façon dominante.
09:04Et par ailleurs, la France insoumise, ça montre bien la radicalisation.
09:09C'est dire qu'il y a effectivement un risque, mais il ne suffit pas de parler de ce risque.
09:15Il faut agir.
09:16Et c'est en cela que nous devons prendre des initiatives.
09:20J'ai en particulier à la Sorbonne évoqué la question de la montée de la xénophobie
09:26et particulièrement de la montée de l'antisémitisme.
09:29En proposant, comme l'avait fait Jacques Sirac en 2003-2004, une commission Stasi,
09:36l'équivalent d'une commission Stasi qui puisse nous permettre de nous entendre aujourd'hui sur les véritables risques.
09:43Qu'est-ce que véritablement les nouvelles formes d'antisémitisme ?
09:45Qu'est-ce que les nouvelles formes d'antisionisme ?
09:48Et je pense qu'il est très important que nous reprenions la main sur un certain nombre de ces risques,
09:54de ces dangers, de ces maux qui, aujourd'hui, sont utilisés comme désert.
09:58Avec quel objectif, Dominique de Villepin ?
09:59C'est de légiférer, de durcir la loi sur l'antisémitisme, par exemple ?
10:03Le principal objectif, c'est que nous parlions de la même chose.
10:09Il n'est pas normal de laisser les juges dans la difficulté,
10:14comme ils ont pu l'être au début des années 2000, face à des menaces qui ne cessent de croître.
10:19Il est important que la responsabilité publique, et c'est pour cela que c'est du ressort présidentiel,
10:24la responsabilité publique puisse nous amener à définir des instruments
10:28qui puissent conduire à des sanctions effectives.
10:32Il faut mettre des limites, et il faut pouvoir nommer ce qui est acceptable de ce qui ne l'est
10:37pas.
10:38Il est normal qu'il y ait une liberté d'expression dans notre pays.
10:41Il n'est pas normal que cette liberté d'expression puisse être utilisée comme des armes contre un certain nombre
10:47de compagnies.
10:47Est-ce que ça veut dire que, par exemple, les dérapages récents de Jean-Luc Mélenchon
10:51pendant la campagne des municipales, c'est ce que vous visez notamment comme propos ?
10:55Tout ce qui peut encourager la montée des violences, tout ce qui peut nourrir l'antisémitisme doit être défini.
11:02Et c'est pour cela que parler aujourd'hui d'antisémitisme...
11:06Vous mettez les propos de Mélenchon, Jean-Luc Mélenchon, dans ce...
11:08Tous les propos, tous les comportements qui sont susceptibles aujourd'hui de créer un trouble profond dans notre pays
11:15et de nourrir cette violence doivent être analysés, étudiés, pour que la loi puisse être précisée
11:23et l'action des juges éclairée.
11:24Mais est-ce que vous iriez jusqu'à dire que le leader de la France insoumise a quitté aujourd'hui
11:30le champ républicain ?
11:31Il ne m'appartient pas, aujourd'hui, d'essentialiser, de stigmatiser, de dénoncer, de dire
11:37qui a bien fait de dire cela ou mal fait de dire cela.
11:41Ce n'est pas ma responsabilité, nous le savons tous.
11:46L'antisémitisme, c'est une faute pénale.
11:48Et donc, elle est caractérisée et c'est au juge qu'il appartient de le faire.
11:53Par contre, nous voyons bien la dérive, nous voyons bien la tentation,
11:57nous voyons bien l'escalade éverbale et des actes de violence.
12:01Et c'est par rapport à cette escalade qu'il nous faut un cadre,
12:06qu'il nous faut une définition extrêmement claire de ce que la loi doit définir.
12:11Et à partir de là, nous retrouverons une capacité et un consensus sur ce qui doit être autorisé ou non.
12:18Et est-ce qu'en retour, vous trouvez que la classe politique, d'une façon générale,
12:21réagit peut-être un peu trop rapidement ou fréquemment au dérapage de Jean-Luc Mélenchon ?
12:27Écoutez, je ne me polariserai pas sur X ou sur Y, une fois de plus.
12:32La République, c'est la capacité à vivre ensemble, c'est la capacité à trouver les formes de débats civilisés.
12:39Oui, c'est une façon de polariser le débat et de le centrer autour de ces dérapages.
12:42Mais je pense que Jean-Luc Mélenchon a fait du clivage de la polarisation une arme politique,
12:51un moyen de mobiliser un certain nombre de communautés.
12:56Et on voit bien qu'il y a deux menaces, il y a deux menaces dans notre pays.
12:59D'un côté, la menace identitaire où une majorité s'oppose à un certain nombre de minorités
13:06et exclut un certain nombre de Français de notre vie nationale.
13:10Et de l'autre côté, il y a un risque communautaire qui s'appuie sur des minorités
13:17et qui cherche à exalter ces minorités dans un combat qui est un combat politique
13:22avec un objectif très clair, 2027.
13:24Bien sûr, les municipales, mais 2027.
13:27Et c'est là où on voit que nous sommes aujourd'hui dans une bataille
13:31qui vise à capitaliser pour permettre de passer le premier tour de l'élection présidentielle.
13:39Et c'est là où, je pense, que beaucoup de partis politiques
13:43n'ont pas pris la mesure de la situation nouvelle dans laquelle nous entrons
13:46où les Français, progressivement, vont comprendre que la bataille, cette fois-ci,
13:52et c'est véritablement, depuis 1945, une situation nouvelle,
13:55cette fois-ci, la bataille ne sera pas une bataille de premier tour
13:58parce que d'emblée, les Français devront se poser la question
14:01puisque pour la première fois dans notre histoire,
14:03il y a un risque de voir le Rassemblement National gagner la présidentielle.
14:07La bataille, dès le premier tour, devra être une bataille de rassemblement,
14:11devra être une bataille, non pas pour cliver, pour s'identifier,
14:17mais au contraire, pour montrer une capacité à battre ce Rassemblement National.
14:24Le Grand Jury, 2027, c'est demain.
14:28Alors, on y est déjà largement.
14:30Vous aviez dit, Dominique de Villepin, en janvier,
14:32qu'il fallait attendre que les Français soient dans le temps de la présidentielle.
14:36Au lendemain des municipales, ce temps est-il venu ?
14:40Manifestement pas.
14:41Nous sommes aujourd'hui dans le temps de l'inquiétude
14:45et de la souffrance pour beaucoup de nos compatriotes.
14:48La véritable avancée que nous allons faire au cours des prochains mois,
14:52c'est peu à peu comprendre l'importance de l'enjeu.
14:55L'importance de l'enjeu, je le redis,
14:57c'est que pour la première fois,
14:58le Rassemblement National et tous les sondages en témoignent,
15:01et je pense qu'ils ne sont véritablement intéressants que sur cet aspect-là.
