Passer au playerPasser au contenu principal
Avec Jean-Éric Branaa, maitre de conférence à Assas et spécialiste de la politique américaine

Retrouvez La France dans tous ses états du lundi au vendredi de 12h à 14h sur #SudRadio.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

———————————————————————

▶️ Suivez le direct : https://dai.ly/x8jqxru
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

———————————————————————

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100063607629498
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————

☀️ Et pour plus de vidéos de Bercoff dans tous ses états : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDQe5oKZlhHutOQlGCq7EVU4

##ACTU_DU_JOUR-2026-04-02##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, Perico-Legas, Mot de Coffler.
00:08Donald Trump va-t-il trop loin dans les mots, dans les menaces et dans la guerre ?
00:11Le président américain a annoncé vouloir bombarder l'Iran jusqu'à son anéantissement.
00:15Pékin lui demande de cesser les hostilités et réclame des pourparlers.
00:18Et demeure cette question, les Etats-Unis peuvent-ils vraiment quitter l'OTAN comme l'envisageait Donald Trump hier ?
00:24Vaste programme, on en parle aujourd'hui avec un spécialiste de la politique américaine,
00:27auteur des textes fondateurs de la révolution américaine, paru aux éditions Ellipse.
00:32Jean-Éric Branat, bonjour.
00:33Bonjour.
00:34Bonjour Jean-Éric Branat, merci d'être en direct à l'antenne sur Sud Radio.
00:37Aujourd'hui, je citais tout à l'heure en ouverture de l'émission la phrase du président de la République
00:41en 2019,
00:42l'OTAN est en mort cérébrale, et je disais, est-ce que le président des Etats-Unis va tout simplement
00:46débrancher le malade
00:47qui effectivement semble avoir quelques faiblesses, en tout cas depuis le conflit ukrain-russe.
00:53Pour autant, on en revient à la réalité d'aujourd'hui.
00:55Le président des Etats-Unis semble un peu empêtré dans une guerre dont il a du mal à voir l
01:01'aboutissement,
01:02avec des déclarations contradictoires.
01:03La chose s'enlise, l'Iran résiste mieux que prévu.
01:06Il nous reproche aux Occidentaux, en particulier aux Français, aux Espagnols,
01:09de ne pas être solidaires de sa juste guerre, tel que le dit Bernard-Henri Lévy,
01:14un petit peu de lâcheur, voire de déserteur.
01:17Et évidemment, il dit, si c'est comme ça, je vais quitter la maison.
01:20Autant, et vous vous débrouillerez seul, si vous êtes attaqué par des méchants, vous ne viendrez pas pleurer.
01:24Vous pensez que c'est un scénario envisageable, où il est possible, il est capable de passer à l'acte
01:29?
01:30Je pense que Donald Trump est capable de tout.
01:33Et effectivement, aujourd'hui, il n'a plus beaucoup de possibilités que de quitter ce conflit.
01:38Pourquoi ? Parce que les élections de mi-mandat s'annoncent très compliquées pour lui,
01:43et que s'il reste dans cette guerre, ce sera plus que compliqué, ce sera un désastre.
01:47Aujourd'hui, on s'aperçoit qu'il n'y a pas d'appel au drapeau, en tout cas de regroupement
01:53autour du chef de guerre.
01:55Mais il n'y a pas encore non plus de colère forte dans la rue aux États-Unis, mais ça
02:01pourrait arriver.
02:02Et c'est bien ce que Donald Trump en craint le plus, après les marchés, après l'inflation,
02:09qui vont arriver et qui vont lui faire très mal, si effectivement sa cote de popularité chute
02:16et actuellement elle commence à s'effriter fortement, ça va être la fin pour tout ce qui est le trapisme.
