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Cartes, mobile, sans contact : les habitudes de paiement évoluent rapidement. Alors que la carte dépasse désormais les espèces en France, de nouveaux enjeux émergent autour de l’innovation, de la sécurité et de la souveraineté des infrastructures de paiement. Nos invités décryptent les tendances à l’horizon 2030.
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00:03On parle des nouveaux modes de paiement et de ces nouveaux enjeux avec mes deux invités Grégoire
00:09Basquin bonjour. Vous êtes le directeur de la stratégie et du développement des activités
00:14banking de Diebold Nixdorf pour l'Europe de l'Ouest. Si je dois rappeler ce qu'est votre
00:20entreprise donc entreprise américaine fournisseuse de solutions technologiques pour les banques et les
00:24détaillants c'est exact ? Exactement. Et avec vous Loïs Moulin. Bonjour Loïs. Vous êtes le directeur
00:30des projets et du marketing au sein des cartes bancaires CB qui est un organe de gouvernance
00:36du système de paiement par carte. Le premier réseau de paiement par carte est mobile en France. Tout à
00:42fait. C'est ça. Bon alors maintenant qu'on a fait les présentations moi ça m'intéresse d'avoir quand
00:46même quelques données, quelques chiffres sur l'état actuel du paiement. Qu'est-ce que ça donne aujourd'hui
00:52les paiements par carte ? Combien de transactions ? Combien de cartes en circulation ? Alors en France
00:59c'est deux tiers des dépenses de consommation des ménages. Le paiement par carte que ce soit dans le
01:03commerce physique ou le commerce sur internet c'est environ 77 millions de cartes CB et près de 15
01:11milliards de transactions de paiement essentiellement et de retrait également pour environ un milliard.
01:16Ça veut dire que quand vous me parlez du nombre de cartes en circulation, c'est-à-dire qu'on
01:20n'a pas totalement fait disparaître le support physique ?
01:24Non, le support physique va coexister durablement avec le support digitalisé dans un mobile. Dans notre dernier baromètre, on mesure
01:34en l'autre 30% des porteurs de cartes utilisent au moins une fois par mois le paiement mobile.
01:39Ça veut dire que 70% ne l'utilisent pas.
01:41Donc il va y avoir vraiment encore durablement une coexistence entre les deux supports. Vous et moi, nous avons souvent
01:49à la fois une voire parfois plusieurs cartes physiques et elles sont en général aussi digitalisées dans une solution Apple
01:55Pay, Google Pay ou Samsung Pay.
01:58Il reste encore du cash en circulation quand même. Qu'est-ce que ça représente aujourd'hui le paiement liquide
02:04?
02:05C'est un moyen de paiement extrêmement important et même si on voit une progression des paiements électroniques, on voit
02:18que le cash est plébiscité par la population.
02:23Par exemple, si on donne un exemple, post-Covid, on a eu 130% de plus d'émissions d'espèces
02:30en Europe.
02:33Alors là, c'est un réflexe aussi, peut-être dans un moment d'insécurité important.
02:38Exactement. C'est une valeur refuge. On peut parler de valeur refuge.
02:42Et donc les gens sont très attachés à ces moyens de paiement.
02:47surtout en période de crise ou en période de post-invasion, par exemple, de la Russie en Ukraine.
02:56On voit les pays frontaliers qui augmentent leur paiement en cash.
03:01On voit, après la crise en Espagne et au Portugal, où il y a eu un blackout complet pendant plusieurs
03:09jours,
03:11tout de suite, on a vu une augmentation de la circulation du cash et des paiements en cash dans ces
03:17pays-là.
03:17Donc on voit bien cette notion de valeur refuge.
03:19Les transactions par carte sont quand même plus importantes que les paiements en espèces aujourd'hui en France ?
03:26Oui, mais depuis pas très très longtemps. En volume de transactions, en chiffre d'affaires, c'est différent.
03:31Le cash, c'est plutôt pour les petits montants.
