00:01Thomas Souto, RTL Matin.
00:03Il est 7h43, l'invité d'RTL Matin s'appelle Dominique Schellcher et c'est le PDG de Coopérative U.
00:08Bonjour et bienvenue sur RTL, Dominique Schellcher.
00:09Bonjour Thomas Souto.
00:11Dans un monde où tout est lié, où la guerre en Iran provoque une poussée inédite des prix de l
00:14'essence,
00:15on l'évoquait avec François L'Instant, où l'inflation menace de revenir hanter nos rayons,
00:19est-ce que les propos de Donald Trump qui cette nuit a dit qu'il voulait ramener l'Iran à
00:22l'âge de pierre
00:23et qu'il dit en substance qu'il allait finir le job,
00:25est-ce que ces propos ont été de nature à vous rassurer ou est-ce qu'elle vous a plutôt
00:28inquiété ?
00:29Non, ce n'est pas rassurant du tout, ça m'a plutôt inquiété.
00:32Moi, depuis le début de cette crise, je situe un peu à 6 semaines, depuis le début, le point de
00:40tournant.
00:41Donc là, on est à peu près à plus de 4 semaines, il reste 2 semaines.
00:44Pourquoi ? Moi, ce qui me concerne directement, c'est le pétrole, le prix du baril et la disponibilité produit.
00:50Au-delà de 6 semaines, ça va être de plus en plus difficile,
00:54à la fois sur le prix, si ça dure, et à la fois, peut-être demain, sur la disponibilité.
00:59Il n'y a pas de problème du tout de disponibilité aujourd'hui.
01:02Mais dans 2 semaines, il pourrait y en avoir ?
01:04Au-delà de 2 semaines, parce qu'actuellement, qu'est-ce qui se passe ?
01:07De nombreux pays puissent dans leurs stocks, notamment en Asie.
01:11Il y aura des impacts si la disponibilité et la circulation des pétroliers, etc., ne s'améliorent pas.
01:19Ça, c'est sûr.
01:20Donc non, les...
01:21Ça veut dire que vous avez peur concrètement de manquer d'essence dans vos stations ?
01:24À terme, à terme, si ça dure.
01:25Le terme, il est là, pardon, parce que cette nuit, Donald Trump a dit, il y en a encore pour
01:282 à 3 semaines.
01:29Mais tout à fait.
01:296 semaines, on va les dépasser.
01:30On s'attendait, on pouvait s'attendre qu'il fasse des annonces, que ça s'arrête plus rapidement.
01:35Moi, je redis, si ça devait durer, il y aura un moment des questions.
01:40On n'y est pas encore là, mais il y aura des questions, sans doute, sur la disponibilité, si ça
01:44dure.
01:45Ça veut dire que les prix vont encore s'envoler dans les jours qui viennent ?
01:47On a vu le baril, François nous disait, qui est repassé au-dessus de 105 dollars cette nuit.
01:50Alors, c'est au gré des déclarations. Hier, on perdait 7 centimes sur le gazole, par exemple, sur le gazole
01:58précisément.
01:59Aujourd'hui, ça repart à la hausse sur le baril, donc les prix des carburants raffinés vont monter.
02:04C'est toujours le jour.
02:05Ça peut monter jusqu'à quel plafond ?
02:07Il y a un plafond de verre ou ça pourra monter peut-être à 3 euros, 3,50 euros ?
02:11Tout est imaginable aujourd'hui ?
02:13Rappelons que le prix du gazole aujourd'hui est historique depuis 1985, depuis le moment où on enregistre...
02:21Il n'a jamais été aussi haut.
02:21Il n'a jamais été aussi haut.
02:24Il faut que dans les jours qui viennent, dans les 15 jours qui viennent, ça se stabilise.
02:29Encore une fois, que les produits circulent mieux pour que les stocks se refassent, pour qu'il y ait de
02:34la détente.
02:35Sinon, ça peut monter.
02:36Très très haut, sans limite.
02:39Je ne vois pas, pour l'instant, de signes de limite.
02:42Il y a plus de 900 stations-service dans le parc EU.
02:44Comme Michel-Edouard Leclerc, vous aviez annoncé des baisses de prix à la pompe.
02:47Vous n'aviez pas avancé de chiffres.
02:49Non.
02:49Lui, soyons précis, vous aviez dit que les prix allaient nettement baisser.
02:52Sauf que ces baisses, on ne les a pas vues.
02:53Pourquoi, de Michel Cher ?
02:55Alors, déjà, Michel-Edouard Leclerc a fait son mea culpa à parler pour Leclerc et pour EU.
02:59Pourquoi ? Parce qu'on achète ensemble.
03:01Et il a, lui, annoncé des chiffres, ce que je n'ai jamais fait.
03:04Un jour, j'ai fait un poste en disant, effectivement, ça baisse.
03:07Parce que ce jour-là, nos achats baissaient significativement.
03:10Donc, sur les stations qui ont renouvelé leur stock ce jour-là,
03:14il y a eu des baisses dans les jours qu'on suivit.
