00:00Il y a une scène, vraiment tu fais écran avec ton corps, entre la famille de la victime et la
00:04famille du meurtrier présumé, tu tentes de masquer les regards en fait, c'est ça ?
00:08Il faut se mettre à la place, et j'essaye de le faire, de mettre à la place de la
00:12famille de celui qui est accusé.
00:13La plupart du temps, ces gens-là sont à des années-lumière d'imaginer ce qu'est vraiment celui qui
00:19est dans le box, qui il est vraiment.
00:21Pour la maman, c'est un garçon gentil, qui n'a jamais posé de problème, etc.
00:25Alors qu'au fond, pour la maman du meurtrier, ce garçon a été tué par un homme, mais on savait
00:30qu'ils étaient plusieurs sur les lieux.
00:32Les autres sont passés à travers parce que justement, c'était un peu des pointures du quartier que personne ne
00:37voulait parler d'eux.
00:38Mais par contre, les frères de la victime savaient très bien qui c'était, et ces gars-là sont venus
00:42dans la salle, ne serait-ce que pour vérifier qu'on ne parlait pas d'eux.
00:46Et quand il y a eu le croisé de regards entre les frères de la victime et ces gars-là,
00:51je me suis dit là, si je ne me mets pas au milieu, ça va partir en live.
00:55C'était vraiment pas bon.
00:56C'est ce que je fais aussi systématiquement quand je défends des jeunes femmes ou des enfants qui ont été
01:00victimes de viols, qui a le box des accusés qui a deux mètres.
01:03Je sais qu'un seul regard peut figer complètement la victime et l'empêcher de parler.
01:08Donc là, physiquement, je me mets entre les deux, ouais.
01:10Merci.
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