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C pas si loin propose de décrypter les enjeux contemporains en France et à l'international depuis les Outre-mer. Présenté par Karine Baste, C pas si loin explore le monde depuis les Outre-mer. Cette France des trois océans, au carrefour de frontières et d'influences croisées, répond autrement aux dynamiques économiques, écologiques, géopolitiques et culturelles. Ce magazine propose un regard singulier sur nos enjeux contemporains et la place des territoires ultramarins dans le monde. Année de Production :
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00:10Bonjour à tous, très heureuse de vous accompagner pour ce nouveau numéro de C'est pas si loin.
00:14Martine Nouri est notre invitée aujourd'hui, une figure réunionnaise engagée, spécialiste
00:19des transitions écologiques et sociales et de la sécurité alimentaire. Elle nous partagera son
00:24regard précieux sur les thèmes de la semaine, à commencer par le riz. Dans l'Hexagone,
00:29il fait office d'accompagnement mais outre-mer, il est souvent un aliment de base. Sauf que cette
00:34céréale massivement importée engendre une redoutable dépendance alimentaire, on y revient évidemment.
00:39Quelle place dans nos sociétés pour les cheveux crépus ? Aujourd'hui encore, la réalité capillaire
00:44des noirs demeure associée à de l'exotisme ou pire, éloignée des critères de sérieux professionnels
00:50ou de beauté. Et puis savez-vous ce qu'est la biopiraterie ? Un terme né dans les années 90
00:56pour
00:57dénoncer la marchandisation du vivant, acte de biopiraterie extrêmement fréquent outre-mer.
01:02Nous l'avons illustré cette semaine et l'on y reviendra ensemble dans un instant.
01:08Bonjour Martine Nouri. Bonjour. Je suis ravie de vous accueillir sur le plateau de C'est pas si loin.
01:12Merci d'être là. Alors je le disais, vous êtes spécialiste des transitions écologiques et sociales,
01:17de sécurité alimentaire aussi. A priori sur la planète, on est tous d'accord sur la nécessité de bien
01:23manger et de manger sainement. Toutefois, est-ce que bien manger n'est pas en train de devenir un luxe
01:28?
01:29Certainement, parce que du coup, le bien manger, c'est manger des choses variées, mais aussi des
01:33choses de qualité, c'est-à-dire potentiellement et certainement sans pesticides. Et on sait qu'avec
01:39l'agrobusiness, le pesticide reste quand même un intrant important dans l'agriculture. Et le bien
01:44manger pour nous, clairement, c'est de se dire bien manger, c'est manger sans pesticides, c'est manger ce
01:48qu'on
01:49trouve autour de nous, mais c'est aussi manger ce qui est acceptable d'un point de vue culturel. Et
01:53on
01:53est quand même dans un monde post-colonial et on sait qu'il y a ces côtés un peu d
01:57'injustice de deux
01:59systèmes qui se juxtaposent et dont un est plutôt dominé. Et comment est-ce qu'on réussit à réapprivoiser
02:05des façons différentes de manger et de considérer qu'on n'a pas un monopole de la solution, mais qu
02:11'il y a
02:11une diversité du bien manger ? C'est vrai que la question se pose partout, c'est un peu sans
02:15frontières,
02:16mais ça concerne tout particulièrement les Outre-mer, qui sont évidemment au cœur de
02:21cette émission. On parle là quasi exclusivement d'îles dépendantes des importations et donc
02:27aussi une très forte vulnérabilité face aux réalités géopolitiques, n'est-ce pas ?
02:32Oui, géopolitiques, parce qu'on le voit, pour que les aliments arrivent, il faut que les
02:36bateaux puissent circuler. Et on voit très bien aujourd'hui dans l'actualité que ce n'est pas si
02:39évident, que ce soit d'un point de vue géopolitique avec les guerres ou avec l'augmentation du
02:44coût de l'essence ou même avec les risques majeurs. Donc en fait, s'il y a plus de tempêtes,
02:48s'il y a plus de conditions difficiles de circuler pour les bateaux, ce sera plus difficile
02:52d'avoir de l'approche. Et donc, comment on fait quand il y a rupture de chaîne d'approvisionnement ?
02:56Et ça pose effectivement la question de la relocalisation de l'alimentation.
02:59Et c'est vrai qu'on parle de territoires qui sont déjà naturellement vulnérables.
03:02Vous avez vous-même parlé de cyclones, de tempêtes, d'ouragans, il y a aussi les séismes.
03:06Et donc, c'est de quoi accroître leur vulnérabilité à tous ces territoires
03:09ultramarins ?
03:10Oui, aux territoires et aux sociétés. Je pense que c'est important qu'on ne parle pas
03:13que des territoires, mais des gens qui y habitent et comment on y habite.
03:16Et donc, du coup, c'est comment on pense collectivement à la manière dont on habite
03:20la Terre et dont on fait société. Et l'alimentation est quand même un enjeu au cœur
03:24de cette façon de faire société.
