- il y a 11 heures
Clément Busuttil, président et fondateur de Neuronaix, Romain Futsch, président et cofondateur de Luchrome, Yacine Kabeche, président de Circul'Egg, et Clément Baldellou, président et cofondateur de CAPILLUM, étaient les invités de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce jeudi 26 mars. Ils se sont penchés sur le concours Tech for Future et sur ce que leur start-up respectif propose sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.
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00:00Tech & Co, la quotidienne, en route vers Tech for Future.
00:05Et oui, rendez-vous le 13 avril pour la cérémonie de remise des prix de ces Tech for Future.
00:11Un rendez-vous qui célèbre les startups à la fois européennes mais aussi souveraines.
00:17En ces temps où on évoque beaucoup la géopolitique et l'indépendance technologique,
00:22franchement ces Tech for Future ont du sens.
00:24C'est un rendez-vous qui est mené en collaboration avec la Tribune, BFM Business et la Tribune.
00:30Et j'aurai le plaisir de vous retrouver le 13 avril au Pâté Palace, au cœur de Paris, pour cette
00:35cérémonie.
00:36Et la remise des prix, et on découvrira les lauréats dans ces catégories.
00:40Alors plusieurs catégories, Data IA, Environnement, Énergie, Impact, Industrie, Santé et Start.
00:47Start ce sont les pépites en phase d'amorçage dans tous les domaines.
00:50Ce soir, je vous propose de nous intéresser à notre catégorie Industrie,
00:54avec quatre startups finalistes de cette catégorie.
00:59Et je vais vous les présenter tout de suite.
01:01Nous avons par exemple Romain Futsch, qui est avec nous, le président et cofondateur de Luc Chrome.
01:07Bonsoir Romain.
01:09Bonsoir.
01:09Merci d'être avec nous.
01:11On va découvrir dans un instant ce qu'est Luc Chrome.
01:14C'est en fait, je crois, une nouvelle génération d'écrans électroniques.
01:17Vous allez nous expliquer ça dans un instant.
01:19Nous avons aussi Yacine Kabech, qui est là.
01:21Bonsoir Yacine.
01:22Bonsoir.
01:22Vous êtes le président de Circul Egg.
01:25C'est ça.
01:26Et dans Circul Egg, il y a Egg.
01:27Exactement.
01:27Et bien voilà.
01:28Et qu'est-ce que vous faites des coques d'œufs ?
01:30Vous allez nous expliquer ça dans un instant.
01:32J'ai deux Cléments aussi sur le plateau de Tech & Co ce soir.
01:35Clément Baldélou.
01:36Bonsoir Clément.
01:37Bonsoir.
01:38Vous êtes le président et cofondateur de Capilum.
01:41C'est comme ça qu'on prononce.
01:43Et Clément Buzutile, président et fondateur de Neuronex.
01:47Bonsoir.
01:48On commence avec vous Clément.
01:49Allons-y.
01:50Présentez-nous Neuronex.
01:52Neuronex qui est à Peigny.
01:56Vous êtes originaire du département des Bouches-du-Rhône, dans le sud donc.
01:59Exactement.
02:00L'entreprise est basée plus précisément à Marignane, dans un technocentre d'EDF
02:03et d'Airbus Helicopter.
02:05Et j'ai fondé l'entreprise en 2023, où j'ai déposé un brevet qui permet en fait
02:09à des industriels, des opérateurs de production, de pouvoir montrer une tâche répétitive
02:14à un robot et de voir le robot ensuite de manière autonome, soit les aider à reproduire
02:19cette tâche de manière très intelligente ou reproduire la tâche en autonomie.
02:23C'est-à-dire qu'un peu comme un humain qui va regarder quelqu'un faire autre chose,
02:29le robot va apprendre de ce qu'il voit, c'est ça ? Comment ça marche ?
02:32Exactement.
