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  • il y a 2 jours
À LA UNE / Pétrole : la guerre jusqu'à la pompe

Au onzième jour de guerre au Moyen-Orient, le blocage du détroit d'Ormuz et les dégâts infligés aux infrastructures énergétiques dans la région ont perturbé le marché de l'énergie. Aux premiers jours du conflit, le cours du baril de pétrole avait flambé de 30%, atteignant 119, 5 dollars, une envolée précipitée historique. Lundi 9 mars, le marché a fait volte-face. Après la déclaration inattendue de Donald Trump, qui a assuré que la guerre était « quasiment » finie, sans évoquer d'échéance précise : les prix du pétrole ont à nouveau chuté pour atteindre 84 dollars. En France, face à ces impressionnantes fluctuations, le plan de contrôle des prix à la pompe se poursuit. Pour tenter de rassurer les automobilistes français, Sébastien Lecornu avait, en effet, annoncé 500 contrôles de stations-services entre lundi 9 et mercredi 11 mars, réalisés par la répression des fraudes (DGCCRF). De son côté, Jean-Luc Mélenchon a jugé qu'il « serait plus simple de bloquer les prix ». Marine Le Pen avait alors proposé de baisser des taxes sur les carburants et Olivier Faure souhaite mettre à disposition un chèque énergie pour les ménages le plus vulnérables. Pour Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'énergie il est « trop tôt » pour envisager des aides à la pompes. Comment contrer la hausse des prix des carburants ?

Invités :
Céline Antonin, économiste à l'OFCE
Thierry Bros, professeur à Sciences Po, spécialiste de l'économie gazière
Francis Pousse, Président de la branche Distributeurs Carburants et énergies nouvelles du syndicat Mobilians


Chroniques :

« Le chiffre du jour » par Fanny Guinochet

« Quelle histoire ! » par Olivier Ravanello

LA QUESTION QUI FÂCHE / Inondations : qui va payer ?

Après plusieurs semaines de crues dans l'Ouest et le Sud-Ouest, les lentes décrues ont permis aux sinistrés de faire les premiers constats des dégradations. La Caisse centrale de réassurance (CCR) a estimé entre 2,5 et 3 milliards d'euros, le coût total des indemnisations liées au crues pour environ 250 000 sinistrés, un montant supérieur au coût de la sinistralité de toute l'année 2024. Ce mardi 24 février, l'état de catastrophe naturelle a été reconnu par le ministère de l'Intérieur pour 294 communes sur les 371 demandes déposées. Pour tenter d'apaiser la situation, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut a rappelé que les collectivités sont « autorisées à lever une taxe » pour financer l'entretien des digues, par exemple. Or, l'association des Intercommunalités de France a estimé une fourchette comprise entre 15 et 18 milliards d'euros pour le besoin d'investissements dans les digues alors que le rendement de cette taxe « Gemapi » est évaluée à 20,9 milliards : « L'Etat a refilé la patate chaude aux collectivités », appuie Régis Banquet, vice-président des Intercommunalités. Du côté des particuliers, les experts anticipent une hausse des primes d'assurance habitation. Ent

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Transcription
00:00:05Musique
00:00:24Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:27Je suis ravie de vous retrouver pour une heure de décryptage de l'actualité et de débat en direct de
00:00:33l'Assemblée Nationale.
00:00:34Avec pour m'accompagner ce soir Fanny Guinochet, journaliste à France Info.
00:00:37Bonsoir Fanny.
00:00:38Bonsoir.
00:00:38Et bonsoir Olivier Ravanello.
00:00:40Bonsoir.
00:00:40Merci à tous les deux d'être là.
00:00:41C'est parti pour le sommaire avec à la une ce soir dans Chaque Voix Compte, la guerre de l
00:00:46'essence.
00:00:46L'embrasement au Moyen-Orient a entraîné une flambée spectaculaire des prix des carburants avec un gasoil désormais à plus
00:00:52de 2 euros le litre.
00:00:53L'exécutif cherche la parade pour adoucir la facture mais jusqu'où vont grimper les prix ?
00:00:59Les stations-services profitent-elles de cette crise ?
00:01:03Nous en parlons ce soir avec vous Francis Pouze.
00:01:05Bonsoir.
00:01:06Bonsoir.
00:01:06Vous êtes le président national des distributeurs de carburant du syndicat Mobiliens.
00:01:10Merci d'être là aux côtés de Céline Antonin.
00:01:12Bonsoir.
00:01:13Bonsoir.
00:01:13Vous êtes économiste à l'OFCE.
00:01:14Et bonsoir Thierry Bross.
00:01:16Bonsoir.
00:01:16Professeur à Sciences Po et spécialiste des questions énergétiques.
00:01:19Merci à tous les trois d'être là pour parler de ce sujet hautement concernant pour nous ce soir.
00:01:25Fanny, vous allez nous parler d'une autre énergie vous ce soir, le gaz.
00:01:28Effectivement, le cours du gaz s'est envolé jusqu'à 75% de plus ces derniers jours.
00:01:33Donc vous voyez, c'est un chiffre astronomique.
00:01:36Olivier, quelle histoire allez-vous nous raconter ce soir ?
00:01:39L'histoire de ces jeux vidéo qui inspirent très directement la façon dont Trump raconte sur les réseaux sociaux la
00:01:46guerre en Iran.
00:01:47Dans la deuxième partie de chaque voix compte, place à la question qui fâche.
00:01:50Nous avons choisi ce soir de retourner dans les régions inondées il y a un mois par des crues historiques.
00:01:56L'eau et les caméras sont parties.
00:01:59C'est maintenant le temps des assureurs et des devis pour les sinistrés et pour les communes qui se posent
00:02:04tous la même question.
00:02:05Qui va vraiment payer ?
00:02:06Nous en débattrons tout à l'heure avec Benoît Biteau qui est député écologiste de Charente-Maritime, un des départements
00:02:11les plus touchés par ces crues.
00:02:13Amandine Richaud-Crambe sera avec nous également.
00:02:15Elle est ingénieure en environnement et urbaniste.
00:02:17Et Olivier Moustakakis qui est assureur et porte-parole directeur général d'Assureland.
00:02:23Vous pouvez vous aussi interroger nos invités sur les inondations ou sur les carburants.
00:02:28Ou nous faire part de vos réflexions tout simplement.
00:02:30Vous flashez le petit QR code qui est là tout au long de l'émission.
00:02:33Et vous connaissez notre stratégie, c'est Olivier Ravanello qui se charge de nous transmettre tous vos messages avec sa
00:02:38tablette magique.
00:02:40On n'oublie pas les municipales.
00:02:41Le premier tour, c'est dimanche dans cinq jours.
00:02:43Journal de campagne tout à l'heure présenté par Marco Pommier.
00:02:47Voilà pour le menu de ce soir.
00:02:48Installez-vous confortablement.
00:02:50Chaque voix compte, c'est parti.
00:02:59On sait que c'est un sujet hautement inflammable parce qu'il touche notre quotidien, nos déplacements, notre portefeuille.
00:03:05Le prix de l'essence est à nouveau au cœur de toutes les discussions au 11e jour de la guerre
00:03:10au Moyen-Orient.
00:03:11Le blocage du détroit d'Hormuz par lequel transite un litre de pétrole sur cinq perturbe grandement le trafic mondial.
00:03:18Les cours du baril ont d'ailleurs connu des variations spectaculaires au cours de ces dernières heures.
00:03:23Tiens, on a trouvé des champions à Paris.
00:03:25La station la plus chère affiche ce soir un litre de gasoil à 2,60 euros et même 2,69
00:03:32euros pour le sans-plomb.
00:03:34Deux minutes pour comprendre avec Maïté Frémont.
00:03:43Ces derniers jours, les explosions se sont succédées à Téhéran.
00:03:48Cette fois-ci, des dépôts pétroliers attaqués par l'armée israélienne.
00:03:53Oh là là, c'est pas possible !
00:03:55Les Iraniens aussi prennent pour cible des complexes pétroliers, dont les pays du Golfe, comme hier, cette raffinerie à Bahreïn.
00:04:03L'objectif de Téhéran est de perturber l'approvisionnement mondial en hydrocarbures, déjà mis à mal par le blocage du
00:04:10détroit d'Hormuz, où 200 pétroliers sont immobilisés.
00:04:14L'essentiel du problème, le nœud de l'enjeu, c'est le détroit d'Hormuz et c'est le marché
00:04:19global.
00:04:21Conséquence du blocage, les cours du pétrole s'envolent, le baril a même tutoyé les 120 dollars.
00:04:27Un marché du brut qui s'affole, même s'il suffit d'une phrase de Donald Trump pour rassurer.
00:04:33Sur l'Iran, vous avez dit que ce serait fini bientôt. Est-ce que vous pensez que ce sera terminé
00:04:37cette semaine ? Parlez-vous de jour ?
00:04:39Non, mais bientôt, je pense. Bientôt, très bientôt.
00:04:42Des marchés financiers qui reprennent leur souffle, mais du côté des citoyens, c'est l'inquiétude.
00:04:48Là, on ne va plus toucher la voiture bientôt.
00:04:50Car les prix flambent.
00:04:51Le litre, il est à combien ?
00:04:53Il est à 2,16 euros. Ça fait cher. Ça fait cher.
00:04:59Partout sur le territoire, les prix à la pompe ne font qu'augmenter.
00:05:03La barre des 2 euros, le litre est dépassé jusqu'à 2,60 euros à Paris.
00:05:08Et déjà, des pénuries comme ici à Marseille.
00:05:11On voit que la station, apparemment, il n'y a plus de carburant.
00:05:15Ça va être compliqué. Pour nous, les transporteurs, si on n'a pas de carburant, pas de livraison.
00:05:21Depuis le début de la guerre, c'est le gasoil qui a augmenté le plus rapidement, plus 15%.
00:05:26Sur le site du gouvernement, cette carte en temps réel des stations les plus chères
00:05:31et celle qui affiche les prix les plus bas, avec des écarts parfois de près de 1 euro.
00:05:36Ils sont là-bas, mes enquêteurs. On va les voir.
00:05:39Alors, pour éviter les abus, opération commando de la part du gouvernement.
00:05:44S'il y a un constat d'une non-loyauté sur l'application entre le prix du totem et le
00:05:53prix sur le site, il y a une sanction.
00:05:56Depuis hier, 500 stations-services sont contrôlées. Michel-Edouard Leclerc se défend.
00:06:02Ça a quelque chose d'assez délirant d'aller montrer le pompiste ou le garagiste du coin, d'aller dire
00:06:08je surveille ces marges,
00:06:11alors que vous voyez bien que c'est à travers toute l'Europe et même les Etats-Unis, c'est
00:06:15des stocks de produits raffinés.
00:06:16Les consommateurs se ruent à la pompe, mais aussi pour remplir leur cuve.
00:06:21Chez ce premier site de commande de fioul, le téléphone n'arrête pas de sonner.
00:06:26On a fait 440 commandes en une journée, donc le lundi, qui est le jour.
00:06:32En fait, le lundi, c'est un jour très fort de commandes, alors qu'on en avait fait 152 la
00:06:37semaine d'avant.
00:06:38Aujourd'hui encore, au Bangladesh, au Vietnam ou encore en Angleterre ou en Allemagne,
00:06:42ils sont des milliers à s'être rués dans les stations essence et certains pays prennent déjà des mesures.
00:06:50Thierry Brosse, vous êtes d'accord avec moi pour dire qu'on vient de vivre 48 heures absolument hallucinantes
00:06:54avec ces cours du pétrole, avec un baril qui dépasse les 115 dollars hier matin,
00:06:59qui redescend dans la soirée d'environ 30% ?
00:07:03Non, je pense que c'est la volatilité sur les matières premières.
00:07:06C'est une journée un peu spéciale, mais elle n'est pas extraordinaire.
00:07:09On a vu des jours où le pétrole a été plus volatile.
00:07:12Ce qui peut-être est extraordinaire, c'est finalement le poids qu'a le président Trump sur les cours du
00:07:18pétrole,
00:07:18parce que finalement, il est capable à lui tout seul, et ce que beaucoup d'hommes politiques rêveraient,
00:07:23de le faire baisser le prix par une phrase comme vous l'avez évoquée dans votre reportage.
00:07:28Non, les matières premières sont volatiles, il faut vivre avec et il faut imaginer des systèmes
00:07:34où soit le consommateur accepte cette volatilité, soit il peut être protégé d'une façon ou d'une autre.
00:07:40Mais la volatilité des matières premières, c'est la façon dont le système est construit
00:07:44puisque c'est le baril marginal qui fixe le prix de tous les barils.
00:07:47– Francis Pouce, vous n'avez pas l'air d'accord avec les propos de Thierry Bross
00:07:51sur le fait que quand Donald Trump parle, les cours du pétrole tremblent.
00:07:56– Évidemment, il a une forte influence sur le prix du baril,
00:08:00mais j'ai remarqué hier, parce qu'en ce moment, je suis presque chaque demi-heure
00:08:03le prix du cours du baril, et en fait, hier, les cours du baril avaient déjà commencé à descendre
00:08:10avant même que M. Trump parle.
00:08:12Donc c'est un peu facile de dire que c'est grâce à lui, moi je ne suis pas tout
00:08:15à fait sûr.
00:08:16– Alors si ce n'est pas grâce à lui, comment vous expliquez le début de la descente du prix
00:08:19hier ?
00:08:20– Alors ce qu'on a remarqué à chaque fois, là en plus, ils ont frappé un week-end,
00:08:26ce qu'ils ont déjà fait d'ailleurs, et je pense que c'était peut-être pour amortir l'effet
00:08:30pétrole.
00:08:31– Parce que la bourse est fermée.
00:08:33– On est passé dans la nuit, voilà, les bourses sont fermées le samedi et le dimanche,
00:08:36on est passé dans la nuit au pire à 119, vers 3 ou 4 heures du matin, 119 dollars hier,
00:08:42et on est vite redescendu parce que passé cet émoi, j'allais dire,
00:08:48les investisseurs se rendent compte quand même que du pétrole,
00:08:52il y en a encore et encore sur les marchés internationaux.
00:08:56Donc c'est une redescente normale qui est due à une flambée exceptionnelle dans la nuit.
00:09:01– Redescente aussi parce que peut-être hier, il y a eu une réunion des pays du G7 disant
00:09:07si ça se bloque, on lâchera quelques réserves éventuellement.
00:09:13En tout cas, il y a eu un début et on mettra donc sur le marché du pétrole
00:09:17pour justement envoyer le signal que l'on ferait peut-être des intérêts.
