- il y a 2 jours
Chaque année, BPI France repère un trentaine d'entrepreneurs issus des Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV) à travers le concours Talents des cités. A la clé : une dotation financière (entre 1000 et 7000€) et une mise en visibilité par BPI France. Découvrez les lauréats de cette édition, dans une émission spéciale sur B SMART.
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00:14Bonjour à toutes et à tous, c'est une émission spéciale que je vous propose aujourd'hui en
00:19partenariat avec BPI France, émission consacrée au concours talent des cités qui récompense chaque
00:25année une trentaine d'entrepreneurs issus des quartiers prioritaires de la ville, ils viennent
00:30d'un peu partout en France, ils ont des idées de l'énergie, à revanche je vais vous présenter sept
00:36de ces projets, de ces lauréates et lauréats, c'est parti pour notre émission spéciale talent des cités.
00:44Pour nous présenter ce concours talent des cités avant de recevoir des lauréats, des lauréates,
00:49j'accueille Marie Adeline Pex, bonjour, bienvenue, ça s'est passé hier à l'hôtel de Rochlore,
00:57déjà, bon on en a déjà parlé dans nos émissions sur Bismarck for Change, mais c'est quoi le talent
01:01des cités ? Alors talent des cités c'est un concours, hier c'était la 24e édition, cette année on
01:08va
01:08fêter les 25 ans, donc préparez-vous, déjà c'était super hier, mais on va faire un truc un peu
01:14spécial
01:14pour les 25 ans, c'est un concours donc qui permet d'identifier partout en France des entrepreneurs
01:21qui sont issus de ce qu'on appelle les quartiers dits politiques de la ville, QPV, quartier prioritaire,
01:30quartier populaire, enfin voilà, ces quartiers qui existent partout sur le territoire, il y en a plus
01:35de 1300 sur le territoire, qui ont des fragilités ces quartiers et qui parfois rendent la vie des
01:43entrepreneurs existants ou en devenir un peu plus compliqués. Et ce concours, il vise à mettre en
01:50avant cette dynamique entrepreneuriale qu'on constate partout en France, notamment dans ces
01:55quartiers, des jeunes, des moins jeunes qui ont envie de se lancer dans l'aventure entrepreneuriale,
01:59qui ont souvent besoin de visibilité, parce qu'ils ont moins de réseaux, parce qu'ils ont moins de
02:05contacts, de mise en relation, ils ont tous été accompagnés par des, notamment par les partenaires
02:11du Coq Créa, les réseaux de Cap Créa, BGE, le réseau Entreprendre, Initiatives Positives,
02:18voilà, tous ces réseaux-là qui sont là pour accompagner.
02:20L'idée, c'est de compenser, c'est-à-dire qu'il y a peut-être une perte d'égalité
02:23des
02:23chances et donc de rééquilibrer un petit peu.
02:27L'idée, c'est deux choses, c'est de donner à voir cette dynamique entrepreneuriale,
02:32de générer ce qu'on appelle des rôles modèles et de montrer qu'entreprendre dans les
02:37quartiers, c'est possible.
02:38Et de donner envie aux médias.
02:40Exactement, l'idée, c'est de se faire inviter chez Bismarck, vous avez tout compris.
02:45Et par ailleurs, donc de donner en visibilité pour que les uns et les autres aient envie
02:53et comprennent qu'on peut se lancer dans l'aventure entrepreneuriale et puis pour chacun
02:56d'entre eux, de leur donner une visibilité, un accélérateur de leur business et accessoirement
03:03des prix.
03:03Oui, parce qu'il y a une dotation qui va entre 1000 et 7000 euros, c'est ça, ça dépend
03:09des projets.
03:09Avec un défi qui doit être très compliqué pour les équipes de BPI France et vos partenaires,
03:14comment vous les sélectionnez ? Parce que des candidats, des candidates...
03:17Alors, on avait plus de 1000 candidats cette année.
03:20Hier, j'ai fait une petite blague lors de la cérémonie, c'est plus sélectif que
03:23Polytechnique, puisque 1000 candidats, 28 lauréats régionaux, 7 lauréats nationaux.
03:29Donc, c'est vraiment... C'est les meilleurs. C'est difficile, c'est toujours un crève-cœur,
03:34parce que choisir, c'est toujours un peu renoncer.
03:37On a... Alors, le fait que...
03:40Il y a une base de critères, une sorte de grille de lecture que vous avez construite au
03:44fur et à mesure des années ?
03:45Alors, c'est comme l'entrepreneuriat.
03:47C'est beaucoup de l'humain, c'est beaucoup la personne. Il y a le projet, mais il y a
03:52aussi la personne et le parcours de vie de cette personne, la façon dont elle va se
03:59projeter. C'est la... Comment dire ? L'ambition du projet, son impact social, territorial,
04:07économique. Le nombre de créations d'entreprises, là, dans les projets qu'on avait hier.
04:13On a un couple de jeunes de La Réunion qui vont créer une crèche. Et typiquement,
04:22vous voyez, ça, c'est le lauréat du concours Banque des Territoires. Pour la Banque des
04:26Territoires, la crèche, la petite enfance, le développement de la politique de la ville
04:30autour de ces projets-là, ça fait du sens. Donc, chacun des lauréats choisit aussi,
04:34au niveau national, des lauréats qui, pour eux, ont un sens particulier.
04:38Est-ce qu'il y a un profil d'entrepreneur que vous voyez émerger ? On a un quart de
04:43siècle de recul. Est-ce que, finalement, c'est la même base ? Il y a cette énergie,
04:48ces idées, cette envie d'y aller ? Ou est-ce qu'il y a des profils différents qui émergent
04:52?
04:53Alors, il y a clairement un profil d'entrepreneur, mais qui est vrai dans les quartiers comme
04:56partout. Un entrepreneur. Et d'ailleurs, c'est ce qu'on leur dit. Aujourd'hui, ils sont lauréats
05:00talent de cité, mais on va les traiter comme des entrepreneurs. Et on va espérer les
05:04accompagner tout au long de leur aventure entrepreneuriale. Il n'y a pas de profil
05:08type. De même qu'il n'y a pas de profil type chez le million de créateurs d'entreprises
05:13en France. Il y a des entreprises de la tech, il y a des entreprises industrielles, il y a
05:16des entreprises... Il y a autant d'hommes que de femmes ?
05:19Oui, à peu près. Et dans les lauréats, on est à peu près moitié-moitié. Il doit
05:25y avoir 40% de femmes, 60% d'hommes. Il y a des secteurs qui émergent peut-être ?
05:32Dans les quartiers, il y a des secteurs qui sont plus représentés. Dans la création d'entreprises
05:37dans les quartiers, il y a beaucoup de choses autour du commerce. Il y a pas mal de choses
05:41autour de la construction et la logistique. Là, on a vraiment des gens... Je vous dis,
05:49un couple de créateurs de crèches, un boulanger, un jeune homme d'Île-de-France qui est plutôt
05:56dans l'industrie, du service. Il y a un peu de tout. Et on est...
06:03Service à la personne, notamment, aussi.
06:05Oui, exactement. Avec là, une gagnante hier qui a une vingtaine de salariés, déjà.
06:14Oui, donc c'est des projets qui sont bien avancés que vous sélectionnez. Ça dépend.
06:18Il y a de tout. Il y a deux types. Il y a des projets qui se lancent et des
06:23projets
06:24qui sont déjà installés. Il y a des gens qui se lancent dans l'entrepreneuriat parce
06:28qu'ils ont envie d'être leur propre patron et donc qui n'ont pas forcément l'ambition
06:32tout de suite de recruter beaucoup. Et puis, il y a des gens qui, dès le départ, cherchent
06:38à recruter. Il y a souvent une dimension un peu sociétale. Typiquement, la jeune femme
06:45qui porte le projet de service à la personne, elle recrute des personnes qui ont justement
06:51parfois un peu des difficultés à s'insérer dans l'emploi. Donc, il y a aussi une histoire.
06:56C'est pour ça que le parcours de vie est intéressant.
06:58On va d'ailleurs les recevoir, les découvrir les unes et les autres dans un instant.
07:02Quelles difficultés principales ils ont rencontrées et dont ils témoignent auprès de vous ?
07:09Alors, souvent, même si pas tous, et le principal est toujours un peu généralisateur,
07:16mais souvent, il y a un petit syndrome de l'imposteur, de « je ne vais pas y arriver,
07:22je ne suis pas fils d'entrepreneur, je ne vais pas hériter de la boîte de mon papa,
07:26je n'ai pas fait les grandes écoles de commerce, donc ce n'est pas pour moi ».
07:29Et on lutte beaucoup contre « ce n'est pas pour moi ». Et quand on regarde les enquêtes
07:34qu'on fait notamment l'indice entrepreneurial français, on constate que le décalage
07:38entre les quartiers et le reste du territoire national s'estompe et qu'on est en train
07:43de gagner la bataille du « ce n'est pas pour moi ». Alors, du coup, les difficultés
07:47se déplacent un petit peu. Le « ce n'est pas pour moi », on a cassé le truc.
07:51En revanche, le passage acte est plus compliqué parce que moins de réseaux,
07:56parce que parfois moins d'accès au financement bancaire, moins de patrimoine.
08:02Et c'est pour ça qu'avec le programme Entrepreneuriat Quartier 2030, nous, on vise à assurer
08:08le renforcement de l'accompagnement de ces porteurs de projets, parce qu'être accompagné,
08:12c'est renforcer ses chances de réussite, et puis du financement avec des dispositifs
08:17comme les prêts de l'heure.