02:23Est-ce qu'on peut considérer que l'issue de cette guerre pourrait être avantageuse pour les États-Unis et
02:30Israël ?
02:30N'oublions pas que c'est quand même une guerre qui a été déclenchée par Benjamin Netanyahou,
02:34Premier ministre d'Israël et Donald Trump et les États-Unis ont immédiatement emboîté le pas.
02:40Là, les stratèges vous disent, si on ne débarque pas des hommes au sol, ce régime ne tombera pas.
02:45Et l'on sait, je pense, qu'ils ont dû faire leur calcul.
02:47Et c'est la raison pour laquelle le président des États-Unis tergiverse et est très prudent.
02:51On sait que, ne serait-ce que l'île de Cargues, c'est plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de GIs,
02:56de soldats américains morts.
02:58Donc les cercueils qui repartent aux États-Unis.
02:59Là, surtout avant les élections de mi-mandat, c'est absolument catastrophique.
03:05Donc, est-ce qu'il est coincé aux entournures, là, Donald Trump ?
03:09Est-ce qu'il est tenu de faire des acrobaties verbales, des effets de manche,
03:12parce qu'il n'a plus d'armes dans sa besace pour pouvoir faire face à la confrontation ?
03:18Écoutez, Donald Trump fait toujours des acrobaties verbales, même quand il a des armes.
03:22Donc, de ce côté-là...
03:23Oui, c'est vrai aussi.
03:26Mais si vous me permettez une réflexion vis-à-vis de cette guerre,
03:29moi, j'étais assez prudent depuis qu'elle a commencé.
03:32Je n'ai pas ni tapé sur Donald Trump, ni encouragé.
03:37Ce que j'ai remarqué, en tout cas, c'est que la première fois,
03:40c'est la première fois que Donald Trump fait quelque chose
03:42qui ne bénéficie pas directement à sa popularité et au magas.
03:47Donc, il y avait quelque chose de courageux,
03:51ou en tout cas d'inhabituel dans cette guerre,
03:54et qu'il faut le prendre pour ce que c'est.
03:57Il y a un danger.
03:59Tout le monde l'a compris avec cet enrichissement de l'uranium.
04:04Maintenant, je ne dis pas qu'il fallait faire une guerre.
04:05Je ne suis pas personnellement en faveur de l'entrée en guerre,
04:09mais je ne suis vraiment pas...
04:11Le terme « juste guerre » vous dérange un petit peu ?
04:14Ou il a pu être légitime à un moment donné,
04:16et puis il le serait de moins en moins ?
04:18L'expression « juste guerre » de Bernard-Henri Lévy.
04:22Non, non, mais Bernard-Henri Lévy a d'autres raisons.
04:25Lui, il se met du côté d'Israël,
04:27et il considère qu'il y a une défense d'Israël
04:31à évoquer avec cette guerre,
04:35parce qu'Israël est en danger.
04:36Mais c'est ce à quoi je faisais allusion aussi,
04:38sans aller jusqu'à juste guerre.
04:40Il y a un danger existentiel pour Israël,
04:43et il faut bien comprendre qu'il y a là une poudrière
04:47qui pourrit le monde depuis 45 ans ou 50 ans,
04:51pardon, 70 ans,
04:54et c'est effectivement quelque chose de compliqué.
04:58Maintenant, Donald Trump y est allé,
05:00comme le taureau,
05:03la tête la première,
05:05vous allez mettre toutes les expressions que vous voulez,
05:08mais fallait-il la faire ?
05:09Pour quelles raisons ?
05:10Comment ?
05:11On a vu cette guerre débarquer du jour au lendemain,
05:14et personne n'a compris que Donald Trump
05:16rentre dans cette guerre.
05:18C'est bien ce qui nous gêne aujourd'hui.
05:21Jean-Éric Branard,
05:23qu'est-ce qui se passe si les États-Unis,
05:25voyant qu'ils ne peuvent pas aller plus loin,
05:27si ce n'est au prix de vies humaines,
05:29évidemment d'une conséquence catastrophique
05:31pour sa réputation dans l'opinion publique américaine,
