00:00Sur l'inflation, sur le pouvoir d'achat des Français, sur les vagues d'entreprises,
00:03quel métier doit craindre finalement ?
00:05Est-ce que c'est le petit boulanger qui est en danger, ou le grand industriel, ou les deux ?
00:10A votre avis, je vous laisse la parole à tous les deux.
00:12Monsieur Luandi, allez-y.
00:14Le premier point, il est clair, c'est qu'on fait face à un choc du prix de l'énergie.
00:18Donc ce sont les industries, ce sont les activités qui sont consommatrices d'énergie,
00:23qui sont au premier rang.
00:24Elles peuvent aller du boulanger jusqu'à des industries beaucoup plus importantes et beaucoup plus grosses,
00:31avec au milieu des PMI, je vous rappelle qu'on a des PMI de traitement de surface,
00:35on a des forges qui sont des petites et moyennes entreprises,
00:38et qui elles sont au premier rang de ce choc.
00:41Et puis le deuxième élément quand même, c'est que derrière ça, on a une fragilité,
00:45qui a été énoncée tout à l'heure par monsieur le ministre, de notre tissu industriel,
00:48avec des marges qui ont baissé, et avec une situation de fragilité.
00:52Même si ce n'est au début que les entreprises qui consomment beaucoup d'énergie,
00:57qui risquent de payer la facture, ça aura un effet sur l'ensemble du tissu industriel.
01:02Et c'est ce que je crains.
01:03J'ai entendu monsieur le ministre dire qu'il n'y aura peut-être pas d'effet,
01:07où on verra de ce qui se passe en Iran.
01:10Je pense que déjà, à trois, quatre semaines de conflit,
01:13on risque, presque avec certitude, d'avoir un effet sur le tissu industriel français.
01:18La question, c'est quelle sera son ampleur ?
01:20Ça, on ne le sait pas.
01:21– Il y a un effet multiplicateur sur lequel il faut que vous reveniez,
01:25c'est l'affaire de la fabrication du prix de l'électricité au plan européen,
01:30qui est un multiplicateur du prix des fossiles.
01:32Alors que nous, nous avons une base installée qui est le nucléaire.
01:35Alors moi, je crois dans le nucléaire, je suis moi-même,
01:37j'ai monté une entreprise d'équipementier dans le nucléaire,
01:39je le dis tout à fait clairement, parce que je pense que c'est l'avenir,
01:43je l'avais dit politiquement, je le dis comme entrepreneur aujourd'hui,
01:45et je le dis sur ce plateau, c'est l'avenir de notre nation,
01:49puisque c'est là-dessus qu'on pouvait s'appuyer dans les années 70 pour résister au premier choc pétrolier.
01:54Comment se fait-il, et comment se fait-il que la France n'ait pas décroché du système de formation
02:00des prix européens
02:01comme a pu l'obtenir l'Espagne et le Portugal ?
02:04Parce qu'on ne l'a pas demandé réellement, tout simplement,
02:06parce qu'on n'a pas voulu faire ce combat avec Bruxelles.
02:09Nous avons une base installée, 80 à 90% de notre électricité est produite par le nucléaire,
02:15qui est très peu dépendant du gaz et du pétrole,
02:18mais néanmoins dans le grand marché européen,
02:21ce qu'on appelle le coût marginal ou le prix marginal,
02:23c'est-à-dire le dernier kilowatt que vous mettez sur le marché et qui fait le prix,
02:27c'est le miracle d'un concept de marché,
02:30c'est le dernier prix, le dernier kilowatt que vous mettez sur le marché qui fait le prix,
02:3470% du temps, c'est lié à du gaz.
02:37Et donc, tant qu'on est dans ce marché européen,
02:4070% du temps, l'électricité, le prix de l'électricité dans ce marché
02:44dans lequel nous avons décidé d'être, sera lié au gaz.
02:48Alors, il y a deux éléments.
02:50Un, il y a des pays qui ont réussi à avoir des exemptions,
02:52notamment pendant la crise de l'Ukraine,
02:54on a cité l'Espagne et le Portugal,
02:57et puis, il y a toute une littérature économique qui existe aussi
02:59qui dit que faire le prix de l'électricité,
03:03qui est un bien essentiel,
03:04qui est lié à une infrastructure avec un mécanisme de marché,
03:08ce n'est peut-être pas optimum pour les nations.
03:09Vous êtes bien poli en disant ça.
03:11Et qu'il existe une alternative qu'on appelle COSPLUS,
03:14c'est-à-dire les entreprises qui font l'électricité,
03:17on leur rembourse leurs coûts,
03:18on leur met une marge supplémentaire
03:20et dans ces cas-là,
03:22si on adaptait cette méthode de fabrication du prix en Europe,
03:25notre prix de l'électricité serait totalement dissocié du prix du gaz.
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