15:05C'est un parti qui, aujourd'hui, fait entre 35 et 40% des voix.
15:10Il y a donc très clairement, non pas seulement une possibilité,
15:14mais aujourd'hui une quasi-certitude sur le fait
15:17que le Rassemblement National gagnerait l'élection présidentielle.
15:21Or, que se passe-t-il ?
15:22Et c'est confirmé après les municipales.
15:25Nous avons un éparpillement des partis politiques,
15:28et chaque parti politique a bien l'intention, aujourd'hui,
15:32de se compter dans l'élection présidentielle,
15:34et c'est pour ça qu'il est vraisemblable que chaque parti politique aura un candidat.
15:38Et c'est en ça que les sondages ne sont pas capables,
15:40véritablement, de prendre en compte la dynamique
15:42qui va être celle de la campagne présidentielle,
15:44parce que dans ce cas-là, nous aurons véritablement
15:47une dynamique partisane qui l'emportera sur les grands enjeux
15:51qui devraient être ceux de la présidentielle.
15:54Justement, dans le paysage que vous venez de décrire,
15:55où est votre espace politique à vous ?
15:58Et il est à la fois dans la capacité à mettre sur la table
16:03les grands enjeux qui sont devant nous,
16:05c'est bien sûr la question de l'unité, du rassemblement des Français.
16:08Les défis qu'il nous faut relever, en matière de souveraineté, par exemple,
16:13l'indépendance de la France, c'est un grand enjeu,
16:15il ne se pose pas seulement en matière stratégique,
16:19en matière de défense, il se pose en matière technologique,
16:22il se pose en matière industrielle, en matière énergétique,
16:24en matière financière.
16:25Donc, être capable de mettre sur la table ces grands enjeux
16:28et de les défendre.
16:29Oui, mais Dominique de Villepin, je vous pose la question parce que...
16:31Est-ce que vous voulez porter ces grands enjeux ?
16:32Quel rôle vous souhaitez jouer, vous, dans cette campagne présidentielle ?
16:35Je souhaite à la fois contribuer au rassemblement qui est indispensable
16:39et porter ces grands enjeux.
16:43Être candidat ?
16:44Personnellement, être candidat.
16:45Nous verrons le moment venu comment les choses se présentent.
16:48Nous sommes dans une dynamique partisane.
16:50Je le redis, je pense que tout l'enjeu des prochains mois,
16:53c'est de voir comment quelques personnalités seront capables
16:58de transformer cette bataille partisane en une bataille de l'intérêt général,
17:03en une bataille au service des Françaises et des Français.
17:05Je pense qu'à un moment donné, nous allons comprendre
17:08que nous ne sommes pas dans une bataille présidentielle classique
17:11où on se compte au premier tour pour choisir au deuxième tour.
17:15Il faut, dès le premier tour, que le rassemblement soit au rendez-vous.
17:21Mais qu'est-ce qui va déterminer, selon vous, ce moment donné ?
17:23C'est quoi ? Ce sont les sondages ? En fonction de quoi ?
17:26C'est la mesure.
17:28C'est la mesure de la gravité de l'enjeu.
17:30Nous le voyons bien.
17:31Tous les candidats potentiels à la présidentielle ont pris la mesure de la gravité des enjeux pour la France.
17:35Mais nos compatriotes, au quotidien, comptent les difficultés auxquelles ils sont confrontés.
17:42On le voit aujourd'hui à travers la hausse du prix de l'énergie.
17:45On le voit demain en ce qui concerne le risque de vassalisation à l'Amérique ou à la Russie.
17:51On le voit en ce qui concerne les difficultés pour les plus jeunes.
17:55Nous avons une jeunesse qui souffre et nous avons un pacte entre les générations qui est en train d'être
17:59rompu.
18:00Nous avons en particulier la nécessité de repenser complètement un nouveau système de retraite,
18:06un système de redistribution et de remettre de l'ordre par ailleurs dans nos finances publiques.
18:10On voit bien que tout ceci dépasse un seul homme.
18:14Nous ne sommes pas aujourd'hui à la recherche d'un homme ou d'une femme providentielle qui tout seul
18:18réglerait tout seul.
18:19Il y a quand même une question de compétence.
18:21Quels critères vont l'emporter selon vous pour 2027 ?
18:24Est-ce que c'est la scène internationale très forte en ce moment ?
18:27Est-ce que c'est un souci aussi de rechercher une personnalité autoritaire ou au contraire le souci de rassembler
18:32?
18:33Quels critères l'emportent ?
18:34Je crois que parmi les critères qui sont importants, l'expérience bien sûr.
18:39Vous savez, redresser les comptes publics quand on voit la situation de la France,
18:42ce n'est pas quelque chose qui s'improvise.
18:44Il ne suffit pas d'augmenter les impôts ou de dire qu'on va baisser la dépense.
18:48C'est un travail très concret qui va demander un véritable pacte de tous les Français
18:54pour mettre en place un dispositif de réduction de la dépense et une capacité à tenir ça dans la durée.
19:03Nous voyons bien année après année la difficulté que nous avons à faire un budget.
19:06Il faudra donc avoir un véritable pacte pluriannuel pour nous permettre de revenir dans les rails en matière budgétaire.
19:13Donc l'expérience, c'est une nécessité, mais cela ne suffit pas.
19:17Il faut aussi une capacité à penser les difficultés qui sont devant nous
19:22et à proposer aux Français, sur l'ensemble de ces sujets, un programme qui soit à la hauteur des enjeux.
19:28Je rebondis sur la question de Perrine, sur cette dimension de portrait robot du prochain président de la République.
19:37Au Figaro, Bruno Retailleau a dit qu'un héritier du macronisme ne pourra jamais être élu président de la République
19:46tant le rejet du bilan de l'actuel président de la République serait sanctionné dans les urnes.
19:52Est-ce que vous le rejoignez ?
19:53Je le rejoins, mais je vais un peu plus loin que lui.
19:56Je pense que le macronisme est mort.
19:59Il est mort faute de bilan et il est mort par ailleurs parce qu'il n'a pas su convaincre
20:06les Français,
20:06ni sur le plan de la méthode, ni sur le plan des résultats.
20:09Mais malheureusement, pour Bruno Retailleau, le bilan du macronisme, il s'étend jusqu'à lui.
20:15Nous avons vu ce que pouvait faire Bruno Retailleau comme ministre de l'Intérieur.
20:19Et au-delà, nous voyons bien que toutes les figures du Bloc central participent de ce bilan du macronisme.
20:25Donc le renouvellement, il risque d'être beaucoup plus puissant que nous l'imaginons aujourd'hui,
20:31ce qui explique peut-être à quel point un certain nombre de ces personnalités
20:35qui brigueraient la candidature pourraient éprouver au fil des mois prochains
20:40un déficit de crédibilité, un déficit de légitimité dans la capacité à proposer une politique nouvelle
20:46puisqu'ils en sont partie prenante les uns et les autres.