03:34Mais 2024, c'est mesuré par la Banque de France.
03:37C'est la première année où les paiements par carte et par mobile, c'est 54% versus les paiements
03:42par cash, 46%.
03:44Mais donc ça reste encore extrêmement conséquent.
03:47C'est le mobile qui a changé la donne ?
03:48Non, c'est le Covid qui a changé la donne à tort.
03:55Il y avait des soupçons de contagiosité du cash, mais ce n'est pas justifié.
04:01C'est vraiment le Covid qui a donné un coup de pouce sur l'usage de la carte du sang
04:07compact.
04:07Alors là, on parle de deux réflexes opposés.
04:10C'est-à-dire que d'un côté, il y a eu cette valeur refuge.
04:13On s'est dit qu'il faut absolument qu'on ait du liquide pour pouvoir payer dans tous les cas.
04:17Et de l'autre, vous dites qu'en plus, paradoxalement, il a souffert d'une mauvaise presse, ce liquide.
04:22Parce que c'est de l'argent qu'on manipulait avec ses doigts, c'est ça ?
04:27Voilà, et en fait, on peut parfois retirer de l'argent et le thésauriser.
04:33C'est pour ça qu'effectivement, les volumes de retrait d'espèces, retirer des distributeurs de billets...
04:38Il y a toujours autant de dames de distributeurs de billets ?
04:41Alors, il y a une optimisation...
04:45On pourrait mieux le dire que moi, mais il y a une optimisation des banques, en tout cas sur le
04:49marché français.
04:50Exactement, on voit une optimisation du nombre d'automates pour la distribution du cash.
04:56Ça baisse de l'ordre de 3,5% par an.
04:59Quand même, oui.
05:00Donc, c'est des valeurs qui sont importantes.
05:03Mais pour autant, ce n'est pas parce qu'il y a moins d'automates qu'il y a moins
05:06de retrait en valeur de cash.
05:10D'accord.
05:11Parce qu'on voit que même s'il y a moins de transactions et moins d'automates,
05:13il y a une valeur de cash qui est distribuée par transaction beaucoup plus importante que dans le passé.
05:25Le paiement sans contact, bon, ça c'est clairement plébiscité, je pense, par l'ensemble de la population.
05:31Qu'est-ce qui peut arriver comme nouveauté qui nous fasse découvrir un peu de nouveaux gestes, de nouvelles façons
05:36d'acheter ?
05:37C'est quoi la suite du paiement sans contact ?
05:39Alors, c'est les nouveaux usages, mais c'est effectivement, c'est ultra dominant.
05:43C'est 70% des paiements par carte dans le commerce physique.
05:47Le paiement sans contact, c'est dans 670, c'est 50, c'est le support physique, carte que vous avez,
05:52et 20%, déjà, c'est le mobile.
05:56Et, on va dire, le nouvel usage qui se développe beaucoup aujourd'hui, c'est dans les transports en commun.
06:02Alors, moi, en Ile-de-France, mais j'y reviendrai,
06:04c'est ce qu'on appelle l'open paiement, où, en fait, votre carte de paiement remplace le titre de
06:10transport
06:11que vous aviez l'habitude d'acheter lorsque vous étiez un voyageur occasionnel.
06:14D'accord.
06:15La compasse Navigo est dans ma carte.
06:17Alors, ça s'adresse plutôt aux voyageurs occasionnels.
06:21Les abonnés vont garder les supports d'abonnement que je leur propose les réseaux de transport.
06:25Mais si vous allez à Lyon, ou à Marseille, ou à Rennes, ou à Amiens,
06:30parce qu'en fait, ça adresse des collectivités de taille très différentes,
06:34vous habitez, j'imagine, en Ile-de-France, vous êtes voyageurs occasionnels,
06:38pas besoin d'acheter un titre de transport,
06:40vous allez pouvoir emprunter le bus, le tram, le métro,
06:44directement avec votre carte bancaire.
