00:00On va partir tout de suite à Téhéran, on va partir tout de suite à Téhéran,
00:05retrouver notre correspondant de RFI France 24, Syavosh Ghazi,
00:09puisque de très fortes explosions, Syavosh, ont été entendues ce soir à Téhéran.
00:15Oui, environ une demi-heure de cela, il y a eu deux très fortes explosions
00:20dans la partie nord de la capitale iranienne,
00:23alors qu'il y a toujours des rassemblements sur les places de la capitale
00:27où les gens se rassemblent pour dénoncer les frappes américaines et israéliennes.
00:33On ne sait pas ce qui a été visé, mais pour l'instant, dans cette partie nord de la capitale
00:38iranienne,
00:38les médias rapportent des frappes également, par exemple dans la ville d'Ishpaan,
00:42contre deux centrales électriques dans cette zone, mais aussi d'autres frappes ailleurs,
00:48par exemple une frappe aux alentours de la centrale nucléaire de Boucher dans le sud du pays.
00:59De son côté, l'Iran, les gardiens de la révolution annoncent des frappes contre Bahreï,
01:03mais aussi les Émirats, où ils affirment que des bâtiments américains ont été atteints et coulés,
01:11ils sont en feu.
01:13Et les gardiens de la révolution affirment que désormais la politique de l'Iran n'est pas oeil pour oeil,
01:18dent pour dent.
01:19À chaque fois qu'il y a des frappes contre l'Iran, l'Iran ripostera avec une puissance plusieurs fois
01:25plus importante
01:26contre les cibles américaines ou israéliennes dans la région
01:29et demande à tous les employés de...
01:36Si je veux, je désire que j'ai vraiment l'intérêt de les abandonner, de les quitter,
01:40parce qu'il y aura des frappes importantes.
01:42– Voilà, merci beaucoup Siavosh, on a compris que la guerre évidemment continue ce soir,
01:48malgré les promesses de négociation peut-être.
01:52On négocie et en même temps, on continue de frapper de part et d'autre, Guillaume Ancel ?
01:55– Ce qui est un classique, mais en fait ce soir, on n'a que trois certitudes.
01:59D'abord le pouvoir iranien, qui appartient aux gardiens de la révolution, je le rappelle,
02:03est loin d'être anéanti.
02:04Et quand Trump nous raconte que ça y est, ils sont 100% par terre,
02:08on dirait qu'il est en train de fixer le score de ses prochaines élections,
02:10d'ailleurs, ce qui est un peu inquiétant.
02:12– En disant que personne ne veut diriger non plus, c'est le bazar.
02:13– C'est un déni de réalité.
02:15La réalité, c'est que le pouvoir iranien n'est absolument pas à terre,
02:18il est probablement très affaibli, il a été durement touché,
02:21mais il a une capacité de résistance qui est tout à fait, comment dire,
02:26qui n'est même pas surprenante, sachant que c'est un régime totalement paranoïaque,
02:30qui a probablement préparé pendant 20 ans cet affrontement,
02:33donc qu'il n'allait pas être détruit parce qu'il a été décapité le premier jour des combats.
02:37La deuxième chose, c'est que la négociation se passe mal.
02:40Elle se passe mal, pourquoi ? Parce que Trump est pressé
02:43et que le régime des gardiens de la révolution l'a compris.
02:47– Mais on ne sait même pas s'ils veulent négocier.
02:49– On sait qu'ils négocient.
02:50– Il y a des petits messages qui sont envoyés d'Istitwitkoff.
02:52– Ça fait plus de huit jours qu'ils négocient.
02:54Je pense même qu'ils ont toujours gardé un canal ouvert avec les Américains pour discuter,
02:58ce qui est classique dans tous les conflits.
02:59mais là, on voit que depuis huit jours, ils négocient,
03:03ils ont l'intention de trouver un accord,
03:04mais Trump, tout en faisant le cadre, en expliquant qu'il est le roi du deal,
03:08en réalité, il a tellement montré qu'il était pressé de sortir de ce conflit
03:11que les Iraniens ont compris qu'ils avaient gagné la première partie, le temps.
03:15Parce que c'est le temps.
03:16Et plus ils ont de temps, plus ils mettent de temps pour résoudre l'affaire,
03:19et plus Trump est en difficulté.
03:20– Les Iraniens ont le temps de faire la guerre,
03:23contrairement à Trump qui, lui, a d'autres intérêts, peut-être.
03:27– Personne ne sait anéantir, par exemple, un stock de drones.
03:30Il y en a des dizaines de milliers.
03:32Personne ne sait anéantir des dizaines de milliers.
03:34C'est aller chercher, pardon, mais une aiguille dans une botte de foin.
03:37Ça se construit dans un garage.
03:39Quand les Américains et les Israéliens racontent qu'ils ont anéanti
03:42les capacités de production, c'est ridicule.
03:45C'est juste ridicule.