03:25Et ce qui est dommage, c'est qu'on a tendance un peu à dissocier plusieurs aspects de la vie,
03:29dissocier notamment l'alimentation de la santé, sauf qu'outre-mer, où diabète,
03:33obésité et autres maladies chroniques sont à un niveau inquiétant.
03:36A priori, il y a urgence à modifier ce qu'il y a dans nos assiettes.
03:39Est-ce que vous diriez que les autorités locales en ont conscience ?
03:43Je crois qu'il y a une prise de conscience sur cette nécessité.
03:47Mais je pense que la façon d'aborder les choses n'est pas forcément la meilleure
03:50parce qu'en fait, les autorités locales et même étatiques,
03:53elles sont souvent très hexagonales et centrées autour de modèles pensés en Occident.
03:57Et en fait, l'idée, c'est comment est-ce qu'on peut revenir à l'ancienne assiette ?
04:01Parce qu'avant, on avait le riz, les brèdes, donc les feuilles,
04:03et un petit peu de viande et pas tout le temps de la chair, en fait, de la protéine carnée.
04:07Et ça, ça a été effacé avec l'arrivée des grandes surfaces en disant
04:10c'est comme ça la modernité et manger comme avant, c'est un peu manger la misère,
04:15il y a de la honte sociale.
04:16Et donc, il y a un accompagnement pour retravailler en fait le narratif
04:19en se disant que ce n'était pas du manger de pauvres,
04:22mais qu'il y avait vraiment une vraie intelligence, un bon sens,
04:24qui faisait du bien au corps et en plus à la planète.
04:26Oui, c'est très vrai ce que vous dites.
04:28Alors justement, on va parler alimentation, Martine Nouria.
04:30À quelle fréquence, vous qui nous regardez, consommez-vous du riz en France ?
04:34La moyenne officielle est de 5 kilos par an et par habitant,
04:3710 fois moins qu'en Outre-mer.
04:39Illustration sur l'île de la Réunion, où le riz, on en parlait à l'instant,
04:42est un aliment de base, un produit quasiment, quasi exclusivement importé.
04:46Extrait.
04:48Après les courses, Damien Mnemosime file directement en cuisine.
04:53Dans son foyer, le riz, c'est au déjeuner et au dîner,
04:56de quoi confirmer le niveau de la consommation moyenne sur le territoire,
04:5950 kilos par an et par réunionnais,
05:02moins que la moyenne maorèse de 82 kilos,
05:04mais 10 fois plus que dans l'Hexagone.
05:06Sans le riz, un créole, il va te dire, un dicton,
05:11« Goni vide, il n'y a pas de bout. »
05:14Ça veut dire que si tu n'as rien dans le ventre, tu vas tomber.
05:23Économiquement parlant, c'était abordable,
05:26mais maintenant avec l'inflation, les guerres qui se passent dans le monde,
05:30c'est un peu compliqué.
05:31Mais de toute façon, vous allez faire le tour de l'île,
05:35il y aura du riz dans toutes les marmites créoles.
05:44Pour répondre à cette forte demande,
05:46l'île doit importer chaque année plus de 40 000 tonnes de riz.
05:55La céréale, venue d'Inde ou d'autres pays d'Asie du Sud-Est,
05:58est traitée dans de grandes usines comme chez Sobori,
06:01leader du marché à la Réunion.
06:07Ça fait 58 ans que nous importons, transformons, conditionnons
06:11et distribuons du riz à destination des consommateurs réunionnais.
06:14On est passé dans toutes les étapes de l'histoire du riz à la Réunion,
06:17en commercialisant tout d'abord des riz un peu plus en vrac,
06:21ensuite en emballant ces produits-là, on va dire qu'on va hygiéniser le riz,
06:24c'était il y a déjà un certain nombre d'années, il y a plus de 40 ans,
06:26pour ensuite arriver où on en est aujourd'hui,
06:28avoir des marques qui sont présentes sur le marché,
06:30qui sont connus, reconnus par les consommateurs réunionnais.
06:34Pour réagir, Martine Noury, on parlera de l'aspect importation de ce riz
06:38dans une poignée de secondes, mais d'abord, votre père, me semble-t-il,
06:41faisait partie des agriculteurs qui, un jour, ont tenté la culture du riz
06:44sur l'île de la Réunion, c'était dans les années 80,
06:47et puis il en est revenu, trop d'efforts pour trop peu de résultats.
06:50Il y a des jeunes qui se lancent aujourd'hui sur l'île de la Réunion,
06:53quel regard portez-vous sur cette démarche ?
06:56Je trouve que c'est important de tester et d'essayer de se dire
06:59que c'est possible de le faire et de vérifier,
07:02de tester avec de nouvelles techniques,
07:03parce que c'est vrai qu'il y a 30 ans, un peu plus, 40 ans,
07:07on n'avait pas les mêmes techniques, il n'y avait pas autant de diversité,
07:09et là, aujourd'hui, on voit qu'il y a des techniques
07:12qui vont s'adapter à tout ce qui va être climat, météorologie, etc.