02:33Et l'enjeu, c'est vraiment de ne pas supprimer les humains, ceux qui ont le savoir-faire,
02:38les compagnons de l'usine.
02:40Au contraire, c'est de les mettre dans une position où ils sont professeurs de l'IA,
02:43ils sont professeurs de la machine.
02:45Et l'IA, parce qu'elle va être en mesure de récupérer beaucoup de données sur un site
02:50de production, va complètement agréger l'ensemble de ces données pour pouvoir reproduire
02:55ensuite le processus en prenant le contrôle d'un bras robot.
03:00Alors comment faites-vous justement pour que le robot apprenne de vrais gestes en imitant
03:04l'humain finalement en ses mains ? Et ça, comment ça se passe ?
03:07Eh bien, toute la technologie, elle repose sur un dispositif que justement j'ai breveté,
03:13qui permet en fait à l'opérateur de montrer la tâche.
03:17Par exemple, vous allez avoir un outil qui va être équipé d'une caméra et d'un certain nombre
03:21de capteurs, par exemple une perceuse connectée, et grâce à cette perceuse, il va être en
03:25mesure de reproduire son geste un certain nombre de fois.
03:28Et une fois que vous avez un certain nombre de prises, c'est pas plus de 10 minutes, 10-15
03:33minutes, la tâche est apprise par le robot et le robot est en mesure de réaliser sa
03:37tâche de perçage en autonomie.
03:39Là où c'est particulièrement intéressant, c'est que sur certaines opérations très
03:42spécifiques dans l'industrie, parfois la montée en compétence d'un opérateur peut
03:46prendre deux mois.
03:46Et dans un contexte où on est en pénurie de main-d'oeuvre qualifiée pour les usines,
03:51en vieillissement de la population et sur des postes qui sont parfois très compliqués
03:55parce que vous avez beaucoup de gestes répétitifs, avoir un robot qui est en mesure de prendre
03:59le relais d'un opérateur de production, c'est un vrai gain pour nos usines.
04:03Donc en fait, ça va enlever la pénibilité du travail pour certains collaborateurs, c'est
04:07ça ?
04:08Exactement, et les mettre dans une posture où une technologie qui est compliquée à
04:13prendre en main.
04:14La programmation d'un bras robot, c'est quelque chose qui n'est pas évident à faire.
04:16Oui, ce n'est pas donné à tout le monde.
04:18Effectivement, vous avez une montée en compétence de ces ressources-là où ce qu'elles
04:22transmettent, c'est le savoir-faire finalement, sans la partie moins intéressante des lignes
04:28de code, des intégrations du titre, c'est compliqué à mettre en place.
04:31Donc n'importe qui peut apprendre à votre robot, en fait, en tout cas à votre technologie,
04:35comment un robot peut apprendre un geste, c'est ça ? Vous êtes, je crois, soutenu par
04:41Vinci, entre autres, et vous êtes issu du technocentre d'Airbus, c'est ça ?
04:46Exactement.
04:47Donc on a annoncé en janvier de cette année que Vinci, via son vecteur d'investissement
04:54Léonard, qui vise à mettre des billes dans des startups prometteuses et une incubation
05:01de six mois dans leur programme, qui nous permet d'explorer aujourd'hui des cas d'usage
05:05qu'on a dans l'industrie du bâtiment, de la maintenance d'infrastructure, sur du
05:10bâti, sur aussi un certain nombre de concessions dont Vinci a la gestion tous les jours, parce
05:17que là aussi, vous avez des tâches où il faut faire de la maintenance en condition opérationnelle
05:21et vous avez beaucoup de tâches répétitives avec beaucoup de savoir-faire également.
05:25Merci Clément, ça s'appelle donc Neuronex. Romain, c'est à nous, Romain Futsch, donc
05:30vous êtes le président et cofondateur de Lucrome, je le disais tout à l'heure, vous
05:35êtes une deep tech, vous êtes basée à Pessac, donc en Nouvelle-Aquitaine, et vous développez
05:41une nouvelle génération d'écrans électroniques, c'est ça ?
