Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 minutes
C'est le site marchand le plus visité par les Français. Avec plus de 9 millions de connexions par jour, 25 000 salariés en CDI et 35 sites logistiques dans le pays, Amazon France résiste-t-il à la vague de suppressions de postes liées aux bouleversements de l'IA ? Jean-Baptiste Thomas, directeur général d'Amazon France, est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 06 mai 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est le nouveau directeur général d'Amazon en France, Jean-Baptiste Thomas est l'invité d'RTL Matin.
00:07Bonjour et bienvenue sur RTL, Jean-Baptiste Thomas.
00:09Bonjour.
00:09On parlait à l'instant avec François Langlais des conséquences de cette crise sur l'économie réelle.
00:13Est-ce qu'elle a déjà un impact sur le nombre d'achats, le nombre de clics sur Amazon ou
00:17est-ce que vous n'êtes pas encore touché ?
00:19Non, on ne voit pas d'impact de notre côté, en tout cas pas à ce stade.
00:22Je pense qu'une des raisons, et ce n'est pas la première crise malheureusement qu'on vit en France,
00:26mais notamment sur de l'inflation, avec quelques-unes, entre le Covid, l'Ukraine.
00:30Je pense qu'Amazon, depuis 25 ans, redonne du pouvoir d'achat et donc on est plutôt content des commandes
00:37et on voit que nos clients sont satisfaits de ce qu'on peut leur offrir.
00:40Alors visiblement, Amazon croit en nous, en la France, puisque vous nous annoncez ce matin que vous allez embaucher massivement
00:44dans les trois ans qui viennent. Combien de postes ? Où et pour qui ?
00:47Je suis très fier de porter cet engagement qui est le plus important en France, un pays dans lequel on
00:51est depuis 26 ans maintenant.
00:5315 milliards d'euros d'investissement sur les trois prochaines années.
00:56Donc 26, 27, 28 ?
00:5826, 27, 28. On va ouvrir quatre nouveaux entrepôts, 7000 CDI à la clé.
01:057000 CDI ?
01:057000 CDI à la clé. Les entrepôts sont en région, on en a un à côté de Lyon, un à
01:10Chartres, un à Beauvais et un en Alsace.
01:14Quel type de job ? C'est CDI ? Emploi qualifié ? La main d'oeuvre ?
01:17Alors on a 400 métiers différents chez Amazon. Donc on a vraiment tout type de job, ingénieur, marketing, ressources humaines.
01:25Maintenant, c'est vrai que dans les entrepôts, on a beaucoup de préparateurs de commandes, d'agents logistiques.
01:31C'est majoritairement des magasiniers, ce genre de postes ?
01:33Oui, c'est des personnes qui vont, nos employés vont réceptionner nos produits, dans un premier temps, les mettre en
01:39stock et ensuite préparer les commandes.
01:41Ce qui est intéressant, je pense, à savoir chez Amazon, c'est qu'on recrute sur le potentiel.
01:45Et en fait, vous n'avez pas besoin de diplôme, pas besoin même de CV.
01:48On travaille très étroitement avec France Travail pour aider à la réinsertion professionnelle.
01:53Et après, vous pouvez évoluer chez Amazon.
01:55Il faut savoir que 75% des managers chez Amazon ont commencé comme préparateurs de commandes.
01:59Donc il y a vraiment des perspectives d'évolution.
02:01Pourquoi vous misez sur nous alors que tout le monde répète en boule que la France est un enfer en
02:05matière de charges, en matière de normes, de coûts du travail et que sais-je encore ?
02:09Écoutez, moi je suis fondamentalement optimiste.
02:11On pense qu'il y a un vrai potentiel en France.
02:14Alors à la fois sur le e-commerce, à la fois sur le cloud et l'intelligence artificielle.
02:19On voit que les entreprises françaises ont commencé à embrasser la révolution, une vraie révolution.
02:24On est dans les temps en France ?
02:26Alors 40% des entreprises utilisent l'intelligence artificielle.
02:29Maintenant seulement 19% l'utilisent de manière avancée.
02:31Et on voit que le potentiel sur les 4 prochaines années, c'est de créer de la valeur ajoutée de
02:3730 milliards d'euros si les entreprises françaises embrassent vraiment l'intelligence artificielle.
02:44On est dans les temps, oui.
02:45On est dans les temps.
02:45Justement, à propos d'intelligence artificielle, vous nous annoncez ce matin 7000 créations de postes dans les 3 ans.
02:49Mais dans le même temps, Amazon Monde a annoncé fin janvier la suppression de 16000 postes dans le monde liés
02:55à l'IA, liés à l'intelligence artificielle.
