A l'occasion de la journée spéciale RTL redonne vie à vos centres-villes, Thomas Sotto recevait le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d'Achat. Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 01 décembre 2025.
00:04Il est ministre des PME, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat.
00:07Autrement dit, c'est un peu le ministre de notre vie de tous les jours et des problèmes qui y vont avec.
00:11On pourrait aussi l'appeler le ministre de la quadrature du cercle, Serge Papin, est l'invité d'RTL Matin.
00:15Bonjour et bienvenue sur RTL, Serge Papin.
00:17Bonjour Thomas Soto.
00:18Comment redonner vie à nos centres-villes ? C'est la question qu'on va se poser toute la journée sur RTL.
00:22On va peut-être commencer par les plus petits, ceux qu'on ne regarde plus assez, les villages en France.
00:26Dans 60% des communes rurales aujourd'hui, il n'y a plus aucun commerce.
00:31Faut-il s'y résigner ? Est-ce que c'est comme ça ?
00:33Non, il ne faut surtout pas se résigner.
00:35Alors, écoutez, le dernier commerce, c'est très important.
00:38Moi, je vais faire une proposition de ce point de vue-là, avec mon collègue Michel Fournier et Françoise Gattel, ministre de l'aménagement du territoire.
00:48Bon, il y a déjà des choses qui sont faites.
00:51J'ai entendu les témoignages ce matin, on a parlé de Saint-Gervais, notamment en Vendée, que je connais bien.
00:57Nicolas s'exprimait, donc il a pu agrandir avec de l'accompagnement des municipalités, notamment son commerce de café.
01:08Et donc c'est quoi votre proposition ?
01:09La proposition, c'est d'aider le dernier commerce.
01:12Souvent, ce sont des boulangeries.
01:13Et les boulangeries, essayez d'y mettre une activité d'épicerie.
01:20Et donc, on va avoir une mission, et avec une ambition, pour essayer sur les trois ans qui viennent, de faire au moins 500 commerces, qui seront le dernier commerce, d'aider le dernier commerce.
01:39Et comment ? Parce que pour aider une mission, il faut de l'argent.
01:42Est-ce que vous allez mettre des sous ?
01:43Oui.
01:44Combien ?
01:44Ah, alors, vous savez que Thomas Soto, j'ai écouté aussi Monsieur Langlais, il n'y a pas que l'argent public.
01:50Il peut aussi y avoir de l'argent privé, qui soit destiné à ça.
01:57Alors, je reviendrai vous voir, mais on a un projet de ce point de vue-là.
02:02Donc l'idée, si j'ai bien compris, c'est la dernière boulangerie, vous voulez la transformer quoi ? En espèce de pairette locale ?
02:07Oui, alors après, ça va être à géométrie variable.
02:10Ça dépend de la taille de la commune.
02:13Il y a parfois, vous savez, des épiceries solidaires, qui sont dans des communes, mettons, de moins de 1000 habitants,
02:20où ce sont des bénévoles qui viennent assurer l'ouverture de ce commerce-là.
02:26Puis après, il y a des commerces dans des villes ou dans des petites communes un peu plus grandes,
02:33où on peut avoir de l'aide de la municipalité, et puis accompagner un commerce existant,
02:43comme une boulangerie ou un café.
02:47Mais est-ce que l'État mettra, parce que, d'accord, il peut y avoir des fonds privés,
02:51est-ce que l'État mettra la main à la poche pour les aider ?
02:54Il y a déjà des aides.
02:55Il y a déjà des aides.
02:56Ça ne suffit pas, visiblement.
02:57Non, ça ne suffit pas.
02:58Bien sûr, il y a une aide d'un million et demi d'euros, là,
03:01qui va être destinée, pour amorcer un peu les choses, à 50 commerces, là, tout de suite et maintenant.
03:07Et moi, je travaille avec, alors, je peux les citer, avec une association qui s'appelle
03:12Les Entreprises qui s'engagent, et qui pourrait, voilà, je suis en train vraiment d'être actif avec eux
03:18pour contribuer à faire en sorte que le dernier commerce ne ferme pas.
03:25Un million et demi d'euros, c'est là, c'est pour maintenant,
03:27c'est dans le budget, là.
03:27Ça, c'est tout de suite, ça, oui.
03:28C'est tout de suite, bon.
03:29Il y a en France de très nombreux commerces qui ferment
03:32parce que les commerçants ont un problème de loyer.
03:35Ils coûtent trop cher, ces loyers.
03:36À Châteauroux, le maire explique que les loyers ont bondi de 33% en 10 ans.