05:34si Donald Trump décide qu'il est satisfait,
05:36il a frappé l'Iran,
05:37on a détruit leur armement,
05:38leur armée est ruinée,
05:39les sites nucléaires sont extrêmement affaiblis,
05:42nous avons rempli notre mission,
05:43nous rentrons à la maison,
05:45on rapatrie évidemment les quelques troupes qui y sont,
05:48et puis voilà, on s'estime satisfait.
05:51Stratégiquement, c'est catastrophique,
05:53ça veut dire que les gardiens de la révolution
05:54estimeront qu'ils ont gagné cette guerre,
05:56et ça sera un camouflet épouvantable pour les États-Unis.
05:59Mais ils auront gagné cette guerre,
06:01Donald Trump l'a perdu de toute façon,
06:03à moins de détruire l'uranium enrichi,
06:07la guerre est perdue pour les États-Unis,
06:09quoi qu'il arrive.
06:10Si l'Iran est toujours en place,
06:12si ce régime est toujours en place,
06:13et si les États-Unis sont venus,
06:15ont tout cassé, sont repartis,
06:17et qu'il ne s'est rien passé,
06:18les États-Unis auront perdu la guerre.
06:20Mais encore une fois,
06:22tout le monde en était conscient dès le départ,
06:25on est même surpris que les conseillers de la Maison-Blanche
06:28n'aient pas été aussi de bon sens
06:30que tous les gens que l'on peut croiser dans la rue.
06:34Tout le monde le disait,
06:35tout le monde s'est posé cette question,
06:37qu'on soit français, hollandais, allemand, américain, canadien,
06:43tout le monde l'a vu qu'il y avait un problème.
06:45Alors Jean-Henri Branas,
06:46est-ce qu'il y a un risque
06:46que consécutivement à cette confrontation extrêmement violente
06:51avec des armements balistiques,
06:52on a vu que l'Amérique a mis toute sa puissance,
06:54toute son énergie pour essayer de gagner ce conflit,
06:57est-ce qu'il y a un risque que la Russie et la Chine
07:00dotent, aident les Iraniens à mettre en place
07:03leur arsenal nucléaire militaire,
07:05sachant que, comme la Corée du Nord,
07:07si tu as la bombe atomique, on ne peut plus t'embêter.
07:09Ça serait évidemment pour Netanyahou quelque chose d'épouvantable,
07:11mais est-ce qu'il y a ce risque que les Chinois et les Russes,
07:14justement, voyant que les États-Unis sont en train de dégommer tous leurs alliés,
07:18je pense au Venezuela, je pense à Cuba,
07:21ils donnent un coup de main au niveau nucléaire,
07:23au niveau atomique à l'Iran ?
07:24Alors, je n'y crois pas une seule seconde,
07:26ce n'est ni l'intérêt de la Russie, ni l'intérêt de la Chine,
07:30et pour l'instant, je pense qu'ils regardent ce conflit avec intérêt,
07:34justement parce qu'ils se disent qu'eux-mêmes,
07:37ayant quelques bisbis avec les États-Unis,
07:40ou des possibilités de bisbis,
07:42et j'utilise ce mot pour ne pas en utiliser le nôtre,
07:47ils sont très intéressés par la suite de cette guerre,
07:52en voyant comment elle est menée,
07:53et pour l'instant, elle n'est pas menée du mieux qu'il soit,
07:56donc on peut craindre pour d'autres points sur ce globe,
08:00parce que les Russes comme les Chinois ont des velléités,
08:04eux aussi, à aller envahir d'autres pays,
08:07ou à étendre leur action à droite ou à gauche.
08:10Est-ce que pour autant, le régime des Mollas est affaibli ?
08:13On dit que les Mollas, d'ailleurs, n'ont plus le pouvoir,
08:15ce sont les gardiens de la Révolution,
08:17donc des militaires, on va dire, des soldats, des guerriers,
08:19qui ont pris le pouvoir.
08:20Est-ce que pour autant, cette guerre,
08:22les frappes ont été d'une violence incroyable,
08:25tant sur le plan stratégique, qu'économique,