05:44Tout à fait.
05:44Alors des écrans, ok, mais quelle est votre particularité sur ces écrans ?
05:51Effectivement, les écrans de Lucrome ne sont pas des écrans de télévision, ou bien
05:54des écrans d'ordinateur, on va plus se rapprocher des écrans qu'on peut voir par exemple dans
05:59les supermarchés, des écrans qui affichent des prix.
06:02C'est ces écrans LCD quoi, l'encre électronique ?
06:04Alors, il y a de l'LCD, il y a de l'encre électronique, et il y a les écrans
06:08de Lucrome,
06:08qui sont un... en fait on passe le pont entre du LCD et de l'encre électronique, en proposant
06:16une nouvelle génération d'écrans électroniques qui est ultra fine, basse consommation,
06:21très intéressante à produire d'un point de vue coût de production, parce que c'est
06:25tout imprimé, et sans métal, et sans ressources rares, et on sait qu'actuellement c'est
06:30quand même important de ne pas dépendre des filières à l'autre bout de la planète.
06:33Dix ans de R&D, c'est ça ?
06:36Exactement.
06:36Parce que l'idée c'est qu'en fait ce soit un écran moins frugal, plus frugal,
06:42plus frugal pardon, et issu de composants qui soient le moins polluants possible.
06:48Exactement. On a déjà réalisé l'ensemble de l'analyse du cycle de vie de notre produit,
06:53et on se retrouve avec un résultat 60 fois moins impactant, en termes de kg CO2 équivalent,
06:59par rapport à tout ce qui existe actuellement sur le marché.
07:01Alors vos applications, cet écran on peut le retrouver, on pourrait le retrouver où ?
07:05Et est-ce qu'on le retrouve déjà ?
07:07Pour l'instant le premier produit Lucrome est sorti en 2026, donc on a fait l'annonce au Consumer Electronics
07:13Show en début d'année.
07:15Au CES de Las Vegas donc ?
07:16Exactement.
07:18Et donc les applications, on en a effectivement...
07:22Alors justement le premier exemple que vous avez, le premier client c'est qui en fait ?
07:26Alors je ne peux pas le mentionner en tant que tel.
07:29C'est top secret, alors dites-nous dans quel secteur il s'agit ?
07:31Bien entendu.
07:32Donc c'est un écran qui va servir de validation, donc d'asset tracking,
07:37donc on veut savoir si le bien a encore un niveau de batterie suffisant,
07:41est-ce que le réseau est en train de fonctionner, est-ce qu'il n'est pas en train de
07:45surchauffer,
07:46et donc de créer une interface visuelle ultra simple sur un produit,
07:50tout en étant très basse en consommation énergétique,
07:54et donc de faciliter la communication entre l'utilisateur et l'objet connecté.
07:59Est-ce que ça va être un écran qui sera plus développé dans le B2B qu'ou dans le B2C
08:03?
08:03Est-ce que ça a un intérêt d'avoir ce type d'écran à la maison par exemple ?
08:07On ne sait pas quoi l'avenir est fait, mais disons que dans un premier temps,
08:10ça sera probablement plus sur des applications industrielles, médicales,
08:14ça peut être aussi en grande surface pour du retail,
08:18on a encore une belle roadmap de R&D pour continuer le développement de ce produit,
08:22donc on est à une première phase,
08:24et évidemment après on va intégrer de nouvelles fonctionnalités
08:27qui vont nous permettre d'atteindre d'autres marchés.
08:29Alors rappelons votre particularité jusqu'à 10 fois moins énergivore,
08:33impact environnemental jusqu'à 60 fois inférieur,
08:35ne parlez pas du prix, parce que c'est important aussi dans l'équation économique pour les entreprises,
08:42vous êtes compétitif malgré tout par rapport aux autres écrans disponibles ?