08:17Allez, 30 secondes pour peut-être montrer que ça marche, un lauréat que vous avez accompagné.
08:25Moi, tous les ans, je reviens avec des pépites dans les yeux. Si j'en citais qu'un,
08:32je citerais Mido, qui porte l'entreprise Atmos Gear, qui fait des patins électriques.
08:39Il est lauréat, je pense qu'il doit y avoir 5 ou 6 ans. Il est arrivé, il était tout
08:44jeune,
08:44il avait des histoires dans les yeux, il voulait conquérir l'Amérique, et là, il a levé
08:47des fonds aux États-Unis.
08:48Eh bien voilà, ça fait rêver. Merci beaucoup, Marie.
08:51Avec plaisir.
08:52Et on va découvrir tout de suite les premiers de ces lauréats du concours Talent des Cités.
09:00Le concours Talent des Cités mis à l'honneur sur Be Smart for Change accueille Betty Péchécouté.
09:05Bonjour.
09:06Bonjour.
09:06Vous êtes la créatrice de l'entreprise Le Camélia et d'une franchise qui s'appelle Apef.
09:13On va en parler dans un instant. On est dans le service à la personne.
09:16Je veux bien que vous nous racontiez d'abord votre histoire, votre parcours. C'est quoi votre formation ?
09:21Moi, je suis infirmière de formation initiale. J'étais ensuite cadre infirmière, puis directrice
09:25de maison de retraite pendant 11 ans. Et puis après le Covid, tout le monde se réinterrogeait,
09:32etc., voir vraiment nos valeurs. Et du coup, j'ai décidé d'ouvrir mon entreprise et donc
09:37de me tourner naturellement vers les services à la personne. Et sous la franchise Apef, qui est
09:42une franchise nationale qui existe depuis plus de 30 ans et en fait qui est polyvalente.
09:46C'est-à-dire qu'on va faire aussi bien de la garde d'enfants que du ménage, du repassage,
09:50du jardinage, du bricolage, de l'aide aux seniors, des accompagnements véhiculés.
09:54Donc voilà, mon parcours un petit peu.
09:56Le fait d'avoir ces différentes casquettes, en quelque sorte, ces expériences, ça vous a aidé
10:02à franchir le pas ? Et à quel point ça vous a servi pour créer l'entreprise ? Et ça
10:07vous sert encore aujourd'hui ?
10:08Oui. Alors ça me sert beaucoup, bien évidemment. Surtout au niveau du management, au niveau
10:12de la gestion d'une entreprise, puisque quand on est directrice de maison de retraite, on
10:15a aussi une entreprise à gérer. Donc voilà, tout ça, ça m'a évidemment servi. Et puis
10:20tout de mon côté relationnel, empathie, etc., je pense que c'est au fond de moi. Quand
10:25on est infirmière, déjà, ce n'est pas au hasard. Donc voilà, je pense que c'est tous
10:29ces traits et ces valeurs qui me suivent depuis le début.
10:32Cette crise Covid, ça a été un déclencheur pour beaucoup de créatrices, créateurs d'entreprises.
10:36Comment ça s'est passé pour vous ? Alors le Covid, en tant que tel, bien. J'étais
10:40directrice de maison de retraite, donc on a vraiment bien géré cette crise, etc. Mais
10:45après, c'est vrai qu'on n'a pas beaucoup de moyens dans les maisons de retraite. On
10:50n'a pas, voilà, on ne peut pas faire non plus ce qu'on veut vraiment, réellement.
10:52Donc je pense que ça a été vraiment le déclic pour faire de ma vie ce que je voulais
10:55vraiment, entreprendre et aider les autres.
10:58Vous vous êtes posée à un moment où vous vous êtes dit, il faut que je réfléchisse
11:00à ce que j'ai envie de faire ? Pas trop.
11:03On n'a plus le temps de se poser, à partir du moment où c'est parti, c'est parti.
11:07Il faut y aller.
11:07Alors, comment se démarque votre entreprise ? C'est un secteur qui est quand même assez
11:12concurrentiel, des services à la personne, à domicile, avec tout ce que vous avez décrit
11:16tout à l'heure, garde d'enfants et de seniors, ménage, repassage, bricolage, enfin bon,
11:20tous ces services, c'est un secteur quand même concurrentiel. Comment vous démarquez ?
11:24Alors, on se démarque déjà par la qualité des gérantes, sans trop, voilà, parce que
11:29moi, venant du secteur médical, la co-gérante vient du secteur administratif, donc on se
11:35complète vraiment beaucoup. Et puis je pense que ce qui nous différencie beaucoup, c'est
11:39notre empathie, notre côté humain et le management qu'on met en place. On gère actuellement
11:4533 salariés, donc depuis 2022, c'est quand même pas mal.
11:50Voilà, et on a vraiment à cœur qu'il soit de leur apporter des conditions de travail
11:54le mieux possible. C'est un secteur où les salariés sont en général pas beaucoup
11:59diplômés. Ils viennent prioritairement des quartiers prioritaires, QSP moins, comme
12:07on dit, c'est pas péjoratif, mais voilà. Donc moi, il me tient vraiment à cœur de
12:10les aider au niveau personnel et au niveau professionnel. C'est pour ça que déjà, d'emblée, on voulait
12:16une agence qui soit assez grande pour les accueillir, notamment pour déjeuner.
12:19Le midi, pour pas qu'ils déjeunent le midi dans leur voiture ou sur un bon public.
12:23Donc là, ils ont vraiment une vraie cuisine avec une vraie salle de repos où ils peuvent
12:26se reposer, ils peuvent, voilà.
12:28Est-ce que ce que j'entends derrière ce que vous me dites, c'est peut-être une volonté
12:32un peu de transformer ce secteur ou en tout cas de l'améliorer si on identifie effectivement
12:38quelques lacunes ou critiques qui sont exprimées ?
12:43C'est ça. C'est vraiment améliorer les conditions de travail parce qu'ils font un travail
12:47qui est quand même très difficile, que ce soit sur le plan physique et que sur le
12:51point psychologique aussi. C'est dur vraiment pour eux. Ils se sont confrontés au domicile
12:58des personnes, ils se sont confrontés à la maladie, ils se sont confrontés au handicap,
13:02ils se sont confrontés à plein de choses. Pour des personnes qui ne sont pas forcément
13:05diplômées, qui n'ont pas forcément les opos pour, avec en général aussi beaucoup de
13:09problèmes personnels. On a beaucoup de mamans solos par exemple avec les enfants, donc il faut
13:12aussi s'occuper de sa vie personnelle à côté. Avec la question des horaires aussi qui n'est pas
13:16forcément simple. Alors nous on s'adapte aussi justement à tout ça, c'est-à-dire que c'est eux
13:20qui font leur planning, c'est-à-dire qu'ils viennent avec leur disponibilité. Ils ne peuvent pas
13:24travailler le mercredi parce qu'il y a des enfants, ils ne peuvent pas travailler le jeudi
13:27matin parce qu'il est orthophoniste pour les enfants. Donc ils nous disent en fait leur plage
13:30de disponibilité et on s'adapte vraiment à leurs souhaits et leurs possibilités.
13:35Et Talent des Cités m'a permis d'ouvrir aussi un peu plus parce qu'on a beaucoup de personnes
13:41qui ne sont pas françaises, qui ont des difficultés avec la langue française et du coup qui n'ont
13:46pas leur permis de conduire, qui est quand même un levier indispensable pour le service à
13:50domicile, pour améliorer aussi leurs conditions de travail. Donc moi le Talent des Cités, ça
13:56m'a permis d'avoir une dotation pour leur payer le reste à charge du permis de conduire.
14:02Ça c'est quelque chose qui me tient vraiment à cœur. C'est important pour leur vie professionnelle
14:06mais aussi pour leur vie personnelle. C'est l'autonomie, c'est généralement leurs premiers
14:11diplômes qu'ils obtiennent dans leur vie. Donc voilà.
14:15Alors il y a celles et ceux qui travaillent avec vous et puis il y a celles et ceux à
14:21qui
14:21vous rendez service avec votre entreprise. Alors je voudrais qu'on parle peut-être parce
14:25que derrière les services qui sont rendus, souvent on se dit tiens quelqu'un va aller faire
14:30du jardinage, va aller faire du repassage, du bricolage. Souvent peut-être chez des
14:35personnes âgées, des personnes seules. Il y a cette dimension finalement sociale, un
14:41peu psychologique, qui se rajoute, qui n'était pas prévue mais qui se rajoute.
14:44C'est ça. Il y a beaucoup de personnes. Alors on ne peut pas imaginer tout ce qui se
14:49passe chez les gens en fait. Alors nous on prend aussi bien les enfants que les
14:53personnes âgées que les actifs. Donc on a vraiment une vision, j'ai envie de dire, globale
14:57des personnes. Et on a malheureusement beaucoup de personnes qui sont seules, personnes âgées
15:01mais pas que. Il y a aussi des jeunes qui sont seules face à la maladie, face à, voilà.
15:06On a beaucoup de personnes qui présentent des cancers aussi actuellement. Et voilà, il
15:11faut vraiment être là pour vous.
15:12Mais ça veut dire que c'est des gens qui ne sont pas formés pour ça mais qui se
15:14transforment en psy parfois ?
15:16Alors quand c'est des...
15:17Vous voyez ce que je veux dire ?
15:17Oui, oui.