00:09:21– On parle des stocks stratégiques, mais la fonction première des stocks stratégiques,
00:09:25c'est de répondre à une crise, crise majeure.
00:09:27– Oui, on en parlera tout à l'heure, mais est-ce que, juste sur…
00:09:30– Nous, on essaie de comprendre, à la fois cette volatilité,
00:09:33cette flambée soudaine d'hier, est-ce que le fait d'envoyer un signal en disant…
00:09:38– On étudie la question ?
00:09:40– Voilà, on envisage l'option des stocks stratégiques,
00:09:43ça envoie aussi un message de…
00:09:46– Mais il faudrait un envoi massif de produits raffinés sur, par exemple,
00:09:52au moins le territoire européen pour que ça fasse bouger le fameux plat,
00:09:56ce qui est la cotation Rotterdam, là je parle de l'Europe,
00:09:58qui est la cotation Rotterdam des produits finis, et en particulier sur le diesel.
00:10:03– Céline Antonin ?
00:10:04– Oui, mais alors je pense que c'est un peu une combinaison,
00:10:06c'est-à-dire qu'à la fois, même si aucun des éléments n'est l'événement
00:10:10qui a expliqué le passage d'un prix à 119 dollars, une descente de près de 20 dollars,
00:10:16je pense que chaque élément a contribué à la fois le discours de Trump,
00:10:20à la fois la situation réelle du pétrole, parce qu'effectivement,
00:10:23il y a ce verrou du détroit d'Hormuz, mais si ce verrou saute,
00:10:27en fait, il faut quand même rappeler qu'avant cette crise,
00:10:29on était dans une situation où on était suralimenté en pétrole,
00:10:32c'est-à-dire qu'il y avait une offre largement excédentaire,
00:10:34on avait plus de 3 millions de barils le jour supplémentaires,
00:10:37donc en fait, voilà, c'est vraiment ce détroit qui pose problème,
00:10:40comme vous l'avez dit dans le reportage.
00:10:42– Oui, on rappelle, 20% du pétrole mondial transite par ce détroit d'Hormuz,
00:10:46Thierry Bross, est-ce que le contrôle de ce détroit,
00:10:48ce n'est pas en fait l'arme la plus redoutable de l'Iran ?
00:10:51– Oui, mais on le savait, enfin moi, j'ai été responsable
00:10:54de la sécurité des approvisionnements de la France il y a une vingtaine d'années,
00:10:57on sait tous que le détroit d'Hormuz, c'est le risque majeur,
00:11:00le risque systémique, et c'est pour ça que je pense que Trump a un plan B,
00:11:05c'est-à-dire qu'il a évoqué assez rapidement
00:11:08qu'il voulait escorter les tankers,
00:11:12le président Macron a aussi dit la même chose, donc on voit bien que…
00:11:15– Enfin, à la différence qu'Emmanuel Macron a parlé de cette option
00:11:18quand la phase la plus chaude du conflit sera passée,
00:11:21donc pas aujourd'hui.
00:11:22– Non, pas aujourd'hui, mais on voit bien que la marine américaine
00:11:26va d'abord essayer de nettoyer ce détroit
00:11:29pour faire passer quelques tankers, et puis ensuite, effectivement…
00:11:33– Je vous interromps, ça veut dire quoi, nettoyer le détroit ?
00:11:35– C'est-à-dire, il va falloir enlever les mines s'il y en a,
00:11:39il va falloir essayer de ne plus avoir de drones,
00:11:43et puis il va falloir escorter les navires, c'est ce que Trump dit,
00:11:47et donc, j'imagine que ça c'est possible,
00:11:50et que ça sera fait assez vite, parce qu'autrement,
00:11:52si vous n'avez pas ça, c'est pas 100, c'est pas 120,
00:11:56c'est très au-delà de 150 dollars,
00:11:58parce que quand il vous manque 20% de votre pétrole,
00:12:01vous n'avez aucun moyen de récupérer ces volumes qui vous manquent.
00:12:06– 20% du pétrole mondial, mais le pétrole européen dépend du marché mondial.
00:12:10– Oui, alors c'est vrai que c'est quand même un marché mondial
00:12:12qui joue sur les prix, je suis d'accord.
00:12:14En termes d'approvisionnement, on est peu dépendant du détroit d'Hormuz,
00:12:18mais par contre, évidemment, s'il vous manque 20% sur le marché mondial,
00:12:22les prix vont augmenter.
00:12:22– Oui, parce que, donc il faut rappeler que c'est un marché mondial,
00:12:25donc effectivement, tout ce qui se passe dans le détroit d'Hormuz,
00:12:27même si nous, en fait, c'est l'Asie qui est essentiellement approvisionnée
00:12:30par le pétrole qui, justement, transite par ce détroit,
00:12:33la Chine, le Japon, donc tous les pays du bloc asiatique,
00:12:37mais effectivement, nous-mêmes, on est touchés par répercussions.
00:12:39Et en fait, ce qui pose problème dans ce détroit,
00:12:41c'est que déjà, un, je pense que c'est compliqué de nettoyer les mines,
00:12:44de s'assurer vraiment une vraie sécurité.
00:12:46– S'il y en a, parce que pour l'instant, on ne sait même pas
00:12:47si le détroit a été miné.
00:12:49– Le plus réduit, il faut voir que c'est 30 kilomètres,
00:12:52donc c'est vraiment rien, c'est un goulet d'étranglement.
00:12:54Et par ailleurs, en fait, le problème de ce détroit,
00:12:56c'est qu'on est bordé par des pays qui sont des gros producteurs.
00:12:59L'Arabie saoudite, le Koweït, les Émirats, l'Irak, l'Iran.
00:13:03Et en fait, le problème, c'est aussi qu'il n'y a pas de voie alternative,
00:13:06parce qu'à la limite, on pourrait se dire,
00:13:08il y a un oléoduc qui traverse l'Arabie saoudite,
00:13:11pourquoi pas passer par là ?
00:13:12Mais en fait, il a une capacité qui est restreinte,
00:13:14et on ne peut pas tout faire passer par là.
00:13:16– Contournant l'Afrique ?
00:13:17– Alors ça, c'est autre chose, c'est-à-dire que c'est pour le pétrole
00:13:19qui ensuite passerait par le canal de Suez ou par l'Afrique,
00:13:22mais le détroit d'Hormuz, c'est vraiment un endroit particulier
00:13:25où vous avez ces 20 millions de barils jour,
00:13:27et moi, j'avais calculé qu'on a à peu près 8 à 10%
00:13:29de pétrole que vous n'arriveriez pas à détourner.
00:13:33Donc voilà, c'est pour ça que c'est un...
00:13:34– Oui, c'est à peu près ça, c'est 20 millions de barils par jour qui manquent.
00:13:38L'Arabie saoudite, la 10 matin,
00:13:39elle a la capacité de rerouter 6 millions par son pipeline.
00:13:4320 moins 6, ça vous fait 14.
00:13:44Et si on remet un peu des stocks stratégiques,
00:13:46on ne peut pas en remettre plus de 4, ça fait 10 millions qui vous manquent.
00:13:49Et 10 millions, vous ne faites pas l'équilibre mondial.
00:13:51Donc 10 millions, c'est une crise majeure énergétique.
00:13:54– Donc une pénurie.
00:13:55– Économique, oui.
00:13:56Et d'ailleurs, vous voyez que dans certains pays pauvres,
00:13:59parce que c'est comme ça qu'il faut appeler les choses,
00:14:01vous avez déjà des pénuries.
00:14:02Parce que quand on dit ça ne touche que l'Asie,
00:14:05c'est un peu facile parce que rappelez-vous...
00:14:08– Non, ça touche beaucoup l'Asie, mais...
00:14:08– Rappelez-vous ce qui s'est passé en 2021,
00:14:11quand Poutine nous a coupé le gaz, ça a touché le Bangladesh,
00:14:15le Pakistan qui n'ont pas pu avoir de gaz
00:14:17et qui ont eu des blackouts.
00:14:18Parce que nous, riches, avons rerouté les cargaisons de méthane.
00:14:23– Non, non, je suis d'accord.
00:14:23Et en plus, je pense que ça ne touche pas que l'Asie.
00:14:26Disons que c'est vraiment ceux qui se fournissent essentiellement
00:14:29pour lesquels le pétrole transite beaucoup par ce détroit.
00:14:32Mais à la limite, la Chine ne s'entend pas trop mal avec l'Iran.
00:14:34Donc, ce n'est pas forcément...
00:14:36J'allais dire, les quelques pétroliers qui pourraient passer
00:14:39sont finalement ceux qui seraient destinés à la Chine.
00:14:41– Et par ailleurs, Téhéran a juré cet après-midi
00:14:43que plus aucune goutte de pétrole ne sortirait du Moyen-Orient
00:14:46jusqu'à nouvel ordre.
00:14:48Est-ce que d'ailleurs, vous qui suivez minute par minute
00:14:51la courbe des cours du pétrole,
00:14:53est-ce que ça a fait bouger les choses, cette déclaration de l'Iran ?
00:14:55– Oui, on a commencé la journée sur une tendance baissière
00:14:59qui a continué jusqu'à à peu près il y a une heure.
00:15:03Donc, les annonces datent d'il y a deux, trois heures au moins, je crois.
00:15:07Donc là, par contre, à l'inverse, ça n'a pas eu, pour l'instant, de répercussions.
00:15:10– Alors, pardon pour cette question béotienne,
00:15:12mais les automobilistes qui nous regardent, je suis sûre, se la posent aussi.
00:15:15On est tous étonnés de la rapidité avec laquelle la flambée du baril
00:15:17s'est répercutée à la pompe.
00:15:19Pardon, mais on a du mal à comprendre.
00:15:20J'ai toujours entendu qu'il y avait, en général, deux semaines
00:15:23entre la hausse du baril et la hausse à la pompe.
00:15:27Et là, ça a mis deux jours.
00:15:29– Alors, je vais vous dire, moi aussi, le premier, j'ai été étonné.
00:15:31Je déclarais il y a encore dix jours que je ne m'attendais pas
00:15:34à une hausse aussi rapide.
00:15:36En fait, ce qui s'est passé, ce qu'il faut comprendre,
00:15:38c'est qu'on a le fameux baril de pétrole que tout le monde scrute,
00:15:43avec d'ailleurs à côté la valeur aussi de l'euro par rapport au dollar,
00:15:46qui joue dans l'équation.
00:15:48Mais en fait, derrière, c'est le marché Rotterdam,
00:15:52qu'on appelle le platz, qui est une cotation de chaque produit fini.
00:15:57Je m'explique.
00:15:58Vous avez, une fois raffiné, ces produits arrivent sur le marché.
00:16:02Pour le sans-plomb, on est autosuffisant en Europe.
00:16:05Donc, on ne fait appel à aucune source d'approvisionnement extérieur.
00:16:09On est autonome.
00:16:10On a vu la hausse, la semaine dernière, 8 centimes de plus sur le sans-plomb.
00:16:14En revanche, sur le gasoil, on en manque.
00:16:16On en manque depuis, entre autres, la guerre en Ukraine,
00:16:19où on s'est coupé des approvisionnements russes de diesel qui étaient de l'ordre de 20 %
00:16:24et on importe, en ce moment, à peu près 20 à 30 % de gasoil.
00:16:29À partir du moment où vous allez chercher le gasoil raffiné ailleurs,
00:16:33dans des pays qui ont des contraintes d'approvisionnement,
00:16:36puisqu'ils ne reçoivent plus des pays du Golfe,
00:16:39forcément, le marché mondial du gasoil spécifiquement monte
00:16:43et c'est ce fameux place Rotterdam qui est l'indice prix de l'ensemble de nos fournisseurs.
00:16:49Donc, ça explique pourquoi, malheureusement,
00:16:51on a eu 25 centimes de hausse sur le gasoil versus 8.
00:16:55Et je tiens à signaler que c'est une situation qu'on avait déjà depuis quelques semaines.
00:17:00On avait déjà un gasoil qui était au même prix que le gasoil.
00:17:02Olivier, je crois qu'il y a une question téléspectateur qui est dans cette même thématique.
00:17:05On peut rejoindre un peu ce débat, c'est Jean-Jacques qui nous la pose
00:17:08et qui se demande si la baisse va être immédiatement impactante sur les prix,
00:17:15aussi vite à la baisse que ça l'a été à la hausse.
00:17:17Ou est-ce qu'il n'y a pas, au milieu de ça, malgré tout,
00:17:21là, ce que vous décrivez, c'est un marché parfaitement libre, transparent et fair.
00:17:25Est-ce que tous les acteurs de ce secteur en période de crise sont fairs ?
00:17:28Est-ce qu'il n'y a pas aussi des gens qui font des provisions et qui profitent de cette
00:17:32augmentation ?
00:17:33Je représente les distributeurs de carburant, les pompistes, j'aime à dire.
00:17:37Ces pompistes ont des capacités de stockage très limitées,
00:17:40dans un sens comme dans un autre, d'ailleurs.
00:17:43Donc, on ne peut pas faire...
00:17:44En moyenne, on a 1 à 5 jours de stock en station-service.
00:17:48Donc, on ne peut pas faire de stock sur 2 mois.
00:17:50J'entendais hier un auditeur d'une radio qui disait
00:17:52qu'ils ont des stocks de 3 mois, c'est absolument pas vrai,
00:17:54parce que déjà, ça coûte très cher le carburant
00:17:56et que vous le payez quasiment comptant.
00:17:59Donc, ce n'est pas chez nous qu'il y aurait quelque chose,
00:18:04mais ça surprend toujours tout le monde,
00:18:06mais ce fameux platz, hors élément exceptionnel,
00:18:08et on le vérifiera, je pense, sur le sans-plomb par rapport au gasoil,
00:18:12a une variation qui suit vraiment les cours du baril,
00:18:16hors élément exceptionnel, encore une fois,
00:18:18c'est-à-dire que le gasoil, on est un peu déconnecté,
00:18:19et on verra si la baisse est durable,
00:18:22parce que là, on a effectivement perdu une quinzaine de dollars,
00:18:25on verra très certainement, rapidement, un effet à la pompe.
00:18:30Céline Monsenand ?
00:18:31Oui, je suis d'accord avec ce qui a été dit.
00:18:35Puisque tous les automobilistes qui sont allés à la pompe aujourd'hui
00:18:38ont entendu que les prix du baril avaient rebaissé,
00:18:41ils ont vu que ça avait monté très vite,
00:18:42ils s'attendent à ce que ça rebaisse très vite.