06:47Et ça, c'est une transformation.
06:49Il faut rendre à César ce qui est à César.
06:51C'est arrivé à Londres en 2012, première fois en France, à Dijon en 2018,
06:55et ça se développe partout en région.
06:59Et la question, c'est quand est-ce que ça arrive en Ile-de-France ?
07:02Et en fait, à l'Ile-de-France, il y a une particularité, c'est un réseau extrêmement complexe,
07:07mais c'est déjà dans les bus, en grande couronne, en petite couronne.
07:11C'est une question de transformation du système d'information, en fait ?
07:14Transformation du système d'information, des bornes de validation que vous trouvez dans les métros.
07:21Donc, ça arrive dans les bus, ça s'est déjà parti.
07:24Il y avait d'ailleurs Valérie Pécresse qui faisait un paiement sans contact dans un bus,
07:28il y a quelques mois, dans un bus de la région Ile-de-France.
07:32Et Ile-de-France Mobilité doit prendre la décision de déployer ou pas ce nouveau dispositif
07:37dans le réseau ferré, RER, métro.
07:41Alors, le truc, c'est toujours le smartphone ?
07:42Non, non, non, c'est avec votre carte physique, sans contact, vous allez faire ça.
07:49D'accord.
07:49Avec la même carte digitalisée dans le smartphone, vous allez pouvoir faire le même geste.
07:54C'est vraiment un nouvel usage du sans contact, carte ou mobile,
08:01que nos compatriotes des régions connaissent souvent déjà.
08:04On parle de 100 villes déjà déployées, 200 d'ici un an ou deux.
08:09Et demain, l'Ile-de-France, les bus et peut-être le réseau ferré.
08:13C'est intéressant parce que ce même type de journée, de parcours client,
08:20est à l'étude pour être implémentée aussi sur les automates bancaires.
08:24De ne plus avoir à mettre sa carte dans un lecteur,
08:27mais de pouvoir arriver et juste de présenter sa carte ou son smartphone
08:31pour pouvoir prendre de l'argent.
08:33Mais ça pose un problème de sécurité,
08:35parce qu'aujourd'hui, on nous demande quand même de mettre régulièrement notre carte
08:38dans le terminal avec la saisie de notre code pour vérifier que tout est OK.
08:42Oui, non, il y a des process sécuritaires qui fonctionnent
08:47et qui sont utilisés dans plein d'autres pays en Europe déjà.
08:51De quoi ? Reconnaissance faciale ?
08:53Ça peut être la reconnaissance, mais ça peut être aussi, ne serait-ce que de faire sa préparation sur son
09:02mobile
09:02avec son identification.
09:05Ah, d'accord.
09:05Mais je pense que CB a un grand rôle à jouer aussi en termes de, dans le parcours,
09:10dans la sécurisation du parcours client sur le sans contact.
09:14Et nous, on est en relation avec les banques et avec CB pour trouver la meilleure adéquation sur ce parcours
09:22-là.
09:22Comment est-ce que vous les accompagnez, justement ?
09:24Les banques, tout ce monde du paiement-là, qui est quand même très chahuté par ces nouveaux usages,
09:30ces transformations de moyens de paiement.
09:33Et puis, par la diversité des acteurs, parce qu'il n'y a pas que CB.
09:39Aujourd'hui, dans le paysage, on a aussi les GAFAM, les Big Tech, les Américains.
09:43Oui, et puis il y a Visa, et puis il y a Mastercard.
09:46Voilà, non, mais je veux dire, on parmi les nouveaux entrants dans le domaine du numérique.
09:49Donc, comment est-ce que vous pouvez les accompagner, vous assurer un peu toutes ces tendances,
09:53tous ces moments, je ne parle même pas des paiements en crypto, mais ça fait partie des transformations importantes.
09:58Alors, nous, notre leitmotiv pour les accompagner, c'est aussi, quelque part, d'étudier ce qui se passe dans le
10:03monde.