07:17Donc, c'est très bien de pouvoir en faire,
07:19mais je pense que c'est important de se dire
07:20que ça ne va pas être la panacée et la solution ultime.
07:23Effectivement, et c'est ce qu'on a montré dans le reportage,
07:25le rendement est extrêmement faible et c'est un travail pénible.
07:28Du coup, les importations restent considérables
07:31et on sait que le riz est très, très consommé sur l'île de la Réunion.
07:33Pourquoi, localement, s'attacher ainsi à un produit importé
07:37lorsque la variété de fruits et de légumes est aussi considérable ?
07:42Je vais revenir sur ce que je disais tout à l'heure,
07:44c'est qu'avec la départementalisation,
07:47avec l'arrivée des volontaires, des assistants techniques,
07:49l'action arrivée pour le ministère de l'Agriculture depuis l'Hexagone,
07:53on a voulu importer sur nos territoires des façons de faire d'ailleurs
07:56en disant que c'était ça la norme, c'est ça la référence
07:58et voilà comment on apprend à être agriculteur,
08:00on qu'utilise d'une certaine manière.
08:02Et ce sont des gens qui restent là deux, trois ans,
08:04des fonctionnaires qui sont de passage
08:05et qui ne voient pas tout ce que ça concerne
08:08comme changement dans la société, la façon de faire.
08:11Et donc, en fait, arriver en supermarché et acheter,
08:15c'était on est quelqu'un, on est moderne, on a de l'argent.
08:19Donc, les Réunionnais se sont adaptés à ce qui a été imposé
08:22comme la façon la plus moderne d'être Réunionnais, d'être Français.
08:26Et donc, on a effacé d'autres façons de faire,
08:29on les stigmatise comme des pratiques parce qu'on n'a pas le choix,
08:33alors même qu'avec le maïs, avec le manioc,
08:36il y a plein de façons de cuisiner et de rendre ça moderne.
08:38Et c'est vrai qu'il y a plein de légumes pays,
08:40comme on les appelle, les racines qui poussent parfaitement à la Réunion,
08:43qui résistent au climat, résistent aux parasites.
08:45Est-ce que c'est au niveau de la consommation que ça coince ?
08:48Ça veut dire que ces légumes ne trouvent pas preneur ?
08:51Il y a l'idée de ne pas preneur.
08:52Du fait de cette honte, notamment.
08:53Oui, on ne trouve pas preneur et il y a aussi l'idée de...
08:56Il faut qu'on...
08:57Un peu comme si on avait besoin d'un influenceur qui dirait
09:00« Voilà, ça fonctionne, c'est comme ça, pour le remettre dans le narratif ».
09:04C'est à la mode et remettre dans le narratif et dans la façon de dire
09:07« Ce n'est pas parce qu'on a mangé plus de manioc qu'on ne sera pas créole ».
09:10Et bien sûr, la question va se poser,
09:11quand on mange beaucoup de plats en sauce,
09:13comment on fait ?
09:13Le riz a cet avantage-là.
09:14Mais si on regarde du côté de l'Afrique,
09:16le manioc, on va utiliser, on a checké.
09:18Et donc, en fait, ça va faire comme une semoule
09:20qui va être hyper fun à manger
09:22et qui a quelque chose de très moderne.
09:23Nous, on a une partenaire, Patricia,
09:26qui va transformer le manioc en tacos.
09:28Et les jeunes, ils adorent le tacos.
09:30Donc, en fait, elle va en faire des petites crêpes.
09:31Donc, il faut que ça soit modernisé.
09:33On y revient, en fait.
09:34Il faut changer l'image, finalement.
09:36Changer l'image et montrer que ça peut s'adapter
09:39à ce qu'on mange aussi à La Réunion.
09:41En préparant cette émission, vous nous disiez
09:43qu'il y a une certaine amnésie autour de ces produits
09:45que les réunionnais ont oublié la façon
09:47dont on peut les cuisiner.
09:49Alors, qui doit faire ce travail de mémoire ?
09:51Qui doit faire revivre cette mémoire ?
09:52Est-ce que c'est à la cantine scolaire,
09:54aux collectivités, de façon générale ?
09:56La restauration collective a un vrai travail à faire,
09:59que ce soit pour la cantine, pour les EHPAD,
10:01pour les hôpitaux, parce que ça permet
10:02de tenir toute une chaîne de valeur et de production.
10:05Parce que pour que les agriculteurs produisent,
10:07en fait, il faut qu'ils s'assurent
10:08que derrière, il y ait des débouchés.
10:10Et donc, pour ça, la collectivité,
10:12la commande publique est un vrai levier.