20:49Mais Dominique de Villepin, quelle est la différence ?
20:51Vous dites que le macronisme a échoué, mais quelle est la différence dans votre approche,
20:54dans l'idée de rassembler le pays, finalement de prendre ce qui est un peu le meilleur de la gauche
20:59et le meilleur de la droite ?
21:00Quelle est la différence avec le « en même temps » ?
21:02Non, ce n'est pas une question de dosage.
21:05Ce n'est pas une question de « en même temps » un peu de droite et un peu de
21:09gauche.
21:10D'abord, c'est une vision des institutions de notre pays.
21:14Et nous voyons à quel point Emmanuel Macron s'est enfermé à la fois dans une verticalité
21:18et dans une solitude institutionnelle qui l'a conduit à vouloir tout faire.
21:22Je crois que faire respirer nos institutions, avoir véritablement un président de la République
21:28qui arbitre, est-ce que le président a arbitré au cours des dernières années,
21:32qui garantit la continuité de l'État, qui est capable en tant que stratège de poser les bases
21:38d'une réforme importante de notre pays.
21:40Tout cela n'a pas été fait.
21:42Il y a eu un pari économique sur le ruissellement, une politique de l'œuvre qui n'a pas donné
21:46les résultats.
21:47Il y a eu une incapacité à incarner la France dans la durée.
21:51On a vu en matière internationale à quel point cela conduit à l'isolement et au déclassement français.
21:57Et il n'a pas été capable non plus d'agir sur les grands enjeux qui sont devant nous
22:03et en particulier celui de la défense de la souveraineté française dans tous les domaines.
22:07Mais aujourd'hui, Dominique de Villepin, vous vous situez où sur l'échiquier politique français ?
22:12On vous a connu à l'UMP, on vous a connu Premier ministre de Jacques Chirac.
22:15Aujourd'hui, vous êtes quoi ? Proche des LR ? Plus proche d'un Édouard Philippe ?
22:18Qu'est-ce qui vous différencie de lui ? Ou est-ce que vous voulez justement ne pas être classé
22:22ni à droite ni à gauche ?
22:23Je refuse de m'enfermer dans un schéma partisan.
22:28Parce que je pense que c'est ce régime des partis qui est la cause, comme sous la 4ème République.
22:32Et vous ne pensez pas que les Français vont avoir envie de vous situer politiquement ?
22:34Eh bien, ils vont pouvoir me situer.
22:35Je me situe dans la continuité de ces chefs d'État qui, sous la 5ème République,
22:40ont défendu le plus le gaullisme ou l'intérêt général.
22:43Depuis le général de Gaulle jusqu'à François Mitterrand et Jacques Chirac,
22:47il y avait une certaine conception...
22:49J'exprime les trois derniers présidents, pour être clair.
22:51Absolument. Je pense que depuis 2007, il y a une sortie de route institutionnelle et politique
22:58qui a conduit à cette politique de surenchère, à cette politique de clivage, de division.
23:03Nous sommes enfermés dans une division partisane.
23:06Et cette division partisane, elle conduit à la violence que dénonçait tout à l'heure Gérard Darmanin.
23:12C'est la conséquence de cette exacerbation des esprits.
23:17Et je pense qu'aujourd'hui, il faut se situer au-delà, et c'est pour cela que je le
23:21dis,
23:21il y a un exemple, une référence dans notre pays,
23:25qui nous a servi de boussole en 1940, qui nous a servi de boussole en 1958.
23:32Mais est-ce que le gaullisme, ça parle encore en français de 2027 ?
23:35Oui, puisqu'il faut reconstruire.
23:37Nous avons besoin d'un État, d'un État fort, capable de redresser nos finances publiques.
23:42Nous avons besoin également d'une France souveraine, qui soit capable d'affirmer sa souveraineté dans le monde.
23:49Les Français ne veulent pas être dépendants des États-Unis ou de quiconque,
23:54avec des défis colossaux, comme par exemple l'intelligence artificielle,
23:57qui gangrène les esprits, qui capturent notre attention.
24:01Et puis, nous avons besoin également, et c'est là où le gaullisme peut être précieux,
24:06d'une méthode pour avancer.
24:08Et donc, il faut remettre tout cela sur la table, et à partir de là, déterminer un chemin.
24:13Mais les Français sont en train de constater, c'est qu'ils ne sont plus capables de vivre ensemble.
24:19Et ce n'est pas un hasard sur les deux extrêmes de l'échiquier politique, à chaque fois.
24:24C'est une politique d'exclusion.
24:26Exclusion identitaire, exclusion de communauté,
24:30à chaque fois, nous voyons bien qu'il n'y a quelque chose qui ne rentre pas dans notre République.
24:35Moi, je suis pour qu'on prenne la République comme elle est.
24:37Une République avec ses principes, qu'il s'agit de ranimer,
24:41liberté, égalité, fraternité, laïcité, dignité, humanité.
24:46C'est véritablement une vision de la France qui, je crois, correspond aux attentes des Français.
24:52Vous parliez de 2007, ça correspond aussi à la sortie de la vie politique active de votre part.
24:58Est-ce que pour revenir en politique, une question toute simple, vous aurez ou pas les 500 signatures pour vous
25:05présenter à l'élection présidentielle ?
25:07Oui, je pense que j'avais eu ce problème en 2011-2012, avec véritablement une volonté de Nicolas Sarkozy de
25:18tout faire pour que cette candidature puisse ne pas être menée.
25:21Très bien, nous ne sommes pas dans la même situation.
25:24Et par ailleurs, je sens bien que dans le pays, il y a aujourd'hui une volonté, il y a
25:28un enthousiasme, il y a partout une mobilisation.
25:31Et donc, je pense que cette bataille des sens aux signatures devrait, au cours des tout prochains mois, être réglée.
25:36Vous parlez de Nicolas Sarkozy.
25:38Il a récemment reçu encore Jordan Bardella.
25:41Il a échangé aussi avec Sarah Knafo après les municipales.
25:45Est-ce que vous pensez que ces échanges affaiblissent la droite et notamment les républicains ?
25:49Comme nous sommes loin de la clarté de Jacques Chirac en n'affirmant jamais de compromission avec l'extrême droite.
26:01Là, il est dans la compromission, Nicolas Sarkozy.
26:02Nous sommes dans la confusion.
26:05C'est dire à quel point tous les repères sont en train de sauter.
26:08Toutes les digues de notre République, toutes les digues de nos actions politiques sont véritablement en train de voler en
26:16éclats.
26:17Et c'est pour cela qu'il faut reconstruire à partir de principes, à partir de règles, à partir d
26:24'une vision de la République
26:25qui doit pouvoir nous permettre de vivre ensemble sans être dans cette logique d'anathème.