15:18Avec une responsabilité, on se dit oula mais moi je ne peux pas forcément vous aider,
15:22je ne suis pas formé pour vous aider.
15:23Parce qu'en fait, tout ce qui est soin à la personne, là il faut un diplôme bien
15:27évidemment. Donc ces personnes sont formées. Mais par contre, quand on va chez une personne
15:31pour faire du ménage et du repassage, on n'a pas forcément besoin de diplôme. Et là
15:35effectivement, alors elles peuvent être formées au niveau du ménage, du repassage
15:38mais pas au niveau psychologique pour endurer en fait et pour écouter, savoir écouter
15:42etc. C'est quand même des choses qui sont très, je ne vais pas dire techniques mais
15:45voilà, on l'a ou on ne l'a pas en plus en soi. Mais il faut quand même être
15:49bien armé
15:49pour faire tous ces métiers.
15:51Vous collaborez avec les écoles, avec des missions locales, avec France Travail. C'est
15:56quoi ? C'est une sorte d'écosystème ? Vous avez besoin d'eux ? Ils ont besoin
15:59de vous ? Comment ça se passe ?
16:00Exactement. On a tous besoin de tout le monde en fait. Et moi ce que je dis aussi
16:03c'est qu'on n'est pas concurrentiel. On a plein de... Alors moi je suis sur Tours,
16:07Chambre et les Tours, Andrélois. Il y a plein de services à la personne mais pour moi
16:11il n'y a aucun concurrent. On est tous partenaires parce qu'on a tous nos spécificités,
16:14tous notre façon d'intervenir, de travailler, etc. Et voilà. Et on a tous besoin de tout
16:21le monde. Que ce soit au niveau recrutement, au niveau RH. Donc effectivement vous avez
16:25cité France Travail. Il y a aussi toutes les associations qui font un travail formidable
16:29entre des solidarités par exemple. Voilà. Et plein d'autres. Et j'ai un lien aussi,
16:35un partenariat avec WeMove qui me permet de... En fait WeMove est vraiment là pour les
16:42salariés pour accéder au permis de conduire. Et alors ce prix, qu'est-ce qui change pour
16:49vous ? Au-delà du plaisir de venir participer à cette émission, enfin surtout de participer
16:55à une émission de télé. Qu'est-ce que ça change pour vous ? Eh bien ça change la légitimité
16:59déjà. Légitimité. Alors c'est vrai que moi je viens de... Enfin je suis infirmière
17:04donc j'ai envie de dire au début c'était quand même loin de ce que je fais maintenant.
17:07Et puis on est adossé à une franchise, à PEF. Donc la légitimité au début je me suis dit bon
17:12je suis
17:12entrepreneur mais je suis quand même adossé à une franchise etc. Donc je pense que ce prix m'a
17:16aussi permis de dire bah non en fait tu es aussi toute à place ici autant que n'importe quel
17:20entrepreneur. C'est quand même ton entreprise, tu fais quand même voilà tout ce qu'il faut pour.
17:24Ça me permet d'avoir, d'aider mes salariés. Ça c'est important. La reconnaissance. Donc ça c'est très
17:30important. Puis de mettre en valeur ma belle entreprise et mes salariés.
17:33Merci beaucoup Betty Péchécouté. Votre entreprise le Camélia, la franchise c'est
17:40APEF et bon retour à Tours. D'autres talents des cités à venir tout de suite.
17:47Un autre lauréat du concours talents des cités tout de suite avec moi Amat Chaloup. Bonjour.
17:53Bonjour.
17:54Ravi de vous accueillir et de vous rencontrer. Vous êtes le créateur de l'entreprise
17:58Noctimed. Vous l'avez créé en juillet 2024. Alors on n'est que dans quel domaine,
18:03dans quel univers ? C'est quoi Noctimed ? Alors Noctimed évolue dans le domaine du dispositif
18:09médical. On conçoit des dispositifs médicaux pour l'autonomie des personnes en situation
18:13de handicap en établissement et à domicile. Pourquoi vous l'avez créé ? C'est quoi votre
18:17histoire personnelle, votre parcours ? Alors moi je suis ergothérapeute de formation initiale.
18:21Donc un ergothérapeute, et c'est intéressant pour comprendre la suite du projet, c'est que
18:25un ergothérapeute va intervenir auprès de personnes en situation de handicap dans le but
18:29d'améliorer l'autonomie au quotidien. Et puis j'ai poursuivi avec un master 2 en
18:33management des hôpitaux, ce qui m'a permis de voir en fait les deux domaines, le domaine
18:39managérial mais aussi le domaine du soin. Et j'ai compris qu'un transfert en particulier
18:44à l'hôpital, le transfert de la position assise au bord du lit à la position couchée
18:48au lit, pouvait avoir un impact sur ces deux domaines. Sur le domaine clinique pour le soignant,
18:52pour le patient, excusez-moi, puisque se pivoter dans son lit c'est tout un transfert qui est
18:58assez très complexe parce qu'il faut s'asseoir au bord du lit, lever les jambes au-dessus
19:02du niveau du matelas, bloquer avec les abdominaux, pivoter puis se relâcher. Pour 2,7 millions
19:08de Français aujourd'hui en situation de handicap, c'est quasiment impossible et il nécessite
19:12donc quotidiennement l'intervention d'une tierce personne, partielle ou totale, pour la réalisation
19:16de ce transfert. Et donc côté hôpital ? Et côté hôpital, on a toutes les répercussions
19:21de l'envers du décor. C'est-à-dire que pour que ces 2,7 millions puissent réaliser
19:26ce transfert-là aujourd'hui, ils n'ont aucun dispositif les rendant autonome.
19:32Quand il n'y a rien pour être autonome, il faut une aide humaine. Il faut une aide humaine
19:35et donc dans ce cas-là, c'est le soignant qui intervient, qui va mettre une main derrière
19:38le dos du patient, une main sous les jambes et faire pivoter la personne. Sauf qu'une jambe
19:42c'est 20% du poids du corps. Donc pour une personne qui pèse 100 kilos, vous avez 40 kilos
19:45de
19:45membres inférieurs. Et donc ça engendre très rapidement des troubles musculosquelétiques
19:50chez les soignants. Une statistique, c'est que 80% des accidents de travail dans les établissements
19:55sanitaires, sociaux et médico-sociaux sont liés à des troubles musculosquelétiques.
19:59Donc essentiellement basés sur du port de charge. Donc nous, on essaye d'intervenir
20:03sur ces deux... Donc vous vous êtes dit, il faut créer un dispositif qui va permettre
20:08de soulager les uns et les autres. Combien de temps ça vous a pris ? Je disais, l'entreprise
20:13elle s'est créée en juillet 2024. Mais il y a eu un temps de préparation, de conception ?
20:19Alors oui, tout à fait. Donc on a créé l'entreprise en juillet 2024. Mais ça fait
20:23suite à deux années d'études de marché, deux années d'enquête terrain. On a conçu,
20:27on a pensé notre solution. Donc ce dispositif médical qu'on appelle aussi aide technique
20:33puisqu'il... Voilà. Avec 70 professionnels de santé, une dizaine d'établissements
20:38sanitaires, sociaux et médico-sociaux de la région Grand Est et une dizaine de patients
20:43ou membres d'associations de patients.
20:45Et alors comment ça marche ? Expliquez-moi.
20:47Concrètement, c'est un dispositif médical qui va être fixé au lit. Ce n'est pas un lit
20:52médicalisé, c'est un dispositif technique, physique, électrique qui va venir s'installer,
20:57s'emboîter sur le lit, que ce soit un lit médicalisé ou un lit classique et qui va
21:01venir remplacer la physionomie du corps humain. En fait, on va remplacer les dents. On va,
21:08dans ce dispositif, rajouter deux bras articulés. Un bras articulé qui va venir se mettre derrière
21:12le dos du patient. Un bras articulé qui va venir saisir les jambes. Et en fait, on
21:16remplace juste le mouvement humain qui est réalisé auparavant par le soignant. Tout
21:20simplement. Et donc, le patient n'éprouve aucun effort à la réalisation de cet acte-là
21:25et il est totalement autonome. Mais vous gardez quand même la question du contact humain,
21:31la présence d'un soignant, j'imagine, elle est essentielle. Donc, elle reste quand même
21:37dans votre dispositif ? Alors, on est dans un contexte où, à prendre en compte, on a le
21:42vieillissement de la population. On a un vieillissement très important de notre population. On appelle
21:47ça même le papy-boom. On a le développement de l'HAD, donc l'hospitalisation à domicile.
21:51Et tout ça s'accompagne d'une pénurie de soignants. Alors, il faut savoir qu'aujourd'hui,
21:55on n'a jamais connu autant de professionnels de santé en France. C'est juste que la demande
22:00par rapport à l'offre est démesurée.
22:03Avec le vieillissement de la population.
22:05Exactement. Et donc, nous, ce qu'on crée, ce qu'on veut, ce n'est pas remplacer le
22:09soignant ou remplacer le contact humain. C'est justement améliorer la qualité de ce contact-là.
22:14On veut que quand le soignant soit là, prenne le temps d'une bonne relation avec le patient
22:18plutôt qu'il soit là pour justement réaliser un acte qui est pénible pour lui. Et donc,
22:23quand vous réalisez un acte qui est pénible pour vous, vous n'avez pas envie de prendre
22:26le temps, ou en tout cas, vous n'avez pas forcément le temps de prendre quelques minutes
22:30pour discuter convenablement avec le patient.