08:26est-ce que pour autant, ce régime,
08:28ce régime chiite intégriste, est affaibli ?
08:30Moi, ce que je vous dirais,
08:32c'est que je ne pense pas qu'on est retourné à l'âge de pierre,
08:34comme l'a dit Donald Trump hier soir dans son discours,
08:37et que là-dessus, il y a une exagération
08:42de la part du président des États-Unis
08:43qui prend les gens pour des idiots.
08:46J'ai eu l'occasion, moi, d'être assez désagréable
08:49avec les Magas en disant qu'ils avalaient absolument n'importe quoi,
08:52mais avaler ce discours d'hier soir,
08:55pardon, mais il ne faut pas être une lumière,
08:57parce que toutes les deux phrases,
08:59il y avait une absurdité qui montre
09:01qu'il considère que les gens qui votent pour lui
09:06sont des abrutis,
09:08à leur essayer de leur faire avaler
09:11ce qui n'est plus avalable,
09:12parce que là, aujourd'hui, c'est vraiment trop gros.
09:15On a toujours dit que le président des États-Unis,
09:17malgré les pouvoirs exorbitants qu'il a,
09:19dû à un régime présidentiel,
09:20n'oublions pas que le Sénat,
09:22plus que l'Assemblée nationale en France,
09:23a quand même, à un moment donné,
09:25la possibilité d'interrompre l'action du président des États-Unis.
09:29On se dit quand même qu'il est entouré par un staff
09:31de conseillers, d'experts, d'ingénieurs
09:33qui lui donne des conseils.
09:35Là, nous constatons qu'un président des États-Unis
09:37qui perd un peu la boule,
09:39peut-être que Georges Bouffe l'avait perdu aussi,
09:40mais ses trois acolytes étaient d'accord,
09:43déchaînés,
09:44là, on se rend compte qu'un président
09:45de la République américain
09:47peut aller jusqu'au bout de sa folie
09:49et que l'appareil de l'État
09:50et que son staff
09:51n'a pas forcément les moyens de l'empêcher.
09:54Alors, d'abord, Perico,
09:55vous avez remarqué que moi,
09:56je n'ai pas dit qu'il avait perdu la boule,
09:58je vous laisse cette phrase-là,
10:00mais pour continuer
10:02et pour, sur le plan intellectuel,
10:04voir ce qui peut se passer,
10:06non, non, le président peut être arrêté.
10:08D'abord, il y a l'article 25
10:10qui permet d'arrêter le président
10:13si jamais il perdait la boule.
10:15On peut le destituer,
10:17lui retirer son pouvoir
10:18de façon temporaire ou définitive.
10:20Et puis, deuxième objection gentille,
10:24mais quand même objection,
10:25non, le président n'est pas puissant aux États-Unis.
10:27Vous l'avez dit,
10:28le Congrès peut l'arrêter
10:29à n'importe quel moment.
10:30Alors, c'est vrai qu'à quatre reprises,
10:32il ne l'a pas fait
10:33puisqu'il a voté.
10:34Il a voté pour soutenir le président
10:36dans cette guerre
10:37pour des raisons
10:38sur lesquelles on ne va pas
10:39s'attarder maintenant,
10:40mais il l'a soutenu.
10:41Mais le Congrès a voté,
10:43ce qui veut dire
10:44qu'il y a quand même
10:44un pouvoir qui est contrôlé
10:48et le président ne fait pas ce qu'il veut.
10:50Ce qu'il a fait là,
10:51c'est attaquer avec l'armée,
10:54mais c'est sur un temps limité,
10:55ça dure deux mois.
10:57Et après,
10:58le Congrès doit voter formellement
10:59si jamais cela continue.
11:01Dossier à suivre,
11:02évidemment,
11:03Jean-Henri Branat,
11:04et nous aurons certainement
11:06l'occasion de vous resolliciter
11:07pour que vous nous donniez
11:08vos lumières
11:08sur cette situation
11:10fort compliquée
11:11de l'engagement des États-Unis
11:12contre l'Iran.
11:13Merci beaucoup
11:13d'avoir été sur ce site.
11:14du monde.
11:14Merci à tous.
Commentaires

Recommandations