26:30Vous savez, si en 2027, c'est une France qui gagne contre une autre,
26:36eh bien nous avons de fortes chances de vivre ce que les États-Unis vivent aujourd'hui.
26:40Une guerre civile culturelle, une guerre civile politique qui va grandir,
26:45et puis des aventures.
26:47Regardons aujourd'hui les aventures extérieures américaines.
26:51Un pays qui n'est pas capable de se parler, un pays qui n'est pas capable de travailler ensemble,
26:56c'est forcément dans une Europe qui elle-même risque de suivre le même pas.
27:01Parce qu'en 2027, le véritable risque, c'est que nous entraînions les autres Européens
27:06dans ce basculement des extrêmes droites.
27:10Et ça veut dire alors que l'indépendance de la France et que l'indépendance de l'Europe
27:16seront littéralement effacées de la carte.
27:18Une dernière question avant la pause, Dominique de Villepin.
27:20Et pour revenir à une question pratique sur une candidature à l'élection présidentielle,
27:24comment résisterez-vous à tous les appels à des primaires ?
27:28On l'a vu cette semaine, à gauche comme à droite.
27:30Alors, vous ne participerez jamais à une primaire ?
27:34Les primaires sont la conséquence de l'engrenage partisan.
27:40Chaque parti a vocation à être représenté dans la situation actuelle à l'élection présidentielle,
27:46ce qui veut dire, sur la table, une pléthore de candidats et de candidats.
27:50Sauf que là, il y a un enjeu, c'est qu'on peut finir avec un second tour.
27:54Eh bien, c'est pour cela que je le dis, l'approche par les partis politiques n'est pas satisfaisante.
27:59Et tous ceux qui s'enfermeront dans leur parti,
28:03sauf ceux qui ont compris qu'il fallait non seulement jouer la carte partisane,
28:06mais en plus la carte de la polarisation,
28:09et cela en dit long sur la violence de la politique aujourd'hui,
28:12tous ceux-là seront obligés de lancer des primaires,
28:15parce que l'appétit vient en mangeant,
28:17et dans chacun de ces partis, il y a plusieurs candidats.
28:19Donc je m'épargne, je m'épargne, et les partis, et les primaires,
28:25parce que je pense que l'élection présidentielle,
28:27et c'est le sens sous la Ve République de l'élection présidentielle,
28:31ce n'est pas une partie anecdotique.
28:33Donc les sondages décideront ?
28:34C'est véritablement les circonstances et la rencontre avec les Françaises et les Français,
28:38et puis le moment venu, les sondages apprécieront, si je puis dire.
28:43Merci Dominique de Villepin, vous restez avec nous pour la seconde partie du Grand Jury.
28:46On évoquera bien évidemment, notamment la guerre contre l'Iran,
28:50et puis on reviendra sur ce qui ressemble quand même à un programme présidentiel.
28:53A tout de suite.
29:04Suite du Grand Jury, présenté par Olivier Bost.
29:08Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et possible ou probable candidat à l'élection présidentielle
29:14et notre invité, Périne Tarnot de Public Sénat et Claire Conruite du Fidiaro
29:19sont à mes côtés pour vous interroger.
29:25Dominique de Villepin, la guerre en Iran est-elle en train de se transformer en bourbier pour les Etats-Unis
29:31?
29:31C'est véritablement la chronique d'un bourbier annoncé.
29:36Il fallait être totalement amnésique,
29:40ne pas se souvenir de ce qui s'est passé pendant les 25 dernières années
29:44pour imaginer qu'il puisse y avoir une issue rapide,
29:49une issue facile à ce conflit.
29:53Nous sommes devant un président des Etats-Unis
29:56qui a cru véritablement, comme d'autres auparavant,
30:01qu'en quelques jours, le régime tomberait
30:04et qu'un successeur pourrait prendre les choses en main
30:07et parler avec les Etats-Unis
30:10pour avancer dans une autre direction qui est celle du régime islamique.
30:15Qu'est-ce qu'il faut le plus redouter aujourd'hui pour le Proche-Orient ?
30:18C'est que Donald Trump finalement déclare victoire sans avoir rien réglé
30:22ou une escalade dans cette guerre contre l'Iran
30:25avec l'envoi de forces, par exemple, de l'Iran ?
30:27Le risque, c'est que nous ayons à la fois la défection de Donald Trump,
30:34mais il faut être lucide,
30:36la poursuite de la guerre telle qu'elle est menée aujourd'hui,
30:40de toute façon, n'augure rien de bon.
30:42Que nous ayons donc cette escalade,
30:44que nous ayons par ailleurs un chaos régional,
30:47on voit que la situation des Etats du Golfe a beaucoup souffert
30:51et continue de souffrir avec des risques majeurs,
30:54en particulier un risque sur l'eau potable.
30:56La frappe contre les usines de dessalement,
30:59si nous avions cette escalade,
31:01serait catastrophique pour toutes les populations de cette région.
31:03Et au-delà du chaos,
31:05la déstabilisation économique du monde.
31:09Donc oui, c'est véritablement aujourd'hui
31:12un risque majeur que nous courons.
31:14Est-ce que ce contexte, cette situation,
31:16du coup place l'Iran finalement
31:18presque en position de force aujourd'hui
31:19pour négocier et pour sortir de cette guerre ?
31:22C'est l'éternelle leçon que nous avons depuis longtemps
31:26de la force de la faiblesse
31:28et de la faiblesse de la force.
31:29Il y a une impuissance de la puissance
31:32quand cette puissance est mal calculée.
31:35On l'a vu en Afghanistan,
31:36on l'a vu en Irak,
31:38on l'a vu en Libye.
31:39À chaque fois, c'est le plus fort qui perd
31:42et qui contribue à créer un chaos
31:44qu'il ne peut plus maîtriser.
31:45Donc là, il y a véritablement
31:47une responsabilité majeure des Etats-Unis
31:51dans la conduite de cette guerre
31:53et dans l'absence totale,
31:55dans l'irresponsabilité
31:57qui a été la leur depuis maintenant plusieurs semaines.
31:59Est-ce que vous êtes surpris
32:00par la résistance du régime iranien ?
32:02Non, c'était quelque chose
32:03que nous savions tous.
32:05Par définition, il y a un régime islamique
32:07et il y a surtout derrière ce régime islamique
32:11un régime autoritaire,
32:13un régime militaire
32:14des Pasdaran, des Basidji
32:17qui certes ne rallie pas
32:19une grande partie de la population
32:20mais qui est extraordinairement structuré
32:23et coriace
32:23et qui est capable de survivre
32:26y compris à des décapitations
32:28de la hiérarchie
32:30parce que c'est un système
32:31qui est très déconcentré,
32:33qui a déjà prévu ce type de risque,
32:36la décapitation
32:37et qui est donc capable
32:38de se restructurer dans l'ombre
32:40sans que nous parvenions
32:41à identifier qui décide quoi
32:43et qui comment quoi.