00:18:43Oui, alors je suis d'accord, alors ce qu'il y a,
00:18:45c'est que ce n'est pas des variations journalières,
00:18:46il faut que j'allais dire, c'est plutôt des variations hebdomadaires
00:18:48qu'on sent véritablement à la pompe,
00:18:50mais alors ce qu'il faut aussi rappeler,
00:18:51c'est qu'en fait, le pétrole, il augmente depuis le début de l'année,
00:18:55donc c'est vrai que déjà depuis janvier,
00:18:56vous aviez une hausse tendancielle,
00:18:57on a pris, on va dire, 10 à 15 dollars,
00:18:59donc en fait, il y a aussi ça qui se superpose,
00:19:02alors même si bien sûr, là, on a un épiphénomène,
00:19:04en fait, on était plutôt dans une tendance un peu haussière,
00:19:06parce qu'on commençait à avoir une prime de risque liée à l'Iran
00:19:08et même avant que la guerre se déclenche,
00:19:10on avait déjà un début de prime de risque.
00:19:12Et puis forcément, oui, Thierry ?
00:19:14Oui, deux choses, d'abord, on voit bien sur le diesel
00:19:17que c'est la dernière cargaison de diesel qui fixe le prix
00:19:21et c'est parce qu'elle vient de pays étrangers
00:19:23qu'elle a fait monter le prix du diesel, premièrement.
00:19:26Deuxièmement, je ne pense pas que ça va descendre si vite
00:19:27parce que le diesel vient de l'étranger
00:19:30et vous avez de plus en plus de pays qui raffinent,
00:19:33qui ont décidé d'interdire les exportations.
00:19:36La Chine, par exemple, vient de décider d'interdire les exportations.
00:19:39Donc, je ne suis pas sûr.
00:19:40Il peut y avoir des profits de guerre, ça a toujours existé,
00:19:43mais sur ce cas-là du diesel,
00:19:45je ne suis pas sûr que la baisse soit attendue dès la semaine prochaine.
00:19:49J'ai bien fait la distinction entre...
00:19:50Oui, oui, et peut-être un exemple, justement,
00:19:52parce qu'on en a beaucoup parlé au moment de la guerre
00:19:54entre la Russie et l'Ukraine.
00:19:56Vous aviez des pays, par exemple, comme l'Inde,
00:19:58qui importaient du pétrole que nous,
00:20:00nous nous étions interdits d'importer puisqu'ils venaient de Russie,
00:20:02qui le raffinaient et qui nous le vendaient à prix élevé.
00:20:05Et donc, ils réalisaient une grosse marge
00:20:06puisqu'ils achetaient leur pétrole russe décoté
00:20:09et puis ils raffinaient les produits.
00:20:10Donc, à ce niveau-là, on était un petit peu le dindon de la femme.
00:20:13En attendant que les prix baissent,
00:20:14il y a aussi ce que les États peuvent faire.
00:20:17Entre matière première, taxes et coûts de distribution,
00:20:19le prix du carburant en France dépend de plusieurs variables
00:20:22et le gouvernement tente de juguler sa flambée
00:20:25avec peu de levier pour agir dans un contexte budgétaire
00:20:28forcément contraint.
00:20:31La France est à la manœuvre,
00:20:33mais pas encore décidée à puiser
00:20:35dans ses réserves stratégiques de pétrole
00:20:37l'option numéro un.
00:20:38Nous avons souhaité travailler plus loin
00:20:40pour se préparer à toute éventualité.
00:20:42Nous avons demandé à l'Agence internationale de l'énergie
00:20:45de commencer à travailler sur des scénarios,
00:20:47d'actualiser évidemment ces données de stock
00:20:50et qu'on puisse éventuellement commencer à travailler
00:20:52sur des quantités qui pourraient être libérées.
00:20:56Une réponse dans le cadre du G7
00:20:58et pas d'aide publique pour l'instant.
00:21:00C'est le choix du gouvernement.
00:21:02Mais le sujet s'est déjà invité dans le débat politique
00:21:05et chacun y va de sa solution.
00:21:07A gauche, certains veulent un blocage des prix de l'énergie.
00:21:11La députée LFI Aurélie Trouvé a déposé une proposition de loi
00:21:14pour appliquer cette mesure en cas de choc économique majeur.
00:21:18Ça permettrait de bloquer les prix au niveau auquel ils étaient
00:21:21avant ce qu'on observe là,
00:21:23qui sont en vérité des mécanismes de spéculation.
00:21:25Et c'est la seule solution qui permet de protéger
00:21:28le pouvoir d'achat des Françaises et des Français.
00:21:30Gelé les prix, pas question pour le Rassemblement national.
00:21:34Jordan Bardella propose, lui, de baisser les taxes sur le carburant
00:21:37et de passer la TVA de 20% à 5,5%.
00:21:41Au-delà des clivages politiques,
00:21:44certains plaident pour la distribution d'un chèque énergie au plus modeste.
00:21:48Je suggère qu'il y ait une forme de chèque énergie,
00:21:52comme il y a eu un chèque bois,
00:21:53qui permettrait là de cibler les ménages les plus modestes
00:21:57qui ont besoin d'être accompagnés dans ce moment-là.
00:22:00Un coup de pouce direct au ménage,
00:22:02soutenu par le député du camp présidentiel, Marc Ferracci,
00:22:06ou encore par l'ancien Premier ministre, Michel Barnier.
00:22:09Bon, pour l'instant, le seul levier que la France a activé,
00:22:12c'est cette campagne de contrôle des prix.
00:22:15Est-ce vraiment utile, Céline Antonin ?
00:22:17Oui, en tout cas, moi, je pense que ça a une vertu.
00:22:20Moi, je crois dans les vertus du signal prix.
00:22:23Alors, par exemple, par rapport aux options de blocage des prix
00:22:25qu'on évoque, auxquelles, moi, je ne suis pas favorable,
00:22:27parce que je pense que le prix est un signal,
00:22:29c'est-à-dire que les consommateurs font leur choix
00:22:30dans un environnement où certains prix augmentent,
00:22:32d'autres diminuent, et qu'ils doivent se positionner par rapport à ça.
00:22:35Donc, effectivement, dans ce contexte,
00:22:36je pense que d'assurer, par contre, une concurrence
00:22:39et d'assurer le prix le plus juste
00:22:40et une juste concurrence entre les producteurs
00:22:43et les distributeurs, en l'occurrence,
00:22:45c'est une bonne chose.
00:22:47Thierry Bross ?
00:22:48Moi, je suis tout à fait pour le signal prix.
00:22:50Par contre, est-ce qu'on a besoin de contrôler ?
00:22:51Alors, soit on revient à l'URSS,
00:22:53et moi, je veux bien, et donc on contrôle tout,
00:22:55soit on laisse le marché libre et concurrentiel.
00:22:59Je ne vois pas trop l'intérêt d'envoyer
00:23:01X ministres, Y fonctionnaires
00:23:03faire quelque chose que le consommateur peut très bien faire.
00:23:06Le consommateur peut voter avec sa voiture.
00:23:08Il y a des mesures prises par Bruno Le Maire
00:23:10au moment du Covid, sur la crise énergétique.
00:23:13Il ne sortait pas du politburo, Bruno Le Maire, pour autant.
00:23:16Non, et puis, on n'est pas obligé de contrôler par des ministres,
00:23:18c'est-à-dire qu'il y a une autorité de la concurrence
00:23:20qui doit contrôler les prix.
00:23:21Oui, mais là, c'est de la mise en scène.
00:23:22Oui, on est d'accord, c'est de la mise en scène.
00:23:23Oui, tout à fait.
00:23:24Mais par contre, le fait qu'il y ait une autorité de la concurrence,
00:23:26une des GCCRF qui contrôle les prix,
00:23:28je pense que c'est une bonne chose.
00:23:30Oui, bien sûr.
00:23:34Michel-Édouard Leclerc a critiqué ses contrôles en disant
00:23:36que ce n'est pas là qu'il faut aller chercher,
00:23:38il faut aller en amont dans les raffineries,
00:23:39demander aux raffineurs pourquoi ils ont répercuté
00:23:42tout de suite cette inflation.
00:23:43Et puis, il n'y a pas que les raffineurs,
00:23:45il y a aussi tous ces marchands de carburant
00:23:46présents sur le marché libre.
00:23:47C'est là qu'il faudrait aller contrôler.
00:23:50Il s'en prend à vous, Francis Pousse,
00:23:52Michel-Édouard Leclerc ?
00:23:53Non, il explique que c'est l'amont qu'il faut aller voir.
00:23:57Les raffineurs ?
00:23:57Puisque les différents grossistes sur le marché libre,
00:24:02ce sont des grossistes plus ou moins importants
00:24:05sur le territoire,
00:24:06qui ne dépendent pas forcément d'un pétronnier
00:24:09ou des grandes surfaces.
00:24:11Rappelons quand même que les grandes surfaces
00:24:12ont leur centrale d'achat.
00:24:14Donc, ils négocient en gros du prix du pétrole,
00:24:18de l'essence ou du gasoil qu'ils achètent.
00:24:20Donc, il y a peut-être aussi chez eux à regarder
00:24:24quel est le prix auquel ils achètent le carburant.
00:24:28Parce que Bercy veut en fait aller vérifier
00:24:30lors de ses contrôles que les prix déclarés
00:24:32sur la plateforme prix-carburant.gouv.fr
00:24:35sont fidèles à ceux qu'on trouve à la pompe
00:24:38quand on est un automobiliste.
00:24:40Nous, on a regardé cet après-midi sur ce site
00:24:42et on constate que certaines stations
00:24:44ne renseignent pas automatiquement leur prix.
00:24:47Si on prend l'exemple de la station
00:24:48soi-disant la moins chère en ce moment
00:24:50qui serait à 1,60€ le litre,
00:24:52en fait, c'est un relevé qui date d'il y a 8 mois.
00:24:54Alors, cette station
00:24:56qui est un peu marginal dans le paysage
00:24:59et là, on est en plein Paris
00:25:00avec des coûts d'exploitation très importants.
00:25:03Le principe du renseignement des prix
00:25:06sur la plateforme prix-carburant.gouv.fr
00:25:08c'est obligatoire pour toute station
00:25:10qui réalise plus de 500 m3 annuels de vente.
00:25:14D'accord, mais comment vous expliquez
00:25:15alors qu'il y a certaines stations
00:25:16qui n'ont pas renseigné ce prix depuis 8 mois ?
00:25:17Je pense que, connaissant la situation
00:25:20un petit peu des stations parisiennes,
00:25:22leur volume...
00:25:22Mais ce n'est pas à Paris,
00:25:23je crois même que c'était dans les Deux-Sèvres.
00:25:25Ou même ailleurs,
00:25:26leur volume étant un déclin,
00:25:27si elle tombe en dessous des 500 m3,
00:25:29500 000 litres annuels,
00:25:31elle n'a plus l'obligation
00:25:32de déclarer ses prix.
00:25:33En revanche, effectivement,
00:25:34à partir du moment où on a l'obligation,
00:25:36je suis le premier
00:25:36et on a relancé nos adhérents sur le sujet,
00:25:39il faut mettre à jour
00:25:40et les prix et les ruptures,
00:25:42c'est aussi une obligation.
00:25:43Alors, parmi les leviers,
00:25:45les pistes envisagées par l'exécutif,
00:25:47il y a donc ces fameux stocks stratégiques,
00:25:49à les puiser dans les stocks stratégiques.
00:25:51Céline Antonin,
00:25:52est-ce que c'est LA solution ?
00:25:54Alors, je ne dirais pas
00:25:55que c'est LA solution.
00:25:56Le fait de donner cette option,
00:25:58c'est quand même un moyen,
00:26:00disons, pour les pays occidentaux,
00:26:02de dire qu'ils ont les moyens
00:26:04un peu de contrer, disons,
00:26:05une crise pétrolière.
00:26:06Mais alors,
00:26:07ça ne peut jamais durer très longtemps,
00:26:08c'est-à-dire que ça a déjà été fait
00:26:09lors de précédentes crises.
00:26:11Bon, je veux dire,
00:26:12ça ne peut avoir qu'un impact.
00:26:13Parce que les stocks stratégiques de la France,
00:26:15ça représente combien de jours de consommation ?
00:26:17En fait, il y a une obligation.
00:26:18L'Agence internationale de l'énergie,
00:26:19voilà, fixe à 90 jours,
00:26:21le montant de jours de stocks
00:26:23que chaque pays doit posséder,
00:26:25donc membre de l'Agence internationale de l'énergie.
00:26:27Je vous dis,
00:26:27c'est plutôt le signal que ça peut envoyer,
00:26:29mais par contre,
00:26:30il est évident que si on a un des trois
00:26:31qui est bloqué pendant plusieurs mois,
00:26:32ça va bien faire.
00:26:33Pour moi, ça ne suffira pas,
00:26:34enfin, 90 jours.
00:26:35Thierry Bross,
00:26:36à qui ils appartiennent,
00:26:36ces stocks stratégiques ?
00:26:38Alors, ça dépend des pays.
00:26:39Certains, ils appartiennent à la puissance publique.
00:26:41Certains, ils appartiennent à des opérateurs.
00:26:43Et c'est 90 jours d'importation nette,
00:26:46effectivement, minimum.
00:26:47En France, ça appartient à l'État ?
00:26:48Non, c'est une...
00:26:49C'est l'opérateur, oui.
00:26:50C'est géré par la sagesse.
00:26:53Voilà.
00:26:53Géré par la sagesse, c'est joliment dit.
00:26:55C'est beau.
00:26:56Mais ces stocks stratégiques,
00:26:58il faut quand même expliquer
00:27:00que ce sont des stocks tournants.
00:27:02Ce sont les opérateurs
00:27:05qui ont l'obligation
00:27:06de garder X% dans leur cuve.
00:27:08Donc, quand vous dites les opérateurs,
00:27:10c'est les grands groupes pétroliers.
00:27:11Voilà.
00:27:12Ou les indépendants
00:27:13dont on parlait tout à l'heure,
00:27:14les grossistes indépendants.
00:27:15Et dans les dépôts,
00:27:16ils doivent garder
00:27:18une proportion de carburants bloqués
00:27:20qu'ils ne peuvent pas vendre.
00:27:21D'accord ?
00:27:22Mais ce carburant,
00:27:24il est remplacé jour après jour
00:27:26par du carburant au nouveau prix.
00:27:28Donc, c'est pas...