08:47On est ultra compétitif par notre procédé de fabrication car on est tout imprimé,
08:52ce qui veut dire qu'on peut en produire à très grand volume,
08:55et en fait c'est que des encres qui sont imprimées les unes sur les autres,
08:59et donc ça en fait un écran très très compétitif à produire à très grand volume.
09:04– Très bien, et ça s'appelle donc, je le disais, Lucchrome.
09:10Lucchrome, merci beaucoup Romain.
09:11– Merci.
09:12– Allez, on enchaîne avec Yassine Kabach.
09:14Bonsoir Yassine.
09:15– Bonsoir.
09:16– Donc président de CirculEgg.
09:19Alors, CirculEgg c'est intéressant parce que vous, vous êtes à Paris,
09:22donc en tout cas en Ile-de-France.
09:23– Les bureaux.
09:24– Et vous êtes une DITEP qui a développé un procédé industriel
09:27qui a été breveté, capable de séparer, purifier les composants des coquilles d'œufs.
09:32– Exactement, et l'usine est plutôt située à Rennes,
09:35mais effectivement on a le bureau à Paris.
09:36– D'accord, vous êtes en fait, le siège social en quelque sorte est ici.
09:39– C'est à Paris.
09:39– Mais votre usine, enfin votre usine en tout cas…
09:42– Notre usine ici, c'est une usine de 3000 mètres carrés,
09:44qui est à Genzay, du coup précisément à Rennes, au sud-est de Rennes.
09:48– Pas mal, c'est plutôt sympa comme quoi.
09:49– Plutôt sympa, et c'est là-bas qui sont les poules pondeuses.
09:51– Et du coup nous on récupère les coquilles d'œufs.
09:53– Ah pas mal, et ben voilà, il fallait être près de la source.
09:55– Oui, c'est ça, moi je pense que depuis le premier jour on savait
09:57qu'on allait atterrir entre Rennes et Laval, c'est là-bas que sont les coquilles d'œufs.
10:01– Alors c'est dingue parce qu'on le sait, les coquilles d'œufs c'est un vrai petit trésor
10:05en fait,
10:05il y a plein de composants qui intéressent beaucoup d'industriels.
10:10Alors vous, qu'est-ce que vous en faites de ces coquilles d'œufs ?
10:12– En fait nous on récupère du coup les coquilles d'œufs,
10:14pas auprès de monsieur et madame tout le monde vraiment,
10:16au niveau de l'industrie agroalimentaire, il y a des usines dont leur travail est de casser les œufs,
10:21séparer le blanc du jaune et après revendre des bidons de blanc, des bidons de jaune…
10:24– Pour après faire des gâteaux…
10:26– Exactement, des gâteaux pour les restaurateurs aussi.
10:29Et donc ces casseries comme on les appelle, ou les ovoproducteurs,
10:33avaient une vraie contrainte c'était de valoriser leurs coquilles d'œufs.
10:35– Qu'est-ce qu'ils en faisaient avant vous ?
10:37– Ils les mettaient plutôt sur des terrains agricoles,
10:39mais il faut se rappeler quand même que la coquille d'œufs est assez riche d'un point de vue
10:44microbiologique,
10:45et donc il y a quand même une contrainte en termes de micro-organismes,
10:48et donc il fallait qu'ils les décontaminent…
10:49– C'était une grande source de calcium je crois.
10:52– C'est ça, et donc qu'on peut mettre sur les terrains agricoles,
10:55mais surtout nous ce qu'on a fait c'est qu'on a trouvé un procédé
10:57pour séparer la coquille et la membrane,
11:00et ensuite on décontamine, broie et sèche la coquille et la membrane,
11:04et ensuite on revend ces deux ingrédients vers d'autres filières industrielles.