22:31Il y a eu beaucoup d'itérations, de tests pour trouver la bonne formule, en fait ?
22:36Alors oui, deux années où on réfléchit la solution, on change sept fois de version
22:43pendant ces deux années, parce que forcément, vous venez avec une idée, les soignants sont
22:47très créatifs et beaucoup d'imagination. Et ils connaissent le terrain, ils connaissent
22:53bien le terrain, ils connaissent le handicap. Et donc, forcément, ils apportent des modifications
22:56qui sont très cohérentes. Et donc, ça nous apporte aujourd'hui une solution qui représente
23:03très bien le patient, le soignant et l'hôpital.
23:06Vous en êtes où, aujourd'hui, du développement de Noctimed ? Donc, vous êtes plutôt basé
23:11dans l'Est de la France, c'est ça ? Avec la possibilité d'essayer partout.
23:16Mais vous en êtes où du développement de l'entreprise, aujourd'hui ?
23:18Aujourd'hui, Noctimed, c'est une entreprise implantée dans le Grand Est, comme vous l'avez
23:22bien évoqué, entre les Vosges, Nancy et Metz. En décembre 2025, on clôture une levée
23:30de fonds. On précide, donc en amorçage, avec l'entrée au capital de Noctimed de la
23:35coopérative World Cup par le biais de sa filiale Dmedica. Dmedica est un revendeur de dispositifs
23:40médicaux en France. Et comme la stratégie de Noctimed est de passer par du B2B pour
23:44revendre ces dispositifs, on a fait de ce partenariat stratégique. C'est un partenariat
23:50stratégique parce que ça va être à la fois un investisseur chez Noctimed, mais aussi
23:53un client qui va nous permettre de couvrir le territoire national dès le premier jour
23:57de commercialisation qui devrait arriver dans 18 mois. 18 mois de R&D, 18 mois d'adéquation
24:06réglementaire également, parce qu'il y a plein de dossiers réglementaires, conformité
24:10européenne, ISO 13485 et j'en passe.
24:13Donc là, vous êtes dans cette phase de conformité, c'est ça ?
24:16On a 18 mois aujourd'hui d'investissement, c'est à peu près 1 million d'euros en cash burn
24:20jusqu'à arriver dans 18 mois à un produit sur le marché.
24:23Ok. Qu'est-ce que ça représente de participer à un concours talent des cités et d'en être
24:31l'un des lauréats ?
24:32C'est un immense honneur, premièrement d'y participer et encore plus d'être lauréat national, je vous remercie.
24:40C'était important pour moi d'y participer pour montrer, là on a croisé la directrice exécutive de la BPI
24:47en remontant dans le bâtiment,
24:49qui disait...
24:50Marie Adinpex, oui.
24:51Exactement, qui disait montrer leur que dans les quartiers il y a aussi des gens qui innovent dans la santé,
24:56dans les domaines pharmaceutiques.
24:58Évidemment, il n'y a aucun domaine qui est plus important qu'un autre, mais ce que je veux dire
25:02c'est qu'on a cette chance-là aujourd'hui,
25:04par les dispositifs qui sont mis en place par l'État et par le gouvernement, de n'avoir aucun obstacle,
25:09aucun problème à développer ce genre de solution
25:12avec l'appui de la BPI et d'autres organismes financeurs.
25:16Qu'est-ce qui peut changer ce prix pour vous ?
25:18Bon, il y a une notation financière, mais en termes peut-être d'image, de confiance, qu'est-ce que
25:23ça peut changer pour vous ?
25:23C'est une cohérence vis-à-vis de nos partenaires.
25:26Aujourd'hui, on travaille avec des partenaires, on investit en tant qu'entreprise, mais nos partenaires investissent aussi en nous.
25:34Et être lauréat de ce trophée ou de ce concours et d'autres nous permet, nous, vis-à-vis de
25:40nos partenaires, de se dire
25:41« Écoutez, il y a quand même une cohérence qui est donnée par les organismes de l'État. »
25:46Et c'est une belle reconnaissance aussi pour nous en tant qu'entrepreneurs, puisqu'on travaille, vous l'avez cité,
25:51depuis 3-4 ans.
25:53On n'a pas encore de résultats de terrain, puisqu'on n'est pas encore sur le marché.
25:56Donc, ce qui nous fait tenir en nous disant « Écoutez, on est sur la bonne voie », c'est
25:59ces trophées-là et c'est ces reconnaissances.
26:01Oui, bien sûr, ça vous conforte dans les choix qui sont les vôtres.
26:04Est-ce qu'il y a aussi cette idée, cette dimension de peut-être changer un peu l'image qu
26:10'on peut accoler au quartier, au quartier prioritaire de la ville ?
26:14Est-ce que ça fait partie aussi de votre fierté ?
26:17C'est même la mission principale de ce concours.
26:20Bien sûr, mais vous ?
26:22Personnellement aussi, c'est un combat que je mène, puisqu'il faut changer de vision sur ces quartiers-là.
26:29On peut vivre dans ces quartiers-là et parler convenablement, s'exprimer convenablement, présenter convenablement, créer des entreprises, créer de
26:37l'emploi.
26:37Aujourd'hui, je pense que la France est dans une situation où elle ne refuse aucune main tendue pour la
26:44création de l'emploi, pour faire vivre l'économie.
26:48Et donc, je pense que dans ces quartiers, comme je l'ai dit avant, il y a des talents, il
26:52y a des jeunes et des moins jeunes, avec de très bonnes idées.
26:57Il faut leur tendre la main.
26:58Et souvent, comme on le voit, quand on leur tend la main, c'est souvent positif ce qui en sort.
27:03Merci beaucoup. Bravo, encore une fois, de faire partie des lauréats de ce concours Talent des Cités.
27:10Amad Chaloub, Noctimed, on enchaîne, on continue. D'autres talents à venir tout de suite.
27:19Des talents des Cités, des frères talents des Cités. Voilà l'histoire qu'on va raconter tout de suite avec
27:24Yadem. Bonjour.
27:27Et Yamin, bonjour.
27:28Ben Messaoud, votre entreprise s'appelle We Active.
27:31Alors, on va d'abord vous présenter peut-être un peu le parcours de chacun, la formation, et ça va
27:38nous permettre de comprendre la complémentarité.
27:40Yadem, c'est quoi votre histoire ?
27:42Alors, bonjour. Donc, moi, je suis professeur de physique-chimie.
27:46Alors, auparavant, j'avais fait des études d'ingénieur, donc parcours classique, bac S, DUT, école d'ingénieur, une année
27:53de spécialité à Centrale Lyon.
27:56Quelques années en R&D, et puis après, j'ai trouvé ma vocation dans l'éducation nationale.
28:02J'enseignais en France et à l'étranger, notamment au lycée français de Dubaï.
28:05Bon, on a le professeur et ingénieur. Et ici, on a plutôt le commercial, c'est ça ?
28:10Exactement. Alors, j'ai commencé par un parcours assez similaire, avec un bac S, ensuite un DUTGEA, et ensuite, j
28:18'ai fini par faire une grande école de commerce, où je me suis spécialisé en stratégie et en innovation.
28:23Et donc, vous créez We Active. C'est quoi We Active ?
28:26Alors, We Active, c'est une société qui a pour vocation d'aider les étudiants, peu importe leur milieu social.
28:36Et donc, on utilise différents outils, notamment de l'IA, pour leur permettre d'utiliser l'IA pour progresser et
28:43éviter les dérives qui peuvent exister aujourd'hui, avec notamment des outils comme TchadGPT ou Mistral, pardon, TchadGPT ou Gemini,
28:52etc.
28:53Oui, effectivement. Alors, comment elle est née, l'idée ? Et puis après, vous me raconterez comment on bosse entre
28:58frangins, entre frères.
29:00Alors, comment elle est née, l'idée ? En fait, c'est avec des échanges, d'abord sur le terrain.
29:05Dans l'enseignement, ce que j'ai pu constater, c'est que les élèves qui étaient motivés, on voyait que
29:14quand on faisait passer les élèves au tableau, ils excellaient.
29:17Ils arrivaient à tout faire, ils avaient des bons résultats. Mais quand on commençait à creuser un petit peu, ils
29:22ne comprenaient pas.
29:23Et face à la copie, c'était le néant, puisqu'on n'avait personne pour souffler. Ça, c'est le
29:28premier point. Deuxième point, moi, en tant que professeur, très très vite, j'ai vu la potentialité de ces outils.
29:34Et je me suis rendu compte qu'utiliser à bon escient, ça pouvait être quelque chose d'assez incroyable. Donc,
29:41ces outils-là permettaient des choses extrêmement intéressantes, mais il fallait les utiliser de manière efficiente et orientée.
29:51Et donc, vous créez, c'est quoi ? C'est une IA qui est spécifiquement conçue pour apprendre, pour l
29:57'apprentissage scolaire, c'est ça ?
29:58Exactement. En fait, avec l'arrivée des IA génératives, elles ont énormément plu aux étudiants.
30:07Ben oui.
30:08Avec une utilisation très...
30:10On est nombreux à les utiliser, quand même.
30:11Exactement. Avec une utilisation très massive et malheureusement un petit peu anarchique, c'est-à-dire qu'ils ont un
30:20petit peu court-circuité le parcours d'apprentissage.
30:23Et ensemble, on a décidé, entre guillemets, de combattre le feu par le feu, en utilisant l'IA, en l
30:30'encadrant et en la fiabilisant pour qu'elle donne uniquement des bonnes réponses.