03:46Puis on a une troisième certitude ce soir, mais est-ce qu'on en avait vraiment besoin ?
03:50C'est que Trump est complètement incohérent.
03:52C'est-à-dire qu'il mérite un prix Nobel…
03:54– En quoi il est incohérent ce soir ?
03:55– C'est le prix Nobel du chaos.
03:57C'est-à-dire qu'il raconte tout et son contraire.
03:59Et en ça, moi, je trouve que lui est angoissant.
04:01Parce qu'on se dit, il y a des élections dans moins de six mois aux États-Unis.
04:05Est-ce que c'est lui qui va décider du résultat des élections,
04:07comme il décide là du sort de la guerre, qu'il n'a pas gagné ?
04:10Et qu'il essaye de faire croire aux autres…
04:11– Mais est-ce que vous pensez qu'elle s'est déjà perdue, Daniel Cohn-Bendin ?
04:14Tu disais qu'il a déjà perdu l'hémis de terme, ça y est, c'est plié.
04:16– C'est probable.
04:17Moi, je ne connais pas assez bien la société américaine pour me prononcer dessus.
04:20Mais par contre, pour la guerre, je connais un petit peu.
04:22Là, c'est clair qu'il ne l'a pas gagné.
04:25Et il fait comme s'il l'avait gagné.
04:27Et c'est ça qui crée une espèce de tension permanente dans sa négociation.
04:32parce qu'il voudrait imposer aux Iraniens ce qu'il ne peut pas leur ordonner.
04:36– Sauf que les images, elles sont là.
04:38Et cette guerre, elle est documentée.
04:39Les images sont là, on les voit, ces missiles tombés.
04:41– Mais quelles images ? On n'a quasiment pas d'images du côté iranien.
04:44On ne sait pas ce qui s'est réellement passé.
04:46– Non, on a les images et on voit que la capacité de l'Iran est loin d'être anéantie,
04:50comme le dit ce soir.
04:50– Ah, elle est loin d'être anéantie.
04:51On a la preuve, tous les jours, que ça tire de l'Iran et du Hezbollah au Liban
04:56vers Israël et vers les Américains.
04:58Ça, c'est clair que les Iraniens ne sont pas anéantis.
05:01Par contre, ce qu'on ne sait pas dire du tout,
05:03c'est quel est le niveau d'affaiblissement du régime iranien.
05:06Par exemple, moi j'ai des informations récurrentes
05:08sur le fait que les Américains et les Israéliens
05:10utilisent massivement des drones
05:12pour aller chasser les gardiens de la Révolution
05:14qui patrouillent dans les grandes villes.
05:16– Exact.
05:16– Voilà, pour faire peur à ces patrouilles-là
05:19qui font peur à la population.
05:21– Au point de contrôle, exactement.
05:23– Il y a une espèce de chaos qui est en train de s'installer,
05:26y compris en Iran, mais ce qui est terrifiant,
05:28c'est quand on entend Trump comme ce soir,
05:30on se dit quand même, entre l'autre dingue qui dirige la Russie,
05:34qui est devenu un empire totalement menaçant,
05:35et celui-ci qui ne sait plus ce qu'il fait,
05:38oui, je pense que l'Europe a vraiment intérêt
05:40à s'organiser pour se défendre toute seule,
05:42parce que maintenant, on ne peut plus compter sur personne.
05:43– David Rigolero, est-ce d'accord avec ce que disait
05:46le lieutenant-colonel Guillaume Ancel
05:48sur ce régime qui pourrait être affaibli
05:50et non pas anéanti, mis à terre, comme le dit Trump ?
05:53– Non, mais il est affaibli, bien sûr,
05:55parce qu'il y a eu des frappes massives,
05:57c'est une évidence.
05:58Mais la question, et c'est ce qui surprend Trump,
06:01pas forcément les militaires,
06:02qui étaient beaucoup plus prudents à la base,
06:05comme Duncan, etc.,
06:06ils ont fait preuve d'un grand professionnalisme,
06:09en l'alertant.
06:11Mais la particularité,
06:12Trump ne comprend pas du tout la mentalité iranienne.
06:15D'ailleurs, ça s'était vérifié,
06:16même J.D. Vance, en disant,
06:18mais comment ça se fait qu'on ne puisse pas parler au…
06:19– J.D. Vance, le vice-président.
06:20– Le vice-président, au guide suprême,
06:22si c'est lui qui décide, etc.
06:23Mais le système iranien,
06:25le régime iranien s'appelle le nezam,
06:27le système.
06:28Il a une capacité de résilience et de fonctionnement,
06:30il fonctionne en rhizome,
06:32c'est-à-dire, il a une capacité de décentralisation,
06:35et le fait de couper des têtes
06:36n'annule pas le fonctionnement du système.
06:38– C'est quand même effrayant ce que vous racontez,
06:39on a quand même affaire à un amateurisme,
06:42en allant faire la guerre là-bas,
06:43on ne sait pas avec qui parler.
