00:00Et 6h25, Sud Radio et vous, c'est un record en France, on n'a jamais eu autant de grèves
00:04d'organes.
00:05En 2025, selon l'agence de la biomédecine, il y en a eu précisément 6148.
00:11Mais derrière ce chiffre record, se cachent beaucoup de désinformations
00:15et un certain nombre d'idées reçues.
00:17On va tenter d'y voir plus clair grâce à notre expert santé, le docteur Daniel Siméka.
00:21Bonjour docteur.
00:23Bonjour Benjamin, bonjour à tous.
00:25Et merci d'être avec nous l'an dernier.
00:26Donc les grèves d'organes ont atteint un niveau record en France.
00:29Mais ce qui est surprenant, c'est que dans le même temps, le nombre de refus de la part des
00:33proches a sensiblement augmenté.
00:35C'est pas un peu paradoxal ça comme constat docteur ?
00:39C'est paradoxal, mais cela s'explique.
00:42Il y a en fait une augmentation du nombre, mais un ralentissement si on raisonne en pourcentage.
00:48Auparavant, on avait 6-7% d'augmentation par an.
00:52Et là, on n'en a que 1,5%.
00:53Cela signifie que ça se ralentit.
00:56Et qu'on est en tout cas dans la trajectoire basse du plan qui était prévu entre 2022 et 2026.
01:02Il faut rappeler que nous avons 23 000, plus de 23 000 patients qui sont en attente de grèves au
01:081er janvier de notre année.
01:10C'est-à-dire que le nombre de grèves aujourd'hui réalisées ne suffit pas à répondre véritablement aux besoins
01:18?
01:19Pas du tout. Vous pensez bien 6 000. On est content qu'il y en ait 6 000.
01:23Mais il y a 23 000 qui attendent.
01:25Vous n'avez qu'à faire une petite division pour comprendre le nombre d'années idéalement.
01:30Il faut rappeler que pour être grèffé, il faut aussi être compatible.
01:34La compatibilité, c'est un peu plus compliqué.
01:37C'est même beaucoup plus compliqué que les groupes sanguins.
01:39Donc ce n'est pas évident. Ce n'est pas parce qu'il y a un rein qui se libère
01:43qu'il est forcément pour vous.
01:46Donc effectivement, on peut un peu s'inquiéter surtout par la montée, comme vous le disiez, des refus.
01:53Il faut rappeler que pour être prélevé aujourd'hui, il ne faut rien faire de spécial.
01:59On peut le faire. On peut très bien déclarer comme donneur.
02:03Mais on peut aussi se déclarer comme opposant, comme non donneur.
02:08Et puis, lorsqu'on décède, si on n'a pris aucune mesure écrite, comme pour beaucoup de choses d'ailleurs,
02:13eh bien la famille, les proches, peut déclarer, oui, oui, il nous avait dit qu'il n'était pas d
02:17'accord.
02:17Et donc, s'y opposer.
02:19Et donc, c'est là-dessus que l'on voit un paradoxe.
02:2374% des Français sont pour.
02:26Ah oui, oui, ils sont pour, ils sont pour, mais pas forcément quand il s'agit de leurs propres organes.
02:31Et là, ça peut être un petit peu inquiétant.
02:34Parce que la loi prévoit que chacun ait donneur d'organes à sa mort s'il n'exprime pas ce
02:41refus
02:42et s'il ne s'inscrit pas sur le registre national du refus.
02:45On a notamment fait notable les 16-24 ans qui sont de plus en plus nombreux à s'opposer aux
02:51dons d'organes.
02:52On est passé de 72% qui étaient favorables en 2024 à 65% en 2025.
02:57Ça fait quand même une sacrée baisse.
02:59Comment on peut l'expliquer, ça ?
03:01Alors, l'expliquer, c'est difficile.
03:03Mais quand on dit jeune, on peut penser aux réseaux sociaux.
03:05C'est vrai qu'il y a quand même beaucoup de fake news absolument délirantes
03:10qui circulent des histoires de gens qui se seraient réveillés pendant qu'on leur prélève un organe.
03:15Il y a un syndicat d'anesthésistes qui a fait une déclaration très claire
03:19en disant que toutes ces choses-là étaient absolument invraisemblables et délirantes.
03:25Ça ne peut pas se passer.
03:26Il y a des critères absolument, enfin, c'est absolument impossible.
03:30Il y a beaucoup de fake news qui circulent sur les réseaux sociaux.
03:33Il y a probablement aussi des propos, on va dire, pseudo-religieux sur les réseaux sociaux,
03:41des prédicateurs de Katsu qui disent n'importe quoi.
03:44Quand on interroge, et ça a été fait, les grandes religions, les dignitaires, les personnes, les sages, on va dire,
03:53ceux qui ont une connaissance de l'humain et qui ne parlent pas pour ne rien dire.
03:57Moi, j'ai vu chez les Kato, les protestants, dans la religion juive et dans l'islam,
04:01il n'y a aucun propos négatif, enfin, de propos en défaveur du don d'organes.
04:08J'ai même trouvé d'ailleurs une très jolie phrase dans la bouche d'un imam interviewé.
04:13Celui qui sauve un homme sauve toute l'humanité.
04:17Je pense que ça se passe de commentaire à cet égard.
04:20Et bien, on va terminer là-dessus, effectivement, docteur Daniel Siméca.
04:23Merci, merci d'avoir été avec nous une nouvelle fois ce matin,
04:25comme tous les lundis matins sur Sud Radio.
04:27Je vous souhaite une très belle semaine, docteur.
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