11:07La coquille externe, vous le disiez, c'est du calcaire, c'est du carbonate de calcium,
11:11ça on l'adresse plutôt au marché des matériaux,
11:13peinture, revêtement de sol, caoutchouc…
11:16– Parce qu'ils ont besoin de ça ?
11:18– Ils ont besoin de calcium pour…
11:19– On a besoin de calcium pour fabriquer la peinture par exemple ?
11:21– Exactement oui, en fait aujourd'hui ils prennent déjà du calcaire,
11:24donc c'est du carbonate de calcium,
11:26et ils en mettent 20 à 30%,
11:27ça provient plutôt d'origine fossile,
11:30et nous ce qu'on vient c'est en fait
11:31de substituer leur carbonate de calcium
11:34par une matrice qui est biosourcée, recyclée, décarbonée,
11:37et donc en fait on les accompagne dans leur stratégie de décarbonation,
11:40et en plus ils ont des enjeux aussi réglementaires
11:42où ils doivent avoir un certain nombre de produits biosourcés, recyclés, décarbonés.
11:47Et le deuxième produit ça c'est la membrane,
11:50elle est riche en collagène, acide hyaluronique, élastine…
11:53– C'est ce qui étanchéifie en quelque sorte la coquille d'œuf c'est ça ?
11:56– C'est la petite membrane blanchade qui nous embête quand on est qu'à l'un œuf,
11:59et celle-ci en fait on l'adresse en tant que plutôt ingrédient pour le marché du complément alimentaire,
12:04du Nutri Cosmetic et du Pet Food, donc nos animaux de compagnie.
12:08– Ah bon ?
12:09– Parce que pourquoi en fait cette membrane a des propriétés pour le soutien de la fonction articulaire
12:14et la bonne santé de la peau également.
12:16– Ok.
12:17– Donc voilà, on commercialise nos ingrédients depuis 12 mois,
12:21donc l'usine commercialise nos ingrédients depuis 12 mois,
12:27et donc aujourd'hui on a plus d'une centaine de produits qui sont sur le marché avec nos ingrédients.
12:32– C'est génial !
12:33Et alors quel est le secret de séparation en fait de ces deux matières ? Comment faites-vous ?
12:40– Alors en fait nous ce qu'on fait c'est justement ce qu'on a breveté mais grosso modo…
12:43– J'imagine que vous ne faites pas ça avec votre petite main comme ça ?
12:46– C'était pendant un moment mais non, par un procédé c'était quand même plus simple.
12:49– Vous prenez que vous preniez le robot de monsieur peut-être ?
12:51– J'ai entendu pas mal de cas d'ujettes.
12:53– Il ne faut pas qu'il soit trop maladroit parce qu'avec les coquilles d'œufs, ça va être
12:56embêtant.
12:56– Effectivement, il y a quelque chose à imaginer.
12:58Nous en fait grosso modo c'est vraiment une différence de densité.
13:01Comme on le voit la membrane c'est quelque chose d'assez volatile alors que la coquille c'est quelque
13:04chose de dense.
13:05Et donc nous on a copié d'autres procédés mais de telle manière en fait à pouvoir les séparer les
13:10deux constituants.
13:11– Très bien, l'année 2026 pour vous c'est quoi ?
13:14C'est encore plus de clients, accélérer peut-être la…
13:18– L'accès au marché effectivement.
13:19– La production aussi ?
13:20– La production, là on a signé un gros partenariat justement avec les 5 plus grosses casseries de France, donc
13:26aux producteurs.
13:28Et donc l'idée c'est de monter progressivement avec elles.
13:31En fait ces 5 casseries elles ont aujourd'hui 80% des coquilles d'œufs de France.
13:36Ça représente, j'en ai pas parlé mais aujourd'hui il y a 40 000 tonnes de coquilles d'œufs
13:39qui sont rejetées par les industries agroalimentaires.
13:42Et donc avec ces 5 casseries on a 30 000 tonnes.
