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La violence des quartiers des Moulins à Nice atteint un niveau intolérable. Alors que 8000 habitants sont victimes de scènes quotidiennes désolantes, Éric Ciotti, nouveau maire de Nice, lance un appel retentissant : il est temps de gagner la guerre contre le narcotrafic. Ce fléau qui brasse 10 milliards d'euros et implique 100 000 personnes en France est une menace directe pour la République.



Les réponses actuelles du gouvernement sont jugées insuffisantes face à l'ampleur du défi. Le maire de Nice appelle à une mobilisation nationale, un renforcement des moyens d'enquête et des sanctions plus sévères pour les têtes de réseau. Il est temps d'agir avant que la France ne suive le chemin d'autres pays confrontés à une violence exponentielle.

Dans une démarche proactive face à l'inertie nationale, la police municipale de Nice sera mise à disposition des autorités. Un poste de police municipale sera ouvert dès la semaine prochaine sur la place des Amaryllis, marquant une présence sécuritaire permanente là où le danger règne.

Face à des investissements massifs en rénovation urbaine qui n'ont pas enrayé la violence, Éric Ciotti affirme la priorité absolue : le retour à l'ordre et à l'autorité. Malgré les efforts des services de police judiciaire, le démantèlement d'un réseau ne fait qu'en laisser place à un autre. Il est temps de rompre ce cycle infernal.