02:56Combien de ces postes sont concernés en France ?
02:59En France, on a 25 000 employés.
03:01Depuis 2010, peut-être pour donner un peu de perspective, on est le premier créateur d'emplois en France.
03:05Et là, on parle d'en ajouter 7000 à ces 25 000 emplois.
03:10Nous, ce qu'on voit, c'est que l'intelligence artificielle, la robotisation, nous permet de créer de l'emploi,
03:15très concrètement.
03:15Mais vous allez supprimer des postes ? Parce qu'il y a des postes de bureaux, disait le patron d
03:19'Amazon, qui ne sont plus forcément nécessaires.
03:20Vous allez en supprimer en France ?
03:21Alors, je n'ai pas plus de données sur la France, sur ce type de suppression.
03:28Ce que je peux vous dire, c'est qu'encore une fois, on recrute, on va augmenter nos effectifs en
03:32France.
03:32Il y a après certains départements.
03:34On est une entreprise aussi extrêmement innovante.
03:35Il y a certains départements sur lesquels vous lancez un nouveau business.
03:41Il fonctionne, parfois il ne fonctionne pas.
03:42Donc, il peut y avoir des ajustements.
03:44Mais globalement, le message fondamental, c'est qu'on crée de l'emploi.
03:48Et d'ailleurs, le message n'était pas à dire que c'était lié à l'intelligence artificielle.
03:51Je pense que...
03:51C'est au-delà d'Amazon, l'inquiétude sur l'intelligence.
03:53On se dit, est-ce que ça va manger des jobs aujourd'hui ?
03:55Non, il y a plein de métiers qui sont en évolution.
03:56Est-ce que ça, c'est...
03:58Je pense qu'il y a un changement.
03:59Et je peux comprendre que ça inquiète les Français.
04:01On est tous inquiets.
04:02Personne n'aime vraiment le changement, en tout cas.
04:05Ce qu'on voit, c'est...
04:06On ne pense pas que ça va remplacer les jobs.
04:07Ce qu'on voit vraiment, et très concrètement, tous les jours,
04:10on voit que ça transforme les jobs.
04:13Et souvent, c'est des métiers plus qualifiés dont nous avons besoin.
04:17Je vais vous donner un exemple très concret.
04:19On avait un entrepôt Amazon.
04:20On avait 1 000 employés en CDI.
04:23On l'a robotisé.
04:24On a investi 110 millions d'euros il y a un an et demi.
04:27On est passé de 1 000 emplois en CDI à 1 300 emplois en CDI.
04:30Puisqu'en fait, on a besoin de...
04:32C'est plus une évolution qu'une suppression.
04:34Nos équipes de maintenant sont doublées, par exemple.
04:36Juste pour vous donner un exemple.
04:37Donc, on a vraiment des nouveaux métiers qui se créent.
04:39Jean-Baptiste Thomas, les 7 000 embauches que vous nous présentez ce matin,
04:42est-ce qu'elles vont se faire via Connect Talent ?
04:44C'est votre plateforme de recrutement intelligente
04:46capable de sélectionner et d'interroger des candidats 24 heures sur 24
04:49sans aucune intervention humaine directe.
04:51Alors, nous, on travaille très étroitement avec France Travail.
04:55Ça, ça existe, Connect Talent ?
04:56Oui, oui, oui.
04:57C'est développé par Amazon ?
04:58Oui, oui, oui, ça existe.
04:59Mais là, pour les emplois, votre question sur ces emplois,
05:03c'est 7 000 CDI.
05:04On travaille vraiment avec France Travail.
05:07Encore une fois...
05:07Donc, à l'ancienne, pour le coup.
05:08Traditionnelle.
05:09Alors, à l'ancienne, mais un peu différemment.
05:11On n'a pas besoin de CV, encore une fois.
05:12On travaille avec un modèle de simulation.
05:14Vous venez, en une semaine, vous avez un emploi
05:17et vous pouvez commencer.
05:18Je pense que le dernier entrepôt qu'on a ouvert à côté de Metz,
05:2375% de nos employés qui ont commencé chez nous
05:26étaient en recherche d'emploi.
05:27Deux tiers étaient en recherche d'emploi à longue durée.
05:29Donc, on travaille avec France Travail
05:30sur des Français qui ont pu être un peu éloignés de l'emploi
05:35pour leur offrir des opportunités chez Amazon.
05:37Alors, Amazon, on clique tous sur Amazon un jour ou l'autre.