03:16Mais ce n'est pas toutes les stations en même temps.
03:18Donc, je ne reviens pas sur ce que j'ai dit.
03:20Parce que ce que j'ai dit a eu lieu.
03:22Mais c'était ponctuel.
03:24Et après, vous voyez, ça varie au jour le jour.
03:25On est dans le brouillard complet, vous aussi, en fait.
03:27On est dans le brouillard.
03:28On subit la même chose que les clients consommateurs au bout du compte,
03:32puisqu'on achète au cours du jour.
03:34Et pourquoi vous vendez plus cher que Total ?
03:36Pourquoi eux y arrivent et pas les autres ?
03:37Pourquoi on a toujours su que, quand on allait faire le plein dans un supermarché,
03:41ça nous coûtait moins cher que dans une station-service traditionnelle ?
03:43Il y a un truc qui cloche, là, non ?
03:44Alors, pourquoi ?
03:45Parce que ça a été très bien dit depuis ce matin dans votre journal.
03:49Total est extracteur, raffineur, distributeur.
03:52Il peut maîtriser sa marge sur sa production, sur son amont.
03:57Et donc, il plafonne ses prix en prenant sur ses marges.
04:00Et nous, on n'est pas producteurs, on n'est pas raffinés.
04:03On marchait quand même.
04:04Mais c'est quasiment du prix coûtant.
04:06Et je lance un appel ce matin.
04:08Pour moi, c'est le plus important.
04:10Que les pétroliers prennent sur leur marge pour vendre à tous les distributeurs de carburant moins cher.
04:17Ça, ce serait un avantage pour tous les consommateurs rapidement.
04:20Parce que le problème, il est donc au niveau des pétroliers.
04:22Mais tout à fait, vous l'avez très bien dit.
04:24Ils font des surmarges actuellement.
04:26Ils devraient réduire un peu leurs marges.
04:28Et nous vendre à, nous aussi, distributeurs, nous et les autres, un peu moins cher.
04:33Pour rendre accessible, plus accessible le carburant à tout le monde.
04:37Comme eux le font.
04:38Et vous, est-ce que vous allez vendre à prix coûtant ?
04:40Pourquoi ne pas vendre dans cette période très compliquée ?
04:42On sait que vous ne gagnez pas beaucoup.
04:43Mais parce qu'on y est déjà à prix coûtant.
04:45On y est déjà.
04:46C'est 1, 2, 3 centimes.
04:47Vous savez, notre obsession, actuellement, c'est d'être au mieux dans le match des prix.
04:53Donc, on serre nos marges au maximum.
04:55Il n'y a quasiment, actuellement, plus rien.
04:56Parce que, si vous êtes décalé, de toute façon, les clients ne viennent pas chez vous.
05:00Donc, ce n'est pas notre intérêt de prendre des marges.
05:02Le problème, Dominique Schellcher, c'est la question de confiance envers les pétroliers,
05:06envers la grande distribution.
05:08Il y a un soupçon d'insincérité générale.
05:09Regardez la une du courrier de l'Ouest.
05:11Taxe sur le carburant.
05:12La crise rapporte-t-elle ?
05:13On peut se demander aussi, depuis hier, si ça ne rapporte pas au gouvernement.
05:16Vous entendez cette question de confiance que se posent les consommateurs et les Français ?
05:21Je le comprends.
05:23Mais, en même temps, regardons l'état de la France.
05:26Le sujet, pour moi, il est qu'on n'a plus les moyens de faire, par exemple,
05:31ce qu'on a fait pendant la guerre en Ukraine.
05:34Là, vous parlez comme Maud Bréjean, qui a dit qu'on n'a plus les moyens,
05:36qu'il n'y a pas de surplus.
05:37Et là, hier, Sébastien Lecornu dit
05:39« Tiens, le surplus, les recettes fiscales supplémentaires,
05:42on va les affecter à l'électrification. »
05:44Qu'est-ce que vous y comprenez, vous ?
05:45En fait, je rappelle, une des mesures qui avaient été prises en 2022,
05:49c'était des réductions sur le prix du carburant.
05:52Ça avait coûté 7 milliards d'euros au budget de la France.
05:55En fait, dès qu'on touche ces lignes-là,
05:57c'est immédiatement des sommes considérables.
05:59Or, on n'en a pas les moyens.
06:01Donc, trouvons d'autres solutions.
06:03Je répète, les surmarges au niveau des pétroliers,
06:05il faudrait qu'ils les réduisent.
06:07On entend cet appel très clair que vous lancez aux pétroliers ce matin,
06:09on sera en hâte d'entendre leurs réponses.
06:11L'inflation, ce n'est pas seulement sur l'essence,
06:12et aussi sur d'autres produits.
06:14On a vu l'inflation doubler en mars par rapport à février sur un an.
06:17Est-ce que ça annonce une explosion des prix dans le caddie, dans les rayons ?
06:20Quelle est votre vision de la situation ?