32:44Donc les premiers grands perdants
32:45finalement ce sont les Iraniens eux-mêmes,
32:47le peuple iranien.
32:48Aujourd'hui c'est le peuple iranien
32:49parce que nous espérions tous
32:51que ce régime puisse tomber
32:54mais la vérité c'est qu'il avait
32:56plus de chances de tomber
32:57par l'ouverture,
32:59par la négociation
33:00que de tomber par la force.
33:02Là au contraire,
33:03c'est le schéma inverse qui se produit.
33:04Il serait dit
33:05et l'on voit que les grands gagnants
33:06aujourd'hui c'est le régime iranien
33:09dans sa version sécuritaire et militaire
33:11et ce sont évidemment la Russie
33:14qui bénéficie de la hausse
33:16des cours du pétrole
33:17et qui peut mener une guerre
33:18encore plus dure contre les Ukrainiens
33:20et c'est la Chine
33:22qui regarde la conduite des Américains
33:26avec sidération
33:27mais qui néanmoins
33:28ne peut pas s'empêcher de penser
33:30qu'elle reste un pôle de stabilité
33:32dans le monde.
33:34Dominique Devitpin,
33:35est-ce que l'arme la plus redoutable
33:36aujourd'hui de l'Iran
33:37et le blocage
33:38du détroit d'Ormuz ?
33:40Il y a
33:41par la capacité
33:43à contrôler
33:43le détroit d'Ormuz
33:44une véritable force
33:46du régime iranien
33:47et il fallait être aveugle
33:49pour imaginer
33:50que les Iraniens
33:51n'utiliseraient pas cette arme.
33:52Cette arme
33:53elle est susceptible
33:54d'être utilisée
33:55aujourd'hui
33:55dans la guerre
33:56mais elle peut valoir demain
33:58au-delà de la guerre
34:00et il faut le prendre en compte.
34:01Mais c'est vrai
34:01de tous les détroits.
34:02Regardons aujourd'hui
34:03ce matin
34:04l'extension de la guerre
34:06avec les outils
34:07du Yémen
34:08qui rentrent dans la partie.
34:09C'est le contrôle
34:10du détroit
34:11de Bab el-Bandeb.
34:13Et puis
34:13regardons au-delà
34:14le détroit de Malacca
34:15et c'est dire
34:16que véritablement
34:17le contrôle
34:18de ces points de passage
34:19est un élément
34:20absolument déterminant.
34:21Les Américains
34:22sont en train
34:23d'imaginer
34:24pouvoir utiliser
34:25un certain nombre
34:26de groupes armés
34:27pour intervenir
34:27ponctuellement
34:28ici et là
34:29c'est-à-dire
34:29rajouter encore
34:30à l'escalade.
34:33Je pense
34:33qu'il est temps
34:34de véritablement
34:37assumer
34:37le gâchis
34:38de la situation.
34:39Et qu'est-ce que vous pensez
34:40de l'idée
34:40d'une coalition
34:41notamment
34:42avec les Français
34:44pour sécuriser
34:46ce détroit dormus ?
34:47Si les Européens
34:49ont pris
34:49une décision
34:50sage,
34:51c'est de rester
34:52à l'écart
34:53d'un conflit
34:53où ils n'ont été
34:55à aucun moment
34:56consultés.
34:57Est-ce que vous croyez
34:58aujourd'hui
34:58que parce que les Américains
34:59soient à la recherche
35:00d'une coalition,
35:00ils ne cherchent pas
35:01à nous entraîner
35:02un peu plus
35:02dans cette guerre
35:03au Moyen-Orient ?
35:04Dans les difficultés
35:05qu'ils rencontrent,
35:07les États-Unis
35:07sont en train
35:08de vouloir
35:09partager les risques
35:10et mettre en avant
35:12d'autres que.
35:13C'est un jeu
35:15dangereux pour nous
35:16et c'est pour cela
35:17que nous devons éviter
35:18à tout prix
35:18d'être pris
35:19dans cet engrenage.
35:21Nous avons,
35:22nous Français,
35:23des forces là-bas.
35:24Nous devons soigneusement
35:26rester en retrait.
35:27Je pense que le Président
35:27de la République
35:28a eu raison
35:29quand il a dit
35:30participer éventuellement
35:31à la sécurisation
35:32du Détroit d'Ormus.
35:34Mais une fois
35:34les hostilités finies,
35:37je crois que c'est sage,
35:39rentrer
35:39et évidemment
35:41par escalade successive,
35:43tir sur un de nos navires,
35:45un de nos navires
35:46qui serait coulé,
35:47une frégate,
35:48une autre porte-avions
35:49qui pourrait être touchée,
35:52immanquablement,
35:52ça conduirait
35:53à riposter
35:54et à nous entraîner
35:55dans cette guerre
35:55dont je crois
35:56qu'il faut rester soigneusement
35:57à l'écart de tout cela.
35:58Nous avons vu hier soir
35:598 millions d'Américains
36:00dans les rues.
36:01Est-ce que la pression
36:02de l'opinion américaine
36:03et des élus américains
36:05également
36:06peut aider
36:06à mettre fin
36:07à la guerre ?
36:07Malheureusement,
36:08je pense que
36:09ce n'est pas la pression principale
36:11sur Donald Trump.
36:11On l'a vu
36:12lors des mobilisations
36:14contre l'ICE,
36:15la police de l'immigration,
36:16la pression principale
36:17pour Donald Trump,
36:18c'est les marchés.
36:19C'est les marchés,
36:20c'est le niveau du dollar,
36:22c'est l'évolution des bourses,
36:24c'est cela qui compte pour lui,
36:25c'est ce qui est solide
36:26et je pense que
36:27tout cela
36:28devrait le conduire
36:30à beaucoup plus
36:31de prudence.
36:32Comment qualifiez-vous
36:33ce que fait Israël au Liban,
36:35cette incursion
36:35dans le sud du pays
36:36pour lutter
36:37contre le Hezbollah
36:38et la menace du Hezbollah ?
36:39Le Liban
36:40est un pays
36:41qui,
36:42au cours des dernières années,
36:44progressivement,
36:45était en train
36:46de retrouver le chemin
36:47de la stabilité
36:48et de la souveraineté
36:49avec le président Awun
36:51et le Premier ministre.
36:53Malheureusement,
36:54tout cela
36:54est en train
36:54d'être compromis
36:55dramatiquement.
36:56Un million
36:57de Libanais
36:59qui sont aujourd'hui
37:00sans abri.
37:01En même temps,
37:01il y a un rejet aussi
37:02du Hezbollah
37:02de la part
37:04de la population libanaise.
37:05C'est clair,
37:05mais à force
37:06de martyriser
37:09le sud Liban,
37:10on risque de provoquer
37:11là encore
37:12l'effet inverse.
