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  • il y a 5 semaines
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Télématin reçoit Pierre Chasseray, directeur général de l'association "40 millions d'automobilistes".

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Transcription
00:00Vous l'avez vu dans les journaux, les transporteurs routiers se mobilisent en Ile-de-France aujourd'hui,
00:04avant une série d'actions toute la semaine contre le mini-plan annoncé par le gouvernement face à la hausse
00:09des prix du carburant.
00:10Depuis un mois, le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, les tarifs ne cessent d'augmenter.
00:14Bonjour Pierre Chasserey.
00:15Bonjour.
00:16Vous êtes le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes,
00:2070 millions d'euros pendant un mois pour aider les gros rouleurs,
00:24à savoir les agriculteurs, les pêcheurs, les transporteurs.
00:27Pour vous, ce n'est pas suffisant ?
00:28Où sont les automobilistes dans les mesures ?
00:31Il n'y en a pas. Il n'y a rien.
00:33Et en fait, qu'est-ce qui se passe ?
00:34Et c'est volontaire de la part du gouvernement ?
00:35Non. La problématique, c'est qu'en ce moment en France,
00:39tous les médias, sans aucune exception, répètent systématiquement le même discours.
00:46Baisser les taxes, ça coûte de l'argent. C'est faux.
00:50Ce qui va coûter de l'argent, c'est l'inaction politique.
00:52C'est les conséquences sociales de ce qui se passe actuellement sur une surfiscalité des carburants.
00:57Est-ce qu'on mesure aujourd'hui le coût de celui qui se lève le matin pour emmener ses enfants
01:02à l'école ?
01:03Le coût pour celui qui va travailler, qui utilise sa voiture ?
01:06Alors non plus pour aller travailler, on va travailler pour payer le plein.
01:09Maintenant, c'est encore un nouveau concept en France.
01:11En fait, ce coût social n'est pas...
01:14Mesuré ?
01:15N'est pas mesuré. Au final, on a quoi ?
01:16Alors, en fait, il n'a pas tout à fait été mesuré cette fois.
01:19Aujourd'hui, il a été mesuré par l'INSEE en 2023, suite à des aides non ciblées,
01:24débloquées par le gouvernement entre janvier et sur quelques mois, en 2022,
01:30après le déclenchement de la guerre en Ukraine.
01:31Ce que dit l'INSEE, c'est que ces aides non ciblées ont profité aux ménages les plus aisés,
01:36parce que ce sont eux qui sont les plus gros rouleurs.
01:38Non, ça a profité à l'économie.
01:40En fait, lorsque vous avez un frein à l'économie, c'est facile, projetons-nous.
01:44Imaginons un coût du plein, le litre de carburant, on va l'imaginer, on va le poser à 10 euros.
01:49Pourquoi ? Vraiment pour un exemple par l'absurde, on va bien comprendre.
01:5210 euros le litre, l'économie s'arrête.
01:53Plus personne ne va travailler, tout le monde reste chez soi,
01:56on ne va plus faire des devis quand on est entrepreneur,
01:58on se débrouille, on fait du télétravail, il n'y a plus personne qui bouge.
02:02Pas de mobilité égale quoi ? Égale économie à plat.
02:06Là, avec cet exemple, je viens juste de prouver quoi ?
02:08Qu'une surfiscalité produit incontestablement la fin de l'économie.
02:13Et actuellement, nous sommes dans la surfiscalité.
02:15Je le prouve.
02:17L'Europe impose des planchers sur la fiscalité des carburants en Europe.
02:23La France fait du zèle, la France est toxicomane des taxes.
02:26On ne peut pas s'empêcher d'en rajouter.
02:28L'Europe dit quoi ? 15% de TVA sur le carburant.
02:31On est à 20.
02:32L'Europe dit 30 centimes, approximativement, de TICPE accise, à peu près.
02:38On est au double.
02:39Donc la TICPE, c'est la taxe sur la consommation, c'est ça ?