10:04Parce qu'on est présent dans 100 pays dans le monde, donc on a des expériences diverses et variées
10:08autour de ces parcours de paiement. Et il y a des pays qui sont plus ou moins avancés sur ces
10:16parcours-là.
10:16Et donc, on partage énormément, on fait en sorte que les banques de différents pays partagent les unes avec les
10:23autres.
10:24Et d'ailleurs, on a des manifestations dans trois semaines à Cannes, où CB sera présent avec nous pour pouvoir
10:29faciliter ces échanges
10:33et permettre peut-être à des groupements ou à des poolings automates ou même à des banques
10:40de réutiliser quelques usages qui sont faits dans d'autres pays.
10:43Donc, l'idée, c'est de les aider à comprendre ce qui se passe autour d'eux et d'adopter
10:47les tendances les plus prometteuses, c'est ça ?
10:51Je parlais de tous ces nouveaux arrivants, mais ils ne sont plus tellement nouveaux,
10:56les big tech, les GAFAM, qui viennent quand même, j'imagine, parasiter les modèles aujourd'hui.
11:05Alors, aujourd'hui, si on parle de Google, Apple et Samsung, qui sont en gros des fournisseurs de plateformes technologiques,
11:15en fait, c'est d'abord des partenaires technologiques des banques.
11:18Lors une banque veut proposer Apple paie à ses clients, elle fait un accord avec Apple.
11:24Si elle veut faire Samsung Pay ou Google Pay ou Google Wallet, elle fait le même accord avec ces acteurs
11:32-là.
11:32Et pour que ce soit un paiement CB ou un paiement Visa Mastercard, il faut que les mêmes acteurs passent
11:38des accords avec nous.
11:40Donc, pour nous, aujourd'hui, Google, c'est des partenaires technologiques
11:45avec lesquels on a ce qu'on appelle des accords d'agrément.
11:48C'est que, quelque part, on donne notre autorisation pour que notre marque puisse être utilisée pour faire des paiements
11:54Apple Pay, Google Pay, Samsung Pay.
11:56Ça ne fait pas une déperdition, je ne sais pas, de revenus ?
12:00Alors, pas pour l'estime, parce que derrière, une transaction Apple Pay, Samsung Pay, Google Pay, c'est une transaction
12:06CB.
12:07Et les banques, en gros, nous, on est dans un modèle économique particulier.
12:11On n'est plus dans un modèle de répartition de coûts si on n'est pas une société commerciale.
12:16Donc, ça ne change rien à notre modèle économique.
12:19En revanche, par rapport aux banques, ces acteurs-là ont des accords avec les banques qui les regardent,
12:26qui peuvent être économiques ou pas.
12:28Et c'est plus un sujet pour les banques qui distribuent ces solutions à leurs clients
12:32que pour les schemes qui, quelque part, les adoubent, d'une certaine manière.
12:36Mais on pourrait imaginer, demain, qu'on n'ait même plus besoin d'ECB, de cartes bancaires,
12:41qu'on passe par des achats totalement, comme ça existe d'ailleurs,
12:45il y a des porte-monnaies électroniques, des achats totalement numérisés, où la carte disparaît.
12:53Est-ce que ça, c'est un scénario que vous envisagez ?
12:56Alors, dans le paysage des moyens de paiement, aujourd'hui, en Europe,
13:00vous avez la carte qui est le moyen de paiement dominant.
13:03Pour un certain nombre de services, vous avez le virement et le prélèvement.
13:07Vous avez le cash, dont on parlait, et qui est loin, évidemment, de disparaître.
13:12Et puis après, vous avez potentiellement les paiements en crypto que vous citiez tout à l'heure.
13:16Alors, ceux-là, effectivement, ils sont totalement étrangers à l'écosystème des réseaux cartes
13:20et des systèmes bancaires.