10:13Ensuite, il y a tout un travail d'association
10:15qui peut aller auprès des anciens,
10:17collecter des recettes, collecter des petites choses
10:19et des chefs cuisinés aussi,
10:21qui peuvent venir et, en fait,
10:22travailler collectivement autour d'une filière
10:24qui travaille de la terre à l'assiette
10:27et comment on raconte l'histoire autour.
10:28Et à vue aux influenceurs potentiels réunionnais
10:31qui nous regardent.
10:32Allez, on passe au deuxième thème de la semaine,
10:33Martine Noury.
10:34Les cheveux crépus sont-ils une anomalie capillaire ?
10:38Figurez-vous que dans certains manuels de coiffure,
10:40des générations de professionnels
10:42ont appris leur métier à travers ce prisme.
10:44Alors, les temps changent, fort heureusement,
10:46mais les discriminations capillaires demeurent.
10:48Extrait.
10:56J'ai ce bouquin, c'est un manuel de coiffure
10:59sur lesquels des générations de coiffeurs ont appris.
11:02Dans le chapitre des anomalies et affections de cheveux,
11:05on retrouve plein de choses dont les cheveux laineux,
11:09cheveux crépus sur l'ensemble du cuir chevelu,
11:11affections congénitales ou héréditaires.
11:15Vaut mieux en rire, non ?
11:16Aujourd'hui, j'en rire.
11:19Parce que ça devient ridicule.
11:28Des stéréotypes solidement ancrés
11:30qui prennent leur source dans l'histoire
11:31de l'esclavage transatlantique
11:33avec la mise en place des hiérarchies raciales.
11:36Tout ce qui a rapport aux blancs, aux maîtres,
11:39c'est la norme.
11:40Et tout ce qui se rapproche de l'Afrique,
11:44tout ce qui rapproche de l'Afro-descendant,
11:47du noir, c'est à fuir.
11:48C'est l'animalité, c'est la dégénérescence.
11:52Les occidentaux, les esclavagistes,
11:56ou ceux qui considèrent qu'ils sont propriétaires
11:59de ces sociétés-là,
12:01vont imposer aux Africains
12:04de changer la structure de leurs cheveux
12:07s'ils veulent être intégrés.
12:09C'est-à-dire que c'est devenu vraiment
12:10un argument d'intégration sociale.
12:16Dans cette étape, il y a l'invention du fer
12:19à défriser par un forgeron.
12:21Et puis, vous avez dans cette recherche,
12:24cette quête de trouver une solution,
12:26on va dire pérenne,
12:27vous avez donc l'apparition du défrisage
12:31à base de soudes caustiques.
12:33Un mélange incroyable et effroyable également
12:37qui va provoquer des brûlures,
12:40des souffrances atroces.
12:42Les femmes vont supporter ces brûlures atroces
12:45pendant des générations et des générations.
12:49Martine Noury, plus jeune,
12:50vous vous lissiez les cheveux
12:52parce que l'idée d'être loin
12:54de la norme occidentale vous déplaisait.
12:56Est-ce que ça vous déplaisait ?
12:57Ou alors vous vous sentiez exclue,
12:59moins jolie si vous ne le faisiez pas ?
13:02Il y a l'idée qu'effectivement,
13:04moi, quand je suis arrivée à Paris
13:04pour mes études,
13:06sur la première année,
13:07j'étais la seule à ne pas être blanche.
13:09Donc, en fait, à porter des caractéristiques
13:10d'un corps noir, racisé, différent,
13:12loin de la norme, en fait, parisienne.
13:15Et il y a l'idée qu'effectivement,
13:16on me faisait des réflexions sur les cheveux,
13:18mais il y a aussi l'idée que je n'avais pas
13:20d'endroit où entretenir mes cheveux.
13:22C'est-à-dire que j'arrivais chez un coiffeur
13:23et on m'a dit, ah non, on ne coiffe pas ça ici.
13:25Ou je n'avais pas les produits adéquats.
13:26Donc, au bout d'un moment, le plus simple,
13:28c'est que j'ai testé le lissage.
13:29Je n'ai pas beaucoup aimé.
13:30Et en fait, après, je prenais la tondeuse
13:32et je me coupais les cheveux très courts.
13:34Et beaucoup, le début de mes années parisiennes,
13:36ont été avec des cheveux très à la garçonne,
13:38par facilité, aussi pour plus qu'on m'en parle, en fait.
13:41C'est très vrai ce que vous dites,
13:42parce que je l'ai aussi vécu à Nice,
13:43de rentrer dans un salon de coiffure
13:44et qu'on dise, non, on ne sait pas
13:46comment faire avec vos cheveux.
13:47La question, c'est, doit-on déguiser nos cheveux
13:50pour correspondre à une norme occidentale ?
13:53A-t-on l'énergie pour les assumer au naturel ?
13:55Ce sont vos mots, ça, Martine Noury.