02:42C'est une taxe, oui, c'est une taxe qui n'est pas variable, qui est imposée au litre.
02:46C'est ça, qui est fixe. Il y a une petite part de TVA là-dessus.
02:48Il y a une petite part de TVA, 20% quand même, ça fait une belle petite part.
02:52Non, mais sur un litre…
02:531,17€ de taxe sur un litre à 2 euros, voilà ce qu'on paie en France.
02:56Et surtout, il faut le dire à ceux qui nous regardent,
02:59l'État vient d'ajouter en 2026 une fiscalité sur les carburants.
03:04Elle concerne les certificats d'énergie.
03:06Ils ont été augmentés cette année.
03:08On paie 18 centimes par litre d'une taxe de transition écologique
03:13qui sert en partie, c'est là où c'est l'aberration,
03:16à changer les frigos de la grande distribution.
03:20Mais bien entendu.
03:21Donc quand on voit ça pour les Français qui aujourd'hui se lèvent le matin,
03:25comment voulez-vous qu'ils comprennent que dans leur plein de carburant,
03:28ils paient une taxe qui va directement financer la grande distribution ?
03:31C'est fou.
03:32Vous préconisez quoi du coup ?
03:33Baisse de la fiscalité à hauteur des planchers imposés par l'Union européenne.
03:38C'est-à-dire que si on n'était pas plus royaliste que le roi,
03:40si on arrêtait d'être taxicomane en France
03:43et si on arrêtait de vouloir à tout prix briser l'économie de notre pays,
03:45on se tire une balle dans le pied.
03:47Il faut abaisser la fiscalité au niveau de ce que dit l'Europe,
03:50c'est-à-dire 50 centimes par litre.
03:52Donc là, vous seriez pour une baisse de 50 centimes ?
03:54C'est une évidence.
03:55On ne peut pas faire autrement.
03:56Parce que là, aujourd'hui, on est sur une baisse à peu près de 20 centimes par litre,
03:59donc pour certaines professions.
04:01Mais on a bien compris, quand on lit l'interview du ministre de l'Économie hier,
04:05que ça peut s'élargir si jamais le conflit dure,
04:08qu'il peut y avoir des modifications.
04:09Il y a eu un vote sans débat à l'Assemblée nationale sur ce sujet.
04:13Voici ce que disent les partis politiques.
04:14LFI demande le blocage des prix.
04:16L'EPS est favorable à un geste sur la fiscalité.
04:19Les Républicains veulent diminuer les taxes.
04:21Et le Rassemblement national réclame une baisse de la TVA.
04:24Et au final, personne ne veut voter la loi de l'autre.
04:27En fait, c'est ce qui se passe.
04:28C'est ce qui, aujourd'hui, handicape notre pays.
04:31C'est que, politiquement, personne ne veut voter la mesure de l'autre parti.
04:35Mais moi, j'ai besoin d'un gouvernement.
04:36En tant qu'automobiliste, j'ai besoin d'un gouvernement
04:38et d'un parlement qui s'entend.
04:41On est dans une période de crise.
04:43On doit remettre en cause notre fiscalité sur les carburants.
04:46On doit apprendre à s'en passer.
04:47D'ailleurs, je précise quand même pour ceux qui me disent
04:48qu'on ne peut pas faire zéro taxe.
04:50Vous êtes sûr qu'on ne peut pas ?
04:51Ça existe.
04:52C'est pour les véhicules électriques.
04:53Les véhicules électriques ont juste les taxes de base, on va dire.
04:57Et en fait, quand on regarde qui sont les possesseurs de véhicules électriques,
05:00ce sont les foyers les plus aisés.
05:02Donc moi, je veux bien tout entendre.
05:03Mais au bout d'un moment, lorsqu'on est dans une France comme ça,
05:06qui crée un apartheid social entre celui qui peut se payer la mobilité électrique
05:11et celui qui, aujourd'hui, va travailler pour payer le plein,
05:16pour aller travailler pour payer le plein.
