00:00Bonjour Éric Ciotti.
00:01Bonjour.
00:01Qu'est-ce que le nouveau maire de Nice peut dire ce matin aux 8000 habitants des quartiers des Moulins
00:05qui vivent chaque année des scènes d'une violence inouïe ?
00:09Que notre devoir est de gagner cette guerre.
00:12Cette guerre contre le narcotrafic, une guerre qui est lancée contre la République toute entière.
00:20Le narcotrafic c'est aujourd'hui en France 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
00:25On considère que 100 000 personnes y sont impliquées.
00:30C'est une violence inouïe.
00:31On a vu le mode opératoire hier.
00:33La vie n'a pas de prix face à l'argent qui est en face.
00:37Donc c'est un défi lancé à la République.
00:39Pour l'instant, les réponses ne sont pas à la hauteur.
00:42Les réponses du gouvernement, les réponses qui devraient amener à une mobilisation générale,
00:49à renforcer les services d'enquête, à alourdir considérablement les sanctions,
00:56les privations de liberté, de mettre à l'écart de la société les têtes de réseau.
01:02Tout cela n'est pas à la hauteur de cette guerre qui nous menace.
01:05Elle a menacé d'autres pays.
01:07On l'a vu en Amérique du Sud.
01:08On prend ce chemin.
01:10On l'a vu aux Pays-Bas.
01:11Donc il faut une réaction nationale.
01:13Elle concerne notre ville, bien sûr.
01:15Mais la réponse, ça doit être un engagement national.
01:19Et je ne sens pas cette détermination chez ceux qui nous gouvernent.
01:22Vous vous êtes entretenu hier avec le ministre de l'Intérieur.
01:25Que vous êtes-vous dit ?
01:26Et je poserai cet après-midi à l'Assemblée nationale une question au Premier ministre.
01:31Le ministre de l'Intérieur, il m'a tenu des propos assez classiques.
01:34On a l'habitude d'entendre en disant on va renforcer les effectifs.
01:39Alors je sais ce qui va se passer.
01:40Le préfet l'a rappelé.
01:42Il va arriver des CRS qu'on nous avait déjà annoncés avant.
01:47Ils vont rester quelques jours.
01:49La CRS 81 sans doute.
01:52Et puis ils vont repartir un petit tour et puis s'en vont.
01:55Ce dont on a besoin, c'est des actions de long terme.
01:58Ces actions...
01:59Ce que dit le préfet, c'est qu'à moitié des points d'île ont été démentés.
02:02Il parle de ce travail de fait qui est fait dans les quartiers.
02:05Il a raison.
02:05Il a raison.
02:06Et je le félicite pour son action.
02:09Comme je salue l'action du parquet de Nice et du procureur de la République.
02:13Il y a un travail extraordinaire qui est fait par les services de police judiciaire.
02:19Par les services d'enquête.
02:21Mais lorsqu'un réseau est démantelé, un autre veut s'installer.
02:25C'est d'ailleurs sans doute une des causes de cette tragédie d'hier.
02:29D'ailleurs, ils viennent d'où ces trafiquants ? Vous en savez plus sur vous ?
02:32Ils viennent de Nice, de l'extérieur de la ville ?
02:34Il y a un débat pour savoir...
02:36Enfin, l'enquête le dira.
02:37Si c'est une guerre qui vient avec une tentative d'infiltration des gangs marseillais,
02:44c'est possible, c'est sans doute probable.
02:47Le tireur n'a d'ailleurs pas été interpellé encore.
02:49Et j'espère qu'il le sera rapidement.
02:52Mais ce qu'il nous faut, et j'insiste, j'ai entendu M. le préfet tout à l'heure.
02:56M. le préfet, comme M. le procureur, sont très déterminés.
02:59Et je veux travailler avec eux.
03:02Et d'ailleurs, la police municipale sera placée à leur disposition,
03:07notamment dans le quartier des Moulins, ce qui n'était pas le cas auparavant.
03:10Nous allons ouvrir un poste de police municipale où s'est déroulé le drame.