30:35Parce que voilà, notre outil se base uniquement sur le programme de l'éducation nationale et en la fiabilisant, c
30:42'est-à-dire en vérifiant que les réponses soient correctes à chaque fois.
30:45Et aussi, on ne donne pas la réponse directement à l'élève pour lui permettre de réfléchir et de trouver...
30:52On est sur un système de questionnement, en fait.
30:55Il s'appelle DinoBot, c'est ça le logiciel ? Ou je ne sais pas où c'est, IA en
31:01tout cas ?
31:01Exactement. Alors, c'est une petite Madeleine de Proust. Alors, ça ne va peut-être pas parler à tous, mais
31:08quand j'étais plus jeune, j'étais fan de Denver, le petit dinosaure.
31:14Et c'était un ami qui nous voulait du bien.
31:18Donc, c'est pour ça que vous l'avez appelé DinoBot.
31:20DinoBot, voilà. Donc, c'est un ami qui nous veut du bien et en l'occurrence, à moyen terme, il
31:25nous veut du bien parce qu'il nous oblige à pratiquer.
31:28Et effectivement, comme le disait Yamin, pour progresser, en fait, il faut apprendre, pratiquer et faire de la métacognition.
31:35Et ces trois étapes sont essentielles.
31:37Parce que vous, comme prof, vous dites quand même aussi un peu ça dans votre projet.
31:41Attention, danger, quoi. Parce que... Et ce n'est pas seulement les élèves.
31:44Tous, là, collectivement, et d'ailleurs, c'est l'histoire de l'humanité, le cerveau humain, il va vers le
31:48confort.
31:48Et donc, le risque de l'IA générative, c'est qu'on finisse par plus ou moins réfléchir ou moins
31:54bien réfléchir ou moins apprendre ou ne plus mémoriser.
31:57Enfin bon, je ne vais pas faire toute la liste des dangers potentiels.
32:00Donc, vous l'avez ressenti, ça, cette question centrale sur qu'est-ce qu'on apprend, comment on apprend ?
32:06Oui, effectivement, c'est une question centrale et c'est une question de société, en réalité.
32:12Il y a des études qui montrent, voilà, on emploie le terme « la fabrica idio ».
32:17Et effectivement, il va y avoir un gain. Il y a un gain qui est indéniable.
32:22Rédiger des e-mails, communiquer, on s'envoie même créer, en fait, c'est extrêmement indéniable.
32:31Oui, il y a des tâches qui n'étaient pas très intéressantes et chronophages dont on peut se débarrasser, ça,
32:35très bien.
32:36Effectivement. Néanmoins, le cerveau, c'est un muscle.
32:41Et donc, comme tout muscle, il y a des connexions neuronales qui se font.
32:45Et si on se couille certaines étapes, c'est comme faire du sport.
32:48Si on fait mal du sport, au bout d'un moment, on abume ce muscle.
32:51Et bon, abumer son cerveau, ça peut poser quelques problématiques.
32:55Il y a déjà plusieurs dizaines de milliers d'élèves qui l'utilisent.
32:58Qu'est-ce qu'ils vous disent ? C'est quoi les retours d'expérience, là ?
33:01Les retours d'expérience qu'on a un petit peu sur l'utilisation de notre outil,
33:06on le voit beaucoup sur nos réseaux sociaux, notamment sur Instagram,
33:11où on a pas mal d'élèves qui nous remercient.
33:14On reçoit beaucoup de messages sur lesquels les élèves nous disent
33:18qu'ils ont réussi à comprendre certaines notions de base
33:21qu'ils n'avaient pas pu acquérir durant leurs années d'études précédentes.
33:26Et en fait, ils ont enfin compris parce qu'IA a été là pour leur expliquer à leur manière,
33:32avec leurs mots et en adaptant le contenu pour eux.
33:37Bon, qu'est-ce que ça fait de travailler en binôme de frères ?
33:41Ça va plus vite ?
33:42Ou faut qu'on prenne plus rapidement ?
33:44Alors, ouais, ça a beaucoup d'avantages.
33:47Voilà, comme de partout, il y a aussi quelques petits inconvénients.
33:52Mais sinon, dans l'ensemble, c'est plutôt super, on s'entend bien.
33:57En fait, on est surtout très complémentaires.
33:59On a des parcours qui sont assez différents,
34:03des visions des choses assez différentes.
34:05On a aussi un écart d'âge qui est assez important.
34:10Vous êtes les nés, c'est ça ?
34:12Un peu de choses, vrai.
34:14Et donc, ça permet vraiment d'avoir des visions complémentaires sur certains sujets.
34:20Voilà, parfois, moi, j'aimerais avancer plus vite.
34:22Il y a des me disent que non, finalement, voilà, pareil,
34:24il ne faut pas griller certaines étapes.
34:26Sur d'autres sujets, c'est un peu complémentaire.
34:29La sagesse, c'est quand même important.
34:31Est-ce que c'était une évidence de travailler avec Amine ?
34:36Ou est-ce que, finalement, vous auriez pu avoir d'autres partenaires ?
34:38Je ne sais pas qui a eu l'idée de départ, d'ailleurs.
34:40En fait, on a pas mal échangé.
34:44Déjà, il y a beaucoup d'affection entre nous, pour être tout à fait honnête.
34:48Depuis tout petit, l'excellence scolaire, c'est quelque chose qui est dans notre ADN.
34:52Je l'ai vraiment beaucoup poussé, peut-être un peu trop.
34:58On ne va pas rentrer dans le détail, c'est bon.
35:00Et du coup, non, et puis on est plutôt fiers de nos parcours.
35:05Il y a de quoi.
35:07Et finalement, quand on rentre à la maison, parfois on en discute.
35:11Effectivement, parfois on va avoir des divergences d'opinion, on va se chamailler.
35:14Mais ça se termine toujours bien.
35:16Petite anecdote, pas plus tard que la semaine dernière,
35:20on lançait notre projet dans notre ancien établissement, au collège où on était.
35:26Donc, je remercie notamment ce collège aussi.
35:29Et on a été reçus.
35:31Et puis, bon, il y a quand même...
35:32Moi, j'ai quitté il y a un peu plus d'une vingtaine d'années.
35:34Il y a mis un peu plus d'une dizaine d'années.
35:37Et nos profs qui nous recroisent,
35:39« Ah, vous êtes là, les deux frères, bravo, continuez. »
35:41Donc, c'est plutôt un message plutôt positif.
35:44Et on en joue un petit peu.
35:45Allez, un dernier mot.
35:46Ce concours, talent décidé, qu'est-ce qu'il représente pour vous ?
35:50L'égalité des chances.
35:52Pour moi, vraiment...
35:54Enfin, pour moi, le concours, il a permis de mettre en lumière,
35:57pas que notre projet,
35:58mais énormément de projets très, très intéressants,
36:03qui n'auraient pas forcément eu cette visibilité-là.
36:06Et grâce au concours, ça a vraiment permis de mettre en lumière
36:09des petites pépites françaises sur différents sujets.
36:14On a notamment des sujets sur la santé,
36:16d'autres sur les sujets des crèches en Outre-mer.
36:22Ah oui, on est dans tous les domaines.
36:23Sur la pédagogie, exactement.
36:24Et un peu partout en France.
36:25Vous êtes d'Ivor, c'est ça ?
36:26Exactement, à côté de Lyon, oui.
36:28Eh bien voilà, merci beaucoup d'être venu nous présenter
36:31Oui Active et votre dino, votre dino-bot.
36:35Bon vent à vous et à bientôt sur Be Smart for Change.
36:38D'autres talents, un autre ou une autre.
36:40Talent des cités à venir tout de suite.
36:46Notre émission spéciale consacrée aux talents des cités 2026
36:50continue avec Jeanne Vaillant.
36:52Bonjour.
36:54Bienvenue Julien Péthiarelle.
36:55Bonjour et bienvenue.
36:57Vous êtes les créateurs d'une entreprise, d'une crèche
36:59qui s'appelle la crèche Choupichou.
37:01Et alors vous venez de loin, vous venez de l'île de la Réunion.
37:03Exactement.
37:04Merci d'être venu jusqu'à nous.
37:05Alors pas forcément pour participer à l'émission,
37:07c'était d'abord pour le concours.
37:11Cette crèche, pourquoi, comment vous l'avez créée ?
37:14Racontez-moi.
37:15Déjà elle est en construction.
37:16Elle sortira de terre officiellement fin d'année.
37:19Et du coup, moi je suis une professionnelle de la petite enfance passionnée.
37:22Je suis éducatrice de jeunes enfants et auxiliaire de puriculture.
37:25Donc c'était la suite, c'était un peu logique pour nous
37:28de s'associer et de créer une entreprise dans mon domaine.
37:30Parce que Julien est plus côté entrepreneurial.
37:32Je suis plus passionné par tout ce qui est entrepreneuriat.
37:35Donc à la base, j'ai fait une autre entreprise en 2017
37:37qui par la suite est passée en société en 2020-2021.
37:40Et j'étais vraiment passionné par tout ce qui est gestion,
37:42le digital et créer des entreprises.
37:45Et du coup, je me suis dit, on va associer nos forces directement
37:47vu qu'on était complémentaires.
37:48Je me suis dit, on va faire quelque chose dans la petite enfance.
37:50Et puis, quelque chose qui va forcément marcher, s'envoler
37:55parce que ce concours, c'est une belle reconnaissance.