05:18Pardonnez-moi, il n'y a quand même pas besoin d'être très intelligent
05:20pour comprendre que dans cette perspective-là,
05:23on perd en reste à vivre, on perd en consommation.
05:26Donc, on perd en croissance.
05:29Donc, on ralentit l'économie nationale.
05:30Est-ce que vous êtes en train de nous dire, comme a pu le dire ces derniers jours
05:34le député RN, vice-président de l'Assemblée nationale, Sébastien Chenu,
05:37que l'État profite de la hausse des prix et que l'État s'en met plein les poches ?
05:40Non, mais il n'en profite pas plus maintenant qu'avant.
05:43En fait, encore une fois, je n'ai pas envie d'être assimilé à un quelconque parti politique.
05:48La mesure que l'on demande à 40 millions d'automobilistes est simple.
05:51Ce n'est pas une mesure d'anarchie.
05:54C'est juste une mesure qui dit, mettons juste le plancher des taxes
05:57à hauteur de ce que dit l'Europe.
05:59Ni plus, ni moins.
06:01L'Europe dit, en gros, 60 centimes, pour faire simple, de taxes par litre.
06:06Nous sommes à 1,17€ sur un plan à 2 euros le litre.
06:11Mais avec un objectif budgétaire extrêmement contraint ?
06:15Justement, non.
06:16Comme je vous le dis, si demain, on libère l'économie,
06:19si on donne aux Français du reste à vivre,
06:22les Français militent tous pour plus de salaire.
06:25Mais plus de salaire, ce n'est pas le gouvernement.
06:26Il peut demander aux boulangers d'augmenter les salaires.
06:28C'est impossible.
06:29En revanche, ce que l'État peut faire,
06:30c'est augmenter le reste à vivre en baissant la fiscalité sur les carburants.
06:34Si on baisse la fiscalité, on va rendre de l'argent aux Français
06:37et qu'ils vont le rendre dans la consommation.
06:39Franchement, c'est le B.A.B.
06:40Oui, ça a l'air de bon sens que vous annoncez comme préconisation.
06:43Mais alors, pourquoi le gouvernement ne le fait pas ?
06:45On imagine bien qu'ils n'ont pas dans une position,
06:47ils n'ont pas forcément envie de ne pas être suivis par les Français.
06:49Il doit bien y avoir des raisons objectives à ça.
06:51Oui, il y a une raison.
06:51Il y a une raison française.
06:52Nous sommes le pays au monde qui taxe le plus.
06:56Ce sujet, on sait qu'il est très inflammable.
06:59C'est aussi sur une question de carburant
07:01qu'est né le mouvement des Gilets jaunes.
07:03Est-ce qu'il y a de la colère ?
07:05Vous qui fréquentez les automobilistes,
07:07les professionnels.
07:08Est-ce qu'il y a de la colère chez eux aujourd'hui ?
07:10Oui, bien sûr.
07:10La colère s'exprime déjà d'un point de vue électoral.
07:13Il suffit de regarder les résultats des urnes
07:14pour se rendre compte de manière factuelle
07:16qu'aujourd'hui, la France est en train de se séparer
07:19sur ses extrêmes.
07:20C'est un constat.
07:22Je ne suis pas en train de regarder quelque chose
07:24en portant un jugement.
07:25Je porte juste le constat que c'est ce qui se passe.
07:27Pourquoi ?
07:28Parce qu'on a des Français qui aujourd'hui
07:30ne se sentent plus représentés
07:31avec un grand parti qui s'appelle les abstentionnistes
07:33qui sont toujours plus nombreux.
07:34Pourquoi ?
07:35Parce que plus personne ne croit
07:37dans des décisions politiques.
07:38qui ne nous ressemblent plus.
07:39Merci beaucoup, Pierre Chascret,
07:41d'avoir été avec nous ce matin.
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