03:14Sur la place des Amaryllis.
03:16Justement, est-ce que Eric Ciotti...
03:18Il y aura des patrouilles mixtes.
03:18Mais ce que je veux dire, c'est que nous ne pourrons pas faire l'économie
03:22d'avoir un vrai débat sur les effectifs de police.
03:26Ça, vous l'avez dit.
03:27À l'échelle locale, le poste de police municipale, c'est important, je veux y revenir.
03:31Il sera mis en place quand et avec combien de policiers municipaux ?
03:34Je vais sur place dans quelques minutes.
03:37Nous irons...
03:38Je pense que ce poste de police municipale peut être ouvert dès la semaine prochaine.
03:43Vous savez, aujourd'hui, il y a un local associatif qui est géré par l'association Adam,
03:47qui fait un travail de médiation, qui fait un travail associatif dans le quartier.
03:53Je crois qu'aujourd'hui, on a besoin de sécurité sur cette place.
03:57Les habitants n'en peuvent plus.
03:57Mais Eric Ciotti, est-ce que ce sont des policiers municipaux qui vont lutter contre le trafic de drogue ?
04:02Sont-ils armés ? Sont-ils formés ?
04:03Ils sont armés, bien sûr.
04:06Ils sont formés.
04:07Ils ont l'utilisation de toutes les armes, y compris des armes lourdes.
04:14Ça, c'est clair.
04:15Mais pour autant, ils le feront sous...
04:18Les mêmes armes que les policiers nationaux, les mêmes formations ?
04:22Oui, ils le feront sous l'autorité, naturellement, du procureur de la République,
04:28qui a l'autorité sur la police municipale, conjointe avec le maire, et du préfet.
04:33Moi, ce que je veux, c'est apporter notre contribution.
04:36Le rôle de maintenir la sécurité contre le narcotrafic appartient à l'État.
04:43La police municipale n'a pas des pouvoirs d'enquête, n'a pas des pouvoirs d'investigation.
04:47Donc, je ne me trompe pas de combat.
04:49Simplement, je dis, on ne peut pas rester les bras ballants, dire que c'est la faute de l'État.
04:52Donc, nous y mettons notre contribution.
04:55Il y aura pour la première fois un poste, une présence policière permanente sur la place des Amaryllis.
05:01Vous savez, mon prédécesseur avait fait un jardin d'enfants.
05:04Les habitants que j'ai vus hier, qui étaient en colère, révoltés,
05:07ont dépensé 300 000 euros pour abriter les dealers dans ce jardin d'enfants.
05:12Qui allait amener ses enfants à côté des dealers ?
05:15D'abord, rétablissons la sécurité.
05:17Vous savez, on a dépensé des centaines de millions d'euros en rénovation urbaine dans le quartier des Moulins.
05:23Bilan, 11 morts les deux dernières années.
05:25Donc, la priorité, c'est le retour à l'ordre.
05:27C'est le retour à l'autorité.
05:29Et je le dis avec une forme de colère.
05:32Il y a, et les syndicats, et notamment le syndicat Alliance, qui sonne l'alarme avec force depuis des années
05:38là-dessus.
05:39Oui, je le dis et je ne veux pas faire de polémique.
05:42Il nous manque aujourd'hui des dizaines de policiers à Nice.
05:46Le préfet dit que c'est faux.
05:47C'est paroles contre paroles.
05:48Je vais vous expliquer une chose.
05:51Le préfet compte dans ses effectifs.
05:53Il dit non, compte des effectifs des policiers qui partent en retraite.
05:57Comme on ne leur paye pas les heures supplémentaires tout au long de leur carrière.
06:00Ils peuvent partir quelquefois deux ans avant pour rattraper ces heures supplémentaires
06:05que l'État leur doit et que l'État impécunieux ne leur paye pas.
06:09Donc, ces policiers, ils sont comptés dans les effectifs aujourd'hui quand on vient nous dire
06:14« Ah non, non, mais il n'y a pas de problème. »
06:15Mais en réalité, ils ne sont pas sur le terrain.