13:25Demain, vous allez avoir Wiro, qui propose un moyen de paiement que vous utilisez sans doute déjà aujourd'hui.
13:31Demain, j'allais dire déjà aujourd'hui ?
13:32Pour transférer l'argent dans votre entourage.
13:36Alors, je dois dire que ça semble assez magique, mais c'est très perturbant.
13:40Ces nouveaux moyens de paiement, en l'occurrence,
13:42je ne sais pas, Wiro en particulier, que je vais viser,
13:44mais de se dire qu'il suffit que je rentre un numéro de portable pour virer de l'argent sur
13:48un compte,
13:49c'est spectaculaire, mais voire un peu inquiétant.
13:53Alors, ça existait déjà en France avec Pélib, avant Wiro,
13:57et Wiro a remplacé en France Pélib.
14:01Et derrière, vous avez tout un ensemble de mesures de sécurité
14:05qui vous protègent, effectivement.
14:07Donc, il ne faut pas vous tromper dans le numéro de téléphone.
14:10Oui, c'est ça.
14:12Mais, en gros, nous, notre conviction, c'est que dans les dix ans à venir,
14:16la carte telle qu'on la connaît aujourd'hui,
14:18qu'elle soit physique, mobile, ou d'ailleurs dans tout autre facteur de forme demain,
14:22elle va rester le moyen de paiement dominant pour les usages, les paiements du quotidien.
14:29Les banques, justement, elles ont intérêt à être les premières à proposer tel ou tel service.
14:34Est-ce qu'il y a une guerre un peu à l'innovation là-dessus ?
14:37Moi, de mon point de vue, j'ai l'impression que c'est plutôt un secteur assez conservateur.
14:42Mais est-ce qu'on s'aperçoit que, finalement, telle banque qui propose Wiro,
14:46elle a un avantage vis-à-vis de sa clientèle, c'est un plus ?
14:49Est-ce que l'innovation, ça fait partie aujourd'hui des services qui comptent
14:53vis-à-vis de la clientèle des banques ?
14:55En tout cas, au niveau de l'automate, parce qu'après, il y a d'autres façons de faire des
15:00paiements,
15:00mais au niveau de l'automate, on a vu une période où c'était vraiment dans l'optimisation.
15:05Donc, tout le monde voulait faire, je dirais, du standard.
15:09Mais maintenant que les optimisations en nombre d'automates sont avérées,
15:14on voit quand même pointe de plus en plus la volonté de réenchanter quelque part l'automate
15:20et de lui donner d'autres fonctions.
15:22Et on voit certaines banques qui souhaitent être les premières à mettre en œuvre
15:26quelques parcours clients innovants pour se démarquer quelque part
15:29et pour capter du service client.
15:32– Eh oui, parce que c'est là-dessus aussi que se fait la bataille
15:35avec les plateformes numériques américaines.
15:38– C'est le cadre Révolut.
15:40Je pense que vous connaissez mieux que moi Révolut,
15:43mais Révolut a posé quelque part une nouvelle donne sur le marché européen,
15:49notamment à partir de l'espace.
15:51– Avec un énorme succès.
15:52– Voilà, et on voit que les banques aujourd'hui ont une vraie volonté,
15:56je dirais, de trouver la parade ou de se réinventer par rapport à ce nouvel entrant.
16:03Et donc, cherchent l'innovation, cherchent peut-être un peu de la rapidité aussi
16:07dans la mise en œuvre d'innovation par rapport à leur clientèle
16:12ou même par rapport à des médias comme l'automate pour interagir avec elles.
16:16– Qu'est-ce qu'on peut imaginer comme interaction demain ?
16:20– On peut imaginer plein de choses, on voit dans plein de pays européens
16:23qu'autour de l'automate, on ne va pas faire que de la distribution ou du dépôt de cash.
16:29Dans certains pays, on paye des amendes, on paye des factures ODS.
16:32– Ça ne réenchante pas l'expérience, Grégoire.