#Narcotrafic #SécuritéPublique #NiceVille

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Transcription
00:00Bonjour Éric Ciotti.
00:01Bonjour.
00:01Qu'est-ce que le nouveau maire de Nice peut dire ce matin aux 8000 habitants des quartiers des Moulins
00:05qui vivent chaque année des scènes d'une violence inouïe ?
00:09Que notre devoir est de gagner cette guerre.
00:12Cette guerre contre le narcotrafic, une guerre qui est lancée contre la République toute entière.
00:20Le narcotrafic c'est aujourd'hui en France 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
00:25On considère que 100 000 personnes y sont impliquées.
00:30C'est une violence inouïe.
00:31On a vu le mode opératoire hier.
00:33La vie n'a pas de prix face à l'argent qui est en face.
00:37Donc c'est un défi lancé à la République.
00:39Pour l'instant, les réponses ne sont pas à la hauteur.
00:42Les réponses du gouvernement, les réponses qui devraient amener à une mobilisation générale,
00:49à renforcer les services d'enquête, à alourdir considérablement les sanctions,
00:56les privations de liberté, de mettre à l'écart de la société les têtes de réseau.
01:02Tout cela n'est pas à la hauteur de cette guerre qui nous menace.
01:05Elle a menacé d'autres pays.
01:07On l'a vu en Amérique du Sud.
01:08On prend ce chemin.
01:10On l'a vu aux Pays-Bas.
01:11Donc il faut une réaction nationale.
01:13Elle concerne notre ville, bien sûr.
01:15Mais la réponse, ça doit être un engagement national.
01:19Et je ne sens pas cette détermination chez ceux qui nous gouvernent.
01:22Vous vous êtes entretenu hier avec le ministre de l'Intérieur.
01:25Que vous êtes-vous dit ?
01:26Et je poserai cet après-midi à l'Assemblée nationale une question au Premier ministre.
01:31Le ministre de l'Intérieur, il m'a tenu des propos assez classiques.
01:34On a l'habitude d'entendre en disant on va renforcer les effectifs.
01:39Alors je sais ce qui va se passer.
01:40Le préfet l'a rappelé.
01:42Il va arriver des CRS qu'on nous avait déjà annoncés avant.
01:47Ils vont rester quelques jours.
01:49La CRS 81 sans doute.
01:52Et puis ils vont repartir un petit tour et puis s'en vont.
01:55Ce dont on a besoin, c'est des actions de long terme.
01:58Ces actions...
01:59Ce que dit le préfet, c'est qu'à moitié des points d'île ont été démentés.
02:02Il parle de ce travail de fait qui est fait dans les quartiers.
02:05Il a raison.
02:05Il a raison.
02:06Et je le félicite pour son action.
02:09Comme je salue l'action du parquet de Nice et du procureur de la République.
02:13Il y a un travail extraordinaire qui est fait par les services de police judiciaire.
02:19Par les services d'enquête.
02:21Mais lorsqu'un réseau est démantelé, un autre veut s'installer.
02:25C'est d'ailleurs sans doute une des causes de cette tragédie d'hier.
02:29D'ailleurs, ils viennent d'où ces trafiquants ? Vous en savez plus sur vous ?
02:32Ils viennent de Nice, de l'extérieur de la ville ?
02:34Il y a un débat pour savoir...
02:36Enfin, l'enquête le dira.
02:37Si c'est une guerre qui vient avec une tentative d'infiltration des gangs marseillais,
02:44c'est possible, c'est sans doute probable.
02:47Le tireur n'a d'ailleurs pas été interpellé encore.
02:49Et j'espère qu'il le sera rapidement.
02:52Mais ce qu'il nous faut, et j'insiste, j'ai entendu M. le préfet tout à l'heure.
02:56M. le préfet, comme M. le procureur, sont très déterminés.
02:59Et je veux travailler avec eux.
03:02Et d'ailleurs, la police municipale sera placée à leur disposition,
03:07notamment dans le quartier des Moulins, ce qui n'était pas le cas auparavant.
03:10Nous allons ouvrir un poste de police municipale où s'est déroulé le drame.
03:14Sur la place des Amaryllis.
03:16Justement, est-ce que Eric Ciotti...
03:18Il y aura des patrouilles mixtes.
03:18Mais ce que je veux dire, c'est que nous ne pourrons pas faire l'économie
03:22d'avoir un vrai débat sur les effectifs de police.
03:26Ça, vous l'avez dit.
03:27À l'échelle locale, le poste de police municipale, c'est important, je veux y revenir.
03:31Il sera mis en place quand et avec combien de policiers municipaux ?
03:34Je vais sur place dans quelques minutes.
03:37Nous irons...
03:38Je pense que ce poste de police municipale peut être ouvert dès la semaine prochaine.
03:43Vous savez, aujourd'hui, il y a un local associatif qui est géré par l'association Adam,
03:47qui fait un travail de médiation, qui fait un travail associatif dans le quartier.
03:53Je crois qu'aujourd'hui, on a besoin de sécurité sur cette place.
03:57Les habitants n'en peuvent plus.
03:57Mais Eric Ciotti, est-ce que ce sont des policiers municipaux qui vont lutter contre le trafic de drogue ?
04:02Sont-ils armés ? Sont-ils formés ?
04:03Ils sont armés, bien sûr.
04:06Ils sont formés.
04:07Ils ont l'utilisation de toutes les armes, y compris des armes lourdes.
04:14Ça, c'est clair.
04:15Mais pour autant, ils le feront sous...
04:18Les mêmes armes que les policiers nationaux, les mêmes formations ?
04:22Oui, ils le feront sous l'autorité, naturellement, du procureur de la République,
04:28qui a l'autorité sur la police municipale, conjointe avec le maire, et du préfet.
04:33Moi, ce que je veux, c'est apporter notre contribution.
04:36Le rôle de maintenir la sécurité contre le narcotrafic appartient à l'État.
04:43La police municipale n'a pas des pouvoirs d'enquête, n'a pas des pouvoirs d'investigation.