13:58Est-ce que vous faites un effort, aujourd'hui,
14:00pour vous assumer au naturel ?
14:02Moi, aujourd'hui, c'est comme ça.
14:03Je dis aux gens, je suis comme ça,
14:04il faut le prendre en entier, les cheveux comme ça.
14:07Vous vous sentez obligée de dire ça ?
14:09Oui, dans certains espaces, parfois.
14:11Ah oui ?
14:11Parce qu'on me dit, mais tu ne les attaches pas à tes cheveux,
14:14tu sais, c'est quelque chose d'officiel,
14:16est-ce que tu vas faire une coiffure propre ou rangée ?
14:20En fait, je leur dis, non, mais mes cheveux comme ça,
14:21ils sont rangés, ils sont propres.
14:23Et je pense que c'est important, en fait,
14:25pour moi, c'est aussi un geste militant,
14:26que dans certains espaces institutionnels,
14:29j'arrive avec ces cheveux comme ça,
14:30en disant, en fait, on a le droit d'exister
14:32dans tous les espaces,
14:33et même des espaces où se décident les choses,
14:36où se créent les décisions, où se crée la norme,
14:38parce qu'on a notre place,
14:39parce que c'est normal et que ce n'est pas une anomalie.
14:42Et donc, moi, j'avoue que c'est un peu un geste militant.
14:44Et quand je parlais de fatigue, par exemple,
14:47Louloubi, elle a fait une BD qui s'appelle Racine,
14:50où elle raconte l'histoire d'une jeune fille.
14:52Et cette jeune fille, elle doit se réveiller une heure plus tôt
14:54que ses frères, parce qu'il faut qu'elle se coiffe.
14:57Et moi, je vis avec ma fille,
14:58qui est le cheveux aussi très frisé.
15:00Le temps qu'on doit prendre pour les démêler,
15:03pour en faire joli,
15:03en fait, ça demande un peu plus de temps.
15:05Et il y a une espèce de charge capillaire
15:07qui s'ajoute un peu à la charge raciale,
15:09au fait d'être femme,
15:10au fait de devoir correspondre à un certain nombre de normes,
15:13trouver les bons produits,
15:14trouver les produits adaptés,
15:15qu'ils soient accessibles aussi.
15:17Donc, c'est un vrai effort au quotidien
15:19de se dire qu'on va les porter comme ils sont,
15:21comme une couronne,
15:22un peu avec cette fierté l'air.
15:23C'est une réalité qu'on ne peut pas comprendre
15:25tant qu'on ne l'a pas vécu, effectivement.
15:26À quel point une personne noire est-elle désignée
15:29à travers ses cheveux, selon vous ?
15:32Ah, ça, je crois qu'il y a quelque chose
15:36où il y a un continuum
15:38quand, par exemple, des étrangers,
15:40des personnes qu'on ne connaît pas,
15:41s'autorisent à venir toucher nos cheveux,
15:43toucher les cheveux de ma fille,
15:44en disant « Ah, je n'ai jamais touché ! »
15:46Je me disais « Mais en fait, c'est son corps,
15:47et tu ne touches pas à son corps. »
15:48Et ça parle aussi de la question
15:50de la place qu'on a dans le consentement,
15:53déjà en tant qu'individu,
15:54en plus en corps noir,
15:55dans une histoire qui a fait
15:57que nos corps appartenaient au maître.
16:00Et on va nous dire
16:01« Ah, mais tu ne portes pas de dread,
16:02tu ne portes pas de tresse, etc. »
16:03On va attendre de nous
16:05qu'on corresponde à un certain nombre de clichés,
16:07alors qu'en fait, on peut faire ce qu'on veut.
16:09Si aujourd'hui, j'ai envie de mettre une perruque
16:10parce que j'ai envie qu'il soit lisse
16:12mais que je n'ai pas envie de toucher,
16:13j'ai le droit de le faire.
16:13Si j'ai envie de les tresser, je peux le faire.
16:15Et ça ne va pas dire
16:16que ça m'assigne à quelque chose.
16:18Ça veut juste dire qu'en fait,
16:19j'ai des cheveux
16:20et je les coiffe comme j'en ai envie
16:23suivant ce que j'ai envie de faire,
16:25de mon énergie,
16:25et que je n'ai pas à rendre compte de ça.
16:27Comme tout le monde, en fait, dans l'absolu.
16:28C'est ça.
16:29Ça veut dire qu'aujourd'hui, encore en 2026,
16:31les cheveux des Noirs
16:32sont encore soit exotisés, soit rejetés ?
16:36Oui.
16:37Je pense que c'est important de le poser
16:39parce qu'on l'a vu en 2024
16:42sur cette loi de discrimination capillaire.
16:44On le voit des jeunes filles.
16:46Et en fait, moi, j'ai croisé une étudiante
16:48il y a 10 jours à Bordeaux
16:49qui me disait...