37:58Il y a un besoin particulier de crèche déjà
38:00pour comprendre pourquoi vous vous dites
38:02qu'il faut créer cette crèche.
38:05Quelle a été votre réflexion ?
38:06Je pense que de manière générale, on connaît tous des jeunes parents
38:08qui galèrent à trouver une place en crèche.
38:11Donc c'est pareil dans les Outre-mer, c'est pareil à La Réunion.
38:14Nous, dans notre ville, il y a 400 enfants en liste d'attente
38:16là, actuellement, à ce jour.
38:18Et puis même, on se dit, outre la place,
38:20nous, on a envie de faire une crèche
38:21où les parents nous choisissent pour ce qu'on est
38:23et pas forcément par dépit parce qu'il n'y avait pas de place.
38:26Et donc, voilà, il y a un réel besoin de crèche en France.
38:28De toute manière, il manque à peu près 200 000 places.
38:30Donc, il y a encore de la marge.
38:32Donc, quand on fait une étude de marché, c'est rassurant aussi ?
38:34C'est ça.
38:35En fait, on n'en fait pas.
38:37Non, mais en vrai, dans la réalité de notre projet,
38:39nous, on n'a pas eu besoin nécessairement d'en faire
38:40parce qu'on a eu directement les chiffres
38:42de la part de la mairie et de la CAF.
38:44Et directement avec les diagnostics territoriaux,
38:46on s'est rendu compte qu'il y avait une demande
38:48qui était tellement forte
38:49que la crèche serait remplie des loups.
38:51Oui, c'est vraiment l'exception des business
38:53qui ne font pas l'étude de marché.
38:55Parce que ce sera une crèche, alors il faut la décrire.
38:57Elle va sortir de terre.
38:58Peut-être que les premières pierres ont été posées.
39:00Elle va ressembler à quoi, cette crèche ?
39:02Exactement.
39:02C'est une écolo-crèche, nouvelle génération.
39:05Écolo-crèche, c'est le label.
39:06Donc, on aura le label écolo-crèche
39:07qui est un des seuls labels reconnus par l'État
39:09qui valorise la transition écologique.
39:11Et ça sera l'une des premières à la Réunion à l'obtenir.
39:14Et en plus, nouvelle génération, c'est notre slogan
39:16parce que forcément, on représente
39:17la nouvelle génération de gestionnaires de crèche.
39:20Et du coup, l'architecture du bâtiment
39:22est un peu atypique.
39:23C'est complètement vitré, vu sur l'océan Indien
39:25pour être connecté à la nature.
39:27Autonome en énergie,
39:28donc avec des panneaux photovoltaïques
39:29sur tout le bâtiment.
39:30Et voilà, une crèche avec la nature.
39:34C'est quoi les critères
39:35pour obtenir ce label, finalement, écolo-crèche ?
39:38Ça va être sur la partie matériaux au niveau de la construction.
39:41Après, ça va être durant toute la vie de la crèche
39:43et de la structure,
39:44que ce soit la gestion des déchets,
39:45les activités qui vont être faites par les enfants.
39:47Il y a différents points, en fait,
39:48les catégories qu'on va sélectionner.
39:50Et nous, c'est quelque chose
39:51qui nous tenait vraiment à cœur.
39:52Et du coup, on aura la double labellisation,
39:54à la fois sur le bâtiment
39:55et sur le label au fonctionnement de la structure.
39:58Votre expérience personnelle,
40:00comment vous allez la faire, finalement, grandir ?
40:06Et à quel point vos expériences
40:08vont vous servir, là, dans cette crèche ?
40:11En fait, je pense que c'est mon parcours.
40:14Il y a plusieurs choses.
40:15Déjà, vu que je suis vraiment passionnée,
40:17on documente aussi notre aventure
40:18sur les réseaux sociaux.
40:19Et on est devenu en trois mois
40:20la crèche la plus suivie de France.
40:22Alors qu'elle n'est pas encore ouverte.
40:23Alors qu'elle n'est pas encore ouverte.
40:24Et du coup, forcément,
40:26on a aussi reçu 200 candidatures spontanées.
40:29Et tout ça, ça aide.
40:30En fait, les gens, ils voient une autre expertise.
40:32Ils voient le fait qu'on est passionné
40:34et qu'on fait ça pour les bonnes raisons.
40:36Et du coup, forcément,
40:37on va attirer des bons profils.
40:38Et je pense que ça fait partie de...
40:40Mais est-ce que votre expérience personnelle,
40:42c'est-à-dire ce que vous avez pu faire,
40:44pratiquer en pratiquant votre métier ailleurs,
40:46est-ce qu'il y a des choses
40:46que vous avez vues à l'œuvre en vous disant
40:48je ne veux surtout pas que ce soit comme ça
40:50chez moi, dans ma crèche ?
40:51Ou au contraire, voilà des bonnes pratiques
40:53que j'ai pu expérimenter
40:55et que je vais développer ?
40:56Dans les crèches, de manière générale,
40:58il y a quelque chose
40:58qui n'est pas du tout encore à jour,
40:59c'est la digitalisation.
41:01Alors nous, on a prévu d'être 100% digitalisés.
41:03Ça va aussi avec le côté écolo-crèche.
41:05Au moins, on est vers un objectif zéro papier.
41:07Mais ça nous paraît tellement évident
41:08pour le gain de temps.
41:10Nous, l'idée, c'est que les professionnels,
41:12elles fassent le moins d'intendance possible,
41:13qu'elle soit le plus possible avec les enfants.
41:15Et donc nous, on a prévu d'essayer
41:16de digitaliser complètement la crèche.
41:18Et ça, c'était une expérience que j'avais eue en crèche.
41:21On passe trop de temps à faire des papiers.
41:23Et même pour les parents,
41:25ils pourront suivre en temps réel
41:26la journée de leur enfant.
41:27Ils auront une application directement
41:28où ils auront en temps réel
41:29les activités que font leurs enfants,
41:31le suivi de ce qu'ils ont mangé.
41:33C'est vraiment tout digitalisé.
41:35Et après, dans toutes les formations que j'ai faites,
41:38c'est sûr que j'ai un planchant très scientifique.
41:40Et donc l'idée, dans notre slogan aussi,
41:41de Nouvelle Génération,
41:42c'est d'accompagner les enfants
41:43avec des connaissances scientifiques actuelles
41:45et plus avec des pédagogies du siècle dernier.
41:48Parce que les enfants ne sont pas
41:49à une recette de cuisine
41:50où on doit tous s'occuper de pareil.
41:52Il faut plus s'adapter.
41:54Et votre expérience de création d'entreprise,
41:56justement, comment elle vous sert aujourd'hui ?
41:58Elle nous a beaucoup servi
41:59sur toute la partie démarche
42:00parce qu'il y a énormément de dossiers à faire,
42:02que ce soit avec la mairie,
42:03que ce soit avec la CAF, avec la CNAF.
42:05Il y a différentes commissions à passer.
42:07Et franchement, tout ce travail,
42:08plus la partie également bancaire,
42:10le suivi, la trésorerie,
42:11le business plan,
42:12le plan de financement,
42:13tout ça,
42:14je pense que ça m'a énormément apporté
42:17de mettre ça à profit.
42:18Ça va ressembler à quoi,
42:20une journée d'un pitchoun,
42:22la crèche choupichou ?
42:25On va beaucoup s'adapter
42:29à leurs besoins,
42:29à la rythme,
42:30à les observer,
42:31en fonction de ce qu'ils ont besoin.
42:33Il n'y a pas vraiment de journée type
42:35parce que si l'enfant a besoin
42:36de dormir le matin,
42:37il dormira le matin.
42:39On s'adapte à tous les bébés.
42:40Est-ce qu'il y a des méthodes
42:43qui sont différentes,
42:44des approches différentes ?
42:46Je pense, par exemple,
42:48ce n'est pas pour les crèches,
42:49mais pour les écoles,
42:50les collèges,
42:52l'éducation nationale,
42:54il va y avoir les méthodes Montessori.
42:55Vous voyez ce que je veux dire ?
42:56Est-ce que là aussi,
42:58il y a des méthodes différentes
42:59et que vous avez choisi
43:00de vous inspirer d'une méthode
43:01plutôt qu'une autre ?
43:02C'est justement ce qu'on disait.
43:03Montessori, Picler,
43:04toutes ces pédagogies alternatives
43:05sont très en vogue.
43:07Il y a un gros effet de mode
43:08autour de tout ça.
43:09Pour nous,
43:10ce n'est pas notre idée
43:11de copier une méthode
43:12et de l'appliquer de A à Z.
43:13Ça ne nous semble pas adapté
43:14en 2026.
43:15Chaque enfant est différent
43:16et surtout,
43:17toutes ces pédagogies,
43:18elles ont 100 ans.
43:19Ça ne nous semble pas adapté
43:20d'accompagner les enfants d'aujourd'hui
43:21avec des manières
43:23de faire d'il y a 100 ans.
43:24Donc, nous, vraiment,
43:25c'est la science.
43:26C'est tout ce qu'on sait
43:26sur le cerveau
43:27du développement du tout-petit.
43:28Donc, c'est la sécurité affective
43:30avant tout.
43:31Et après, on s'adapte
43:32et on déroule
43:32et le portage physiologique,
43:35tout ce qui est sensoriel,
43:36beaucoup.
43:37Mais vraiment,
43:37nous, on se base
43:37sur la science
43:38et ce que l'imagerie médicale
43:39nous a dit
43:40sur le cerveau du tout-petit.