00:27:29On va pas chercher un diesel
00:27:30qu'on a stocké
00:27:31alors que le baril était à 20 dollars
00:27:33pendant le Covid
00:27:34pour le mettre sur le marché.
00:27:35C'est la question
00:27:35que j'allais poser à Thierry Bross.
00:27:36C'est-à-dire,
00:27:37qu'est-ce qui se passe ?
00:27:38Qui peut décider de les débloquer ?
00:27:39Et que se passe-t-il
00:27:40quand on les débloque ?
00:27:41On les vend à quel prix,
00:27:42ces stocks stratégiques ?
00:27:43Alors, d'abord,
00:27:44ces 90 jours d'importation nette,
00:27:46c'était essentiellement du brut.
00:27:47Et aux Etats-Unis,
00:27:48ce n'est que du brut.
00:27:48C'est dans des cavernes
00:27:50en Louisiane.
00:27:51Pour les Européens,
00:27:52on a été, pour une fois, malins.
00:27:54On a décidé qu'on allait faire
00:27:55et du brut et des produits pétroliers.
00:27:58Et ça, effectivement,
00:27:59ça pourrait nous servir aujourd'hui.
00:28:00Donc, effectivement,
00:28:01et vous avez raison,
00:28:02quand c'est des produits pétroliers,
00:28:03il faut faire tourner le stock
00:28:04puisque vos produits pétroliers
00:28:05ne restent pas identiques,
00:28:07ils se dégradent avec le temps.
00:28:08Donc, vous êtes obligés de faire...
00:28:09Oui, du coup,
00:28:10ça devient du vieux gasoil
00:28:12avec du dépôt au fond.
00:28:13Mais le pétrole, lui,
00:28:14il est là depuis,
00:28:15pour certains,
00:28:16depuis 1973,
00:28:16depuis qu'on a mis ça en place.
00:28:19Pour ce qui est,
00:28:20qui a la main ?
00:28:21Eh bien, ce n'est pas la France.
00:28:23C'est l'Agence nationale d'énergie
00:28:24puisque ce qu'on a fait
00:28:25dans les années 1973...
00:28:27Après le choc pétrolier.
00:28:28Après le choc pétrolier.
00:28:29C'est de se dire
00:28:29qu'on allait faire
00:28:30une assurance collective
00:28:31et donc on allait tous,
00:28:33chacun mettre 90 jours
00:28:34nets d'importation
00:28:35et si on voyait
00:28:38qu'il y avait un problème,
00:28:39on allait tous décider ensemble
00:28:41de remettre une partie
00:28:42de ces stocks sur le marché.
00:28:43Mais ça ne peut pas être
00:28:43une décision souveraine.
00:28:44Ça ne peut pas être
00:28:45une décision nationale.
00:28:46Ça ne peut être une décision souveraine
00:28:46que si vous avez plus
00:28:47de 90 jours.
00:28:49C'est une décision souveraine.
00:28:50Qui n'est pas le cas de la France.
00:28:51Alors la France,
00:28:52on a un tout petit peu plus
00:28:53mais c'est très faible.
00:28:55Le Japon, par exemple,
00:28:56a 180 jours.
00:28:58Donc le Japon
00:28:58a une décision souveraine.
00:29:00Les Etats-Unis,
00:29:00c'est souverain
00:29:01puisque tout leur appartient.
00:29:02Je voudrais qu'on avance
00:29:03sur les autres pistes.
00:29:04Céline Antonin,
00:29:05vous me disiez,
00:29:06vous, la baisse des taxes
00:29:07que réclame notamment
00:29:08le Rassemblement national
00:29:09et Jordan Bardella,
00:29:10vous n'y êtes pas favorable.
00:29:11Disons que la baisse des taxes,
00:29:13c'est vrai qu'à chaque crise pétrolière,
00:29:15on voit...
00:29:16Je rappelle qu'un litre d'essence,
00:29:17il y a 60% de taxes sur un litre.
00:29:19C'est vrai qu'il y a une vraie question
00:29:20puisque effectivement,
00:29:21quand vous payez un litre d'essence,
00:29:23en termes de fiscalité,
00:29:24vous avez la TICPE,
00:29:25donc la taxe intérieure
00:29:27sur la consommation
00:29:27des produits énergétiques
00:29:29qui a un droit d'accise
00:29:30qui fait à peu près
00:29:3160 centimes.
00:29:33Sur le gaz et au litre,
00:29:3467 sur l'essence.
00:29:35Exactement.
00:29:36Et ensuite,
00:29:37vous avez la TVA à 20%
00:29:39qui va s'appliquer
00:29:39sur le prix hors-taxe
00:29:40et sur ce droit d'accise.
00:29:42Et donc,
00:29:42vous avez même une taxe
00:29:43sur la taxe
00:29:44puisque vous avez aussi
00:29:44une TVA sur ce droit d'accise.
00:29:46Donc, au total,
00:29:47vous le dites,
00:29:47ça fait à peu près 60%.
00:29:49C'est beaucoup.
00:29:50Et en même temps,
00:29:51la France a fait aussi ce choix
00:29:53parce qu'on est dans une perspective
00:29:55de transition énergétique.
00:29:56C'est l'idée de rendre
00:29:57l'énergie la moins carbonée possible
00:29:59et d'aller vers une transition énergétique
00:30:01le plus possible.
00:30:02Le commissaire européen
00:30:03à l'énergie
00:30:04a recommandé cet après-midi
00:30:05aux États qui en ont les moyens
00:30:07de baisser les taxes
00:30:07sur l'énergie,
00:30:08en particulier sur l'électricité,
00:30:10pour compenser
00:30:11la hausse de l'essence.
00:30:12C'est faisable, ça ?
00:30:13Et ça a du sens ?
00:30:14Alors, moi,
00:30:15ce qui me semble en plus compliqué,
00:30:16c'est que, par exemple,
00:30:17si on parle de taxes,
00:30:18tout ça est régi.
00:30:19Par exemple, la TVA,
00:30:20vous ne pouvez pas la baisser comme ça.
00:30:21C'est-à-dire que c'est une TVA à 20%
00:30:23qui s'applique à taux normal
00:30:24parce que la TVA à taux réduit
00:30:26ne s'applique que pour des produits
00:30:27de première nécessité
00:30:28et dont, a priori,
00:30:29les carburants ne font pas partie.
00:30:31Donc, de toute façon,
00:30:32pour moi,
00:30:33c'est un choix qui doit être pris
00:30:34déjà à l'échelle européenne.
00:30:35Je pense que c'est compliqué
00:30:36d'avoir une décision totalement...
00:30:37Pour l'instant,
00:30:38c'est une recommandation
00:30:39du commissaire européen.
00:30:40Oui, tout à fait.
00:30:40Alors, je ne sais pas.
00:30:40Peut-être qu'il y a des mesures
00:30:42dans ce sens,
00:30:42mais je vous dis,
00:30:43en même temps,
00:30:43ça reviendrait aussi à dire
00:30:44que, quelque part,
00:30:45la transition passe au deuxième...
00:30:46Thierry Bross ?
00:30:47Oui, alors, la taxation,
00:30:48c'est souverain.
00:30:50Pour le pétrole,
00:30:52l'État a décidé d'exister
00:30:53à 50%
00:30:54et donc, c'est un produit de luxe.
00:30:55Très bien.
00:30:56Donc, ça, c'est une décision.
00:30:57On ne peut pas tous les jours changer.
00:30:59Donc, moi, je suis d'accord.
00:31:00C'est un signal pris.
00:31:01Par contre, sur l'électricité,
00:31:02oui, c'est un bien
00:31:03de première nécessité.
00:31:04Ça ferait longtemps
00:31:05qu'on aurait pu mettre ça
00:31:06à 5,5%.
00:31:07Mais, effectivement,
00:31:08l'État français ne peut plus.
00:31:09L'État français n'a plus d'argent.
00:31:11C'est ça, le problème.
00:31:12L'État français,
00:31:13et s'il fait ça,
00:31:14il va avoir sa note encore chutée,
00:31:16le coût de la dette
00:31:17encore augmenté, etc.
00:31:18Soit l'État français
00:31:19essaye de remettre...
00:31:20Pardon ?
00:31:21Les contribuables aussi,
00:31:22si vous avez...
00:31:23Ce que se disent aussi
00:31:24les automobilistes aujourd'hui,
00:31:25c'est que qui profite de la hausse ?
00:31:28Les premiers en profiter,
00:31:29c'est les caisses de l'État, en fait.
00:31:30C'est l'État, oui.
00:31:30Pour la partie TVA.
00:31:31Oui, pour la partie TVA.
00:31:33Parce que ce qu'il faut voir aussi,
00:31:34c'est que quand vous avez
00:31:35de l'inflation énergétique,
00:31:36de manière générale,
00:31:37ça a quand même un impact aussi
00:31:38sur la croissance,
00:31:40puisque, par exemple,
00:31:40vous avez 10% de hausse
00:31:41du prix du baril,
00:31:42ça vous fait, en moyenne,
00:31:44on va dire,
00:31:440 à 1 point de croissance en moins.
00:31:46Et donc, ça veut dire
00:31:47moins de recettes pour l'État,
00:31:48et puis vous allez avoir
00:31:49de l'inflation,
00:31:49donc il va falloir indexer
00:31:51les salaires,
00:31:51il va falloir indexer
00:31:52les minimas sociaux,
00:31:53donc ce n'est pas une opération
00:31:54qui est forcément très gagnante
00:31:55pour l'État, non plus,
00:31:56si vous prenez tout
00:31:57en même temps.
00:31:57Bien sûr, la TVA...
00:31:58Et puis, par ailleurs,
00:31:59le problème d'une baisse de taxes,
00:32:00c'est que ça va concerner
00:32:01tout le monde,
00:32:02et pas forcément
00:32:03les moins aisés.
00:32:05Il y a aussi...
00:32:06En 2022,
00:32:07la remise à la pompe,
00:32:08c'est 8 milliards.
00:32:107 milliards et demi.
00:32:12Oui.
00:32:127 milliards et demi.
00:32:13Moi, je suis à 500 millions près,
00:32:15Francis Plus.
00:32:17Ça a coûté 7 milliards et demi
00:32:18aux finances publiques.
00:32:19Ça.
00:32:20Pour une mesure
00:32:20qui n'était pas ciblée
00:32:22et qui, en fait,
00:32:23effectivement, vous le disiez,
00:32:23alors en plus,
00:32:24il n'y a pas qu'une question
00:32:24de richesse pour la question...
00:32:26Là, en l'occurrence,
00:32:27c'est vraiment une question
00:32:28aussi ruraux, urbains,
00:32:29ménages contraints
00:32:30versus ménages non contraints.
00:32:32À la limite,
00:32:32c'est plus cette question-là
00:32:33que la question de la richesse
00:32:34elle-même,
00:32:34parce qu'en fait,
00:32:35les minimas sociaux,
00:32:37par exemple,
00:32:37sont indexés.
00:32:38Donc, en termes d'inflation,
00:32:39les ménages qui, par exemple,
00:32:40touchent un minimum social
00:32:43vont voir, effectivement,
00:32:46ce minima indexé
00:32:47alors que ce n'est pas le cas
00:32:48pour des ménages
00:32:49de la classe moyenne.
00:32:50Et puis,
00:32:50si vous roulez à l'essence
00:32:51et qu'en plus,
00:32:52vous vous chauffez au gaz,
00:32:54c'est la double peine
00:32:54ce soir,
00:32:55Fanny Guinochet.
00:32:56On parle beaucoup
00:32:57des prix du pétrole
00:32:58mais le cours du gaz
00:32:59a littéralement flambé.
00:33:0275%.
00:33:03La hausse du cours du gaz
00:33:05est montée jusqu'à 75%
00:33:07ces derniers jours
00:33:08depuis le début
00:33:08de la guerre au Moyen-Orient.
00:33:10Pour vous donner
00:33:10un ordre d'idée,
00:33:12les cours du gaz
00:33:13pour une livraison
00:33:14en avril 2026
00:33:15sont passés
00:33:15de 32 euros
00:33:16le mégawatt-heure
00:33:17le 27 février.
00:33:19Ça,
00:33:19c'était juste avant
00:33:20le déclenchement
00:33:21de la guerre au Moyen-Orient
00:33:22à 56 euros lundi.
00:33:24Alors,
00:33:25c'est redescendu
00:33:25un peu depuis
00:33:26parce que les cours du gaz
00:33:28sont indexés
00:33:29sur ceux
00:33:29suivent ceux
00:33:30du pétrole.
00:33:31Vous voyez toutefois
00:33:32qu'on est très très loin
00:33:33de ce qu'on a connu
00:33:34pendant,
00:33:35en 2022,
00:33:36juste après
00:33:37le début de la guerre
00:33:38en Ukraine.
00:33:40Alors,
00:33:40c'est vrai que
00:33:41la flambée actuelle,
00:33:42elle est notamment due
00:33:43à l'arrêt de la production
00:33:45de gaz naturel liquéfié,
00:33:47le fameux GNL
00:33:48qui est transporté
00:33:49par navire
00:33:49et qui passe par le Qatar
00:33:51et qui pèse 20%
00:33:52du marché mondial.
00:33:53Alors,
00:33:54je le disais,
00:33:55c'est que quand même,
00:33:56on a tendance,
00:33:56on a vu aujourd'hui
00:33:57exactement comme
00:33:58le prix du pétrole,
00:33:59un reflux.
00:34:00Alors,
00:34:00est-ce que c'est la parole
00:34:01de Donald Trump ?
00:34:02Est-ce que c'est la réunion
00:34:03qui dit qu'on pourrait
00:34:04piocher dans les réserves stratégiques ?
00:34:06C'est certainement,
00:34:07comme vous le disiez,
00:34:07une combinaison
00:34:09de ces éléments.
00:34:10Mais,
00:34:10par exemple,
00:34:11ce matin,
00:34:11en quelques heures,
00:34:13on perdait 15 à 20%
00:34:14du prix.
00:34:16Mais les marchés
00:34:16restent quand même
00:34:17ultra fébriles.
00:34:18Et oui,
00:34:18parce qu'en fait,
00:34:19on n'a pas beaucoup
00:34:20de visibilité.
00:34:21Ça fait le yo-yo.
00:34:22En attendant,
00:34:2310 millions de Français
00:34:25de foyers
00:34:26sont abonnés au gaz.
00:34:28Alors,
00:34:28il y a ceux
00:34:28qui vont avoir la hausse
00:34:30et ceux qui ne l'auront pas.
00:34:32Alors,
00:34:32je vous explique,
00:34:3340% des Français
00:34:34ont des contrats
00:34:35qui sont des abonnements
00:34:37à taux fixe.