16:51Mais en fait, moi, j'entends que le prof
16:52ne se souvienne pas de mon prénom,
16:54mais en fait, il m'a appelée Frisotti.
16:56Ah oui ?
16:57Oui.
16:58Étudiante brillante
17:01et à qui, on va dire, Frisotti.
17:03On aurait pu l'appeler mademoiselle
17:04ou dire, excusez-moi,
17:05je ne me souviens pas de votre prénom,
17:06mais ça a été ses cheveux.
17:07Elle a des cheveux longs,
17:08bouclés, frisés.
17:10Et en fait, elle a eu le droit à Frisotti.
17:11Et c'est violent, en fait.
17:12Je rappelle qu'une loi
17:13contre la discrimination capillaire
17:14existe depuis 2024.
17:15On passe au troisième thème
17:16de la semaine Martine Noury.
17:18À qui appartient le vivant ?
17:20Peut-on voler la nature ?
17:22Voler le savoir de ceux qui la connaissent ?
17:25Gros plan sur la biopiraterie,
17:27notamment sur ces plantes
17:28venues des Outre-mer
17:29et qui se retrouvent brevetées ailleurs.
17:32Extrait.
17:38Avec ces 40 000 espèces de plantes,
17:40l'Amazonie est un trésor
17:42pour la recherche en pharmacopée.
17:44Mais depuis plusieurs décennies,
17:46ce trésor est victime de biopiraterie.
17:49Des firmes industrielles
17:50et des instituts de recherche
17:52s'approprient le mérite
17:53et les bénéfices financiers
17:54de ces découvertes
17:55au mépris des populations autochtones
17:57qui leur ont partagé leur savoir.
18:00En témoigne l'affaire Kouachi,
18:02qui a particulièrement marqué la Guyane
18:04depuis les années 2000.
18:07C'est donc un sujet brûlant
18:09qui secoue le monde de la recherche.
18:11Des scientifiques de l'IRD
18:12sont accusés de biopiraterie
18:14par la Fondation France Liberté.
18:16Deux chercheurs de cet institut
18:17ont déposé une demande de brevets
18:19sur une molécule présente dans le Kouachi,
18:22une plante qui fait partie
18:23de notre pharmacopée traditionnelle
18:26pour soigner le paludisme.
18:28Le hic, c'est qu'il n'y a aucune retombée
18:30pour la Guyane.
18:34C'est des connaissances qui sont là
18:35depuis des générations
18:37et des personnes leur ont donné
18:38leur confiance en parler
18:39de comment ils l'utilisaient
18:41et pourquoi, dans quel but.
18:44Et ils ont pris
18:45toutes ces informations-là
18:46et puis ils ont fait
18:47ce qu'on sait aujourd'hui,
18:48ils ont breveté.
18:50Pour certains,
18:51c'est pas un mal,
18:52mais le mal qui a été fait,
18:53c'est qu'il y a eu une trahison
18:55derrière des communautés.
18:57Parce qu'en Chénon-Guyane,
18:58la parole donnée est très sacrée.
19:00Aujourd'hui,
19:01quand quelqu'un vient nous voir,
19:03on ne va pas dire oui, oui à tout.
19:05On s'organise juridiquement
19:06afin qu'on puisse être plus solide.
19:08Si des chercheurs viennent,
19:09veulent avoir des informations
19:10sur certaines plantes,
19:12qu'il y ait une partie juridique
19:13qu'ils signent
19:16afin de ne pas faire n'importe quoi.
19:19Ce qui est assez triste finalement,
19:21c'est que la biopiraterie
19:22marchandise le savoir
19:23alors que vous nous le rappeliez
19:25en préparant cette émission,
19:26beaucoup de communautés
19:27ne veulent pas rentrer
19:28dans ce système de brevetage,
19:30simplement utiliser
19:31à bon escient finalement
19:33et transmettre.
19:34Oui, parce qu'en fait,
19:36ces années de recherche
19:37et développement
19:37au sein des familles,
19:39c'est quelque chose
19:40qui était de la transmission orale.
19:43C'est-à-dire qu'on n'avait pas le choix.
19:45Les communautés
19:45qui ont été esclavagisées,
19:46qui ont été importées
19:47ou les communautés
19:48qui vivent dans des espaces
19:50contraints, en forêt, etc.,
19:51il faut bien qu'on se soigne
19:52et il faut bien qu'on se nourrisse.
19:54Et quelle meilleure façon de le faire
19:55que de le faire avec la nature
19:57dont on fait partie,
19:58dont on est une part vivante
20:00dans les conceptions
20:01de beaucoup de communautés
20:02non-occidentales.
20:04Et du coup,
20:04on ne peut pas imaginer
20:06devoir vendre
20:08quelque chose
20:08qui est issu
20:09de la mer-terre
20:10et qui est issu aussi
20:11de siècles de recherche,
20:14de tests,
20:15d'ancrage
20:16sur des territoires
20:17où, en fait,
20:19toutes ces tisanes,
20:20toutes ces façons
20:21d'utiliser les plantes,
20:23on a testé.