16:34– Oui, mais ça multiplie les contacts autour de l'automate
16:38et donc ça donne à la banque quelque part, ça démultiplie les contacts avec la banque.
16:44– Oui.
16:45– Et c'est ce qui cherche aussi un petit peu de reconnecter en fait le client,
16:50avec la banque puisqu'aujourd'hui c'est très distant par rapport à des applis mobiles
16:56qu'on fait à la maison.
16:57Donc ce genre de sujets sont des sujets qui sont abordés très très souvent.
17:04Puis après il y a tous les parcours sans contact qu'on a évoqués avant.
17:09– Alors Loïs, vous avez organisé un événement le 31 mars.
17:13– Tout à fait.
17:13– C'est votre sommet annuel, justement comment vous pouvez réenchanter la carte ?
17:18– Alors c'est… en fait la carte aujourd'hui, c'est la carte physique.
17:24C'est le seul objet que la banque donne à son client.
17:28– Oui.
17:28– Avant elle lui donnait la carte en chèque, mais je ne sais pas vous-même,
17:31vous savez où est votre carte en chèque ?
17:33Moi je ne sais même pas où il est dans ma maison.
17:35Et donc finalement la carte physique, c'est un support marketing
17:39assez important pour les banques.
17:41Et donc du coup les industriels de la carte en fait proposent
17:44un certain nombre d'innovations autour de ce support.
17:47– Enfin il y a l'e-carte aujourd'hui, il y a des banques qui ne proposent que des
17:50e-carts.
17:51– Oui, mais les mêmes banques qui ne proposent que des e-carts,
17:54lorsque vous montez en gamme, elles vous proposent un support physique
17:58pour les raisons que je viens d'indiquer.
18:00Et donc il y a des innovations design sur le support physique,
18:04on parle de cartes en métal par exemple, pour vous donner un statut.
18:07Il y a sur des cartes en relief, des cartes lumineuses,
18:12des cartes odoriférentes.
18:15– Waouh !
18:15– Vous avez tout un univers d'innovation développé par les industriels
18:20et qu'on va montrer d'ailleurs au sommet.
18:23Vous avez aussi un sujet d'éco-conception des cartes physiques,
18:26donc il y a déjà une tendance généralisée,
18:28c'est on abandonne les industriels à la demande des banques,
18:32abandonne le PVC pour remplacer par du PVC recyclé,
18:35et essaie quelque part de réduire l'empreinte carbone.
18:38– La biométrie sur la carte ?
18:39– Il y a des innovations.
18:40– On en a parlé il y a des années ?
18:43– On en a, mais une innovation technologique,
18:46elle nécessite effectivement quelques années pour être mise au point.
18:49Et donc, autour de la sécurité et de la confiance,
18:52vous avez effectivement une carte, vous avez un lecteur d'empreintes biométriques.
18:55– Quand est-ce qu'on verra ça ?
18:56– Alors, on vient d'en agréer une, on va la voir au prochain sommet.
19:01Alors, il y a déjà des expériences sur le terrain.
19:04Et cette carte, elle peut avoir une deuxième vertu,
19:06qui n'était pas nécessairement la vertu initialement envisagée,
19:09c'est qu'on a tout un enjeu d'accessibilité,
19:11des solutions de paiement par rapport aux déficients visuels.
19:13Ça peut être un élément de réponse.
19:15– Merci beaucoup à tous les deux, on arrive au terme de ce débat,
19:19mais aussi de cette émission.
19:20Je rappelle que vous étiez mes invités, Grégoire Basquin,
19:24senior directeur Banking West Europe pour Diebold Nixdorf
19:27et Loïs Moulin, directeur des projets et du marketing CB.
19:31Merci à tous de nous suivre, c'était Smartech.
19:33Et puis, on se retrouve à très bientôt.
19:35Je donne rendez-vous plus tard que jeudi, en direct à 10h45.
19:38– Au revoir. – Merci.
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