37:13Et manifestement,
37:15alors contrairement
37:15aux Américains,
37:16Israël a une stratégie
37:18extrêmement claire
37:19et y compris,
37:20dans le sud Liban,
37:21une stratégie
37:22d'occupation.
37:23Nous ne pouvons pas
37:24l'accepter.
37:24Nous, Français,
37:25nous devons nous mobiliser
37:26avec les Européens
37:27et nous devons peser
37:28sur les Américains
37:29pour montrer
37:30que ce nouveau
37:31Moyen-Orient
37:32qui devait être
37:33un Moyen-Orient
37:34de paix
37:35et de démocratie
37:35comme le souhaitait
37:37Georges de Bléhubouche
37:39risque d'être
37:40un Moyen-Orient
37:41vivant en permanence
37:43au bord du gouffre,
37:44en permanence
37:44au bord de la guerre
37:46et il faut
37:47qu'Israël
37:48puisse faire face
37:49à une exigence
37:50qui est celle
37:51de la stabilité
37:53et de la reconnaissance
37:55de ses propres frontières
37:58pour reconnaître
37:59ses voisins.
37:59Regardez à quel point
38:00la situation en Syrie
38:01est fragile
38:02aujourd'hui.
38:03Est-ce que la Syrie
38:04ne risque pas
38:05à nouveau
38:05de reconnaître
38:05des convulsions ?
38:06On voit l'État islamique
38:07qui progresse
38:08dans ce pays.
38:09Regardez la situation
38:11de l'Irak
38:11qui est aussi
38:12très fragile.
38:14Le véritable risque
38:16pour toute cette région
38:16c'est la multiplication
38:17des États faillis.
38:19Liban,
38:20Yémen,
38:21Syrie,
38:21Irak,
38:22quelles en sont
38:23les conséquences
38:24pour nous ?
38:25Autre conséquence.
38:25Conséquences par la multiplication
38:26des réfugiés
38:27qui vont venir en Europe,
38:29conséquences sur la multiplication
38:31des attentats terroristes
38:32et puis conséquences économiques
38:35parce qu'à partir du moment
38:36où ce Moyen-Orient
38:36est en flamme,
38:38évidemment,
38:38l'économie mondiale
38:39sera profondément bouleversée.
38:42Autre conséquence possible
38:43c'est pour l'Ukraine.
38:44Les Américains estiment
38:45que s'ils ne sont pas soutenus
38:47par les Européens
38:48au Moyen-Orient,
38:49ils pourraient cesser
38:50de soutenir l'Ukraine.
38:51Est-ce qu'il faut redouter
38:53un chantage
38:54entre l'aide européenne
38:55en Iran
38:55et l'aide américaine
38:56en Ukraine ?
38:57Et est-ce que surtout
38:58l'Europe serait capable
38:59de soutenir l'Ukraine
39:00toute seule ?
39:01Alors c'est
39:02notre responsabilité
39:03et plutôt que d'imaginer
39:05que nous allons
39:07intervenir
39:08dans le Golfe.
39:09C'est là
39:10que nous devons agir
39:12vis-à-vis
39:13de l'Ukraine
39:13avec une Russie
39:15qui reprend du poil
39:16de la bête
39:16puisque les flux financiers
39:18sont accrus.
39:18On est capable
39:18de pallier
39:19une défection
39:19des Américains ?
39:20Eh bien il le faut.
39:21C'est tout l'enjeu
39:22de la mobilisation
39:23que nous devons avoir.
39:24Les 90 milliards
39:25d'euros
39:26que nous devons apporter
39:27en aide à l'Ukraine
39:29et qui sont bloqués
39:30aujourd'hui
39:30par la Hongrie,
39:32eh bien nous devons
39:33trouver le moyen
39:33de pouvoir
39:35apporter
39:36cette aide
39:36à l'Ukraine
39:37de la même façon.
39:38Quand on voit
39:39le nombre
39:39de missiles patriotes,
39:41quand on voit
39:41les moyens
39:41de défense aérienne
39:42qui sont déployés
39:43aujourd'hui
39:44dans le Golfe,
39:45il y a véritablement
39:46le risque
39:46que l'Ukraine
39:48soit selon la règle
39:50des vastes communicants
39:51soit le pays
39:52qui en souffre
39:53et c'est en cela
39:54qu'il faut le dire.
39:55C'est en cela
39:56que le discours américain,
39:57c'est en cela
39:58que la politique américaine
39:59sont véritablement
40:01scandaleux.
40:02Il y a
40:03une immense injustice
40:05aujourd'hui
40:05à exercer
40:06ce chantage
40:07entre une aide
40:09dans le Golfe
40:10en contrepartie
40:11de la persistance
40:12d'un appui
40:13au régime ukrainien.
40:15Manifestement,
40:16Donald Trump
40:16n'a pas
40:17de ce point de vue-là
40:18un sens moral
40:19qui le conduit
40:20à voir cela
40:20tout seul.
40:21Aux Européens
40:22de le lui dire
40:23haut et fort
40:24et j'estime
40:25que dans la bataille
40:26diplomatique
40:26qui doit se jouer,
40:27nous devons rechercher
40:28davantage de soutien
40:30dans la communauté
40:31internationale
40:31vis-à-vis des pays
40:33du sud global
40:33et nous devons dire
40:34clairement aux Américains
40:36que toutes les lignes rouges
40:38sont franchies
40:38et qu'ils sont responsables
40:40aujourd'hui
40:40de la déstabilisation
40:41politique,
40:42stratégique
40:43et économique
40:44du monde.
40:45De ce point de vue-là,
40:47les responsabilités
40:48devront se payer.
40:50On va revenir
40:51à la politique nationale,
40:52Dominique de Villepin.
40:54Le Grand Jury
40:55Question Express
40:57Avec des réponses
40:58par oui ou par non
40:59pour ou contre,
41:00tout d'abord,
41:00faut-il désarmer
41:01les polices municipales ?
41:03Comme a commencé
41:03à le faire
41:04la France Insoumise ?
41:05Non,
41:05les polices municipales
41:07apportent une aide
41:08majeure en termes
41:08de sécurité.
41:09Il faut au contraire
41:10établir un continuum
41:11de sécurité globale
41:12dans notre pays.
41:13Qui avez-vous voté
41:14à Paris ?
41:15Pour être maire de Paris.
41:17Le vote est secret
41:18mais je dois dire
41:20que j'estime
41:21que la figure
41:22du maire de Paris
41:23aujourd'hui
41:26doit permettre
41:27de rassembler
41:27les Parisiens,
41:28de tirer les leçons
41:29du mandat précédent,
41:31des erreurs
41:32qui ont été commises
41:32dans ce mandat précédent
41:33et qu'il faut donc
41:34regarder l'avenir
41:35pour tous les Parisiens.