20:24Les esclaves,
20:24les ancêtres ont testé
20:26et les non-esclaves aussi,
20:27heureusement,
20:27l'ont testé
20:28et ont vérifié
20:29que c'était bon
20:30pour les gens,
20:30sous quelle posologie.
20:31Et ce sont des remèdes
20:32qu'on partage,
20:33ce qui est valable aussi
20:35en pays celtique
20:36ou basque.
20:36Tous les rebouteux,
20:37toutes les tisanes,
20:39c'est un lien profond
20:40avec la nature,
20:41un don.
20:42Et les dons,
20:43en fait,
20:43on ne les vend pas normalement.
20:44On les transmet.
20:45On les transmet.
20:45Effectivement.
20:46Avec votre association
20:47Capabcité,
20:48vous avez tenté
20:49de mettre en conversation
20:50des chercheurs
20:51du monde académique
20:52et des femmes tisaneuses
20:53des îles Marquise
20:54et de La Réunion.
20:55Pour quels résultats ?
20:57Le résultat,
20:58il est assez intéressant.
20:59C'est que,
21:00nous,
21:01on part du principe
21:02que les femmes
21:03qui détiennent
21:03des savoirs situés,
21:05ancestraux,
21:06ce sont des chercheurs premiers
21:07au sens où,
21:08en fait,
21:09tout ce mécanisme
21:10de recherche et développement
21:11sur des années
21:12prouve, en fait,
21:13que ça fonctionne.
21:15elles testent des choses.
21:16Et les chercheurs
21:17ont aussi cette démarche-là
21:18avec des hypothèses,
21:19des chercheurs
21:19qui sont d'un monde
21:20plus académique.
21:21Et en fait,
21:21ce qui est hyper intéressant
21:22pour moi,
21:22ce qui ressort,
21:23c'est une complémentarité.
21:25Et c'est aussi,
21:25chez les tisaneuses,
21:26quelque chose qui se dit
21:27qu'on se sent encore plus légitime.
21:29Déjà,
21:30on n'avait pas besoin
21:30d'être validés par la science
21:31parce que 300 ans
21:33de pratiques ancestrales
21:34ne valident.
21:35Mais si on vit dans un monde
21:37où la norme dominante,
21:38c'est la recherche académique,
21:40cette complémentarité
21:41fait du bien
21:42parce que ça leur permet
21:43de dire qu'en fait,
21:44c'est valide
21:44parce que des recherches
21:45ont été faites
21:46et valide
21:46ce que nos ancêtres
21:48ont trouvé.
21:48Donc en fait,
21:49on a de la valeur
21:50et on avance dans le monde
21:51avec la tête un peu plus haute.
21:53Ça veut dire que malgré tout,
21:54il leur faut aussi
21:55des espaces
21:56afin de contribuer
21:57à développer
21:58les politiques publiques.
21:59Ah, tout à fait.
22:00Et c'est un vrai problème,
22:01c'est qu'en fait,
22:02l'intelligence territoriale,
22:03pour la mobiliser,
22:05il faut avoir de l'inclusion,
22:06il faut avoir de la compréhension.
22:08Et aujourd'hui,
22:08ceux qui font
22:09les politiques publiques,
22:10ils ont souvent
22:11les mêmes types de formations,
22:12les mêmes types de références.
22:14Et comment est-ce qu'en fait,
22:15on accompagne ces communautés
22:17qui ont des références différentes
22:19à venir dans des espaces
22:20pour partager leur savoir,
22:22mais sous quelle garantie ?
22:23Parce que dans le reportage,
22:24on le dit vraiment,
22:25il ne faut pas qu'on se retrouve
22:26sur un nouveau type d'extractivisme.
22:27Il faut qu'il y ait un retour
22:29sur ces communautés
22:29et que ça ne peut pas être
22:31juste donné.
22:32C'est on partage
22:32une façon de faire
22:33parce qu'on a envie
22:34qu'elles participent
22:35à la création de la norme
22:36et qu'on ne soit plus
22:38à la marge de la société
22:39en le faisant,
22:39mais que la centralité,
22:40elle soit aussi chez nous.
22:42Et j'ai vu d'ailleurs
22:42que sur un réseau social,
22:43vous réagissiez
22:44à un récent post du Time Magazine
22:46qui évoquait la culture
22:47du carité en Afrique.
22:49Est-ce que le monde doit
22:50aux gardiennes de la Terre ?
22:52On est typiquement
22:52dans cette biopiraterie,
22:55finalement,
22:55dans ces savoirs ancestraux
22:56et de ce qu'on en fait
22:57et de qui en profite,
22:59qui en bénéficie, finalement.