43:41Vous avez des partenaires
43:42autour de vous,
43:43autour de la création
43:44de cette crèche ?
43:46Des partenaires.
43:47Oui, du coup,
43:47on est en partenariat
43:48avec la CAF
43:49pour une durée de 10 ans
43:50et la CNEF
43:51sur une durée de 25 ans
43:52par rapport à l'investissement
43:53qu'on a fait
43:54au niveau de la structure.
43:55Et après,
43:56on aura aussi la mairie
43:57qui sera en partenariat
43:57avec nous
43:58au fonctionnement
43:58durant toute la vie
43:59de la crèche.
44:00Et la belle vie
44:01pour la belle écologie.
44:03Bon,
44:04Talent des Cités,
44:04qu'est-ce que ça représente
44:05pour vous ?
44:06Ça représente
44:07beaucoup de choses.
44:08Déjà,
44:08ça nous crédibilise
44:10encore plus.
44:11Et puis surtout,
44:12on a gagné
44:12le prix de la Banque
44:13des Territoires,
44:14Caisse des Dépôts.
44:15Et c'est vraiment
44:15très ironique pour nous
44:17puisqu'on a mis un an
44:18à avoir un crédit bancaire.
44:19On a été refusé
44:20par toutes les banques
44:21de Lille.
44:21Et finalement,
44:23obtenir le prix
44:25de la Banque de l'État
44:26une fois qu'on a été
44:26refusé par toutes
44:27les banques privées,
44:28c'est vraiment
44:30pour notre histoire.
44:30C'est l'ironie du sort.
44:31C'est l'ironie du sort
44:32et ça fait partie
44:33de notre histoire.
44:34On est vraiment
44:35trop contents.
44:35Il y a d'autres banques
44:36qui vont venir
44:37te toquer à la porte
44:38maintenant,
44:38j'imagine.
44:38Oui,
44:39c'était déjà le cas.
44:40Mais bon,
44:41maintenant,
44:41voilà.
44:41C'est ça.
44:42Une fois qu'on est lancé,
44:43le positif attire
44:44le positif.
44:45Oui,
44:46et puis maintenant,
44:46on n'est plus
44:47les tout petits jeunes
44:48qui arrivent
44:48parce que notre âge
44:50freinait quand même
44:51sur le projet.
44:52Et puis du coup,
44:52avec la Banque des Territoires,
44:53avec ce prix,
44:54il y a des possibilités
44:55de développement
44:55au niveau national.
44:57Et donc,
44:58voilà,
44:58c'est des choses
44:58qu'on va creuser avec eux.
45:00Si on peut impacter.
45:00Donc forcément,
45:01c'est énorme
45:02pour une entreprise.
45:03Juste nous parler
45:04de développement
45:04alors que nous,
45:05il y a encore quelques mois,
45:06on ne savait même pas
45:06si notre projet
45:07allait sortir de terre.
45:09Ça donne de l'ambition.
45:11Ça donne beaucoup.
45:12Ça donne beaucoup.
45:12c'est vrai que ça donne
45:13beaucoup d'ambition,
45:14de courage
45:16et qu'est-ce que je pourrais dire aussi ?
45:18De confiance peut-être.
45:20Voilà,
45:20c'est ça.
45:21On se sent beaucoup
45:22en confiance
45:22quand on arrive,
45:23enfin,
45:24à arriver au terme
45:25de ce qu'on voulait faire
45:26et là,
45:26on n'a qu'une envie maintenant
45:27c'est de se déployer
45:27dans un maximum de quartiers,
45:29impacter le plus de familles,
45:30le plus d'enfants
45:31et pouvoir faire...
45:32Ça pourrait devenir une franchise ?
45:34Exactement,
45:34c'est quelque chose
45:35auquel on a pensé.
45:36On nous fait des demandes
45:37déjà via les réseaux sociaux
45:38de personnes
45:39qui voudraient se franchiser
45:40avec tout ce qu'on crée
45:42autour de Choupichou
45:43sur les réseaux sociaux,
45:44la marque et la...
45:45Enfin voilà,
45:45on est neutre pour l'instant.
45:46Nous,
45:47on n'a aucun scandale
45:48et on espère
45:48qu'on n'en aura jamais
45:49et du coup,
45:50cette image de fraîche
45:51dans la petite enfance
45:52c'est ça qui plaît
45:54et voilà.
45:54Merci beaucoup
45:55à tous les deux.
45:56Bravo encore une fois
45:57de ce concours
45:59d'être lauréat,
46:01lauréate du concours
46:01talent des cités.
46:03Ça s'appelle Choupichou.
46:08Notre émission spéciale
46:10consacrée au talent des cités
46:12continue.
46:13J'accueille Pacôme,
46:13Pacôme Beaujard.
46:14Bonjour.
46:15Bonjour.
46:15Bienvenue
46:16et bravo
46:17d'être sélectionné,
46:19de remporter
46:20ce concours talent
46:20dans des cités
46:22avec une boulangerie
46:23qui s'appelle
46:24CRS Boulangerie
46:25qui est basée
46:25à Bordeaux
46:26que vous avez créée
46:28en janvier 2023.
46:30L'ouverture,
46:30c'était quand ?
46:31L'ouverture,
46:31c'était octobre 2023.
46:33Le 1er octobre 2023.
46:34Vous vous souvenez
46:34de ce jour-là ?
46:35Je me souviens très très bien
46:36de ce jour-là.
46:37J'avais un stress
46:37assez fou
46:39et j'étais plein de pression
46:41et seul
46:42face à une montagne
46:43de travail à produire
46:44pour l'ouverture.
46:45Oui.
46:46Mais c'était un jour
46:47assez extraordinaire
46:48parce que tous les amis
46:49étaient présents
46:49et la clientèle a été présente
46:51alors que c'était une création
46:53et ça faisait vraiment
46:54chaud au cœur
46:55d'apprendre
46:56et de découvrir
46:56cette nouvelle étape de vie
46:58qu'est l'entrepreneuriat.
46:59Qu'est-ce que vous avez fait ?
47:01C'est quoi votre histoire ?
47:02Vous avez eu une formation
47:02de boulanger,
47:03de pâtissier ?
47:04Racontez-moi un peu.
47:05Mon parcours,
47:05il démarre assez jeune.
47:07Moi, j'ai démarré
47:07en tant que pâtissier
47:08au sein des Compagnons
47:09du Devoir et du Tour de France
47:10à Nîmes, dans le Sud.
47:12Et je suis parti
47:13à l'âge de 17 ans
47:15voyager
47:15et j'ai eu l'occasion
47:16pendant 7 ans
47:17de voyager,
47:18de traverser 24 pays
47:19un peu par tous les moyens
47:20et j'ai eu l'occasion
47:21de faire plein de métiers différents
47:22et notamment beaucoup
47:23sur la partie agricole.
47:25Il y a quelques années
47:26en arrière,
47:26je me suis formé
47:27sur une partie agricole,
47:28sur la filière
47:29céréalière et blé
47:30parce que je voulais
47:32comprendre ce métier
47:35et donc l'idée
47:36c'était de créer du sens
47:37au travers d'un projet
47:39et ce voyage
47:39a pu me permettre
47:40de m'amener vers Ceresco.
47:41Vous avez vraiment
47:42sillonné l'Europe et le monde ?
47:44Oui, à vélo, à pied,
47:45en stop, en bus, en avion.
47:48J'ai fait pas mal de voyages.
47:51Et donc vous décidez
47:52de créer une boulangerie
47:54pas comme les autres ?
47:55Il y a cette ambition-là
47:56d'une certaine façon ?
47:57C'était un chouette jeu de mots.
48:00L'idée c'était vraiment
48:00de se démarquer
48:02parmi les boulangeries
48:04parce qu'aujourd'hui
48:04il y a plus de 35,
48:0536 000 boulangeries en France
48:08et l'idée c'était
48:08de se démarquer
48:09autant sur le projet éthique
48:10donc le travail
48:12avec les agriculteurs,
48:13les produits locaux
48:14mais aussi sur le côté humain
48:15et sur la gestion.
48:16Moi j'ai travaillé beaucoup
48:17dans la pâtisserie de luxe
48:18et c'est des environnements
48:19qui sont souvent sous pression.
48:21On fait beaucoup d'heures
48:22pour peu de reconnaissance
48:25vis-à-vis des patrons
48:26et l'idée c'était
48:27de créer vraiment de l'humain
48:28autant avec les fournisseurs
48:29que mes clients,
48:30que mes salariés aujourd'hui
48:32et se démarquaient.
48:33Il faut les trouver
48:34les fournisseurs
48:34donc quand vous créez
48:37la boulangerie à Bordeaux
48:39en octobre 2023,
48:40vous avez tout le monde
48:41ou alors il faut continuer
48:44de chercher,
48:44ça évolue au fur et à mesure ?
48:46Alors j'ai tout le monde
48:47parce que j'ai mis un an
48:48à monter le projet
48:49depuis l'écriture
48:51jusqu'à l'ouverture
48:52et j'ai la chance
48:53de faire partie
48:53d'un réseau
48:54qui s'appelle
48:54le réseau Semences Paysanne
48:55et du coup c'est un réseau
48:56agricole qui défend
48:57les anciennes variétés
48:59en général
49:00et donc j'ai envoyé un mail
49:01et j'ai reçu
49:02une dizaine de réponses
49:03d'agriculteurs
49:04qui étaient enthousiastes
49:06de travailler avec moi
49:06et je les ai contactés
49:08un par un
49:08et à sélectionner
49:09leur éthique
49:10et leur matière première
49:12et donc c'était assez simple
49:13à ce niveau-là
49:14Anciennes Semences
49:15pourquoi c'est important ?