03:40Plusieurs élus, le maire de Bordeaux, le maire de Lyon,
03:42demandent un encadrement des loyers pour les commerces.
03:44Est-ce que vous y êtes favorable ? Est-ce que c'est une piste ?
03:46Oui, alors, il faut aider les maires.
03:48Parce que, pour le commerce de centre-ville, les maires ont besoin de reprendre la main.
03:53Alors, il y a un rapport qui a été rendu pour le centre-ville.
03:58Ce rapport, il préconise notamment la création des foncières.
04:03Et les foncières vont être un instrument financier pour réguler les loyers
04:08et contribuer à ce que, quand il y a un rideau fermé, ça soit un rideau ouvert.
04:13Mais est-ce que vous êtes pour mettre dans la loi l'encadrement ?
04:15Non, ce n'est pas rien.
04:16Oui, alors, attendez, cette foncière, c'est 150 millions d'euros
04:19qui vont là, du coup, par la Banque des Territoires.
04:23Alors, après, moi, on ne peut pas encadrer les loyers qui sont du domaine du privé.
04:29Ça se fait pour les logements à Paris, par exemple, et dans certaines villes ?
04:32Oui.
04:33Alors, les foncières vont amener de la régulation, des loyers.
04:36Moi, j'encourage les municipalités à utiliser cet instrument,
04:41à prendre la main avec cet instrument financier
04:44et ainsi avoir une régulation des loyers.
04:47Donc, ça, c'est un outil qui est disponible.
04:51Aujourd'hui, il y a 90 foncières qui existent dans notre pays.
04:55On peut parfaitement s'inspirer de ces modèles-là et les développer.
04:59Et à partir du moment où ces foncières sont actives,
05:02elles régulent les loyers, bien sûr.
05:04Vous êtes aussi le ministre du Pouvoir d'Achat.
05:06Ce 1er décembre, c'est une date importante pour notre pouvoir d'achat à viande
05:08puisque c'est l'ouverture des négociations entre industrielles et grandes distributions.
05:12D'abord, quelques chiffres.
05:13Selon l'Institut Circana, sur un an,
05:15les prix de la viande hachée ont augmenté de 12%.
05:17Ceux du chocolat de 20%.
05:18Ceux du café de 27%.
05:19On pourrait ajouter l'essence qui a pris des dizaines de centimes ces derniers mois.
05:24C'est reparti pour la folie des prix, M. le Président ?
05:26Non, mais alors, écoutez, on parle de choses qui datent un peu.
05:29De mon point de vue, l'inflation cette année...
05:320,9% là en novembre.
05:33Elle est de moins de 1%.
05:35Écoutez, la France est le pays d'Europe où il y a le moins d'inflation.
05:38La France est le pays d'Europe aussi où il y a le plus de croissance.
05:42On va finir à 0,8%.
05:440,8%, c'est précisément l'augmentation aussi du pouvoir d'achat des Français
05:49à la fin de l'année.
05:51Il y a un article qui est...
05:53Donc il y a un sentiment d'inflation, mais il n'y a pas d'inflation ?
05:56Il n'y a pas d'inflation aujourd'hui.
05:58Il y a moins de 1% d'inflation.
06:00Plus 12% sur la viande ?
06:01Oui, alors moi je parle en moyenne.
06:04Évidemment, il y a des secteurs où il y a eu de l'inflation, mais en moyenne, on est à moins de 1%.
06:09Les négos vont commencer, on connaît la chanson, industrielle et grande distribution vont s'écharper pendant des semaines
06:15et à la fin, c'est le client qui paye.
06:17Vous avez sorti une charte de bonne conduite.
06:20Qu'est-ce que ça va changer ?
06:21Je crois que c'est pour aider les PME déjà ?
06:22Alors, écoutez, qu'il y ait un peu de bonne pratique dans ces rapports qui sont toujours tendus.
06:29Regardez l'an dernier, il y avait une tension extrême.
06:33Donc c'est quand même pas mal parce que tout le monde travaille pour l'intérêt du consommateur quand même.
06:38Donc c'est bien qu'il y ait ces bonnes pratiques.
06:40Et moi j'avais souhaité aussi...
06:41Dans la charte, pardon M. le ministre, il est prévu qu'un acheteur n'annule pas un rendez-vous 30 minutes avant l'heure,
06:46que les réunions aient lieu aux heures de bureau.
06:49On en est là, on leur apprend à dire bonjour et à tenir la porte.
06:52Non, mais il y avait toujours de la confrontation, c'est pas un cercle de poètes, les négos entre les industriels et les distributeurs.