23:00Oui, et en faisant ça,
23:01en fait,
23:02on déstabilise des équilibres
23:04parce que les femmes,
23:05en plus,
23:05elles prennent soin
23:06de ces écosystèmes
23:07et il faut aussi le savoir.
23:08On va terminer
23:09avec votre photo du jour,
23:11Martine Noury,
23:11qui s'affiche
23:12et que l'on découvre ensemble.
23:14Qui est donc cette dame ?
23:16Ah, une femme de boute,
23:17donc Sabrina Cajoli,
23:19qui est une des fondatrices
23:21de Cambered,
23:22qui est une association
23:23guadeloupéenne
23:24qui se bat
23:25pour les droits en général
23:26et qui a porté
23:28depuis plus de cinq ans
23:29ce combat
23:30pour que la Charte sociale européenne
23:32puisse s'appliquer aussi
23:33à nos territoires
23:34dits d'outre-mer.
23:36Et en fait,
23:36ça a été…
23:37Elle est juriste,
23:38elle a travaillé
23:38à un haut niveau
23:39et c'était pour elle
23:40un vrai combat de dire
23:41mais ce n'est pas OK
23:42que nos populations
23:43qui sont françaises,
23:44alors qu'on est
23:45dans un continuum républicain,
23:46soient exclues
23:47d'un appareil,
23:48d'un outil juridique
23:49qui protège nos droits sociaux
23:50à l'an même
23:51que les caractéristiques
23:52de nos sociétés
23:54demanderaient plus de protection
23:55par rapport à l'accès
23:55à la santé,
23:56à l'accès à l'eau,
23:57à l'alimentation,
23:57à l'éducation de qualité.
23:59Et en fait,
23:59cette photo,
24:00moi je la trouve
24:00très intéressante
24:01parce qu'elle est là
24:02sur un énorme fond bleu,
24:03pour moi c'est la mer
24:04qui nous relie,
24:05ça peut effectivement
24:05nous séparer
24:06mais ça nous relie
24:07et c'est un peu
24:08l'expression créole
24:09réunionnaise
24:09qui dit
24:10« Thillage,
24:10il coupe gros bois »,
24:11c'est David contre Goliath.
24:12C'est qu'on n'est peut-être
24:13pas nombreux sur le territoire
24:14mais en fait,
24:15on est là,
24:15on porte nos combats
24:16et nos luttes en fait,
24:17elles ne sont pas que
24:18pour les Outre-mer,
24:19elles sont aussi
24:19sur une question
24:20de continuité républicaine
24:22et de droit humain
24:23et derrière Sabrina,
24:25même si on ne les voit pas,
24:26il y a tous les ultramarins
24:27qui sont là
24:28et c'est vraiment
24:29cette distance
24:29et le coût du déplacement
24:31qui empêcherait
24:32qu'on soit nombreux derrière
24:33mais ces combats,
24:34en fait,
24:34ce ne sont pas que
24:34des figures qui les portent
24:35mais c'est toutes
24:36des communautés ultramarines
24:37qui revendiquent
24:38en fait le même droit
24:39que tout français.
24:42que les territoires ultramarins
24:43étaient exclus
24:44de cette charte sociale européenne,
24:46il y a des inégalités persistantes
24:47dont on parle absolument
24:48tous les jours
24:49dans ces pas si longs
24:49et est-ce qu'on peut espérer
24:50que les choses
24:51commencent à changer désormais ?
24:53C'est aussi pour ça
24:54qu'on essaie de transformer
24:55le système
24:55et de mettre un peu
24:56de l'ultramarin
24:57dans la norme centrale en fait.
24:59C'est de dire
24:59qu'on peut cohabiter,
25:01on peut coexister
25:02avec des façons différentes
25:03de faire
25:03et ça ne veut pas dire
25:04qu'on met en danger
25:06une république,
25:07une indivisive
25:08mais on revendique juste
25:10une pluralité
25:10des façons de faire
25:11et plus on acceptera ça,
25:12plus ce sera facile
25:14en fait pour que les changements
25:15se fassent
25:15parce que les hexagonaux
25:16se sentiront aussi concernés
25:18par ce qui se passe
25:19chez les ultramarins
25:20parce qu'en fait
25:20on est français.
25:21Et un coup de chapeau
25:22à Sabrina Cajoli
25:22pour le combat mené.
25:23Merci infiniment.
25:24Merci pour l'invitation.
25:25C'est un plaisir de vous recevoir.
25:27Merci à vous d'être fidèle
25:28à votre rendez-vous
25:29C'est pas si loin.
25:30Émission que vous pouvez
25:31évidemment retrouver
25:32sur la plateforme
25:32france.tv
25:33ainsi qu'en podcast
25:34sur toutes les plateformes audio.
25:36Je vous souhaite
25:36une très belle fin de journée
25:37sur France Télévisions.
25:39Un excellent week-end
25:39et je vous dis
25:40à la semaine prochaine.
25:41Même lieu, même heure.
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