41:36Je pense que tout
41:39a été fait
41:39dans cette campagne
41:40pour que la droite
41:42échoue
41:43et les divisions
41:44internes
41:45entre les différents
41:46candidats de droite
41:47étaient là
41:48pour nous rappeler
41:48que l'unité
41:50ne s'improvise pas
41:51au dernier moment
41:52et c'est une bonne leçon
41:53à retenir
41:53pour les présidentielles.
41:54L'ambiguïté est toujours
41:55mauvaise conseillère.
41:56Et vous n'avez pas répondu
41:56sur votre vote.
41:57Claire Convite.
41:58Pour ou contre
41:59un référendum
42:00sur l'immigration.
42:03Ce n'est pas quelque chose
42:04que l'on peut improviser,
42:06sortir du chapeau
42:07pour régler
42:07la question
42:08de l'immigration.
42:09Je prends un exemple.
42:10Aujourd'hui,
42:11nous avons
42:11l'ambition
42:12de renvoyer
42:13dans leur pays
42:14les OQTF
42:14et les Français
42:15ne comprennent pas
42:15pourquoi les OQTF
42:17ne sont pas renvoyés
42:18dans leur pays.
42:19Et bien,
42:20établissons une règle simple,
42:21une politique de visa
42:22en échange
42:24de laisser passer
42:25consulaire.
42:25cela va permettre
42:27clairement
42:27d'établir
42:28une réciprocité.
42:30Donc,
42:31aujourd'hui,
42:32un référendum
42:33sur l'immigration
42:34n'aurait pas
42:35d'autre but
42:36que de surfer
42:37sur la colère
42:37et la peur
42:38des Français.
42:38Je pense que
42:39c'est le degré zéro
42:40de la responsabilité politique
42:43pour nos gouvernants.
42:45Le Grand Jury
42:472027,
42:48c'est demain.
42:49On va revenir
42:50sur votre programme
42:51pour 2027
42:52que vous avez esquissé
42:53vendredi soir
42:54à la Sorbonne
42:55et aussi
42:55sur ces questions
42:56d'immigration.
42:56Mais auparavant,
42:57Dominique de Villepin,
42:58quels sont les élus,
43:00les responsables politiques
43:01que vous voyez aujourd'hui
43:03avec qui vous parlez ?
43:05Alors,
43:05il se trouve,
43:05j'ai beaucoup de chance
43:06que je les vois tous.
43:07Vous voyez,
43:07c'est l'avantage
43:08de n'être inscrit
43:09dans aucune officine,
43:10aucun parti.
43:11C'est la possibilité
43:12de parler à tout le monde.
43:13Et donc,
43:13je parle à tout le monde
43:14et toujours avec le même langage
43:16et le même discours
43:16qui est
43:18pensons à la France,
43:19pensons à l'intérêt général,
43:21sortons de l'esprit
43:22de combines
43:22et de jeux partisans
43:23qui est véritablement mortifère
43:25pour nos compatriotes.
43:26Je reviens sur les questions
43:27d'immigration.
43:28Vous avez dit vendredi,
43:30l'enjeu d'une politique
43:31d'immigration,
43:31c'est notre stabilisation
43:33démographique
43:33au service de notre croissance,
43:35de nos retraites
43:36et de notre avenir.
43:37Est-ce que ça veut dire
43:38que vous êtes favorable
43:39à une immigration
43:40assumée ?
43:41Une immigration assumée
43:43et une immigration contrôlée.
43:45Il est bien évident
43:46que cette immigration,
43:47elle doit servir
43:49à notre économie
43:50et permettre
43:51le développement
43:52de notre pays.
43:52Vous les régularisez ?
43:53On sait qu'aujourd'hui,
43:54en France,
43:55il y a entre 400 000
43:56et 800 000 personnes
43:57qui sont sans titre
43:58de séjour.
43:59Est-ce qu'il faut
43:59les régulariser ?
44:00Je pense que dans
44:02le regard que nous portons
44:03sur l'immigration
44:03dans notre pays,
44:04il faut distinguer.
44:06parmi les immigrants
44:07qui, aujourd'hui,
44:09ont un travail,
44:10ont une famille
44:11qui vit en France
44:13depuis parfois
44:14de très nombreuses années,
44:15de celles et ceux
44:16qui ne connaissent
44:18aucune forme d'intégration.
44:20Donc, nous devons
44:20afficher une règle
44:21avec un parcours
44:22d'intégration
44:23beaucoup plus clair
44:24qu'aujourd'hui,
44:25marquant une véritable volonté
44:27de tous ceux
44:27qui viennent en France
44:28de respecter les règles
44:30de notre République.
44:31Donc, de ce point de vue-là,
44:32nous aurons le moment venu
44:34à prendre des décisions.
44:35Mais je ne suis pas favorable
44:36à tromper les Français.
44:39Et je pense que
44:40les régularisations massives
44:43comme l'Italie
44:44ou l'Espagne le font
44:45ne sont pas à l'ordre du jour
44:46dans notre pays.
44:47Mais vous dites quand même
44:47qu'il faut de l'immigration
44:48pour sauver
44:49notre modèle social.
44:50Aujourd'hui,
44:52je ne sais pas
44:52si vous avez,
44:53je ne le souhaite pas,
44:54eu l'occasion
44:55d'aller dans un hôpital,
44:56si vous avez eu l'occasion
44:58d'aller dans un certain nombre
45:00de services
45:01à la personne,
45:01à la campagne.
45:02C'est aujourd'hui,
45:04véritablement eux
45:05qui sont souvent
45:05en première ligne.
45:06Donc, c'est la réalité
45:08de notre pays.
45:09On ne peut pas la nier
45:10et il faut reconnaître
45:11l'apport de cette immigration
45:13aujourd'hui
45:14au fonctionnement
45:15de notre pays.
45:16Vous proposez de supprimer
45:18l'âge légal
45:18de départ à la retraite,
45:20de ne garder que la durée
45:21de cotisation
45:22avec la prise en compte
45:23de la pénibilité.
45:25Concrètement,
45:26ça veut dire que les gens
45:26partent à la retraite
45:27à quel âge ?
45:29Et au bout de combien
45:29d'années de cotisation ?
45:30Le véritable critère,
45:31ce n'est plus l'âge pivot
45:33dans le système préconisé,
45:35c'est véritablement
45:36le nombre d'annuités
45:38de trimestres cotisés.
45:40C'est ça qui établit
45:40la règle.
45:42Ça, c'est quelque chose
45:43que nous déterminerons
45:45et c'est surtout quelque chose
45:46et c'est en ça
45:47que la bataille des retraites
45:48sera à nouveau très difficile.
45:50Car nous voyons bien
45:51que la retraite
45:52ne peut pas être imposée
45:53d'en haut.
45:54Donc, politiquement,
45:55ça veut dire que même
45:56une majorité
45:57qui gagnerait
45:58l'élection présidentielle
45:59ne sera pas en mesure
46:00clé en main
46:01de faire passer son programme.