06:17Donc, il nous manque aujourd'hui, et je maintiens mes chiffres,
06:20et ce sont des chiffres qui viennent de l'intérieur.
06:2497 enquêteurs à Nice depuis deux ans.
06:27Soit parce qu'ils sont en maladie, soit parce qu'ils sont en disponibilité,
06:31soit parce qu'ils sont en pré-retraite, soit parce qu'ils ont quitté Nice.
06:35Donc, on a perdu 97 enquêteurs dans tous les services,
06:40dans le service interdépartemental de police judiciaire,
06:43qui traite les affaires les plus graves, le haut du réseau,
06:46comme dans ce qu'on appelle le petit judiciaire,
06:49notamment pour traquer les petits réseaux.
06:53Donc, il faut des enquêteurs.
06:55On ne traquera pas, on ne combattra pas, on n'éradiquera pas le trafic de drogue
07:00uniquement avec des CRS.
07:01Les CRS, on en a besoin, on a besoin de policiers sur le terrain,
07:03on a besoin de policiers municipaux, mais après, il faut taper les têtes de réseau.
07:08Et il faut taper...
07:09Ce que disent vos opposants, Éric Ciotti, c'est qu'on a aussi besoin,
07:12pas que de policiers, de médiateurs sociaux.
07:15Est-ce que pour vous, ça peut faire partie de la réponse,
07:17ou vous êtes pour le tout répressif ?
07:19En tout cas, il y a une priorité.
07:21Je ne dis pas qu'il faille des médiateurs sociaux
07:23pour s'occuper des quartiers, des jeunes.
07:25Mais face à ce qui s'est passé hier,
07:28excusez-moi, ce ne sont pas des médiateurs sociaux dont on a besoin.
07:31Ce sont des hommes qui combattent avec la plus grande des énergies,
07:37je dirais quelque part avec toutes les armes,
07:39y compris au sens premier du terme,
07:41juridiques, judiciaires, sécuritaires,
07:44des gens qui sont prêts à tout.
07:45Vous savez, aujourd'hui, un contrat,
07:47on paye quelques centaines d'euros pour assassiner des gens,
07:51avec des gamins qui, quelquefois, très souvent,
07:55dans ces réseaux, sont exploités, viennent de l'étranger.
07:58Ils n'ont pas besoin de médiateurs sociaux ?
08:00Il faut changer de braquet.
08:01Vous savez, quand on a un mineur isolé qui vient de l'étranger,
08:06souvent du Maghreb, qui arrive de façon irrégulière,
08:09qui est exploité, qui vit dans des garages
08:11auxquels on donne quelques centaines d'euros,
08:14ce qui, pour lui, est beaucoup.
08:16C'est une exploitation de la détresse humaine.
08:19C'est une traite des êtres humains.
08:21Donc, ça veut dire aussi qu'il faut combattre
08:23cette immigration irrégulière.
08:25Ça veut dire qu'il faut avoir des réponses fortes.
08:28Je le redis et j'utilise ce mot à dessein.
08:30C'est une guerre qui est lancée à la République.
08:32Et nous n'avons pas le droit de perdre cette guerre.
08:35Il faut que le gouvernement...
08:37J'ai peu confiance dans ce gouvernement.
08:39Il est en fin de règne.
08:41Il ne prend aucune décision.
08:42Il est otage du Parti Socialiste.
08:44Donc, il ne veut pas combattre l'immigration.
08:46Et il ne veut pas s'engager sur la sécurité.
08:48Donc, le vrai changement, il est l'année prochaine.
08:51Mais si on ne change pas...
08:52Regardez ce qui s'est passé en Amérique du Sud.
08:55Je pense au Salvador, notamment.
08:57Comment ils ont éradiqué les cartels, les gangs ?
09:00On n'en est peut-être pas encore là.
09:01Mais attention, on risque d'y venir
09:03si on ne prend pas les décisions nécessaires.
09:05Et ce matin, vous le dites sur notre antenne Éric Ciotti,
09:08maire de Nice et invité d'ici...
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