00:34:39Ils doivent être contents
00:34:39de les avoir ce soir.
00:34:40Exactement.
00:34:41Quel que soit le niveau,
00:34:42les yo-yos
00:34:43que feront le cours,
00:34:44le prix ne changera pas
00:34:45pour eux.
00:34:46En revanche,
00:34:4760% ont des...
00:34:48des abonnements
00:34:49avec des coûts variables.
00:34:51Alors là,
00:34:51il faut espérer
00:34:52que la baisse
00:34:54des prix du gaz,
00:34:56des cours du gaz
00:34:57se prolonge.
00:34:58Alors,
00:34:59vous le verrez certainement
00:34:59sur la facture
00:35:00du mois de mai.
00:35:02Alors,
00:35:02l'autre bonne nouvelle
00:35:03quand même,
00:35:03entre guillemets,
00:35:04c'est qu'on est en sortie
00:35:05de l'hiver.
00:35:06Il fait plutôt doux
00:35:07et que donc,
00:35:07il y a moins de demandes
00:35:09sur le gaz.
00:35:10Avec un hiver
00:35:11qui a été plus dur
00:35:11que celui d'avant
00:35:12et un niveau de gaz
00:35:13qui est inférieur
00:35:14à ce qu'était
00:35:15l'hiver dernier.
00:35:17Et on a...
00:35:19Comment...
00:35:19On pourrait attendre
00:35:20un peu
00:35:20pour remplir nos réserves
00:35:22mais si on commence
00:35:23après le mois de juin,
00:35:24ça va être compliqué.
00:35:24C'est peut-être
00:35:25ceux qui sont au fuel
00:35:27mais les stocks à venir,
00:35:28c'est pour les stocks à venir
00:35:29que ça va être compliqué.
00:35:31Voilà,
00:35:31c'est justement
00:35:32le souci qui arrive,
00:35:33c'est la question des stocks
00:35:34parce que certes,
00:35:35c'est bien maintenant
00:35:36mais il faut penser
00:35:37à l'hiver prochain,
00:35:38faire des réserves
00:35:39et que là,
00:35:40eh bien,
00:35:41tout va dépendre des prix.
00:35:42Alors même si on le voit
00:35:44sur le gaz,
00:35:46certes,
00:35:46je le disais,
00:35:48la zone concernée
00:35:50est importante
00:35:51pour le GNL
00:35:51mais il se pose aussi
00:35:52la question,
00:35:53un peu comme pour le pétrole,
00:35:54est-ce que du côté,
00:35:55on va se tourner
00:35:56vers le gaz russe,
00:35:57lever quelques sanctions
00:35:59pour fluidifier le marché
00:36:01et permettre
00:36:02qu'il y ait un peu plus
00:36:03de gaz
00:36:04qui soit présent
00:36:06sur le marché,
00:36:06c'est un vrai sujet.
00:36:08Mais peut-être que
00:36:09sur le gaz,
00:36:09quand même,
00:36:10il faut rajouter
00:36:11un élément,
00:36:12c'est que sur le pétrole,
00:36:13nos prédécesseurs
00:36:15avaient imaginé
00:36:15les stocks stratégiques
00:36:16et ce qui permet
00:36:17de faire peut-être
00:36:19trouver une solution.
00:36:21Sur le gaz,
00:36:22quand même,
00:36:22on peut dire
00:36:23que les législateurs
00:36:24européens,
00:36:25français et autres
00:36:25n'ont rien fait
00:36:26depuis 15 ans.
00:36:27On l'a vu
00:36:28au moment de la guerre
00:36:29en Ukraine.
00:36:29Il n'y a pas de stock
00:36:30stratégique de gaz.
00:36:31On l'a vu
00:36:32au moment de la guerre
00:36:32en Ukraine,
00:36:33on s'est retrouvé
00:36:34sans gaz.
00:36:34On est ultra dépendants.
00:36:36hyper dépendants.
00:36:36Et on est aujourd'hui
00:36:37exactement dans la même
00:36:38situation 5 ans après.
00:36:39Donc on peut dire
00:36:40qu'au niveau européen,
00:36:41on n'a pas fait
00:36:41grand-chose au niveau
00:36:42travail.
00:36:43On a juste changé
00:36:44quand même
00:36:46nos importations.
00:36:48Mais pas par choix,
00:36:49par obligation.
00:36:50par nécessité.
00:36:51Et on est aussi
00:36:51sur un marché
00:36:52qui est très tendu
00:36:53parce qu'on s'est privé
00:36:54en plus,
00:36:55assez rapidement,
00:36:56on a essayé de réduire
00:36:57beaucoup nos approvisionnements
00:36:58de Russie.
00:36:58Donc on a développé
00:36:59le GNL
00:37:00et c'est vrai que
00:37:01c'est aussi une contrepartie
00:37:02qui fait qu'on est
00:37:03un peu sur le fil du rasoir.
00:37:04Donc toute rupture
00:37:05d'approvisionnement
00:37:06est assez coûteuse.
00:37:07Eh bien merci
00:37:08à tous les trois
00:37:08d'être venus en parler
00:37:10aussi simplement
00:37:10ce soir
00:37:11dans chaque Voix Compte.
00:37:12On aura forcément
00:37:13l'occasion
00:37:14de s'en reparler
00:37:15dans les prochains jours,
00:37:16n'est-ce pas ?
00:37:16Dans un instant,
00:37:17toute autre chose.
00:37:18On va reparler
00:37:19des inondations historiques
00:37:20du mois de février.
00:37:21Qui va payer la facture ?
00:37:22Là aussi,
00:37:23on parle d'argent.
00:37:24Désolée.
00:37:24On en débat
00:37:25avec nos trois prochains invités.
00:37:26Mais avant cela,
00:37:27c'est Quelle Histoire ?
00:37:27Et c'est Olivier Ravanello.
00:37:36Alors Olivier,
00:37:37Donald Trump tourne
00:37:38depuis quelques jours
00:37:39autour de l'idée
00:37:40d'un arrêt prochain
00:37:42de son opération militaire
00:37:43en Iran.
00:37:44Le conflit est bientôt fini,
00:37:46a-t-il dit il y a quelques heures.
00:37:47Sauf que côté israélien,
00:37:48le son de cloche
00:37:49n'est pas exactement le même.
00:37:50La campagne,
00:37:51d'après Benyamin Netanyahou,
00:37:52devrait durer encore
00:37:53trois ou quatre semaines.
00:37:54Comment expliquer
00:37:55cette dichotomie ?
00:37:57Les buts de guerre
00:37:58ne sont pas les mêmes.
00:37:59Leur rapport à la guerre
00:38:01n'est pas le même
00:38:01entre les deux pays
00:38:02parce que le récit
00:38:03de la guerre
00:38:04n'est vraiment pas
00:38:05du tout le même.
00:38:06La Maison-Blanche
00:38:07s'inspire fondamentalement
00:38:08des récits
00:38:09et des scénarios
00:38:10que vous pouvez trouver
00:38:11dans les jeux vidéo
00:38:12et on l'a vu
00:38:13sur les premières images
00:38:14qui ont été postées
00:38:15sur les réseaux sociaux
00:38:16de la Maison-Blanche.
00:38:18Des jeux vidéo
00:38:19qui aujourd'hui
00:38:19ont un impact
00:38:20beaucoup plus important
00:38:21que le cinéma.
00:38:23Le jeu le plus populaire
00:38:24Call of Duty
00:38:25a été vendu
00:38:26à 500 millions
00:38:27d'exemplaires
00:38:28dans le monde.
00:38:29Quand vous imaginez
00:38:30le temps passé
00:38:31qui se compte parfois
00:38:32en jours,
00:38:33en semaines,
00:38:34voire en mois
00:38:35pour certains joueurs,
00:38:36vous imaginez l'impact
00:38:37que ça a sur les esprits.
00:38:38Et c'est donc
00:38:39assez logiquement
00:38:40que la Maison-Blanche
00:38:40utilise ces scénarios.
00:38:42Regardez une vidéo
00:38:43qui a été postée
00:38:43il y a quelques jours seulement.
00:38:55Alors, vous le voyez,
00:38:57les images réelles
00:38:58de bombardements
00:38:59sont mélangées
00:39:00avec celles du jeu.
00:39:01La musique
00:39:02que vous entendez
00:39:03derrière moi aussi
00:39:04est la musique originale
00:39:06du jeu.
00:39:06Ce n'est pas vous
00:39:06qui l'avez ajouté
00:39:07à cette musique,
00:39:08c'est la Maison-Blanche.
00:39:08Ce n'est pas une musique
00:39:09qui est rajoutée
00:39:09ni par moi
00:39:10ni par la Maison-Blanche,
00:39:11c'est celle du jeu.
00:39:13Et au fond,
00:39:15ce que ça donne
00:39:15comme image,
00:39:16c'est que la guerre
00:39:17est relativement déshumanisée,
00:39:18il n'y a pas de victimes,
00:39:19c'est pour l'essentiel
00:39:20du matériel qui explose
00:39:21et de grandes gerbes de feu.
00:39:22Ce qui montre aussi
00:39:25une autre approche
00:39:26de cette guerre,
00:39:28c'est cette image arrêtée
00:39:29qu'on a soulignée.
00:39:31Vous voyez l'utilisation
00:39:32de la MGB dans le jeu.
00:39:34La MGB,
00:39:35c'est la bombe massive guidée
00:39:36qui dans le jeu
00:39:37Call of Duty
00:39:37est proposée au joueur
00:39:40une fois qu'il a traversé
00:39:42toutes les épreuves,
00:39:43remporté tous les tableaux.
00:39:44Il a le droit de l'utiliser.
00:39:45C'est une sorte de récompense,
00:39:46la bombe absolue
00:39:48qui va régler tout le problème
00:39:49et qui fait qu'à la fin,
00:39:50il gagne.
00:39:51C'est exactement le récit
00:39:52que nous a fait Trump en juin
00:39:54où en disant qu'après avoir
00:39:55utilisé 14 bombes
00:39:57hyper puissantes,
00:39:58il avait complètement
00:39:59réduit à néant
00:40:01le dispositif nucléaire iranien.
00:40:03On sait ce qu'en était
00:40:04la réalité.
00:40:05Vous pensez que ça façonne
00:40:06vraiment les esprits ?
00:40:07Des scientifiques
00:40:08bien plus intelligents que moi
00:40:09évidemment aux Etats-Unis
00:40:10travaillent sur ce sujet.
00:40:12A partir des années 2000,
00:40:14le Pentagone s'est rapproché
00:40:16des industries du jeu
00:40:17et du cinéma à Hollywood.
00:40:19Des studios ont été créés.
00:40:20Ils ont alimenté
00:40:21les scénaristes de ces jeux
00:40:22en quantité de détails
00:40:24techniques très précis
00:40:25sur la géographie
00:40:27des zones de guerre,
00:40:27sur les armes utilisées,
00:40:29sur les tactiques,
00:40:30sur les stratégies utilisées
00:40:31par les militaires,
00:40:32ce qui font que ces jeux vidéo
00:40:33sont d'un réalisme
00:40:35absolument incroyable.
00:40:36Certains chercheurs
00:40:37pensent même
00:40:38qu'il y a une forme
00:40:39aujourd'hui
00:40:39de complexe militaro-entertainment,
00:40:42c'est-à-dire que progressivement,
00:40:44des esprits
00:40:45commencent à être façonnés.
00:40:46Là où le cinéma,
00:40:47il y a eu énormément
00:40:48de films de guerre,
00:40:49mais vous voyez les héros
00:40:50qui étaient confrontés
00:40:53à la guerre,
00:40:54à sa dureté,
00:40:54à la souffrance,
00:40:56et ça mettait en avant
00:40:57les qualités de courage,
00:40:59d'abnégation de ces héros.
00:41:01Là, dans cette nouvelle
00:41:02esthétique de la guerre,
00:41:04tout est beau,
00:41:05tout est magnifié.
00:41:06En quelque sorte,
00:41:07la guerre,
00:41:07ça devient cool.
00:41:08Et sur l'Iran,
00:41:09est-ce que ça a un effet,
00:41:10cette communication ?
00:41:12En tout cas,
00:41:12il y a là aussi
00:41:13une volonté de rapprochement
00:41:14dans le jeu Battlefield 3
00:41:15qui a été vendu,
00:41:16excusez du peu,
00:41:17à 10 millions d'exemplaires.
00:41:18Le scénario,
00:41:19c'est d'aller en Iran
00:41:21pour détruire
00:41:24les sites nucléaires iraniens
00:41:26avec des bombardements
00:41:27qui partent de porte-avions,
00:41:29des chasseurs bombardiers
00:41:31qui pilonnent le pays.
00:41:34Ça, ce jeu-là,
00:41:35il a été mis en vente
00:41:37il y a une quinzaine d'années.
00:41:38Donc ça fait 15 ans
00:41:39que des millions de personnes
00:41:41jouent à ce jeu,
00:41:42connaissent tous les détails
00:41:43stratégiques de ce qui se passe
00:41:45et des enjeux stratégiques
00:41:46de ce qui se passe en Iran.
00:41:47En fait,
00:41:47vous n'avez pas besoin
00:41:48de faire de discours politique
00:41:49pour expliquer pourquoi
00:41:50vous faites la guerre en Iran.
00:41:51C'est dans l'esprit
00:41:52de tout le monde
00:41:52depuis 15 ans.
00:41:53Game over.
00:41:54Merci Olivier.
00:41:55On passe à la question qui fâche.
00:42:05Figurez-vous que
00:42:06dans toute cette actualité,
00:42:08nous avons trouvé
00:42:08une bonne nouvelle aujourd'hui.
00:42:10Alors ne boudons pas
00:42:10notre plaisir.
00:42:11Les pluies du mois de février
00:42:13ont entraîné
00:42:13une recharge exceptionnelle
00:42:15des nappes phréatiques en France.
00:42:17C'est ce que vient d'annoncer
00:42:18le bureau de recherche
00:42:19géologique et minière.
00:42:20Là, cet après-midi,
00:42:21la situation des nappes phréatiques
00:42:22est excédentaire
00:42:23sur les trois quarts du pays.
00:42:25Il faut dire que c'est vrai
00:42:26que la France a connu
00:42:27un mois de février
00:42:27le plus pluvieux
00:42:28depuis 1959
00:42:29avec le défilé
00:42:31de toutes ces tempêtes
00:42:31et ses crues historiques
00:42:33sur la moitié ouest.