49:17Pourquoi les anciennes variétés
49:18c'est important ?
49:19Déjà ça combat
49:20un lobby de la semence
49:21aujourd'hui
49:22où on a beaucoup trop
49:24transformé
49:25le blé
49:26qui est mon produit phare
49:27aujourd'hui
49:29et qui en découpe
49:31beaucoup de problèmes
49:31de santé
49:32pour la plupart des gens
49:33et pour moi
49:34l'ancienne variété
49:35défend des vraies valeurs
49:37un vrai passé historique
49:39sur le côté céréalier
49:41On voit beaucoup de gens
49:42qui sont intolérants au gluten
49:43ou qui essayent d'en manger
49:44beaucoup moins
49:45etc.
49:46C'est lié à ça ?
49:48Alors c'est vraiment lié à ça ?
49:49A l'évolution
49:50des variétés de semences
49:53qui a pu avoir lieu
49:54au fil des décennies ?
49:55Moi une partie de mon discours
49:56et de mon combat
49:57dit qu'on a tellement
49:59massacré l'agriculture
50:00aujourd'hui
50:00à utiliser des produits
50:01et des pesticides
50:02dans tous les sens
50:02que je ne sais pas
50:04si on est réellement
50:05intolérants au gluten
50:07mais est-ce qu'on serait
50:08pas plutôt intolérants
50:09à l'industrie
50:09et la manière
50:10dont on produit nos céréales
50:11et nos fruits et légumes
50:12aujourd'hui
50:13et les anciennes variétés
50:14et encore plus en bio
50:15et en local
50:17vraiment défendent ce combat
50:19de la génétique non modifiée
50:21et d'un produit respecté
50:23donc très nutritif
50:25et meilleur pour la santé
50:26Comment vous l'affichez ?
50:28C'est-à-dire qu'on passe
50:29devant votre boulangerie
50:30à Bordeaux
50:31c'est pas très loin de la gare
50:32c'est ça ?
50:32C'est pas très loin de la gare
50:33c'est dans le quartier
50:33des Capucins
50:34qui est un quartier prioritaire
50:35de la ville
50:35Comment vous l'affichez ?
50:37Est-ce qu'en passant
50:38devant la boulangerie
50:38il y a une sorte de profession
50:43de foi en quelque sorte ?
50:44Alors il se trouve
50:44que j'ai pris la décision
50:45de ne rien afficher
50:46et l'idée c'est de former
50:48mes salariés au maximum
50:49et de l'impliquer
50:51dans notre discours de vente
50:51au quotidien
50:52Aujourd'hui on n'est pas
50:53sur une approche
50:54de le client sait ce qu'il veut
50:55et on lui donne
50:56sans chercher plus
50:57quand le client arrive chez nous
50:59on le conseille vraiment
51:00on l'amène vers une démarche
51:01de consommer différemment
51:03et de comprendre
51:04pourquoi il consomme chez nous
51:05et donc l'idée
51:05c'était de rien afficher
51:06parce que j'ai pas envie
51:07d'avoir telle ou telle étiquette
51:09puisque je reste quand même
51:10dans un quartier prioritaire
51:11et c'est de rester accessible
51:13donc la porte ouverte à tous
51:14mais d'avoir des employés
51:15vraiment très bien formés
51:16sur leur discours
51:17et la manière
51:18dont on vend nos produits
51:19Et vous sentez que
51:21en fait c'est presque
51:22un discours de conviction
51:23qui fait que
51:24les clients reviennent ?
51:26Clairement, de conviction
51:27et ils sont convaincus aussi
51:28de la qualité des produits
51:29Moi j'ai beaucoup de clients
51:30qui avaient arrêté
51:31de consommer du pain
51:32et qui grâce à ma boulangerie
51:34ont remis à consommer du pain
51:37assez quotidiennement
51:38puisque du pain en levain
51:39sur des anciennes variétés
51:40en bio
51:41et bien respecté
51:42sur des longues fermentations
51:43ça fait peu de dégâts
51:44sur la santé
51:45Le fait d'être
51:46dans un quartier prioritaire
51:48qu'est-ce que ça représente
51:50pour vous
51:50et notamment
51:52de proposer du bien manger
51:54dans un quartier prioritaire
51:55Au début ça n'a pas été évident
51:56Ce que ça représente pour moi
51:58c'est l'idée
51:59c'est de le rendre accessible
52:00Aujourd'hui on pense beaucoup
52:01que la bonne nourriture
52:02et les bons produits
52:03sont réservés
52:03qu'à une certaine classe sociale
52:05et moi je ne voulais pas du tout
52:07L'idée c'était vraiment
52:08de rendre accessible
52:09le produit à tout le monde
52:10et donc pas d'étiquette
52:12avoir des prix plutôt corrects
52:13même si je reste quand même
52:15plus cher que la plupart
52:15des boulangeries
52:17et d'éduquer
52:19les gens à consommer différemment
52:20et au début
52:21ça a été un peu compliqué
52:22d'être reçu de cette façon
52:23mais il a fallu du temps
52:24et maintenant
52:25j'ai convaincu le quartier
52:27la boulangerie est un succès
52:29Vous êtes un peu plus cher
52:30parce qu'on ne peut pas faire autrement
52:31quand on va chercher des semences
52:32qui sont des anciennes semences
52:34Exact
52:34On travaille avec des agriculteurs
52:36qui font du bio
52:36parce que je travaille beaucoup
52:37avec des matières premières de prestige
52:39donc beaucoup d'AOP, d'IGP
52:40produits locaux
52:41je travaille avec un chocolat d'exception
52:43qui est un chocolat mono-variétal
52:44qui est une marque
52:45qui s'appelle Choco
52:46et qui travaille essentiellement
52:48avec des chefs gastronomiques
52:49et je suis la seule boulangerie
52:50à Bordeaux à utiliser ce chocolat
52:52donc c'est des matières premières
52:53que je paye plus cher
52:54et donc forcément
52:55je suis un peu plus cher
52:56mais pas beaucoup plus cher
52:57chez moi un croissant
52:58c'est 1,50€
52:59sur des œufs bio
53:00de la farine bio
53:02du beurre AOP
53:03c'est pas si cher
53:04pour du bon produit
53:06Ce prix
53:07le fait d'être lauréat
53:08d'un concours
53:09comme celui-là
53:10qui est un concours
53:10qui va bientôt fêter son quart de siècle
53:12et identifier
53:13être talent des cités
53:14qu'est-ce que ça représente pour vous ?
53:16Ça représente d'abord une fierté
53:17un accomplissement
53:17vis-à-vis de mon entreprise
53:19c'est deux ans et demi de labeur
53:20où j'ai énormément travaillé
53:21quotidiennement
53:22et une fierté
53:24d'être reconnu
53:25en tant qu'une entreprise
53:26qui vaut la peine
53:27et qui développe
53:29et qui emploie
53:30donc je suis très reconnaissant
53:32Vous avez combien de salariés aujourd'hui ?
53:33J'ai 6 salariés
53:33Et vous imaginez grandir ?
53:36Est-ce que
53:37quand vous créez cette entreprise
53:39vous dire
53:40tiens j'aimerais bien
53:41qu'il y ait plusieurs boulangeries
53:43pâtisseries
53:43selon le même modèle ?
53:45Dans le grand idéal
53:46ça serait chouette
53:46de répandre cette boulangerie
53:48un peu partout dans le monde
53:49mais l'idée
53:49c'est de se développer sainement
53:51et de continuer
53:52à avoir une éthique
53:52et une approche
53:53très éthique
53:54vis-à-vis de l'entreprise
53:55donc j'aimerais grandir
53:56et l'idée c'est d'ouvrir
53:57une deuxième boîte
53:58prochainement
53:59d'ici 2027
54:00je l'espère
54:01Et ce concours
54:02ce prix
54:02ça va peut-être
54:03vous aider à ouvrir
54:04quelque part ?
54:05Alors ce concours
54:05va m'ouvrir des portes
54:06en termes de visibilité
54:07mais surtout de réseau
54:08et de contact je pense
54:09et ça va me faire grandir
54:10sur la partie entrepreneuriale
54:12que je n'avais pas
54:13jusqu'alors
54:14j'étais vraiment dans la production
54:15et je commence enfin
54:16à décrocher de mon poste
54:17pour pouvoir accéder
54:18à cette partie-là
54:19donc ce concours
54:20va me permettre ça
54:20vraiment
54:21Merci beaucoup Pacom
54:23félicitations
54:24encore une fois
54:25j'ai hâte de retourner
54:26à Bordeaux
54:26c'est une ville
54:27que je connais bien
54:27pour passer devant
54:28votre boulangerie
54:29et me faire convaincre
54:30moi aussi
54:32voilà
54:32c'est la fin
54:33de cette émission spéciale
54:35consacrée
54:35aux talents
54:36des cités
54:38merci à toutes et à tous
54:40d'y avoir participé
54:42c'est aussi très très instructif
54:45et inspirant
54:46pour celui qui accueille
54:47voilà
54:48donc merci à tous les invités
54:50et merci à BPI France
54:51de nous avoir accompagnés
54:53dans cette émission spéciale
54:54à très vite
54:54salut
54:55Sous-titrage Société Radio-Canada
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