00:00Floriane est médecin esthétique à Brest et dresseuse de mouettes.
00:04Elle se pose la question de la communication sur les réseaux sociaux
00:08et où commence le risque disciplinaire.
00:22Quel est le cadre juridique ?
00:24Oui, tu peux communiquer, mais sous des conditions strictes.
00:32Un décret de 2020 vient mettre dans le code de déontologie
00:35que le médecin est libre de communiquer au public, y compris sur Internet,
00:40mais pour des informations utiles au libre choix du patient.
00:43Dans le même article, on va encadrer cette communication qui doit être
00:47royale, honnête et surtout pas de témoignage de tiers,
00:51pas de comparaison avec d'autres médecins ou établissements,
00:54pas d'incitation à des actes inutiles, pas de tromper public.
00:58Donc, il ne faut pas porter atteinte à la dignité de la profession.
01:01Tu peux informer, mais dès que tu bascules vers la promotion,
01:04la preuve sociale ou des promesses, tu entres dans la zone disciplinaire.
01:12C'est le fameux article 19 du code de déontologie
01:15et le Conseil national de l'ordre s'en sert assez régulièrement.
01:20On distingue quand même trois zones rouges dans ce que l'on va écrire sur les réseaux.
01:25Première zone rouge, le secret médical, où là, on a à la fois un risque ordinal et un risque pénal.
01:30Sur les réseaux, la faute la plus fréquente, c'est la violation du secret professionnel.
01:35Donc, le secret couvre tout ce que le médecin a vu, entendu, compris, deviné dans l'exercice de ses fonctions.
01:42C'est même une infraction pénale punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende.
01:48Donc, en conséquence, de façon pratique, tu ne vas jamais répondre à un avis en confirmant qu'une personne est
01:55venue,
01:55ni en évoquant un motif, ni un traitement, ni une difficulté, même si l'avis est anonyme,
02:02parce que la simple réponse peut permettre l'identification et parce que tu confirmes, en fait, le lien de soins.
02:09Le Conseil national de l'ordre des médecins a émis un guide e-réputation
02:13et il va insister sur la réponse oui, mais jamais au prix du secret.
02:19Zendrouille numéro 2.
02:21Les témoignages avant-après, le meilleur et les garanties qu'on peut offrir.
02:25Tout ce qui va correspondre, en fait, à une preuve sociale ou à une promesse, en fait, ne va pas
02:30pouvoir être permis.
02:31Notamment, les témoignages de tiers, les comparaisons et pas de communication de nature à induire en erreur ou à inciter
02:39à des actes inutiles.
02:41Donc, juridiquement, on devient dangereux quand on publie.
02:45Quand tu vas dire « je suis le meilleur », « j'ai le meilleur plateau technique », etc., c
02:51'est de la comparaison.
02:51Dans ces cas-là, on est en zone rouge de sanctions disciplinaires.
02:54Le résultat garanti, le zéro risque, c'est trompeur.
02:58Et les avis patients mis en avant ou repostés.
03:01Si vous avez des avis patients sur votre page Google ou sur un réseau social que vous utilisez,
03:07le fait de le republier, de le mettre en avant, de l'utiliser sur votre site internet, en fait,
03:11font que vous risquez de dépasser les bornes déontologiques.
03:15Zone rouge numéro 3.
03:17Les partenariats opaques, les contenus sponsorisés et les conflits d'intérêts.
03:21Ce risque disciplinaire, dans ce cas-là, va naître d'une communication qui n'est plus loyale et honnête.
03:27C'est-à-dire que ça peut ressembler à une opération commerciale
03:31et cela va troubler votre indépendance et l'image de la profession.
03:35Le PNOM a publié une charte du médecin créateur de contenu responsable.
03:40Cette charte va rappeler les standards déontologiques en ligne,
03:43la rigueur, la transparence, la prudence et une identification claire.
03:49Le partenariat, oui, mais en transparence totale.
03:53Sinon, on a à la fois un risque ordinal et un risque réputationnel.
04:00Tu peux expliquer tout ce qui est prévention, pédagogie, parcours, organisation, actes autorisés.
04:07Mais on évite les témoignages, les comparaisons, les promesses et les incitations.
04:11Au niveau du secret, zéro réponse clinique au public.
04:15Pour les avis Google, tu peux répondre de façon empathique
04:18et proposer un échange privé sans jamais évoquer le soin.
04:22Si les avis te pénalisent et que tu ne peux pas répondre
04:25puisque tu es tenu au secret professionnel,
04:27la CNIL rappelle que si tu es médecin
04:30et que tu ne peux pas répondre à cause du secret professionnel,
04:33tu dois pouvoir demander.
04:35La suppression taux d'affiches au cas par cas en général.
04:38Et puis, il faut aussi paramétrer, modérer
04:40et essayer de se préconstituer des preuves.
04:43En conclusion, en ligne, tout est public
04:46et l'ordre lit aussi ce que tu publies.
04:49Donc, communiquer oui, promettre, comparer
04:52ou répondre clinique, tu oublies.
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