00:42:34Et on voulait savoir ce soir
00:42:36ce que devenaient
00:42:36les communes sinistrées
00:42:37maintenant que l'eau
00:42:38et les caméras
00:42:39se sont retirées.
00:42:41Illustration ce soir
00:42:42à Malétroit,
00:42:43commune de 2500 habitants
00:42:44dans le Morbihan,
00:42:46inondée pendant plus d'un mois.
00:42:47C'est un reportage
00:42:48signé Martin Bournet
00:42:49et Eva Billon.
00:42:54Vu du ciel,
00:42:56voici à quoi ressemblait
00:42:57la commune de Malétroit
00:42:59pendant un mois.
00:43:00Des terres inondées,
00:43:02complètement submergées
00:43:03par les eaux.
00:43:04Depuis quelques jours,
00:43:06Louste a retrouvé son lit.
00:43:07Mais pour les habitants,
00:43:09le calvaire n'est pas fini.
00:43:10Vous voyez,
00:43:11c'est resté boueux.
00:43:12Il va falloir que je fasse
00:43:13nettoyer tout ça.
00:43:15Denise vit en bord de rivière.
00:43:17Presque chaque année,
00:43:18sa cave se retrouve sous l'eau.
00:43:20Mais cette fois,
00:43:21la crue est inédite.
00:43:22L'eau est allée jusque là
00:43:23et puis elle est descendue
00:43:25très vite.
00:43:25Donc ça n'a pas fait
00:43:26trop de gaz.
00:43:27Après, 15 jours après,
00:43:29elle est revenue plus haut.
00:43:31Mais là,
00:43:31elle a mis beaucoup de temps
00:43:32à descendre
00:43:33et elle a laissé
00:43:34plus de saleté.
00:43:35C'est resté 7 semaines.
00:43:36C'est rouillé.
00:43:37Je ne peux plus ouvrir la porte
00:43:38et je ne peux plus aérer
00:43:40parce que les vasistas
00:43:41qui aéraient sont fermés.
00:43:44Des dizaines de maisons inondées,
00:43:46d'expertise en cours
00:43:47dans les habitations,
00:43:48mais aussi à l'extérieur
00:43:50avec des routes détruites.
00:43:52Avec le courant
00:43:54des inondations,
00:43:55en fait,
00:43:55ce parking,
00:43:56il s'est complètement creusé
00:43:59jusqu'à 50 cm par endroit.
00:44:01Les équipes de la mairie
00:44:02enchaînent les diagnostics
00:44:04avec les entreprises
00:44:05pour chiffrer les coûts.
00:44:07Déjà plusieurs dizaines
00:44:08de milliers d'euros.
00:44:10Il y a un délai de latence
00:44:11sur les dégâts
00:44:12qu'on peut avoir
00:44:12sur les inondations
00:44:13parce qu'on a des routes
00:44:15qui, aujourd'hui,
00:44:17semblent être en état.
00:44:19Mais on sait que
00:44:20sur les prochaines semaines,
00:44:21les prochains mois,
00:44:23quand la terre en dessous
00:44:24va sécher,
00:44:25on va avoir des phénomènes
00:44:27de fissuration
00:44:29de ces routes-là.
00:44:30Un coût énorme
00:44:31pour cette petite commune
00:44:32de 2 500 habitants.
00:44:34Avec un budget
00:44:35de 3 millions d'euros,
00:44:36impossible de supporter
00:44:38ses dépenses,
00:44:39alors la mairie
00:44:40attend d'être reconnue
00:44:41en état de catastrophe naturelle.
00:44:43Comme cet agriculteur,
00:44:45sa ferme a été encerclée
00:44:46par les eaux.
00:44:4755 brebis
00:44:48ont dû être déplacées.
00:44:49Les pompiers arrivaient.
00:44:51Avec la barque,
00:44:52on en mettait 6 par barque.
00:44:53Et les conséquences
00:44:54sont terribles
00:44:55pour ces bêtes
00:44:56et son activité.
00:44:57On a des pertes économiques
00:44:58parce que du coup,
00:44:59on a plus de mortalité.
00:45:01On voit déjà
00:45:01tous les annulages
00:45:02n'ont pas été faits
00:45:03mais on a déjà
00:45:04plus de pertes
00:45:04que les autres années.
00:45:06On n'a pas de laine
00:45:07à valoriser
00:45:08alors qu'on comptait
00:45:09la valoriser.
00:45:10Pour l'heure,
00:45:11Romain Vince
00:45:12n'a aucune prise en charge
00:45:13des assurances.
00:45:14Il envisage même
00:45:15de faire appel
00:45:16à un financement participatif.
00:45:18On n'est qu'avec des dépenses
00:45:20alors qu'on n'a pas de rentrée.
00:45:22Alors que si on est
00:45:23catastrophe naturelle,
00:45:24on arriverait à avoir
00:45:25déjà rien que d'indemniser
00:45:27les personnes
00:45:27qui sont venues nous aider
00:45:28au pied levé
00:45:29pour transporter les bêtes.
00:45:30La région Bretagne
00:45:32estime à 225 000 euros
00:45:34le montant des dommages
00:45:35dans le secteur
00:45:36de Malétroie.
00:45:37Alors la question
00:45:38qui fâche la voici.
00:45:40Qui va payer la note
00:45:41et comment notamment
00:45:42les petites communes
00:45:43peuvent-elles s'en sortir ?
00:45:46Et cette question,
00:45:46nous la posons ce soir
00:45:47à Benoît Biteau.
00:45:48Bonsoir.
00:45:49Bonsoir, madame.
00:45:49Député écologiste
00:45:50de Charente-Maritime.
00:45:51Merci d'être là
00:45:52aux côtés d'Amandine.
00:45:53Richaud-Crambe,
00:45:54bonsoir.
00:45:54Bonsoir.
00:45:54Vous êtes ingénieur
00:45:55en environnement
00:45:56et urbaniste.
00:45:57Merci d'être là.
00:45:58Et Olivier Moustakakis,
00:45:59bonsoir.
00:45:59Vous êtes le directeur
00:46:00général d'Assurlande.
00:46:02Vous êtes vous-même
00:46:03assureur.
00:46:03Benoît Biteau,
00:46:04ce qu'on vient de voir
00:46:05là à Malétroie,
00:46:06vous, il se trouve
00:46:07que vous êtes député
00:46:08de Charente-Maritime.
00:46:08Ça a été un des départements
00:46:10les plus touchés
00:46:10par ces crus.
00:46:11Je crois que vous êtes resté
00:46:12pendant 10 jours
00:46:12en vigilance rouge aux crus,
00:46:14ce qui est absolument
00:46:15exceptionnel.
00:46:17Quelle est la situation
00:46:18aujourd'hui des sinistrés
00:46:20et on pense notamment
00:46:21à ceux de Sainte ?
00:46:23Ils sont un peu
00:46:24dans la même situation
00:46:25que cette dame.
00:46:25C'est-à-dire que là,
00:46:26aujourd'hui,
00:46:26l'eau recule,
00:46:29retourne dans le lit
00:46:30de la Charente
00:46:31et on retrouve son logement
00:46:33dévasté par une durée
00:46:35d'inondation
00:46:36qui a été très longue.
00:46:36Et donc,
00:46:37on a les meubles,
00:46:38on a les aménagements,
00:46:40les cloisons,
00:46:41tout est imbibé d'eau.
00:46:42Et donc,
00:46:43les dégâts sont effectivement
00:46:45assez incroyables.
00:46:46La mairie de Sainte
00:46:48a lancé hier
00:46:49un appel à l'aide
00:46:50pour héberger
00:46:50des familles sinistrées
00:46:52qui n'ont toujours pas
00:46:53regagné leur logement
00:46:54aujourd'hui.
00:46:55Il faut les héberger
00:46:56pendant 6 mois,
00:46:57le temps de remettre
00:46:58leur maison en état.
00:46:596 mois ?
00:47:00Oui,
00:47:01parce que là,
00:47:02on va mobiliser
00:47:02des artisans
00:47:03qui sont à l'os
00:47:04parce qu'ils sont
00:47:06sollicités de partout.
00:47:08Donc là,
00:47:08on est sur une zone géographique
00:47:10où des inondations,
00:47:11il y en a eu partout.
00:47:12Et donc,
00:47:12tous les artisans
00:47:13ont un carnet de commandes
00:47:15extrêmement important.
00:47:16Il y a aussi
00:47:17les experts d'assurance
00:47:18qui doivent venir
00:47:20vérifier
00:47:21et constater les dégâts
00:47:23et tout ça
00:47:23allonge le calendrier.
00:47:25Et donc,
00:47:25effectivement,
00:47:26avant que certains logements,
00:47:28même si l'eau a quitté
00:47:29le logement,
00:47:29redevienne à nouveau habitable,
00:47:31il faudra
00:47:31un certain délai.
00:47:33Olivier Moustak,
00:47:34vous qui êtes assureur,
00:47:35d'abord,
00:47:36est-ce que les assureurs
00:47:36sont aujourd'hui capables
00:47:37de chiffrer
00:47:38le coût global
00:47:39des inondations de février ?
00:47:40Est-ce que vous avez
00:47:41un chiffre arrêté aujourd'hui ?
00:47:42Alors,
00:47:42il y a eu quelques communications
00:47:44aujourd'hui
00:47:44sur les inondations
00:47:46qui ont eu lieu.
00:47:46On est un peu en dessous
00:47:48des 300 millions d'euros
00:47:49de dégâts.
00:47:50Pour vous donner un comparable,
00:47:52les inondations
00:47:52qui avaient touché
00:47:53le nord de la France,
00:47:54qui s'étaient échelonnées
00:47:55sur deux années,
00:47:56il y avait eu plusieurs mois
00:47:57d'inondations,
00:47:58on avait eu un chiffrage
00:47:59à 450 à peu près
00:48:01millions d'euros.
00:48:02Ce sont des sommes importantes
00:48:03qui sont paradoxalement
00:48:05pas si importantes
00:48:07que ça
00:48:07quand on les compare
00:48:08à d'autres risques.
00:48:09typiquement,
00:48:10le risque de sécheresse
00:48:11aujourd'hui,
00:48:12c'est en gros
00:48:12un milliard d'euros
00:48:13par an.
00:48:14Dans ces 300 millions,
00:48:15il y a quoi ?
00:48:16Comment se découpe
00:48:16ce chiffre ?
00:48:18C'est toutes les habitations
00:48:19qui ont été sinistrées.
00:48:20Il y a eu déjà
00:48:21des expertises
00:48:22qui ont été diligentées.
00:48:23On peut faire
00:48:24des expertises aussi
00:48:24à distance.
00:48:25Tout dépend
00:48:26de la nature du dommage
00:48:27et de l'importance
00:48:27des dommages.
00:48:28L'expert n'est pas obligé
00:48:29de se déplacer
00:48:30sur site.
00:48:31Il faut attendre
00:48:32que l'eau se retire,
00:48:32bien évidemment.
00:48:33Mais on peut faire
00:48:35des télé-expertises
00:48:36à distance.
00:48:37C'est un premier chiffrage
00:48:38qui a été communiqué
00:48:39par France Assureur
00:48:40et la CCR.
00:48:42Vous le disiez,
00:48:43des experts
00:48:44qui se déplacent
00:48:45ou non.
00:48:45Mais combien d'experts
00:48:46sont encore aujourd'hui
00:48:47mobilisés ?
00:48:47Je lisais cet après-midi
00:48:49qu'en Gironde,
00:48:50certains sinistrés
00:48:50attendent encore
00:48:51les experts.
00:48:52Le vrai sujet
00:48:53sur les inondations,
00:48:55c'est qu'il faut attendre
00:48:56que l'eau soit
00:48:56entièrement retirée
00:48:57pour pouvoir intervenir.
00:48:59Tant qu'il y a de l'eau,
00:49:00malheureusement,
00:49:00il n'y a pas de chiffrage
00:49:01possible.
00:49:02Après, en effet,
00:49:03vu l'importance
00:49:04des habitations
00:49:05ou le nombre
00:49:06des habitations
00:49:06qui ont été touchées,
00:49:08même si les assureurs
00:49:08ont déjà préempté
00:49:09certains experts
00:49:10pour les faire intervenir,
00:49:12malheureusement,
00:49:13les journées
00:49:14ne font que 7 heures
00:49:15pour pouvoir
00:49:15faire les expertises.
00:49:17Donc, en effet,
00:49:17il y a des délais
00:49:18qui se rallongent.
00:49:20Amandine Richo-Cambre,
00:49:21quand on a parlé
00:49:22de ces inondations
00:49:23au mois de février,
00:49:24on notait
00:49:25leur intensité
00:49:26mais surtout
00:49:26leur durée.
00:49:28C'est-à-dire
00:49:28qu'il y a des communes
00:49:29qui sont restées
00:49:29dans l'eau
00:49:30pendant plusieurs semaines.
00:49:33ça provoque
00:49:33quel genre de dégâts
00:49:35trois semaines plus tard
00:49:36aujourd'hui ?
00:49:38Est-ce qu'il y a
00:49:38les dégâts
00:49:39à ce qu'on voit
00:49:39à la télévision ?
00:49:40On voit l'eau,
00:49:41on voit l'eau qui monte
00:49:42mais une fois qu'elle est repartie ?
00:49:44Une fois qu'elle est repartie,
00:49:45c'est la lampe décrue
00:49:47et c'est aussi
00:49:48le raclage
00:49:49qui va y avoir nécessaire
00:49:49parce qu'il y a l'eau
00:49:51mais il y a aussi
00:49:51les bouts qui sont déposés,
00:49:53il y a aussi
00:49:53les débris
00:49:53qui sont déposés
00:49:54et comme on l'a vu
00:49:55dans le reportage,
00:49:56on va avoir
00:49:57surtout les effets
00:49:59quand ce sera plus sec
00:50:00où il va y avoir
00:50:01de la dilatation
00:50:03et rétractage des sols
00:50:04et là on va voir
00:50:06apparaître des fissures
00:50:07ou dans les bâtiments,
00:50:09alors là on s'est parlé
00:50:10des routes
00:50:10dans le reportage
00:50:12mais on va avoir aussi
00:50:14un problème
00:50:14sur les infrastructures
00:50:16des bâtiments,
00:50:17pas uniquement
00:50:18des habitations
00:50:18mais aussi
00:50:19toutes les zones
00:50:20en fait commerciales
00:50:21d'entreprises
00:50:22et autres
00:50:23qui sont extrêmement touchées
00:50:24puisque sont
00:50:25la plupart du temps
00:50:26dans des zones inondables.
