Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 59 minutes
L'archive de Maxime Lledo



Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

———————————————————————

▶️ Suivez le direct : https://www.dailymotion.com/video/x75...
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

———————————————————————

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOffi...
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradiooff...
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————

———————————————————————

☀️ Et pour plus de vidéos du Grand Matin Week-End : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDSoOQuH74IIXMno3AffxfUT

##ARCHIVE_SUD-2026-04-18##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Et l'archive ce matin est un seigneur.
00:02Est-ce que vous connaissez cette phrase désormais célèbre ?
00:04Pourquoi la nuit ? Parce que les contormes.
00:07On l'a longtemps attribuée à Antoine Blondin.
00:08Et bien c'est faux. Elle est de Jean Castel.
00:10Jean Castel, c'est une certaine idée de Paris.
00:12Alors pas celui des guides touristiques, pas celui des cartes postales, non.
00:15Le Paris des heures tardives, des escaliers feutrés,
00:18des regards qui se croisent à la lueur d'une lampe,
00:20des femmes sublimes, des vestes bien coupées,
00:22des verres qui se remplissent plus vite que les conversations s'épuisent.
00:25Jean Castel, c'est une adresse aussi.
00:27Le 15 rue Princesse.
00:28C'est une adresse devenue Royaume, un nom devenue Institution.
00:31Un lieu où l'on venait autant pour être vu que pour oublier qui on l'était.
00:34Tout le monde où presque y est passé.
00:36Des acteurs, des écrivains, des noceurs, des héritiers, des femmes libres,
00:39des hommes perdus, des élégants, des toxiques, des drôles, des brisés,
00:42des immenses, des ratés magnifiques.
00:43Dans le seul livre qu'il publiera, par peur d'affronter sa propre plume,
00:47un homme, Pierre Bénichoux, journaliste Nouvelle Obs,
00:49et voix humance et drôlissime de la radio,
00:51écrira dans sa nécro de l'homme de la nuit, les choses suivantes.
00:55Avant d'être une enseigne de boîte de nuit,
00:56élu deux ans de suite meilleur club du monde,
00:58devant Annabelle à Londres et le 54 à New York,
01:01Castel, c'était le nom d'un navigateur et d'un rugbyman,
01:04un homme de cap et d'essai,
01:05tout pour déplaire à ces érants pathétiques
01:07qui peuplent les nuits de Paris
01:08et cachent les cicatrices de leurs combats perdus
01:11sous l'aube laser léger.
01:12Et le petit miracle, poursuivait-il, de ce petit réduit,
01:15c'est qu'à la table du commandant, tout le monde faisait gaffe.
01:18Une vanne de Bostel, de Carsozon ou d'Hubert Deschamps
01:20et le géant du cinéma, le faux roi du pétrole
01:22ou le vrai Manitou de la politique perdent des pieds.
01:24C'était ça, Castel, les rois étenus.
01:27Bref, si je vous parle de ce monde de la nuit,
01:29c'est aussi pour faire le lien avec notre invité de 9h15.
01:32Parce que derrière le glamour, la poésie,
01:34les grands tablés, les rires trop sonores
01:36et les formules qui claquent,
01:37il y a parfois une autre réalité,
01:39plus triste, plus lente, plus collante aussi.
01:42Antoine Blondin, tiens, encore lui,
01:44l'avait raconté mieux que personne.
01:45Dans son livre, Monsieur Jadis,
01:47il tirait le portrait d'un homme déchu
01:48qui lui ressemble un peu trop,
01:49lui qui réussissait si bien à habiller la déroute
01:53avec du panache,
01:54lui qui savait donner à l'alcool des airs de camarade