46:02Parce que la leçon
46:03que nous devons tirer
46:04de la dernière des réformes,
46:05c'est que,
46:06eh bien,
46:07dès lors que cette réforme
46:08est massivement contestée,
46:09elle ne peut pas
46:10s'imposer à tous.
46:11Donc, il faut que cette retraite,
46:13elle soit acceptée politiquement
46:15et acceptée socialement.
46:17C'est pour cela
46:17que je le dis,
46:18une concertation
46:19avec les partenaires sociaux
46:20sera essentielle,
46:21voire peut-être,
46:22en liaison
46:23avec les partenaires sociaux,
46:24décidée par voie référendaire
46:26de consulter les Français.
46:27Pour être clair,
46:27il faut que les gens
46:28travaillent plus longtemps ?
46:29Alors,
46:30la démographie
46:31dicte le chemin.
46:33Il est évident que...
46:34La réponse est oui.
46:35Évidemment.
46:35Dans le système actuel,
46:36nous avons l'obligation
46:39de renforcer la compétitivité,
46:41la productivité française
46:42et donc d'avoir plus de gens
46:44dans l'emploi
46:44tout en sachant
46:47que nos jeunes
46:48et nos seniors
46:49sont souvent,
46:50soit pour les jeunes,
46:51rentrant trop tard
46:52dans l'emploi
46:53et pour les seniors,
46:54partant trop tôt.
46:55Donc,
46:56nous avons un grand effort
46:57à faire
46:58pour permettre
46:58à ceux qui sont
46:59aujourd'hui désireux
47:01de travailler
47:01de pouvoir le faire
47:02plus longtemps.
47:02Mais avant,
47:04il y avait un âge de départ.
47:05Avec le système
47:06que vous proposez,
47:07il n'y a plus
47:07d'âge de départ
47:08légal à la retraite.
47:10Par exemple,
47:10à partir de quel âge
47:11le minimal vieillesse
47:12peut être touché
47:13avec ce système-là ?
47:14Une fois de plus.
47:16Nous rentrerons
47:17dans tout cela.
47:18Je ne veux pas le faire
47:18sans concertation
47:19avec les partenaires sociaux.
47:20Donc,
47:21je serai amené
47:21au cours des prochains mois.
47:22Vous n'avez pas réussi
47:22d'ailleurs au printemps dernier,
47:23il y a tout juste un an,
47:24à se mettre d'accord
47:25sur des modalités
47:26de réforme.
47:27Absolument.
47:27Mais c'est pour cela
47:29qu'il y a aujourd'hui
47:30la chance
47:31d'avoir des partenaires sociaux
47:32qui sont prêts
47:33à se mettre autour d'une table
47:33et à discuter
47:35de l'ensemble
47:35des saisiements.
47:36Donc,
47:37en ce qui me concerne,
47:38je ne referai pas
47:39les mêmes erreurs
47:40que dans le passé
47:40comme j'ai pu le faire
47:41avec le CPE,
47:42mais au contraire,
47:43une concertation
47:44et politique
47:45et sociale
47:46qui permettra
47:47d'arriver au meilleur
47:48des systèmes possibles.
47:49Claire convite.
47:50Mais avec,
47:50et je le précise,
47:51c'est important,
47:52avec le recours
47:54à un système
47:56de capitalisation,
47:58à la fois avec
47:59une épargne retraite
48:00publique
48:01et avec
48:03la possibilité
48:04dans un grand fond
48:06de capitalisation
48:07dont nous avons bien besoin.
48:08Nous avons besoin
48:09d'un grand fond
48:10de pension
48:11qui nous permettra
48:13de financer
48:14un certain nombre
48:14d'activités
48:15et ainsi
48:17de restaurer
48:17la souveraineté
48:18de notre pays.
48:19Il y a un autre
48:20grand enjeu
48:22sur lequel
48:23beaucoup
48:23se sont cassés les dents
48:25ces derniers temps,
48:26c'est la dette
48:26que vous décrivez
48:27comme une défaite.
48:28comment est-ce que vous
48:29vous faites baisser
48:30le déficit,
48:31vous président de la République ?
48:32Alors,
48:32la dette,
48:33regardons un tout petit peu
48:34en arrière,
48:351 000 milliards
48:36de dettes supplémentaires
48:37entre 2007 et 2017,
48:381 000 milliards
48:39depuis 2017,
48:40nous sommes à
48:403 500 milliards,
48:42c'est évidemment considérable.
48:44De ce point de vue,
48:45je crois qu'il faudra
48:47prendre les grands moyens,
48:48c'est-à-dire
48:48être capable
48:49de fixer
48:50une règle d'or
48:51en ce qui concerne
48:53le niveau
48:54de notre dette,
48:55revenir
48:55évidemment
48:56en dessous
48:58des 3%
48:58dans un schéma
49:00pluriannuel
49:01et c'est pour cela
49:01que je préconiserai
49:02une nouvelle loi organique
49:05pour compléter
49:05celle de 2001
49:06qui nous permettra
49:09d'avoir
49:09un schéma
49:11pluriannuel
49:11contraignant
49:12de façon à montrer
49:14la sincérité
49:15de notre démarche
49:16aux autres Européens.
49:17Aujourd'hui,
49:18il faut non seulement
49:18gagner en crédibilité
49:19vis-à-vis des Européens,
49:20mais gagner aussi
49:21en capacité
49:22de mobilisation nationale
49:24pour véritablement
49:26revenir
49:26à une situation
49:27plus vertueuse.
49:28Mais vous pouvez nous donner
49:28un exemple d'économie ?
49:30Alors,
49:32je ne rentrerai pas
49:33dans ce schéma-là
49:34parce que
49:34ça n'a pas beaucoup de sens
49:36aujourd'hui
49:36d'envoyer en l'air
49:38sur les grands ensembles.
49:40Nous aurons
49:40un effort à faire
49:42sur la dépense publique,
49:43nous aurons un effort
49:44à faire sur les recettes,
49:45nous ne pouvons pas
49:46aujourd'hui nous passer
49:47et de l'un
49:47et de l'autre,
49:48mais ce qui compte,
49:49c'est d'avoir un système
49:50de répartition
49:52de l'effort
49:53en matière sociale
49:54qui soit
49:55véritablement juste.
49:56Donc,
49:57toute règle,
49:58tout projet
50:00pluriannuel
50:01devra prendre en compte
50:02cette exigence
50:03de justice
50:03pour que nous ayons
50:04l'acceptation
50:06la plus large
50:06de l'effort
50:07dans notre pays.
50:08Merci beaucoup
50:09Dominique de Villepin
50:09pour ce grand jury.
50:11Bon dimanche à tous,
50:12on se retrouve
50:12la semaine prochaine.
50:13Sous-titrage Société Radio-Canada
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