05:40On est tous devenus clients.
05:42C'est un peu devenu la Samaritaine des années 2020.
05:43On y trouve de tout.
05:44Comment vous faites pour contrôler qu'on n'y trouve pas aussi n'importe quoi ?
05:47On se souvient évidemment du scandale des poupées pédocriminelles de Chine.
05:51Comment vous faites pour savoir ?
05:52Parce que c'est tellement vaste.
05:53Comment vous contrôlez ?
05:54Déjà, la confiance des clients est clé chez nous.
05:57Et on sait qu'elle est difficile à gagner.
05:58Elle est très facile à perdre.
05:59Donc, on met des moyens considérables en amont déjà.
06:02Alors, des moyens d'intelligence artificielle
06:04pour éviter que ces produits soient référencés.
06:07Des moyens d'intelligence artificielle et des moyens humains
06:09pour éviter que ces produits arrivent sur le site.
06:12Dans le cas où ils arriveraient,
06:13on a également des moyens importants,
06:15des ressources humaines
06:16et encore une fois, des moyens d'intelligence artificielle
06:19pour pouvoir les enlever, les supprimer très rapidement.
06:21Cette concurrence chinoise,
06:22c'était Mou, Chine, AliExpress,
06:23elle vous fait mal aujourd'hui ou pas ?
06:25Alors, moi, je trouve que la concurrence est positive
06:27en tant que telle.
06:28Elle nous permet de redonner du pouvoir d'achat aux clients.
06:32Elle nous permet de nous stimuler.
06:32Maintenant, il faut qu'elle respecte les règles du pays.
06:36Il faut qu'elle contribue à l'économie
06:37comme on le fait en créant de l'emploi, en investissant.
06:39Alors, contribuer à l'économie, respecter les règles,
06:41c'est respecter aussi la taxe sur les petits colis
06:43qui est entrée en vigueur au 1er mars en France.
06:452 euros par colis.
06:46Alors, grâce à vos bases en Europe, en Belgique, entre autres,
06:49vous arrivez à y échapper.
06:50Elle a contourné pour l'instant.
06:51Sauf qu'en juillet, cette taxe, elle concernera aussi nos voisins européens.
06:54Vous la comprenez ?
06:55Vous l'acceptez, cette taxe ?
06:56Vous dites là, c'est la folie fiscale française et européenne.
06:59Nous, on est sur un modèle qui est complètement différent
07:00de celui que vous évoquez.
07:02On a, encore une fois, 38 sites logistiques en France.
07:06On est extrêmement ancré dans le paysage français.
07:1097% des produits qu'on expédie
07:13viennent d'Europe, principalement de France.
07:15Parfois, ça peut être à la frontière de nos voisins européens.
07:19Donc, cette taxe ne nous vise pas du tout.
07:21Elle ne vise pas le modèle d'Amazon, qui est un modèle de proximité.
07:23Vous êtes concerné, vous devrez la payer, quand même,
07:25la taxe sur les petits colis ?
07:27Nous, nos produits ne viennent pas de Chine.
07:29Ils viennent directement d'entrepôts de Metz, de Lyon.
07:33Cette taxe sur les petits colis,
07:34elle concerne des livraisons qui sont faites
07:37par les concurrents que vous avez mentionnés,
07:39qui viennent de Chine.
07:40Donc, on n'est absolument pas concerné par ce modèle.
07:41On est sur un modèle totalement différent
07:43des acteurs que vous venez de citer.
07:44À propos d'impôts et d'intelligence artificielle,
07:47en préparant cette interview,
07:49j'ai demandé au chat,
07:49l'application d'intelligence artificielle française,
07:52quelles questions, je précise, pas sympas,
07:54il aimerait vous poser.
07:55Et ça a donné ça.
07:56Pourquoi Amazon continue-t-il à éviter
07:58de payer sa part juste d'impôts en France
07:59alors que vos bénéfices explosent ?
08:01Alors, on paye notre part juste.
08:04J'imagine que l'IA a repris vos termes,
08:06parce qu'elle est vraiment formulée comme ça, la question.
08:08Non, non, mais très concrètement,
08:09je vais vous donner un chiffre.
08:10On paye plus de 900 millions d'euros d'impôts en France,
08:13ce qui nous place dans le top 50
08:15des contributeurs fiscaux en France.
08:17Donc, vous payez tout ce que vous devez payer ?
08:18Évidemment, on respecte les règles du pays.
08:20Amazon, c'est la mort du petit commerce,
08:22entend-on souvent, dans beaucoup de villes,
08:23de petites villes.