07:00Mais bon, mettre en valeur de l'apaisement, un peu de sérénité, c'est quand même pas mal.
07:08Et puis moi j'étais très attaché à ce qu'il y ait un accord pour les PME.
07:12C'est donc fait.
07:13Les PME qui en particulier vont ouvrir les négos en premier.
07:17Parce que si après elles passent derrière les grands groupes, elles n'ont plus de place dans les linéaires.
07:21C'est aussi simple que ça.
07:22Donc pour elle, ça sera avant le 15 janvier les négos.
07:23Voilà, exactement.
07:24Elles passent avant pour ne pas se faire écrire.
07:25Voilà, et puis on va aussi favoriser l'origine des produits.
07:29C'est-à-dire, il y a ça aussi dans l'engagement pour les PME.
07:33Et puis mettre en valeur la promotion des produits frais, notamment en fruits et légumes.
07:41Donc vous voyez, il n'y a pas que des bonnes pratiques, c'est aussi concret.
07:45Bon, autre gros dossier sur votre bureau, Chine.
07:47Alors là, on a l'impression que les ministres et les députés aboient et que Chine s'en lavent les mains.
07:51Les députés ont de nouveau convoqué les responsables de Chine demain à l'Assemblée.
07:55Réponse, désolé, mais on ne viendra pas.
07:57Vous leur dites quoi, vos responsables de Chine ?
07:59Ils se moquent du monde ?
08:00Oui, je pense qu'ils se moquent du monde.
08:02Et moi, en tant que ministre, je vais vous dire, je protège les consommateurs.
08:07Parce que Chine vend des produits qui sont complètement en dehors de toutes nos normes.
08:12Qui sont parfois dangereux.
08:14Illicites.
08:14On l'a vu.
08:15On l'a vu.
08:16Je protège aussi les commerçants et les PME.
08:20Parce qu'on est en concurrence déloyale.
08:23C'est du dumping que fait Chine.
08:25Et je vous ferai remarquer que, par exemple, les Etats-Unis, c'est très difficile pour les plateformes d'y rentrer.
08:32Pour nous, c'est très difficile de rentrer en Chine.
08:34Donc vous êtes pour la fermeté absolue ?
08:35Moi, je suis pour une dose de protectionnisme et de la fermeté, bien sûr.
08:40Vous avez dit, vous êtes prêt à faire du Trump sur Chine.
08:43Alors, c'est vrai que la formule claque.
08:44Mais ça veut dire quoi concrètement, dans votre bouche, faire du Trump ?
08:47Faire du Trump, c'est se protéger.
08:49Mettre la taxe sur les petits colis.
08:51À quel niveau ?
08:52Pour l'instant, on a démarré à 2 euros.
08:55Mais c'est un pied dans la porte, déjà.
08:58On ne va pas s'arrêter là.
08:59C'est un combat qui va être long avec Chine.
09:01Et j'étais jeudi dernier avec tous mes collègues européens.
09:04On avait une réunion des ministres, de la majorité des ministres du commerce européen, jeudi à Bercy.
09:10Et tout le monde est d'accord pour suivre l'initiative qui a été prise par la France.
09:15Donc vous voyez, le combat sera long.
09:17Il faut mettre un peu de...
09:18Et il faut tenir le bras de fer.
09:19Il faut mettre un peu de protectionnisme dans le libéralisme.
09:25Et puis, il faut se protéger de ces plateformes qui font du dumping.
09:29Tout ce que vous nous annoncez, ça tiendra s'il y a un budget.
09:31Et ce matin, Sébastien Lecornu publie une lettre sur les réseaux sociaux
09:34où il tente de rassurer les entrepreneurs,
09:37jugeant que le vrai danger pour le pays serait l'absence de budget.
09:40Oui, il dit, Sébastien Lecornu, dans son courrier,
09:43dit ce que les entrepreneurs me disent.
09:45C'est-à-dire, on veut un budget.
09:47Moi, en tant que chef d'entreprise,
09:49je ne sais pas démarrer l'année sans budget.
09:52C'est quand même anormal qu'un grand pays comme la France,
09:55qui est un des plus grands pays d'Europe, ait pas de budget.
09:57Donc, il appelle aussi à la responsabilité, je crois, des parlementaires, des sénateurs,
10:02pour qu'on ait un budget.
10:04Et si on a un budget, on aura de la stabilité.
10:06Si on a de la stabilité, on peut faire redémarrer l'activité, l'emploi, etc.
10:11C'est indispensable.
10:12Il nous faut un budget et de la stabilité.
10:14Merci beaucoup à vous, Serge Papin, d'être venu ce matin sur RTL.
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