01:56avant que le camarade ne devienne bourreau.
01:58C'est aussi cela que raconte Chikandier dans son livre.
02:00Les excès, l'alcool, les médicaments,
02:02la fuite en avant,
02:03l'impression qu'il faut toujours pousser plus loin,
02:05boire davantage, rire plus fort,
02:07vivre plus vite,
02:08jusqu'au moment où l'on comprend
02:09qu'on ne tient plus debout,
02:10même quand on a encore l'air de faire le malin.
02:13Alors avec cette dernière et cette première façade,
02:15il y a une réalité plus grave
02:17contre laquelle il est plus difficile de lutter,
02:18qu'il raconte à la perfection,
02:20qui s'appelle la bipolarité,
02:21dont on parlera en longueur à 9h15.
02:24Au fond, il y a toujours eu en France
02:26une certaine mythologie de la cuite,
02:27une façon de la rendre romanesque,
02:29presque virile, presque tendre aussi.
02:31Tiens, comme dans Un singe en hiver,
02:33d'Antoine Blondin, encore lui,
02:34avec l'indétrônable au cinéma,
02:36Jean Gabin et le fringant Jean-Paul Belmondo.
02:39L'alcool aillé à la couleur de l'amitié,
02:41du souvenir, de la fuite,
02:43de l'élégance perdue,
02:44et puis arrive, toujours, tôt ou tard,
02:46Un matin de marché.
02:48Alors, c'est brillant, c'est cruel, c'est drôle,
02:50et c'est peut-être déjà une façon d'avouer le reste.
02:52Tiens, Jean Gabin, Un matin de marché,
02:54Un singe en hiver, 1962.
02:57Salut !
02:58T'es bien, père Rouget ?
03:00Ils sont bien, mais ils sont tenus.
03:01Moi aussi, je te retiens.
03:02Je te remercie pour la soirée d'hier.
03:04Quelle soirée !
03:05Pour celui qui ne comprend pas,
03:07ton client, là, ton espagnol,
03:0812 verres cassés, ça ne te dit rien ?
03:10Dis donc, toi, primo,
03:11ça fait 15 ans que je t'interdis de me parler.
03:13Deux yeux, si tu ne voulais pas qu'il boit,
03:14t'avais qu'à pour le servir.
03:16Alors là, monsieur Quentin,
03:17je te rétorpe que primo, je l'ai viré.
03:19Deux yeux, des ivrognes,
03:20il y en a assez dans le pays
03:20sans que tu les fasses venir de Paris.
03:22Un ivrogne ?
03:23Oh ben, un peu, oui.
03:25Même que le père Bardas
03:26qui boit 15 pastis par jour,
03:27il n'en venait pas.
03:28Ah, parce que tu mélanges tout ça, toi.
03:30Mon espagnol, comme tu dis,
03:31est le père Bardas.
03:32Les grands ducs et les bois sans soif.
03:34Les grands ducs ?
03:36Oui, monsieur.
03:37Les princes de la cuite, les seigneurs.
03:40Ceux avec qui tu buvais le coup dans le temps
03:41mais qui ont toujours fait verre à part.
03:43Dis-toi bien que tes clients et toi,
03:44ils vous laissent à vos putasseries, les seigneurs.
03:46Ils sont à 100 000 verres de vous.
03:48Eux, ils tutoient les anges.
03:50Excuse-moi, mais nous autres,
03:52on est encore capable de te dire le livre
03:53sans se prendre pour Dieu le père.
03:55Mais c'est bien ce que je vous reproche.
03:57Vous allez le vin me tirer la cuite mesquine
03:59dans le fond.
03:59Vous ne méritez pas de boire.
04:01Tu te demandes pourquoi ils picole, l'espagnol ?
04:03Et pour essayer d'oublier des pignoufs comme vous.
04:06Comment qui fait ton eau de rouget, là ?
04:07300 francs le kilo.
04:08Je te préviens que j'en ai retenu la moitié.
04:10Eh ben, moi, je prends le tout.
04:11Allez, emballe-le, moi, je vais venir le prendre.
04:13Décidément, on ne peut plus causer de rien avec toi, tiens.
04:14T'es trop au con.
04:17T'es trop au con.
04:18La voix de Jean Gabin.
04:19Tiens, regardez à nouveau en Saint-Jean-Hiver.
Commentaires

Recommandations