06:22Au 1er avril, exactement chez nous, la semaine prochaine,
06:25on va répercuter le résultat des négociations commerciales
06:28qui sont arrêtées en février.
06:29On n'en est pas du tout encore à une répercussion d'autre chose aujourd'hui.
06:33Donc, les négociations, pour qu'on comprenne bien,
06:35en gros, c'était une hausse d'un pour cent, globalement ?
06:37C'était une hausse d'un pour cent.
06:38On reste là-dessus.
06:39Les industriels nous demandaient 5%, on termine à 1%.
06:42On reste là-dessus pour aujourd'hui.
06:44Il y a des premiers petits signaux de demande, de discussion,
06:48mais c'est aux prémices, vraiment, on est aux prémices de ça.
06:53Il n'y a pas, pour l'instant, d'impact sur les prix des produits alimentaires de cette guerre.
06:58Ce qui a été signé il y a un mois n'est pas caduque ?
07:00Il n'y a pas besoin de tout remettre sur la table ?
07:01Non, pas pour l'instant, pas pour l'instant.
07:03Vous dites pas pour l'instant, c'est pareil, c'est à 2-3 semaines ?
07:07Exactement.
07:082-3 semaines ?
07:09C'est si ça dure, probablement qu'un certain nombre d'industriels,
07:12pour des questions d'emballage, de transport,
07:15pourraient revenir nous voir.
07:17Il n'y a pas encore de mouvement massif sur ce point aujourd'hui.
07:20Il y a un collectif de 37 associations,
07:22je ne sais pas si vous avez entendu dans le journal de 7h30,
07:24qui réclament une loi d'urgence pour garantir l'accès à 100 produits sains
07:27à prix coûtant.
07:28Est-ce que vous êtes prêts à le faire ?
07:29Est-ce qu'on a besoin d'une loi pour ça, finalement ?
07:30Nous y travaillons, je vais vous dire.
07:33On est la seule enseigne depuis la crise du Covid,
07:36et particulièrement la crise en Ukraine,
07:37à avoir maintenu notre panier anti-inflation,
07:39150 produits eus à prix coûtant.
07:41Là, ce que demandent les associations, et elles ont raison,
07:44c'est 100 produits à prix coûtant,
07:46pour bien manger.
07:47Pour bien manger.
07:48Eh bien, notre liste, elle est déjà très bien orientée dans ce sens.
07:52On va essayer de l'améliorer encore,
07:54mais on est déjà sur ce sujet,
07:56et je trouve que c'est un bel appel.
07:58Je les ai rencontrés, les associations,
07:59on y travaille.
08:00On consomme moins déjà ?
08:01Vous notez déjà, à hauteur de vos magasins,
08:03que le panier est moins rempli ou pas ?
08:06À court terme, là, on est sur PAC.
08:08Donc, les gens sont un peu dans l'ambiance PAC.
08:10Il y a un produit qui est complètement arbitré,
08:13parce qu'il est vraiment devenu trop cher,
08:14et je pense que dans le contexte...
08:16Si vous voulez, les gens se remettent en mode crise,
08:19clairement, consommation de crise.
08:20Le chocolat.
08:21Le chocolat, la campagne de chocolat de PAC,
08:23c'est moins 15% de volume.
08:25Moins 15% ?
08:26Il est devenu trop cher, le chocolat.
08:28Et donc là, on arbitre.
08:29Mais la première chose que les gens font,
08:31c'est, sur leur trajet en voiture,
08:33notamment la campagne,
08:34je fais un trajet de moins,
08:36j'optimise,
08:37je cherche un enfant en plus à l'école,
08:39ce genre de choses.
08:39Juste sur le chocolat.
08:40Alors là encore, il y a quelque chose qu'on ne comprend pas,
08:42c'est un peu comme avec l'essence.
08:43UFC que choisir a fait un constat.
08:44Les marques de chocolat ont augmenté leur prix,
08:46alors que le cours du cacao est plutôt orienté à la baisse depuis un an.
08:49Depuis 2022, les prix ont bondi de 36%,
08:52alors que l'inflation n'est que de 14%.
08:54Mais je suis tout à fait d'accord,
08:56les prix sont revenus à la normale.
08:58On s'est battus pendant les dernières négociations commerciales,
09:00on avait des demandes de hausse à deux chiffres,
09:03on a réussi à les réduire à moins de 10%,
09:05mais ça reste trop élevé.
09:08Donc c'est de l'abus ou pas ?
09:09Les fournisseurs, certains fournisseurs de chocolat,
09:12les plus gros, sont allés trop loin.
09:14En pensant que les Français pouvaient payer le chocolat qu'ils aiment beaucoup,
09:18mais les Français maintenant disent stop,
09:19et ils ont raison, parce que c'est allé trop loin.
09:22Il faut revenir au raisonnable.
09:24Merci beaucoup Dominique Chialcher d'être venu sur RTL ce matin.
09:26Je vous rappelle qu'à partir de 12h30...
09:27Je vous rappelle qu'il est venu sur RTL ce matin.
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