08:24Les commerçants se plaignent,
08:25notamment de vos casiers
08:26où les clients vont récupérer leurs colis,
08:28ils disent que ça les tue.
08:29Est-ce que vous sentez une responsabilité
08:31quand vous voyez dans les rues des centres-villes,
08:33des grandes, des petites, des moyennes villes,
08:35tous ces magasins qui ont baissé le rideau ?
08:36Je pense qu'on est une opportunité pour ces magasins.
08:40Déjà, quand on installe un entrepôt,
08:41il faut voir qu'on revitalise,
08:44redynamise un territoire.
08:45Ça, c'est l'entrepôt.
08:46Les emplois, tout ça, ce n'est pas contestable.
08:48Et ensuite, on a une place de marché,
08:50on a plusieurs milliers de PME françaises
08:53qui, là où leur zone de chalandise,
08:55avec leur magasin,
08:56était la rue, la ville,
08:58peut-être parfois le département,
08:59maintenant, c'est la France.
09:00Mais ce n'est pas seulement la France,
09:01c'est l'Europe, très facilement,
09:02où vous pouvez exporter.
09:03Ces entreprises françaises,
09:04elles exportent déjà plus de 1 milliard d'euros,
09:06principalement en Union européenne.
09:07Donc, on pense qu'on est une opportunité.
09:08On aimerait avoir encore plus de PME françaises
09:11sur notre site.
09:12Vous êtes prêt à travailler avec les petits magasins ?
09:14Bien sûr.
09:14Ce n'est pas qu'on est prêt à travailler,
09:15on travaille déjà avec les petits magasins.
09:18On a énormément de solutions
09:19qu'on leur offre pour...
09:21Vous prenez en photo votre produit,
09:23directement, vous avez une page produit
09:24qui est faite,
09:25qui est traduite en plusieurs langues,
09:26et ce qui vous permet, encore une fois,
09:28de toucher toute l'Union européenne,
09:29d'augmenter votre zone de chalandise.
09:30Ce qui se dit aussi,
09:31dans les petites villes notamment,
09:32c'est que les casiers, ils sont moches.
09:33Vous ne trouvez pas que les lockers,
09:35comme vous dites,
09:35il n'y a pas moyen de faire un peu plus esthétique ?
09:37Écoutez, je prends votre point,
09:39on va y réfléchir.
09:40Je pense que c'est subjectif.
09:43Vous avez augmenté le nombre de casiers ?
09:44Mais plus, de manière importante,
09:46je pense qu'on offre un service de proximité.
09:47Ce qu'il faut voir,
09:48c'est que dans les zones rurales,
09:50dans les petites villes,
09:5285% de nos clients nous disent,
09:54dans ces zones-là spécifiquement,
09:55qu'ils trouvent des produits
09:56qu'ils ne trouveraient pas ailleurs.
09:57Et je pense que c'est ce qu'Amazon nous permet,
09:59c'est de répondre à vos besoins du quotidien,
10:02redonner du pouvoir d'achat,
10:03mais également de répondre à des besoins spécifiques.
10:06Si vous avez une machine à café,
10:08vous avez une pièce détachée dont vous avez besoin,
10:09vous la trouverez sur Amazon.
10:10Il y en a combien de ces casiers en France,
10:11à peu près, vous savez ou pas ?
10:12Oui, il y en a plusieurs milliers.
10:14Plusieurs milliers, à peu près ?
10:15Plusieurs milliers.
10:17Il y en a 3 000 en casier.
10:19Amazon qui teste la livraison ultra rapide
10:21en moins de 30 minutes.
10:22Pardon, 5 000.
10:23Je vous donne le chiffre.
10:235 000.
10:24Amazon qui teste la livraison ultra rapide
10:25en moins de 30 minutes aux Etats-Unis,
10:27colis livrés par un chien robot,
10:29ça va arriver chez nous, ça aussi, ou pas ?
10:31Non, je ne suis pas là pour faire ce type d'annonce
10:33qui est important et c'est vraiment dans notre ADN
10:36depuis 26 ans qu'on est installé en France,
10:38c'est une livraison rapide et fiable.
10:40Je ne suis pas là pour faire ce type d'annonce,
10:42ça veut dire oui, ça va arriver, mais pas tout de suite.
10:44Non, non, non, je n'ai pas le chien robot.
10:47Non, pareil, je prends acte.
10:50Bon, merci beaucoup Jean-Baptiste Thomas
10:52d'être venu sur RTL ce matin.
10:53Écoutez, je vous remercie.
Commentaires

Recommandations