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  • il y a 10 minutes
Avec Anne-Gaëlle Kramer, infirmière libérale à Longvic (Côte-d'Or) et membre de la coordination du collectif des "infirmiers libéraux en colère"

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##C_EST_A_LA_UNE-2026-03-26##

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Transcription
00:00Grand Matin Sud Radio, 7h10, Patrick Roger.
00:047h13, c'est à la une sur Sud Radio.
00:06L'inquiétude des infirmières à domicile entre la flambée des carburants,
00:11les faibles rémunérations, ou en tout cas pas suffisamment,
00:14et puis les conditions de travail.
00:15Nous sommes avec Anne-Gaëlle Kramer, qui est infirmière libérale à Longvic,
00:20c'est en Côte d'Or, qui est membre de la coordination du collectif
00:23des infirmiers, infirmières libéraux en colère.
00:27Bonjour Anne-Gaëlle Kramer.
00:30Bonjour.
00:30Merci d'être avec nous.
00:32Selon une étude, c'est le baromètre Odoxa,
00:36alors qu'il va y avoir des négociations aujourd'hui,
00:39quasiment un tiers des infirmières seraient prêtes à quitter leur poste.
00:45Pourquoi Anne-Gaëlle Kramer ?
00:49Pourquoi ? Parce que nos charges sont de plus en plus élevées,
00:54nos conditions de travail ont été détériorées depuis des années.
00:59On entend parler d'une revalorisation de 30 centimes sur deux ou trois ans brutes.
01:05Attention, il ne faut pas exagérer.
01:08On a une loi infirmière qui est passée en juin l'année dernière,
01:11qui était merveilleuse pour les infirmières,
01:14avec une consultation infirmière, un accès direct,
01:17et la CNAM, avec les syndicats, piétine cette loi.
01:25On sait que dans les nouvelles négociations qui ont lieu là en ce moment,
01:28on ne parle pas de consultation infirmière,
01:31ou uniquement pour les plaies, ce qui est ridicule,
01:34et puis pas toutes les plaies, les toutes petites.
01:38Donc, on est encore en colère.
01:40Mais attendez, pourquoi ? Parce qu'il y avait un accord, vous dites,
01:43qui était plutôt bon.
01:45Ce n'était pas ironique de votre part, Anne-Gaëlle Kramer, l'année dernière.
01:48L'accord qui avait été trouvé pour les consultations, c'était plutôt bien,
01:51mais ça ne peut pas se mettre en place, c'est ça ?
01:54Que je comprenne bien, qu'on comprenne bien, bien sûr.
01:56Oui, oui, tout à fait.
01:57En fait, ce n'est même plus un accord, c'est une loi.
02:00On a eu une loi, on attend l'arrêté,
02:03on a eu le décret le 26 décembre,
02:05et on pouvait avoir un accès direct.
02:08C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
02:10les patients qui ont déjà du mal à trouver un rendez-vous chez un médecin,
02:14pouvaient normalement venir nous voir directement pour une petite plaie,
02:18pour une ablation de fil sans ordonnance.
02:20Et ça, a priori, ce ne sera pas possible.
02:23Oui, alors voilà, c'est ça,
02:26parce que ça, ça a facilité en fait un petit peu les choses.
02:28Parce que le problème de fond, quel est-il, Anne-Gaëlle Kramer ?
02:32Je disais infirmière à domicile, en fait pas forcément,
02:34parce qu'il y a les deux,
02:35c'est-à-dire que vous avez des consultations en fait chez vous,
02:39dans des cabinets,
02:40et puis vous allez également au domicile de malades,
02:44de patients pour faire un petit peu de soins.
02:47Tout à fait.
02:48Alors on a quand même 85 à 90% de nos soins qui sont à domicile.
02:52Ah oui, quand même.
02:53Mais avec un accès direct, on peut aussi faire du domicile.
02:57Si on soigne M. Martin pour, je dis n'importe quoi,
03:02lui faire des anticoagulants,
03:03que sa femme est tombée au jour d'aujourd'hui,
03:07je ne peux pas la soigner.
03:08Je ne peux pas nettoyer sa plaie,
03:11lui faire une ordonnance pour qu'elle achète du matériel.
03:13C'est illégal.
03:15Avec cette loi, ça ne l'était pas.
03:17Mais comme la CNAM et les syndicats verrouillent tout par rapport à cette loi,
03:21eh ben, on en est toujours au même niveau qu'avant la loi en fait.
03:24Oui, c'est ça.
03:25Alors qu'est-ce que vous voudriez ?
03:27Là, pour résumer simplement,
03:30alors qu'il y a,
03:30on ne va pas rentrer dans les détails techniques,
03:32mais quand même,
03:33pour l'ensemble en fait des auditeurs et des auditrices qui nous écoutent,
03:37et qui auront besoin de plus en plus d'infirmiers et d'infirmières,
03:40notamment à domicile évidemment,
03:42pour éviter d'aller dans les hôpitaux,
03:44encombrer évidemment les urgences,
03:46notamment parfois sur des petits bobos,
03:49ou d'aller voir les médecins.