13:45Et donc l'idée c'est de monter progressivement pour récupérer toutes leurs coquilles d'œufs et donc plus commercialisées.
13:50notamment sur la membrane où voilà, comme je disais on a des chiffres et l'idée c'est de passer
13:56maintenant à l'international.
13:57On a commencé à ouvrir de nouveaux pays.
14:00– Bravo, merci beaucoup Yacine Kabesh, président donc de CirculAig.
14:06On va terminer avec Clément Baldeloup, donc le président et cofondateur de Capillum.
14:13Capillum qui est à Clermont-Ferrand.
14:15Vous êtes une deep tech, alors vous après les œufs on s'intéresse aux cheveux, c'est ça Clément ?
14:20– Absolument, Capillum c'est la première filière mondiale de recyclage et valorisation des cheveux.
14:26– Alors attendez, donc les cheveux, comment vous les récupérez déjà ?
14:29– Ce qui pousse sur notre tête, forcément on prend la barbe aussi.
14:31– Il y en a certains qui en ont un peu moins, on va entrer dans les détails ce soir.
14:34– Finalement on produit à un moment donné, ça c'est sûr.
14:37En fait effectivement nous, c'est parti d'un constat,
14:41il y a un million de français qui vont se faire couper les cheveux chaque jour.
14:44Nous on s'est dit que c'était véritablement dommage,
14:45parce que le cheveu c'est quand même une ressource qui a des propriétés,
14:48quand on sait la travailler, qui sont assez extraordinaires.
14:51Ça ressemble beaucoup à la laine finalement en termes de propriétés.
14:53Et donc nous on a développé un réseau…
14:55– Excusez-moi mais la plupart des coiffeurs qu'est-ce qu'ils en font des cheveux ?
14:58– Alors de base ils les jettent à la poubelle des ordures ménagères,
15:01c'est même ce qu'on appelle un déchet ultime.
15:02Donc nous on met à disposition des salons de coiffure, des kits de recyclage.
15:05Donc on a 6000 salons de coiffure dans la démarche aujourd'hui,
15:08entre 15 et 20 tonnes de cheveux finalement qu'on arrive à collecter à Clermont-Ferrand,
15:12dans des usines Michelin qui nous accompagnent sur la partie industrielle notamment.
15:16– Donc vous dites, vous sensibilisez les coiffeurs à conserver les cheveux.
15:19– Oui. – Ok, ils les récupèrent, vous les prenez.
15:24Et qu'est-ce que vous en faites de ces cheveux ?
15:26– Eh bien nous ces cheveux on leur donne une seconde vie finalement,
15:29on va travailler sur deux secteurs d'activité, la dépollution des eaux et des sols,
15:34puisque le cheveux naturellement absorbe jusqu'à 8 fois son poids en hydrocarbures,
15:38mais avec le travail de notre R&D jusqu'à 26 fois.
15:40Donc dans les contextes de marées noires par exemple,
15:42ou de zones portuaires polluées, le cheveux vient dépolluer les océans.
15:46– Ah bon ? – Oui, tout à fait.
15:47– Mais alors est-ce que vous le transformez ce cheveux,
15:49ou alors simplement vous le nettoyez et puis après vous le…
15:53comment il est… par exemple, je ne sais pas moi, pour un épisode de pollution maritime,
15:57comment vous le déployez et comment va-t-il aspirer tous ces polluants ?
16:02– Eh bien en fait le cheveux de base il a une structure qui est écaillée,
16:05donc finalement tous les corps graves viennent s'installer dans les écailles,
16:08mais nous on vient mélanger le cheveux avec de la laine
16:10et créer des formes de coussins qui viennent finalement à la surface.
16:14– Comme d'énormes éponges ?
16:15– Exactement, c'est le travail de l'éponge,
16:17mais au niveau on va dire plus haut.
16:20Et le deuxième écosystème sur lequel on travaille,
16:22ce sont les forêts, l'agriculture durable et le jardin.