04:47Donc, je ne me trompe pas de combat.
04:49Simplement, je dis, on ne peut pas rester les bras ballants, dire que c'est la faute de l'État.
04:52Donc, nous y mettons notre contribution.
04:55Il y aura pour la première fois un poste, une présence policière permanente sur la place des Amaryllis.
05:01Vous savez, mon prédécesseur avait fait un jardin d'enfants.
05:04Les habitants que j'ai vus hier, qui étaient en colère, révoltés,
05:07ont dépensé 300 000 euros pour abriter les dealers dans ce jardin d'enfants.
05:12Qui allait amener ses enfants à côté des dealers ?
05:15D'abord, rétablissons la sécurité.
05:17Vous savez, on a dépensé des centaines de millions d'euros en rénovation urbaine dans le quartier des Moulins.
05:23Bilan, 11 morts les deux dernières années.
05:25Donc, la priorité, c'est le retour à l'ordre.
05:27C'est le retour à l'autorité.
05:29Et je le dis avec une forme de colère.
05:32Il y a, et les syndicats, et notamment le syndicat Alliance, qui sonne l'alarme avec force depuis des années
05:38là-dessus.
05:39Oui, je le dis et je ne veux pas faire de polémique.
05:42Il nous manque aujourd'hui des dizaines de policiers à Nice.
05:46Le préfet dit que c'est faux.
05:47C'est paroles contre paroles.
05:48Je vais vous expliquer une chose.
05:51Le préfet compte dans ses effectifs.
05:53Il dit non, compte des effectifs des policiers qui partent en retraite.
05:57Comme on ne leur paye pas les heures supplémentaires tout au long de leur carrière.
06:00Ils peuvent partir quelquefois deux ans avant pour rattraper ces heures supplémentaires
06:05que l'État leur doit et que l'État impécunieux ne leur paye pas.
06:09Donc, ces policiers, ils sont comptés dans les effectifs aujourd'hui quand on vient nous dire
06:14« Ah non, non, mais il n'y a pas de problème. »
06:15Mais en réalité, ils ne sont pas sur le terrain.
06:17Donc, il nous manque aujourd'hui, et je maintiens mes chiffres,
06:20et ce sont des chiffres qui viennent de l'intérieur.
06:2497 enquêteurs à Nice depuis deux ans.
06:27Soit parce qu'ils sont en maladie, soit parce qu'ils sont en disponibilité,
06:31soit parce qu'ils sont en pré-retraite, soit parce qu'ils ont quitté Nice.
06:35Donc, on a perdu 97 enquêteurs dans tous les services,
06:40dans le service interdépartemental de police judiciaire,
06:43qui traite les affaires les plus graves, le haut du réseau,
06:46comme dans ce qu'on appelle le petit judiciaire,
06:49notamment pour traquer les petits réseaux.
06:53Donc, il faut des enquêteurs.
06:55On ne traquera pas, on ne combattra pas, on n'éradiquera pas le trafic de drogue
07:00uniquement avec des CRS.
07:01Les CRS, on en a besoin, on a besoin de policiers sur le terrain,
07:03on a besoin de policiers municipaux, mais après, il faut taper les têtes de réseau.
07:08Et il faut taper...
07:09Ce que disent vos opposants, Éric Ciotti, c'est qu'on a aussi besoin,
07:12pas que de policiers, de médiateurs sociaux.
07:15Est-ce que pour vous, ça peut faire partie de la réponse,
07:17ou vous êtes pour le tout répressif ?
07:19En tout cas, il y a une priorité.
07:21Je ne dis pas qu'il faille des médiateurs sociaux
07:23pour s'occuper des quartiers, des jeunes.
07:25Mais face à ce qui s'est passé hier,
07:28excusez-moi, ce ne sont pas des médiateurs sociaux dont on a besoin.
07:31Ce sont des hommes qui combattent avec la plus grande des énergies,
07:37je dirais quelque part avec toutes les armes,
07:39y compris au sens premier du terme,
07:41juridiques, judiciaires, sécuritaires,
07:44des gens qui sont prêts à tout.
07:45Vous savez, aujourd'hui, un contrat,
07:47on paye quelques centaines d'euros pour assassiner des gens,
07:51avec des gamins qui, quelquefois, très souvent,
07:55dans ces réseaux, sont exploités, viennent de l'étranger.
07:58Ils n'ont pas besoin de médiateurs sociaux ?
08:00Il faut changer de braquet.
08:01Vous savez, quand on a un mineur isolé qui vient de l'étranger,
08:06souvent du Maghreb, qui arrive de façon irrégulière,
08:09qui est exploité, qui vit dans des garages
08:11auxquels on donne quelques centaines d'euros,
08:14ce qui, pour lui, est beaucoup.
08:16C'est une exploitation de la détresse humaine.
08:19C'est une traite des êtres humains.
08:21Donc, ça veut dire aussi qu'il faut combattre
08:23cette immigration irrégulière.
08:25Ça veut dire qu'il faut avoir des réponses fortes.
08:28Je le redis et j'utilise ce mot à dessein.
08:30C'est une guerre qui est lancée à la République.
08:32Et nous n'avons pas le droit de perdre cette guerre.
08:35Il faut que le gouvernement...
08:37J'ai peu confiance dans ce gouvernement.
08:39Il est en fin de règne.
08:41Il ne prend aucune décision.
08:42Il est otage du Parti Socialiste.
08:44Donc, il ne veut pas combattre l'immigration.
08:46Et il ne veut pas s'engager sur la sécurité.
08:48Donc, le vrai changement, il est l'année prochaine.
08:51Mais si on ne change pas...
08:52Regardez ce qui s'est passé en Amérique du Sud.
08:55Je pense au Salvador, notamment.
08:57Comment ils ont éradiqué les cartels, les gangs ?
09:00On n'en est peut-être pas encore là.
09:01Mais attention, on risque d'y venir
09:03si on ne prend pas les décisions nécessaires.
09:05Et ce matin, vous le dites sur notre antenne Éric Ciotti,
09:08maire de Nice et invité d'ici...
09:10Sous-titrage Société Radio-Canada
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