00:50:27Et ces dégâts
00:50:28à retardement,
00:50:29ils sont indemnisés ensuite ?
00:50:31Comment ça se passe ?
00:50:33Je lisais cet après-midi
00:50:34des habitants de Sainte
00:50:35qui disaient
00:50:35en fait là
00:50:36on ne fait pas de travaux
00:50:37parce que de toute façon
00:50:37c'est en train de pourrir.
00:50:39Ah bah ça c'est une question
00:50:41qui est aussi
00:50:41de est-ce qu'on peut
00:50:44continuer à habiter
00:50:45certaines zones
00:50:46et là c'est un autre coup
00:50:48qui va être
00:50:49des coups de préemption,
00:50:50des coups de déplacement
00:50:51et autres.
00:50:52Vous avez notamment
00:50:53un monsieur parlé
00:50:53des inondations
00:50:55qu'il y avait eu
00:50:55dans le nord
00:50:55donc dans la vallée de là
00:50:57il y a des habitants
00:50:58un an et demi plus tard
00:50:59qui ne pourront toujours pas
00:51:00et qui ne vont pas
00:51:01regagner leur habitation
00:51:02puisque les bâtiments
00:51:05sont à risque
00:51:06en fait aujourd'hui.
00:51:07Donc on se retrouve avec...
00:51:08À risque de s'effondrer
00:51:09à cause de l'humidité
00:51:10dans les murs ?
00:51:10Oui, entre autres
00:51:11et surtout il y a des risques
00:51:13aussi de répétition
00:51:14d'inondations
00:51:14donc ça ne sèche jamais
00:51:17c'est incessant en fait
00:51:19Sainte c'est régulier
00:51:21ce type d'inondation
00:51:22et ça c'est une problématique
00:51:24qui est notamment
00:51:25liée au changement climatique
00:51:26là on a eu un événement
00:51:28particulièrement important
00:51:29lié aussi aux chaleurs
00:51:31qu'il y a pu avoir
00:51:32on compte quand même
00:51:33qu'il y a 10%
00:51:33de l'eau
00:51:34des précipitations
00:51:36qui viennent du réchauffement
00:51:37climatique aujourd'hui
00:51:38ça a été calculé
00:51:39par Météo France
00:51:40et vous avez les problèmes
00:51:42d'aménagement du territoire
00:51:43mais on en parlera certainement
00:51:44après
00:51:46Benoît Biteau
00:51:46de nombreux maires
00:51:47de l'Ouest
00:51:48reprochent à l'État
00:51:50de leur avoir confié
00:51:51en fait la gestion
00:51:51des digues
00:51:52depuis 2024
00:51:53en échange d'un pouvoir
00:51:54de lever un nouvel impôt
00:51:56qui s'appelle
00:51:56la taxe Gemapi
00:51:57c'est 40 euros
00:51:58je crois par an
00:51:59et par habitant
00:52:00pour financer ces digues
00:52:01est-ce que l'État
00:52:03doit récupérer
00:52:04cette gestion des digues
00:52:05et ne pas la laisser
00:52:07à des communes
00:52:08enfin à des intercommunalités
00:52:09en l'occurrence
00:52:09qui sont à l'os
00:52:12c'est plus grave que ça
00:52:13c'est-à-dire qu'effectivement
00:52:14la compétence Gemapi
00:52:15a été confiée en général
00:52:16aux établissements publics
00:52:17de coopération
00:52:18intercommunale
00:52:18les communautés de communes
00:52:19ils peuvent lever l'impôt
00:52:20il y a une taxe Gemapi
00:52:21qui est plafonnée à 40 euros
00:52:22vous avez raison
00:52:23mais qui ne suffit pas
00:52:24c'est-à-dire que
00:52:26et j'en profite
00:52:27puisque Amandine
00:52:28m'a tendu la perche
00:52:29on a un vrai sujet
00:52:30d'aménagement du territoire
00:52:31et là
00:52:31l'État ne pourra pas
00:52:32s'exonérer
00:52:33c'est-à-dire que
00:52:34ce qu'on a fait
00:52:35depuis plusieurs décennies
00:52:36y compris sur les zones agricoles
00:52:37on a toujours
00:52:40aménagé le territoire
00:52:41pour que l'eau parte
00:52:42toujours plus vite
00:52:42à la mer
00:52:43et donc on a
00:52:44arraché les arbres
00:52:45arraché les haies
00:52:46on a
00:52:48recalibré
00:52:48les cours d'eau
00:52:49pour en faire
00:52:49des autoroutes de l'eau
00:52:50et on remplit
00:52:51toujours plus vite
00:52:52le tuyau
00:52:52pour expédier l'eau
00:52:53toujours plus vite
00:52:54et à un moment donné
00:52:55ça déborde
00:52:55c'est-à-dire que
00:52:56ce qu'il faut qu'on fasse
00:52:57c'est le mouvement
00:52:58exact inverse
00:52:59de celui qu'on a fait
00:53:00depuis 40 ou 50 ans
00:53:02et savoir accueillir
00:53:03à fortiori
00:53:04sur fond des règlements
00:53:05climatiques
00:53:06accueillir l'eau
00:53:06quand elle est en abondance
00:53:07comme en ce moment
00:53:09la retenir
00:53:10la ralentir
00:53:11la laisser s'infiltrer
00:53:12recharger les nappes
00:53:12et c'est une information importante
00:53:14que de dire que
00:53:15quand on sait retenir l'eau
00:53:16les nappes se rechargent
00:53:17plutôt que de vouloir
00:53:18toujours l'expédier
00:53:19au plus vite
00:53:19et toujours penser
00:53:21que c'est des solutions
00:53:24technosolutionnistes
00:53:24comme
00:53:25faire des méga-bassines
00:53:26pour collecter l'eau
00:53:27quand elle est en excès
00:53:28pour les mettre dans des bâches
00:53:30le meilleur stockage
00:53:31c'est l'eau souterraine
00:53:32et donc il va falloir
00:53:33que l'Etat
00:53:34reprenne la main
00:53:35parce que c'est pas
00:53:37la taxe de GEMAPI
00:53:38qui va permettre
00:53:39aux collectivités
00:53:39de réaménager le territoire
00:53:40il faut qu'on repense
00:53:41les sujets
00:53:42bassin versant
00:53:43par bassin versant
00:53:43qu'on retrouve
00:53:44des zones d'épendage
00:53:45de crues
00:53:45et il y a une subtilité
00:53:46de vocabulaire
00:53:47et moi j'y suis très attaché
00:53:48une crue
00:53:49c'est une très très bonne nouvelle
00:53:51parce que c'est ce qui recharge
00:53:52les nappes
00:53:53parce que c'est ce qui ramène
00:53:54de la fertilité au sol
00:53:55parce qu'on a besoin
00:53:56de cette eau
00:53:56pour les milieux aquatiques
00:53:57pour la biodiversité
00:53:59c'est quand on sait pas
00:54:00accueillir les crues
00:54:01qu'on bascule
00:54:02sur les inondations
00:54:03qui elles sont
00:54:03des très mauvaises situations
00:54:05parce qu'elles impactent
00:54:06les zones aménagées
00:54:07les zones habitées
00:54:08les zones aménagées
00:54:10en zone artisanale
00:54:12zone commerciale
00:54:13là c'est désastreux
00:54:15et ce qu'on doit faire
00:54:16c'est savoir accueillir
00:54:17les crues
00:54:18pour éviter les inondations
00:54:19et si on sait faire ça
00:54:21on saura aussi mieux
00:54:22gérer la sécheresse
00:54:23parce que inondation
00:54:24et sécheresse
00:54:25sont les deux phases
00:54:26de la même pièce
00:54:27en vérité
00:54:27et donc si on sait accueillir
00:54:29l'eau catalée abondante
00:54:30à forcerie
00:54:30dans un contexte
00:54:31de dérèglement climatique
00:54:32où le régime pluviométrique
00:54:33est extrêmement perturbé
00:54:35qu'on sait recharger
00:54:36les nappes
00:54:37parce qu'on aura su
00:54:38accueillir les crues
00:54:38qui ne deviennent pas
00:54:39des inondations
00:54:40on saura aussi mieux gérer
00:54:42les situations de sécheresse
00:54:43qui coûtent énormément cher
00:54:45aux assureurs
00:54:46parce que la sécheresse
00:54:47ça coûte beaucoup plus cher
00:54:48que l'inondation
00:54:48quand ça coûte cher
00:54:49aux assureurs
00:54:49ça finit par coûter cher
00:54:50aux assurés surtout
00:54:51c'est surtout la récurrence
00:54:52c'est ce que disait Amandine
00:54:54c'est à dire que
00:54:54la récurrence
00:54:56à Sainte
00:54:57on a des crues centenales
00:54:58tous les 10 ans
00:54:59donc c'est plus des crues centenales
00:55:02Amandine Richaud-Cambre
00:55:03est-ce qu'on est en pleine
00:55:04campagne des municipales
00:55:05c'est un enjeu aussi
00:55:07pour les élus locaux
00:55:08est-ce que vous avez l'impression
00:55:09dans les débats
00:55:10auxquels vous pouvez assister
00:55:12qu'on s'est vraiment emparé
00:55:13de cette question
00:55:15sérieusement
00:55:16on parlait tout à l'heure
00:55:17des zones
00:55:17qui deviennent inhabitables
00:55:19c'est plus largement
00:55:21en fait
00:55:21on voit que
00:55:22même si au niveau local
00:55:24la question écologique
00:55:25et environnementale
00:55:26est traitée
00:55:27elle ne l'est dans tous les cas
00:55:28pas assez
00:55:28et pas assez
00:55:29sur les questions
00:55:30des règlements climatiques
00:55:30et là sur les inondations
00:55:31c'est plus large encore
00:55:33puisque c'est des compétences
00:55:35qui sont multiples
00:55:35donc c'est des compétences
00:55:38de bassin versant
00:55:39c'est des compétences
00:55:40de syndicats d'eau
00:55:41mixtes
00:55:41c'est vraiment
00:55:42c'est vraiment très large
00:55:43et malheureusement
00:55:46en fait
00:55:46c'est une politique globale
00:55:47qu'il faut avoir
00:55:47on ne peut pas dire
00:55:48on va régler ce problème
00:55:49des inondations
00:55:50parce que ce n'est pas comme ça
00:55:50qu'on va le régler
00:55:51il faut régler le problème
00:55:52de l'aménagement du territoire
00:55:53il faut régler le problème
00:55:54aussi de la fiscalité
00:55:55de la fiscalité territoriale
00:55:57qui entraîne justement
00:55:58l'expansion des villes
00:55:59et l'étalement urbain
00:56:00il faut traiter le problème
00:56:01des zones aussi
00:56:02donc des zones à zéro
00:56:04artificialisation nette
00:56:05où on travaille sur ça
00:56:06il y a plein de choses
00:56:08à traiter
00:56:08pour pouvoir avoir
00:56:09une solution globale
00:56:10c'est plein d'ajouts
00:56:11mais on ne peut pas dire
00:56:12que quelqu'un aujourd'hui
00:56:14ou dans les programmes municipaux
00:56:15il y a
00:56:16aujourd'hui
00:56:16je vais arrêter
00:56:17les inondations
00:56:17de toute façon
00:56:18ce n'est pas comme ça
00:56:19que ça fonctionne
00:56:19c'est quelque chose
00:56:20de vraiment plus large
00:56:21Olivier Moustakakis
00:56:22on est seulement
00:56:22au mois de mars
00:56:23est-ce qu'il faut s'attendre
00:56:25à une hausse
00:56:26des tarifs des assurances
00:56:27dans les prochains mois
00:56:29ou en janvier 2027
00:56:30du fait de ces
00:56:31seules inondations
00:56:32de l'ouest
00:56:33malheureusement
00:56:34la réponse est oui
00:56:34on est sur une phase
00:56:35inflationniste
00:56:36des tarifs
00:56:37il y a deux régions
00:56:38de l'analysation
00:56:38qui se côtoient
00:56:40votre assurance classique
00:56:41et derrière
00:56:42le régime légal
00:56:43des catastrophes naturelles
00:56:44des catates
00:56:45le fameux régime
00:56:46catenates
00:56:46il y a une surprime
00:56:48qui est prélevée
00:56:49sur nos contrats d'assurance
00:56:50et ça c'est l'état
00:56:50qui légifère là-dessus
00:56:51qui est passé de 12 à 20%
00:56:53d'ailleurs sur nos contrats
00:56:54d'assurance
00:56:55d'application
00:56:55au 1er janvier 2025
00:56:57donc ça a cumulé
00:56:58plus la hausse naturelle
00:57:00malheureusement
00:57:01vu la sinistralité
00:57:02de votre cotisation
00:57:03d'assurance
00:57:04ça fait un niveau
00:57:05d'augmentation
00:57:07qui devient intolérable
00:57:08clairement
00:57:10le vrai sujet de fond
00:57:11parce que là
00:57:11on voit que ces phénomènes
00:57:12sont de plus en plus fréquents
00:57:14l'assurance
00:57:15c'est pour couvrir un aléa
00:57:16c'est de moins en moins aléatoire
00:57:17parce que c'est prévisible
00:57:18on sait que ça va arriver
00:57:20on sait quelles zones
00:57:20vont être touchées
00:57:22donc le vrai sujet
00:57:23c'est ce qui change aussi
00:57:23le métier des assureurs
00:57:24c'est qu'ils interviennent
00:57:25de plus en plus en amont
00:57:26sur la prévention
00:57:28parce que pour un assureur
00:57:30l'assurabilité d'une zone
00:57:31c'est important
00:57:32on ne peut pas dire
00:57:33demain à l'assurance
00:57:34vous allez perdre 20%
00:57:35du territoire
00:57:36il y a des communes
00:57:37aujourd'hui
00:57:37il y a des zones
00:57:38qui n'arrivent plus
00:57:38à s'assurer
00:57:39il y a des assureurs
00:57:40qui ne veulent plus
00:57:41pas pour les mêmes raisons
00:57:41c'est pour d'autres raisons
00:57:42parce qu'il y a eu
00:57:43une bataille de marché
00:57:44dans les années 2010
00:57:45où il y a des assureurs
00:57:46qui ont sous-tarifé
00:57:47les communes
00:57:48pour prendre des parts
00:57:48de marché
00:57:49donc ils n'ont pas pratiqué
00:57:51le tarif
00:57:51qu'il fallait pratiquer
00:57:52et donc ils seront retrouvés
00:57:5310 ans après
00:57:54contraints de résilier
00:57:55ou d'augmenter
00:57:56de manière très importante
00:57:58si vous voulez
00:57:58leur prime