16:24Puisqu'avec le cheveux on arrive à créer donc des tapis de paillage et des outils de protection,
16:28vous savez comme du feutre qui est biodégradable,
16:30qu'on va pouvoir retrouver dans sa jardinerie la plus proche,
16:33mais également dans le domaine de la forêt,
16:35puisque le cheveux finalement avec l'effet dissuasif et l'odeur de l'homme
16:39vient protéger donc les plantations d'arbres et aujourd'hui,
16:42eh bien on arrive sur le monde de la forêt et de l'agriculture durable
16:46à remplacer les bâches en plastique pas très jolies,
16:48qu'on peut voir dans nos cultures ou autres.
16:50Donc finalement entre les océans et les forêts,
16:52ce qui pousse sur notre tête arrive à travailler sur les deux écosystèmes majeurs
16:57qui régulent le climat aujourd'hui, donc les forêts et les océans.
17:00Et alors vous en êtes où en fait dans l'élaboration de votre concept ?
17:05Vous commercialisez déjà votre produit final ?
17:08Bien sûr.
17:08Vous avez des clients ?
17:09Oui, nous avons des clients notamment des pépinières, des syndicats forestiers,
17:14nous avons également toutes les jardineries qu'on peut connaître pour le particulier.
17:20Et donc effectivement ça prend très très fort
17:22parce qu'aujourd'hui on cherche à avoir des solutions biosourcées à mettre dans nos cultures.
17:27Et donc effectivement ça explose en France et à l'étranger d'ailleurs
17:31puisqu'on a ouvert donc aussi la Belgique et le Luxembourg
17:34tant sur la collecte du cheveux que sur la disposition de nos produits
17:38parce qu'il y a une vraie attente à ce niveau-là.
17:40Et vous arrivez facilement à sensibiliser les coiffeurs par exemple à récupérer les cheveux ?
17:44Comment ça se passe ? Est-ce que vous les rétribuez ou c'est simplement
17:48voilà vous récupérez les cheveux sans contrepartie ?
17:51Ça a une valeur le cheveux comme ça coupé ?
17:53Alors effectivement de base c'est un déchet donc ça n'a pas de valeur
17:56mais effectivement nous on arrive à avoir des effets de levier auprès des centres de coiffure
17:59qui sont très intéressants.
18:00On arrive à faire supprimer notamment la taxe d'ordure ménagère des coiffeurs
18:03qui travaillent avec nous parce que ça représente quand même plus de 60% de leurs déchets.
18:07Et c'était moins vrai il y a quelques années mais aujourd'hui ça l'est.
18:09Aujourd'hui les citoyens comme vous et moi posent la question maintenant aux coiffeurs
18:13en disant mais qu'est-ce que vous faites de mes cheveux ?
18:14Puisque c'est une demande, c'est une nouvelle tendance du marché
18:17si je me disais tout le monde est un peu plus éco-responsable
18:19et donc le coiffeur doit aussi apporter une solution à sa clientèle.
18:22Oui ça peut être aussi un petit truc marketing supplémentaire finalement.
18:26Alors ça l'est forcément parce que ça valorise aussi leur image.
18:29Alors en plus d'être éco-conscient et bien aussi ça peut leur apporter du business
18:32parce qu'un coiffeur augmente forcément son CA quand il a des actions RSE comme la nôtre.
18:36Et bien merci beaucoup Clément Baldélou, président et cofondateur de Capilum.
18:41Merci aussi à Clément Buzutile, président et fondateur de Neuronex.
18:45Yacine Kabesh, président de Circulaig et Romain Fuch, président et cofondateur de Lucrome.
18:52Et bien l'un d'entre vous sera sur la scène du Pathé Palace le 13 avril prochain
18:58pour la cérémonie des Tech for Future.
19:00J'aurai le plaisir de vous retrouver l'un d'entre vous.
19:02Bonne chance !
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