06:45– Pas des militaires,
06:45l'amateurisme, pas des militaires.
06:46– En tout cas, de ceux qui ont pris les décisions,
06:48de ceux qui ont pris les décisions d'aller en l'alertant.
06:50– Un militaire, ils ne peuvent pas refuser,
06:51un militaire, il obéit.
06:52– En tout cas,
06:54un déficit improtestablement,
06:56un déficit d'évaluation.
06:58– Il y a un problème, là.
06:59– Un déficit de préparation, probablement.
07:02– D'évaluation.
07:04– Oui, ça, probablement.
07:05– Et ça explique effectivement aujourd'hui
07:08certaines impasses.
07:10– Moi, je voudrais juste,
07:12ce que vous avez dit tout à l'heure,
07:14le lien entre l'Iran et la Russie.
07:17En Deuxième Guerre mondiale,
07:19c'est de l'Iran
07:20qui étaient passées toutes les armes
07:22vers la Russie,
07:24des Américains et des Anglais.
07:25– Et le Normandie-Nyémen.
07:26– Exactement.
07:27Donc, il faut vraiment,
07:30c'est une vraie liaison.
07:31Il y a une histoire,
07:32c'était dans l'autre sens,
07:34mais un lien qui va du nord,
07:37du sud au nord,
07:37il peut aller du nord au sud.
07:39– Mais vous avez raison,
07:39on a un défaut,
07:40c'est qu'on réagit en fonction
07:42de l'écran de télévision
07:44et généralement,
07:45les cartes qui sont montrées,
07:46on ne voit que le sud
07:47de la mer Caspienne.
07:48On ne voit pas le haut
07:49et on ne voit pas qu'en fait,
07:50il y a un lien direct
07:51avec la Russie.
07:52– Et c'est là qu'ils ont fait des tonnes
07:53parce que le nord était bloqué.
07:55La Deuxième Guerre mondiale,
07:56la majorité des armes,
07:58et pourquoi c'est passé par là ?
07:59C'est pour que les Russes tiennent,
08:03l'Union soviétique,
08:04Stalingrad.
08:05– Tout à fait.
08:06– C'est pour tenir Stalingrad
08:08que l'armement venait de l'Iran.
08:11– Il y a eu d'ailleurs
08:11une occupation de la Perse,
08:13de l'Iran,
08:14par les soviétiques,
08:15pendant la Seconde Guerre mondiale.
08:17– Je voudrais revenir sur un point,
08:22si on veut reprendre un peu
08:23la grammaire militaire
08:26pour nos téléspectateurs.
08:28– Le président,
08:30le niveau politique,
08:32il définit les buts politiques.
08:34Il dit, voilà ce que je veux.
08:36Vraisemblablement,
08:36la chute du régime
08:38ou autre chose.
08:39Et ça, au niveau stratégique,
08:41c'est-à-dire au niveau de Keynes,
08:42mais aussi de Cooper,
08:44ça se traduit par,
08:46au niveau stratégique,
08:47un état final recherché,
08:49plusieurs lignes.
08:50Moi, quand j'étais contre Daesh,
08:51l'état final recherché,
08:53qui était secret,
08:53c'était cinq lignes,
08:55et des critères de succès,
08:57c'était sept lignes,
08:58qui ne sont pas tous
08:59des aspects militaires.
09:01Ça peut être aussi politique.
09:04Et là-dessus,
09:05le niveau stratégique
09:06définit les ressources allouées,
09:08le cadre de l'opération
09:10et les ressources.
09:11Et ces ressources,
09:12on a vu que dès le début,
09:14ils ont pensé
09:15qu'en amassant des avions
09:17et des bateaux,
09:18en détruisant l'armée de l'air
09:19et les défenses aériennes iraniennes
09:21et en détruisant la marine iranienne,
09:23ça allait suffire.
09:24Il n'y avait pas de composante terrestre,
09:26il n'y avait rien.
09:26Et là, on voit que les militaires
09:28ont sans doute obéi,
09:31en tout cas,
09:32à ces buts politiques.
09:33Mais je pense,
09:35et c'est peut-être les raisons
09:36pour lesquelles il y a eu
09:36ces dissensions entre Keynes et Trump
09:39qui ont été évoquées,
09:40c'est que peut-être,
09:42et Cooper,
09:42quelqu'un a dû lui dire
09:43ça ne suffira peut-être pas.
09:45Et lui, il n'a pas voulu
09:47y ajouter cette dimension terrestre.
09:50On a vu que ça ne marchait pas,
09:51il s'est mis dans une seringue,
09:52il est passé à l'acte,
09:53et maintenant,
09:54il veut rajouter de la pression,
09:56mais la pression est ridicule.
09:587 000 ou 17 000,
09:59mais ça doit faire rire les Iraniens.
10:01et maintenant,
10:01– Sous-titrage FR 2021
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