00:57:59donc on est sur un contexte
00:58:00un petit peu différent
00:58:01mais le vrai sujet
00:58:02c'est qu'il va falloir
00:58:04pour préserver les zones
00:58:05et pour qu'elles soient assurables
00:58:06parce que l'assurant
00:58:07a besoin de matière assurable
00:58:08s'il perd 20%
00:58:09d'assurabilité
00:58:11sur un territoire
00:58:11ça lui fait du chiffre
00:58:12d'affaires en moins
00:58:12donc les assureurs
00:58:14interviennent de plus en plus
00:58:14en matière de prévention
00:58:15donc ils ont défini
00:58:17des cartographies
00:58:17ultra précises
00:58:18des zones
00:58:19sur à quelle zone
00:58:21et quels risques
00:58:22sont présents
00:58:23dans telle zone
00:58:24etc
00:58:24ils communiquent
00:58:25avec les pouvoirs publics
00:58:26pour mettre en place
00:58:26des mesures de prévention
00:58:28donc c'est tout ce travail-là
00:58:29en amont
00:58:30qu'il faut faire
00:58:31et l'État a une vraie responsabilité
00:58:33puisqu'il a fait un hold-up
00:58:35sur le fonds Barnier
00:58:36qui est un fonds de prévention
00:58:38à partir de 2021
00:58:39et il le plafonne
00:58:40puisque l'État
00:58:40est un pécunieux
00:58:41limite
00:58:42il est budgétisé
00:58:43depuis 2021
00:58:44donc là où aujourd'hui
00:58:45il devrait avoir
00:58:46un abondement
00:58:46de près de 500 millions
00:58:47il est à 200-300 millions
00:58:49c'est suite à un certain
00:58:51nombre de catastrophes aussi
00:58:52c'est suite notamment
00:58:53aux catastrophes de la Roya
00:58:55qui ont coûté
00:58:56des millions
00:58:57et il y a eu
00:58:59le refond de son fonds-là
00:58:59mais à l'époque
00:59:00il était géré par les assureurs
00:59:01tout à fait
00:59:02donc il n'était pas plafonné
00:59:03depuis qu'il est budgétisé
00:59:04il est voté chaque année
00:59:05et puis à la baisse
00:59:06et d'ailleurs
00:59:07il y a des analogies
00:59:08avec les mutuelles de santé
00:59:09c'est-à-dire qu'aujourd'hui
00:59:09les mutuelles de santé disent
00:59:11il y a certaines maladies
00:59:13qui coûtent horriblement cher
00:59:14à soigner
00:59:15et qui se posent la question
00:59:16de s'impliquer
00:59:17dans les approches
00:59:18de prévention
00:59:20d'anticipation
00:59:22notamment les mutuelles
00:59:23qui ont été confrontées
00:59:24à l'amiante par exemple
00:59:25et qui disent
00:59:26par exemple
00:59:27avec les pesticides
00:59:28si on ne fait rien
00:59:29on ne saura pas tenir
00:59:31et M. Lecornu
00:59:32pour revenir sur les inondations
00:59:35qui dans son plan d'urgence
00:59:36pour l'agriculture
00:59:37est en train
00:59:38de vouloir mettre
00:59:39des solutions
00:59:41technosolutionnistes
00:59:41alors que la réponse
00:59:42c'est replanter des arbres
00:59:44replanter des haies
00:59:45c'est reméandrer
00:59:46les cours d'eau
00:59:46recréer des zones humides
00:59:48qui accueillent les crus
00:59:49il fait complètement fausse route
00:59:50complètement fausse route
00:59:52merci à tous les trois
00:59:53restez là
00:59:53parce que tout de suite
00:59:54on est à 5 jours
00:59:55du premier tour
00:59:56des élections municipales
00:59:56c'est journal de campagne
00:59:57et c'est avec Marco Pommier
01:00:04bonsoir Marco
01:00:05dans le journal de campagne
01:00:07ce soir
01:00:08on commence par la France insoumise
01:00:09qui fixe ses conditions
01:00:10pour des alliances à gauche
01:00:11pour le second tour des municipales
01:00:13on est déjà dans le second tour
01:00:15oui parce que la formation
01:00:16de Jean-Luc Mélenchon
01:00:17part souvent seule
01:00:18dans la majorité des villes
01:00:19hier soir en meeting à Paris
01:00:21le leader des insoumis
01:00:23a dit non au désistement
01:00:25à la place
01:00:26il propose deux alternatives
01:00:27soit des accords programmatiques
01:00:30avec d'autres listes à gauche
01:00:31soit un accord technique
01:00:33avec les formations de gauche
01:00:35pour barrer la route
01:00:36à la droite
01:00:37ou à l'extrême droite
01:00:38écoutez
01:00:39on fait une seule liste
01:00:41on se partage à la proportionnelle
01:00:42les postes
01:00:43celui qui est devant
01:00:44reste devant
01:00:44celui qui est derrière
01:00:45reste derrière
01:00:46mais on y va tous ensemble
01:00:47pourquoi ?
01:00:48pour que tout le monde vote
01:00:49que tout le monde ait un intérêt à voter
01:00:51et que au deuxième tour
01:00:52tout le monde soit représenté
01:00:55des accords techniques
01:00:56qui pourraient augmenter
01:00:57les chances de la gauche
01:00:58de conserver certaines villes
01:01:00notamment à Paris
01:01:01Marseille
01:01:01ou encore Nantes
01:01:02des villes dirigées aujourd'hui
01:01:04par le parti socialiste
01:01:05oui mais voilà
01:01:06le patron du PS
01:01:07lui
01:01:07il n'est pas du tout
01:01:08sur cette ligne
01:01:10donc ne laissez pas penser
01:01:11à un seul instant
01:01:11que nous sommes à la veille
01:01:12d'accords partout en France
01:01:14c'est faux
01:01:15voilà Olivier Faure
01:01:16refuse donc tout accord national
01:01:18avec LFI
01:01:18la semaine dernière
01:01:20le PS demandait aux insoumis
01:01:21de pratiquer
01:01:22le désistement républicain
01:01:24dans les villes
01:01:24où le RN pourrait l'emporter
01:01:26et vous Benoît Biteau
01:01:27député écologiste
01:01:28vous êtes sur quelle ligne ?
01:01:30moi je pense qu'on ne peut pas
01:01:31se permettre
01:01:31on a vécu la NUPES
01:01:33on a vécu
01:01:34le nouveau front populaire
01:01:35on ne peut pas se permettre
01:01:36de laisser
01:01:37des villes basculer
01:01:38à l'extrême droite
01:01:39parce que
01:01:39l'étape d'après
01:01:41et ça on ne l'a pas
01:01:42dans les radars
01:01:42c'est qu'on a des sénatoriales
01:01:44en septembre
01:01:44et que le Rassemblement National
01:01:46ferait son entrée au Sénat
01:01:47et ça c'est désastreux
01:01:48donc moi je suis profondément républicain
01:01:51j'ai été élu sur la base
01:01:52d'un front républicain
01:01:53pour faire obstacle
01:01:54au Rassemblement National
01:01:55avec une candidate
01:01:56qui était pressentie
01:01:57gagnante
01:01:57sur ma circonscription
01:01:58et je pense
01:02:00qu'on a un devoir
01:02:01républicain
01:02:01de ranger
01:02:03nos petites guéguerres intestines
01:02:05et de faire en sorte
01:02:06que le Rassemblement National
01:02:07n'accède pas
01:02:07à des grandes villes
01:02:08n'accède pas
01:02:08à des villes tout court
01:02:09et surtout ne rentre pas au Sénat
01:02:10Et les électeurs de gauche
01:02:12ils en pensent quoi
01:02:13Marco ?
01:02:14C'est les premiers concernés
01:02:14ils en pensent quoi
01:02:15de ce rapprochement de liste ?
01:02:17Eh bien selon une enquête
01:02:18de l'Institut Ipsos
01:02:19ils sont largement favorables
01:02:21aux alliances de second tour
01:02:2284% des sympathisants de gauche
01:02:25approuvent ce principe
01:02:27mais pour des raisons différentes
01:02:28vous allez le voir
01:02:2936% y sont favorables
01:02:32quelle que soit la configuration
01:02:33du second tour
01:02:3533% approuvent ces fusions
01:02:37mais uniquement
01:02:38pour éviter la victoire
01:02:39d'une liste de la droite
01:02:41ou de l'extrême droite
01:02:42Et alors à droite justement
01:02:43on retrouve aussi
01:02:44des envies de fusion
01:02:45Et comment Adeline ?
01:02:4679% des sympathisants
01:02:49des Républicains
01:02:49de Reconquête
01:02:50ou du RN
01:02:51sont favorables
01:02:52à la fusion
01:02:53des listes
01:02:53des principaux parties
01:02:55de droite
01:02:55dans le détail
01:02:5638% y sont favorables
01:02:58quelle que soit
01:02:59la configuration
01:02:59du second tour
01:03:0021% souhaitent
01:03:02ces alliances
01:03:02mais uniquement
01:03:03pour bloquer
01:03:04la victoire de la gauche
01:03:05Et puis il y a aussi
01:03:06des villes
01:03:06où il n'y aura pas
01:03:07d'alliance
01:03:07pour le second tour
01:03:10des villes
01:03:11où on connaît déjà
01:03:12le maire
01:03:12en fait
01:03:12dans 7 communes sur 10
01:03:14Ça peut paraître
01:03:15surprenant
01:03:16dans 68%
01:03:17des communes
01:03:18exactement
01:03:18soit environ
01:03:1923 700 en France
01:03:21les électeurs
01:03:22n'auront pas
01:03:22le choix
01:03:23entre plusieurs candidats
01:03:24Pourquoi ?
01:03:25Eh bien parce que
01:03:26dans ces endroits
01:03:26il n'y a qu'une seule liste
01:03:28déposée
01:03:28C'est le cas
01:03:29à Tomblaine
01:03:30en Meurthe-et-Moselle
01:03:319 000 habitants
01:03:32tout de même
01:03:32c'est pas un village
01:03:34là-bas
01:03:34le maire sortant
01:03:35Hervé Ferron
01:03:36appelle les habitants
01:03:37à se mobiliser
01:03:39Et de toute manière
01:03:40nous allons gagner dimanche
01:03:42on le sait
01:03:43on pourrait se suffire
01:03:44de ça
01:03:44et dire
01:03:45ouais ça y est
01:03:46j'ai gagné
01:03:46et faire la fête
01:03:48dimanche soir
01:03:49sauf que
01:03:50s'il y a une faible
01:03:51participation
01:03:52on aura gagné
01:03:53quand même
01:03:54et ce sera
01:03:55une déception
01:03:56Notre seul slogan
01:03:58aujourd'hui
01:03:58c'est de dire aux gens
01:04:00il faut aller voter
01:04:01et notre seule victoire
01:04:03sera votre mobilisation
01:04:06Propos recueillis
01:04:07par Antoine Palos
01:04:08on l'a dit
01:04:09une seule liste
01:04:10en lice
01:04:10ça concerne
01:04:11près de 7 communes
01:04:12sur 10
01:04:13pour ces municipales
01:04:14et c'est un record
01:04:15il y a 6 ans
01:04:15c'était 6 communes
01:04:17sur 10
01:04:17alors comment l'expliquer
01:04:18d'abord
01:04:19il y a l'obligation
01:04:20de constituer
01:04:21une liste paritaire
01:04:22y compris dans les communes
01:04:23de moins de 1000 habitants
01:04:24une problématique
01:04:25à nuancer
01:04:26quand même
01:04:26selon le constitutionnaliste
01:04:28John Christopher Roland
01:04:30Je dis
01:04:30il faut le nuancer
01:04:31tout simplement
01:04:31parce qu'en 2020
01:04:32il y avait quand même
01:04:33sur les villes
01:04:34de moins de 1000 habitants
01:04:35sur les communes
01:04:36de moins de 1000 habitants
01:04:37on peut sur certaines strates
01:04:38atteindre déjà 43 ou 44%
01:04:41de femmes
01:04:41présentes sur les listes
01:04:42donc aujourd'hui
01:04:43tendre vers 50%
01:04:44c'est effectivement
01:04:45un pas de plus
01:04:46mais c'est pas la raison principale
01:04:47la seconde raison
01:04:48qui est à mon avis
01:04:49beaucoup plus substantielle
01:04:50c'est qu'effectivement
01:04:51le métier de maire
01:04:53le métier de conseiller municipal
01:04:54ou d'adjoint
01:04:55est un métier extrêmement
01:04:56peu attractif
01:04:57et compte tenu
01:04:58de la faible indemnisation
01:05:00des élus en France
01:05:02forcément ça pèse
01:05:03sur l'attractivité
01:05:04Et John Christopher Holland
01:05:06ajoute que les petites communes
01:05:07ont aussi moins de pouvoir
01:05:09aujourd'hui au profit
01:05:10des intercommunalités
01:05:11moins de compétences
01:05:12par exemple
01:05:13sur l'urbanisme
01:05:13ou l'aménagement
01:05:14de la voirie
01:05:15donc forcément
01:05:16c'est moins attirant
01:05:16Ben oui forcément
01:05:17merci beaucoup Marco
01:05:19je vous rappelle
01:05:19que la soirée électorale
01:05:21du premier tour
01:05:22des municipales
01:05:23sera à suivre
01:05:24sur la 8
01:05:24LCP et Public Sénat
01:05:26main dans la main
01:05:27regardez ce sera nous
01:05:28dès 19h30
01:05:29dimanche soir
01:05:30sur la 8
01:05:31pour suivre
01:05:31les premiers résultats
01:05:33les analyses
01:05:34et les commentaires
01:05:34de ces élections municipales
01:05:36ça se passe
01:05:37sur la 8
01:05:37merci à nos invités
01:05:39ce soir
01:05:40d'être venus
01:05:40dans Chaque Voix Compte
01:05:41merci Fanny
01:05:42et merci Olivier
01:05:43cette émission
01:05:44est rediffusée
01:05:45tout à l'heure
01:05:45à 23h30
01:05:46vous la trouvez aussi
01:05:47en replay
01:05:47sur lcp.fr
01:05:48et en podcast
01:05:49nous on revient demain
01:05:50à 19h30
01:05:51si vous le voulez bien
01:05:52on vous souhaite
01:05:53une excellente soirée
01:05:53dans un instant
01:05:54dans ce débat doc
01:05:55avec Jean-Pierre Gratien
01:05:56à demain
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