03:50Racontez-nous Anne-Gaëlle Kramer.
03:52Alors, je souhaite que la loi,
03:55enfin, nous souhaitons,
03:56le collectif des infirmiers libéraux en colère,
03:58et la plupart des infirmiers libéraux,
04:01que la loi soit appliquée
04:03avec une consultation infirmière pleine et entière,
04:06et rémunérée,
04:07parce qu'on peut bien faire les choses,
04:10mais sans être rémunérée, c'est compliqué.
04:12On a besoin de vivre.
04:15Et puis, on veut notre accès direct,
04:17comme il nous a été prévu dans la loi.
04:22Notre présidente, Gaëlle Kanna,
04:24avait également interpellé le gouvernement
04:26sur le fait de détaxer
04:28les infirmiers libéraux par rapport à l'essence,
04:31parce qu'on en est quand même à des...
04:32Alors, moi, je fais un plein tous les quatre jours.
04:36Je mets 10 à 15 euros de plus.
04:39C'est énorme.
04:40Notre clé n'est toujours pas revalorisée.
04:42On est à 3,15 brut.
04:44Alors, super, on va avoir 30 centimes sur trois ans.
04:47Alors, 3,15, ça représente quoi ?
04:49C'est quoi, 3,15 brut ?
04:513,15, c'est notre lettre clé.
04:53Quand je fais une injection,
04:56eh bien, j'ai 4,50 euros brut.
04:59Oui, d'accord.
05:00Donc, il me reste...
05:01Nos charges sont à peu près à 60%.
05:03Il me reste à peine 2 euros.
05:05Donc, en fait, il faut qu'on cumule des actes
05:08pour pouvoir vivre décemment.
05:10On a quand même des amplitudes horaires
05:12de 6 heures à 20 heures.
05:13On s'aperçoit aujourd'hui que...
05:16Moi, par exemple, dans ma patientèle,
05:18j'ai énormément de patients
05:20qui ont aujourd'hui des chimios à domicile
05:22parce qu'il n'y a plus de place
05:24en centre anticancéreux.
05:26Donc, c'est pareil.
05:27Ça a un coût.
05:29On reste...
05:30On passe du temps vers le patient.
05:32Si c'est pour être payé 10 euros brut,
05:35c'est pas possible.
05:36En fait, ce n'est pas viable pour les infirmiers.
05:38C'est pour ça que beaucoup songent
05:39à claquer la porte.
05:40Oui, c'est vrai.
05:41Un tiers qui serait prêt à arrêter.
05:43Puis, évidemment, ce sont des horaires à rallonge.
05:46Et pourtant, beaucoup,
05:48je l'ai vu, sans doute vous aussi,
05:50si vous étiez passionné par votre métier.
05:53D'aller aussi au domicile des gens
05:55parce que c'est non seulement un métier
05:58d'infirmière ou d'infirmier,
05:59mais c'est parfois un peu de psy
06:01quand vous allez voir des malades
06:03qui sont chez eux,
06:03qui ne voient pas grand monde
06:04de la journée,
06:06qui sont contents quand vous passez.
06:08Bien sûr, il faut revaloriser
06:09un petit peu tout ça
06:12pour que vous puissiez continuer
06:14votre métier.
06:16Anne-Gaëlle Gramer.
06:17On va suivre ça.
06:18Vous faites combien de kilomètres par jour,
06:20à peu près, Anne-Gaëlle Gramer ?
06:22Alors, moi, je suis en urbain,
06:24donc je n'en fais pas beaucoup,
06:26mais j'en fais quand même
06:27120 kilomètres par jour.
06:28Oui, oui, c'est ça.
06:29Mais ce n'est pas grand-chose
06:31à côté de certains et de certaines
06:32qui nous ont déjà...
06:33Ah non, moi, j'ai des consoeurs en rural
06:35qui font 500 kilomètres par jour.
06:36C'est dingue, c'est dingue, c'est dingue.
06:38Bon, là, il est temps de passer à l'électrique
06:39quand c'est possible, quoi, en fait, quand même.
06:41Alors, quand c'est possible ?
06:42Moi, j'ai essayé.
06:43Je ne peux pas.
06:44Je vis en appartement.
06:46Ma copro refuse de mettre des bornes.
06:48Je ne peux pas.
06:49Et puis, ça a un vrai coup.
06:50Enfin, je veux dire,
06:50il faut acheter la voiture électrique.
06:51Non, mais c'est vrai.
06:53Non, mais il y aurait besoin d'aide,
06:54justement, aussi.
06:54C'est là où le gouvernement,
06:55il pourrait cibler, en fait, un peu les aides.
06:57Enfin, je dis ça, je ne dis rien,
06:58mais il y a des moments donnés.
07:00Il faut quand même remonter les choses
07:02telles qu'elles sont sur le terrain
07:04pour qu'ils comprennent
07:05les décisions qu'il faudrait prendre.
07:07Merci d'avoir été avec nous ce matin
07:08en direct sur Sud Radio.
07:09Il est 7h20.
07:1020 minutes.
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